Titre: Rêve et cuisines.

Auteur: bonjour, bonjour… *un être sombre et démoniaque s'avance tandis que, ligotée à ses pieds, Lychee s'étouffe dans son bâillon* Je suis Dark Lychee. Le côté sombre de cette pauvre Lychee, pour ceux qui n'auraient pas compris… C'est moi qui ai écrit le chapitre IV des "Jolis Pitits Dessins", et le chapitre IX de "Sangs, premier trimestre". *Une étincelle inquiétante brille dans ses yeux* Et aujourd'hui, j'ai décidé de prendre le pouvoir sur cette chère mais légèrement gnangnan Lychee… C'est-à-dire que… DES LEMOOONS!!!! DES LEMOOOOOOOONS!!!!! MWAHAHAHAHAAAAAAAH!!! *s'enfuit en courant dans la nuit* *Lychee réussit à se débarrasser de son bâillon* Nooooon… Arrêtez-la! C'est pas moi, je vous jure! Jamais je n'écrirais un truc… comme… *ses yeux tombent sur les feuilles qu'a abandonné son autre moitié* … ça… KYAAAAAAHHHH!!!! *là elle est en train de lire, hein* OUI VAS-Y SEV!!! DARKINETTE!!! JE VEUX LA SUITE! RAMENE-TOI!!!

Source: HP I, II, III, IV et V.

Disclaimer: tout ce petit monde appartient à JKR… Je me demande – oui je me demande plein de choses – si elle lit les fanfictions sur ses livres…

Genre: RATED "R" pour SCENE DE SEXE!!! Oué, PWP koa… Et SLASH SS/HP pour ceux qui n'avaient pas compris…

Rêves et flan à la noix de coco.

- Potter, pensez-vous que contempler les mouches suffira à terminer votre potion? A votre place je m'inquièterais pour votre ASPIC du mois prochain, M. Potter.

Harry envoya mentalement Snape et sa voix sarcastique se faire voir, et se pencha sur son chaudron en soupirant. Bien. Les ASPICs. Tu dois passer tes ASPICs. Concentre-toi.

La porte s'ouvrit brusquement alors qui allait délicatement ajouter une pincée de poudre d'améthyste, et il en lâcha une bonne portion dans sa potion qui prit une intéressante teinte violette. Pas grave. Ce ne serait que sa 112éme potion manquée depuis son arrivée à Poudlard. Il leva la tête vers les visiteurs.

Fudge fit son entrée, tout guilleret, suivit par un Dumbledore impassible.

- Non, non, restez assis! fit joyeusement le ministre aux élèves qui se levaient précipitamment. Désolé d'interrompre votre cours, Snape, ajouta-t-il distraitement. (Puis le bonhomme afficha un grand sourire fier de lui.) Oh, vous pouvez tous rester pour entendre la bonne nouvelle! Harry, déclara-t-il en se tournant vers lui, je suis venu t'informer qu'on allait te remettre l'Ordre de Merlin première classe! Alors, que dis-tu de ça, hein?!

La classe se remplit instantanément de murmures excités. Fudge continuait à sourire, satisfait de son petit effet. Dumbledore ne faisait aucun commentaire. Les Gryffondors affichaient des mines ravies. Les Serpentards, des visages surpris, mitigés. Draco Malefoy haussa les épaules d'un air désabusé. Snape jeta un coup d'œil à Harry, puis sembla se désintéresser de la question.

- Je n'en veux pas.

Les conversations stoppèrent net, et le sourire de Fudge se figea.

- Je te demande pardon? demanda-t-il d'un air incrédule.

- J'ai dit que je n'en voulais pas.

L'homme sembla avoir du mal à retrouver sa respiration. Le silence de mort continuait de planer.

- Voyons, Harry, tu ne sais sûrement pas ce que tu –

- Je sais très bien ce que je dis, le coupa Harry posément en le fixant dans les yeux. Je – ne – veux – pas – de – l'Ordre – de – Merlin. Pourquoi moi? Le Pr Dumbledore le mérite bien plus que moi. Ou le Pr Snape. Ou n'importe quel Auror. Moi, on m'a juste mis en face de Voldemort pour que je lui lance un Avada Kedavra. Alors je n'en veux pas. Et vous ne pourrez me forcer à l'accepter que bâillonné et enchaîné.

La sonnerie retentit dans le silence qui suivit. La même expression de stupeur s'inscrivait sur le visage des élèves et de Fudge. Dumbledore souriait légèrement. Snape avait posé sa plume et le regardait impassiblement.

Harry se redressa, mis ses affaires en vrac dans son sac, puis traversa tranquillement la classe. Arrivé à la porte, il s'immobilisa et se retourna.

- Oh, une dernière chose, M. le Ministre. Je vous prierais dorénavant de me vouvoyer et de ne plus utiliser mon prénom. On n'a pas élevé les Scroutts ensemble, que je sache.

Puis il lui fit un gentil sourire, et sortit.

Harry tendit une main prudente hors de sa Cape d'Invisibilité et chatouilla la poire qui gloussa, puis glissa pour laisser place à l'entrée des cuisines. Il se faufila à l'intérieur, repoussa la porte derrière lui, et se débarrassa de son encombrant vêtement. Les cuisines étaient désertes. Bien. Tout à fait ce qu'il lui fallait.

