NdT : La version originale de Stolen Memories appartient à Wiccan98.

Chapitre 3

Ginny était de retour dans la pièce sale, l'homme terrifiant n'était pas en vue, mais elle pouvait le sentir tout près, il n'était jamais loin d'elle. Ginny s'assit, fixant le même mur de pierre depuis ce qu'il semblait être des heures. Ses yeux n'erraient plus dans la pièce, elle ne sursautait plus au moindre bruit, tout ce qu'elle faisait était de s'asseoir et de penser au passé, à avant que tout cela n'arrive.

Au début Ginny avait essayé de se rappeler comment elle avait atterri ici, tentant de trouver une explication, mais c'était sans espoir. Son dernier souvenir précédant cette pièce était d'être assise dehors avec sa famille, dans le jardin. Ginny supposait qu'elle s'était endormie, elle se rappelait enlacer les jambes de sa mère... et après, tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle était ici dans cette pièce exiguë, avec cet homme qu'elle ne connaissait pas, brisée, terrifiée, blessée, violée, et seule.

Des larmes brûlantes dévalèrent les joues pâles et sales de Ginny, mais elle ne le remarqua pas. Elle ne semblait plus remarquer grand chose. Chaque son semblait si lointain, sa propre voix lui semblait étrangère.

« Ne pleure pas, mon amour. » L'homme apparut tout à coup en face de Ginny. « Pourquoi tant de tristesse ? »

Ginny leva la tête vers l'homme étrange mais ne parla pas. Ce n'était pas la peine. Ses questions n'auraient jamais de réponse et le peu qu'elle disait ne lui apportait que des problèmes.

« Oh, tss tss. » L'homme secoua tristement la tête. « Pas besoin de se comporter de cette façon avec moi. »

Elle ne le regardait plus, d'autres larmes s'écoulaient de ses yeux rouges irrités.

« Tu ne peux pas te taire pour toujours. » L'homme était contrarié, même un enfant aussi jeune que Ginny pouvait le voir.

« Tu dois me parler parfois. » Sa contrariété virait à la colère, Ginny essaya de réprimer un frisson ; rien de bon n'arrivait quand il était en colère.

« Si tu ne me parles pas volontairement, alors je te forcerai. » C'était le ton qui effrayait le plus Ginny.

Elle ouvrit sa bouche pour finalement parler, mais rien ne sortit. Sa voix semblait perdue, comme si être restée assise ici aussi longtemps en silence lui avait fait perdre l'usage de la parole. L'homme au visage plongé dans l'ombre se renfrogna, ses mains se serrèrent puis se détendirent. Si rapidement que Ginny n'aurait pas pu le voir si elle avait cligné des yeux, l'homme bondit sur elle. Elle retrouva enfin sa voix et hurla tout en levant ses bras pour soustraire son corps à l'homme.

...

« Pourquoi es-tu toujours assise là ? »

Mes paupières tiquèrent sous la lumière aveuglante, mais je refusais de les ouvrir. Mon corps tout entier me faisait mal et je voulais juste me rendormir.

« Je veux savoir ce qu'il s'est passé. »

« Pourquoi ? »

Je fronçai les sourcils, qui était dans mon dortoir ? Pourquoi parlaient-elles si fort et me réveillaient ? J'étais sur le point de dire aux autres filles de la boucler pour pouvoir me rendormir, quand je réalisai que les voix que j'entendais n'étaient pas féminines. Mais les hommes ne pouvaient pas monter dans le dortoir des filles... que se passait-il ? Je décidai de garder ma bouche fermée et d'écouter plus attentivement pour d'essayer de comprendre ce qu'il se passait.

« Personne ne te force à rester ici. Tu peux partir quand tu veux. »

« Mais je veux savoir ce qui te force à rester ici. »

Les deux voix m'étaient très familières. Pourquoi ne pouvais-je pas me rappeler à qui elles appartenaient ?

« Je te l'ai déjà dit, je veux savoir ce qu'il s'est passé. »

Oh ! C'était Zabini, Blaise... Pourquoi Blaise était-il ici ?

« Et je t'ai déjà demandé pourquoi. »

Et ça... c'était Malfoy... ugh, que faisait Malfoy ici ?

« Comment peux-tu demander pourquoi ? » demanda Blaise à Malfoy, mais il n'attendait pas de réponse et poursuivit. « Si tu étais en retenue avec quelqu'un, et qu'il s'évanouissait comme ça, ne voudrais-tu pas savoir ce qu'il s'est passé ? » Bien que mes yeux soient toujours fermés, je pouvais facilement me figurer Blaise haussant un sourcil sombre.

