Pas trop de blabla juste: Bonne lecture !
Le cerveau de Charles se réveillait généralement lorsque d'autres cerveaux se mettaient en action dans un rayon de quelques mètres. Cela avait toujours été le cas. Une vraie torture pour Charles, qui n'arrivait jamais à dormir plus que les autres. Dès qu'une personne sortait du sommeil, le don de Charles était tout naturellement happé par le flux d'information en marche. Charles se réveillait immanquablement.
Donc lorsqu'Erik ouvrit les yeux, les pensées de celui-ci affluèrent d'un coup à Charles.
Jest idealny... Kiedy śpi jest piękne… Jestem głodny…
Charles ouvrit les yeux avant de les refermer brusquement. Son cœur manquant trois battements. Charles n'était pas chez lui, les pensées n'étaient pas une langue qu'il comprenait et Erik le regardait comme un lion lorgnant sur son petit déjeuner. Les souvenirs d'à peine quelques heures remontèrent à la surface de sa conscience. Charles enfouit son visage dans l'oreiller. Il y respira une odeur de sueur et de bave. Son corps endoloris se manifesta à son tour. Charles souffrait de courbatures mais aussi d'une brûlure à un endroit bien précis.
Erik sourit en voyant Charles soulever péniblement les paupières avant de les rabattre à toute allure et plonger son visage, gorgée de sommeille, dans son oreiller. Erik passa une main sur l'échine de Charles, sa peau se contracta sous ce toucher.
- Bonjour.
Charles marmonna une réponse refusant de sortir de son refuge. Il essayait de contrôler son esprit embué et groggy pour remettre ses barrières mentales.
- Je commence généralement mon travail à sept heure, expliqua Erik en sortant de sous les draps pour s'étirer.
Je m'enfou.
- Humhum.
- Mais je me lève toujours à cinq heures.
Charles se redressa d'un coup.
- Il est cinq heures ?!
Le réveille disposé sur la table de nuit de droite lui indiqua cinq heures sept minutes. Beaucoup trop tôt pour Charles qui ne commençait les cours qu'à dix heures !
- Je vais courir dans le parc pour commencer mes journées, ensuite je déjeune, puis je me prépare pour aller travailler. Si le cœur t'en dit tu pourrais venir courir avec moi.
Charles lança un regard plein de défit à Erik qui voulait clairement dire : « hors de question », ou « même pas en rêve ». Erik reçu le message et sourit. Il n'allait pas forcer Charles. Non avec lui il ne le pousserait pas à se lever aux aurores pour faire du sport. La nuit qu'ils venaient de vivre devait suffire largement au niveau dépense énergétique de Charles.
Charles replongea le nez dans les draps et se couvrir par-dessus la tête. D'accord pour baiser, pas d'accord pour se réveiller a pas d'heure et encore moins pour courir ! Quel drôle d'idée ! Charles était un cérébral, pas un sportif !
Erik s'habilla et sortit de sa chambre, laissant l'esprit de Charles retrouver la paix pour quelques temps. Charles sombra immédiatement. Il devait dormir encore pour assimiler tout ça. Oui du sommeil et rien d'autre.
Erik sortit dans la fraîcheur de la fin de nuit. Il portait un jogging chaud avec une veste de sport en matière épaisse. A petites fouillées il commença son parcourt matinal. Il fit le tour de la maison, descendit l'allée en augmentant la cadence et revenait en trottinant, le tout plusieurs fois. Il sentait son corps se réchauffer, son cœur pulser le sang dans chaque recoin de son être. Erik aimait faire du sport, à en avoir mal, il aimait ça pour se sentir vivant, plus vivant que jamais. Dans sa tête passait en boucle les images de Charles. Il revoyait sans peine le visage rougit du jeune homme, ses expressions d'étonnements, d'angoisses et enfin la confiance. Il pouvait presque se souvenir de son haleine envoûtante et de son corps blottit contre le sien. Erik calma ses souvenirs, il n'avait pas le temps pour recommencer et Charles ne devait pas… Bref il n'allait sûrement pas pouvoir s'assoir quelque temps…
Erik s'étira rapidement puis rentra par la véranda, laissant ses baskets boueuses sur un tapis prévu à cet effet. La bonne allait les nettoyer comme chaque jour. Il remonta à sa chambre. En ouvrant la porte Charles se réveilla à nouveau.
