.Grenache1: Voilà la suiteee tit raisin impatient ! ;p

Milyi : non pas la première! Tu connais ton gage ! XD Oui Brilthor est mimi tout plein ! ^^

Waina : je fais ce que je peux, tu as de la chance que je sois déjà au onzième chapitre ! *rires* Mais en même temps, je ne dois pas publier trop vite ! là déjà je déroge à la règle que je m'étais donné ... Oo

Helliarys: Coucou à toi petite nouvelle qui arpente mon modeste écrit ! Merci beaucoup pour tous ces compliments et encouragement du coup ! ^^ J'espère que la suite te plaira tout autant !

BONNE LECTURE !


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Les jeunes elfes s'étaient dispersés à la venue du Capitaine, certains étaient même partis se changer pour pouvoir profiter du spectacle plus confortablement vêtus. L'humaine nota avec plaisir qu'il y avait autant d'hommes que de femmes dans les rangs. Apparemment, le métier de la guerre était ouvert aux deux sexes, comme chez elle. Cet état de fait, lui procura un réel contentement malgré elle.

« Ces elfes ne sont peut-être pas si attardés et machistes que ça dans le fond ... »

Le lieu où se déroulaient les entraînements, était une place dégagée à ciel ouvert, où la forêt venait lécher les abords du terrain. Alexandra regarda les arbres, et une pensée fusa dans son esprit. Elle étudia autours d'elle, et vit l'immense falaise qui bordait l'espace. Il fallait qu'elle sache si la forêt enjambait les deux rives de la rivière qu'elle entendait couler en contre-bas. Et vu les grognements furieux qui remontaient le long des parois, le courant devait être plus que tumultueux. Angrod se plaça au centre, et fit signe à Alexandra de s'avancer. Des chuchotements curieux et même moqueurs s'élevaient des tribunes, et elle se mordit la langue pour ne pas les envoyer paître ailleurs. Il était certain qu'elle allait passer un sale moment, mais dans sa situation, toutes informations étaient bonne à prendre.

« Observer, analyser, se fondre dans la masse comme un caméléon … et frapper ... » ne cessait-elle de se répéter pour éviter de sortir de ses gonds.

Brilthor vint lui donner une épée en bois, et en donna une également à son Capitaine.

« Ravie de voir que vous ne voulez pas m'embrocher de suite Capitaine ! Fit-elle avec un sourire qui voulait tout dire.

- Non .. pas pour l'instant, même si je peux vous tuer avec ce simple bout de bois, je ne vais pas éveiller le courroux de mon Souverain.

- Sage décision, on ne sait jamais ! Sa sérénissime altesse pourrait avoir l'envie de vous jeter dans ses cachots ! »

Elle entendit le murmure d'offense qui s'éleva des spectateurs, et elle sourit éhontément de son effronterie.

« Ouais, j'ai encore ma langue les gars ! Et même si je mords la poussière dans les minutes à suivre, je vais pas me gêner pour dire le fond de ma pensée ... »

Angrod passa à l'attaque, et elle reçut un coup sur la main qui la fit glapir. Elle lâcha l'arme factice de suite. Des rires s'élevèrent, et Angrod, avec un ignoble sourire satisfait, lui lança moqueur :

« Tenez votre arme, autrement vous ne pourrez pas vous défendre …. »

Alexandra ramassa à nouveau l'épée, et commença un long calvaire qui allait lui laisser pas mal de bleus sur le corps. C'est qu'il était plus que doué le bougre. Au final, elle se retrouva étendue sur le dos, dans la poussière, les applaudissements des jeunes elfes comme témoignage de son incroyable faiblesse et maladresse. Mais, voilà, elle n'était pas qui elle était, pour rien. Quelque chose rugit en elle comme le cri d'un lion. Voyant Angrod qui s'essuyait les mains avec une mine pédante à souhait, osant parler de sa victoire débile en Sindarin devant elle, elle héla :

« Hey ! Oreilles Pointues ! J'en ai pas fini avec vous ! »

Le silence qui advint ressemblait à celui qui saisit le calme avant la tempête. Thranduil s'avança malgré lui. Il savait Angrod patient avec ses élèves, mais elle n'en était pas une. Pire, elle venait de l'insulter, et ce, devant tous. Le Capitaine braqua ses yeux verts sur sa silhouette qui pour lui semblait bien frêle, et rétorqua en plissant les paupières de façon sans équivoque.

« Il me semble que vous avez dû prendre trop de coups sur la tête, Humaine, pour oser me parler ainsi.

- C'est ce qu'on me dit tout le temps Angrod ! Certains disent qu'elle serait même carrément creuse ! » Lâcha-t-elle un éclair carnassier dans le regard.