Ah, ouais... j'avais eu une retenue avec Blaise. Snape était revenu et nous avait donné plus de travail à faire. J'étais déjà fatiguée donc je m'étais disputée avec lui, et alors il avait dit quelque chose... quelque chose tout droit venu de mes cauchemars. Tout ce dont je pouvais me souvenir était le sentiment de tomber, et quelqu'un avait prononcé mon nom, cela avait dû être Blaise, et après tout était noir.

« Pas si cette personne est un Weasley. » Très bien, maintenant je pariais tout l'argent que j'avais mis de côté que Malfoy ricanait, et que Blaise roulait des yeux en retour.

« Tu ne serais pas un peu curieux de savoir pourquoi cette personne a défailli ? Weasley ou non ? » demanda Blaise.

« Non, tous les Weasley sont des cas. »

« Mais elle s'est juste évanouie ! Sans raison. » Blaise semblait agacé par l'évident manque d'intérêt de Malfoy.

Malfoy poussa un grand soupir. « Tu as dit qu'elle se disputait avec Snape pas vrai ? »

« Ouais... » répondit lentement Blaise.

« Il a probablement dit quelque chose qui a bouleversé la belette. » Je fronçais les sourcils à ces mots, j'étais celle qui avait commencé la dispute avec Snape, Malfoy pensait-il vraiment que j'étais si sensible ?

« Je ne pense pas... » dit Blaise après quelques minutes de silence. « Elle est du genre fougueuse. » La voix rauque de Blaise me donna envie de vomir. « Je ne la pense pas du genre à perdre connaissance pour rien. » Eh bien... au moins, lui ne pensait pas que j'étais sensible à ce point.

« Bref. » Je pouvais presque sentir l'agacement de Malfoy. « On peut y aller maintenant ? » demanda-t-il.

« Pars devant, » dit distraitement Blaise.

« Tu vas vraiment t'asseoir ici et attendre que la Weaslette se réveille ? » Si quelqu'un d'autre que Malfoy avait dit cela, ça aurait pu sembler presque mignon.

« Ouais, je vais vraiment le faire, mais comme je l'ai dit, ça ne veut pas dire que tu aies à rester là et attendre. »

Je supposai que c'était le meilleur moment pour me 'réveiller'. Blaise ne partirait pas si je ne le faisais pas, et Malfoy n'arrêterait pas de râler. En plus, je n'avais pas envie de les entendre parler de moi juste parce qu'ils pensaient que j'étais endormie.

Lentement, je grognai un peu et laissai mes paupières papillonner légèrement. Je sentais les deux garçons toujours à côté de moi donc je poursuivis ma petite comédie. J'ouvris grand mes yeux, et la lumière qui régnait était si forte que je dus couvrir mon visage avec mon bras. Tranquillement, pour donner l'illusion que j'étais en fait juste en train de me réveiller, en plus de m'accoutumer à la lumière aveuglante, je rouvris mes yeux et regardai les deux Slytherin assis à côté de mon lit.

« Tu es réveillée, » remarqua joyeusement Blaise.

« Que faites-vous ici ? » demandai-je bien que je connaisse déjà la réponse.

« Eh bien... tu t'es évanouie pendant une retenue que tu avais avec moi, tu t'attendais vraiment à ce que je parte comme ça, te laissant seule sans savoir ce qu'il s'était passé ? » demanda Blaise avec un petit sourire en coin.

« Je l'aurais fait, » marmonna Malfoy.

Je tournai mon regard vers lui. Pourquoi était-il toujours présent ?

« Tu vas t'en aller maintenant ? » demanda Malfoy à Blaise, ignorant complètement mon regard furieux.

« Non, je veux parler un peu avec Ginny. Mais tu peux y aller, » dit Blaise. Il lança à Malfoy un regard qui montrait qu'il n'était pas seulement en train de lui demander de partir, il était en train de lui ordonner de le faire.

« Très bien. Je te verrai dans la salle commune alors. » Malfoy se leva brusquement et après avoir lancé un regard courroucé dans ma direction, il sortit de la pièce avec humeur.

« Alors, as-tu aimé ce que tu as entendu avant que tu ne te 'réveilles' ? » demanda Blaise avec un sourire en coin.

Ma bouche s'ouvrit. « Comment as-tu su ? » demandai-je après avoir retrouvé ma voix.

