Mention légale: TypeONegative est à quothme ce que Twilight est à Stephenie. Blue n'est que linotte et messager.
(Cf. Chap-1 Prologue, pour mention légale complète).
Remerciements:Quothme vous connaît et sait combien vous aimez son histoire. Elle vous remercie du temps que vous lui accordez et des mots que vous lui offrez. Merci, merci, merci à tous ceux qui apportent le crédit de leurs riviouz à l'humble travail de la traductrice emplumée.
Special thanks pour les fidèles, pyreneprincesse, qui m'a suivie jusqu'ici depuis mon Pré, aelita48 qui a suivi mon chemin jusqu'à cette autre maison, kalisse qui passe un temps fou à riviouver, à Delphine et Gleeklight qui n'ont pas peur de me dire que je me plante. Bienvenue aux petit(e)s nouveaux/elles.
Merci, à toi, quothme, pour ton histoire. Grâce à elle j'ai trouvé le double bénéfique qui me manquait.
Hé, vous tout(e)s, faite un petit coucou à ma new doudoußêta. Grâce à elle, les erreurs du dernier chapitres ne se renouvelleront pas. Celles qui restent sont de mon fait. Et pis elle me supporte. C'est une sainte. Un rayon d'humour et de soleil.
À DOUMBEA.
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Hey B-A Girl, I see right through your p-p-p-poker face! Je suis sûre que ton vrai nom c'est Alice IRL. Je te vois. Je lis dans ta tête (j'ai du Edward dans les veines). Tu fais des bonds partout depuis que tu sais que tu vas tout lire en avant première. Enfin, bon, celui là, c'est spécial dédicace. Merci pour ton enthousiasme.
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Allez, j'espère que vous avez vos zolies robes, les talons et un zoli cavalier, parce que le grand moment est arrivé... le drame adolescent va pouvoir se jouer, la tension est à son comble... Les garçons ont entonné leur brame, les filles sont prêtes à se pâmer. Tout est en place... Le Bal va pouvoir commencer... ;)
––(|GROUPE O NEGATIF|)––
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4-Prâme
Edward ne sourit pas lorsque je l'aperçois le jour suivant dans le hall du gymnase. Il est debout tout en raideur près d'une plante verte. Il présente bien. Il est décent. Passable, même. Vous ne me croyez pas? Vous n'êtes pas dupes de ma tentative de nonchalance.
Libre à vous.
Il se tient là, tout en angles et acier et contrastes, dans le style de costume probablement vendu accompagné d'une étiquette étrangère ridiculement reconnaissable. Quelqu'un devrait déplacer la plante verte avant quelle ne s'étiole dans son éclat. C'est une bonne chose qu'il ne soit pas mon cavalier. Nous donnerions des complexes à tous les autres couples.
Enfin, ce serait le cas si, peut-être, j'avais pris toute cette histoire de Bal plus au sérieux. Mais, dans une crise de rébellion adolescente classique de dernière minute, j'avais décidé que j'allais faire le truc à ma façon. Je veux dire, je me suis tellement amusée lors du fiasco du bourdon que je me suis dit qu'une réédition s'imposait. (Traduction: je n'avais rien trouvé à me mettre). Vous savez, c'était une de ces fois où vous êtes sûre que cette robe fera l'affaire et puis vous l'essayez le jour de votre sortie et vous vous dites que vous deviez être possédée le jour où vous l'avez ramenée à la maison. Et pourquoi - oh pourquoi ?- votre penderie ne prend-elle pas de mesure pro-active et ne vous crache-t-elle pas la tenue parfaite parmi toutes les affaires que vous possédez mais que vous n'avez jamais songé à associer?
Parce que ma penderie a refusé de me rendre ce service, j'ai tenté de composer ma propre tenue. J'ai attrapé ma petite robe noire et quelques accessoires dont j'espérais que, par magie, ils se coordonneraient assez bien pour me donner l'air apprêté. Vue de l'extérieur, du moins. Ce qui, après tout, est la facette qui fait fureur.
Et j'ai tenté les talons. J'ai vraiment essayé. Après tout, qu'est-ce qu'un bal de promo sans quelques ampoules sanguinolentes à la fin de la soirée? Mais après avoir descendu une marche d'escalier chaussée d'un seul talon délicat, et avoir pratiquement plongé à la rencontre de ma mort, je me suis dit: mais de qui je me moque? J'ai opté pour ma paire de Converse classiques.
Voici le moi qu'Edward voit à présent:
(1) Petite robe noire s'arrêtant au niveau du genou
(2) Cache-cœur noir couvrant mes épaules
(3) Leggings pantacourts noirs dissimulant mes jambes de poulet
(4) Converse classiques enveloppant mes pieds dans le confort et le bon sens
(5) Cravate rouge fine, ponctuant mon cou
La cravate, je l'ai ajoutée sur un coup de tête. Je veux dire, pourquoi attendre Halloween quand vous pouvez avoir ''Panique au bal'' le jour-même du bal? La tenue me botte plus comme ça. Un coup de tête qui botte l'assistante-pote. [1]
« Très éclectique. » remarque Edward en affichant son petit sourire narquois à mon approche. Ce qui, évidemment, signifie que je rougis et regarde mes pieds. Edward et moi nous mouvons dans la file qui entre dans le gymnase. Je regarde toujours mes pieds tandis qu'Edward et moi prenons la pose pour la traditionnelle photo-souvenir du Bal de promo. Ses chaussures qui brillent mettent en lumière la saleté et l'usure des miennes.
« Regarde devant toi. » me dit-il juste au moment où le flash explose dans mes globes oculaires. Je reste sans bouger. Je sais comment ça se passe avec ces histoires de photos.
La femme agite le Polaroïd, y jette un coup d'œil et déclare: « On en fait une autre, mes chéris. » Je n'ai pas le cœur de lui dire que, dans le cas présent, une deuxième prise ne sera pas gage de qualité. Mais au moins, j'ai les yeux levés et je regarde l'appareil.
A côté de moi, nul doute qu'Edward donne sa meilleure interprétation d'un mannequin de chez Abercrombie [2]. Il place une seule main au creux de mes reins. L'appareil déclenche le flash juste à temps pour capter l'expression qui en résulte sur mon visage. J'arrache vivement la photo des mains de la femme avant qu'elle ait même eu le temps de la vérifier.
« Merci. » Je me devais de compenser mon manque de délicatesse.
Je regarde la photo dans ma main et aperçois sur mon visage une expression que je n'y ai jamais vue auparavant. Je ne suis pas en train de grimacer, je n'ai pas les yeux fermés, et je n'ai pas l'air de souffrir de mon handicap photogénique au degré habituel. Je me retourne et glisse la photo dans la poche de poitrine du manteau d'Edward.