Il s'approcha en soupirant d'une table où trônait, entre autres, un joli poulet fumé, et en arracha une aile avec avidité. Voilà ce que c'était de manquer des repas. Mmmmh… un peu de mayonnaise et… ah! Voilà! Parfait. Il enchaîna avec la deuxième aile, puis se dénicha un saladier de bananes aux champignons, une bonne part de tome de chèvre avec un croustillant morceau de pain, une énorme part de flan à la noix de coco, et même, ô joie, une bouteille de Firewhiskey, et s'installa confortablement par terre avec son butin.

* Bon appétit, Harry Potter, Jeune Héros du Monde Sorcier!* se souhaita-t-il à lui-même avant d'attaquer.

L'admiration de ses fans s'était considérablement refroidie depuis quelques temps. En fait, depuis, qu'il avait:

1. Refusé l'Ordre de Merlin et envoyé Fudge balader.

2. Refusé la place de deuxième Attrapeur dans l'équipe de Quidditch de Grande-Bretagne.

3. Refusé de donner la moindre interview aux journaux sorciers.

4. Refusé la faveur d'une inscription pré-ASPICs à l'Académie des Aurors.

Mieux, les élèves, gênés, le fuyaient presque. Il pouvait entendre leurs chuchotis à longueur de journée. Et avait décidé d'éviter désormais la Grande Salle.

Comment pourraient-ils comprendre? Dans le cas où ils essaieraient seulement, le fait que Harry Potter, l'Ultime Survivant, la grande légende de la fin du XXème siècle, puisse se sentir dégoûté par tous les honneurs dont on l'abreuvait leur semblerait incompréhensible. Mais Harry ne voulait pas d'honneurs. Il voulait juste qu'on lui foute enfin la paix avec cette histoire. Il voulait devenir M.-tout-le-monde. Il voulait que les personnes qu'il rencontrait pour la première fois cessent de lui demander de voir sa cicatrice. Il voulait la Paix.

Et autre chose, aussi. Mais ça semblait encore plus impossible à obtenir que la Paix.

Il soupira, le cœur lourd. Puis se morigéna et mordit à belles dents dans son poulet, avant de s'avaler une bonne gorgée de whisky.

Fuck you, tout le monde.

Il entamait son dessert, confortablement allongé sur le dos, quand le bruit du passage qui s'ouvrait parvint à ses oreilles. Quelqu'un. Tant pis. Il y aurait demain à la une de la Gazette un gros titre dans le genre de "Le Survivant sombrant dans l'alcool" ou "Une existence définitivement meurtrie" ou Merlin savait quoi. De toutes façons, la tête lui tournait un peu trop pour bouger. Et puis il était très bien, par terre.

Des bruits de pas s'approchèrent. S'arrêtèrent brusquement juste à côté de lui. Il ne fit même pas l'effort d'ouvrir les yeux, jusqu'à ce que La Voix retentisse.

- M. Potter, l'Etoile du Monde Sorcier, dans toute sa splendeur, prononça lentement le visiteur d'un ton légèrement incrédule.

Merde. Oh merde.

Harry soupira, se redressa, et regarda enfin Snape en souriant morosement.

- Un petit creux au milieu de la nuit, Monsieur?

- Que faites-vous là, Potter? demanda sèchement l'homme.

Harry regarda la bouteille qu'il tenait à la main.

- Je suppose que je fête la victoire du bon côté sur le mauvais.

- Le bon côté? fut la réponse étonnée.

Harry leva de nouveau la tête vers la silhouette indistincte dans l'obscurité.

- Oui, le côté des gentils, des petits oiseaux et des foutus lapins roses. Nous, quoi.

Il crut clairement entendre un rire étouffé. Puis un:

- Levez-vous, Potter.

- Pourquoi? Pour retourner dans mon dortoir? Et d'une je n'y arriverai pas, et de deux j'ai pas envie. Oh! Il me reste des champignons? Vous en voulez?

Un silence. Il eut un hoquet surpris quand Snape se laissa tomber à côté de lui, ses yeux d'ombre enfin visibles.

- Volontiers.

Harry regarda la bouteille de F.W. D'accooooooord. Un rêve. Ce n'était pas le premier, après tout. Enfin en général c'était un peu différent. Mais bon. Celui-ci n'était pas mal, non plus. Bonne marque de whisky, ça. Il tendit le saladier à son professeur, profitant de l'occasion pour effleurer les longs doigts élégants qu'il connaissait si bien, tellement il les avait contemplés en classe… Le Snape du rêve se figea, puis saisit le saladier sans mot dire.

Harry se reprit une lampée de whisky, une cuillérée de flan, puis regarda la vision.

- Vous ne mangez pas? demanda-t-il avec étonnement, la cuillère dans la bouche.

- Potter, demanda l'homme au lieu de répondre, pourquoi refusez-vous tout ça?

Harry fit la moue.

- Ah non. J'ai pas envie de parler de ça… De toutes façons, je doute que ça intéresserait le vrai Snape.

Un bruit étonné.

- Je vous demande pardon?

- C'est pas la peine de faire semblant, répondit Harry d'un ton accusateur. Je sais que vous êtes un rêve. (Il tenta de se relever, faillit s'assommer sur le rebord d'une table, puis se tint enfin debout, chancelant.) La preuve… Si c'était pas un rêve, j'aurais jamais réussi à faire ça…

Et il partit vers le placard où étaient rangées les bouteilles d'alcool.

- Vous êtes rond comme une barrique, M. Potter.

- Mmmmh moui… fit Harry d'un air béat en se laissant retomber face à lui.

- D'accord. Je suis un rêve –

- Je le savais!

- … et donc je peux vous poser des questions que ne poserait pas le vrai Snape, n'est-ce pas? Alors, pourquoi refusez-vous tout ça?

