Hello-o ! Désolée pour ce retard ! En même temps j'ai pas l'impression que beaucoup de monde suit cette fic alors il n'y aura surement pas de plainte u.u

Bon sinon j'espère que vous avez passé un bon week-end ! Moi j'ai vu une amie que je vois rarement donc ça m'a fait très plaisir et j'ai pu assister au concert du groupe 30 seconds to mars, c'était extra *o*

Mais je raconte m'a vie alors que ça n'intéresse personne, désolée xD

Merci à Pow pour ses conseils et corrections, même si je n'aime pas vraiment ce chapitre, enfin je n'aime pas écrire du point de vue d'Axel donc ça n'arrange pas les choses -_-'

Et merci Haru pour ta review, contente que le thème te plaise ^^

J'arrête mon blabla inutile, alors bonne lecture !


Chapitre 4 : Help the lost kitty

POV Axel

Salle d'attente + bébé qui pleure + vieux qui râle + Saïx impassible = moi en train de bouillir intérieurement. Une heure, je dirais même et demi que nous attendons notre rendez-vous chez le médecin pour avoir une simple ordonnance.

« Et rappelle-moi pourquoi j'ai dû t'accompagner ?

- Tu devais me raconter le cours d'hier.

- Oh, c'est vrai… Mais c'était pas une raison pour m'emmener jusqu'ici ! »

La mère du bébé qui pleure me foudroie des yeux, j'ai haussé le ton résultat l'enfant s'est vengé en hurlant un peu plus fort. Saïx secoue la tête, désespéré. Il continue de lire un magasine. Je m'affale un peu plus sur ma chaise, la journée ne vient que de commencer, et elle risque d'être longue… Mais l'allusion du cours d'hier me fait penser à Roxas. Ça fait maintenant plus d'un mois que je lui fais des cours. Il écoute à présent un peu plus, mais c'est pas encore l'élève le plus agréable du monde. Je crois que la conversation que nous avions eue le mois dernier l'a rendu plus calme. Il avait réagi étrangement à mon commentaire, il semblait plus détendu après. Pour la première fois, j'avais pu faire mon cours, c'était un exploit ! Quand il disait que les gens voulaient que lui et Sora soient identiques, sa voix s'était faite plus triste, amère, avec une pointe d'énervement. Ça ne doit pas être tout les jours faciles d'avoir un jumeau. Je repense à la dispute avec sa mère qu'il avait eu, leur relation est toujours aussi tendue. Je sais qu'il a besoin d'aide, mais je ne peux pas le lui dire comme ça de but en blanc…

Ces derniers jours je l'ai croisé plusieurs fois à traîner dans les rues, et donc sécher. Nous n'avons eu que de brèves discussions en dehors des cours. J'ai pu rencontrer ses amis, j'ai même pu parler un long moment avec son amie Naminé. J'ai donc appris que le changement radical de comportement de Roxas s'est fait vers la moitié du collège, suite à cela ses notes ont chuté et il a frôlé le redoublement et plus tard le renvoie. Mais Sora qui était le délégué s'est battu bec et ongles pour convaincre l'administration de le garder. Comme j'ai eu un bon contact avec Naminé, j'ai pris son numéro de téléphone et on s'est revu plusieurs fois pour discuter. Le sujet s'axant surtout vers Roxas, je prétends à chaque rencontre m'intéresser à mes élèves en général. Mais il y a quelque chose d'étrange dans son regard, c'est comme si elle me sondait et qu'elle me disait « je sais pourquoi tu fais ça ». Peut-être qu'en me sondant ainsi, elle considère avoir assez confiance en moi pour me raconter ses problèmes avec sa mère.

Donc depuis que je fréquente Naminé et que je discute avec Roxas en dehors des cours, je commence à le cerner de mieux en mieux. Je ne peux pas expliquer le fait de vouloir l'aider, mais maintenant que je connais son cercle d'ami et ses problèmes familiaux, je ne peux m'empêcher de vouloir me rapprocher encore de lui. Je me sens obligé de l'aider, pour devenir quelqu'un sur qui il puisse compter. Je sors de mes pensées quand le médecin nous invite à entrer dans son cabinet, enfin ! Saïx me barre la route quand je suis sur le point d'avancer.