« Garde ça pour mieux te remémorer ta soirée magique. » lui dis-je en donnant une petite tape sur la poche.
« Je le ferai. » Répond-il d'un ton solennel.
Edward et moi errons aux abords de la porte du Gymnase comme si nous étions reliés pas un mètre de corde invisible. Nous ne sommes pas ici ensemble, à l'évidence, mais il y a cette tension entre nous qui nous maintient chacun dans le voisinage général de l'autre. Lorsque j'aperçois Angela et Ben, je leur fais signe, mais ne vais pas les rejoindre. Comme Edward, j'ai ce problème avec les chandelles qu'il faut tenir.
Je me retrouve près du bol de punch. Edward examine la coupe pleine d'un mélange de noix et de bonbons à la menthe. Je suis carrément sidérée quand il recueille une ou deux amandes au creux de sa main et les jette dans sa bouche. Je ne l'ai jamais vu manger avant ça.
« Je croyais que tu étais manorexique.[3] » remarqué-je par dessus le boucan qui s'amplifie. Il se rapproche un petit peu de moi, mais pas trop près.
« Quoi? » Il a l'air surpris.
Aucune chance que je répète ça.
« Tu crois pas qu'on serait mieux assis? »[3]
Ouais, je n'ai pas trouvé de mot rimant avec manorexique.En dehors de l'évidence.
« Euh, si, bien sûr. »
Nous nous plantons à un bon poste d'observation d'où je peux assister à tous les développements tardifs que le Bal de promo peut offrir. D'un accord tacite, nous laissons une chaise métallique pliable libre entre nous. Au bout d'un moment, Edward étend son bras sur le dossier de la chaise vide et croise une jambe. Je n'ai pas dutout conscience que ses doigts souples de pianiste ne sont qu'à quelques centimètres de mon bras droit.
Après seulement quelques instants d'inconfortable silence pendant lesquels je m'efforce de me concentrer pour ne pas être obsédée par l'effet que me feraient ses doigts jouant l'air du bourdon sur mon bras, nous commençons à échanger des plaisanteries sur les différents couples improbables ainsi que sur les histoires que nous avons entendues quant à la façon dont les gens ont fait leur demande. Edward fait preuve d'une perspicacité fantastique. Il sait que Tommy est allé aux toilettes et a vomi avant et après avoir fait sa demande auprès de Jen. Il sait que Clarissa a dit non à Connor après qu'il l'a soumise à une chasse au trésor compliquée, parce qu'elle n'était pas sûre de qui elle allait trouver tout au bout.
L'heure avançant, nous regardons les entrées auxquelles nous assistons se faire progressivement plus grandioses et la piste de danse commence à se remplir.
A présent Edward a l'air à cran, et je sais ce qu'il attend. Quelques minutes de plus, et voilà, Ladies et Gentlemen: la grande entrée des futurs Roi et Reine du Lycée de Forks. Entre Rosalie, Emmett en parfait accessoire dans son smoking impeccable. Elle, elle scintille dans une robe de blancheur et de diamants. Et vous l'avez deviné... le type chargé des lumières y dirige même un projecteur obligeant.
Le seul point noir à venir gâcher leur arrivée, c'est la silhouette vêtue de sombre qui frôle Rosalie au passage de la porte. Il s'agit de James. Il a dû marcher sur sa traîne (oh, ai-je manqué la partie où tout ça fait aussi doublon avec son mariage?) parce qu'elle s'arrête brutalement avant de se retourner pour l'incendier du regard. James s'excuse d'un haussement d'épaules, et se fend d'un sourire qui ne parvient pas jusqu'à ses yeux bleus et froids.
A côté de moi, Edward se redresse sur sa chaise et penche le buste en avant. Il ne quitte pas Rosalie des yeux. Moi, je regarde James se fondre dans le parquet. Rosalie reprend là où elle s'était arrêtée et continue d'avancer glissando dans l'obscurité du gymnase. Edward est distrait lorsque j'essaie de lui parler la fois suivante. Deux chances d'en deviner la raison.
Arrivent ensuite le frère et la sœur d'Edward, et c'est tout juste si je ne jacasse pas toute seule tandis que leur apparition éclipse la progression continue de Rosalie vers la piste de danse. Jasper fait tournoyer Alice au moment d'entrer, et elle pirouette avec grâce, mettant artistiquement en valeur le mouvement de sa robe. Alice nous jette, à Edward et moi, un regard, mais elle et Jasper ne font pas mine de s'approcher. Au lieu de cela, ils suivent Rosalie sur la piste de danse.
Nous les regardons un moment danser en cercles autour des autres couples.
Lorsque Mr. Greene monte sur scène pour annoncer la composition de la Cour de la promo, c'est tout juste si je ne feins pas un bâillement.
« Dix dollars que c'est Rose et Em. » fais-je.
Edward ne me répond pas tout de suite.
Il fait « Uhm » en guise de réponse.
Je le regarde. Lui regarde Mr. Greene de travers. On dirait qu'il lui tire dessus à coup de balles mentales. Après beaucoup de blabla pour rien, Mr. Greene en vient finalement laborieusement à la contestable apogée de son petit laïus.
« La Reine du Bal cette année est... Rosalie Hale! »
J'applaudis poliment d'un doigt sur la paume de ma main tandis qu'elle se précipite vers le devant de la scène. Et, oh! regardez, la couronne complète sa robe à la perfection.
« Et le Roi du Bal cette année est ... »
Pause théâtrale.
« Edward Cullen! » proclame Mr. Greene avec un enthousiasme feint. On devine qu'un samedi soir, il préférerait être chez lui plutôt que de jouer les chaperons pour un groupe de gamins jouant aux adultes.
Edward reçoit sensiblement plus que des applaudissements polis. Il y a même peut-être des cris. Des larmes, aussi. Et au moins un cas d'évanouissement.
Je ne crie pas. Ni n'applaudis.
J'avais oublié que les élèves donnaient leurs voix. Je ne me souviens même pas avoir vu le bulletin de vote, cette année. Ah, oui, c'est vrai. C'est Angela qui a rempli le mien pour moi. Je lui ai demandé de me lire les noms des couples garçon/fille candidats qui , selon elle, avaient le moins de chances de l'emporter.
« Lauren et James » a-t-elle immédiatement répondu.
Je me souviens avoir pensé que c'était bizarre que James se soit chargé de composer la liste.
« Donne-leur mon vote. » Ai-je dit.
C'est la raison pour laquelle j'ai loupé le fait qu'Edward était nominé. C'est la raison pour laquelle je n'avais pas pris conscience du fait que, techniquement, j'allais finalement me retrouver là en célibataire version Solitaire une fois qu'il serait couronné.