Le Snape de ses rêves ne posaient pas tant de questions, d'habitude. Harry regarda le visage qui lui faisait face, les yeux intenses, les lèvres tellement – tellement sensuelles, soupira-t-il, et tendit la main pour effleurer légèrement la joue de son fantasme. Il eut un petit rire quand l'apparition sursauta. Sacré Snape… pensa-t-il en reprenant – encore – une gorgée d'alcool.

- Et bien – pourquoi restez-vous, vous, enfermé dans votre cachot? Je sais, je sais, vous allez me dire que ce n'est pas pareil, que vous êtes un ancien Mangemort, et blablabla. Mais c'est la même chose! Vous vous moquez de l'opinion des autres – en fait, ils vous importunent. Moi aussi. D'ailleurs, dans le cas contraire, je ne serais pas en train de rêver de vous, gloussa-t-il. Mmmh… (Il se mordilla langoureusement la lèvre.) Qu'est-ce qu'on fait ce soir?

L'homme le regarda un moment, puis, doucement:

- Je pense que vous feriez mieux d'aller vous coucher.

- CA Y EST J'AI COMPRIS!!! (Il adressa un sourire lumineux à l'homme qui avait sursauté.) Ouiiiiiiii! C'est le rêve version "Je-vous-déclare-ma-flamme-mais-vous-refusez-pour-des-raisons-morales-idiotes-mais-finalement-tout-est-bien-qui-finit-bien-et-tout-se-termine-par-une-incroyable-nuit-de-sexe". (Harry cajola la pauvre bouteille innocente contre son cœur.) Je l'avais déjà fait, celui-là, il est très bien… Vraiment bonne marque de whisky…

- Potter…

Harry reposa la bouteille, agrippa sa vision par le cou, et le renversa sur le carrelage en ronronnant.

- Non. "Harry", on avait dit.

- Je – Harry…

- Embrassez-moi…

- Je –

- Merde, Sev. Embrasse-moi.

La vision s'exécuta. Oh oui. C'était vraiment un très beau rêve. Puis une main ferme tenta de le repousser, doucement. Les yeux de Snape se plantèrent dans les siens.

- Potter –

- Cette nuit, murmura Harry à son oreille entre deux coups de dents et de langue, je veux que vous me preniez contre le rebord de cette table qui semble bien accueillante… Non, attendez. D'abord vous allez me barbouiller de flan à la noix de coco – vous aimez la noix de coco? Remarquez, on peut inverser…

Un nouveau "Potter!", plus étranglé. Harry frotta son sexe déjà tendu contre l'entrejambe de l'homme.

- Pourquoi n'êtes-vous pas déjà au travail? protesta-t-il d'un ton boudeur.

- Potter – je ne suis pas un rêve.

- Mmmmh… (Harry lui mit sa langue dans la bouche, voluptueusement.) Alors c'est encore mieux, souffla-t-il ensuite. Je fantasme aussi sur la Snape réel… Touchez-moi…

Un long moment d'immobilité.

Puis une main hésitante se posa sur son dos, une autre sur ses fesses, et le caressèrent au travers de son pyjama.

- Touchez-moi vraiment

Elles se glissèrent sous le léger tissu, et les doigts fermes effleurèrent sa peau à vif.

- Comme ça? demanda la voix, si sensuelle, si crémeuse, à son oreille.

- Oui…

Il posa sa tête au creux du cou de l'homme, soupirant d'aise, tandis que les mains parcouraient son dos, caressantes, ses fesses, le haut de ses cuisses. C'était si agréable... Comme dans tous ses rêves, il se sentait délicieusement bien, enveloppé dans la chaleur et l'odeur de Snape, ses bras forts autour de lui. Une main glissa longuement le long de sa hanche.

- Oh…

Puis l'homme lui saisit doucement la nuque et le réembrassa, avec une volupté et une douceur mouillée qui lui arracha presque un sanglot. Il aimait ça. Il aimait quand Snape était tendre, prenait son temps pour le faire fondre, pour le laisser incapable d'un mouvement entre ses bras. Leurs soupirs se mêlèrent quand ils se séparèrent légèrement, et Harry, dardant une petite langue pointue, lécha doucement, délicatement la lèvre inférieure de l'homme, fermant les yeux.

- Encore, murmura-t-il. Caressez-moi. Faites-moi crier.

Les mains de l'homme se crispèrent un bref instant, enfonçant leurs ongles dans la peau tendre de Harry qui émit un petit son surpris. Puis elles reprirent leurs caresses, plus insistantes, plus exigeantes, repoussant petit à petit le pantalon de pyjama sur les cuisses fermes, dénudant de plus en plus de dos. La bouche sensuelle était dans son cou, embrassant, dévorant sa gorge, repoussant sa tête en arrière.

- Harry, murmurait la voix soyeuse à son oreille, la voix qui le faisait frémir et trembler durant tous ses cours de Potions… vous êtes définitivement imbibé d'alcool, Potter… tant pis pour vous… je vais vous faire hurler… jusqu'à vous rendre aphone… vous êtes si excitant, Potter… Harry…

Snape roula sur lui, sans cesser ses caresses, ses lèvres se nichant derrière son oreille, jusqu'à ce que les premiers gémissements s'échappent de la bouche de Harry. Le corps de l'homme l'écrasait sur le carrelage froid. Sa peau se partageaient les sensations de ces mains brûlantes et de la pierre glaciale. Il exhala un léger cri quand des doigts agiles firent sauter les boutons de sa veste, et qu'une paume chaude se posa sur ses pectoraux.