« Non, toi tu peux repartir. Je voulais juste que tu te réveilles ce matin mais t'es pas obligé de venir pour le rendez-vous.

- Mec, tu m'as fait attendre une heure et demi juste pour me dire ça au final ? »

Il réfléchit deux secondes et hoche la tête.

« Oui. Et par sadisme aussi. Glandeur va. »

Et il entre dans la salle sans plus de cérémonie. Ah ? Ok… Ça c'est dit. Je retiens ! Je pars en traînant les pieds. Sérieux, je pige pas ce mec, qu'est-ce qui m'a pris de le prendre en tant que colocataire ? Dans le genre bizarre il est bien parti pour être comme Roxas. Roxas… Il faudrait que je me renseigne encore un peu à son sujet. Pas d'idée malsaine hein ! Juste pour pouvoir l'aider quoi… Il me faut un autre avis que celui de Naminé qui est son amie et qui aura toujours un avis positif sur lui. Pour ça, rien de mieux que de glander dans son quartier et dénicher des proies… Peut-être que je suis vraiment un glandeur au final. Nan ! Je peux pas donner raison à ce sadique !

C'est donc dans mes très profondes réflexions que je prends le bus et me laisse porter par le mouvement linéaire de la route, regardant le paysage défiler sous mes yeux. En arrivant, je fais un tour du quartier paisible. Avant de venir faire mes cours au blondinet, j'étais déjà venu quelques fois. En même temps cette ville est tellement petite que je pense avoir tout vu à présent.

Je croise une bande d'adolescentes accrochées à leur portable en train de pousser des petits cris de joie en parlant de ce qui semblerait être leur idole, se montrant des images. Mon enquête en tant que stalker professionnel va commencer maintenant. Je m'approche d'une démarche détendue vers ces jeunes filles et les aborde calmement.

« Salut les filles ! Désolé de vous déranger mais j'aurais aimé savoir si vous étiez du lycée de ce quartier, qui s'appelle Destiny il me semble ? »

Elles me dévisagent, suspicieuses. Me rendant compte de la bizarrerie de la question, j'essaye de me justifier.

« C'est juste que je suis un ami d'un certain Roxas et comme ça fait un bail que je l'ai pas vu, je voulais savoir comment ça se passait dans son lycée, et si je lui pose la question il ne voudra pas me dire la vérité. »

Elles hochent la tête, certaines n'ont pas l'air convaincu, moi-même je ne le suis pas, mais si je pouvais juste avoir quelques petits renseignements...

« Oui bien sûr, Roxas c'est pas un nom commun, tout le monde le connaît. Désolée de vous le dire comme ça mais il est devenu une vraie racaille, il n'était peut-être pas comme ça quand vous le connaissiez. En tout cas c'est pas un mec de bonne fréquentation ! Il sèche, fume, passe sa vie en boite et revient toujours avec une de ces têtes, ça fait peur !

- Ouais, c'est tout le contraire de Sora. Lui il est troooop mignon !

- Ah ouais clair ! Elle en a de la chance l'autre pouffe de sortir avec lui !

- Attendez les filles, Riku est cent fois mieux !

- Nan franchement, Sora est beaucoup plus adorable ! En plus il est tellement gentil !

- Oui, tout le monde l'apprécie, c'est étrange, il dégage une aura qui donne envie d'aller vers lui, de lui parler ! Il est si attentionné en plus, et très serviable. Et il se débrouille plutôt bien en cours !

- Ouaip, même que les profs aussi l'adorent ! Je sais pas comment il fait, c'est comme s'il avait le lycée entier à ses pieds !

- C'est normal, c'est le plus craquant !

