Résumé : Nos cinq G-boys sont pris en otage, mais ils ne comptent pas se laisser faire !

Genre : UA, OCC (je le mets dans le doute mais j'essaie quand même de respecter leur caractère)

Couple : 1x2 3x4 5xMeiran

Disclaimer : Les personnages ne sont pas à moi

Note : Encore une fois, mon imagination a été plus vite que moi, car après avoir autant parler des quatre autres, je me suis dit que c'était injuste de tenir Wufei à l'écart, surtout après l'avoir cité. Et sans m'en rendre compte, j'avais un embryon de scénario dans la tête. Voici donc le résultat.

Merci encore pour toutes vos reviews.

Bonne lecture.


L'union fait la force

Howard, maire de New York, était très satisfait de lui. Il avait réussi à inviter les personnalités les plus en vue du moment et surtout les plus riches, à un dîner chez lui. Cela devait se passer ce soir là, et il voulait que tout soit parfait.

Il avait demandé à ses invités de se présenter à 19h dans sa maison de campagne, situé au bord d'une falaise. Le bâtiment, très grand et richement décoré faisait sa fierté, et la vue qu'on avait de la terrasse donnant sur la mer était splendide, surtout qu'il n'y avait même pas la place pour qu'une coccinelle se pose entre le mur et la falaise. La sensation de vide rajoutait à la vue.

De plus, le seul chemin pour accéder à la maison était la petite route qui amenait sur le devant du domaine, la sécurité était donc facile à assurer.

Bien sûr, il ne pouvait pas savoir que son nouveau chef de la sécurité était un agent infiltré et que les serveurs recruté par le traiteur en catastrophe car les siens étaient tous malades, des complices.

Ses invités arrivèrent à l'heure dite.

D'abord, le célèbre Quatre Raberba Winner qui se faisait accompagner depuis peu par Trowa Barton, directeur de la nouvelle école de cirque de la ville et ami de longue date, ce qui répondait à toutes les questions sur la vie amoureuse du jeune homme.

Ensuite, le couple phare du moment Duo Maxwell et Heero Yuy qui s'était fait surprendre la main dans la main quelques jours plus tôt à la première du premier film et premier succès du mannequin. Les journaux avaient été encore plus surpris quand ils avaient appris que l'amoureux secret du célèbre Shinigami était le non moins célèbre et secret patron de la Wing Corp.

Enfin, venait le couple Chang, Wufei et Meiran qui arrivaient tout droit de la Chine pour négocier d'importants contrats au nom de la société Shenlong.

Howard savait bien que si tout ce beau monde avait accepté son invitation, c'était avant tout pour préparer le terrain lors des prochaines négociations.

Les présentations furent chaleureuses, quatre des invités étant des amis, mais le couple chinois réussi très bien à s'intégrer. Howard avait cru que Meiran Chang n'était là que pour faire de la figuration, mais son caractère bien trempé lui prouva le contraire. Apparemment, il fallait toute la détermination et la prestance de son mari pour la tenir un peu.

Le repas commença très bien, les plats étant succulents, le service impeccable et la discussion agréable.

Les trois hommes d'affaire parlaient des réunions à venir, Duo interrompant la conversation pour lancer des piques à Wufei qui réagissait au quart de tour. Meiran s'amusait de voir son mari toujours si sérieux sortir ainsi de ses gonds devant des étrangers mais se réjouissait de le voir se détendre ainsi.

Trowa quant à lui se bornait à regarder Quatre, écouter Quatre, répondre à Quatre, et quelquefois à jeter des coups d'œil pleins de sens à Heero.

Duo avait bien essayé de se moquer de lui face à son comportement, mais avait abandonné devant son manque de réaction. Le natté quant à lui s'amusait beaucoup quand il ne s'occupait pas de bouffer du regard son amant. Celui-ci faisait semblant de ne rien voir, se contentant de participer à la conversation quand on lui posait des questions.