Mais la main partit et il la sentit lui ôter ses lunettes. Il ouvrit les yeux, et aperçut, légèrement trouble, le visage de Snape penché sur lui. Indécis. Harry laissa sa tête rouler sur la pierre, et s'humecta les lèvres de façon suggestive, sans le quitter des yeux.

- Je vous veux.

Cela semblait être la chose à dire. Snape se reprit et se redressa en commençant à rapidement déboutonner ses robes. Harry parvint à s'asseoir, la tête tournant délicieusement, et, d'un mouvement d'épaule, termina d'ôter sa veste de pyjama. Puis, à genoux, il s'approcha de l'homme, lui attrapa une des mains, et grignota les longs doigts fins et délicieux… Puis sa bouche se posa sur la gorge de son professeur enfin libérée du col de ses lourds vêtements noirs… Une infime portion de peau, blanche, qu'il mordilla avec délectation, avant de remonter, d'embrasser le menton de l'homme, ses lèvres, de retrouver sa bouche, pendant que ses mains se joignaient à celles de Snape et le déshabillaient, lui entrouvraient enfin sa chemise, se posaient timidement sur la peau de son torse. Le Maître des Potions eut une brutale inspiration et Harry le regarda, fasciné par ses joues enfin légèrement colorées, ses cheveux en désordre, ses yeux brillants. Il n'était peut-être pas beau, mais il était séduisant en diable.

Si, d'abord, il était beau.

- Une pause, M. Potter?

La voix était moqueuse – mais pas méchante. L'homme se moquait gentiment de lui.

- Je… souffla Harry. Je me disais que si jamais ce n'était pas un rêve, et bien je… (Il baissa légèrement la tête.)

- Vous regretteriez?

La voix tentait d'être neutre, mais n'y parvenait pas tout à fait.

- Oui. (Snape le relâcha immédiatement.) Je regretterais d'avoir pensé que c'en était un. Parce que dans ce cas, je ne l'aurais pas apprécié comme il se devait.

Snape le regarda longuement.

- Je vous l'ai déjà dit – ce n'est pas un rêve.

- Alors… (Harry hésita.) Alors il y aura des suites, à ce non-rêve?

Un silence.

- Ca dépend de ce que vous voulez, M. Potter.

Toujours neutre.

- Je veux tout… murmura Harry.

Les bras l'enlacèrent à nouveau, plus violemment, et il balbutia.

- Je veux tout…Vous ne pouvez même pas imaginer tout ce que je veux…

La langue de l'homme le fit taire, et cette fois, Harry guida les belles mains jusqu'à ses fesses et leur fit glisser son pantalon, referma les longs doigts sur son sexe avec un hoquet de plaisir… Il allait mourir, pensa-t-il quand Snape commença à lentement le caresser. Il allait faire un infarctus, c'était trop – trop – trop fort, trop bon, trop tout. Son gémissement plaintif s'étouffa dans la bouche de l'homme.

- Je veux vous sentir jouir dans ma main, M. Potter, murmura Snape contre ses lèvres.

Harry ne demandait que ça.

Il s'agrippa désespérément à la chemise de l'homme, tous ses os se liquéfiant sous cette main incroyable. Il était à genoux. Dans les cuisines. Avec Snape en train de le masturber. La chose semblait merveilleuse. Non, c'était merveilleux.

- Oh… oh!

- Conversation typiquement gryffondoresque, chuchota Snape.

- Je vous emm – oh!… oh oui… monsieur…

Il allait mourir. Il allait mourir. Il allait mourir. Il allait mourir. Il allait mourir. Il allait mourir.

- Je refuse ça, M. Potter. Pas tant que je n'en aurais pas fini avec vous.

Bien. D'accord. Mais alors qu'il en finisse rapidement parce que ce n'était plus possible il n'en pouvait réellement plus et il allait vraiment mou –

Avec un spasme, il enfonça ses dents dans l'épaule de l'homme et se libéra longuement entre ses doigts. Biiiiiiiiiiiiiiip. Il était mort. Définitivement. Out.

Il glissa au sol comme une poupée de chiffon quand Snape le relâcha.

- Mauvaise tolérance à l'alcool, murmura ce dernier en se penchant sur lui. C'est déjà terminé?

Harry le regarda et il lui revint en mémoire que Snape ne portait en tout et pour tout qu'une chemise et un pantalon. Bon, oui, peut-être quelque chose en dessous également. Ses forces lui revinrent d'un coup. Il fallait vérifier.

Il envoya balader les restes de son propre pantalon d'un coup de pied, et se tourna vers son amant – non, pas encore vraiment son amant, mais qui allait bien le devenir. Il jura: il y avait encore ces saloperies de chaussures, aussi. Il s'agenouilla et saisit l'un des pieds de l'homme, le faisant basculer, et lui ôta rapidement tout ce bordel. Bien. Chemise. Saleté de chemise coincée dans le pantalon. Il s'escrima un moment dessus en pestant.

Snape souriait avec amusement. Non, mieux: il rigolait doucement. Harry ne put se retenir et l'embrassa à nouveau, s'installant à califourchon sur son ventre. Mmmmh… Snape le voulait. Il le voulait vraiment. Il bougea légèrement son bassin, arrachant un gémissement à l'homme.

- A votre tour, souffla Harry. Que voulez-vous?

