Disclaimer: He non, Hetalia ne m'appartient toujours pas :'(
Voici donc le troisième chapitre! J'espère qu'il vous plaira :3
Chapitre III : O castitatis lilium
Lovino sortit de la bibliothèque et inspira avec bonheur. Libre. Et seul. Enfin.
Antonio était arrivé il y avait de ça une semaine. Et depuis cinq jours, il avait investi ses fonctions de cuisinier et de jardinier.
Ce qui signifiait pour le novice qu'il était libéré de la présence étouffante de l'Espagnol. Qu'il était libre de reprendre son travail de copiste là où il avait été forcé de l'arrêter. Qu'il était libre de passer du temps seul au lieu de courir après l'autre imbécile dans les catacombes… Qu'il était quand même contraint et forcé de lui apporter ses repas du soir et du matin. Mais pour le déjeuner, au moins, il se servait lui-même en cuisine.
L'Italien avait travaillé d'arrache-pied entre la tierce et la sexte, il étira ses doigts endoloris avant de se diriger vers l'église où aurait lieu l'office quelques minutes plus tard.
Il se signa respectueusement en entrant dans l'édifice, et dans le bénitier, il sentit une main retenir la sienne.
Levant les yeux, il découvrit Antonio, qui lui souriait.
Lovino allait lui rendre son sourire, lorsqu'il se rappela que l'hôte l'insupportait. Il fit volte-face et s'installa pour suivre la messe, Antonio sur les talons. Lovino n'en attendait pas moins de lui et s'apprêta à supporter sa compagnie pour la cérémonie religieuse.
oOo
Après la messe, l'Italien était allé manger et, une fois repu de peu, il sortit du réfectoire. Direction : la bibliothèque.
Sauf qu'une main attrapa la sienne.
Lovino suivit le bras de cette main et, arrivant à la tête du possesseur, découvrit Antonio.
-C'est de la persécution ? demanda le plus jeune, amer.
Antonio, gêné, ne lâcha pourtant pas la main de son… ami ? et ce dernier rougit violemment quand il réalisa que, tout naturellement, leurs doigts s'étaient entrelacés.
L'Espagnol se plaça bien en face de Lovino, qui avait récupéré sa main et s'était adossé au mur, bras croisés, le fixant tellement intensément que l'autre fut troublé un moment avant d'annoncer :
-Je… J'aimerais que tu…m'apprennes à écrire.
-Pardon ?
L'Espagnol se contenta d'un sourire pour appuyer sa requête mais ne la répéta pas.
-Je n'ai pas que ça à faire, et toi non plus ! Ta place est dans les jardins, désormais ! La vie d'un novice n'est pas de tout repos… Sauf pour quelques rares exceptions, c'est vrai. J'ai du travail. Les prières m'empêchent déjà assez de le mener à bien pour que je m'encombre d'un boulet supplémentaire.
Antonio le regarda, une moue puérile aux lèvres.
-S'il te plaît ?
-… Bon… D'accord…
L'hôte esquissa un pas de danse, avant que l'Italien ne l'avertisse :
-Tu peux me regarder et essayer de suivre, ne compte pas sur moi pour en faire plus. Mais normalement, seuls les moines ont accès à leur guise à la bibliothèque, afin d'éviter les vols. Je n'ai pas le droit de t'emmener, alors fais-toi tout petit.
-Nous devenons complices, alors, Lovi ?
Encore une fois, le visage du jeune homme prit une charmante teinte écarlate, de colère ou de gêne.
-Merci. reprit Antonio. Merci, Lovino…
Il lui glissa sa dernière phrase à l'oreille, et lorsqu'il s'écarta de nouveau, la tomate sur pattes put voir à nouveau l'étincelle dans le regard brûlant de l'Espagnol.
oOo
Lovino n'autorisa son « disciple » à sortir qu'une trentaine de minutes avant les vêpres, après plusieurs heures de ce que l'Espagnol estima être un travail intense. Finalement, le maître n'avait pas été si dur : il lui avait appris à écrire ses noms et prénom, et quelques mots du vocabulaire courant employés dans son propre travail.
Antonio s'étira peu discrètement et bailla, avant de s'asseoir sur le muret délimitant le jardin à l'intérieur du cloître.
Las mais content de son après-midi de dur labeur, l'Italien le rejoignit, satisfait de pouvoir s'octroyer un peu de repos.
-Merci pour ton enseignement, Lovino.
Ce dernier rosit légèrement. Pour une fois, Antonio ne semblait pas se moquer de lui ou vouloir jouer avec ses nerfs. Il le remerciait sincèrement.
-Pas de quoi…
Il y eut un silence. Antonio se pencha par-dessus le muret et cueillit une fleur, que Lovino identifia comme étant un lys. Un lys blanc.
L'Espagnol joua un peu avec entre ces doigts, puis il reprit la parole :
-Le lys… En plus d'avoir quelques vertus médicinales non négligeables, un ami m'a dit, un jour, qu'il symbolisait la douceur et la pureté. Tu n'es pas très doux avec moi, Lovino, depuis le premier jour, j'ai l'impression que tu ne me supportes pas. Enfin, ça dépend des moments, j'imagine… Quant à la pureté… Ah, tu es si pur, Lovino. Le péché t'est inconnu. Parfois, je t'envie cette pureté immaculée.
Il lui tendit le lys, comme un cadeau, sans aucune autre parole. Ensuite, il rabattit le capuchon de la coule sur la tête du novice et murmura à quelques centimètres de ses lèvres :
-Cette pureté immaculée que j'ai envie de pervertir…
A l'abri des regards, sous le capuchon, l'Espagnol posa délicatement ses lèvres sur celles de Lovino. Celui-ci eut un mouvement de recul, mais…
Il ne résista pas longtemps aux assauts d'Antonio, ni à ses propres sentiments, et lui rendit son baiser, entrouvrant la bouche pour laisser la langue de l'hôte trouver la sienne. Ce fut un baiser lent, langoureux et passionné.