- Mais nan c'est Riku ! »

Je suis un peu largué par la conversation, les filles se battent à présent pour dire lequel des deux est le mieux. Ce qui est sûr, c'est qu'elles en ont contre Roxas, mais qu'elles adorent Sora.

« Mais euh… Sora est Roxas se ressemblent comme deux gouttes d'eau, le blondinet ne vous fait pas craquer avec son côté bad boy ? »

Elles me dévisagent et semblent un peu gênées.

« C'est que, traîner avec lui c'est pas une bonne idée, donc on s'est interdit de fantasmer sur lui… »

Je ne sais pas trop quoi ajouter à ça, donc je les remercie et m'en vais. Si je fais le point sur ce que j'ai appris, c'est que Sora est extrêmement populaire mais qu'au contraire Roxas est craint et plus détesté qu'intégré au lycée. Ce qui rend donc son comportement agressif logique. Maintenant il faut savoir pourquoi il a tourné comme ça…

Je me balade sans trop savoir où je vais, je veux juste prendre un peu l'air. C'est agréable par ici, il y a un grand parc pas tellement occupé. A cette heure ci c'est très silencieux, il n'y a presque personne, mis à part un adolescent assit sur l'herbe.

Il me rappelle quelque chose, je me rapproche doucement, plisse les yeux et plus je m'avance, plus je suis certain de son identité. Corps petit et fin, yeux bleus purs, bouille adorable, cheveux décoiffés, mais bruns, c'est Sora qui joue à arracher l'herbe d'un air absent. Je lui tapote l'épaule, il sursaute et en me voyant, me sourit de toutes ses dents.

« Oh ! Bonjour m'sieur !

- Tu peux m'appeler Axel tu sais. »

Il hoche doucement la tête et retombe dans sa contemplation pour le tapis de verdure à nos pieds. Il garde un mince sourire accroché aux lèvres, mais c'est pour faire bonne figure car je le sens tendu.

« Il y a un problème ? »

Il me fixe un moment, d'incompréhension. Un autre sourire gêné, sa main se frottant la nuque, il baisse le regard en riant faiblement.

« Non aucun. »

Je le regarde, incrédule. Bon, Roxas n'est pas le seul à avoir des problèmes il semblerait… Je pousse un long soupire et m'allonge sur l'herbe fraîche.

« Dis moi, comment ça se passe entre toi et Roxas en ce moment ? »

Je guette ses réactions, immanquablement il se crispe. C'est bien lui le problème. Il hausse les épaules et retombe dans son indifférence.

« Très bien. On s'entend bien ces derniers jours.

- Je crois sincèrement que tu ne sais pas mentir Sora… »

Je me relève sur un coude, il est étonné. Puis il pouffe et son expression se transforme douloureusement en tristesse. Il se triture les doigts, coupant en mille morceaux les brins d'herbes dans ses mains.

« En général, je n'aime pas trop parler de mes problèmes à mes amis, mais comme on se connaît pas beaucoup je pense que ça ira… »

Je lui fais un mouvement de tête, l'encourageant à continuer. Il poursuit.

« Roxas pense que je suis faible, que je me plains tout le temps, mais à part à lui, je ne me confie à personne. Je garde tous mes problèmes pour moi… Rox' m'idéalise trop, il pense que je suis heureux et que je n'ai aucune question existentielle, mais il a tort. »

Il pousse un soupir. Je l'écoute sans rien dire, je sais qu'il n'a pas fini. Il faut qu'il vide son sac une bonne fois pour toute.

« J'aimerais lui en parler, parce que… En ce moment j'aurais bien besoin de mon frère comme conseiller. Et je ne peux en parler à personne d'autre. Je ne veux pas. Je ne me sens pas assez proche d'eux… C'est comme si… Je fréquentais des personnes que je ne connaissais pas, mais en pire. »

Il me regarde furtivement.

« Tu vois, je me sens limite plus proche de toi que d'eux. Roxas il a Naminé, Hayner et Demyx, de vrais amis… Moi j'ai Riku, mais je ne peux pas lui en parler et Kairi c'est impossible de lui dire.

