Droit d'auteur : Cette scène -la suite de la précédente- est tirée de la première version du scénario et elle appartient à Luc Besson.
Fred Astair dansait sur l'écran du cinéma, en faisant jaillir des étincelles sous ses talons, comme d'habitude.
- Regarde ses mouvements, dit Léon à Mathilda assis dans le siège à côté du sien. Quoi qu'il dise, quoi qu'il fasse, il ne s'arrête jamais. Tu vois ? Qu'il soit triste ou heureux, le mouvement continue toujours.
Fred Astaire fit une pirouette, tourna sur une chaise, grimpa sur un mur et sauta sur le sofa.
- Regarde. Même le mur ne l'arrête pas. Le mouvement se poursuit. Il utilise tout. Le sol, le mur, sa course, son poids. Toute la vie est un mouvement et la mort en fait partie.
Mathilda écoutait attentivement les explications.
- Tu vois, il faut laisser le client continuer le mouvement qu'il a commencé. Et c'est mieux pour lui. Il pense à autre choses et ne voit pas la mort arriver.
Fred Astair glissa gracieusement le long d'un bureau de bois verni puis entraîné par son élan, se mit à tournoyer joyeusement sur le parquet.
- Il n'a pas le temps de souffrir. Il n'est pas surpris. Il n'a même pas le temps de penser. Il part sans le réaliser. Il part dans le mouvement qu'il a commencé.
La jeune fille regarda l'écran les yeux pétillants.
- C'est génial.