Le Capitaine stoppa son avancée, son instinct de guerrier expérimenté, lui soufflant qu'elle allait réellement s'en prendre à lui. Il fit un signe de la main voulant chasser cette pensée absurde comme on évince un insecte bourdonnant, puis se postant devant elle, il baissa les yeux pour accrocher son regard du sien, et déclara :

« Alors il va peut-être falloir y faire rentrer quelques notions de bienséance …

- Ho mais avec joie ! Je pourrai même vous rendre la pareille ! »

Les chuchotements indignés qui parvinrent jusqu'à elle, la grisèrent. Elle allait sûrement recevoir une belle correction, mais elle n'allait certes pas en rester là. Elle avait compris leur manège. Ils voulaient lui prouver qu'ils lui étaient en tout points supérieurs. Elle allait leur démontrer le contraire. Quelqu'un apporta les deux épées en bois, mais elle s'exclama :

« Ha non non non ! Pas de jouet en bois ! On fait ça au corps à corps Capitaine ! »

L'elfe eut un air totalement ahuri, se demandant si cette humaine ne voulait pas simplement mourir.

« Si je vous tue, le Roi ne me pardonnera jamais ...

- Mais non Angrod ! Je ne suis rien, ni pour vous, ni pour lui ! Qu'est-ce que ma mort pourrait bien faire de plus ou de moins ! Aller chaton ! J'ai envie de jouer un peu moi aussi ! »

- Chaton ?! Là vous allez beaucoup trop loin ! » s'écria Angrod réellement piqué au vif et totalement indigné.

Ils auraient été seuls, il aurait sûrement régler cela d'une autre façon, mais on ne fragilisait pas son statut devant SES hommes. Il n'y alla pas fort pour commencer, il ne voulait pas l'assassiner non plus. Elle reçut la première gifle sans broncher, puis alors qu'elle ne réagissait pas, sa mauvaise humeur se renfoça. Il recommença mais là elle l'esquiva, ce qui le déstabilisa. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle ait de tels réflexes. Après quelques échanges stériles, une cruelle impatience s'empara de lui. Trouvant ce jeu de moins en moins amusant, il décida de la plaquer à terre en essayant de la ceinturer. Là encore elle passa sur son côté en une belle chorégraphie, et se servant de la force de l'elfe, elle pressa le plat de sa main dans son dos. Ce qui fit qu'Angrod fut emporté par son propre poids, et manqua de s'étaler dans le sable. Réellement furieux il se redressa, et c'est un ballet des plus étrange qui se déroula. Les deux adversaires se rendaient coup pour coup, et Alexandra encaissait du mieux quelle le pouvait. Même si cela lui était tout de même assez difficile. Elle savait qu'elle ne pouvait rivaliser de force, elle devait faire ce qu'elle avait appris. Utiliser celle de l'autre. Au final ils se retrouvèrent au sol, et elle emprisonna son bras entre ses jambes, tirant son poignet vers sa tête, calant ses pieds sur sa nuque. Tous les élèves s'étaient levés, les exclamations de surprises bruyantes comme un torrent envahissant la place. Thranduil s'avança un peu plus, il ne voulait pas être gêné par la foule.

« Alors ! Je vous démets l'épaule où ça ira ?!

- Diablesse d'humaine ! Lâchez-moi !

- Si je tire un peu plus, je vous déboîte la clavicule, le coude ou le poignet Angrod ! Cela suffira-t-il pour aujourd'hui ?

- Oui ! » Grogna-t-il entre ses dents.

Elle relâcha sa pression, légèrement, mais il en profita pour récupérer tous ses moyens, et recouvrer ses forces surhumaines. Avec rage, il la tira par la jambe et la fit basculer violemment. Elle s'écrasa sur le flanc atteint, et un cri s'extirpa de sa gorge malgré elle. Il la ramassa comme un tas de chiffons sales, et l'attrapant par le col, il la souleva carrément du sol. Elle avait le visage rouge et un hématome apparaissait déjà sur sa joue. Du sang s'échappait de ses lèvres closes, et ses cheveux en bataille, plein de poussière, la faisait ressembler à un épouvantail. Il savait qu'il devait la lâcher, arrêter ici, mais cette femme venait de le ridiculiser pendant quelques secondes, et ce, devant tous. La colère prenant le pas, il la jeta à nouveau sur le sol, et s'apprêtait à lui faire passer l'envie de recommencer. Brilthor s'avança alors, et s'exclama :

« Suffit Angrod ! Vous avez gagné ! Pas la peine d'en rajouter Capitaine, elle a compris !

