Nouveau chap ! Merci pour toutes vos reviews, elles m'encouragent vraiment, même si je mets du temps à publier ^^'. Bonne lecture à vous !
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Les mois suivants passèrent à toute vitesse pour la jeune Meliane. Le jour, elle était principalement dans son laboratoire avec son maître de thèse, prouvant toujours plus sa brillante intelligence. La nuit, elle était avec son Maître et s'entraînait durement, tant mentalement que physiquement. Elle avait été émerveillée devant son sabre laser et mourrait d'impatience d'apprendre à s'en servir. Sa relation avec Qui-Gon Jinn évoluait peu à peu. Pour elle, il ressemblait de plus en plus au père qu'elle aurait voulu avoir. Mais cela, elle ne l'avouerait jamais à personne, même pas sous la torture. Elle profitait simplement des moments qu'ils passaient ensemble.
Il avait rapidement découvert son problème cardiaque et lui enseigna des techniques de méditation pour y remédier, ainsi que des moyens pour garder son calme. Pour sa plus grande joie, Mel put enfin gambader comme tous les autres enfants, courir sans craindre de s'arrêter brutalement, foudroyée par la douleur de sa poitrine. Elle s'empressa d'apprendre la nouvelle à sa tante, omettant toutefois de dire comment elle avait fait pour parvenir à ce résultat. Par contre, le dangereux froncement de sourcils lorsqu'il avait appris comment elle avait eu ce problème lui avait presque fait peur.
"La vengeance ne te mènera nulle part" avait-il pourtant dit d'une voix douce. "Si tu le tuais, que ferais-tu ensuite ?"
"Il a tué Maman" protesta faiblement Mel.
"Et il sera puni pour cela" répondit Qui-Gon. "A quoi bon t'en charger toi-même ?"
Ils avaient discuté longtemps sur ce sujet, puis Mel avait fini par poser la question qu'il attendait et redoutait à la fois.
"Pourquoi vous ne voulez pas que je me venge ?"
Et il avait parlé du Côté Obscur et de ses attraits, des Jedi Noirs et des sombres seigneurs Sith, racontant plusieurs histoires qui avaient mal terminé. Il avait expliqué le raisonnement qui pouvait pousser un Jedi à s'enfoncer dans le Côté Obscur. Puis il s'était tu, observant son élève.
"Je crois que je comprends" fit lentement Mel. "Je ne chercherai plus à me venger de mon père... mais je ne suis pas sûre de la manière dont je réagirai en le voyant."
"Nous avons tous une part d'ombre, Meliane" répondit son mentor. "Tu ne peux savoir à l'avance ce que tu feras, mais tu peux décider de t'ancrer à un côté et de lutter pour y rester."
"Vous n'avez pas peur que je tombe du Côté Obscur ?" demanda-t-elle.
"J'ai peur de tomber du Côté Obscur, moi" répondit-il d'une voix douce. "Je te l'ai dit, nous avons tous une part d'ombre. Reste à savoir si tu lâcheras prise ou non."
A nouveau il y eut un long moment de silence.
"Maître ?" appela Meliane. "Y a-t-il un lien entre la Force et la Magie ?"
"La Magie ?" répéta-t-il.
"Vous l'avez sans doute remarqué" fit Meliane. "Sur cette planète, il y a des lieux inaccessibles aux gens ordinaires, alors même qu'ils sont au milieu de leurs grandes villes. Ce sont les sorciers qui les ont créés. Ils vivent à l'écart des autres et se servent de la Magie. Je suis une sorcière, même si j'ai refusé d'aller faire mes études là-bas."
"Il y a effectivement des lieux où nous n'avons pu aller" acquiesça Qui-Gon. "Parle-moi un peu de la sorcellerie."
Mel s'exécuta, lui faisant un résumé de tout ce que Severus lui avait appris par lettres ou par mails, parlant de l'histoire de la magie, de ce qu'elle savait des sortilèges, puis de Poudlard. Ses poings se serrèrent instinctivement, mais elle se détendit en inspirant profondément. Il était inutile de céder à la colère. Cela ne changerai rien.
"Ils me cherchent" conclut-elle amèrement. "Ils ne me laisseront jamais en paix. Je me serais battue contre Voldemort de toutes manières, je veux protéger mes amis et ma famille... Mais je ne veux pas être un pion sur leur échiquier. Depuis que je suis toute petite, ils essaient de m'enfermer, d'exploiter ma force, mais je ne veux pas..."