- Pourquoi ? C'est quoi le problème ? »

Il se mord la lèvre inférieure, arrache de nouveau des brins d'herbe et prend une grande inspiration.

« Je crois que… Je suis amoureux de mon meilleur ami…

- … Et ?

- Et ! C'est tout ! Je suis un garçon ! Un garçon qui aime un garçon, ce n'est pas quelque chose de banal ! C'est pas facile à dire ouvertement, c'est plus quelque chose qui se cache !

- Oh, je vois quel est le problème. Sora l'idole du lycée, gay, ça ferait chuter ta côte de popularité… »

Il me regarde, choqué par mes mots. Oui bon, dis comme ça c'est pas très sympa, je l'avoue. Il fronce les sourcils et hausse la voix, me crachant littéralement ses phrases à la figure.

« Rien à voir, j'en ai rien à foutre de ce que pensent les autres de moi ! Si le fait que je sois gay leur pose un problème, tant pis pour eux ! Moi je veux juste connaître l'avis de mon frère ! Qu'il me dise quoi faire concernant Riku ! »

Je rigole d'un coup sans pouvoir me contrôler, ce qui à le don de le calmer. A présent il me regarde plus comme une bête de foire qu'autre chose.

« Désolé Sora, c'est que c'est à mourir de rire ! Je veux dire, ta voix, ton expression, dans ces moments là, on voit que Roxas aussi t'influence. »

Il reste éberlué un moment avant de rire à son tour.

« Tu as raison, Rox' a su m'apprendre à m'énerver ! »

Pendant un moment on rit en s'imaginant Roxas piquer une crise. Puis je reprends plus sérieusement la conversation.

« Donc, si je suis bien, tu es amoureux de Riku, ton meilleur ami c'est bien ça ? Mais tu ne sais pas s'il t'aime en retour ?

- Oui, et je sais pas comment réagirait Roxas si je lui avouais que j'aime Riku… Je veux dire, il croit vraiment que je n'ai jamais eu de problèmes dans ma vie, mais même si se rendre compte qu'on est gay n'est pas en soit un problème, c'est quand même pas rien.

- Et tu ne peux pas en parler à la fille dont tu as parlé là ? Hum, Kairi c'est ça ? »

Il me jette un regard blasé et secoue la tête.

« C'est ma petite copine.

- Oh… Effectivement c'est pas le genre de discussions qu'on entretient avec sa copine… »

Il pousse un long soupir et passe sa main dans ses cheveux bruns.

« Avant, Roxas et moi étions très soudés. On ne se séparait jamais, c'était l'amour fou. Puis en grandissant, être comparé a été de plus en plus gênant, voir blessant. Il ne le supportait plus, et moi je prenais sur moi. Mais Rox' a toujours était le plus direct et agressif de nous deux, c'est lui qui me protégeait en cas de problème. Il me soutenait quand je pleurais à cause de maman. Quand notre père est parti en nous abandonnant, c'est Roxas qui s'est occupé de moi, de nous deux c'est lui le plus courageux. Pourtant tout le monde prenait ça pour de la violence, ils disaient que j'étais le plus adorable, et que lui faisait surtout peur… Mais pour moi Roxas était mon héros, celui qui venait me sauver, je n'étais qu'un enfant, j'avais besoin de son soutien. A force il ne supportait plus tous ces commentaires, il s'éloignait sans cesse de moi. D'années en années on continue à se séparer, notre lien se brise et ça me fend le cœur plus que tout au monde. J'aimerais être de nouveau son frère aimant, celui sur qui il peut compter, mais je ne sais pas comment m'y prendre… »

Je réfléchis à ce que vient de dire Sora. Voilà pourquoi Roxas a commencé à mal tourner, c'est assez clair maintenant, il est pris d'un complexe d'infériorité par rapport à son jumeau. Ce qui explique son comportement rebelle, son éloignement par rapport à Sora pour s'imposer, qu'on le reconnaisse tel qu'il est sans être comparé à Sora. Mais tout ce qu'il vient de me dire, il ferait mieux de le lui dire en face, ce que je lui propose vigoureusement. Il balance sa tête de gauche à droite en expliquant qu'il ne sait pas comment l'aborder.