Snape rouvrit les yeux, le contempla. Puis lui effleura légèrement les lèvres du doigt – non, il poussa légèrement son doigt dans la bouche de Harry. Un doigt long, et ferme. Harry lui donna un coup de langue, en mordilla le bout. Il le lécha gentiment sur toute sa longueur, puis le prit dans sa bouche. Le visage de Snape était extraordinaire tandis qu'il commençait à le sucer lentement.

- Où avez-vous appris ça, Potter? demanda l'homme d'une voix rauque.

- Dans mes rêves. Avec vous. (Il repoussa le doigt, qui abandonna un filet de salive sur son menton, et se pencha légèrement.) C'est ce que vous voulez?

- C'est foutrement ce que je veux.

Harry ne se le fit pas répéter et descendit au niveau de la ceinture de l'homme, terminant machinalement d'ôter quelques bouts de chemise au passage. La chemise ne l'intéressait plus. La bosse ferme qu'il sentait sous le lourd tissu bien davantage.

Il y posa sa main, puis sa bouche, suçant, massant, y laissant une trace mouillée. Ce n'était pas assez. Il voulait faire perdre tout contrôle à Snape, comme lui avait perdu le sien. Chacun son tour. Ses doigts déboutonnèrent le pantalon. Il hésita, souriant légèrement, puis y plongea la main.

Oh. Pas de sous-vêtement. Mer-vei-lleux. Comme dans un de ses rêves. Sauf que – mince alors – il n'aurait jamais pensé que Snape puisse se retrouver dans cet état. Oh Merlin.

- Potter, grogna ce dernier.

- Harry, rectifia-t-il distraitement en tentant de se reconnecter quelques neurones.

- Peu importe. Simplement, si vous ne vous activez pas un peu, je vous culbute sur le plan de travail le plus proche.

Tentant. Mais chaque chose en son temps.

Il dégagea le sexe tendu du pantalon, savourant les gémissements qu'il provoquait. La simple vue de Snape, en train de se tordre pratiquement à ses pieds, lui fit déferler un véritable torrent de chaleur dans les reins. Plus tard, se reprit-il. Tu vas pouvoir faire plein de chose avec lui – et ce sera délicieux. C'est déjà délicieux. Il tire un peu plus sur le pantalon pour dégager les testicules de l'homme, puis se passa la langue sur les lèvres. Ce n'est plus un rêve, Harry, c'est réel. Sois à la hauteur. Tu es bien parvenu à tuer Voldy, tu devais arriver à –

- Potter!

- Bien, Monsieur, répondit-il de son ton d'élève le plus soumis.

Il s'allongea sur les jambes de l'homme, et se mit au travail. Il fit comme il aurait aimé que Snape lui fasse: commencer doucement, l'effleurer, jouer plus avec son souffle qu'avec sa bouche elle-même. Ses doigts couraient sur les testicules, les plis de la cuisse, la base de son sexe. Sa langue touchait légèrement le membre dressé, le goûtait, se retirait, puis commençait à le parcourir plus longuement, à s'enrouler autour de lui. Les bruits étouffés qui lui parvenaient, les mains qui commençaient à se crisper sur sa tête, les hanches de Snape tremblant spasmodiquement l'encouragèrent. Il lécha et lécha encore, taquina l'extrémité sensible de l'érection,  jusqu'à ce qu'un gémissement suppliant franchisse les lèvres du Maître des Potions. Incroyable. Harry n'aurait jamais pensé posséder un jour un tel pouvoir sur l'homme. Enivrant.

Il inspira et le prit dans sa bouche. Le bruit que fit alors Snape défiait toute imagination. Harry se promit qu'il serait désormais le seul à entendre son professeur faire des bruits pareils. Hors de question qu'il partage une telle chose avec quelqu'un. Snape était à lui.

Il laissa ses lèvres, sa langue glisser sur le sexe, le repoussant puis l'attirant lentement dans sa bouche, y plantant parfois légèrement ses dents. Snape aimait ça. Même peu expérimenté, Harry n'avait aucun doute. On ne pouvait pas faire semblant comme ça. Des mains l'agrippèrent par les cheveux, le forçant à sucer plus rapidement. En fait, il ne faisait presque plus rien, se contentant de suivre le mouvement des hanches et des mains de l'homme, jouissant des cris que ce dernier ne retenait plus.

Snape criant sous sa bouche. Harry se sentit sur le point d'exploser lui aussi à cette idée.

- Harry… Harry!

Oh oui. Oh oui.

L'homme se libera dans sa bouche, avec un gémissement tellement lascif que Harry ferma les yeux et empêcha ses mains de rejoindre son propre sexe pour se faire plaisir lui aussi. Il se redressa, fasciné, et observa la vivante image de la débauche que lui offrait son professeur, étalé par terre, la tête renversée en arrière, le souffle court. Beau. Il n'y avait pas d'autres mots. Snape se redressa soudain et l'agrippa par la nuque.

- Avale, lui murmura-t-il à l'oreille.

Harry obéit diligemment, oubliant d'être écœuré. Il aurait accepté de visiter Azkaban avec un panneau "Détraqueurs, je veux des bisous!" autour du cou si l'homme le lui avait demandé.

- Mmmh… gentil garçon, murmura l'homme en l'embrassant.

Harry ne répondit pas. Snape était encore étourdi, détendu – Harry se sentait un besoin d'orgasme comme il n'en avait jamais eu.

- Vous allez me prendre contre une table? demanda-t-il d'un ton suppliant.

L'homme le dévisagea, amusé.

- Vous avez oublié une partie du programme, sourit-il.

Programme. Ké progra – oh. Le flan à la noix de coco.

Il rampa jusqu'au plat, s'en empara, et le rapporta rapidement à son partenaire.