Les larmes pointaient dans ses yeux, mais son maître s'était déjà assis près d'elle, l'attirant dans ses bras.
"Meliane, si tu ne le veux pas, ils ne te retrouveront pas" fit-il d'un ton calme. "Et je suis là... je ne t'abandonnerai pas, et je peux te protéger d'eux..."
Il fit un sourire malicieux visant à la détendre.
"Tu sais que la Force permet d'influencer les esprits faibles... D'après ce que tu m'as dit, il n'y a pas beaucoup d'esprits forts parmi ceux qui te cherchent."
Elle lui fit un sourire un peu tremblant, mais il ne la laissa pas quitter son étreinte.
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Trois ans plus tard, quelques mois avant ses douze ans, lorsque Meliane passa sa soutenance de thèse, il était encore là, dissimulé dans l'ombre. Il avait laissé Maître Yoda repartir, mais était resté derrière. Meliane avait fini par le présenter à sa famille et il avait été plutôt bien accueilli après qu'elle les ai convaincus que non, il ne cherchait pas à la manipuler.
Les résultats de Mel furent annoncés dans les journaux scientifiques dès le lendemain. Quelques semaines avant son douzième anniversaire, Meliane Evans devint reconnue de tous les scientifiques et la plus jeune docteur de l'histoire. Les commentaires allaient bon train sur sa thèse qu'elle avait elle-même traduite dans sa langue maternelle. Le vingt-cinq juillet, elle alla à sa première conférence internationale, toujours suivie comme son ombre par Qui-Gon. Son trac disparut bien vite et elle se mit à parler avec passion de son sujet, avant de répondre aux questions avec un léger sourire sur les lèvres. Elle participa ensuite au buffet organisé en son honneur et bondit de joie en voyant une personne bien connue s'avancer vers elle.
"Professeur Baxter !"
"Bonjour, Meliane" fit-il avec un fin sourire. "Je t'avais dit que tu irais loin..."
"C'est grâce à vous, et aux professeurs Lehn et Norman" répondit modestement Meliane.
Il lui mit une petite tape réprobatrice sur le crâne.
"C'est grâce à tes capacités, Meliane. Ne prétends pas le contraire. Que vas-tu faire maintenant ?"
Meliane hésita.
"Je ne sais pas. Je suis trop jeune pour enseigner... J'aimerai bien poursuivre mes recherches, si je trouve des crédits... ou alors je ferai comme le professeur Lehn me l'a suggéré quand je suis arrivée à Strasbourg, une deuxième thèse en chimie organique."
"Le quantique ne te suffit pas ?" demanda Frederic Baxter, amusé, conscient des oreilles tendues vers eux.
"J'ai eu beaucoup de mal à choisir" avoua Meliane. "Il y avait aussi l'astrophysique qui m'intéressait... j'aimerai bien qu'on puisse voyage dans les étoiles, un jour. Qui sait, il y a peut-être d'autres espèces vivantes ailleurs..."
Elle entendit presque le rire amusé de Qui-Gon. Il était invisible de là où elle était, mais ne perdait pas le moindre mot de la conversation.
"Tu deviens bien poète, Meliane" fit le professeur Baxter sur un ton amusé. "Pourquoi avoir refusé une tournée complète de conférences ?"
Meliane l'observa en pâlissant légèrement.
"J'ai peur" finit-elle par avouer. "Tant que je reste dans le cercle des scientifiques, ça va, mais si j'en sors... ils ne tarderont pas à entendre parler de moi et à faire le lien avec celle qu'ils cherchent."
Le silence s'était fait absolu dans la salle, mais Baxter ne fit qu'acquiescer gravement.
"Je te comprends, Meliane, mais n'oublie pas que tu as la loi de ton côté... Ils ne pourront rien faire sans l'accord de tes tuteurs."
"Ils peuvent l'obtenir de force, et sont capables de le faire si ça me force à y aller" contredit-elle d'une voix douce.
L'atmosphère redevint plus légère quelques minutes plus tard, mais l'ensemble de la communauté scientifique savait désormais que leur jeune camarade était recherchée par quelqu'un qui voulait exploiter son intelligence. Et si les scientifiques détestaient bien quelque chose, c'était qu'un crétin se mette entre eux et le savoir.
Pourtant, ce qui devait arriver arriva. Le monde magique fut mis au courant de la vie de Meliane Evans.