- Tu as le sommeil léger, remarqua Erik en retirant sa veste dévoilant son torse en sueur.
- On va dire ça, grommela Charles en détournant le regard.
- Bien dormit ?
- Hum hum.
- On est grognon le matin ?
- Quand j'ai moins de trois heures de sommeil, j'estime que c'est parfaitement légitime.
Erik sourit et disparu dans la salle de bain pour se laver à l'eau froide. Charles daigna enfin s'activer. Il roula dans un premier temps sur le dos et s'étira tout en baillant.
Cinq heures quarante, la blague !
Erik sortit de la salle de bain portant un peignoir sombre et molletonneux. Ses cheveux peignés vers l'arrière, le visage rasé, il sentait le savon au musque et l'après rasage de personne ne souffrant pas de manque d'argent ! Erik était tout ce que Charles honnissait : le pouvoir, l'argent, le luxe, tout cela étalé aux yeux des autres, c'était si ostentatoire, si présomptueux. Charles avait été comme ça un jour ? Certainement, un sale petit con arrogant et friqué. Maintenait il n'avait plus que son arrogance, elle était gratuite elle.
- Je te dépose à l'université ? questionna Erik en sélectionnant ses vêtements dans le dressing apparaissant derrière un panneau coulissant dans le mur.
- Non, je dois d'abord aller prendre mes affaires à l'appart'.
- Tu pourras le rendre – l'appartement - et ramener tes affaires ici, à la fin de tes cours.
Charles passa une main sur son visage, Erik allait donc diriger toute sa vie ? Il allait lui imposer autre chose encore ?
- Je te laisserais mon chauffeur si tu…
- Non, je préfère marcher, coupa Charles en se redressant.
- Comme tu voudras, dit Erik en scrutant le visage de Charles.
En effet Charles faisait une sorte de grimace qu'il voulait dissimuler avec un sourire rater.
- Qu'est-ce que tu as ? s'inquiéta amusé Erik en passant sa chemise sur ses épaules.
- Rien, mentit Charles trop fier pour avouer tout haut ce qui lui arrivait.
Erik sourit, mais en voyant la douleur de Charles il soupira doucement.
- Ça va passer.
Charles lui jeta un regard noir. Erik avait compris.
- C'est ce qu'on verra ! Et c'est facile à dire pour toi ! Ce n'est pas toi qui as eu un boa dans… Bref tu n'es pas à ma place.
Erik laissa glisser un petit rire.
- Mets-toi debout dans ce cas.
- Je suis encore fatigué.
- On déjeuner ensemble.
- Il est six heures !
- Justement après je pars.
Charles soupira vaincu. Il souleva les draps, mais sentant le regard d'Erik glisser sur lui, il sauta sur la serviette qu'il avait utilisé après sa douche et s'en couvrit rapidement le corps. Charles se faufila jusqu'à la salle de bain, il prit une douche. Il se sentait non pas sale, ni honteux de ce qu'il avait fait avec Erik…
Baiser. On a baisé.
… Mais comme si c'était un autre que lui qui avait pris les commandes et joué de son corps. Comme si le vrai Charles avait disparu pour laisser place à un autre que lui. Mais c'était faux, c'est lui et lui seul qui avait fait tout ce qu'il avait fait et jouit comme rarement il avait jouit. Parce que pour avoir eu un orgasme puissant, Charles avait été servi. L'eau de la douche l'aida à terminer de se réveiller. Il se sécha rapidement et enfila ses vêtements laissé là la veille. Caleçon, pantalon, chaussettes, il sortit de là. Il fit face à un Erik dans un costume impeccable. Il était tout bonnement à couper le souffle. Charles rougit et regarda ailleurs.