Howard tenait son rôle d'hôte en calmant les disputes ou en changeant de conversation quand cela s'avérait nécessaire.

Pourtant, lorsque vint le dessert, un certain malaise grandit dans l'assemblée quand ils virent arriver les serveurs en file indienne, chacun se plaçant derrière l'un des convives mais n'ayant aucun plat dans les mains.

Howard allait demander ce qui ce passait quand son chef de la sécurité, un certain Rom Feller, entra dans la pièce, une arme à la main. Les serveurs choisirent ce moment pour montrer les leur et bientôt un silence total se fit dans la pièce.

- Qu'est ce que tout cela signifie ? demanda Howard en colère mais craignant également la suite.

- Asseyez-vous monsieur le maire. Comme vous le voyez, ceci est une prise d'otage. Mais je vous rassure tout de suite, elle ne vous concerne pas, nous en voulons juste à vos invités. Je vais donc vous demander de sortir de la maison et d'aller prévenir qui de droit pour entamer les négociations. Oh, j'allais oublier. Nous avons placé un brouilleur dans la maison, il vous faudra donc descendre jusqu'au village pour appeler les autorités. Il y a trois heures de marche à pied si je me souviens bien non ?

Howard était rouge de colère, mais il comprit qu'il n'avait aucune chance s'il n'obéissait pas. Il se mit donc en route sans tarder. Il était 22 heures, le temps qu'il trouve un téléphone et que les renforts arrivent, il serait largement l'aube. La nuit serait longue pour les otages.

Une fois Howard parti, Rom se tourna vers ses otages et eut un grand sourire. Ceux-ci n'avaient pas bougé de leur chaise depuis la prise d'otage et le meneur prit la place du chef que le maire occupait jusque là. Il se fit alors un plaisir de détailler aux jeunes hommes et à la jeune femme la suite des opérations :

- Bien, bien, bien. Comme vous le savez, nous sommes maintenant seuls ici et je suis le seul maître à bord. Je vous demanderez donc d'être bien sage, car la mort de l'un d'entre vous me causerait une grosse perte financière. Mais si ça fait obéir les autres plus promptement, je n'hésiterais pas. Vous avez compris ?

Il fit un tour d'horizon, mais aucun des prisonniers ne dénia lui répondre. Pire, ils ne semblaient absolument pas affectés par les évènements. Ils savaient que les hommes présents n'étaient pas n'importe qui, mais apparemment leur sang froid allait au delà du monde des affaires. Il s'en amusa grandement. Par contre, il ne vit pas que le calme de ses "invités" mettait ses hommes légèrement mal à l'aise. Il continua.

- Donc, nous sommes là, mes amis et moi pour nous enrichir très vite et nous avons pensé que vous pourriez nous aider un peu. En fait, c'est plutôt vos amis qui vont nous aider, puisque vous êtes bloqué ici. J'ai déjà pris la liberté d'envoyer un mail pour prévenir de mes exigences.

Devançant Wufei qui allait parler, il continua :

- Je sais que vous n'avez pas de proche sur place Monsieur Chang, c'est pourquoi j'ai contacté l'ambassadrice de Chine, Sally Poe, une connaissance à vous je crois.

Meiran grimaça mais ne dit mot. Le preneur d'otage, sûr de lui, se fit une joie de détailler son plan.

- Pour Monsieur Maxwell, dit-il en se tournant vers le concerné, j'ai choisis votre merveilleuse agent, mademoiselle Hilde Schbeiker.

Toujours aucun mot.

- J'ai longtemps hésité entre les deux membres de la famille Peacecraft, mais je me suis dit que de toute façon, l'un préviendrait l'autre, n'est-ce-pas monsieur Yuy ? Ensuite, Monsieur Winner. J'ai préféré en référer à votre sœur Iria plutôt qu'à votre bras droit Mr Rashid, car je n'étais pas sûr qu'il puisse intervenir sur vos comptes. Le plus dur a été pour vous monsieur Barton. Après tout, vous n'avez pas vraiment une fortune personnelle, mais je pense que les revenus du cirque de votre sœur sont assez importants pour m'apporter un petit supplément que Catherine sera ravie de me verser en échange de votre vie.

