Salut tout le monde ! Voici donc le troisième chapitre, en espérant qu'il vous plaira ;)

Bonne lecture !


-Bon retour, monsieur U…

-ALGA, désactivation. Ordonna Itachi avant que l'intelligence artificielle ne fasse quelque chose de stupide et assez problématique pour lui.

Il s'empressa de faire s'allonger le déserteur de plus en plus mal en point sur son lit avant d'aller dans sa salle de bain prendre la mallette de « premiers » soins (entre guillemets car elle était également appropriée pour le bloc opératoire de l'hôpital du coin, Mikoto Uchiwa étant visiblement persuadé que son fils finirait par se faire violemment agresser dans son appartement). Il n'avait pratiquement aucun doute quand à la suffisance du contenu de cette boîte et, revenu dans la chambre, se mit à chercher, avec des gestes un peu fébriles, le nécessaire pour désinfecter et recoudre. Il avait déjà enlevé la veste de l'autre et lui fit retirer son t-shirt. Bizarrement, ça ne semblait plus saigner beaucoup…le brun n'avait pas vraiment le temps de se préoccuper de ça et désinfecta la plaie au mieux. La balle avait traversé la chair, et n'avait apparemment pas laissé de débris (Itachi se surprit d'ailleurs à remercier les fournisseurs de balles des hommes dirigés par son père pour faire du travail aussi net).

Kisame s'était redressé contre la tête du lit et observait le plus jeune, c'était douloureux, mais il avait vu bien pire…en revanche, il s'étonnait du sang froid de l'étudiant, il avait l'air très sérieux comme ça, avec ses cheveux attachés et ses lunettes. Maintenant qu'il y pensait, le déserteur n'avait même pas put prêter une vraie attention au physique du plus jeune, celui-ci ne lui en avait pas vraiment laissé l'occasion. Il avait un visage aux traits plutôt délicats mais de très légères marques de fatigue en-dessous de ses yeux noirs. Il n'avait pas une carrure très développée mais, à présent qu'il avait retroussé les manches de son pull, Kisame s'apercevait qu'il avait tout de même la musculature fine et sèche propre aux pratiquants d'arts martiaux qui favorisaient le travail des muscles internes. En bref, cet étudiant était très agréable à regarder, ne put s'empêcher de se dire le déserteur avec un faible sourire. Il se rendit alors compte qu'Itachi venait de se saisir d'une aiguille, tout les progrès médicaux n'avaient malheureusement pas pu remplacer ce charmant petit objet et le bleuté sentit que ça n'était pas franchement la tasse de thé de l'autre. En effet, bien que l'étudiant semblait doté d'une certaine dextérité, ses doigts ensanglantés tremblaient légèrement.

Le brun vit tout à coup les grandes mains de son « patient » se poser sur les siennes :

-Laisse moi faire, prépare plutôt une injection de TBK-4, ça me ferait pas de mal…

Légèrement surpris du contact, le brun mit un peu de temps à réagir avant de laisser le matériel de « couture » au blessé pour chercher une seringue et un flacon du produit demandé (un produit anti-infectieux aux capacités antidouleurs proche de la morphine).

Une demi heure plus tard, la plaie était recousue et l'injection avait fait son effet, bien que peu affecté par les médicaments et autres substances chimiques à cause de sa…constitution, Kisame se sentait tout de même mieux et Itachi était allé lui chercher quelque chose à manger. Le déserteur en profita pour observer la pièce dans laquelle il se trouvait et se rendit compte qu'elle était extraordinairement….vide. Il n'y avait rien de personnel, la chambre était assez grande mais ne présentait aucune décoration, il y avait une grande armoire aux portes coulissante qui occupait tout le mur de droite, le lit double où il se trouvait était sous une grande fenêtre, tout à gauche de la pièce, il y avait un large bureau noir en face et une confortable chaise de bureau. Une table de chevet se trouvait à la droite du matelas mais le livre que l'étudiant devait lire an ce moment se trouvait posé sur le rebord interne de la fenêtre à vitres coulissantes. Le sol était composé de tatamis et les différentes pièces étaient séparées par des panneaux coulissants de l'ancienne tradition, favorisés par les antiques familles aux panneaux plus modernes que l'on trouvait maintenant. Kisame s'étonnait vraiment du manque de vie de l'endroit, on se serait presque cru dans une chambre d'hôtel, il y avait bien un peu de désordre sur le bureau, mais les signes de vie s'arrêtaient là. Le bleuté avisa alors un cadre vide sur ce même bureau, le plus jeune était vraiment singulier…

