Si ma théorie "brotherhood" était assez évidente depuis le début (en tout cas à cause du titre), j'introduis ici un peu de mystère. À partir de la moitié du chapitre environ, j'ai fini de transcrire ce que j'ai écrit il y a quelques mois, et j'ai eu cette idée de personnage, qui m'inspire assez pour la suite du récit. Je ne sais pas si je vais tenir longtemps, mais je vais essayer de trouver une fin satisfaisante.
Encore une fois, j'ai essayé de mettre le plus de réalisme possible dans les dialogues. Comme le témoin ne voit pas l'action, je l'ai mis cru, sans descriptions, ce qui peut rendre la lecture un peu difficile, mais je crois que ça devrait aller, les deux interlocuteurs sont assez différents pour qu'il n'y ait pas trop de confusion. Pauvre Alya, quand même...
Avertissement: évocation de choses pas joyeuses du tout, encore une fois...
Chapitre 4: Les échos oubliés
Comme mort, son regard éteint, Cloud revint chez lui. À l'intérieur de sa tête, sa mère pleurait, pleurait sans relâche. Sa mère ? Oui, sa mère, sans aucun doute. Il s'en souvenait bien.
Sa mère pleurait, elle avait pleuré lorsqu'il lui avait dit qu'il irait à Midgar pour devenir un SOLDIER comme le grand général Sephiroth. Elle avait pleuré parce qu'elle serait seule et que la Shin-Ra lui enlevait son fils.
À nouveau.
Une fois de retour au 7th Heaven, il alla directement au lit. Il aurait voulu aller à la douche, pour s'ouvrir les veines afin de se vider de ce sang de la Shin-Ra, ce sang qui le terrifiait encore plus que lorsqu'il avait appris qu'il le partageait avec Sephiroth et toutes les calamités du monde. Mais il ne le pouvait pas. Il ne s'en sentait pas le courage.
Sa mère et l'ancien Président Shin-Ra. D'abord Rufus. Puis Cloud. La Compagnie qui aspirait tout. Son destin n'avait donc été qu'une fatalité. Son attirance pour le SOLDIER un appel du sang.
-Mère, mère, arrête de pleurer, je n'arrive pas à pleurer moi-même.
OoOoO
Les échos oubliés :
-Tu vois, Alya ? Je suis de retour.
-Ce n'est qu'une visite, non ?
-Évidemment. Je suis un homme occupé, maintenant.
-Tu es un meurtrier, maintenant, n'est-ce pas ? Ça doit t'occuper, en effet.
-Je produis des armes et des soldats. C'est différent.
-Des gens du monde entier meurent par ta faute. Si c'est différent, c'est pire !
-Que ce soit moi ou un autre, il y aura toujours des gens pour produire des armes. Pourquoi pas moi ? Les armes m'apportent l'argent et le pouvoir !
-Ne me touche pas, meurtrier !
-Peut-être que des gens meurent par ma faute, mais d'autres arrivent à vivre, aussi ! Les emplois, l'énergie, la science, les…
-Tu n'avais pas à revenir.
-Je veux une femme et un héritier.
-Ne me touche pas !
-Je t'ai toujours aimée, je…
-Je t'ai dit de ne pas me toucher !
-Tu sais combien de femmes voudraient être à ta place ?
-Je ne veux pas que tu me touches avec tes mains pleines de sang !
-Mais je ne veux pas de ces salopes, c'est toi que je veux !
-Non !
-Viens avec moi !
-Jamais !
-Allons, viens avec moi !
-Recule ! Vas-t'en !
-Mais qu'est-ce que j'en ai à faire de ta volonté si je suis le maître du monde ?
-NE ME TOUCHE PAS !
Le sexe sans amour, le sexe de pure violence, bestial, accompagné de larmes et de sanglots, de coups et de cris. Plusieurs soirs se suivirent, jusqu'à ce qu'elle abandonne. Et qu'elle porte en elle l'héritier qu'il voulait.
Il s'en souvenait. Il s'en souvenait comme si cela avait été enregistré dans sa mémoire, comme tout le reste. Il avait tout entendu, sans rien voir, ne pouvant que supposer. Il avait été là, il savait. Mais à l'époque, ce n'était qu'une mission comme une autre pour lui.
Mais en voyant Cloud dans cet état, il ne pouvait s'empêcher d'y repenser ; c'était la vérité, mais méritait-elle de sortir de cette bouche ?