- Il/elle ne cédera pas, dirent-ils alors parfaitement synchro.

Ils se regardèrent tous, surpris, mais finirent par se sourirent mutuellement.

Rom resta quelques instants stupéfait mais se repris bien vite et commença à rire. Il lui fallut presque une minute avant de pouvoir se calmer, mais il reprit un visage tout à fait sérieux et répliqua :

- Ils feraient mieux d'être conciliant car je ne plaisante pas. S'il faut leur envoyer des morceaux de vous pour les convaincre, je le ferais. Et s'il faut tuer l'un d'entre vous, je n'hésiterais pas. Maintenant, nous allons vous envoyer dans la salle de visionnage. Il n'y a pas de fenêtre, vous ne serez donc pas tenté de vous jeter dans le vide. Essayez de vous reposer, après tout, les négociations ne commenceront sérieusement que demain matin et je vous veux en pleine forme pour ça. Et je vous le rappelle : pas d'acte d'héroïsme, sinon, l'un de vous le paiera.

Six hommes armés escortèrent jusqu'à la salle et les y enfermèrent.


Six heures. Cela faisait six heures qu'ils avaient été enfermés et pas un d'entre eux n'avait dit un mot. Bien sûr, ils se rendaient tous compte dans quelle situation ils étaient. Ils n'avaient aucun moyen de s'enfuir, mais ne pouvaient pas accepter de laisser des vulgaires voyous prendre la rançon et s'en tirer à si bon compte.

Ce n'était pas pour l'argent bien sûr, mais une question de fierté. Et puis, s'ils acceptaient, qui sait jusqu'où cela irait ? Ils ne pourraient plus sortir sans craindre que le premier venu leur refasse le même coup. Non, ils devaient résister au chantage. Mais l'homme semblait sérieux quand il menaçait de s'en prendre à l'un d'entre eux.

Et Quatre savait exactement qui serait visé en premier. Meiran était la plus exposée car même sans elle, ce Rom gardait un moyen de pression avec Wufei. Ensuite, ce serait Trowa. Et ça, Quatre ne l'acceptait pas. Il fallait donc s'enfuir. C'était le seul moyen.

Bon sang, il fallait qu'il trouve, après tout, c'était son point fort de trouver la faille chez l'ennemi, de concevoir des plans pour le déstabiliser, le faire aller là où il voulait qu'il soit. Il était le plus fin stratège de son temps, d'après un célèbre magasine financier, alors pourquoi ne trouvai-t-il pas de plan ?

- Calme-toi, dit doucement une voix derrière lui.

Il sentit deux bras l'entourer et tout de suite il se calma. C'était tellement bon. Il bascula légèrement en arrière pour se rapprocher encore plus de Trowa et dit :

-Je dois trouver un plan.

-Tu n'es pas seul, lui répondit son compagnon.

Quatre ouvrit les yeux et vit qu'effectivement, quatre paires d'yeux le fixaient attentivement. Ce n'était pas des regards pressents comme à son travail où on attendait de lui qu'il soit le meilleur, qu'il donne les ordres parfaits. Non, là c'était juste des regards confiants, qui attendent les instructions pour pouvoir agir. Mais agir ensemble.

Il sourit, se détendant complètement puis se mit à réfléchir calmement. Peu à peu, les idées s'ordonnèrent dans sa tête et un vague plan émergea. Mais pour que ça marche il fallait tellement de chance, il y avait beaucoup trop de paramètres. Il se recrispa et Trowa lui demanda :

- Qu'as-tu trouvé ?

Mal à l'aise, il se tortilla légèrement.

- Quatre, nous avons tous confiance en tes capacités, alors aie aussi confiance en nous, dit alors Duo.

Celui-ci respira un grand coup puis se lança.

