Rentrons maintenant dans le vif du sujet :D


2.

La révélation


Nous avions noté dans un carnet l'adresse des meilleurs commerçants de Coruscant – et cette boutique de vêtements, Au Clair des Mille Lunes, nous semblait être notre meilleure alliée pour cette situation désespérée.

Notre chauffeur particulier – je me sentais de plus en plus comme une ambassadrice, sans pour autant prendre la grosse tête – nous y conduisit directement, et une gentille Togruta nous accueillit avec enthousiasme, qui redoubla lorsque nous lui avions appris qui nous étions : il n'était pas passé inaperçu que deux représentantes d'une planète extragalactique venaient d'arriver dans la capitale de la République.

À mon plus grand désespoir, Savannah me fit essayer une douzaine de robes différentes – j'ai toujours eu horreur des essayages. Elle semblait prendre très à cœur cette « mission », comme si c'était elle que le Chancelier avait invitée – bien qu'elle ne soit pas jalouse de cette invitation, elle ne se sentait pas le courage de passer une soirée en compagnie d'un psychopathe en puissance.

Je finis par opter pour une robe rouge qui possédait suffisamment de tissu pour ne pas paraître vulgaire, mais qui était légèrement fendue sur la jambe droite – en dessous du genou – pour que je puisse afficher un de mes tatouages, et comme les épaules et les bras étaient nus, je pouvais également en afficher deux de plus (je n'avais quand même pas souffert le martyr pour ne pas pouvoir les montrer lorsque j'en avais l'occasion !).

Savannah me fit également acheter une paire d'escarpins noirs – espérons que je ne me casse pas la figure avec ces choses ! Tout ce qui était du type bijoux, j'en avais déjà ramené des miens dans mes bagages.

Les crédits républicains qui nous avaient été alloués nous permirent de payer tout cela.


Plus les heures défilaient, plus mon angoisse grimpait d'un échelon supplémentaire. C'était la première fois que j'étais invitée à passer la soirée dans un lieu que fréquentaient les plus hautes castes de la planète, et de plus à passer ce temps avec le personnage le plus important de la République.

- Reste calme ! me répétait sans cesse Savannah. Cela ne sert à rien de stresser, ce n'est pas comme cela que la soirée se passera mieux, au contraire même. Profites-en ! Et tu sais, si tu n'es pas capable d'assurer, tu n'aurais pas dû accepter cette invitation sans y réfléchir plus posément.

Je m'efforçais autant que possible à suivre les conseils de ma meilleure amie et colocataire. Qui tentait de détendre l'atmosphère en me disant qu'elle allait se terrer dans sa chambre pour ne pas déranger si jamais je ramenais le Chancelier avec moi, avec un ton plein de sous-entendus. Je faisais mine de ne pas y prêter attention, mais des doutes surgissaient dans mon esprit : et si c'était pour cela que Palpatine m'avait invitée ce soir ? seulement pour assouvir des besoins naturels ? Je n'étais pas une prostituée, bon sang !

L'heure de partir vint enfin. Je n'avais pas avalé grand-chose lors du repas, mon estomac était trop serré.

Je suivis le chauffeur particulier – un humain très professionnel, et plutôt pas mal physiquement. Le trajet me parut interminable tellement j'étais angoissée. Finalement, nous avions atterri sans encombre près de l'entrée.

On m'ouvrit la portière. En sortant, j'aperçus tout de suite Palpatine.


Il m'attendait avec un grand sourire affiché sur son visage ridé. Il était très courtois, très gentleman, et m'offrit son bras, que je pris sans hésitation.

Tandis que nous arpentions les couloirs de l'Opéra Galactique à la recherche de notre loge privée tout en discutant, je pus l'observer de plus près. Il n'était pas tout à fait laid, mais pas non plus extrêmement beau – quelque chose en lui le rendait étrangement attirant, mais je n'arrivais pas à dire quoi exactement. Ses yeux bleu clair brillaient de plaisir, comme s'il était absolument ravi que j'aie accepté son invitation (bien que je ne sache toujours pas ce qu'il me voulait, et que j'espérais qu'il ne s'agissait pas de quelque chose de trop... intime, si vous voyez ce que je veux dire). Son apparence était impeccablement soignée, comme à son habitude.

Il me complimenta sur ma robe, et je me surpris à rougir. Décidément, je ne savais pas ce qu'il m'arrivait, mais je me sentais toute bizarre en sa présence.

Nous arrivâmes à notre loge. Des gardes rouges attendaient à l'extérieur, postés de chaque côté de l'entrée, mais aucun n'était à l'intérieur. Nous nous assîmes côte à côte, toujours en discutant posément de choses diverses.

La pièce commença, et bien que l'Opéra n'était pas vraiment mon truc, je trouvais ça plutôt agréable, sans pour autant entrer dans l'adoration totale.