Blaise eut un petit rire. « Je t'ai vu froncer les sourcils à certaines choses que Draco et moi disions. »

Je jurais en moi-même pour ne pas être capable de contrôler l'expression de mon visage.

« Sans compter, » poursuivit Blaise, « que tu es une mauvaise actrice. »

« Je ne comprends toujours pas pourquoi tu es ici. »

« Je voulais être certain que tu allais bien, » dit Blaise innocemment; je ne le crus pas une seconde.

« Donc tu as décidé de t'asseoir là et d'attendre que je me réveille au lieu de me le demander la prochaine fois où tu m'aurais vue ? » demandais-je en haussant un sourcil.

« Heu... ouais, » dit lentement Blaise, mentant très visiblement.

Je soupirais, sachant ce qui allait suivre. « En vrai, pourquoi es-tu ici ? »

Il y eut un moment de silence. « Que s'est-il passé ? » demanda Blaise en me regardant d'un air oscillant entre la curiosité et l'inquiétude. « Je veux dire, tu allais bien et te disputais avec Snape une minute avant de te retrouver sur le sol. »

« Pourquoi t'en préoccupes-tu ? » Je fixais les draps du lit en espérant que le rouge de mes joues passerait.

« Je t'ai déjà dit que je n'étais pas comme les autres Slytherins. Je m'inquiète vraiment pour les gens qui s'effondrent sans raison. »

Je fronçai légèrement les sourcils. « Tu ne m'as jamais dit que tu n'étais pas comme les autres Slytherins. »

Blaise pencha la tête sur le côté. « Si je l'ai fait... » Il s'arrêta une seconde pour réfléchir. « Non ? » Je secouai la tête avec léger sourire. « Oh, eh bien, » soupira Blaise, « je voulais le dire. »

Je gloussai, oubliant momentanément pourquoi j'étais dans ce lit d'hôpital.

« Donc tu vas me le dire ? » demanda Blaise en me regardant droit dans les yeux.

« Heu... je ne sais pas. Je n'avais pas dîné et à peine déjeuné, je suppose que ça a quelque chose à voir avec ça, » mentis-je rapidement, me rappelant le commentaire de Malfoy à propos de mon état de faiblesse et de n'être pas capable de supporter quelque chose que Snape aurait dit. Je ne pouvais pas dire à Blaise que c'était vraiment quelque chose que Snape avait dit, il ne comprendrait pas, et je n'allais pas commencer à parler à tout-va de mes cauchemars.

Blaise me regarda avec curiosité pendant un moment. Il savait visiblement que je mentais, mais il n'en dit rien.

C'était inconfortable d'avoir quelqu'un juste assis en face et vous fixant sans rien dire. Je regardai à travers la fenêtre et vis que le soleil avait disparu, laissant l'infirmerie dans une semi-pénombre. « Je doute que je puisse partir ce soir, je devrais me rendormir pour que Mme Pomfrey me laisse sortir demain, » dis-je pour que Blaise parte.

« Oui, probablement, » acquiesça Blaise. « On se voit en potion. » Il eut un sourire avant de quitter l'infirmerie.

Je soupirai et retombai sur mes oreillers. Mme Pomfrey, remarquant que j'étais réveillée, s'approcha brusquement de mon lit et commença à agiter différentes potions et fioles sur la petite table à côté de moi. Elle marmonna quelque chose à propos de 'professeurs dominateurs' et 'retenues difficiles' tout en travaillant. Mais j'étais trop fatiguée pour y prêter une réelle attention.

Mme Pomfrey me tendit doucement une fiole emplie d'un liquide limpide. Je la bus sans questions, avec un léger haut-le-cœur sous la brûlure du fluide qui se répandit dans ma gorge. Je plaçai la fiole maintenant vide sur la petite table blanche et m'étendis à nouveau.

Je sentis la fatigue me submerger aussitôt. Je remarquai à peine que Mme Pomfrey fermait les rideaux autour de mon lit et retirait la petite table blanche à côté de moi. La pensée de dormir et expérimenter un autre cauchemar était effrayante, mais la potion rendait impossible le fait d'empêcher mes paupières de se fermer peu à peu.

Je m'éveillai le matin suivant fraîche et dispos, j'avais eu ma nuit complète sans un rêve inquiétant. Je regardai à travers la fenêtre et vis que l'aube se levait tout juste ; j'avais toujours le temps de récupérer mes livres dans mon dortoir et de prendre le petit-déjeuner avant de foncer en cours.