- Le nœud du problème, c'est le pouvoir que Rom a sur nos proches en raison de notre captivité.

- Nous savons que nous devons nous échapper, coupa alors Meiran.

Tous la regardèrent avec un air de reproche.

- Quoi ? se défendit-elle.

- Quand Quatre énonce ses plans, on se tait et on obéit, répondit alors Heero simplement, d'un ton plat mais très convaincant.

Vaincue, la jeune femme écouta la suite.

- Meiran a raison mais il n'est pas nécessaire de vraiment s'échapper, dit alors Quatre. Après tout, ces hommes contrôlent l'accès principal de la maison et ont dut condamner les autres, surtout sur les trois côtés accessibles. Mais comme la dernière façade donne sur la falaise, je pense qu'ils ont dut négliger de la surveiller.

- Descendre par là serait du suicide, répliqua encore Meiran.

Exaspéré par le caractère de sa femme, Wufei gronda. Celle-ci compris le message et décida que dorénavant, elle laisserait les hommes faire leur bêtises, elle s'en lavait les mains. Et d'ailleurs, pourquoi son mari se mettait du côté de ces timbrés au lieu du sien ?

- Je disais donc, que nous avons une faille dans leur surveillance. Il suffirait que nous arrivions à escalader la façade pour rejoindre le toit. Les kidnappeurs ne pourront pas nous voir, mais les sauveteurs si. Ils sauraient donc que nous n'avons pas à craindre de représailles et pourrait donner l'assaut.

Personne ne réagit ce qui inquiéta un peu le blond. S'il avait été dans la tête de ses amis, il aurait pu entendre des pensées comme "Je savais bien que mon Quat-chou était le plus intelligent", "sa réputation de grand stratège n'est pas usurper, il faudra que je redouble d'attention lors des négociations", "finalement il assure le petit blond, je l'ai peut-être jugé trop vite, mais pas question de m'excuser", "hn" ou encore "tu es le plus fort mon amour". Tout ce qu'il eut comme réponse fut donc un :

- Et comment on arrive sur le toit ? de Meiran.

Quatre soupira. C'était justement là que commençait les problèmes.

- Déjà, il va falloir trouver le bon moment, pendant que Rom est occupé avec les négociations, mais pas trop tard pour qu'il ne doive déjà s'en prendre à l'un de nous. Puis, il faut ouvrir cette porte.

Quatre montra alors la fameuse porte qui leur barrait le passage. Non seulement les kidnappeurs avaient fermé à clef, mais ils avaient installé un appareil sommaire qui demandait un code pour l'ouverture.

Heero se leva alors et examina l'engin plus en détails. Après quelques secondes de réflexion, il se retourna vers le groupe et dit :

- Je m'en charge.

Personne ne savait comment il allait faire, mais si Heero Yuy disait qu'il pouvait, ça devait être vrai.

- Et pour la serrure ? Vous voulez la défoncer ? ironisa Meiran.

- Je l'ouvrirai, dit alors Duo sûr de lui.

Meiran renifla légèrement mais devant les regards noirs de ses compagnons elle se tut.

- Ensuite, il faudra neutraliser les gardes qui sont sûrement devant la porte en toute discrétion.

- On s'en charge, dirent alors le couple Chang en même temps.

Cette petite occupation mis Meiran de bonne humeur et elle cessa ensuite de redire au plan de Quatre.

- Il ne nous restera qu'à trouver une pièce donnant sur l'arrière de la maison, à faire une corde avec ce que nous trouverons et Trowa grimpera pour l'accrocher en haut, ce qui facilitera notre ascension.

Cette fois-ci, ce fut Wufei qui se permit de demander :

- Comment un vétérinaire pourrait monter une façade escarpée au dessus du vide ?

En effet, Trowa s'était présenté au couple comme le compagnon de Quatre, un simple vétérinaire. Même s'ils savaient que sa sœur était directrice de cirque, ils ne pouvaient pas deviner qu'il était aussi un artiste accompli.