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"Professeur Dumbledore" fit timidement une jeune élève de deuxième année.
Le directeur la regarda d'un air bienveillant.
"Vous vouliez me voir, miss Granger" fit-il en lui souriant. "A propos de miss Potter..."
"Je crois que je l'ai trouvée" fit Hermione Granger nerveusement.
"Vraiment ?" s'étonna le directeur.
La première année sortit une coupure de journal de la poche de sa robe, froissée. C'était un article du Scientist.
"Ma mère me l'avait envoyé" expliqua-t-elle. "J'aime bien me tenir au courant des célébrités moldues, et ce journal publie les articles de tous les grands scientifiques..."
"Au fait, miss Granger, au fait" fit le directeur en fronçant des sourcils.
Elle lui tendit l'article découpé et ses sourcils se froncèrent en lisant le titre. Un nouveau génie dans le domaine de la Chimie Quantique.
Il commença rapidement à lire, mais l'article signalait seulement l'entrée dans le monde scientifique d'une certaine Meliane Evans, plus jeune docteur de l'histoire. A douze ans, elle venait de faire sa première conférence devant des scientifiques de renommée et y avait été vivement applaudie. Le sujet de la conférence apparaissait, ainsi que le sujet de la thèse de la jeune fille, mais il ne comprenait pas la moitié des mots dedans. Il ne savait même pas ce que voulait dire "quantique". Pourtant, à côté de l'article, il y avait une photo. Une jeune fille aux longs cheveux noirs souriait avec bonheur, tenant en main le papier certifiant son statut de Docteur. Elle avait d'extraordinaires yeux verts et il ne douta plus de son identité, surtout au vu de son nom de famille et de son prénom peu courant.
"Merci, miss Granger..." fit-il d'une voix lente, son cerveau tournant à toute allure.
Il se leva.
"Nous allons prendre des mesures immédiates. La jeune Meliane est restée trop longtemps loin de notre monde. Il est temps de remédier à cela."
La jeune élève le regarda timidement.
"Elle n'a pas l'air de vouloir revenir" fit-elle d'une petite voix. "Je pensais que vous vouliez juste être certain qu'elle allait bien."
"Elle reviendra dans le monde magique" rétorqua Dumbledore. "Merci, miss Granger. Vous pouvez y aller."
Et, en sortant du bureau, Hermione Granger eut l'amertume procurée par un choix mal fait. Elle n'aurait pas dû en parler, elle le savait maintenant. Elle avait été stupide de croire aux belles paroles du Directeur ! Pourtant, elle avait reconnue l'étincelle dans ses yeux : la joie d'avoir retrouvé un objet longtemps perdu, et la lueur manipulatrice qu'elle haïssait tant chez les gens. Furieuse contre elle-même, elle rentra dans sa maison de Serdaigle et alla s'enfermer dans son dortoir, s'effondrant sur son lit avant de commencer à pleurer.
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Meliane avait fini par se laisser convaincre de faire un plus grand nombre de conférences, tant qu'elles restaient dans le monde scientifique. Elle partageait maintenant son temps entre son laboratoire et un tourbillon de voyages à travers le monde. La nuit, elle poursuivait son enseignement avec Qui-Gon. Pourtant, elle commençait à renâcler. Elle touchait au but, elle le savait au regard de son Maître. Mais elle ne voulait pas... qu'il reparte. Il la fit pourtant s'asseoir un soir dans une chambre d'hôtel, la fixant de ses yeux bleus.
"Meliane" commença-t-il doucement. "Tu ne te concentres plus, c'est tout juste si tu m'écoutes. Puis-je savoir pourquoi ?"
Meliane grommela quelque chose en détournant le regard, mais il la força doucement à le regarder.
"Pourquoi, Meliane ?" demanda-t-il d'une voix douce.
"Je ne veux pas que tu partes" finit-elle par murmurer. "Quand j'aurai fini mon apprentissage, tu repartiras et je ne te reverrai plus... Je ne veux pas rester toute seule."
Il ouvrit de grands yeux, puis la serra dans ses bras.
"Bien sûr que non, je ne te laisserai pas" murmura-t-il dans un souffle. "Je resterai tant que tu le voudras. Si tu le veux, tu pourras même venir avec moi quand je retournerai vers Coruscant. Tu seras bientôt une Jedi... je t'ai parlé des devoirs des miens envers le reste de la galaxie. Bien sûr que tu seras accueillie chez nous... tu es une gardienne de la paix, maintenant. Et si tu restes ici et que je pars, tu pourras venir me visiter et je pourrai revenir. En aucun cas ça ne sera un adieu définitif, Meliane, et tu le sais..."