De son coté, Itachi préparait de l'omurice, un peu perturbé par la situation. C'est que, si on récapitulait, il avait d'abords eu la brillante idée de traverser une manifestation, où il s'était fait sauver par un déserteur, à savoir un type qui voulait voir son père et probablement lui-même mort dés que possible. Il l'avait ensuite retrouvé à l'hôpital ou il avait été on ne peut plus froid et distant à son égard. Après quoi, histoire de bien lui faire comprendre qu'il avait l'intention de lui pourrir la vie au maximum, le destin l'avait fait à nouveau croiser la route du plus vieux (et à nouveau risquer sa vie, soi dit-en passant) avant qu'il ne le ramène chez lui pour le soigner, en précisant bien sûr que tout ce qu'il avait fait n'était pas ou à la limite du légal…. Sa semaine était décidément géniale !

Le brun remua rageusement le riz frit qu'il était entrain de préparer, se demandant toujours pourquoi ça lui arrivait à LUI, là maintenant…et pourquoi est ce qu'il avait subitement des vertiges. Le brun posa une main sur sa nuque en arrêtant la table de cuisson. C'était quoi ce bordel, se dit le jeune homme, il ressentait à présent une douleur lancinante au niveau des tempes et de la nuque, sans comprendre d'où ça pouvait bien venir. Il ouvrit légèrement la bouche, la mâchoire contractée par la douleur et se laissa glisser à genoux, pressant à présent ses mains sur ses tempes. Il avait l'impression d'avoir déjà vécut ça mais en même temps, ne pouvait pas s'en souvenir, aveuglé par les brumes de la souffrance. Des images lui revinrent tout à coup.

-Qu'est ce que ?! Souffla Itachi, le visage à présent contracté par la douleur.

Du sang, des hommes dont il ne pouvait pas voir le visage, des paroles dont il ne comprenait pas le sens…

Le battement lancinant de l'hémoglobine dans son crâne le fit gémir, il avait l'impression que sa tête allait exploser, que son cerveau hurlait à l'agonie. Lui ne parvenait pas à crier, sa gorge contractée par la douleur.

Un hurlement, tout était noir.

C'était lui qui hurlait, qu'est ce qu'il disait ?

« Sa…. »

Il voyait du sang dans la pièce, avec les hommes sans visage. Itachi n'arrivait pas à comprendre ses propres paroles…

Qu'est ce qu'il disait ?!

« Sa…suke…Sasuke ! »

Le jeune homme ouvrit grand les yeux, cette fois il parvint à hurler, de douleur, physique et psychologique à l'évocation de se souvenir. Il s'effondra tout à fait au sol, ses oreilles sifflaient, il ne savait pas ce que c'était mais il ne voulait pas se souvenir !

Kisame fut sortit de ses contemplations par un cri, que se passait-il ?! Il sortit précipitamment du lit, toujours torse nu, faisant fi de sa blessure et s'élança vers la pièce de séjour ou un bar séparait la cuisine du reste.

-Uzu san ! Qu'est ce qui se passe ?!

Il avisa l'étudiant qui était sur le sol, il avait fait un malaise ? Il était visiblement entrain d'essayer de reprendre son souffle, ne s'étant même pas rendu compte de sa présence. Kisame remarqua alors d'étranges marques, semblable à de petites brûlures très « précises » sur la nuque du plus jeune. Le déserteur s'accroupit et lui secoua doucement l'épaule, essayant de lui faire reprendre ses esprits. L'autre sursauta violemment au contact et, après une poignée de secondes, se redressa en position assise. Le brun semblait sous le choc de ce qui venait de se produire.

-Tu vas bien ? S'enquit Kisame en lui caressant légèrement le dos, voulant le faire se calmer un peu.

-Je…oui…ça va, désolé pour ça. Répondit l'étudiant, encore un peu dans le vague. Je…je ne sais vraiment pas ce qu'il vient de se passer….Je me suis peut être électrocuté avec les plaques…mais tout va bien, je t'assure !

Le jeune Uchiwa mentait, mais au fond, il aurait lui-même voulut que ce ne soit que ça. Il se releva sous l'œil attentif de l'autre homme et, reprenant son air inexpressif, entreprit de finir ce qu'il avait commencé à cuisiner, tâchant de faire comme si de rien n'était.