Je dois mettre au crédit de Rosalie qu'elle s'adapte à ce nouveau développement dans la foulée. Edward beaucoup moins. Du moins s'avance-t-il maintenant vers le développement en question en foulant le parquet à longues enjambées. Rosalie embrasse Emmett sur la joue, s'avance pour aller prendre la traditionnelle photo du Roi et de la Reine avec Edward. Nous les regardons tous revêtir, comme le veut la coutume, les insignes royaux du Bal de promo.
Edward n'a pas l'air à son aise. La couronne penche bizarrement sur sa tête à cause de ses cheveux. Il ne sait pas quoi faire du sceptre. Et la petite cape de velours rouge fait bon marché à côté de son costume. Rosalie, bien sûr, prend goût aux symboles de la monarchie comme s'ils avaient été faits pour elle. Maintenant que j'y pense, ça a probablement été le cas.
Je remarque qu'Edward n'enroule pas son bras autour de Rosalie. Il ne place même pas une main au creux de ses reins. Elle compense cette lacune en s'enroulant elle autour de lui comme autant de brins de lierre. Je remarque qu'Emmett à l'air tout aussi mal à l'aise qu'Edward. Je remarque aussi que le Roi et la Reine ont l'air absolument époustouflant ensemble.
La séance photo aussitôt achevée, Edward se défait de ses atours. Il replace sa couronne sur son coussin de satin bleu. J'ai de la peine pour la couronne parce qu'elle voit ses débuts coupés courts par l'imprévu, cette année. Mais ça va aller. L'usage que Rosalie va faire de sa couronne à elle compensera plus qu'amplement.
Je crois, l'espace d'une seconde, qu'Edward revient vers moi. Il jette un œil par dessus la foule et semble satisfait de me voir toujours assise là. Il commence à faire quelques pas dans ma direction. Puis il se fige, une expression concentrée sur le visage. Je l'ai déjà vue auparavant. D'habitude, c'est juste avant qu'il ne fasse quelque chose de bizarre.
Il ne me déçoit pas. Edward marche droit jusqu'à Rosalie qu'Emmett est en train de ramener vers la piste de danse, et lui murmure quelque chose à l'oreille. Elle lui fait un sourire radieux et lui offre son bras. Emmett à l'air de prendre cela stoïquement, mais stoïquement dans le genre du gars qui vient de se prendre un coup dans les parties. C'est presque douloureux de le voir s'efforcer de ne pas s'effondrer. Edward escorte Rosalie jusqu'à la piste. Ils se mettent à danser.
Et, oui, il y a bien un projecteur.
Comme si Edward avait même seulement besoin de ça. Chaque œil du gymnase est sur lui tandis qu'il danse avec Rosalie. Chacun, chacune retient son souffle tandis qu'Edward la fait tournoyer, la renverse en arrière, et la rend encore plus belle. Edward a cet effet-là sur les gens. Rosalie se dore la pilule aux rayons de la gloire qu'il reflète. Les cristaux de sa robe et de sa couronne attrapent la lumière juste comme il faut. Dans tout le gymnase, on peut même voir les filles mentalement ramper dans leur tête à la recherche d'un trou où se cacher.
La chaise à côté de moi racle inopinément le sol. Je lève les yeux pour voir Emmett dans son impeccable smoking voler le siège d'Edward. Je trouve que ce n'est que justice puisque Edward est en train de lui voler quelque chose.
Emmett ne m'a pas adressé la parole depuis l'école élémentaire. Quelques minutes plus tard, nous voilà en train de papoter comme de vieux amis. Après tout, nous avons quelque chose de très en commun, en ce moment même. Après m'avoir demandé comment se passe ma soirée (super), ce que je pense du bal jusque là (pas grand chose), mon sentiment sur la quantité de devoirs donnés par les profs du Lycée de Forks (indéterminé), Emmett en vient aux choses sérieuses.
« C'est moi, ou ce mec essaie de me piquer ma copine? »
Je pense: ce n'est pas toi.
Je dis: « Rosalie est folle de toi. »
Elle serait folle de ne pas l'être. Il réfléchit là-dessus un moment. Je n'ai pas vraiment répondu à sa question, ce qui, en soi, est une réponse.
« Tu crois que je pourrais le battre? »
Je regarde Emmett de haut en bas. Je le jauge. D'un côté, un souleveur de fonte, superstar du sport. De l'autre, un stoppeur de voiture, super-héros inquiétant. Pour autant que là, j'aimerais voir Edward recevoir une bonne raclée, autant Emmett n'est pas le gars que j'enverrai dans l'arène.
« Non, probablement pas. »
Ses traits s'affaissent.
« Tu as probablement raison. Il a ce truc, je n'arrive pas à mettre le doigt dessus. C'est comme s'il était... »
« Inquiétant? Pas catholique? Sociopathe? »
Emmett me regarde fixement. « Euh, j'allais dire ''dangereux''. Mais, ouais, ça marche aussi. Enfin, je crois. »
Il prend un air pensif tandis qu'il regarde sa petite amie briller dans les bras d'un autre. Edward et Rosalie effectuent un mouvement de renversé particulièrement élaboré. Comme Emmett se penche en avant pour mieux les voir, je jette un œil sur la montre à son poignet gauche. Regarderait-on l'heure, par hasard? Temps d'y aller.
« J'ai oublié que j'avais de la lessive à faire. » marmonné-je pour Emmett avant de m'enfuir en vitesse. Le fait qu'il se contente de marmonner « Ouais, j'en ai probablement aussi » en me faisant un faible au revoir de la main, témoigne de son niveau d'abattement. Peut-être pense-t-il que 'lessive' est le nouvel euphémisme à la mode pour 'devoirs'.
Je me dis que je ne m'en vais pas parce que je me sens mal à l'aise. Que je suis contente qu'Edward soit heureux. Que je suis contente que lui et son héroïne jouissent de leur place au soleil.
Bon, d'accord. Je mens. Regardons la vérité en face. Je m'en vais parce que je n'ai jamais demandé à connaître les secrets d'Edward. Je ne lui ai pas demandé de me sauver. Je ne lui ai pas demandé de me montrer l'homme derrière le masque. Mais il l'a fait, il m'a sauvée, il m'a laissée vraiment le voir, et maintenant que j'ai éprouvé la sensation de ses doigts sur moi et que j'ai vu tout cela, j'ai besoin d'éprouver et de voir davantage.
C'est clair, il y quelque chose qui ne tourne pas rond chez moi; je suis obsédée par un garçon qui supporte à peine de se tenir dans la même pièce que moi, un garçon dont je ne savais même pas qu'il existait il y a deux mois et qui a fait comme si je n'existais pas jusqu'à il y a deux semaines. Maintenant que je connais certains de ses secrets, je veux les connaître tous. Je veux gratter tout le masque et regarder son vrai visage et le forcer à regarder le mien et rentrer dans sa tête et voir quelles pensées rôdent derrière ces yeux dangereux, ses yeux magnifiques.