OoOoO
Rufus se leva, appuyé sur sa canne, et il alla à la fenêtre. Sa tête était un peu vide, un peu bourdonnante. Il ne savait pas s'il avait bien ou mal agi dans cette affaire, et il ne s'en souciait pas. Ce n'était pas dans ses habitudes de se soucier de la morale ; sa conscience, probablement peu développée à cause de l'éducation de son père, ne tenait compte que de ses propres intérêts. Mais il ne savait pas en quoi avoir présenté ces informations à Cloud lui apportait un quelconque intérêt. Peut-être pour le simple plaisir de le faire souffrir, mais même cela n'était pas dans son intérêt.
Il ne se souciait ni du bien ni du mal, mais il détestait vivre dans l'incertitude.
Lui qui donnait les ordres, il aurait voulu que quelqu'un lui explique ce qu'il devait faire. Lui qui dominait le monde, il aurait voulu quelqu'un qui le prenne dans ses bras pour le rassurer.
Mais il était seul, comme toujours. On est toujours seul, quoi que l'on fasse, quoi que l'on prétende, on est toujours seul, se disait-il avec lassitude. C'était ce qu'il s'était toujours dit, alors qu'il regardait à la fenêtre de son bureau, d'où il voyait la ville à ses pieds, et les millions de petites solitudes anonymes qui s'y logeaient, qui y travaillaient, qui y naissaient et qui y mouraient.
Tous ces gens qui prétendaient se connaître alors qu'ils naissaient seuls et qu'ils mouraient seuls.
Non.
Il n'y avait qu'une seule exception : la mère. Parce qu'avant de naître, on ne formait qu'un avec elle. Une communion impensable par la suite avec n'importe quel autre être.
C'était peut-être pourquoi il était aussi ébranlé par tout ce qu'il avait découvert récemment. Parce qu'il ne pouvait faire taire la voix du sang. Ni celle de sa mère qui pleurait au plus profond de son cœur froid.
OoOoO
Les échos oubliés :
-Alors tu l'as appelé Rufus, on dirait…
-Comment oses-tu revenir ici après tout ce temps ? Après avoir ignoré mes appels pendant des années ?
-Rufus Strife, ça ne sonne pas très bien, tu ne trouves pas ?
-Qu'est-ce que ça peut te faire, je peux bien appeler mon enfant comme je veux !
-Rufus… ce n'était pas le nom de ce type pour lequel tu avais un béguin au primaire ? Oui, je me souviens, il a quitté ce trou juste avant que je parte moi aussi…
-Ça ne te regarde pas ! Maintenant que tu l'as vu, pars !
-C'est un si bel enfant, je ne peux pas le regarder encore un peu ? Aaaah… il te ressemble tellement, surtout les yeux… on dirait qu'il n'a que la couleur des cheveux en commun avec moi.
-Heureusement qu'il ne te ressemble pas, sinon j'en aurais honte !
-Ne dis pas ça devant lui, voyons…
-Je le dis pour le père, pas pour lui.
-C'est un si bel enfant… j'ai envie de le garder.
-QUOI ?
-Oui, c'est décidé, je le garde.
-TU NE ME L'ENLÈVERAS PAS !
Il y eut des coups, des cris. Puis la porte s'ouvrit, et le Président poussa l'enfant, alors âgé de cinq ans, avant de refermer la porte.
Il savait ce qu'il avait à faire. Il prit l'enfant par les épaules et avant que celui-ci ait le temps de réagir, lui lança un sort mineur de sommeil. Il devint alors aussi mou qu'une poupée de chiffons.
Il y eut d'autres cris, différents. Toute cette violence avait dû exciter le Président, qui s'acharnait encore sur cette pauvre femme. L'homme savait qu'il y en aurait encore pour plusieurs soirs. Il s'efforça de ne pas écouter le viol qu'il entendait à quelques mètres de lui à peine ; il devait rester au cas où quelque chose tournerait mal pour le Président. Devoir obéir aux ordres était parfois d'une difficulté inimaginable.
Il regarda le visage de l'enfant endormi artificiellement. Il s'était demandé pourquoi le Président s'était donné autant de peine pour venir le chercher, mais en le voyant, il comprit sans même se poser la question. Il avait l'air d'un ange.
Le Président ne lui avait jamais fait de confidences, mais il aurait voulu savoir, il aurait voulu avoir la force de lui demander. Parce qu'au moins il aurait pu savoir pourquoi il voulait un deuxième enfant. Et pourquoi il s'efforçait de détruire cette femme qu'il prétendait aimer.