Il resta un long moment à la tenir contre lui et elle semblait apprécier son étreinte, s'y reposant pleinement.
"Et puis" murmura-t-il à son oreille "tu ne seras une Jedi que lorsque tu maîtriseras ton sabre à la perfection."
Ils avaient toujours eu des difficultés à s'entraîner au sabre laser. Il faut avouer que ce n'était pas très discret comme instrument. Pourtant Meliane adorait le sabre qu'il lui avait offert et en prenait le plus grand soin. Elle refusait néanmoins de le porter en permanence avant de savoir s'en servir correctement.
"Et si je blessais quelqu'un, Maître ?" avait-elle demandé alors qu'il lui disait de le porter sous sa tunique, comme eux tous. "Je me sentirai extrêmement coupable... Je ne porterai une arme que si je la maîtrise, et pas avant."
Il avait accepté rapidement, et conservait en attendant le sabre de son élève.
Ils étaient à une réception après une autre conférence et Mel était plongée dans une discussion passionnante – pour elle et pour son interlocuteur – sur une application possible de ce qu'ils avaient appris du quantique aux voyages stellaires. Comme toujours, l'ambiance était à la fois détendue et emplie d'une certaine pression. Des rivalités entre différents laboratoires faisaient parfois surface, mais les conférences restaient en général un lieu d'échange d'idées. Beaucoup d'entre eux partageaient d'abord leurs connaissances et leurs hypothèses avec leurs confrères avant d'en avertir les gouvernements. Meliane n'avait pas retiré sa blouse, joyeusement taguée par ses amis de Strasbourg.
"... eliane..."
Elle ne se retourna pas lorsque la porte s'ouvrit et qu'on l'appela, trop passionnée par sa conversation.
"MELIANE POTTER !!!"
Sursautant violemment, Meliane pivota, avant de se reculer, heurtant sans le faire exprès le scientifique avait qui elle discutait une seconde plus tôt. Trois hommes se tenaient là, trois hommes qu'elle aurait préféré ne jamais revoir : James Potter et son ami de toujours, Sirius Black, avec en plus Albus Dumbledore qui la regardait avec des yeux pétillants.
"Je m'appelle Evans" lança-t-elle sur un ton glacial, les vrillant avec des yeux plus froids que la mort. "Et je ne crois pas que vous soyez invités à cette réception, messieurs."
Elle leur tourna le dos avec un sang-froid incroyable et reprit sa conversation comme si de rien n'était, leur signifiant clairement un congé. L'une des personnes présentes appelait déjà la sécurité, signalant la présence de personnes non invitées et gênantes. Une main rude se posa sur son épaule et elle pivota de force, se retrouvant face à son père biologique.
"Tu es ma fille" siffla-t-il. "Et, en tant que telle, tu vas rentrer à la maison et faire ce que je te dirai. Ne suis pas les traces de ta mère... Je savais qu'elle t'éduquait mal, j'ai bien dû régler ça un jour..."
A la mention de sa mère, la colère envahit Meliane, sourde, prête à exploser. Elle se débarrassa de la main sur son épaule. Cela avait dû passer pour une petite tape, mais elle avait pratiquement brisé son poignet.
"Ma mère ?" fit-elle d'une voix basse, avant qu'elle ne commence à enfler. "Tu oses, pauvre abruti, parler de ma mère devant moi ? Ma mère que tu méprisais, que tu as tenté de violer, que tu as tuée quand elle m'a protégée. Ma mère, la seule qui m'aimait, tu l'as tuée !"
Sa voix explosa en un cri et elle sentit la Force autour d'elle, prête à agir. Proche, si proche...
"Je ne suis pas ta fille ! Cherche donc mes papiers d'identité, tu verras que tu as perdu tous tes droits sur moi le jour où tu as tenté de me tuer ! Tu es recherché pour meurtre, tu ne le savais pas ? Le meurtre de ma mère, ce jour-là !"
Ses yeux se mirent à étinceler dangereusement alors que l'envie de meurtre montait en elle. Le froid s'imposait peu à peu dans la pièce.
"Meliane... Calme-toi... J'arrive, je viens le plus vite possible."
C'était la voix de son Maître, mais il ne parvenait plus à l'apaiser.