- Ma chemise est restée en bas, s'excusa Charles en plongeant ses mains dans ses poches croisant au passage un vieux papier et un bonbon à sucer.
- Prends une des miennes, proposa Erik en désignant le dressing.
- Non, merci, ma chemise me convient parfaitement.
Erik fit les quelques pas qui le séparait de Charles et lui attrapa le menton sans force. Il plongea son regard dans celui de Charles. Il était si beau. Les pommettes rosies, les lèvres tendues, les yeux d'un bleu époustouflant.
- Ou tu pourrais sortir comme ça, s'amusa Erik.
- Pour chopper la pneumonie ? Non, sans façon.
Erik fondit sur lui et déposa ses lèvres sur celles encore humides de Charles. Ce baiser encore frais et léger fit fondre la résolution de Charles d'être de mauvaise humeur et Erik l'apaisa un peu.
- On mange ensemble, puis je te dépose à ton appart ? conclu Erik.
- D'accord, se rendit Charles en passant ses bras autour d'Erik appelant à d'autres baisers sans s'en rendre compte.
Erik mordilla la lèvre de Charles et se détacha, il n'avait pas assez de temps. Ils déjeunèrent au rez-de-chaussée dans une belle salle à manger, entouré de plantes vertes en pots et d'un Vermeer. Une fois dans la voiture Charles regarda dehors. Le jour n'était pas encore levé et lui il se rendait à son logement. Raven devait l'attendre. Elle devait être morte d'inquiétude. Il n'avait pas pu la prévenir. Et s'il avait mentionné Raven à Erik… il ne voulait pas qu'Erik sache pour Raven. Ce n'était pas parce qu'Erik avait des droits sur son corps qu'il devait être au courant de toutes sa vie. C'était le rempart de Charles. Ses secrets. Pas question de les partager avec ce foutu play-boy qui se pense tout permis avec son argent. Si seulement Charles n'était pas si dépendant de ça…
Lorsque la berline s'arrêta au pied de l'immeuble Erik ne commenta pas le quartier miteux, ni l'ensemble du bâtiment délabré.
- Ce soir soit rentré pour vingt-et-une heure.
- D'accord.
Charles ouvrit la portière, le chauffeur ne semblant décidé à venir lui ouvrir.
- Charles ?
- Oui ?
Erik adressa un sourire équivoque, en penchant son visage vers Charles. Ils s'embrassèrent. Charles ressentit une flamme prendre dans son corps, il se recula et sortit de la voiture prit de court.
- Bonne journée, dit-il en adressant un signe de la main avant de refermer la portière.
Erik passa sa langue sur ses lèvres capturant le parfum laissé par Charles.
Charles ne se sentit soulagé que lorsque la voiture eut disparue à l'angle de la rue. Charles se laissa aller contre le mur de l'immeuble les mains plongées sur son visage, il respirait mal, il avait trop de choses qui le tourmentait. Lui qui avait été si sûr de lui en allant déposer le chèque. Quel con !
Il essaya de reprendre contenance et pénétra dans l'immeuble, il monta jusqu'à l'appartement et le traversa doucement, les autres se réveillaient uns à uns. Bientôt il y aurait la cohue pour la douche. Charles se rendit à sa chambre. Raven dormait roulée en boule, des cernes déformaient son visage fatigué. Elle avait dû l'attendre et craindre pour lui. Charles s'approcha d'elle et la secoua par l'épaule avec moins de douceur qu'il le pensait.
- Charles ! s'exclama-t-elle soulagée. Mais tu étais où ?!
Sitôt une alarme retentit dans son crâne, non il ne devait sous aucun prétexte dire la vérité à Raven ! JAMAIS.