- Comme Rom la dit, ma sœur dirige un cirque. Le cirque Bloom pour être exact. Et il se trouve que j'ai grandi au milieu des artistes, et qu'il m'arrive de leur donner un coup de main pour leur numéro. J'ai déjà fait pire.

C'était le plus longue phrase qu'il ait faite depuis le début, mais il voulait que le couple soit parfaitement au courant de ses capacités.

Le silence se fit alors, puis Meiran demanda.

- On commence quand alors ?

Tout le monde regarda Quatre qui soupira.

- Vous êtes sûr de pouvoir tenir votre rôle ?

Car si un seul échouait, c'est tout le plan qui tombait à l'eau et Rom ne serait sûrement pas conciliant.

Ils se contentèrent de hocher la tête.

- Bien, c'est donc à moi de commencer. Il faut que je détermine le moment exact où l'on devra débuter. Et pour ça il n'y a qu'une solution.

Quatre se leva sous les yeux curieux de ses compagnons et tambourina à la porte.


Quand le garde jeta le blond dans la pièce, il était dans un piètre état. Trowa se jeta sur lui pour voir l'état de ses blessures. Il le palpa bien partout tandis que le jeune homme gémissait doucement quand il touchait un point douloureux, mais apparemment il aurait juste quelques beaux bleus et une lèvre éclater pour séquelle. Une fois rassuré, il cria sur son amant :

- Mais tu es inconscient ? Pourquoi tu as fait ça ?

- Seul moyen, grogna le blond.

- Quoi ?

- Je devais le provoquer un peu pour qu'il se vante et m'en apprenne un peu plus sur ses intentions. Maintenant, je sais exactement quand agir.

Les autres personnes présentes se turent, impressionnés que le jeune homme ait été jusqu'à se faire tabasser pour les sauver.

- Et maintenant ? demanda Meiran sur un ton plus doux, presque respectueux.

- On attend encore deux heures, Catherine n'est pas encore arrivé, tout comme Iria. Ils ont installé un camp un peu plus loin sur la route, mais ils devraient bien nous voir du toit.

- Ils ne viendront pas nous voir pour débuter les négociations ? demanda Wufei.

- Non, Rom est trop confiant, il sait que le maire leur a tout raconté donc ils n'ont pas besoin de preuve de notre captivité. Il devrait pouvoir patienter une heure avant d'avoir besoin de montrer sa force.

- Tu y arriveras ? demanda Trowa soucieux.

Quatre sourit.

- Ne t'inquiète pas mon amour, je vais me reposer un peu et tout ira bien.

Deux heures plus tard, Trowa secoua légèrement l'épaule de Quatre qui s'était endormi contre lui. Ce dernier ouvrit les yeux et mit quelques secondes à faire le point, mais il revint ensuite à la réalité.

Il se leva, regarda sa montre et fit signe à ses compagnons. Il était l'heure de passer à l'action.

Heero se plaça devant la porte et sortit un téléphone de sa veste. Meiran faillit faire un commentaire sarcastique, mais le jeune homme anticipa et commença à expliquer en travaillant.

- Ils sont tellement sûrs de leur brouilleur qu'ils n'ont même pas pris la peine de nous prendre nos portables. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que le mien est un peu plus qu'un portable.

En disant ça, il avait tiré un fil du portable et l'avait branché sur l'engin. Puis il tapota sur son appareil.

- Il a l'air bien pratique Hee-chan. Tu pourrais m'en donner un comme ça ?

- Désolé Tenshi, mais même si j'avais le temps de tout reprendre à zéro pour t'en bidouiller un comme le mien, je ne pense pas que tu saurais t'en servir.

- Méchant.

Et le natté se mit à bouder. Mais un bip retentit indiquant que la porte était ouverte. Ne restait plus que le verrou. Duo se leva alors comme un ressort et approcha avec le sourire. Heero le laissa passer, mais les autres étaient plus inquiets.