-Tu es sûr que tout va bien ? Tu devrais peut être t'asseoir ou…

-Ne t'inquiètes pas, ce n'est rien, j'ai déjà prit des châtaignes avec ces plaques, il doit y avoir un problème de contact …c'est plutôt toi qui devrait t'asseoir ! C'est prêt maintenant, on n'a qu'à manger dans le salon.

Ils se retrouvèrent donc chacun installés dans un fauteuil, vite fatigué du silence qui régnait entre eux et requinqué par la nourriture qu'il trouvait à son gout, Kisame lança la conversation :

-T'es étudiant non ? Quel âge tu as ?

- J'ai 18 ans, toi ?

-J'en ai 22…..

-Je pensais que tu étais plus âgé, répondit Itachi avec honnêteté.

-Vraiment ? T'es pas le premier à me le dire…je vais finir par le prendre mal, déclara le déserteur en riant.

-Disons que tu fais très mature.

-Je vais le prendre comme un compliment ! Dis, sans vouloir être indiscret…ça fait longtemps que tu es ici ? Je veux dire, y'a pas beaucoup de…déco ou quoi que ce soit dans cet appart...et puis, tu comptais avoir des poissons ?

-Hum…Je suis juste venu sur Konoha pour faire mes études, je n'ai normalement pas pour vocation de rester…et puis, je ne suis pas très déco et tout ça, pour le poisson ? En fait, j'en avais un mais il est mort, hier. Je n'y étais pas très attaché de toute façon, ça ne dois pas être génial de vivre dansun aquarium alors, j'imagine que c'est mieux comme ça…Toi tu…tu viens de l'extérieur ? Tenta Itachi, un peu hésitant.

L'autre le regarda avec intensité, cherchant à sonder les yeux noirs, comme à la recherche de quelque chose. Le brun ne broncha pas et le bleuté reprit une expression normale, un léger sourire aux lèvres :

-Ouais, je viens de l'extérieur...entre autre… Dit moi Uzu san, tu n'as pas peur de moi ?

-…Je devrais ?

-On sait jamais…Il parait que vous êtes très méfiants avec les externes, vous autres.

-J'ai pas l'impression d'avoir l'air méfiant, je te rappelle quand même que tu es dans mon appartement et que tu aurais déjà pus me tuer une centaine de fois si tu l'avais voulus…je ne pense pas exactement pouvoir rivaliser niveau taille ou force si tu vois ce que je veux dire.

-Mais tu y as pensé, souffla le déserteur, pour lui, c'était le principal, le plus jeune n'avait pas pus s'empêcher de le voir comme un danger, au fond.

-Tu n'as pas l'air de quelqu'un de méchant, répondit Itachi.

-Toi non plus, je m'attendais à un caractère beaucoup plus pourrie, de la part d'un membre d'une ancienne famille…

Le brun se raidit, il ne savait pas tout de même ?! Non, impossible qu'il ait deviné…

-Tu t'es enfuis la dernière fois que j'ai évoqué ce sujet…Pourquoi ?

-Je…c'est compliqué, ma famille n'est pas une lignée importante et j'ai…quelques différents avec mes parents, ce n'est pas un sujet agréable. Je ne fais pas mes études actuelles par envie, pour te donner une idée.

-Tu n'as pas de frère et sœur ?

-Non…je suis fils unique, c'est en partie pour ça que mes parents attendent beaucoup de moi. C'est peut être indiscret, mais, toi, tu as de la famille ?

-Pas vraiment non, répondit franchement Kisame. Ma situation est, disons, particulière…Mes compagnons d'armes sont ce qui se rapproche le plus de ma famille.

-Tes compagnons d'armes… Vous voyez vraiment tout ça comme une guerre ?

-Nous nous battons pour obtenir des droits, je pense qu'on peut voir ça comme une guerre, je suppose qu'un interne ne peut pas comprendre ce genre de chose. Ajouta le déserteur sur un ton amer.

-Je pense que c'est justement parce qu'on ne peut pas comprendre qu'on ne peut pas vous soutenir. Personnellement, ajouta le brun, je ne sais pas franchement quelle sont vos revendications, du coup, je fais comme si de rien n'était.

-Comment tu nous vois alors ? Demanda le bleuté avec un sourire amusé.

-Comme des types dangereux et incontrôlables….qui font visiter les sous-sols aussi. Enfin, c'est vrai que tu n'es visiblement pas un danger publique mais….comment dire, avec les trucs que vous faîte, c'est pas évident de vous voir autrement que comme des criminels.