- Vous êtes bien diligent, M. Potter, remarqua un Snape légèrement goguenard. Ca me change de votre attitude en classe.

- C'est parce qu'en classe… (Harry se pencha à son oreille et chuchota:)… je suis bien trop occupé à essayer de ne pas penser à vous pour pouvoir me concentrer.

Sa réponse sembla avoir un effet certain sur le professeur. Quoi qu'il en soit, il se redressa et termina rapidement d'ôter son pantalon, puis étala sa cape au sol et invita d'un geste gracieux Harry à y prendre place.

- Merci, marmonna l'adolescent, surpris.

- Je vous en prie, répliqua Snape qui plongeait déjà un doigt dans le flan.

Il le suça avec gourmandise, sous le regard avide de Harry, puis reprit un peu du dessert et cette fois l'étala voluptueusement sur la peau du jeune homme, juste sur sa clavicule. C'était poisseux – mais tout à fait supportable, décida Harry quand Snape le nettoya ensuite avec sa langue. L'homme se resservit et lui jeta un regard interrogateur.

- Décidez, Potter. Où voulez-vous que je vous tartine?

Harry commença à se demander si, finalement, ce n'était vraiment pas un rêve. C'était par-fait.

Il réfléchit un court instant, puis indiqua un de ses tétons d'un geste timide. Snape s'exécuta.

C'était un rêve. Définitivement.

- Ensuite?

Sur l'épaule. Au niveau du nombril. Au creux du bras. A l'intérieur de la cuisse – mais pas trop haut. Au creux des reins. Dans son cou. Entre les orteils – oh c'était génial! Au bout des doigts. Au pli de la cuisse…

Harry se sentait couvert de caramel et de salive. Il gisait, étendu sur la grande cape noire – oh cette cape, combien de fois il avait rêvé d'être à sa place en cours! – attendant que Snape lui démontre qu'il existait encore des endroits merveilleux sur son corps… Mais quand il indiqua son sexe en hésitant, l'homme secoua la tête, avec dans les yeux une lueur qui lui arracha un frisson.

- Pas ici… murmura Snape en le retournant doucement.

Un doigt plein de flan se posa de nouveau au creux de ses reins, mais cette fois glissa entre ses fesses et vint caresser l'ouverture de son anus. Gurps, pensa Harry. Un endroit merveilleux de plus. Il poussa un petit cri quand le doigt pénétra imperceptiblement en lui; mais Snape le retira presque aussitôt.

Il se tourna vers ce dernier pour protester, mais la vision de l'homme en train de se lécher les babines lui fit pressentir la suite, et il retomba en frissonnant sur la cape, le souffle court. Si ce qu'il allait ressentir était proportionnel à la sensation des doigts pleins de flan…

- OH MONSIEUR!

Pas proportionnel: exponentiel. La langue de Snape lui semblait brûlante. Et c'était délicieux. Honteusement et perversement délicieux. Il gémit et écarta largement les cuisses, tandis que la langue humide se frayait un chemin en lui. Et voilà; ça recommençait. Il allait mourir, il allait mourir, il allait mourir, il all –

- OH OUIIIIIIIIIII!!!

Encore/encore/encore/encore/encore/encore/encore/encore, lui indiquait son petit cerveau. Ses os étaient de la guimauve. La langue et les lèvres et les dents de Snape lui arrachaient des halètements. Okay. L'homme était son dieu. Tant qu'il ferait ça Harry était prêt à n'importe quoi. Spécialement à lui cuisiner des tonnes de flan à la noix de coco s'il le fallait.

Il n'avait plus assez de force dans les épaules pour se maintenir appuyé sur les coudes. Avec un gémissement, il se laissa tomber sur la cape, y enfonça ses ongles, y mordit. Snape continuait à lécher et à sucer, et Harry eut un sanglot de plaisir. C'en était injuste tellement c'était bon! Comment Snape réussissait-il à faire ça?

- Monsieeuuur… s'entendit-il supplier.

La langue disparut et Harry se traita de tous les noms en trépignant.

- Potter? demanda poliment une voix au-dessus de lui. Un problème?

Un problème?! Non, après tout. Harry voulait juste – erk – et bien – il voulait être bais. Voilà. Il se mordit les lèvres. Impossible de dire ça.

Une bouche se posa sur sa nuque.

- Vous aimez ça, Potter, mmh?

Dieu que oui! Il sursauta quand un doigt recommença à le caresser. Noooooon…! pensa-t-il avec frustration. Ce n'était pas ça qu'il voul – OH SI! Le doigt s'enfonçait doucement en lui. Il chercha à écarter encore plus les cuisses, réalisa qu'il ne pouvait pas. Damné Snape. Il l'avait toujours su. L'homme était le Diable et –

Oooooooh c'était si bon…

– et il avait planifié de le tuer ou de le rendre fou. Il gémit quand le doigt commença à lentement entrer et sortir en lui – la sensation dépassait tout ce qu'il avait pu imaginer. Et encore, lui souffla une voix, ce n'est pas Snape qui est en toi. C'est juste son doigt… Il allait mourir…

- Potter, arrêtez de marmonner, gronda une voix à son oreille.

- Et bien foutez un deuxième doigt! hurla-t-il.