- Pousse-toi de là Brilthor ! Où tu sauras aussi goûté de ma colère !

- Non Angrod, je vous somme d'arrêter ! » tonna la voix de Thranduil qui claqua comme un coup de fouet dans la foule.

Tous se turent, et s'écartèrent, lui cédant le passage. Alex eut l'impression de voir la mer rouge s'ouvrir devant Moïse. Angrod serra le poing, et s'exclama :

« Seigneur ! Elle était en faute je …

- J'ai tout vu Angrod .. et ce depuis le début ! Est-ce donc cela pour vous, un entraînement pour jauger ses capacités ? Depuis quand mon Capitaine se conduit-il de la sorte, surtout envers une femme ! Même si elle est humaine, vous n'avez nul droit de porter la main sur elle ainsi ! »

Alexandra était à moitié sonnée. Tout ce qu'elle arriva à comprendre, c'est que ce cher roi venait de lui sauver la mise. Encore ….

« Décidément c'est bien ma veine tient ! J'aurai préféré mourir va ! Outch que ça fait mal … il cogne fort l'animal ...» Elle gémit en se touchant les côtes, et elle sentit son genou la faire à nouveau souffrir.

Thranduil avala la lumière devant elle tandis qu'il s'approchait, et d'un air dédaigneux il déclara :

« Aller vous lavez, vous ne ressemblez à rien là ! Nous avons à discuter vous et moi ! Je ne saurai imposer à ma vue cet ignoble spectacle ! »

« Ben tu n'as qu'à pas regarder hein ! » hurla son esprit, mais elle se tut, sachant très bien que dans son état actuel, il la boufferait toute crue sans qu'elle puisse se défendre. Elle hocha la tête, et passant à côté du capitaine, elle eut un sourire en coin, et avec un éclat de malice dans le regard, elle lui murmura « Mauvais perdant va ! ». Elle sentit quelqu'un la pousser rudement dans le dos, et lui saisissant le bras avec force, Brilthor la dirigea vers les couloirs de la cité. Il déclara d'une voix qui avait perdu tout de sa fraîcheur coutumière « Il n'est pas bon, ni sain, de mettre le Capitaine dans un état pareil ! Et le Roi encore mois ! Êtes-vous stupide à ce point Dame Alexandra ?! ». Étrangement, sa remontrance lui fit plus de mal que les bleus qui commençaient à recouvrir son corps. Il la mena à ses appartements, et les ouvrant il la lâcha dedans sans ménagement. Il vit Aerlinn qui s'approcha avec douceur vers eux. Le visage consterné de l'elfe en disait long sur ses pensées.

« Préparez-la ! Le Roi Thranduil veut la voir ce soir ! Et priez pour qu'elle ne soit pas purement et simplement expulsée de chez nous ! Votre frère est dans une colère noire !

- Angrod ?! S'exclama de suite Aerlinn, très inquiète.

« Frère ? » sursauta Alexandra en rivant son attention sur son amie. « Ça je l'avais pas vraiment prévu. Que je me mette dans l'embarras ne regarde que moi. Aerlinn n'a pas à souffrir de mes frasques... En même temps, je n'ai pas demandé à être retenue prisonnière non plus hein !». Mais cette piètre excuse ne lui enleva pas l'idée que cela serait forcément injuste, si cette douce et magnifique elleth, était atteinte par quoi que ce soit venant de sa part.

« Oui, il vous racontera tout lui-même ! A présent je dois y aller, je dois calmer un peu les esprits ! »

Toute son attitude « bonne enfant » avait littéralement fondue. Et en cet instant, elle comprit pourquoi, Brilthor tenait une telle place dans l'Armée Rapprochée de sa Majesté. Il ne la regarda même pas en fermant la porte, et elle s'en sentit blessée. Avant qu'Aerlinn ne dise quoi que ce soit, Alexandra sentit les larmes lui monter aux yeux, et dit simplement « Je suis désolée Aerlinn, je ne voulais pas vous faire de tort ». Puis elle alla directement dans la salle d'eau, et ferma la porte pour se laver. Elle grimaça et étouffa des gémissements de douleurs. Regardant les plaques rouges, voir violacées, qui maculaient certains endroits, elle jura à qui mieux mieux.

« Bon en même temps, tu l'as un petit peu cherché ... » Malgré tout, elle était assez fière d'elle, au moins ils verraient qu'elle n'était pas si impotente que cela.

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Brilthor arriva alors que le roi s'entretenait avec son Capitaine. Ils étaient à présent seuls sur la terre sablonneuse et désertée par les recrues.

« Je peux savoir ce qu'il vous est passé par la tête Angrod ?! Depuis quand vous vous acharnez ainsi sur un être sans défense ? » S'exclama le roi d'une voix profonde d'où l'on pouvait déceler une certaine colère.