-….c'est pas comme si on vous faisait circuler une super image de nous en même temps, j'ai déjà vu plusieurs fois les journaux et ce qu'ils racontent à nôtre sujet…

-Je ne lis jamais les journaux et ne regarde pas ce genre de chose à la télé, c'est bon pour les extrémistes, coupa Itachi en ramassant leur couverts. Ne me prends pas pour un abruti, je sais bien que tout ce bordel médiatique est un ramassis de mensonges, fait pour que l'on vous déteste le plus possible…une façon comme une autre de nous empêcher de trop nous poser de questions.

Kisame resta un moment sans voix, le plus jeune était visiblement très lucide sur le contrôle des informations. Il ne s'y attendait pas vraiment mais son intérêt pour l'autre ne s'en trouvait que plus grand au fur et à mesure qu'il passait du temps en sa compagnie, même si c'était parce qu'il se trouvait obligé de rester dans son appartement.

-Tu m'as l'air drôlement au courant pour quelqu'un de ton âge…

-Oh ça va, on a que quatre ans d'écart, tu n'as qu'à te dire que je suis particulièrement intelligent…Je voulais te demander, comment ça se fait que Deidara soit en contact avec vous ? Demanda le jeune Uchiwa, affairé à faire un peu de rangement.

-Disons qu'il était obsédé par l'Akatsuki, il trouve ça cool, enfin je crois. Il a réussit à prendre contact avec nous et a partager son idée de tenir un site clandestin ou il expliciterait nos revendications et nos actions. Au final c'est un mec sympa, il est peut être un peu trop…

-Démonstratif ? Tenta Itachi.

-Ouais, on va dire ça, confirma le déserteur en souriant, il redevint subitement sérieux. Qu'est ce que tu comptes faire après ça ?

-Après quoi ? Interrogea Itachi sans cesser ses occupations.

-Tu te rends bien compte que tu héberge un déserteur, un membre de l'Akatsuki. Tu es toi-même hors-la-loi en cet instant….

-Comme si j'étais pas au cou….

Le plus jeune venait de se rendre compte que l'autre s'était déplacé et était à présent juste derrière lui, le couvrant de sa stature. Itachi sentit alors la menace sous-jacente dans les paroles de l'autre, mais plus encore, il sentit la chaleur du déserteur contre lui et ne put réprimer un frisson, l'autre était trop prêt. Le brun se retourna pour se retrouver face à face avec Kisame (même si il était obligé de lever la tête), à peine une vingtaine de centimètres les séparaient et le regard de l'autre était intense, brûlant d'une certaine détermination. Le blessé leva la main et Itachi se raidit, près à réagir pour se protéger, mais le déserteur se contenta de la poser sur sa joue, exerçant tout de même une pression sur sa mâchoire et la base de son cou, menaçant.

-Si tu comptes nous balancer, concernant Deidara, ou les sous-sols…Tu t'impliqueras aussi.

-Je n'en avais pas l'intention. Déclara le brun en plantant son regard dans celui de l'autre, lui signifiant ainsi qu'il ne lui faisait pas peur.

Kisame sonda son regard quelques instants avant de sourire et de le lâcher.

-Désolé pour ça, je te crois. Simple vérification…Ou est ta salle de bain ? J'aimerais bien prendre une douche, si ça ne te dérange pas…

-C'est la pièce là-bas, indiqua le brun d'un léger signe de tête, désireux que l'autre s'éloigne de lui

Son souhait fut exaucé, l'autre le remercia vaguement avant de quitter le séjour. Laissant le plus jeune un peu pantelant. Ils avaient été…beaucoup trop proches à sont goût…