Mme Pomfrey remarqua que j'étais déjà réveillée et se précipita vers moi.

« Comment vous sentez-vous chérie ? » me questionna-t-elle tout en agitant sa baguette pour vérifier mes organes.

« Super, » répondis-je honnêtement. « Suis-je capable de partir maintenant ? » demandai-je en mordillant mes lèvres. Je ne voulais pas devoir rester ici plus longtemps que nécessaire. Les hôpitaux m'avaient toujours fait flipper pour une raison inconnue.

« Tout semble normal, » dit distraitement Mme Pomfrey. « Vous pouvez y aller, mais essayez de ne pas forcer, » conclut-elle avec un regard sévère.

J'acquiesçai et sortis lentement du lit. Je savais que j'allais bien et qu'aussi longtemps que rien d'autre issu de mes cauchemars ne surgisse, il en irait ainsi, mais encore une fois, je n'allais pas expliquer ça à quelqu'un.

...

« Salut Gin, » me salua Harry avec un sourire. « Tu te sens mieux ? » Il enroula son bras autour de moi.

C'est alors que je réalisai que Harry n'était pas venu me voir pendant tout le temps où j'étais à l'infirmerie.

« Ouais, » dis-je d'une voix sèche, blessée qu'il ne soit pas venu le vérifier en personne. « Où sont Hermione et Ron ? »

« Ron dort toujours, » Harry roula des yeux en souriant, « et Hermione est allée à la bibliothèque. »

Je grimaçai. Bien sûr qu'elle était à la bibliothèque. « Pourquoi n'es-tu pas venu me voir? » demandai-je en m'extirpant de ses bras.

« J'ai essayé, heu... Pomfrey ne m'a pas laissé rester. Je n'ai même pas pu rentrer ; elle m'a dit que tout ce dont tu avais besoin était du repos, » dit Harry sans me regarder dans les yeux. Cela semblait probable, mais je savais qu'il me mentait.

« Elle a laissé Blaise rester, » ripostai-je, décidant de ne pas en rajouter en parlant à Harry de Malfoy.

« Vraiment ? Zabini ? » Harry semblait surpris, je confirmai d'un mouvement de tête. « Pourquoi Zabini était là, de toute façon ? » Il plissait peu à peu les yeux, ce qui accrut ma colère.

« Pour être sûr que j'allais bien, comme tu aurais dû le faire, » dis-je en serrant les dents et en le poussant loin de moi.

«Gin, je te jure, elle ne voulait pas me laisser rentrer ! » se défendit Harry.

« Tu devrais penser à une meilleure excuse que celle-là, je sais que tu mens ! » lui criai-je.

« Gin, calme-toi, tu ne veux pas qu'on se prenne la tête. » Harry parcourut la pièce du regard pour s'assurer qu'elle était vide.

« Je ne vais pas me calmer ! Tu es en train de me mentir ! »

« Non ! » cria-t-il en retour.

« Foutaises ! » sifflai-je. « Mme Pomfrey ne t'a jamais empêché d'aller voir Ron à l'infirmerie, et si elle n'avait pas permis de visiteurs alors je ne me serais pas réveillée avec Blaise assis à côté de moi. »

« Qu'est-ce que Zabini vient faire ici ? » dit Harry d'un ton accusateur.

« N'ose même pas essayer de tourner ça contre moi Harry ! » Je trépignais de colère, agissant de manière vraiment puérile, mais je m'en foutais complètement.

« Ginny je ne mens p- »

« Arrête. » Je levai une main et fermai les yeux. Je pris plusieurs grandes inspirations pour être certaine que je ne le frapperai pas avant de rouvrir mes yeux et de le regarder de nouveau. « Je ne vais pas rester là pour t'écouter me mentir. »

Harry ouvrit la bouche pour parler mais je le coupai.

« Je sais que tu mens, pourquoi ne l'admettrais-tu pas, tout simplement ? » Je le regardais d'un air presque implorant.

« Je... Je... »

« Gin ? Que se passe-t-il ? » Ron descendait des marches, toujours habillé de son pyjamas, nos cris avaient dû le réveiller.

« Rien, » dis-je d'un ton las. J'en avais fini avec Harry de toute façon.

« Tu te sens mieux Gin ? » demanda Ron avec inquiétude.

« Oui, je me sens bien. »

« Bien. Je suis venu te voir quand tu dormais, ce Slytherin était là, Zabini. Je ne suis pas resté longtemps, » admit Ron, un peu honteux. « Désolé, » ajouta-t-il d'un ton coupable.