J'observais plutôt la pièce, me disant que c'était là qu'avait commencé mon addiction au roman Darth Plagueis de James Luceno (ce maître inconstesté), puisque c'était ici que j'avais entendu pour la première fois – même si c'était à travers un écran – parler de ce Sith en particulier. Bien sûre, une chose en entraînant une autre, je m'étais ruée sur le livre dès sa sortie, et je l'avais dévoré. Trois fois au dernier décompte.

En parlant de Plagueis... Hésitante, je me tournais vers Palpatine. Il semblait concentré sur la pièce en cours, mais... je devais lui dire quelque chose... pendant que personne d'autre ne nous écoutait...

- Chancelier, commençais-je en hésitant, pourrais-je vous dire quelque chose ?

Palpatine se tourna vers moi, et nos regards se croisèrent. Yeux bleus contre yeux verts.

- Bien sûr, ma chère, vous pouvez me dire tout ce qui vous passe par la tête, fit-il avec amusement.

- Je sais qui vous êtes.

J'avais lâché ça de but en blanc. Palpatine me regarda sans comprendre. Avant qu'il n'ait pu répondre quoi que ce soit, je m'expliquais.

- Je sais que vous êtes Darth Sidious.

Je me demandais si je ne venais pas de signer mon arrêt de mort. Mais il y avait des millions de personnes sur Terre qui connaissaient l'information... les tuerait-il tous jusqu'au dernier pour que personne ne divulgue rien ?

L'expression de Palpatine changea soudain. Il paraissait désormais très dangereux.

- J'espère que vous n'allez pas vous empresser de raconter cela à vos amis Jedi, siffla-t-il redoutablement.

- Absolument pas. Savannah et moi avons décidé de garder l'information confidentielle, comme nous l'avons fait avec d'autres.

- Et pourquoi cela ?

- Je... je ne sais pas très bien pourquoi, en fait. On s'est juste dit que c'était peut-être mieux ainsi.

Le Chancelier continua à me fixer comme un prédateur regarde sa proie. Finalement, il soupira – et cela m'étonna.

- En tant que Sith, commença-t-il, j'ai appris de nombreux secrets concernant la Force. L'un d'eux est celui des âmes sœurs. La Force choisit pour chacun d'entre nous un compagnon ou une compagne avec lequel nous sommes censés passer le restant de nos jours, expliqua-t-il. Les utilisateurs de la Force reconnaissent cette personne grâce au halo blanc qui se forme autour d'elle. Ceux qui n'utilisent pas la Force ressentent de leur côté une forte attirance inexpliquée pour leur âme sœur.

Je me demandais bien pourquoi il m'enseignait cela, et puis cela fit tilt dans ma tête. Non... ne me dites pas que...

- Et je viens de trouver mon âme sœur, acheva-t-il doucement. C'est vous, Hayley.

Je n'en revenais pas. Moi, l'âme sœur d'un Seigneur Sith ? C'était la chose la plus étrange que j'aie jamais entendue. Mais peut-être me dupait-il, me dis-je, alors que des doutes faisaient apparition dans mon esprit.

- Les âmes sœurs sont complémentaires, ajouta-t-il.

- Et qui me dit que vous n'êtes pas en train de me manipuler, comme vous le faites avec tout le monde ? m'exclamais-je, méfiante.

- Parce que si j'ai raison, vous devriez éprouver une certaine attirance pour moi... bien que vous sachiez que je suis un Seigneur Sith, et que sois un vieillard tout fripé à vos yeux.

Je ne pus m'empêcher de sourire face à cette description presque parfaite.

- Effectivement, je ressens quelque chose pour vous, une certaine attirance inexplicable.

Palpatine eut un grand sourire.

- Eh bien, voilà qui me rassure : je ne m'imagine pas des halos blancs autour des gens.

Je ris, bien que je ne sois pas très rassurée moi-même sur la marche à suivre dans ce cas de figure : des âmes sœurs, non mais franchement... Je n'en revenais toujours pas.

- Je vais vous laisser quelques jours pour réfléchir à ce que je viens de vous dire, continua-t-il d'un ton plus sérieux. Quand vous serez prête à m'annoncer votre décision, contactez-moi par message.


Je ne sais pas d'où je sors ce délire, mais il va falloir que je songe à vérifier qu'il n'y a pas de drogues dans ma nourriture xD

(Non non, je ne veux pas suivre ces gentils messieurs en blouse blanche, je vous assure que tout va très bien dans ce qu'il reste de mon cerveau xD)

Je vous laisse cogiter tout ça, et on se retrouve comme d'habitude dans deux semaines, c'est à dire dimanche 14 février (tiens, la Saint-Valentin !... je vais pouvoir passer la soirée en tête à tête avec des fanfictions et une part de pizza :p) !