Le destin avait vraiment décidé de le faire chier se dit Itachi au moment précis ou se posa le problème du lit. Pourquoi Kisame n'était-il pas partis avant la nuit ? Le déserteur avait apprit à l'étudiant que, à partir du moment où l'alerte de leur présence avait été donné, ils ne pouvaient pas sortir en dehors du dôme par leurs moyens habituels et devaient donc rester à l'intérieur pendant 24 heures, le temps que les accès soient déverrouillés automatiquement (les autorités, fatigués de rechercher les déserteurs à chaque alerte, faute de résultats, avaient fini pas opérer de cette façon, si ils réussissaient à en arrêter, tant mieux, sinon tant pis). Donc, lorsqu'ils procédaient à une manifestation, ils se munissaient de faux identificateurs et rejoignaient des zones protégées qu'ils avaient mis en place comme « refuges » en attendant de pouvoir sortir. Le problème ? Le « refuge » le plus proche était assez loin et, Itachi craignait que l'autre ne parvienne pas à l'atteindre sans se faire repérer, son quartier étant au cœur de patrouilles assez fréquentes à cette heure. Se sentant un peu coupable de la situation du bleuté, le jeune Uchiwa avait insisté pour qu'il reste pendant la nuit, se rendant compte APRES qu'il n'avait pas de canapé ou dormir. Itachi voulut trouver une échappatoire, vraiment, mais il se dit qu'il s'enfoncerait plus qu'autre chose au cours de justifications hasardeuses et surement inutiles. Ça ne l'aurait pas spécialement dérangé en temps normal mais, il se sentait…démuni face à l'autre homme. Etrangement, il se surprit à penser qu'il se sentait bien en compagnie du déserteur, malgré qu'il ne connaissait presque rien de lui, il appréciait le naturel et la franchise du plus vieux. Il s'inquiétait juste un peu du comportement qu'il avait eu plus tôt, lui faisant entrevoir un coté plus sombre chez son « invité ». Même si, en termes d'événement perturbant, il y avait également son « accident », qu'il préférait cependant ignorer pour le moment.

Pour en revenir à ses déboires actuels, le jeune homme se trouvait donc à présent dans son lit, aux cotés du déserteur. Il ne savait pas clairement pourquoi, mais cette situation le gênait, c'est vrai quoi, il n'était pas non plus une sainte nitouche à la pudeur inégalée, ça ne devrait pas l'ennuyer autant de dormir dans le même lit qu'un autre mec. Par chance pour le plus vieux, Fugaku Uchiwa avait eut tendance à grandement surestimer la morphologie de son fils, aussi ce dernier avait-il en sa possession quelques vêtement beaucoup trop grands pour lui (il y avait en tout trois paires de chaussettes, deux caleçons, un pantalon de survêtement et quatre t-shirt noirs où gris dont le brun se servait occasionnellement pour dormir). Kisame avait donc put se changer intégralement, son propre haut étant inutilisable et les jeans peut adapter pour la nuit. Fatigué de réfléchir au pourquoi du comment, et de sa journée en général, Itachi finit par s'endormir en chien de fusil, s'étant placé inconsciemment le plus loin possible du déserteur qui semblait également s'être assoupi.

Lorsque Kisame se réveilla, le lendemain, il avisa le réveil et se rendit compte qu'il était 5 heures. Il était habitué à ne pas dormir beaucoup de toute façon. Il eut un instant de flottement en réalisant qu'il n'était pas dans ses quartiers de la base extérieure, mais se remémora rapidement les événements de la veille. Le déserteur de redressa en position assise, faisant glisser les draps et tourna la tête vers le jeune homme à ses coté. Il ne put s'empêcher de se faire la remarque que le plus jeune était une des rares personnes à avoir dormit dans le même lit que lui, lui-même ne restant jamais auprès de ses occasionnels coup d'un soir (et encore moins avec les prostitués du bordel auquel il se rendait de temps en temps car tenu par un ami). Il sourit en voyant le visage endormit de l'autre et se dit qu'il était mignon comme ça, presque attendrissant. Il lui sembla également beaucoup plus fragile, dans ce t-shirt trop ample, il savait pourtant qu'il n'en était rien, lui ayant décelé une véritable force de caractère. Il trouvait en effet le brun assez méfiant, peut être même un peu trop sur la défensive, il sentait que quelque chose n'allait pas, il se demandait si il n'y avait pas eu une expérience traumatisante dans le passé du plus jeune. Il avait bien vu comment il s'était raidit lorsqu'il l'avait touché la veille, et comment il tentait absolument de maintenir une distance entre eux. Aussi bien physique que morale, ne put s'éviter de penser le bleuté.

D'ailleurs, en pensant à la situation de la veille, il avait bien remarqué, dans la réaction de l'étudiant, que ce dernier s'attendait à recevoir un coup, et même peut être à y répondre, comme si….comme si il y était habitué ? Kisame secoua la tête, même si l'autre pratiquait effectivement un sport de combat quelconque, ça n'expliquait pas franchement ça…Les yeux du bleuté se posèrent sur la nuque du brun qui dormait dos à lui, il en approcha ses doigts, écartant les mèches corbeau pour apercevoir les brûlures qu'il avait vu la veille. Il y en avait 5, en forme de petits ronds, très nettes. Le déserteur fronça les sourcils, il avait déjà vu quelque part, ça allait probablement lui revenir. Il les effleura, se gamin lui faisait se poser trop de questions à son goût….