Et je veux qu'il m'explique ce qu'il a fait pour que je me soucie tant de lui et pourquoi je souhaite être Rosalie pour pouvoir capturer son regard. Pour savoir ce qu'on ressent dans ses bras.
Éprouver la sensation de sa peau.
Au lieu de cela, je fuis comme la plus grande lâche du monde à travers les sombres couloirs de l'école, vers Nellie, vers mon salut. Tandis que le néon du panneau de sortie m'appelle, mon exode se trouve interrompu par un bruit, un bruit plutôt violent, qui entre si bien en résonance avec mon état psychologique présent que je m'arrête. Mes yeux scrutent les environs et je vois James enfoncer son poing dans un casier.
Il a l'air … perturbé. Je sais exactement ce qu'il ressent. Des mèches de cheveux blonds se sont échappées de sa queue de cheval et se répandent sans ordre autour de son visage. Il tourne la tête et ses yeux bleus et froids me fixent d'un regard dédaigneux. Je pense: voilà ce que tu gagnes à t'être nominé toi-même Roi de la promo. Je veux lui dire qu'il a au moins obtenu un vote. Je veux rester là et tabasser quelques casiers avec lui.
Mais je ne le fais pas.
On ne peux pas dire que son expression m'y invite. Vous diriez même qu'elle est inquiétante, pas catholique, ou digne d'un sociopathe. Si vous y faisiez vraiment attention et n'aviez pas tant le nez sur votre petite vie.
Demain, je souhaiterai ne pas avoir été si focalisée sur de bizarres yeux jaunes que je n'avais pas remarqué l'éclat maléfique qui luisait dans d'autres, bleus ceux-là.
Mais ce soir, quelque malaise que je puisse ressentir ne fait pas le poids face à la nécessité de fuir.
Dimanche matin, je me réveille tard, le soleil ayant déjà affirmé sa suprématie dans le ciel. Ça a probablement quelque chose à voir avec le fait que mes rêves accablés se sont peuplés d'yeux inquiétants des deux espèces, des bleus-glacés comme des jaunes-dorés, et puis de gens laissant des empreintes de mains sur des casiers rouges et brillants.
Le temps que je me lève, Charlie est déjà parti. Il part pêcher très tôt tous les dimanches parce que les poissons sont apparemment des lève-tôt. Je me lève parce que quelqu'un frappe à la porte d'entrée. Je n'arrive pas à imaginer qui cela peut être. Je descends, dans ma robe de chambre effilochée, traînant des pieds dans mes pantoufles-lapin roses et j'étouffe un bâillement. Je regarde par le judas. Je vois un unique œil jaune bizarre grossi et déformé de façon écœurante.
Mince.
Edward se tient sur mon perron.
« Donne-moi une minute. » fais-je et je trébuche pratiquement sur moi-même en remontant les escaliers à la course. Je jette un regard au miroir de la salle de bain et conclue qu'une minute n'y suffira tout simplement pas. Pas grave. Le propriétaire de l'œil jaune bizarrement déformé peut assurément attendre. Je me brosse les dents et les cheveux, enfile de vrais vêtements et me lave le visage. Je regarde à nouveau dans le miroir et conclue que ça devra aller.
Lorsque j'ouvre la porte, Edward est debout au bord du perron, regardant le terrain vacant de l'autre côté de la rue. Le vent qui forcit décoiffe ses cheveux. À en juger par l'air menaçant du ciel derrière lui, je dirais qu'un orage est au programme. Il se retourne pour me faire face.
« Je suis navré de te déranger, dit-il du ton formel qui est le sien, mais il faut que nous parlions. »
Je pense: je n'ai rien à dire.
Mais je réplique « D'accord. »
« M'accompagnerais-tu pour une balade? » poursuit-il.
Je désigne le ciel d'un regard éloquent par dessus son épaule. Mais il continue d'attendre ma réponse. Je hausse les épaules et acquiesce de la tête. Un peu de pluie madeinForks n'a jamais fait de mal à personne. Si c'était le cas, personne n'accepterait de vivre ici. Nous prenons un sentier qui s'enfonce dans les bois environnants.
« Il s'est passé quelque chose au bal, hier soir. » commence-t-il.
Il s'est passé beaucoup de choses au bal hier soir.
« Peux-tu être plus précis? »
Il ne me répond pas tout de suite. Je vois bien qu'il est mal à son aise. Je vois bien qu'il ne sais pas comment cracher le morceau de ce qui peut bien le tracasser. Je veux tellement qu'il me parle que j'en ai presque le goût sur la langue. Nous tombons sur un tronc abattu et il s'arrête là. L'endroit en vaut probablement un autre pour une longue conversation assommante, donc, je m'assois sur le tronc et j'attends.
« Quelque chose que pensait quelqu'un m'inquiète. »
Ooh, c'est possible d'être plus sibyllin et vague?
Essayons.
« Et comment sais-tu ce que ce quelqu'un pensait? »
Edward ferme les yeux une seconde. Il pousse un soupir tremblotant comme s'il avait décidé de me dire quelque chose d'important. Je me demande si c'est le cas. Je me demande si Edward et Rosalie sont finalement ensemble. Je me demande s'il s'est juste arrêté chez moi pour s'assurer que je ne me fais pas des idées après notre non-rencard au Bal.
Voilà ce à quoi je pense en regardant Edward indécis.
Voilà ce à quoi je pense au moment où Edward lâche sa bombe.
« Je ne m'attends pas à ce que tu me croies, mais je sais ce que tout le monde pense à l'école. A propos d'eux-mêmes comme à propos de tous les autres. »
Je pense: bizarres yeux jaunes
Je me dis: je suis à baffer! Pas de télékinésie tout compte fait, comme dans ce livre que j'ai lu. C'était de la télépathie depuis le début.
Ce n'est pas ainsi que j'imaginais le déroulement de cette conversation dans ma tête hier soir. Dans la conversation dans ma tête, il y avait beaucoup plus de noms d'oiseaux. De dénigrement aussi. Vous voyez, quoi. Le style de truc dans lequel j'excelle quand je les écris dans ma tête.
Je ne crois pas que j'aurais pu imaginer ceci.
Je regarde ses bizarres yeux jaunes fixement. Des yeux qui, soit dit en passant, ne me fixent pas en retour. Comme d'habitude, ils regardent le sol, le tronc d'arbre, le ciel, ses pieds. Mais il a l'air sincère. Il n'a pas l'air de plaisanter.
Bon, clarifions un peu les faits, voulez-vous?