- Tu es sûr de pouvoir ouvrir ? demanda Quatre exprimant les doutes de tout le monde.

Sans répondre, Duo porta les mains à sa natte pour en extraire deux épingles. Puis il se tourna vers la serrure et se mit à l'œuvre.

- Tu les avais prises ? s'étonna tout de même Heero.

- Depuis que je suis resté coincé une heure devant la porte de mon bureau parce que j'avais oublié mes clef à la maison, je ne sors jamais sans.

- Mais où as-tu appris à forcer une porte ? demanda encore Quatre totalement abasourdi par les capacités de son ami.

A ce moment, un déclic se fit entendre et Duo se retourna, tout content de lui.

- Désolé Quatre, mais mon passé n'est pas quelque chose dont j'aime parler. Dis-toi juste que ça m'a permis de survivre quelque temps.

Les autres restèrent silencieux quelques secondes puis le couple chinois s'avança. Ils se collèrent à la porte, cherchant à savoir si les gardes avaient entendu quelque chose, mais apparemment, la voie était libre. Ils ouvrirent doucement puis se faufilèrent au dehors. Trowa les suivis, soutenant discrètement Quatre, enfin venait Duo et Heero.

Ils longèrent le couloir, cherchant à se diriger dans l'immense maison puis tournèrent à droite un peu au hasard. C'est là qu'ils tombèrent sur deux gardes, tous les deux armés. Heureusement pour eux, ceux-ci mirent une seconde à réagir, trop surpris de voir les prisonniers libres. Wufei et Meiran eurent juste le temps de se jeter sur eux. La seconde d'après, ils tombaient tout les deux, inconscients.

- Vous avez fait comment ? s'étonna Duo les yeux ronds.

Meiran souriait, l'air très supérieur. Mais Wufei répondit plus obligeamment.

- Nous avons appuyé sur leurs points vitaux. Ils devraient dormir quelques heures maintenant.

Heero et Trowa s'approchèrent d'eux et les trainèrent par les pieds jusqu'à la salle qu'ils venaient de quitter. Quatre subtilisa juste le talkie walkie, puis ils refermèrent la porte, enclenchant le verrou électronique. Ils se remirent ensuite tous en marche.

Ils arrivèrent après plusieurs détours prudents à un escalier qu'ils montèrent et une fois en haut purent voir une fenêtre qui donnait sur la bonne façade. Mais Quatre jugea l'endroit trop exposé et ils continuèrent jusqu'à une pièce à côté, une chambre.

Là, Trowa ouvrit la porte-fenêtre, se pencha sur le petit rebord et leva la tête pour évaluer la montée. Il y avait quelques prises faciles, mais la dernière partie serrait plus dure. Le rebord de la dernière fenêtre se trouvait à plus d'un mètre de la gouttière en pierre qui ornait le bout du toit, il lui faudrait donc s'élancer sans être sécurisé.

Il baissa la tête, voyant le gouffre en bas avec la mer qui se jetait sur la falaise. Au moins, le bruit de l'eau masquerait le leur.



Pendant que Trowa faisait ses évaluations, les autres avaient entrepris de déchirer les draps du lit et confectionnait une corde. Une fois fait, Quatre évalua la longueur puis sortit pour voir si cela suffirait.

- Il manquera deux mètres, soupira-t-il en faisant ses calculs.

Les garçons étaient consternés.

- On pourrait aller dans une autre chambre, suggéra Duo.

- Trop dangereux, rétorqua Heero.

- Rah les mecs je vous jure, râla alors Meiran.

- Parce que tu as une solution ? soupira Wufei.

La jeune femme se contenta de renifler, méprisante et se dirigea vers les rideaux qu'elle décrocha d'un coup sec. Elle les tendit ensuite à un Quatre bouche bée qui se reprit bien vite pour les incorporer à la corde. Trowa l'enroula alors autour de lui, la passant au dessus de son épaule droite et en dessous du bras gauche. Il vérifia qu'elle ne tomberait pas et surtout qu'elle ne le gênait pas dans ses mouvements puis s'apprêta à monter. Quatre le retint alors, lui donna un baiser rapidement mais intense et lui dit :

- Fait bien attention.