Après quelques instants à rester pensif, Kisame décida de se lever et de s'habiller. Il passa rapidement dans la salle de bain, histoire de s'asperger le visage et de changer machinalement ses bandages. La blessure était presque déjà cicatrisée de toute façon, comme d'habitude. Revenu dans la chambre, il constata que le plus jeune s'était déplacé dans le lit, maintenant sur le dos, à peu près au milieu du matelas. Le déserteur se demanda si il devait le réveiller, espérant presque que l'autre n'émerge de lui-même. Il laissa une dernière fois son regard trainer sur le visage de l'étudiant, s'arrêtant un instant sur ses lèvres. Il secoua la tête avant de sourire pour lui-même, depuis quand avait-il de l'intérêt pour les jolies petites choses fragiles ? Il tourna donc les talons pour se diriger vers la porte d'entrée, refermant doucement le panneau coulissant derrière lui. Il venait de poser la main sur la poignée lorsque la voix synthétique d'ALGA retentie, l'arrêtant dans son geste. L'intelligence artificielle était visiblement entrain de se remettre en marche, mettant à jour ses fonctionnalités :

« Initialisation en cours….

Température actuelle : 19 C° Bonne.

Température extérieure : 9 C°

Vérification des constantes de l'utilisateur :…. »

Kisame referma la porte derrière lui, s'engouffrant dans le quartier encore plongé dans l'obscurité…

Cela faisait trois jours à présent depuis sa petite mésaventure, Itachi avait reprit le cours de sa vie, les deux jours précédents, il était en weekend, aussi il avait reprit les cours la veille. Il y avait cependant un problème, et pas des moindres, Deidara n'avait pas reparut. Le jeune Uchiwa avait bien tenté de le joindre, le lendemain de leur mésaventure, mais l'autre, fait rare, n'avait pas répondu et ne lui avait pas non plus envoyé de sms. Pour ne pas arranger l'inquiétude du brun, son ami n'était pas venu en cours, ni le jour présent ni celui d'avant. Itachi, bien qu'angoissé, ne laissait rien paraître et agissait normalement, répondant négativement et assez indifféremment quand on lui demandait si il savait pourquoi le blond n'était pas là. C'était la dernière heure de la journée et le brun réfléchissait à présent à un autre sujet qui le tracassait. A savoir le déserteur qui était partit sans rien lui dire, il aurait…juste put lui dire au revoir, non ? C'était quand même le minimum, se dit le jeune homme, agacé d'être préoccupé par le plus vieux.

Alors qu'il allait à la gare, trois garçons de sa classe (des amis de Deidara) l'abordèrent, le trainant dans une rue déserte et un peu plus excentrée (à cette heure, même si il n'était pas tard, il y avait de toute façon peu de monde dans les rues), prétextant de vouloir lui parler.

-Tu ne sais vraiment pas pourquoi Deidara n'est pas là, Tsukishima san ? Demanda le premier.

-Non, et il ne répond pas à mes messages, au cas où vous vous posiez la question. Soupira le brun.

-Tu mens. Lâcha l'un des garçons.

-Quoi ?

-Tu mens, tu sais pourquoi il n'est pas là, tu l'as dénoncé !

-On sait qui tu es vraiment, tu l'a balancé à la sécurité quand tu à su qu'il tenait un site clandestin, hein ?!

-Quel site ? De quoi vous parlez ?! S'écria Itachi, sentant que la situation tournait légèrement en son désavantage. Ces gars allaient vraiment devenir violents si ça continuait !

Il ne croyait pas si bien dire car le premier type qui lui avait parlé tenta de le frapper au visage. Il esquiva et le frappa au plexus. Mal lui en prit car il sentit une vive douleur dans tout son corps avant de s'effondre au sol. Il tenta de se relever mets ses membres étaient engourdis. Levant les yeux, il se rendit compte que l'un des autres types avait un stun gun dans la main. L'autre le frappa durement à l'estomac. En temps normal il aurait put réagir, mais il ne parvenait pas à bouger. Le prochain coup de pieds atteint son visage, il sentit le goût du sang dans sa bouche.

-Pas le visage ! S'exclama celui qui l'avait électrocuté.

Ils continuèrent donc à le rouer de coup pendant quelques minutes avant de s'enfuir non sans une dernière menace :

-Je te déconseille de nous dénoncer ou la prochaine fois sera pire !