Le Capitaine eut un rictus sombre et presque moqueur, ce qui surprit réellement le Roi. Jamais il ne lui faisait front ainsi, ou si rarement que ça en était totalement anecdotique.

« Sans défense mon Roi ? Non ! Je ne sais d'où elle vient, mais je n'ai jamais vu quelqu'un bouger de la sorte. Elle s'est littéralement joué de moi en utilisant mes propres coups contre moi-même. C'est comme si elle n'avait été qu'une surface lisse sur laquelle mes attaques avaient glissé, et qu'elles m'étaient revenues avec égale force. Elle a failli réellement me démettre le bras. Je n'arrive pas à comprendre ces enchaînements de mouvements. Une fois, lors de mes voyages, j'ai vu un esclave de l'Est se battre ainsi. Il y a tellement de vies d'hommes que je ne me souviens plus son nom. Mais elle ne ressemble en aucun cas aux gens de ces peuplades mon Roi !

- Je vois …. » fit Thranduil songeur.

Il avait porté une main à son menton, réellement perplexe. Et ce qui allait suivre allait le rendre encore plus sombre.

« Maeglin l'a vu … je suis persuadé qu'il a arpenté la cité juste pour voir à quoi elle ressemblait ».

Le regard glacial du roi se posa sur son capitaine avec le baiser d'un couperet.

« Que la peste soit sur cet elfe de malheur ! Cracha Thranduil réellement en colère pour le coup.

- Je vous laisse imaginer ce qu'il c'est produit. Il a failli la tuer dans le couloir sans même réellement réfléchir aux conséquences. Je suis intervenu avant que ça n'aille trop loin …

- Pour cela que je l'ai croisé dans les coursives menant à l'extérieur. Il ne m'a presque pas salué, il avait l'air réellement furieux. Je comprends pour quoi maintenant.

- Elle l'a purement et simplement insulté et envoyé sur les roses. Je vous avoue, qu'elle ne l'a rencontré que quelques secondes, mais elle ne l'aime absolument pas.

- C'est un bon point pour elle, au moins elle recèle un léger discernement. Je me demande si elle est stupide ou si elle le fait exprès ….

- Si je peux me permettre, mon Roi, méfiez-vous. Elle est loin d'être idiote. Je suis certain qu'elle savait ce qu'elle faisait tout à l'heure. Elle savait qu'elle allait me pousser à bout. Je crois qu'elle voulais juste me démontrer qu'elle n'était pas aussi démunie qu'il n'y paraît. Et au pire, elle serait morte, mais n'était-ce pas ce qu'elle voulait de toute façon en arrivant ici ?

- Votre analyse est juste Angrod. J'y ai déjà beaucoup réfléchi. Je crois qu'il va falloir que je passe à une étape supérieure avec elle, je veux savoir qui elle est !

- Aller à une confrontation directe avec elle, n'est pas la solution je pense, hésita à dire le Capitaine.

- Je m'en suis déjà aperçu, non, il y a bien d'autres moyens pour faire ployer quelqu'un Angrod. Je finirai par trouver ce qui la fait danser, et je lui imposerai le pas.

- Seigneur ! Interpella Brilthor qui s'avançait enfin après avoir écouté sagement la conversation. Quand il vit que le Roi lui accordait son attention, il continua, l'humaine est dans ses appartements, j'ai demandé à Aerlinn de s'occuper d'elle.

- Bien Brilthor …

- Je vais à la caserne pour essayer de calmer les rumeurs et autres scandaleux propos qui pourraient circuler, fit le jeune elfe en s'inclinant courtoisement. Puis il partit sans un mot de plus.

- Vous avez choisi votre second avec sagesse, Angrod.

- Oui, même si sa jeunesse le freine par moment, il est très prometteur. Peu se méfient de lui, sous ses airs presque adolescents, se cache un redoutable guerrier. Et son honneur est digne des plus grands. Il fera un bon successeur si il m'arrive quoi que soit ! S'exclama Angrod, une fierté non feinte dans la voix.

- Ne parlons pas de morts en ces jours de paix Angrod. Nous avons assez souffert de la guerre pour nous assombrir l'esprit avec de telles allusions.

- Oui mon Roi .. »

Les deux elfes se saluèrent, et alors qu'il repartait vers ses occupations, Thranduil s'arrêta et déclara sans même se retourner pour le regarder :

« Ho une dernière chose Angrod ! Même si je comprends vos emportements, ne levez plus jamais la main sur elle de la sorte, ou vous saurez m'en répondre ».