Trowa acquiesça puis commença son ascension. Les autres se penchaient comme ils pouvaient pour le voir, très impressionnés par ses performances mais très inquiets quand il dérapait.

Puis vint le dernier passage, et ils retinrent tous leur souffle. Ils n'avaient pas remarqué tout de suite l'absence de prise et Quatre se mit à trembler.

Qu'avait-il fait ? C'était à cause de lui que Trowa risquait sa vie. Et si … ?

- Aie confiance, lui souffla Heero à l'oreille.

Quatre se calma et pria.

De son côté, Trowa se trouvait en mauvaise posture. Comme prévu, il devait lâcher les deux mains pour se propulser avec la seule force de ses jambes et attraper la gouttière sans la lâcher. Il respira profondément, puis se lança. Ses muscles crièrent de protestation quand il se raccrocha à la gouttière et que tout son poids reposa sur eux, il faillit lâcher. Mais il pensa à Quatre et serra les dents. Après quelques secondes, il commença à se hisser, à la seule force de ses bras. Une fois qu'il put mettre son genou, il sut qu'il avait réussi. Il se reposa quelques instants, sur le dos avec les bras en croix, puis entreprit d'attacher la corde à une statue juste à côté. Il déroula le reste et observa en bas. Heureusement qu'il n'avait pas le vertige.

- Quatre, tu passes le premier, dit Wufei quand la corde arriva à eux.

- Mais …

- Tu es le plus lent, alors dépêche toi, répliqua Meiran.

Trop fatigué pour répondre, Quatre s'exécuta et commença à monter, non sans avoir laisser le talkie walkie à Heero. Trowa le réceptionna en haut et ils se prirent dans les bras l'un de l'autre.

En bas, Duo fut poussé vers la corde. Il lança un regard à Heero puis commença son ascension. Wufei insista pour que Meiran passe ensuite et après moult protestations, elle obéit. Quand elle fut en haut, les deux hommes se regardèrent dans le blanc des yeux, mais Heero finit par céder et donna l'appareil au chinois. Alors qu'il allait monter, celui-ci se mit à grésiller, puis la voix de Rom se fit entendre.

- Tout va bien ?

Un frisson lui remonta le long du dos. La haut, les autres avaient dut commencer à rejoindre l'autre côté du toit, mais s'ils n'étaient pas au complet, leurs sauveurs ne tenteraient rien. D'un autre côté, auraient-ils assez de temps si les kidnappeurs se rendaient compte de leur évasion ? Et s'ils les retrouvaient avant que les autres ne les voient, comprennent et enfin se décident à intervenir ?

Il actionna alors le talkie walkie et répondit, essayant de déguiser sa voix :

- Rien à signaler.

Il attendit quelques secondes, redoutant la réponse mais finalement, Rom lui dit :

- Bien, attend mes instructions.

Wufei soupira, soulagé, puis il coinça l'appareil dans sa ceinture et monta. En haut, Heero lui tendit sa main et le hissa. Finalement, ils étaient encore tous les cinq sur le bord. Quand il se mit debout, ils se dirigèrent tous vers l'autre côté, essayant de ne pas tomber sur les tuiles instables.

Ils arrivèrent enfin tout en haut, et s'assirent comme ils purent. Ils pouvaient maintenant voir la tente un peu plus loin sur le chemin où devait attendre les secours. A présent, ce n'était plus de leur ressort.


Sous la tente, sept personnes en fixaient un autre d'un regard noir.

- Jamais, dit Rachid, le plus vieux d'entre eux. Si nous payons aujourd'hui, ils ne seront plus jamais en sécurité.