Une fois qu'ils furent partis, Itachi ne put s'empêcher de laisser échapper un rire sans joie, pire ? Ça ne devrait pas être dur, ce qu'il venait de subir, bien que ça reste douloureux, faisait figure de massage à coté de ce qu'il avait vécut avec son père…. Son paternel lui avait en effet prodigué un « entrainement » que l'on pouvait facilement qualifié de « barbare » à partir de ses 7 ans. Sa famille, depuis toujours, pratiquait un art martial ancien traditionnel, datant d'avant la grande guerre, le karaté Goju Ryu ainsi que le ninjutsu. Seulement Fugaku Uchiwa, homme très strict et violent, avait une façon particulièrement cruelle d'enseigner les choses et lui avait plusieurs fois cassé quelque chose au cours des séances infernales qu'il lui faisait subir, le poussant largement au-delà de ses limites physiques et mentales, le broyant dans tous les sens du terme.

Le jeune homme parvint finalement à se relever et après s'être épousseté, récupéra son sac et reprit le chemin de la gare, tout de même préoccupé par les paroles de ces types. Ils savaient qui il était ? Apparemment non, comment ils auraient pu ? Cependant ils savaient pour Deidara et ses petites activités, étaient-ils dans le coup, eux aussi ? Non, ils n'avaient pas franchement l'air de pouvoir se mouiller dans des histoires de déserteurs, se dit finalement le brun une fois dans la navette. C'était juste trois garçons de plus ou moins bonnes familles qui se destinaient à une carrière brillante, il ne devait pas être question pour eux de se compromettre avec ce genre de choses.

Itachi était encore en pleine réflexion, se demandant si il devait aller à l'hôpital ou si il avait encore chez lui de quoi cacher l'hématome qu'il ne manquerait pas d'avoir. Ce fut ce moment précis que choisit une voiture noire désagréablement familière pour ralentir à son niveau. L'étudiant ralentie et se tourna vers la portière arrière qui venait de s'ouvrir.

-Monte. Ordonna sa mère, assise sur la banquette en cuir.

Le brun obtempéra, n'ayant pas vraiment le choix de toute façon mais appréhendant tout de même un peu cette « agréable surprise ».

-Que me vaut le plaisir de ta visite ? Demanda Itachi, une fois installé en face de Mikoto.

Celle-ci avait une mine plus fatiguée que dans ses souvenirs, son teint était presque trop pâle et ses yeux étaient soulignés de légères cernes. Elle était vêtue d'un élégant kimono noir et gardait, malgré son expression légèrement sévère, une évidente beauté. Elle leva les yeux vers lui, le regardant avec un air qui sous-entendait qu'il devrait probablement connaître la réponse à sa propre question, avant de soupirer.

-Je venais te voir car je m'inquiétais pour toi. J'ai voulus te joindre pour avoir des nouvelles, m'enquérir de ta santé, mais je tombais sur la messagerie de ton appartement, puis je savoir pourquoi tu y as désactivé ALGA ?

Le jeune Uchiwa ne put s'empêcher de grimacer, les fonctions d'ALGA se remettait automatiquement en marche au bout de douze heures mais pour les fonctionnalités d'appel, il fallait le faire manuellement. Il n'avait pas pensé à ce…détail.

-J'ai dû faire une mauvaise manipulation en voulant désactiver la sonnerie de mon réveil. Je suis navré.

-Ton bras va bien ?

-Oui, ce n'était pas très grave.

Sa mère resta un moment sans rien dire, semblant hésiter à dire quelque chose. Elle avait une mine anxieuse à présent.

-Itachi, mon chéri, commença-t-elle avec une voix un peu peinée, tu n'étais pas à cette manifestation par hasard, n'est ce pas ?

-Qu'est ce que je suis censé comprendre ? La suspicion de sa mère commençait déjà à l'agacer. Depuis toujours, ses parents (même si son père avait une autre façon de le lui montrer) avaient une « peur » obsessionnelle et maladive de voir leur fils « mal tourner », lui bourrant le crâne de paroles extrémistes, essayant de le convaincre par tous les moyens que les déserteurs étaient des espèces de monstres assoiffés de sang. Malheureusement pour eux, ça avait probablement eu un effet contraire car Itachi rejetait maintenant violemment toute forme d'opinion sur le sujet, restant relativement neutre.

-Tu étais là pour y participer. Asséna Mikoto, presque douloureusement.