Angrod inclina la tête. Il savait ce que cela voulait dire, l'avertissement était on ne peut plus clair. De toutes façons, il fallait bien qu'il se l'admette, il regrettait déjà de s'être si facilement allé à ses ressentiments. Cela était indigne en effet, d'un elfe de son rang. Puis le roi quitta les lieux, sous le regard bienveillant de son Capitaine. Ce dernier aimait trop son Seigneur pour vouloir le décevoir.

Thranduil, réfléchissant à tous les événements, faillit percuter Aerlinn qui marchait vite dans les couloirs pour aller voir son frère.

« Aerlinn, que fais-tu ici ? Je te croyais avec l'humaine ! S'exclama Thranduil réellement surpris, et tout d'un coup très inquiet.

- Elle n'ira pas bien loin, elle s'est allongée, elle n'était pas au mieux, et je le comprends vu dans quel état elle m'est revenue. Je vais aller voir Angrod …

- Angrod va bien Aerlinn, il est juste un peu secoué par ses propres actions.

- Ho … je vois, fit la magnifique elfe en baissant la tête.

- Mais ne t'empêche pas d'aller le voir si cela te rassure. Reviens juste préparer cette humaine avant que je ne la convie à me rejoindre.

- Oui mon Roi … elle lui fit une légère révérence, et elle s'éloigna. Alors qu'elle était à quelques mètres, elle s'exclama sur le ton de quelqu'un qui avait oublié quelque chose, oh Roi Thranduil ! »

Ce dernier se retourna, et voyant la triste mine de celle qui partageait rarement ses nuits. Il sut que quelque chose n'allait pas. « Quoi encore ! » s'entendit-il soupirer mentalement, comme si la lassitude allait le faucher.

« C'est à propos de Gladhwen !

- Que lui arrive-t-il ? Il y a bien longtemps que je n'ai pas vu cette jeune elleth !

- Elle ne va pas bien Seigneur. Vous savez qu'elle a un lien privilégié avec la forêt, et elle m'a dit que certains arbres se lamentaient depuis quelques lunes, et que leurs complaintes se rapprochait peu à peu.

- A-t-elle pu déceler ce qui ne va pas ? Demanda alors Thranduil soudain très soucieux.

- Non, pas encore. Elle ne peut que les entendre, et parfois communiquer avec leur essence, mais tout cela reste très confus pour le moment. Vous devriez peut-être aller la voir.

- Je vais y songer …

- Merci mon Roi. »

Sûrs qu'ils se quittaient, ils reprirent chacun leur route, et Thranduil bifurqua vers les modestes appartements de cette jeune elfe, qu'il avait recueilli après la grande guerre. Ses parents étant morts pendant les assauts de Dol Guldur. C'était une jeune elfe pleine de vie et de rire, malgré les épreuves qu'elle avait traversé. Elle avait beaucoup souffert de la gangrène des araignées qui tuaient, ceux qu'elle appelait « ses arbres ». Il l'avait vu traverser des moments douloureux, l'éteignant petit à petit. Mais depuis la chute de Sauron, près de deux ans auparavant, elle allait mieux. Il l'aimait bien, cette enfante pleine de facéties, il s'en voudrait si il ne pouvait pas prendre soin d'elle comme n'importe quel sujet. Il frappa doucement à la porte, et cette dernière s'ouvrit quelques secondes après. La réaction ne fut pas longue à arriver « Roi Thranduil ! » s'écria-t-elle en s'agrippant à sa taille. Le sommet de sa tête lui arrivait au-dessous de la poitrine, et sa petite frimousse aux cheveux blonds comme les blés, se plaqua contre lui dans un immense câlin pur et attachant, comme il n'en connaissait plus. Levant ses yeux d'ambre sur lui, elle lui offrit un radieux sourire, qui l'attendri. Il s'agenouilla pour lui faire face et demanda :

« Alors Gladhwen, il paraît que les arbres ne vont pas bien ? »

La petite elfe perdit de suite son merveilleux sourire, et hochant la tête gravement elle fit, les lèvres presque boudeuses « Oui, ils pleurent. Ils ont commencé à avoir mal vers l'Ouest de la forêt. Et depuis c'est comme si la douleur se répandait comme une vague. Certains d'entre eux meurent Seigneur Thranduil ... ».

Le coeur de Thranduil se serra. SA forêt ! Mourir ?! Comment cela était-il possible ? Il fronça ses sourcils, le visage portant les marques d'une réelle inquiétude.

« Vers l'Ouest dis-tu ?

- Oui … j'ai peur, ils pleurent tellement …. j'ai réussi à entendre quelques uns dire qu'il fallait sauver le coeur de la forêt …

- Le Coeur de la Forêt ?