« Tu sais ce que tout le monde pense? »
« Oui. »
« Leurs pensées intimes. »
« C'est ça. »
« Leurs rêves les plus secrets. »
« Exact. »
« Leurs désirs les plus profonds. »
« S'ils y pensent. »
« Est-ce que ta mère a été exposée à un produit chimique bizarre pendant qu'elle t'attendait? »
« Euh... pas à ma connaissance. »
Je prends une seconde pour réfléchir.
« Alors je ne te crois pas. »
Il penche la tête d'un côté. « Ça se comprend. Demande-moi quelque chose que selon toi je ne devrais pas savoir. »
C'est une question-piège? Je peux penser à une foule de choses, mais je ne vais certainement pas le mettre sur la voie s'il ne les sait pas déjà.
Essayons quelque chose... Monsieur le piègeur.
« Surprends-moi. » lui proposé-je. « Dis-moi quelque chose que, selon toi, je ne sais pas. Sur nos camarades. Sur n'importe lequel d'entre eux » .
Sur moi.
Edward baisse les yeux sur ses pieds une seconde. Il inspire profondément.
« Jessica a le béguin pour Mike depuis une éternité mais s'est retenue de le montrer parce qu'elle croit qu'il est amoureux de toi. Lauren ferait presque n'importe quoi pour être à la tête des pom-pom girls l'année prochaine. Tyler avait les yeux baissés sur son téléphone quand il t'a pratiquement écrasée avec sa voiture. »
« Facile. » fais-je dédaigneusement. « Tu pouvais découvrir ces trucs sans lire dans les pensées. »
Les traits d'Edward se durcissent. Ouais, c'est ça mon joli. Je sais déjà tout de ta façade. Tu ne peux pas simplement battre des cils sur tes yeux dorés sur tranche et t'attendre à ce que je gobe ce tissu de fadaises farfelu. C'est probablement l'excuse/rejet la plus alambiquée, la plus mal inspirée et la plus déroutante que j'ai jamais entendue. Si c'est même là où tu veux en venir avec ton histoire. Je ne sais plus. Edward inspire à nouveau.
« Les parents de Jessica sont secrètement séparés depuis plus d'un an. Elle se montre plus méchante que d'habitude dans l'espoir que personne ne le découvre.
Lauren souffre d'une légère dyslexie. Elle l'a caché à ses amis pendant toutes ces années mais elle s'embrouille parfois, particulièrement quand elle réalise ces énormes panneaux que brandissent les pom-pom girls. [4 a]
Tyler prend des anabolisants pour essayer de se gonfler avant la saison de football. Il est déterminé à battre Mike au poteau et à commencer comme receveur éloigné.[4b] »
Il se tait le temps d'un battement.
« James projette de tuer Rosalie. »
Intérieurement, tout tourne.
« Comment sais-tu tout ça? » murmuré-je.
Je pense: bizarres yeux jaunes.
« Je te l'ai dit. Je sais tout cela, dit-il, parce que je peux lire dans les pensées. » Sa voix est patiente, comme s'il expliquait quelque chose à un petit enfant. « Ces choses que la plupart de tes pairs pensent et ressentent sont normales. »
Je remarque qu'il parle de mes pairs.
« Mais les pensées de James ne sont pas normales. »
Définis normal.
« Il est devenu obsédé par Rosalie au fil des années, depuis qu'il est sorti avec elle une fois en neuvième [5] alors qu'elle et Emmett traversaient un bref hiatus. Il s'est donné pour but de la reconquérir. »
Edward fait les cents pas. Ses bras sont très raides le long de son corps.
« Il lui a dédié un autel dans son casier. Il avait ce fantasme du Bal de promo parfait. Lui vêtu du smoking le plus élégant. Elle, d'une magnifique robe blanche.
Il lui demanderait de danser. Si elle disait oui par charité, il sortirait le couteau de chasse en argent de son grand-père et la poignarderait au cœur. »
En esprit je vois des taches de sang se répandre sur une magnifique robe blanche. Je vois les élèves autour crier et pleurer. Je vois le visage blanc et pâle de Rosalie, sa bouche ouverte en un petit ''o''. Je vois Lauren pleurer dans les toilettes des filles après un ralliement[4c] parce que tout le monde s'est moqué des panneaux qu'elle a fait à l'envers. Je vois Jessica éloigner ses anciens amis (moi comprise), s'efforçant ainsi de les empêcher de découvrir la vérité sur les parents dont elle a honte.
« Je ne pouvais pas laisser Rosalie lui dire oui. Je devais lui demander de danser à sa place. »
Edward se tourne vers moi. Ses yeux jaunes brillent.
« J'ai déjoué son plan. Mes actes ont déclenché une réaction en chaîne dans son cerveau. »
Apparemment, tout ça nous mène à James bourrant sauvagement les casiers de coups de poings. Je me rappelle les yeux bleus et glacés de mes cauchemars, et je frissonne. Je resserre les bras autour de mon corps pour me préserver du froid soudain.
« Il veut me punir. Il a prévu de tuer Rosalie. S'il ne peut l'avoir, personne ne le peut. Je vais peut-être devoir l'arrêter. »
Edward est torturé. Edward va peut-être devoir employer des moyens désespérés pour empêcher James de faire du mal à sa précieuse Rosalie. Ça sonne comme une menace. Et comme ''danger''. Je me dis que les mains qui ont laissé leurs empreintes dans la tôle du van de Tyler Crowley feraient des merveilles avec de la chair fragile.
Je pense: je ne peux pas croire que j'ai pensé qu'il était venu pour s'excuser.
Je pense: Pourquoi me dis-tu ça, àmoi.
« On doit le dire à la police. »
Edward réplique dédaigneusement. « Je n'ai pas de preuves. »
« On pourrait laisser un message anonyme à propos de l'autel dans le casier de James. »
« Les autels ne sont pas un crime. Ouvre les casiers de la moitié des filles de l'école et tu trouveras des autels à la gloire des boys bands ou du dernier gars qui fait le buzz. »
Lui compris, j'en suis sûre.
« On doit faire quelque chose. »
« Je suis déjà passé par là. Les humains ne m'écouteront pas si je n'ai pas de preuve. »
Je le regarde fixement. Il a dit ''les humains'' comme s'il n'en était pas un. Ce serait comme si moi, je disais ''les filles sont stupides.'' Je me dis que beaucoup de choses commencent enfin à faire sens. Je pense: Twilight Zone. Je pense vitesse, force et peau glacée. Je pense capes et costumes et dents en plastique avec des incisives en forme de crocs. Et bizarres yeux jaunes. Il y a toujours ce truc avec ces bizarres yeux jaunes.
Je pense: Est-ce que tu peux lire dans les pensées?
Je pense: Si tu le peux, est-ce que ce serait trop te demander de me tirer une balle?
Je pense: Mon père nous aidera. C'est le Chef de la Police. Je suis sa fille; il m'écoutera. Mais Edward n'a pas l'air chaud. Son expression ne change pas. Presque comme s'il ne m'entendait pas.