- J'ai trouvé un job de nuit dans un hôtel particulier.
Pour cacher son mensonge, car Charles ne savait pas mentir, il se détourna d'elle et commença à la hâte à rassembler ses affaires.
- C'est un super boulot, hyper bien payé, mieux que jamais ! J'y ai une chambre, mais je touche suffisamment pour t'offrir l'hôtel. Tout sera mieux qu'ici non ? sourit Charles en fourrant à la va vite ses habits dans un grand sac en toile.
- Tu vas m'installer à l'hôtel ? répéta Raven en baillant n'ayant pas tout bien saisit.
- Oui. Quelques temps et ensuite on te trouvera un petit appart'. Un sympa, avec une belle vue sur un parc pourquoi pas, comme ce que tu avais… avant.
- Et toi tu vas aller dormir là-bas ?
- Oui, tu ne m'écoutes pas on dirait ! Allez debout, aide-moi à remballer tout ça.
- Ce sont tes affaires, riposta Raven.
- Pas cette brosse à cheveux et encore moins ce soutient gorge !
- Bon ça ok, je veux bien, c'est à moi, mais pas le reste.
- Bouges-toi Raven, j'ai pas beaucoup de temps, mes cours commencent à dix heures.
Bon grès malgré Raven se mit debout, elle s'habilla rapidement et à deux ils empaquetèrent le reste des affaires de Charles. Au final les livres prenaient le plus de place. Ils quittèrent sans se faire remarquer l'appartement. Charles laissa les clés sur la table en formica défoncé, les clés et un mot d'adieu. Il ne regrettait pas de ne plus jamais voir ses colloc', bien au contraire. Il guida Raven vers un quartier plus sûr et rentra dans le premier hôtel qu'ils virent. Ils prirent une chambre simple. Raven monta découvrir son nouvel espace. C'était petit, mais pas étroit, simple, mais propre et il y avait une grande fenêtre qui laissait entrer l'air. Charles s'assura que Raven était bien et descendit payer pour le mois. Ensuite il laissa Raven l'accompagner jusqu'à l'université. Elle ne cessait de le remercier. Il ne voulait pas entendre ces « merci ». Il ne voulait pas y penser.
En cours il fut attentif, mais pas moins fatigué, ni plus confortablement installé. Il roula en boule sa veste pour essayer d'avoir une meilleure assise et plus de confort, peine perdu. Charles fini par s'accroupir devant la table pour continuer à prendre des notes sans souffrir le martyr. A la fin de la journée il se rendit à la cabine téléphonique, il appela ses deux jobs et démissionna sans préavis de chacun. Il essuya des insultes de la part du patron du Royal Corner et des encouragements de l'immeuble de personnes âgées.
Charles fit ensuite ce qu'il n'avait pas fait depuis des semaines : il alla se prendre un café au lait, un scone, puis il se rendit à la bibliothèque pour travailler. Il ne s'arrêta que vers les vingt heures. Les yeux fatigués d'avoir tant fixé ses feuilles de papier. La main engourdie d'avoir tant écrit, il s'étira le dos en compote d'avoir tant cherché une position pour le soulager. Il s'étira faisant craquer au passage quelques vertèbres endolories. Charles rangea ses cahier et livres dans sa sacoche de cours en vieux cuir mal entretenu. Sur le devant il y avait encore à peine visible le blason de sa famille un « X » surmonté d'une phrase en latin. Charles la connaissait par cœur. Il n'avait plus besoin de la lire : Sic itur ad astra. Souvent quand il était petit Charles se répétait cette phrase, comme s'il c'était agi d'une formule magique, comme si elle était doté de pouvoir. Aujourd'hui Charles contemplait ce mot comme une épitaphe familial. Ses parents étaient morts, c'était eux qui avaient rejoint les étoiles.