- Oui … ils disent qu'il se meurt avec les âges, qu'il faut retrouver une graine ….

- Une graine ? Répéta Thranduil complètement incrédule.

- Oui … » les yeux clair de la petite elfe se bordèrent de larmes.

Voyant le malaise qu'il instaurait, il vint lui offrit un doux baiser sur le sommet de son crâne, et lui essuyant les larmes il déclara « Ne t'inquiète pas Gladhwen, je vais m'occuper de tout ceci. Je te fais la promesse que les arbres vont aller mieux. »

La petite fille porta sur lui un regard brillant d'espoir, et il resta quelques minutes de plus en son agréable compagnie. Attendant patiemment qu'elle finisse de lui montrer toutes ses dernières trouvailles, et qu'elle lui montre ses progrès en couture. Ensuite, il prit la direction des écuries, et, prenant son cerf il sortit.

« Comment ai-je pu resté à ce point sourd aux cris de détresse de ma propre forêt ?! A force de ne me concentrer que sur mon peuple et son devenir, j'en néglige presque l'essentiel ! » pesta-t-il en allant évaluer les dégâts.

Son cerf avala les lieux de sa course vive, et Thranduil arriva aux lieux décrits par la jeune elfe. Il se figea, tant il eut le coeur qui se froissa à la vue de ce qui se passait. Il avait décelé les nids d'araignées, disséminés un peu partout, et pour une fois, elles n'étaient pas en cause. Il mit pied-à-terre, et venant vers un vieux bouleau, il plaça sa main dessus. Il la retira vite. Une douleur vive lui transperça la paume. L'arbre était en souffrance c'était indéniable. Il perdait ses feuilles alors que l'été approchait. Comme se vidant de sa sève sur pied. Le regard du roi se porta aux alentours, et plusieurs arbres portaient les mêmes symptômes. Taciturne, il reprit le chemin de sa fastueuse cité. Puis, passant à côté d'un endroit qu'il connaissait plutôt bien, il revint vers le grand chêne. Il n'était pas revenu depuis la découverte de ce corps blessé qu'il avait eu l'idée de ramener chez lui. Il se demanda si cela avait été l'intention la plus lumineuse de ce siècle d'ailleurs. Il sauta agilement le cours d'eau, puis venant se loger dans les racines de l'arbre majestueux, il étudia les alentours.

« Il doit bien avoir un passage, un couloir, une porte ! Par les Valar ! Cette femme n'a pas pu apparaître comme ça ! Comme enfantée par l'arbre lui-m …. » sa pensée se coupa d'un seul coup. Il leva les yeux vers les frondaisons de l'arbre magnifique. « Impossible … même si des résidus de la magie de Melian subsistent, c'est tout bonnement impossible ! ». D'un pas presque rageur, il retrouva son cerf. La bête majestueuse tendit vers lui son mufle affectueux, que le roi flatta malgré son tourment, puis remontant, il reprit la route.

« Quoi qu'il en soit, si il y a eut un passage en ces lieux, il est définitivement scellé ! »

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Alexandra somnolait. Aerlinn l'avait préparé, mais elle s'était rendormie sous le coup de la fatigue. Ce combat l'avait épuisé. Elle ouvrit les paupières en gémissant, et braquant un regard noir sur l'elleth qui l'appelait doucement, elle grogna « Quoi Aerlinn .. ? ». L'elfe ne put réprimer un sourire amusé devant la tête qu'elle affichait. Ses airs revêches et bougons lui plaisaient. Alex lui rappelait souvent son roi bien-aimé.

« Debout Alexandra, il ne faut pas faire attendre le roi.

- Mais quelle heure est-il ? J'ai tellement sommeil … grommela Alex qui essayait de se sortir de cette torpeur qui semblait vouloir l'emprisonner.

- Assez tôt pour que tu n'arrives pas en retard, déclara Aerlinn avec un air malicieux.

- Traîtresse ! Tu aurais pu attendre pour me réveiller ! » S'exclama Alexandra ayant compris le stratagème.

Elle l'avait tiré de son sommeil bien assez tôt pour qu'elle n'arrive pas avec la marque des coussins imprimée sur le visage. Ce qui, même si ça l'ennuyait, était gentil de sa part. Mais cette elfe n'était que ça, la gentillesse incarnée. Si ils étaient tous comme elle, pour sûr que l'envie de s'échapper d'ici ne la tarauderait peut-être pas autant.

« Oui enfin … cela ne résout pas le premier problème, bien plus fâcheux et crucial, comment suis-je arrivée ici, et pourquoi ! ».

« Souris voyons, c'est un grand honneur que le roi te fait en voulant passer un peu de temps avec toi !