C'est ce qui me fait douter de son histoire. C'est ce qui lui donne l'air d'être plus barré que je ne le pense déjà. Et ça, c'est moi, en train de mentalement aiguillonner Edward.
Toujours pas de changement dans l'expression d'Edward.
« Je vais devoir le stopper moi-même. » décrète Edward d'un air songeur, plus pour lui-même à présent que pour mon bénéfice. « Ce sera très facile. »
Soit Edward a ignoré mon monologue intérieur soit il y a quelque chose qu'il ne me dit pas.
« Y a-t-il quelque chose que tu ne me dis pas? »
Ce qu'Edward ne me dit pas c'est que, de tous les esprits du monde, le mien est le seul qui ne soit pas un livre ouvert. Quand il me dit ça, je lui réponds qu'il est fort possible que ce soit parce que le train de mes pensées n'a jamais quitté la gare. Mon esprit est une ardoise vierge. Je suis l'équivalent mental d'une vache aux yeux ternes en train de ruminer.
Il n'est pas d'accord.
« Tu penses assez pour nous deux. » marmonne-t-il.
Ai-je mentionné le fait que je suis nulle avec les compliments? Ai-je mentionné le fait que je suis soulagée? C'est une chose d'être obsédée par quelqu'un et une toute autre quand ce quelqu'un sait que vous l'êtes.
Derrière nous, quelqu'un approche. Edward n'est pas surpris.
« J'entends que tu envisages de tuer quelqu'un. » dit Alice Cullen. Je ne l'ai jamais vue de près avant. Je ne sais pas ce qu'elle fait là.
« Tuer? » Je les regarde alternativement. Je suis un peu perdue. « Qui a parlé de tuer? »
« Edward est en train de planifier son attaque en ce moment. » Affirme Alice d'un ton enjoué. Elle inspecte ses cuticules, visiblement pas concernée.
« Tu lis dans les pensées, toi aussi? »
En vrai, je suis anesthésiée contre la surprise pour le moment.
« Oh, non, fait Alice en riant, moi, je vois l'avenir. »
Barrez ça.
J'en reste ahurie un moment.
« Attendez que je comprenne. » dis-je enfin. « Entre un lecteur de pensées et une diseuse de bonne aventure, on n'arrive pas à trouver de meilleure solution pour sauver Rosalie que de tuer quelqu'un? »
« Et bien, avance Alice dubitative, le meurtre c'est le modusoperandi d'Edward. Il ne te l'a pas dit? »
« Alice, Edward se renfrogne. Tu sautes aux conclusions. Nous n'en sommes même pas encore à aborder ce sujet. »
« Ah. Désolée. »
Mon esprit a le tournis face à ce que leurs paroles impliquent. Mais j'ai peut-être une idée qui éviterait le meurtre.
« Mon père est le Chef de la Police. »
Ça, ça capte leur attention.
« Je t'écoute. » fait Edward.
« Je regarde » fait Alice. Son regard se perd dans le vague.
« Oui. » dit elle. « Il se pourrait que ça marche. »
Il s'en faut de peu pour que ça ne marche pas. Il s'en faut de peu pour que nous n'arrivions pas à temps.
James passe à l'action bien plus rapidement qu'Edward et Alice ne s'y attendaient. Tandis que les gouttes de pluie commencent à tomber, Edward dit « On y va. » Il prend ma main et nous retournons à sa voiture en courant. Je peux sentir toute la tension dans son bras tandis qu'il m'aide à rester debout. Nous sautons dans sa Volvo couleur argent juste au moment où la pluie se met à tomber sérieusement.
Edward appelle Rosalie chez elle, et sa mère lui répond que Rosalie n'est pas là. Un garçon avec une queue de cheval est passé quelques minutes auparavant, et ils sont allés faire un tour en voiture.
« Pourquoi n'as-tu pas vu cela venir? » demande Edward à Alice d'un ton mordant quand il raccroche.
« Les psychotiques sont difficiles à prédire. » répond-elle. « Je pense qu'il ne savait pas ce qu'il allait faire jusqu'à ce qu'il ne le fasse pour de bon. »
Lorsque les bizarres pouvoirs jaunes vous laissent tomber, c'est là qu'intervient le bon vieux charme de la fifille à son papa. Edward me fourre son téléphone dans les mains.
« Appelle ton père. »
Charlie décroche à la quatrième sonnerie. On a de la chance qu'il ait pensé à emmener son portable à la pêche. Parfois, après une semaine de travail particulièrement difficile, il n'y pense pas toujours.
Je convainc rapidement Charlie que quelque chose de diabolique se trame. C'est mon père, il m'écoute. Je lui parle de l'autel dédié à Rosalie que j'ai vu par hasard dans le casier de James. Je lui parle de l'expression sur le visage de James au moment où il donnait un coup de poing dans le casier de Rosalie la nuit dernière.
Charlie passe en mode flic et me pose une série de questions. Tandis que je lui parle, je l'entends remballer son matériel de pêche et monter dans son pickup. Charlie n'attendra pas que Rosalie soit portée disparue depuis 24 heures. Lui et son équipe vont agir aussitôt. Mais est-ce que ce sera assez tôt?
Alice secoue la tête en réponse à la question muette que lui adressent les yeux d'Edward.
« Où est-ce que James l'emmène? » Demande Edward dans un grognement.
« Je n'en suis pas certaine. » dit-elle. Un hangar. Avec des miroirs. Et, je crois, comme des équipements de gym.
« La Maison du Cheer. [4d]» Intervins-je, tandis qu'ils se tournent pour me regarder. « Rosalie y suit des cours. »
Edward passe une vitesse. Le moteur s'emballe.
« Peux-tu m'indiquer comment m'y rendre? »
La conduite d'Edward sur la route de Port Angeles? Ce n'était rien. La conduite d'Edward sous la pluie sur des routes secondaires boueuses pour sauver Rosalie des mains d'un meurtrier psychotique? C'est quelque chose. Je ferme les yeux et je me fie aux pouvoirs derrière ses bizarres yeux jaunes. Je me fie au fait que nous n'arriverons pas là-bas trop tard.
Plus vite que je n'aurais pu l'imaginer, nous nous arrêtons devant une vieille grange quelque peu délabrée que quelqu'un a peinte de rouges et de jaunes vifs pour lui donner l'air plus gai. La voiture s'est à peine arrêtée en glissant qu'Edward et Alice ont déjà leur portière ouverte.
« Reste ici. » m'intime Edward dans un grognement.
Bien sûr, dès que lui et Alice sont hors de vue, j'ouvre ma portière et les suis dans l'obscurité de la Maison du Cheer. Elle n'est pas ouverte le dimanche.
