Pas que tu aies vu beaucoup de créatures dans ta vie, mais... Bon sang.
C'est une jeune fille qui doit faire légèrement une tête de moins que toi. Elle a de longs et épais cheveux noirs comme l'ébène qui cascadent jusqu'au bas de son dos. Elle a la peau bronzée de la façon la plus érotique possible. Ses grands yeux vert te dévisagent tandis que tu te sens rougir violemment à sa tenue. Elle porte seulement une légère bande de tissu qui cache sa poitrine, et une jupe de la même couleur, à savoir jaune, rouge et moutarde, ainsi que des bottes du même tissu. Elle est vraiment magnifique. Plus que n'importe qui d'autre. Bien plus que Terezi.
Mais quelque chose te chiffonne.
A savoir les tâches vertes fluorescentes qui parcourent son corps, et deux oreilles blanches de chien qui se dressent sur le haut de son crâne.
Tu es presque aussi surpris qu'elle. Aucun de vous n'a bougé alors que vous vous dévisagiez, et comme tu esquisses un mouvement dans sa direction, tu vois son visage se décomposer et se teinter de terreur. Elle se détourne alors pour fuir, mais saute et grâce à tes chaussures, tu atterris juste à côté d'elle. Tu attrapes son bras avant qu'elle ne puisse faire un pas. D'un mouvement, elle se tourne vers toi et essaye de se dégager, en te mordant, te griffant, mais la combinaison te protège à tel point que tu ne sens absolument rien. Finalement, elle te lance un regard plein de rage, les dents serrées. Tu vois dans ses yeux et sur son corps passer d'étranges éclairs vert. Puis, elle a l'air de se prendre une sorte de décharge, et s'effondre. Tu as juste le temps de la rattraper pour pas qu'elle ne se fracasse le crâne contre le sol...
Et tu restes là, hébété, avec la jeune indigène dans les bras.
Et maintenant ?
Tu commences par l'allonger délicatement sur le sol, et dégage les mèches de cheveux ébènes qui se placent entre ses cils, entre ses lèvres... Tes yeux se posent malgré toi sur le bas de son corps, et le sang te monte de nouveau aux joues. Décidément, cette tenue expose BEAUCOUP trop à ton goût la peau de la jeune femme. C'est... Indécent. Même si tu ne l'avoueras jamais, car c'est tellement rabat-joie et pas cool que tu en as honte. Tu te rends compte qu'elle respire fort, et qu'elle a les sourcils plissés. Elle a l'air de souffrir. Et le seul moyen qui te vienne pour qu'elle aille mieux... C'est ta bulle de repos. Qui se trouves au vaisseau.
Tu entends un grognement qui te sors de ton sommeil. Tu vois la jeune (et non-ironiquement magnifique) sauvageonne qui se réveille elle aussi, à l'intérieur de ta bulle de repos. Tu t'étais endormie sur un fauteuil en l'observant après avoir réussi à la faire entrer ici. Tu ne sais même pas réellement pourquoi tu l'as amenée ici, surtout après tout le manège que tu as fais pour que personne ne te vois. D'ailleurs, tu ne sais pas pourquoi tu as désiré la cacher : après tout, c'est votre but de trouver une forme de vie intelligente. Parce qu'il faut l'avouer, elle semble intelligente.
Mais tu ne sais pas si elle peut te comprendre, ou le contraire. C'est simple, tu ne sais même pas si tu peux communiquer avec elle, et tu n'y as pas réfléchi. Après tout, c'est une différente espèce, sur une toute nouvelle planète. Et vu comme elle te regarde à cet instant, tu te dis que communiquer va être compliqué... Son visage est tellement plein de rage que tu as l'impression qu'elle arrive à te faire un trou d'en le crâne rien qu'en te fixant. Ce que tu trouve fort désagréable.
Elle commence à taper sur les parois de verre de ton "lit" pour essayer d'en sortir. Même si tu sais bien que ça n'a aucune chance de se briser, tu essayes un peu paniqué de lui faire comprendre que tu ne lui veux aucun mal en levant les mains devant toi.
Après un moment à cogner contre le cocon, elle commence à souffler bruyamment, épuisée et blessée aux mains, qui laissaient s'écouler de minces filets de sang. Elle pose son front et ses mains contre la parois pour se reposer. Tu ne sais pas trop quoi faire, alors après un instant à l'observer, tu places à ton tour ton front sur le verre, de sorte à se qu'il "colle" le sien. Elle a un mouvement de recul et te regarde, mi-indignée, mi-suspicieuse.
- Est-ce que tu me comprends ? tu demande timidement.
Elle semble se calmer au son de ta voix, peu importe la raison. Elle hoche doucement la tête, toujours sur ses gardes, et tu soupire de soulagement. Tu ne sais pas comment cela est possible, mais elle comprend ! Ça va largement faciliter la communication.
- Je t'ai amené ici pour que tu puisses te reposer, tu poursuis. Tu t'es évanouie, et je n'allais pas te laisser là.
Elle ne fait que t'observer silencieusement. Ça te gène un peu, surtout que tes yeux se ballades malgré toi vers les parties inférieures de son corps. Décidément, cette tenue est beaucoup trop courte.
- Si ça ne te dérange pas, je vais te donner d'autres habits.
Tu la vois froncer les sourcils. Tu as l'impression de ne pas pouvoir devenir plus rouge que tu ne l'ai à cet instant.
- Ta tenue est... Euh... Trop courte.
Tu as bafouillé cette dernière phrase, et de l'incompréhension se dessine sur son visage. Ça doit être des vêtements plutôt communs sur cette planète. Tu espère juste que tu ne verras personne se balader nu, car tu serais à ce moment là bien plus que gêné. Tu poursuis :
- Je vais te laisser sortir, donc... Si tu me promet de ne pas m'attaquer, ou d'essayer de t'enfuir. Je ne veux pas te faire de mal, je veux seulement apprendre à te connaître. Comme ça, j'en profiterais pour soigner tes mains.
Ok, ça sonne absolument à une déclaration d'amour à cet instant précis. Tu te sens idiot, et tu espères qu'elle ne remarque pas à quel point tu la troubles. Car elle te trouble. Énormément.
Elle reste impassible, sans bouger, à te fixer... Une idée te vient tout d'un coup.
- Est-ce... Que tu sais parler ?
Elle ne répond pas, ne fait toujours aucun mouvement. Tu passes ta main dans tes cheveux et ta langue sur tes lèvres après un court soupir. C'est bien parti, dit donc.
- Fais moi juste un signe de tête comme tout à l'heure dans ce cas.
Elle baisse les yeux vers la droite et semble réfléchir. Elle se mord discrètement la lèvre inférieure, mais tu le vois : tu as juste assez la présence d'esprit pour ne pas lui dire "je veux t'aider, si tu veux". Attend, quoi ?
Finalement, et à se qui te semble à contre-coeur, elle hoche de nouveau la tête. Tu appuie sur un bouton gris à l'extérieur de la capsule tandis qu'elle s'ouvre, et tu tend ta main à la sauvageonne. Assise dans ton lit.
Tu n'arrives pas à croire que tu penses à ça, de cette fille que tu ne connais même pas.
Effectivement, la communication risque d'être compliquée...