Charles laissa sa poitrine se soulever à cette pensée et chargeant la lanière sur son épaule. Le sac était plein, lourd et encombrant. Charles marcha rapidement pour arriver jusque chez Erik à l'heure.
Il se présenta avec dix minutes d'avance. La domestique qui avait été là la veille, lui ouvrit lorsqu'il frappa à la porte. Elle portait la même tenue sobre et raffinée, une robe noir, un col blanc, des souliers vernis sombres. Elle était brune, le nez en pointe, un charmant grain de beauté sur le côté du visage et ses cheveux bruns coupés au-dessus des épaules évoluaient librement autour de sa nuque.
Ce soir elle n'était pas étonnée de le voir arrivée. Elle avait reçu des instructions claires, Charles les lisaient, elles étaient encore fraîchement imprimée dans son cerveau : Traiter Charles comme un membre de la famille, répondre à ces demandes et lui prendre tous ses habits pour les brûler.
- Bonjour Monsieur Xavier, si vous voulez me confier vos affaires…
Charles serra la main sur son sac de cours et le sac de toile dans lequel se trouvaient ses vêtements de rechange. Sa seule fortune tenait dans ces deux sacs.
- Vous allez faire quoi avec mes habits ? demanda Charles tendu.
- Les laver, mentit avec naturel la femme.
- Vraiment ?
- Oui.
Charles refusa de lâcher ses affaires.
- Je vais les garder encore un peu si vous le permettez, j'ai fait la lessive moi-même avant de venir…
La domestique sourit et laissa passer Charles. Elle songea qu'elle le ferait demain lorsqu'il sera sorti. Charles se promit de toujours partir avec toutes ses affaires au cas où. Après tout pourquoi devait-elle brûler ses vêtements ?
- Monsieur Lehnsherr vous attend à l'étage.
- Qui ? demanda naïvement Charles.
- Eh bien, Monsieur, insista gentiment la domestique.
- Ah oui, fit Charles en associant Erik au nom de famille Lehnsherr.
Il quitta la compagnie de la domestique – dont il avait oublié de demander le nom – pour monter retrouver Erik. Charles s'arrêta devant la porte de la chambre. Il écouta, son esprit en alerte, il capta l'activité mentale d'Erik, elle semblait décuplée, très active et très brouillon. Charles essaya de voir ce qu'il faisait, il ne voyait que l'échiquier. Il frappa à la porte en respirant un grand coup.
- Entre.
Charles pénétra à petits pas dans la chambre. Il avait sur son épaule son sac de cours débordant de livres et dans ses bras son gros sac de toile militaire au nom de son père. Les cheveux en bataille, l'allure un peu piteuse.
- Salut, dit-il en s'arrêtant au milieu de la pièce.
Erik leva son regard de la partie qu'il avait commencé seul et scruta Charles.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Mes affaires, plaida Charles en serrant contre lui le sac.
- D'accord, je vois… Pourquoi ne les as-tu pas laissés à Moira ?
- Pourquoi faut-elle qu'elle brûle mes vêtements ? demanda-t-il en levant le nez de façon effronté bien décidé à ne pas se laisser faire.
Erik fronça les sourcils, il se leva de sa chaise. Il portait une tenue différente de ce matin, quelque chose de plus informel, un pull noir avec un tour de cou remonté jusque sous son menton, un pantalon beige et des chaussures brunes.
- C'est elle qui te l'a dit ?
- Peu importe. Cela ne répond pas à ma question.
Erik esquissa un sourire et s'approcha de Charles, il passa une main sur le sac, il y lut le nom.
- Pour t'en débarrasser.
- Pourquoi ?
- Tu ne t'es pas regardé dernièrement.
- Si merci.
- Tout est usé, rapiécé, ou trop grand.
- Je suis au courant, merci.
- Il est temps que tu t'en sépares et que tu aies des nouveautés, tu ne crois pas ?