"Allons, Meliane" fit le vieux fou d'une voix apaisante. "Tu ne penses pas ce que tu dis... Ta place est chez nous. Tu as plusieurs années de retard sur ton éducation, mais nous pouvons te donner des cours particuliers pour rattraper tout cela."
"Je pense chaque mot de ce que je dis !" tonna Mel, hors d'elle. "Vous n'êtes que des salauds, tout ce que vous voulez c'est mon cerveau, vous vous foutez de moi ! En retard sur mon éducation ? Regarde-moi, vieux fou, regarde avec qui je parle et de quoi je parle ! Mais non, de cela tu t'en fous, tu veux juste que je te serve d'arme une fois dans ta vie, ensuite je peux bien crever !"
"Meliane ! Calme-toi, je t'en conjure !"
La colère de Meliane sembla soudain disparaître et elle les fixa d'un air mauvais.
"Je vous hais, tout autant que vous êtes" siffla-t-elle d'une voix basse. "Vous avez tenté de briser ma vie. Je ne vous servirai jamais. Je suis libre et j'ai ma vie. Elle ne vous concerne pas."
"Ça suffit !" hurla Potter, fou furieux. "Tu rentres, un point c'est tout !"
La gifle percuta Meliane avec force et sa nuque craqua. Il y eut un ensemble de murmures et une autre main tira violemment Potter en arrière, avant qu'une première personne ne se place entre eux.
"Vous êtes fou" siffla un premier scientifique. "Miss Evans fait partie de notre communauté et elle ne la quittera que lorsqu'elle le voudra. Nous ne savons pas qui vous êtes, mais partez."
Des bruits à l'extérieur indiquèrent que la sécurité arrivait et Albus Dumbledore jeta un regard sur Meliane. Elle était pâle et sa respiration commençait à siffler dangereusement.
"Nous partons" fit-il sur un ton définitif, jetant encore un regard étincelant. "Tu nous reviendras, Meliane... Tu as ta place parmi nous, et c'est le seul endroit où tu pourras être."
"J'aurai ma place là où je l'ai choisie, vieux fou" fit Meliane en le fixant avec un regard mauvais, la respiration de plus en plus sifflante.
Au moment même où ils sortaient en catastrophe, évitant les vigiles qui arrivaient en masse, Meliane chuta, la respiration précipitée et émettant un sifflement inquiétant. Les deux scientifiques la plus proche la rattrapèrent aussitôt, l'asseyant sur la chaise la plus proche. Son teint était de plus en plus pâle et de la sueur dégoulinait sur son visage alors qu'elle fermait les yeux.
"Meliane ?" appela celui qui avait intercepté Potter. "Que se passe-t-il ? Vous avez besoin de quelqu'un pour vous calmer ?"
"Maître Qui-Gon" articula-t-elle difficilement, avant de devoir aussitôt reprendre douloureusement son souffle.
Pourquoi maintenant ? Cela faisait des années qu'elle n'avait plus eu de crise aussi grave. Depuis qu'elle étudiait avec son Maître, en fait. Il y eut à nouveau un bruit de pas précipités et le scientifique s'écarta alors que Qui-Gon s'accroupissait devant elle. Il releva sa tête, essuyant les larmes qui coulaient du bout de ses pouces.
"Calme-toi, Meliane" fit-il de sa voix profonde. "Ils sont partis... Respire comme je te l'ai appris... Là, c'est déjà mieux... Encore un peu. Détends-toi, tu ne risques plus rien. La douleur va partir dès que tu te seras calmée."
Il continua à l'apaiser jusqu'à ce que sa respiration se soit totalement calmée et qu'elle respire à nouveau sans difficultés. Elle rouvrit enfin les yeux, encore pâle et tremblante.
"Merci" fit-elle d'une voix encore un peu rauque.
"Je suis désolé" murmura-t-il. "J'étais allé envoyer un message... Je n'aurai jamais dû te laisser seule."
"Vous ne pouviez pas savoir qu'ils viendraient" fit-elle faiblement.
Elle baissa les yeux.
"Ils savent qui je suis maintenant... Je ne veux pas aller avec eux, mais ils ne me laisseront jamais en paix."
"Meliane, je t'ai déjà dit qu'ils ne pouvaient rien contre toi" fit patiemment Qui-Gon. "De plus, ils vont avoir pas mal de polices aux trousses maintenant. Leur petite immunité ne durera pas longtemps, pas après qu'ils ne se soient attaqués ouvertement à un scientifique. Et je suis là, moi."