- Je comprends très bien, mais ce Rom Feller est très sérieux, ce n'est pas la première fois qu'il organise ce genre d'opération. Ceux qui n'ont pas payé sont morts et nous n'avons jamais pu le coincer. Je vous assure que …

- Non, coupa la jeune chinoise. J'ai des ordres précis et l'ambassade ne cédera pas.

Catherine Bloom continua :

- Même si je le voulais, je n'ai pas les moyens de payer la somme qu'il me demande et je ne peux pas me la procurer comme ça.

Zechs prit la parole.

- Je connais Heero et je sais qu'il ne voudrait pas que nous payons. Je pense que Duo non plus, ajouta-t-il en regardant Hilde qui acquiesça.

- Et mon frère a été très clair quand nous avons abordé le sujet ensemble, finit Iria.

L'inspecteur en charge des opérations soupira devant la mine déterminée de ses vis-à-vis. Il suivait Rom depuis cinq ans déjà et ils savaient que ce dernier ne laisserait aucune preuve derrière lui et qu'il avait déjà prévu un moyen de s'en sortir. Il ne leur restait plus qu'un quart d'heure avant que ne leur arrive la première oreille, puis ce serait un corps. Il n'y en aurait pas de deuxième.

Il allait tenter de convaincre ces gens quand un policier entra en trombe sous la tente.

- Monsieur ! cria-t-il. Venez voir !

Ils sortirent tous et l'agent lui donna des jumelles. Il regarda dans la direction qu'il lui indiqua et put voir cinq hommes et une femme assis sur le toit, pelotonnés les uns contre les autres.

- Nom de dieu ! ne put-il s'empêcher de jurer.

A ce moment, le téléphone sonna.

- Oui ? dit-il machinalement en décrochant, regardant toujours les otages, libres.

- Ici Rom inspecteur, je voulais savoir si vous vous étiez mis d'accord pour la rançon.

La rançon ? Mais pourquoi parlait-il de ça si … ? Attendez. Ça voulait dire qu'il ne savait pas ? Il n'était pas au courant que ses otages se baladaient libres, sur le toit en toute sécurité, leur permettant de lancer l'assaut sans mettre leur vie en danger ?

Le sang de l'inspecteur ne fit qu'un tour, il répondit rapidement au kidnappeur que la famille se mettait d'accord sur les moyens de faire venir l'argent jusqu'ici, ignorant les regards noirs de la dite famille qui ne comprenait pas ce qui se passait. Puis il raccrocha et hurla :

- On donne l'assaut dans cinq minutes. Préparez vous.

Après ça, les choses allèrent très vite. Des policiers surentrainés entrèrent dans la maison, des coups de feu furent échangés et au final le bilan fut lourd pour les kidnappeurs.

Rom fut arrêté légèrement blessé, sur ses dix hommes six étaient morts, deux autres gravement blessés et les deux derniers se portaient comme un charme mais dormaient toujours. Seulement cinq policiers étaient blessés et ce n'était que légèrement.

Par contre, il fallut faire venir les pompiers pour déloger les victimes de leur perchoir, tout le monde se demandant bien comment il avait fait pour s'enfuir puis réussir à monter sur le toit.

Duo résuma très bien leur périple :

- On leur a gentiment demandé de nous ouvrir et après le père Noël nous a donné un coup de main.

En clair, ils ne diraient rien.

L'inspecteur n'insista pas, trop heureux d'avoir arrêté un criminel recherché sur toute la planète, il laissa donc tout ce beau monde continuer leurs embrassades et autres démonstrations de soulagement.

Tout à coup, l'estomac de Duo émit le bruit caractéristique du pauvre affamé, et Howard qui les avait rejoints proposa :

- Je vous invite pour le petit déjeuné ?




Désolée pour le méchant, j'avais pas d'idée pour le nom et je voyais pas qui mettre en provenance de la série. Déjà que j'ai détourné Sally de sa médecine pour les besoins du scénario … donc voilà, j'ai fait un jeu de mot pourri. Désolée.