- Non, je ne crois pas. Ce sont mes habits, je les aime et je ne compte pas m'en défaire.
Charles s'y refusait pour plusieurs raisons, numéro un : sa fierté, pas question qu'Erik lui paie des habits - numéro deux : il était sentimentale, ses vêtements là, ils les portaient depuis un moment, ils étaient les vestiges de ce qu'il avait été - troisièmement : c'était comme s'il renonçait à qui il était.
- Ecoutes Charles, tu peux t'entêter et continuer à porter tes loque et finir nu à force d'élimer les trames de tes vêtements, ou bien tu me laisse t'habiller convenablement, car quoi qu'il en soit je ne sortirais pas avec toi dans cet état-là.
- Cela n'avait pas l'air de te déranger hier, siffla Charles piqué au vif.
- C'est différent. Ce soir je compte recevoir un ami à dîner et je compte te présenter. Mais s'il te voit comme ça il va penser que j'ai trouvé un sans abri dans la rue.
- C'est ce que tu crois que je suis ? Que sans toi je dormais dans la rue ? se braqua Charles.
- Ce n'est pas ce que j'ai dit.
Charles était en colère, il ne voulait pas changer, il ne voulait pas céder, il ne… Erik avait raison. Ce que Charles portait ne lui allait pas, n'était pas propre et ne lui tenait pas chaud. Il essaya de comprendre pourquoi il était tant révolté à l'idée de céder devant Erik.
- Alors ? s'impatienta Erik en croisant ses bras.
- Bien. Tu as gagné. Brûle tout ce que j'ai ! Comme ça tu pourras m'habiller comme une putain de poupée que tu pourras te taper ensuite ! cria Charles en jetant au sol son sac de vêtements les yeux rouges de honte.
Erik saisit Charles par les épaules et le plaqua contre le mur. La poigne d'Erik était phénoménale. Charles avait beau tenté de se défaire, rien n'y faisait. Erik toisait Charles de son regard d'un acier froid. Il n'avait pas du tout aimé le ton employé par Charles, il allait le faire savoir et sans douceur.
- Je ne suis pas un de tes petits camarades de classe, je ne suis pas le genre d'homme à qui l'on peut dire quoi faire ou quoi dire et encore moins le genre que l'on peut insulter sans en payer les conséquences.
- Des menaces ?
- Non. Une mise en garde. Charles ne joue pas les têtes brûlées, ne fais pas l'enfant, tu es bien plus capable que ça. Accepte mon aide et arrête de jouer au fier.
Charles pourrait très bien entrer dans le crâne d'Erik le manipuler, le faire signer des dizaine d'autres chèque de montant bien plus incroyable, puis effacer de sa mémoire le souvenir de Charles. Pourtant, il n'était pas comme ça. Non. Il valait bien mieux que tout ce que son beau-père avait tenté de le réduire.
- Lâches-moi, demanda Charles. C'est d'accord. On fera un feu de joie avec mes nippes, mais lâches-moi… s'il te plaît.
Erik relâcha sa prise. Charles fit jouer ses épaules douloureuses. Il laisser rejoindre au sol son sac de cours. Erik le regardait intensément. Les joues de Charles le brûlaient. Il s'était emporté, il avait été un con arrogant – pour changer.