Pourtant Meliane n'écoutait plus, se balançant doucement d'avant en arrière. Sa crise l'avait épuisée, ainsi que son accès de colère, et elle ne contrôlait plus ses émotions. Qui-Gon redressa encore une fois son visage.
"Meliane, si tu ne veux pas qu'ils te trouvent, je peux t'emmener chez moi" fit-il d'une voix ferme. "Tu devras quitter la communauté scientifique, mais tu sais bien que tu auras tout le matériel pour poursuivre tes recherches. Et je ne pense pas que tes pairs ne t'oublient en quelques années d'absence. Quant à eux... ils ne trouveront jamais. Ils ne le concevront même pas."
Elle baissa les yeux en gémissant.
"Je ne peux pas partir... je ne peux pas les laisser..."
"Meliane, tu fais exactement ce qu'ils veulent que tu fasses" fit-il d'une voix ferme. "Te faire culpabiliser sur ton départ. Tu ne dois rien à ces types, Meliane. Tu ne dois rien à ce monde... Tu reviendras quand tu le voudras, je te le promets."
Elle le regarda longtemps, hésitante, puis finalement se jeta sur lui et le serra dans ses bras, s'enfouissant dans sa tunique. Il lui rendit son étreinte et observa les scientifiques autour d'eux.
"Je l'emmène" fit-il d'une voix sans réplique. "Elle reviendra lorsqu'elle sera prête, et pas avant. Je ne laisserai plus ces types la toucher."
Il y eut quelques murmures approbateurs.
"Comment s'appelaient-ils ?" demanda un des scientifiques. "Nous comptons porter plainte au nom de Meliane... les caméras ont tout enregistré, vous savez."
Qui-Gon observa Meliane dans ses bras. Son regard lui appris ce qu'il voulait savoir.
"Le petit brun s'appelle James Potter, il a déjà tué la mère de Meliane et c'est lui qui a provoqué ses crises de respiration en écrasant sa poitrine quand elle était jeune. Le grand brun est Sirius Black. Le vieux s'appelle Albus Dumbledore. Maintenant, si vous permettez..."
Avec une douceur infinie, il entraîna Meliane à l'extérieur. Il sentit sans peine les sorciers qui étaient juste à l'extérieur, hors de vision des vigiles, et les contourna sans la moindre difficulté. Dès qu'ils furent hors de vue, il sortir une télécommande de sa poche et appela son propre vaisseau, avant de s'asseoir sur un rocher, Meliane blottie dans ses bras. Doucement, il lui embrassa le front.
"Dans quelques minutes, tu seras loin d'ici" promit-il. "Repose-toi..."
Elle ferma les yeux sous son injonction. Une minute plus tard, elle dormait profondément, appuyée de tout son poids sur lui. Encore quelques minutes et son vaisseau atterrit près d'eux, tous feux éteints pour ne pas alerter quelqu'un. Le sas s'ouvrit et il y entra. Il jeta un regard au poste de pilotage et déposa Meliane sur un siège confortable, avant de s'installer aux commandes.
"Direction Corsucant" murmura-t-il en décollant.
Il entra les coordonnées dès qu'il fut hors de l'atmosphère. Quelques secondes après, il avait disparu dans l'hyperespace, emmenant son précieux fardeau avec lui.
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"Maître Qui-Gon ?"
Le murmure lui parvint de l'arrière et il sourit, sans se lever de son poste de pilotage.
"Je suis ici, Meliane. Je suis en train de piloter, tu peux venir si tu veux."
Timidement, elle le rejoignit et il lui désigna le siège de copilote.
"Il faudra que je t'apprenne à piloter" fit-il d'un air affectueux. "C'est très facile quand tu maîtrises la Force. Nous sommes presque sur Coruscant."
"La planète-cité ?" demanda Meliane, la curiosité remplaçant la lassitude sur son visage.
"Oui... J'y serai bien allé en hyperespace, mais il y a énormément de circulation autour de Coruscant. Je vais devoir te présenter au Conseil Jedi."
"Celui présidé par Maître Yoda ?"
"Exact" fit-il, amusé.
Ils croisaient de plus en plus de vaisseaux. Certains faisait une centaine de fois la taille du leur et Meliane les observait, bouche bée.
"Tu n'as encore rien vu" fit Qui-Gon malicieusement.