-C'est faux !

-Alors pourquoi étais tu sur la place du Capitole hier ? Ton père m'a apprit que tu t'y trouvais, il y a vu le signal de ton identificateur ! Que faisais-tu là-bas ?

Itachi resta stoïque, il ne gagnerait pas en légitimité si il s'énervait, ça il en était sûr.

-J'accompagnais un ami qui s'occupe de tenir un blog sur ce genre de chose…

-Qui est cet ami ?

-… Un ami.

-Bon sang Itachi ! Mais comment peux-tu trainer avec ce genre de personnes ?! Tu te rends compte de ce qu'ils nous ont fait ?! S'emporta sa mère qui semblait à présent au bord des larmes.

-Ce qu'ils nous ont fait ? Demanda le brun, de quoi parlait-elle ?

-Je…je ne voulais pas dire ça, oublis ce que je viens de dire. Répondit Mikoto, semblant à présent regretter ses dernières paroles.

-Qu'est ce qu'ils nous ont fait ?! S'écria alors le jeune homme après avoir saisit le bras de sa mère, sentant qu'il s'agissait d'une chose qu'il ne pouvait pas ignorer. Mikoto ferma les yeux, voulant à tout prix ignorer son fils, regrettant visiblement amèrement son excès de parole.

-Lâches moi Itachi, je ne peux pas te le dire ! Il ne faut pas que tu te souviennes, c'est pour ton bien !

-Que je me souvienne de quoi ?! Itachi était hors de lui, qu'est ce qu'on lui cachait encore ? Si tu ne me le dis pas, je vais aller leur demander moi-même, si c'est ce que tu veux !

-Ils ont assassiné ton frère ! Hurla Mikoto.

Itachi resta interdit, ne réalisant pas tout de suite ce que sa mère venait de lui dire, depuis quand avait-il un frère ?! Le jeune homme la lâcha et se laissa tombé sur la banquette, il se sentait mal, il avait presque envie de vomir. Levant les yeux vers Mikoto, il vit que celle-ci avait tourné la tête et, la mâchoire serrée, elle laissa échappée un sanglot et des larmes qui se mirent à couler sur son beau visage. Il eut une sensation de malaise, comme un vide dans la poitrine, il se sentait d'autant moins bien qu'il avait visiblement fait remonter une douleur terrible chez sa mère. Pourtant, lui, il n'arrivait pas à se souvenir de son supposé frère…

-Mère….qu'est ce que….j'ai un frère ? Pourquoi je ne me souviens pas de lui ? Souffla le brun.

-….Tu…tu as été témoin de la scène et…le médecin nous a dit que c'était une amnésie post-traumatique très violente…il te se sera probablement impossible de te souvenir de lui à nouveau…Murmura Mikoto d'une voix brisée avant de plaquer sa main contre sa bouche, voulant étouffer ses pleurs. C'était i ans…ton père venait de condamner des déserteurs à mort et…et….oh mon chéri...je suis désolé…on voulait juste te protéger…

Le jeune homme fut terriblement peiné de voir sa mère dans cet état, il ne l'avait jamais vu ainsi. La femme de Fugaku avait toujours su se montrer très stoïque, gardant son calme en toute circonstance. Voir cette femme, pourtant si forte et tout de même aimante, pleurer ainsi lui retourna l'estomac, elle contenait ce fardeau depuis tout ce temps ? Et lui, il aurait été témoin du meurtre et serait à présent incapable de s'en souvenir ? Son frère, avait été assassiné, par des déserteurs ? Des gens comme Kisame avaient tué un membre de sa famille ? Il fut soudain pris d'un doute :

-Comment…comment s'appelait-il ?

-Il avait deux ans de moins que toi….il s'appelait Sasuke. Répondit péniblement Mikoto.

C'était…le nom qu'il avait « entendu » au cours de ce qui se rapprochait du malaise qu'il avait eu…Est-ce que les flashs qu'il avait également eu, étaient ce qu'il avait vu ce jour là ? Il s'abstient cependant d'en parler à sa mère. Voyant que celle-ci semblait toujours bouleversée de ce rappel brutal de l'enfant qu'elle avait perdu, Itachi se déplaça de façon à être à coté d'elle et, entreprit de lui caresser le dos de manière apaisante. Il n'était pas très habitué aux contacts (enfin, pas de ce genre), aussi ne savait-il pas bien comment s'y prendre malgré son désir de voir cesser les larmes de Mikoto…


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