Snape eut l'air d'apprécier l'idée et s'empressa de lui complaire. Harry se mordit la lèvre jusqu'au sang. Il avait mal, à présent – mais il avait aussi foutrement envie que Snape le prenne maintenant! Il n'en pouvait plus – il voulait Snape en lui, là, tout de suite, il voulait crier sous son corps, il voulait – il voulait – il voulait –

- S'il vous plaît! sanglota-t-il. S'il… vous…

Oh. Oh! OH! Ca faisait mal! Mais en même temps – c'était si bon! Il poussa des petits cris de douleur et de plaisir tandis que Snape s'enfonçait en lui. Chaque coup de rein était une nuit d'amour à lui tout seul. Pour la première fois il se sentit entièrement comblé – heureux à en désespérer – et il gémit de joie. Oui. Oui. Encore. Plus profond. Plus fort. Snape semblait avoir oublié toute intention de le traiter doucement. Les mains crispées sur les hanches étroites de Harry, il ne pensait qu'à lui. Et Harry adorait ça. Il adorait les coups de boutoir il adorait cette voix rauque qui gémissait sourdement il adorait cette sensation si si si primaire de se faire prendre sans protester il adorait l'idée que Severus Snape soit en train de prendre son pied avec lui il adorait l'idée qu'ils allaient pouvoir recommencer il adorait – adorait – tout – et – oh – il – allait –

- Harryyyy!

- Severus, balbutia-t-il. Severus, Severus, Sev –

Il se libéra en ce qui lui sembla être le plus formidable, le plus brutal, le plus délicieux orgasme de sa vie, sentant confusément Snape s'arc-bouter derrière lui, avant qu'une décharge de chaleur brûlante ne lui traverse les reins. Oh. Oh. Oh. Son cerveau avait perdu la faculté de réfléchir. Juste "C'estbonc'estbonc'estbonc'esttrèstrèstrèsbon!". Une explosion de plaisir, qui dura, dura!

Puis – sans transition – un trou noir.

Il entrouvrit légèrement les yeux.

Qui était-il? Où était-il? Pourquoi lui perforait-on le crâne au tournevis?

Erk!

Il se redressa brutalement quand le souvenir de ses derniers instants de conscience s'imposèrent soudain à lui. Oh mon Dieu. Il était Harry Potter, il était dans son lit allongé sous l'une des tables des cuisines de Poudlard, et la Reine-Mère des migraines qui lui faisait souhaiter la mort était due à deux bouteilles de Firewhiskey… deux bouteilles de Firewhiskey à l'origine du rêve le plus formidable qu'il ait jamais pu avoir à propos de son professeur de Potions.

Le plus formidable rêve…

Il se laissa retomber sur le pavé avec un son étranglé, mi-rire mi-sanglot. Un putain de rêve. C'était injuste. Tout avait été si réel. Parfait. Injuste.

Il s'humecta les lèvres.

- "Severus"…, essaya-t-il dans un souffle.

Il ne l'avait pas dis. Il ne l'avait jamais prononcé. L'homme ne l'avait jamais appelé "Harry" non plus. Jamais. Un putain de rêve.

Il sortit avec précaution de sous la table, la tête vide. Ne pas penser. Ne pas penser comme ça faisait mal, ne pas penser qu'il allait le revoir dans quelques heures, ne pas penser qu'il allait devoir se comporter normalement durant des jours, et des semaines, et des mois, et des années après ça. Ne pas penser que la seule chose qu'il désirait en ce moment, c'était que l'homme soit là, devant lui, et qu'il le prenne dans ses bras et qu'il le rassure, qu'il ne le laisse pas tout seul dans cette immense cuisine, habillé, propre, sans trace de l'odeur d'épices et de flan et de sexe que lui aurait apportée cette nuit si elle avait été réelle. Harry se sentit plus perdu que jamais il ne l'avait été – et pourtant! songea-t-il avec dérision.

Il ne pouvait pas. Il craqua et se laissa glisser contre le mur, se saisissant la tête à deux mains pour réfréner la douleur qui lui brûlait le cerveau, la gorge et les yeux. Il avait mal. C'était injuste. Et stupide. Comment, comment avait-il pu en arriver là? Pourquoi? Pourquoipourquoipourquois'ilvousplaîtj'aisimal…

- Severus… gémit-il silencieusement.

Stupide. Stupide. Stupide. Impossible. Tout simplement... stupide. Comme si Snape pouvait même le considérer comme autre chose qu'un foutu morveux. Comme si l'existence de Harry pouvait même lui traverser quelquefois l'esprit. Harry renifla et tenta d'essuyer d'une main tremblante les larmes qui étaient arrivées il ne savait comment sur son visage, ne parvenant qu'à  faire empirer les choses. Stupide, stupide, stupide, stupide, stupide...

- Potter?

La voix froide, impassible – la Voix – le fit sursauter violemment. Oh pitié.

Snape était là, devant lui – indéchiffrable, un sourcil légèrement haussé. Harry se remit précipitamment debout, titubant.

- Qu… quoi?!

Il fallait que ce soit lui. Lui qui le trouve dans cet état à ce moment. Désespéré, et trop conscient de son aspect lui aussi désespéré, Harry détourna la tête avec un hoquet. Il allait s'effondrer à nouveau quand Snape, au bout d'un long moment, reprit parole.

- Je pense que vous devriez retourner dans votre dortoir, Potter.

Oh, magnifique, pas de "Vingt points en moins pour vous promener dans le Château au milieu de la nuit, Potter!". Harry aurait presque préféré. Il ne voulait pas que l'homme ait pitié de lui – l'idée même l'insupportait – il…

- Vous m'avez entendu, Potter?

Plus tranchant. Encore plus froid.