- Ben voyons ! Sa majesté n'avait pas d'autres moyens de se distraire aujourd'hui sûrement ! Pfoua ! lança Alex résolument de mauvaise humeur.

- Il ne perd pas de temps avec les choses qui l'ennuient, il est vrai. Mais donne-lui sa chance Alexandra, il peut être si … charmant ….

- Ho bon dieu ! C'est bien ce qui me semblait la dernière fois ! Avoues ! Tu couches avec lui hein ! » fit Alexandra tout-à-trac en aiguisant son regard pour percer ses maigres défenses.

Les joues d'Aerlinn devinrent d'une belle teinte cramoisie, et détournant la tête, elle bredouilla :

« Nous ne parlons pas de cela Alexandra …. et cela ne te regarde pas.

- Ouais ben que ça me regarde ou pas, ça change pas les faits ! Bon en même temps, il n'allait pas se pas refuser de partager sa couche avec une elfe aussi belle que toi !

- Alex ! S'indigna Aerlinn dont le rouge des joues montait d'un cran à chaque fois.

- Tu l'aimes? Il t'aime ? Dis … dis ?! »

« Ouais bon, mode sale gamine mit sur ON là j'avoue ! » se dit Alexandra en voyant la pauvre elleth s'enfoncer de plus en plus dans le coussin de son siège.

Mais le regard d'Aerlinn se voila quelque peu. D'une voix triste elle répondit seulement :

« L'épouse du roi est morte il y a très longtemps Alexandra. Et il la pleure depuis des siècles. Même si je me doute que leurs âmes n'étaient pas liées, tout comme les nôtres d'ailleurs, il l'a réellement chéri.

- Alors quoi ? Vous vous envoyez en l'air juste quand ça vous prend, style « amis très intimes » ?

- Heu … oui nous pouvons dire ça comme ça. Mais cela reste discret. J'ai énormément de respect et d'affection pour lui ….

- Mouais …. enfin bon, c'est normal et compréhensible je trouve. Je n'ai en aucun cas le droit de vous juger. J'ai toujours été une fervente partisane de « où il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir » ! Et je n'ai jamais songé à critiquer les attachements ou la vie sexuelle d'autrui. L'esprit et le corps sont parfois des entités mystérieuses. Et les sentiments, je n'en parle même pas ! »

Aerlinn avaient des yeux ouverts grands comme des soucoupes, elle fixait Alexandra comme si elle avait vu une apparition, et dit :

« Qui aurait pu croire en te voyant que tu pouvais détenir autant de sagesse ! »

- Quoi ? Moi ? » s'exclama Alexandra qui partit réellement dans une tranche de franche rigolade.

Ses côtes la faisant atrocement souffrir, elle dut se calmer de suite, et reprenant son souffle, elle déclara :

« Non point de sagesse ma Dame, juste une existence un peu trop remplie d'horreurs pour voir le beau là où il est ….. »

Aerlinn fronça ses fins sourcils blonds, certaines pièces du puzzle « Alexandra », avaient tendance à se coller peu à peu au fil des jours. Mais il était clair que son âme était aussi marquée que celle du Roi de cette forêt, elle en était persuadée.

« Enfin bon, ne le laisse pas te prendre pour une gourde pour autant hein ! Les mecs nés dans le pouvoir, se croient souvent tout permis ! La royauté et les nobles sont les pires !»

On frappa à la porte, et Brilthor entra. Il avait toujours la mine un peu pincée, mais son visage se transforma quand il vit les trésors qu'avait fait Aerlinn sur leur humaine. Bon, les bleus avaient tendances à sérieusement amoindrir le travail, mais tout de même. La robe rouge aux manches évasée et ouvertes sur la longueur, d'un tissu aussi vaporeux que le vent, soulignait bien ses formes, et les mettaient en valeur. Elle avait une nouvelle fois agrémenté la tresse de filaments de cuivre, et elle avait glissé dans ses cheveux une petite rose aussi rouge que le tissu. Choix très judicieux quand on connaissait celle qui l'arborait. Alexandra laissa Aerlinn en lui prenant la main affectueusement.

« Pas de bêtise hein ! Lança-t-elle à l'elfe, amusée.

- File ! Et ne me déçois pas !

- Je ferai au mieux promis ».

Puis elle se dirigea vers Brilthor, et tournant sur elle même, faisant voler gracieusement les pans de sa robe, elle demanda sans gêne :

« Alors Brilthor ?! Comment me trouvez-vous ?! Vous pensez que cela conviendra à un roi ?!

- Je .. je ne sais pas …. mais moi ça me convient en tout cas ! » lança-t-il, le premier surpris par son audace.