- Pardon, ma fierté…
Erik ne répondit pas il recula, croisa ses bras. Charles ferma les yeux, il savait quoi faire pour apaiser la tension, il s'avança et monta sur la demi-pointe pour déposer ses lèvres sur celles d'Erik. Un pieu baiser, léger, tiède, parfumé. Erik le laissa faire. Il le regarda redescendre et essayer un sourire timide. Soudain Erik refusa de continuer à être en colère contre lui. Il l'entoura de ses bras et l'embrassa à pleine bouche. Il avait attendu sa journée pour savourer à nouveau son bien, son Charles. Ses mains s'accaparaient le corps de Charles, son propre corps attirait à lui la chaleur du jeune homme. Il embrassa Charles avec sensualité et appétit. Charles répondait et avec férocité. Il s'oubliait dans ce bouche-à-bouche intense. Il s'oubliait totalement. Son être vibrait entre les bras d'Erik. La bouche, la langue soudée à l'autre. Il faisait passer ses doigts dans les cheveux trop bien coiffés d'Erik. Il mettait du désordre dans les plis du pull, il respirait de façon chaotique le parfum ambré d'Erik. Dans son pantalon il sentit son sexe s'étirer et se déployer sous l'effet de l'excitation de ce contact plus chaud qu'il ne voulait bien l'admettre. Oui Charles se sentait bander de plus en plus fort. Pire il ne voulait pas le cacher, non il voulait qu'Erik le sente, qu'il le voit, qu'il le sache. Quoi de mieux que le sexe et la jouissance pour s'effacer entièrement et faire disparaître les problèmes durant quelques délicieuses minutes ?
Erik sentit parfaitement le renflement au niveau de l'entre jambe de Charles. Cette sensation le grisa au-delà des mots. Charles avait envie de lui. Il poussa un grognement de satisfaction. Il porta sa main contre le sexe gorgée de Charles. A travers le tissu il constata avec satisfaction que Charles était prêt.
- On a pas le temps, gronda Erik de sa voix chaude.
En guise de réponse Charles ondula de manière très explicite contre la main d'Erik.
- Zajebiste, céda Erik en arrachant presque les boutons du pantalon de Charles pour y faufiler sans plus de préambule sa main.
Charles hoqueta de plaisir. Les doigts d'Erik caressaient avidement son membre. Il se laissa branler en gémissant sans retenue. Après tout il n'avait rien à cacher à personne ici, le personnel devait bien être au courant que Monsieur Lehnsherr avait un gigolo. Alors à quoi bon se la jouer en silencieux ? Charles s'accrocha encore plus au courant bouillant d'Erik, embrassant la bouche d'Erik de manière provocante, le léchant, le mordillant. Erik allait de plus en plus vite.
A la porte d'entrée, la sonnette retenti. Erik tendit l'oreille. Son invité était là. Il devait faire vite. Mais se serait gâché. Il ne pouvait pas non plus laisser Charles dans cet état.
- Continue, gémit Charles en tremblant de désir ondulant lascivement dans la main d'Erik.
Erik reporta son attention sur Charles. Il était ce qu'il avait tant désiré depuis des semaines, la visite d'Azazel pouvait bien passer au second plan. Adossé au mur Charles gémissait de plus belle sous les va-et-vient d'Erik. Il tremblait si fort, qu'il craignait que ses jambes ne le lâche, il se tenait alors serré à Erik, enfonçant ses doigts dans les dos et la chevelure d'Erik. Le plaisir monta de plus en plus en lui, il se sentait sur le point de jouir.
- Regardes-moi, intima Erik en soulevant d'un doigt le menton retombant de Charles. Regardes-moi lorsque tu jouis.
Charles ouvrit ses yeux et fixa Erik. Leurs regards fusionnèrent, Charles fut traversé par un orgasme foudroyant. Il gémit à pleine voix, faisant résonner son gémissement dans toute la pièce et sûrement dans l'étage entier. Erik se mordit les lèvres devant ce tableau si parfait. Charles subissait encore les vagues de jouissance. Il était si beau, si parfait. Il l'embrassa encore et encore jusqu'à ce qu'il reprenne peu à peu conscience.
Charles retrouva sa respiration, il sentit les doigts collant d'Erik quitter son pantalon. Il n'avait pas honte. Il se sentait terriblement bien.
- On a à peine le temps de te changer, soupira Erik, passe juste la chemise que j'ai préparé pour toi sur le lit, le pantalon devrait être à ta taille.