Leur vaisseau pivota soudain et Meliane ouvrit la bouche sur un cri silencieux. Coruscant s'étalait devant eux, sphère emplissant leur champ de vision. Des vaisseaux circulaient dans tous les sens devant, leur coupant régulièrement la vue.
"C'est magnifique" murmura-t-elle.
"Personnellement, je préfère les planètes un peu moins habitées" fit Qui-Gon d'un ton enjoué. "Mais si nous reprenons des missions pour les Jedi, Meliane, nous voyagerons sans doute beaucoup. Normalement, un Padawan accompagne son Maître en mission pour se former à son contact."
"Je serai ravie de vous aider" fit Meliane avec ferveur.
"Je n'en doute pas."
Coruscant approchait à toute vitesse. Bientôt ils ne purent plus voir l'espace autour, seulement la planète qui grossissait toujours plus. Qui-Gon tendit la main vers un transmetteur.
"Ici Maître Qui-Gon Jinn" fit-il d'une voix calme. "Dégagez-moi une aire d'arrivée sur la tour Jedi."
Il n'attendit pas de réponse avant de couper la communication.
"Accroche-toi" conseilla-t-il. "Nous n'avons presque plus de carburant et il faut que nous atterrissions, alors je vais accélérer un peu le mouvement pour qu'on ait de la marge."
Elle fit ce qu'il dit et le vaisseau bondit soudain en avant, se faufilant à toute vitesse entre tous les autres vaisseaux.
"Vous vous servez de la Force" souffla Meliane, impressionnée.
Qui-Gon hocha la tête, fonçant entre les vaisseaux à toute allure. Il entra rapidement dans l'atmosphère de Coruscant et ralentit considérablement, tournant quelques instants en rond avant de se diriger vers un ensemble de cinq immenses tours.
"C'est le Temple Jedi" expliqua-t-il. "Le Conseil siège dans la quatrième des cinq."
Meliane hocha la tête alors qu'ils continuaient de foncer dans la circulation. Ses yeux dévoraient tout ce qu'il y avait à voir de tous les côtés. Quelques minutes plus tard, ils parvenaient pourtant sur une tour et Qui-Gon fit un élégant demi-tour avant de poser le vaisseau comme un hélicoptère.
"C'était limite" fit-il en jetant un œil à la jauge de carburant. "Cela te gêne de mettre une cape, au moins le temps que le Conseil t'es vue ?"
"Non" fit Meliane en se levant à sa suite.
Elle prit la cape que lui tendait son Maître et s'enroula dedans, faisant retomber la capuche sur son visage. Puis elle sortit à sa suite. Il saluait rapidement quelques personnes et elle sut que, malgré tout, il était heureux de revenir ici après plusieurs années d'absence. Pourtant il ne s'attarda pas et s'enfonça rapidement dans les couloirs, l'entraînant dans son sillage.
"Le Conseil vous attend" fit simplement une femme à la peau verte, avec deux longs appendices recourbés sur la tête alors qu'ils arrivaient devant de hautes portes.
"Une Twi'Lek" murmura Qui-Gon à son oreille.
Elle hocha la tête. Elle avait beaucoup de choses à apprendre. Les portes coulissèrent silencieusement et ils entrèrent dans la vaste pièce ronde. Un souvenir lui revint en mémoire, d'un rêve fait des années plus tôt. Certains visages avaient changés, mais beaucoup étaient les mêmes. Elle reconnut sans difficultés Maître Yoda. Il ne semblait pas avoir changé d'un poil depuis leur dernière rencontre.
"Quelles nouvelles nous apportes-tu de cette planète, Qui-Gon ?" demanda un grand noir qu'elle n'avait jamais vu.
Sans trop savoir comment, elle sut qu'il s'agissait d'un autre membre permanent du conseil. Il s'appelait Mace Windu. Après un instant de flottement, elle sut qu'il le lui avait dit.
"C'était un long voyage, mais instructif" entama Qui-Gon. "Sur cette planète, beaucoup de gens utilisent une forme de la Force... ils l'appellent magie et s'en servent pour jeter des sorts. Mais ma jeune Padawan pourra vous en parler mieux que moi."
Meliane foudroya intérieurement du regard son Maître, mais laissa tomber sa capuche. Il y eut quelques exclamations de surprise de la part de ceux qui la reconnaissaient.