Alexandra le toisa une seconde, stupéfaite tout autant que lui, puis elle eut un petit rire.

« Vous êtes adorable jeune Brilthor, aller ! Amenez-moi voir le dragon qui hante ces cavernes !

- Le dragon ? Répéta Brilthor plus que perplexe.

- Oui le Roi Thranduil si vous préférez! Je suis certaine qu'il finira par me dévorer toute crue et recracher mes os ! »

Elle repartit dans un autre petit rire, mais les deux elfes échangèrent un regard qu'elle ne vit pas. Ils n'étaient pas aussi certains qu'elle, de ce qu'elle avançait.

Ils arrivèrent devant la porte des appartements de Thranduil, et avant que le second du capitaine ne frappe à la porte, Alexandra dit soudainement d'une voix grave :

« Je m'excuse si je vous ai offensé tout à l'heure, Brilthor, ce n'était nullement mon intention.

- Moi non, vous m'avez même beaucoup surpris. Cependant, il serait bienvenue je pense, de faire plutôt vos excuse au capitaine Angrod.

- J'y veillerai, je vous le promets …. elle inspira à fond, un ignoble trac venant lui mordre les entrailles. Allons-y, qu'on en finisse. »

Brilthor cogna à la porte, et Alexandra retint presque son souffle.

« Nanmého ! Ça va pas non de réagir comme ça ! Tu vas pas à un rendez-vous galant ma grande ! Alors ressaisi-toi ! » s'admonesta-t-elle en prenant conscience de son état.

Après avoir attendu le sésame, elle sentit son estomac se nouer quand son ami quitta les lieux, la laissant avec un roi qu'elle savait autant charmant que despotique.

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Thranduil attendait patiemment la venue de sa captive. Assis sur un fauteuil dans son salon privé, il était confortablement installé, un verre à la main et un livre de l'autre. Ses yeux parcouraient les vers avec intensité. Il était tombé sur ces morceaux que l'auteur appelait « Spleen », et qui lui transperçaient l'âme tant il avait l'impression de se lire.

« Je suis comme le roi d'un pays pluvieux,
Riche, mais impuissant, jeune et pourtant très-vieux,
Qui, de ses précepteurs méprisant les courbettes,
S'ennuie avec ses chiens comme avec d'autres bêtes.
Rien ne peut l'égayer, ni gibier, ni faucon,
Ni son peuple mourant en face du balcon.
Du bouffon favori la grotesque ballade
Ne distrait plus le front de ce cruel malade;
Son lit fleurdelisé se transforme en tombeau,
Et les dames d'atour, pour qui tout prince est beau,
Ne savent plus trouver d'impudique toilette
Pour tirer un souris de ce jeune squelette.
Le savant qui lui fait de l'or n'a jamais pu
De son être extirper l'élément corrompu,
Et dans ces bains de sang qui des Romains nous viennent,
Et dont sur leurs vieux jours les puissants se souviennent,
Il n'a su réchauffer ce cadavre hébété
Où coule au lieu de sang l'eau verte du Léthé. » *

Pensif, il serra inconsciemment ses doigts sur le verre en cristal qu'il tenait.

« Comment un être humain, pouvait à ce point rivaliser d'esprit avec un elfe ? Comment un homme, à la vie si courte, pouvait ressentir ce que j'ai mis des milliers d'années à percevoir ? Quelle sombre énigme. Jamais humain en Arda, n'a pu à ce point frôler mon coeur avec telle puissance …. Il est comme un miroir à multiples facettes, où j'ai l'impression de me contempler. »

Il entendit frapper à la porte, fronça les sourcils d'avoir été ainsi dérangé, puis il entendit la voix de Brilthor, les annonçant lui et l'humaine. Il coula un regard flegmatique vers l'extérieur. Il faisait presque nuit, déjà. Donnant l'ordre d'entrer il reposa le verre sur la table. Quand il la vit passer le seuil de sa porte, toute de rouge vêtue, la couleur de la passion à l'état brut, il pensa « Peut-être qu'elle aussi, tout comme cet auteur, sera un miroir où j'aimerai me perdre en contemplation …. qui sait ... ».


* Texte extrait des oeuvres de Baudelaire "Spleen et Idéal".

Bon voilà, vous avez encore eu une preuve du caractère frondeur (et complétement suicidaire surtout) de ma OC! Et comme je disais à quelqu'un, la guerre va être âpre entre Alex et un certain souverain de notre connaissance! Âpre ... mais totalement envoûtante également. Pour eux deux ... mais ça ... vous le verrez dans les chapitres suivants ! (oui vous avez le droit de me détester ! rires)

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