Lorsque je tourne le coin de l'entrée principale, j'entends des pleurs et des cris et des grondements féroces. J'aperçois Rosalie suspendue aux anneaux la tête en bas, les pieds et les mains attachés. Un éclair illumine son visage de tomate le temps d'une seconde, puis elle se fond de nouveau dans la pénombre.
Un éclair et j'aperçois deux silhouettes enchevêtrées devant elle. L'une d'entre elles tient un couteau. Je suis terrifiée, mon cœur cogne contre ma poitrine, mais je ne peux m'empêcher de scanner l'obscurité à l'affût d'un mouvement.
Lutte.
Un autre éclair, et les deux silhouettes se sont déplacées, à une vitesse impossible, jusqu'à l'un des murs voisins recouvert de miroir.
Craquements.
Eclair: Edward empoigne les cheveux de James au sommet de son cuir chevelu et lui plaque la tête contre la glace. Suffisamment fort pour qu'un halo de verre craquelé se forme au point d'impact.
Verre brisé.
Eclair: Alice sectionne les liens de Rosalie pour la descendre des anneaux. Je crois qu'elle a utilisé ses dents pour venir à bout de la corde.
Chute.
Eclair: Rosalie regarde James fixement les joues ruisselantes de larmes.
Sanglots.
Eclair: Edward presse James contre le mur. J'aperçois le reflet de son expression même s'il me tourne le dos. Ses yeux sont sombres et, pendant un instant, ils rencontrent les miens. Son visage est tordu en un rictus féroce. Pendant une seconde, je crois qu'il va faire davantage à James que simplement lui écraser la tête contre la glace.
James n'aide pas.
« Qu'est-ce que tu attends, lâche? » Dit-il dans un ricanement méprisant. Il est pratiquement en train de supplier Edward de le tuer.
Edward ne regarde pas James. Il continue de me fixer dans le miroir, avec ses bizarres yeux sombres.
C'est moi qu'il regarde. Pas Rosalie, pas Alice, moi.
Et je n'ai pas la moindre idée de ce qu'il voit.
Au loin, j'entends le son des sirènes de Charlie. D'un seul mouvement vif, Edward projette James au sol. Il fait signe à Alice de venir le garder. Lorsque James essaie de se remettre debout, la petite et délicate Alice lui gronde férocement dessus et presse son petit pied délicat dans son dos. Dans un claquement, la joue de James s'enfonce à nouveau dans le matelas de réception. Il n'essaie plus de bouger.
Tandis que je reste debout à regarder le mur de verre brisé devant moi, je me dis qu'à nous trois, nous formons une bonne équipe. Même si je suis dépourvue de bizarres yeux jaunes.
Visiblement, ce n'est pas ce que pense Edward.
Je regarde dans la salle et je les vois, lui et Rosalie, s'embrasser.
Les bras de Rosalie sont fermement noués autour de son cou. Il est sûrement en train de lui donner une chance d'exprimer sa gratitude. Où que je porte le regard, je vois leur reflet dans un nouveau miroir. Je parie qu'Edward embrasse comme personne. Après tout, il sait exactement ce que vous voulez. Ou du moins, ce que veut Rosalie.
Cette veinarde de Rosalie. Je suis sûre qu'ils seront très heureux ensemble.
Veinarde de moi. Comme toujours, l'assistante reste sur la touche.
Charlie et son équipe envahissent la Maison du Cheer. Charlie me demande si je vais bien. Lorsque je lui fais oui de la tête, il se précipite vers Alice et James.
Tandis que je me détourne pour sortir, j'entends Alice m'appeler. Mais je continue à marcher.
La police aura besoin de mon témoignage.
Je vois la camionnette d'Emmett arriver. Il fait un dérapage dans la boue. Je me dis, il se pourrait que ça tourne au grabuge. En sa faveur, Emmett ne se contente pas simplement de me dépasser en courant. Il s'arrête et me regarde.
« Tu vas bien? »
Mes yeux débordent de larmes, mais la pluie qui me dégouline sur le visage est la couverture parfaite pour l'empêcher de me voir pleurer.
« Je vais bien. En fait. Tout va très bien. »
Où es donc mon T-shirt ''Ça va bien '' quand j'en ai besoin? Il est partagé. Je ne lui facilite pas les choses.
« Rosalie t'attend à l'intérieur. »
J'espère que c'est vrai, pour lui. Je sais combien un baiser peut faire mal.
Je donne mon témoignage à l'adjoint de Charlie. Je mens comme une arracheuse de dents lorsqu'il me demande comment nous avons su où seraient James et Rosalie. Ensuite je m'en vais ouvrir la portière passager du patrouilleur de Charlie. D'habitude je ne suis jamais à l'aise de circuler dans sa voiture. Mais à cet instant, c'est comme si c'était le seul endroit qu'il me restait. Je reste assise dans la voiture, frissonnante, en attendant que l'adjoint ait fini de prendre les témoignages de tout le monde.
Charlie se glisse sur le siège conducteur. Il serre ma main avant de démarrer la voiture. Je jette un œil dans le rétroviseur et vois Edward et Alice nous regarder nous éloigner.
.
.
NotesBleues
RhââââââHHHHH! Vilaine quothme! Je suis sûre que vous ne vous attendiez pas à ça! Ça, mes chéri(e)s, ça pourrait s'appeler un ''climax'' anti- ''climactique'' (ou point culminant déculminé) ou le double effet quothme (pas kiss mais cool). Mme quothme La Piégeuse, vous a eus.
Mais, à quoi vous vous attendiez, d'abord? Hein? Oh! On parle d'Eward, là. Va pas sauter sur la Bella comme ça. C'est un grand timide souffrant d'un handicap physique terrible (l'est TROP beau). Et pis, l'a le sens du devoir et des convenances. En plus, là, il avait un sauvetage (et un meurtre) sur le feu. Peut pas être partout, le super héros. Et pis l'a un chouïa peur de..., enfin vous voyez quoi. Ou p'têt' pas. (Non, je ne parle pas de ''ça'').
Non, sérieux, A quoi vous attendiez-vous ? Vos théories m'intéressent. Dites moi tout ça dans une ch'tit' riviouve. Parce que vos riviouz mettent du soleil dans mes mails et sont le premier sourire de mes journées.
NB:Petit point de grammaire ~
Mes Demandé-je ou autres répliqué-je ont beau vous avoir choqué la rétine, ils sont corrects: Nous sommes dans une narration/récit au présent (ce qui est devenu assez courant en fanfiction, mais n'est pas traditionnellement d'usage). On devrait donc écrire demande-je(=je demande inversé),mais comme ça sonne moche, le Français a résolu ce problème d'euphonie (le fait que ça sonne moche), en rajoutant l'accent aigu. Du coup comme on a l'habitude des récits au passé, on est tenté de l'écrire demandais-je ( imparfait= je demandais) ou demandai-je (passé simple: je demandai). Donc, je vais continuer à vous choquer la rétine.