Mais soudainement, l'Espagnol recula et, sans crier gare, se sépara de Lovino, le laissant seul tandis qu'il s'en allait à l'église pour les vêpres.
Les joues de l'Italien le brûlaient tellement il rougissait. Se relevant avec difficulté, il remarqua l'abbé qui arrivait non loin de là.
Etait-ce pour ça qu'Antonio avait rompu le baiser –ce baiser !- et avait pris la poudre d'escampette ?
Si c'était le cas, c'était très prévenant de sa p…
Une minute.
Lovino venait-il seulement de se laisser embrasser par ce bâtard d'Espagnol ou avait-il fait un mauvais rêve?
Non, il avait encore le goût sucré des lèvres d'Antonio sur les siennes.
Une erreur.
Errare humanum est, comme dirait l'autre.
Ce n'était pas pour un baiser qu'il allait finir en Enfer… Si ?
Certainement pas. Mais… Le plus inquiétant ?
Son cœur… Son cœur battait la chamade alors qu'ils s'embrassaient.
Son cœur saignait à présent qu'ils étaient séparés. Son cœur voulait sentir l'Espagnol près de lui, son souffle sur sa peau, ses lèvres sur les siennes, ses mains…
Lovino secoua la tête.
Grand Dieu Tout-Puissant !
Ce n'était pas possible, il ne pouvait pas… Si ?
Il lui fallait pourtant se rendre à l'évidence.
Il avait partagé un baiser avec Antonio. Il avait aimé ce baiser et il en aurait bien redemandé jusqu'à ce qu'il meure asphyxié.
L'Espagnol était parti trop tôt…
Ca ne pouvait signifier qu'une chose… Non ?
Antonio était beau. Lovino le savait depuis le premier jour. Mais plus que cela, il était… Attirant. Irrémédiablement attirant.
Par le Sang du Christ, Lovino avait le don de s'attirer des ennuis…
oOo
Lovino prit soin de se mêler aux gens du peuple venus assister à l'office pour ne pas se faire remarquer de ses confrères. Il avait également rabattu son capuchon sur son visage et, au moment d'entrer à son tour dans le confessionnal, il plaça un pan de tissu de sa coule devant sa bouche, pour être le moins reconnaissable possible.
Ce n'était pas comme si l'abbé à qui il allait se confesser lui était inconnu…
Et ce n'était pas comme si il allait lui avouer un péché minime.
Non, même lui se rendait compte de la gravité de la situation.
-Mon père, j'aimerais vous confesser que… J'éprouve des sentiments coupables.
-Parle, mon fils, et le Seigneur te les pardonnera.
Lovino aurait voulu rentrer sous terre.
-Mon cœur commence à battre pour un autre homme, mon père.
Il n'eut pas le courage de risquer un œil à travers le grillage le séparant de son supérieur et s'enfuit à toutes jambes.
oOo
Dans la lumière du crépuscule, deux hommes descendirent de cheval et les attachèrent par les rennes à un arbre, non loin.
L'un d'eux tituba, l'autre se précipita immédiatement pour le soutenir.
Ils firent quelques pas ainsi, gravissant une petite butte surplombant les alentours.
Ils admirèrent un temps le paysage, puis le plus mal en point, le blond, se laissa tomber par terre, épuisé.
-Tu es une vraie loque. Ca ne te vaux rien de t'essayer aux vins italiens, mon vieux.
-Parce que tu n'as jamais de problème avec la bière, peut-être ? rétorqua l'autre, assis.
-Seule la bière de mon pays me satisfait, je n'ai pas besoin de goûter celle des autres sans arrêt, moi.
Très mature, le blond lui tira la langue.
Vraiment, il fallait qu'il arrête l'alcool.
-Trêve de bavardage inutile. reprit le sobre. Tu vois ce que je vois, malgré ton état d'ivresse avancé ?
-Hum… grommela son compagnon. Je le devine.
-Ce sera pour ce soir…
Un sourire carnassier fleurit sur les lèvres de l'homme encore debout.
-On va enfin pouvoir s'amuser un peu ! dit-il, radieux.
-Tu crois qu'il est prêt ?
-Certainement plus que toi, vu ton état… Tu tiens à peine sur tes jambes ! Il va falloir que je te fasse dessaouler, mon pauvre, tu vas souffrir.
Il partit d'un grand rire excentrique, qui se serait entendu dans toute la plaine si son ami ne l'avait pas fait taire d'un grand coup de pied dans les chevilles.
-Devrait-on le prévenir de notre arrivée ? demanda à nouveau le blond.
-Mais non, nous n'en avons pas besoin ! Ca mettra un peu de piment à notre soirée !
Les deux hommes se tenaient sur un talus boisé, en face d'un monastère bâtit au siècle dernier qui se vidait des paysans venus assister aux vêpres.
L'un d'eux avait des cheveux blancs, courts, et des yeux rouges. Il souriait d'un air purement sadique.
Le deuxième, assis par terre bien qu'il tentait de se relever pour la troisième fois, avait les cheveux blonds, mi-longs et noués en catogan.
Et même si son regard était quelque peu embrumé par l'alcool, il brillait de convoitise.
Traduction du titre: Ô Lys de pureté
Je vous promets qu'il y aura de l'action dans le prochain 8D
J'espère que ça continue à vous plaire...
A la semaine prochaine :D