« Pas de soucis Ron. » Je souris faiblement. « Au moins tu es venu, » dis-je amèrement, tournant la tête pour foudroyer Harry du regard, qui lui-même lançait un regard furieux à Ron. « Je dois y aller pour être prête pour les cours. On se voit dans la Grande Salle. »

Sans attendre de réponse de leur part, je me rendis dans mon dortoir. Quelques unes des filles étaient déjà levées, habillées, et étaient sur le point de partir, les autres se tiraient tout juste du lit. Le peu qui était levé me demanda ce qu'il s'étaient passé et comment je me sentais. Je leur donnai la même excuse que j'avais donné à Blaise et dis que je me sentais bien maintenant.

Je finissais de préparer mon sac pour la journée quand je remarquai une petite boîte, emballée, posée sur mon lit. Je la ramassai avec des gestes lents et la regardai de plus près. Elle n'était pas grande, en fait, c'était probablement l'un des plus petits cadeaux que l'on m'avait donné. Mais de qui était-elle ? J'ôtai l'emballage et vis que c'était une chocogrenouille. Je fronçai les sourcils, confuse, qui m'avait envoyé une simple chocogrenouille ? Peut-être que cela venait de Ron, se sentant coupable de n'être pas resté avec moi à l'infirmerie, non... Ron ne pourrait jamais se séparer de nourriture...

Je la retournai et vis que sur son dos se trouvait un petit bout de parchemin plié, portant mon nom inscrit avec élégance. Je décollai le parchemin et le dépliai, souriant à la lecture des mots.

Pour être sûr que tu ne t'évanouisses pas encore aujourd'hui.

Amitiés -

Blaise

J'eus un petit rire et empochai parchemin et chocogrenouille avant de lancer mon sac sur mon épaule et de quitter le dortoir. Je supposai que Blaise n'était pas un si mauvais gars après tout.

...

« Sors, sors, où que tu sois, » appela la voix railleuse.

Ginny resta recroquevillée dans le coin, essayant de se replier autant que possible. L'homme la cherchait ; Ginny ne voulait pas être vue. Après s'être levée du matelas bosselé avec le corps meurtri, Ginny avait décidé qu'elle avait besoin de se cacher. Alors dès que cet homme affreux avait quitté la pièce, Ginny quitta le matelas aussi silencieusement qu'elle le pouvait et commença à regarder dans tous les sens pour trouver une cachette décente.

Le lit dans la pièce n'était qu'un matelas sur le sol, donc Ginny ne pouvait pas se cacher en dessous ; ç'aurait aussi été le premier lieu que l'homme aurait vérifié. Il n'y avait pas de placards dans lesquels Ginny aurait pu rentrer, et elle ne pouvait pas sortir de la pièce parce qu'elle ne savait pas dans quelle partie de la maison l'homme était allé.

Ginny aperçut une petite penderie près de la fenêtre murée. A nouveau, elle pensa que c'était une cachette trop évidente mais quand elle entendit des bruits de pas, Ginny sut qu'elle n'avait pas d'autre choix. Rapidement elle alla dans la penderie et ferma la porte. Elle grimaça quand la serrure cliqueta, mais par chance l'homme ne sembla pas entendre le bruit.

À présent, elle était roulée en boule dans un coin, au fond de la penderie, tentant désespérément de ne pas faire de bruit. La penderie était poussiéreuse, et cela demandait toute la volonté de Ginny pour ne pas éternuer. L'homme chercha dans la pièce, ce qui ne prit pas beaucoup de temps à cause du manque de meuble, lui disant d'une voix railleuse de sortir de sa cachette.

« Je ne te ferai pas de mal, » disait l'homme d'un ton qui se voulait rassurant.

Si Ginny n'était pas si terrifiée, et occupée à se cacher par peur pour sa vie, elle aurait rit à cette de telles choses. Il lui avait déjà fait du mal.

« Pourquoi te caches-tu ? » Ginny leva la tête de ses bras et jeta un coup d'oeil par la petite fissure dans la porte, l'homme était à quelques pas seulement, lui tournant le dos. « Je ne suis pas franchement d'humeur à jouer, » dit-il gravement.