« N'y réfléchis pas trop, ce soir, quand il rentrera, parle en lui. »

Je lui adresse un grand sourire avec un clin d'œil et il me répond en hochant la tête joyeusement. Il me remercie grandement pour mes conseils. Sans qu'il le sache, je suis content d'en avoir tant appris en une journée. Maintenant que j'ai ciblé le problème, il faut que je retrouve Roxas et que j'essaye de le pousser à bout, qu'il réalise sa détresse.

Les heures passent, j'espère désespérément le trouver, avoir une discussion avec lui avant que Sora ne lui parle. Un petit attroupement dans une ruelle attire mon attention, je m'approche discrètement et me retiens de pousser un cri de victoire quand j'aperçois les cheveux blonds du gamin. Une bande de garçon lui barre la route, ce qui me fait perdre mon enthousiasme, je fronce les sourcils et m'avance d'un pas décidé. Roxas est plaqué contre le mur, il regarde distraitement par terre tandis qu'un des garçons a sa main plaquée juste à côté de lui, bloquant toute échappatoire.

« Hey Roxas mon pote ! Dis donc ça fait un bail que je te cherche ! »

Il relève la tête et me regarde d'un air étonné, je fends la foule et arrive à son niveau, saisissant son poignet.

« Vous êtes ses amis ? »

Ils sont sur le point de me répondre mais je les interromps en tapotant amicalement l'épaule de leur chef.

« Content de vous rencontrer ! Vous m'excuserez mais la mère de ce gamin veut que je le ramène tout de suite à la maison, vous comprenez, il faut qu'il travaille. Allez bye ! »

Je me dépêche d'entraîner Roxas le plus vite et le plus loin possible, la bande l'insulte et lui hurle qu'ils auront une autre conversation. Ce dernier ne dit rien, blasé, il se laisse porter et je l'emmène jusqu'à un café où on s'assoit et je commande deux boissons. Je le regarde sévèrement, lui lève les yeux au ciel.

« Pourquoi être venu ?

- Tu avais besoin d'aide, alors le prince charmant est venu te secourir ! »

Il roule des yeux et soupire, s'apprêtant à repartir, je le retiens et le force à se rasseoir, ce qu'il fait en ronchonnant. Les boissons sont arrivées alors il en profite pour boire la sienne tandis que je continue mon interrogatoire.

« Qu'est-ce qu'ils te voulaient ?

- Sincèrement ? Je crois qu'ils sont juste dégoûtés.

- Pourquoi ça ? »

Il ne veut pas répondre, mais je veux tout savoir. Il finit par me le dire avec un sourire taquin.

« Parce que j'ai couché avec un des mecs, ou plusieurs, je me souviens plus trop. Enfin bref, ils supportent pas le fait que c'était juste pour la soirée. »

D'accord, Roxas veut me montrer qu'il a une vie sexuelle comblée, merci. Je ne vois pas pourquoi ça m'énerve qu'il me dise ça ! D'ailleurs je ne comprends pas pourquoi cette phrase provoque la formation d'une boule désagréable dans mon ventre.

« Tu en fais beaucoup des soirées comme ça, avec des types tarés qui sont prêt à te violer dans la rue pour retirer un coup avec toi ?

- Je vais très souvent en boite de nuit, en général je finis la soirée avec quelqu'un, fille ou garçon, mais c'est rare qu'en dehors ils essayent de me contacter. »

Il a l'air presque fier de me dire ça, vraiment, il cherche à me montrer qu'il n'est pas un ange. Ça je peux le deviner tout seul, mais je sais qu'il a besoin d'aide. C'est pour cela qu'il fait tout ça.

« Et alors, qu'est-ce qui te plaît à sortir en boite toutes les nuits ? »

Il hausse les épaules.