Charles se détacha d'Erik à regret, il défit sa chemise exposa sa peau blanche marquée de marbrures rouges, l'excitation laissé par l'orgasme. Il baissa son pantalon et son caleçon souillé. Il enfila à la va vite les habits propre et repassé.
Erik l'aida à fermer la chemise en catastrophe avant de l'attirer hors de la pièce. Ils dévalèrent les escaliers et trouvèrent Azazel dans le vestibule. Il attendait et à voir l'allure des deux hommes qui arrivaient devant lui, il n'avait pas besoin d'un dessin pour comprendre ce qu'il avait cru entendre. Erik les cheveux en vrac, le pull remonté, les yeux brillants et le jeune homme les joues rouges et le souffle court. Tous les deux les lèvres rouges à l'excès. Azazel adressa un regard à Erik qui voulait dire : « Tu m'as fait attendre pour ta baise ? ». Erik rétorqua avec son regard glacial : « La ferme ».
- Azazel laisse-moi te présenter mon jeune ami : Charles Xavier, introduisit Erik d'une voix mielleuse.
- Enchanté, dit Charles en tendant la main encore soulevé des spasmes.
- De même, s'amusa Azazel.
Erik plaça sa main droite dans son dos, elle était poisseuse.
- Nous dînons dans la salle à manger ? supposa Azazel en emboîtant le pas dans la direction de ladite salle.
- En effet.
- Je meurs de faim, j'espère que tu n'as pas fait ce foutu plat Polonais, j'ai vraiment faim.
- Il s'agit de barszcz czerwony, s'agaça Erik.
- Tu m'en diras tant. Et toi petit, tu aimes la nourriture Polonaise ? s'enquit Azazel en s'attablant sans plus de chichi autour de la table.
Charles se dit qu'Azazel devait être à la fois un ami proche d'Erik pour se permettre de genre de familiarité, mais aussi un habitué de la maison pour prendre possession d'une place sans y être invité.
- Je n'en ai jamais mangé, dit Charles en prenant la place indiqué par Erik.
- Jamais, vraiment ? sourit Azazel en regardant de façon appuyée vers Erik. Tant mieux pour toi ! Moi je suis malade à chaque fois, alors je ne sais pas si ce sont les talents du cuistot ou juste le plat, mais… Quoi Erik ? Ne vas pas me dire que tu chéris particulièrement la gastronomie de ta famille.
Une lampe s'alluma dans l'esprit de Charles.
- Tu es polonais ?
Erik et Azazel jetèrent un regard mi amusé, mi intrigué à Charles.
- Que croyais-tu que j'étais ? fini par demander Erik tandis que l'on servait l'entrée.
- Je croyais que tu étais allemand.
Erik fit une grimace de profond dégoût, Azazel pinça ses lèvres. Charles avait fait une bourde.
- J'ai dit une connerie c'est ça ?
- C'est ça, grinça Erik en allant se laver la main dans la cuisine attenante.
Azazel attendit qu'Erik soit hors de portée pour se pencher vers Charles et lui chuchoter rapidement :
- Moi à ta place je bannirais le mot « allemand » de ton vocabulaire.
- Pourquoi ?
- Parce que j'ai été déporté par les nazis, répondit placidement Erik en revenant une serviette dans les mains.
Laissez-moi vos impressions, j'ai hâte de vous faire découvrir la suite!
A très vite
PS: je lance un petit appel si l'une ou l'un d'entre vous se sent l'âme Bêta ! :P Je serais ravie de collaborer ! Bises !
Rajout Traduction :
Jest idealny... Kiedy śpi jest piękne… Jestem głodny… : Il est parfait ... Quand il dort il est si beau ... Je suis affamé ...
Sic itur ad astra : C'est ainsi que l'on s'élève vers les étoiles
Zajebiste : c'est un équivalant polonais pour "merde" ou "putain", voir "zut"
barszcz czerwony : c'est un plat typique de Pologne - la soupe à la betterave (hummmm )