Lentement l'homme se tourna, Ginny ne voulait pas voir son visage de nouveau alors elle replongea sa tête dans ses bras, essayant de ne pas gémir. Ses pas s'approchèrent, son souffle s'alourdissait... tout à coup tout son cessa. Ginny ouvrit les yeux mais ne releva pas sa tête. Une ombre fut lancée sur la porte de la penderie, l'homme se tenait en face de là où elle se cachait, rien de plus qu'un bout de bois épais de quelques centimètres les séparait.

« Je me demande où tu pourrais être, » dit l'homme, amusé.

La poignée tourna lentement, Ginny ferma brusquement ses yeux, cela n'arrive pas, cela n'arrive pas, psalmodiait-elle encore et encore dans sa tête. Ginny couvrit ses oreilles quand elle entendit le léger grincement de la porte qui s'ouvrait, elle serra ses paupières plus fermement à cause de la faible lumière qui envahit le sombre espace.

« Je t'ai eu ! »

...

Je m'éveillai encore une fois en criant – heureusement le sort de silence que j'avais utilisé semblait marcher. Ce cauchemar était l'un des plus vivace de ceux que j'avais eu depuis un moment, il me laissa tremblante, des gouttes de sueur froide dévalant le long de mon dos.

«Bordel, » marmonnai-je en repoussant les couvertures de mon corps mince.

Je me rendis silencieusement jusqu'à la salle de bain, et me tournai vers le miroir. Je m'attendais presque à me voir comme je l'étais au jeune âge de huit ans, ainsi que j'étais dans mes cauchemars, mais rien n'avait changé pendant mes quelques heures de sommeil. D'accord, en fait je ressemblais plutôt à un mort-vivant, mais il fallait s'y attendre juste après mon réveil, et un réveil aussi violent que le mien n'aidait en rien.

Mon regard détailla la pièce, et se posèrent sur un rasoir rose gisant au bord de la petite baignoire. La dernière fois que c'était arrivé, je m'étais moi-même coupée en me rasant, et il en avait résulté pour le reste de la nuit un sommeil sans un seul cauchemar. Je marchai vers la baignoire dans un état de transe, pensant que si ça m'aidait, c'est que ça ne pouvait pas être si grave. Comme si la signification de ce que je planifiais m'apparaissait enfin, je m'arrêtai net et secouai la tête.

Ne voulant pas retourner dormir, et sachant combien il serait dur de ne pas le faire si je retournais au lit, je sortis discrètement de la salle de bain et de mon dortoir. Peut-être que s'asseoir en face du feu mourant m'aiderait à me détendre.

« Et si quelqu'un descend ? » chuchota une voix venant de la salle commune.

Je m'immobilisai, mon pied droit coupé dans son élan vers la prochaine marche. Je connaissais cette voix ; c'était la voix d'Hermione. Je ricanai et descendis les marches plus précautionneusement. Je savais que je devrais me contenter de retourner dans mon dortoir et laisser à Hermione son intimité, mais la pensée de voir avec qui elle était était trop tentante. Hermione avait toujours été tellement comme il faut, alors l'entendre flirter ouvertement avec quelqu'un était trop croustillant pour partir sans en savoir plus. Je m'arrêtai au bas des escaliers, pour ne pas être vue, et écoutai attentivement. Hermione eut un petit rire, ce son était écœurant.

« Il est quatre heures du matin, personne ne va descendre avant des heures. »

Je pâlis. Je connaissais aussi cette voix. Tout à coup, une rage brûlante m'emplit, Hermione était avec Harry. Harry me trompait, Hermione se faisait mon petit-ami ! Juste quand je pensais avoir été trop dure avec lui à propos de son absence de visite, et des mensonges qu'il m'avait servi, j'avais prévu de m'excuser, et maintenant je découvrais qu'il me trompait ?

Hermione gloussa encore, j'eus le brusque désir de la frapper. Avec une rage folle, je descendis les dernières marches. Harry et Hermione devaient être trop occupés pour m'entendre parce qu'aucun d'eux ne réagit quand je fus plus près.

J'étais assez proche maintenant pour voir ce qu'il se passait. Harry était sur le dos, portant simplement son boxer et Hermione était assise à califourchon sur lui, portant juste ses sous-vêtements.

« Ginny ! » dit Hermione, en état de choc.

« Ginny ? » Harry était confus. Hermione croisa les bras pour couvrir sa minuscule poitrine et se leva rapidement. Harry s'assit rapidement et me regarda d'un air coupable.

« Ginny... » commença-t-il.

« Maintenant je sais ce que tu faisais au lieu de me rendre visite à l'infirmerie, » crachai-je.