"Ceux qui se servent de la magie s'appellent sorciers" commença-t-elle. "Je suis née parmi des sorciers, mais je les ai quittés quand j'avais six ans. Cependant, un ami de ma mère m'a enseigné tout ce que j'aurai dû savoir si j'avais voulu vivre parmi les sorciers. Ils existent apparemment depuis plusieurs milliers d'années. On en parle déjà dans des récits datant de six ou sept mille ans, sans compter toutes les légendes."
Elle reprit rapidement son souffle.
"Les sorciers ignorent l'existence de la Force. Certaines personnes naissent avec un esprit légèrement différent qui leur permet de pratiquer ce qu'ils appellent la magie. Lorsque les sorciers sont jeunes, ils font des actes de magie accidentelle. Plus ils se produisent tôt, plus les enfants sont puissants. A leur onze ans, ils entrent dans une école de magie pour apprendre à se servir du fluide en eux. Leurs actes de magie accidentelle disparaissent alors progressivement. A partir de douze ans, il n'y en a pratiquement plus. Leurs études durent sept ans et couvrent un large éventail de matières. Métamorphose, potions, sortilèges, défense contre les Forces du Mal, Botanique, Astronomie, puis plus tard Soin aux Créatures Magiques, Runes, Arithmancie, Etude des Moldus – les gens sans pouvoir – divination, etc."
A nouveau, elle inspira. Elle ne se sentait aucunement gênée de déballer tous les secrets des sorciers. Elle n'était pas stupide et sentait parfaitement la sagesse des personnes face à elle. Toutes l'écoutaient avec attention.
"Les sorciers ne peuvent faire de magie comme cela. Il leur faut un vecteur, qu'ils nomment une baguette magique. Le bois dans lequel elle est faite importe, ainsi que sa longueur et le morceau d'animal à l'intérieur, nommé aussi catalyseur magique. Ils vivent cachés de ceux qu'ils appellent les Moldus et beaucoup se croient supérieurs à eux, ce qui est complètement faux. D'autres êtres capables de se servir de la magie existent également, se cachant des sorciers peu tolérants la plupart du temps. On compte parmi eux des licornes, des phénix, des griffons, des dragons et beaucoup d'autres également. Certains virus magiques peuvent également altérer le code génétique d'un homme durablement, créant ainsi d'autres créatures, comme les vampires ou les loups-garous. Ils sont souvent associés aux ténèbres, mais j'ai déjà rencontré un loup-garou, et je ne connaissais pas de personne plus gentille. De même, pour beaucoup de sorciers, je serai une magicienne noire car je possède un don traditionnellement associé à la magie noire. Ils sont bourrés de préjugés de toute sorte et cela les empêche souvent de faire preuve de discernement."
Elle se tut, ne voyant pas trop quoi ajouter sans entrer dans les détails. Il y eut un long moment de silence.
"Que signifie cette matière : défense contre les forces du mal ?" demanda soudain l'un des Maîtres les plus à sa droite.
"C'est un préjugé" expliqua Meliane d'une voix calme. "On y apprend à se défendre contre des créatures dites maléfiques, comme les vampires et les loups-garous que j'ai mentionné plus haut."
"Vous avez parlé d'un don des ténèbres" répéta un second maître.
Meliane déglutit, mais Qui-Gon serra son épaule dans un geste encourageant. Elle rouvrit la bouche, et ce fut non pas des mots qui en sortirent, mais un long sifflement modulé.
"Je parle la langue des serpents" fit-elle d'une voix calme. "C'est un don très rare sur mon monde. Je peux comprendre et communiquer avec les serpents."
"Pourrais-tu le refaire ?" demanda l'un des plus vieux membres du conseil, troublé.
Surprise, Meliane s'exécuta soudain et modula encore un long sifflement, leur racontant une brève histoire du pourquoi du mauvais côté des Fourchelangues.
"Cette langue j'ai déjà entendue" déclara soudain Maître Yoda, parlant pour la première fois. "De celle de mon Maître il s'agit."
Un long silence succéda à sa déclaration. Maître Yoda ferma les yeux, comme réfléchissant. Ses oreilles étaient à l'horizontal.
"Merci, Qui-Gon, jeune Meliane. Nous allons réfléchir. Nous avons appris beaucoup de chose sur cette planète."
Ils comprirent le congé et se retirèrent pour la nuit. Les anciens appartements de Qui-Gon n'avaient plus été occupés et il l'y mena, avant de la coucher doucement. Elle était encore fatiguée, il le voyait bien, et lui-même n'était plus très en forme après un aussi long voyage stellaire.