Harry leva la tête et ses yeux douloureux rencontrèrent le regard noir, noir. Un nouveau sanglot lui échappa, et il fuit, s'élançant vers la porte, trébuchant au passage, se heurtant à l'homme qui referma brièvement ses bras sur lui avant de le repousser brusquement. Harry lutta et s'accrocha à la robe sombre en balbutiant un "Pourquoi? Pourquoi?!".

Le visage de Snape était plus fermé, imperméable qu'il n'avait jamais pu le voir auparavant. Puis l'homme ouvrit la bouche et parla d'un ton neutre.

- Navré que tout se soit déroulé de cette manière, M. Potter. Mais peut-être cela vous apprendra-t-il à ne plus boire jusqu'au point de faire des propositions embarrassantes. Rassurez-vous, le Directeur recevra ma lettre de démission en bonne et due forme dès demain matin. Maintenant retournez dans votre dortoir.

Les mots mirent quelques instants à pénétrer l'esprit embrouillé de l'adolescent. Quoi? Il releva la tête en tremblant.

- Qu'est-ce que vous dites? chuchota-t-il.

Les lèvres de l'homme se pincèrent.

- Désireux de savourer votre victoire jusqu'au bout, Potter? Je vais quitter l'Ecole. A cause de vous. ( Mais il y avait plus d'amertume que de colère dans la voix de l'ancien Mangemort.) Votre graisseux professeur de Potions va vous laisser enfin en paix.

- Non!

Snape eut un sourire amer.

- Oh. Des regrets de dernière minute?

- Non! Je veux dire…

Le cœur de Harry allait lui transpercer la poitrine.

- Vous – là – cette nuit – c'est… c'est vraiment arrivé? (Et comme Snape le regardait sans comprendre.) On l'a fait? Le flan, tout ça… (Pourquoi ses mains tremblaient-elles tellement?) Ce n'était pas un rêve? C'était… vrai?

L'homme le regarda un long moment, ses yeux reflétant l'incrédulité et l'hésitation, puis, très doucement:

- Oui.

Harry sentit son ventre se liquéfier tandis que ses jambes se transformaient en coton. Oh mon Dieu. Non. N'y croit pas. Pas encore.

Il se passa timidement la langue sur les lèvres.

- Vous… vous pensiez ce que vous disiez? – j'étais sincère! ajouta-t-il immédiatement. (Puis, plus désespérément:) J'étais saoul mais j'étais sincère! Je… (Il plongea de nouveau ses yeux dans les siens.)… c'était ce que je voulais. Depuis longtemps. C'est toujours ce que je veux.

Ses mains se crispèrent un peu plus sur les vêtements de l'homme.

- S'il vous plaît…

Il crut un long moment… en fait, il ne savait trop quoi. Snape ne bougeait pas. Longtemps. Longtemps. Puis une des grandes mains élégantes lui effleura la joue.

- Ce n'est pas une bonne idée, M. Potter.

Le cœur de Harry explosa. Il sourit légèrement.

- Trop tard, murmura-t-il. On a déjà parlé de ça cette nuit.

Puis il se haussa sur la pointe des pieds et l'embrassa, légèrement d'abord, puis de façon plus insistante, rencontrant la langue brûlante de l'homme avec la sienne, se pressant contre le corps ferme et chaud qui l'entoura, le caressa, l'attira encore plus près…

- Dobby a trouvé la couverture, Pr Snape! Dobby l'a apporté aussi vite qu'il a pu pour que Harry Potter n'attrape pas froid mais – ooooooohhh…

L'elfe de maison des dévisageait de tous ses yeux globuleux depuis le pas de la porte, ses grandes oreilles frémissant d'attendrissement, bientôt imités par ses congénères qui venaient tranquillement débuter leur journée de travail aux fourneaux. Une larme d'émotion coula sur la joue verdâtre.

- Oooh Dobby est si content! s'exclama-t-il en éclatant en sanglots. Tellement, tellement content pour Harry Potter et le Pr Snape!

Lequel s'était raidi contre Harry qui ferma les yeux d'épuisement.

Dobby se tortilla timidement.

- Est-ce que Dobby pourra assister au mariage?! demanda-t-il enfin d'une voix surexcitée.

- Dehors!

Visiblement Snape avait autant d'influence sur les elfes de maison que sur ses élèves, et les créatures vertes s'éparpillèrent en piaillant.

Harry se racla la gorge.

- Je suis déso –

La bouche de l'homme – ses lèvres – sa langue –  l'empêchèrent de continuer, et il gémit doucement quand de longs doigts agiles effleurèrent sa peau, se glissant entre les boutons de la chemise de son pyjama. Il se séparèrent, haletants, et Harry posa sa tête contre la poitrine large et rassurante.

La Voix – agréablement chaude et rauque, cette fois – le tira de ses pensées un moment plus tard.

- A quoi pensez-vous, Potter? Aux emmerdes qui nous attendent?

- Non.

Harry sourit.

- Au menu de petit déjeuner.

- Mmh?

- Je pensais à quelque chose comme… "Severus Snape à la marmelade d'orange"… ou… "Maître des Potions sur toast"… J'ai très faim.

Ils recommençaient à s'embrasser et à se diriger maladroitement vers la table la plus proche quand un "Hum hum!" retentit derrière eux.

- Dobby, dégage, grogna Harry en commençant à déboutonner la chemise de son professeur.

- Navré de vous interrompre dans vos prenantes activités, mais vous perturbez légèrement l'emploi du temps des elfes de maison et le petit-déjeuner doit être servi dans une demi-heure, les informa gentiment Dumbledore qui essuyait tranquillement ses lunettes sur sa manche.

Fin.