Vous pouvez vous arrêter là ou continuer sur les notes. Merci de ''nous'' lire.
NotesBleues ~Trad':
[1]La cravate...sur un coup de tête / La tenue me botte plus comme ça. Un coup de tête qui botte l'assistante-pote. (Tie (...) last minute addition/It has more of a kick to it that way.A quirky sidekick kick.)
Jeu de mot (intraduisible) sur ''kick''qui équivaut à jongler des pieds, des mains et de la tête avec 4 balles.
==== KICK(un coup de pied(N.) ou donner un coup de pied (V))
– se retrouve dans sidekickl'assistant; celui qui reste sur le côté (side) et/ou au côté du héros pour filer un coup de main quand il faut donner des coups de pieds(le français aide vraiment pas ici!) ou botter quelques fesses. Pas d'image similaire en Français.
– kickse trouve lié à la cravate qui d'après Bella amène un ''coup de pied'' à l'ensemble de la tenue (it has more of a kick to it): cette cravate rouge déplacée rend la tenue plus punchy (coup de poing. Pas de bol), lui donne du caractère, tout en ''donnant un coup de pied'' aux classicisme des convenances vestimentaires du Bal de promo.
==== S'ajoute à cela un jeu sur les sonorités de QUIRKY (adj.)qui tient de la bizarrerie, de la petite habitude personnelle, de la lubie, comme un tic, un truc qu'on a développé. (ex: professional quirk: déformation professionnelle).
– que j'ai relié à ''last minute addition'' (ajout de dernière minute), toujours à propos de la cravate, que j'ai traduit par ''coupdetête''(quelque chose d'impulsif et de déraisonnable) pour retrouver l'idée de coup qu'il y a dans ''kick'' et l'idée de lubie qu'il y a dans quirky.
– enfin, pour restituer le jeu sur les sonorités par un autre, j'ai choisi de parler de ''botte'' et non de pied,pour appeler un peu le sens de ''botter'' les fesses qu'on peut avoir avec ''kick'',et parce qu'on a l'expression ''ça me botte'' qui rappelle que Bella choisit de ne pas suivre les règles vestimentaires. Et puis j'ai rajouté''pote'' après ''assistante'' pour l'assonance (son O) et l'allitération (son teu) avec Botte.
Je ne sais pas si je suis très claire, mais bon, ça donne ce que vous avez lu.
[2] Mannequin de chez Abercrombie:
Qui a gougueulé les photos? Allez... allez... Comment vous les avez trouvéEs ( les photos, bien sûr. D'un point de vue purement artistique...)?
[3] manorexique.
– J'ai séché. MECorexique, GARÇorexique. Ça noie le jeu de mot. Non, vraiment, je sèche. Euh, vous savez tous que Man = homme, hein? Comme dans batman(l'homme-chauve-souris), etc...
– Du coup quelques lignes plus loin, avec la j'ai dû quitter le pied (décidément on n'en sort pas!) de la lettre. « Veux-tuquenousnoustrouvionsunesiège? » (''Do you want to grab a seat?'') devient « Tunecroispasqu'onseraitpasmieuxassis? » pour retrouver les sonorités de manorexique.
[4] -Football et Pom-pom world
Le vrai terme en anglais pour le terme français (!) ''pom-pomgirls'' est ''cheerleaders''. Traduit par ''meneuses/chefs de claque'' en Français canadien, il désigne littéralement celles qui dirigent/mènent (lead) les acclamations (the cheers). Elles amènent les spectateurs d'un événement sportif à applaudir(claquer des mains), acclamer, encourager leur équipe.(to cheer- V)
a) Panneaux que brandissent les pom-pomgirls (cheerleading signs)
Les pom pom girls, dans leurs chorégraphies, brandissent des panneaux d'encouragements (cheerleading signs) assez gros pour êtres lus depuis les gradins et le terrain : sur certains, on peut lire des trucs comme ''Go ! Fight ! Win !'' ou ''Go + nom d'équipe'', d'autres sont en forme de lettres tenues par différentes ppgirls qui se placent ensuite comme il faut pour former des mots.
b) Receveur éloigné (wide receiver). Un des postes de jeu dans une équipe de football américain. (Euh, le sport, c'est ma limite. Quelle que soit la langue. Wikipedia, vous expliquera mieux moi.)
c) Ralliement : ma traduction de pep-rally
De to pep (V): raviver en redonnant de la vigueur, de l'entrain + A rally: rassemblement, assemblée, réunion (du verbe, to rally: se rassembler (pour ou autour de qqch/qqn) /se rallier à qqn ou autour de qqch / rejoindre un endroit donné).
Un Pep Rally c'est un rassemblement d'élèves d'une école, d'une université pour booster le moral de leur équipe et lui manifester leur soutien avant un match interscolaire ou interuniversitaire (les fans de Glee ou de High School Musical ont assisté à plusieurs de ces ralliements par écran interposé). Bien sûr les pom-pom girls sont là. Le concept n'existe tout simplement pas dans notre culture. C'est typiquement américain. Les différentes traductions sont un tantinet longuettes, et ont tendance à êtres plus explicatives/descriptives que de vériables expressions. (rassemblement de soutien et de motivation, reunion de motivation, etc... ). Donc, j'ai opté pour ralliement tout court (rassemblement + union autour de et pour une cause). En plus, je mets ma main au feu que Rally vient du Français ''rallier''. Merci, William the Conqueror, alias Guillaume le Conquérant (Duc de Normandie- Roi d'Angleterre à partir de 1066).
d) La Maison du Cheer.(Cheer House) = maison du cheerleading. Le terme ''cheerleading'' est utilisé en France dans le milieu des clubs et des compétitions de pom-pom girls. Rosalie suit des cours de cheerleading.
[5] Neuvième(Ninth Grade) : âge 14/15 ans, fin de collège,Troisième
Allez, l'histoire ne fait que commencer. Qui sait, peut-être que Bella se laissera aller... à un coup de tête à défaut de coup de pied. Lui bottera peut-être les fesses, à l'héroïne toute tracée, ou lui allongera un coup de poing, c'est plus punchy, comme ça. Le super-héros scintillant sans armure, le chevalier aux yeux jaunes bizarres, l'homme sous le masque, le mystère pas catholique aux yeux d'or magnifiques, le vaut bien, non ?
Allez, on est tous Team Bella, alors sortez vos panneaux, et 1, et 2, et 3, ensemble : ''GO, Bella, GO !'' ''Fight Tiger-Kitten !'' ''Roaaaaaarhhh !'' (celles qui sont cap' de faire un grand écart ou un back-flip, vous gênez pas.)
That's all folks. For now.