« Au moins là-bas personne ne me critique ou compare. Les gens ne me trouvent pas spécialement nul ou cool, ils sont un peu indifférents. Si je leur plais, ils viennent vers moi et puis c'est tout.

- Oh, donc tu veux fuir le fait d'avoir un jumeau. »

Il sert les poings et se crispe. Parfait, je viens de toucher la corde sensible. Je sirote tranquillement mon verre tandis qu'il cherche ses mots.

« Je ne le fuis pas ! C'est juste… Pas important dans ces moments là. Je n'ai pas besoin de Sora pour m'affirmer.

- Pourtant, Sora fait bien partie de toi. Il n'est pas « rien ».

- Oui mais il ne fait pas partie de ma personnalité ! Jumeaux ne veux pas dire même caractère ! Tu l'as dit toi-même l'autre jour : ce n'est pas une âme pour deux corps ! »

Il me foudroie du regard, je reste impassible et cherche à le pousser à bout. Il faut que je comprenne toutes les nuances de son complexe.

« Je ne dis pas le contraire, vous êtes diamétralement opposé sur ce point là. Mais, n'est-ce pas sur l'exemple de Sora que tu as choisi de devenir son contraire ? »

Il reste interdit, je poursuis.

« Le garçon plein de vie et amusant qui est agréable et à des notes convenables, respectueux envers sa mère, qui as des amis sympathiques et sans problème, une petite amie fixe et surtout, les gens l'aiment. Toi, tu t'es rapidement braqué, alors tu es devenu le garçon froid qui méprise les gens qui l'entourent, ne cherchant pas à avoir de bonnes notes, se rebellant contre l'autorité parentale, ayant des amis dans les mêmes galères que toi, une fille différente chaque soir et les gens te regardent de travers. Tu crois être ce garçon Roxas ? »

Il fronce les sourcils et affiche un sourire carnassier.

« Évidemment, je suis le mauvais jumeau en même temps. Je ne pouvais pas être souriant comme Sora. Tu me vois comme ça toi aussi n'est-ce pas ? »

Je pousse un soupir et nie. Je repose mon verre et ancre mes yeux dans les siens.

« Je vais te dire ce que je pense que tu es, Roxas. Tu es un garçon complexé et instable terrifié à l'idée de se retrouver seul et qui trouve refuge dans les fêtes à en perdre la notion du temps. Tu fuis un jumeau que tu aimes mais qui te fais te sentir inférieur par rapport à lui. Tu es un adolescent qui a besoin d'aide, mais qui ne peut se résoudre à en appeler. Tu es mal dans ta peau alors tu te laisses aller, en te disant que personne ne se souciera de toi de toute façon. Dans ton aveuglement, tu penses être seul, pourtant des personnes t'aiment et ça, tu l'ignores. Alors on pourrait dire que tu es égoïste car tes amis, ton frère et d'autres personnes que tu ne soupçonnes pas sont inquiets pour toi, tu ne penses pas à la douleur que tu pourrais leur infliger en te détruisant de plus en plus. Te voir ainsi te perdre dans des problèmes sans fin leur brise le cœur, mais ils ne savent pas comment t'aider… »

Je m'arrête là pour admirer son visage horrifié. C'est vrai que de recevoir une vision extérieure de soi-même peut choquer, je le laisse donc digérer toutes ces informations. Après quelques essais pour placer un commentaire, il se relève d'un bond, plaque ses mains sur la table et hurle.

« Tu ne me connais pas, n'essaye pas de me faire croire que tu sais mieux que moi qui je suis. »

A ces mots il s'enfuie en courant. Je n'esquisse pas même un mouvement pour le rattraper, cela serai inutile. J'ai peut-être était un peu trop loin… Mais à quoi bon lui mentir, prétendre qu'il n'y a aucun problème ? Il doit réaliser que je veux l'aider. Malgré cela, je ne peux m'empêcher de me sentir coupable pour l'avoir mit dans cet état. J'espère au moins que sa discussion avec Sora se passera mieux que la nôtre…