Bonjour bonsoir, postage un peu plus tôt car je n'aurais pas le temps demain :). Je vous souhaite une très agréable lecture (et je vous retrouve en bas pour quelques blablas).
Shana : Merci pour ta review :D J'espère que les chapitres suivants de plairont également :). Pour McGominouchou j'ai bien peur qu'il ne faille attendre encore un peu ;).
Pratiquement avachie sur son bureau, Hélène soutenait difficilement son visage entre ses paumes. Les yeux clos, ses index massaient ses tempes dans une tentative vaine de faire passer le martèlement de son crâne. Ses cheveux s'éparpillaient autour de sa tête en mèches irrégulières qui s'échappaient d'un chignon bien trop stricte.
Prenant une profonde inspiration, elle se redressa et parvint à quitter sa chaise dans un ultime élan d'énergie. Déséquilibrée par ses pieds douloureux, toujours coincés dans ses bottines à talons vernis, elle s'avança en boitillant jusqu'à l'immense tableau recouverts de diverses informations. Croisant les bras, elle attrapa son châle pour l'ajuster et se couvrir les épaules.
Son regard s'arrêta sur la petite image au centre. Poudlard express trônait en roi sur la photo magique aux couleurs sépia tandis que les élèves s'agitaient autour.
Elle n'arrivait pas à comprendre, comment avait-Elle pu s'évaporer entre le départ du train et son arrivée ?
La porte s'ouvrit brutalement, lui arracha un grincement de surprise.
- Docteur Sternbleak, je suis désolé, s'excusa Victor en baissant les yeux. Je ne voulais pas vous faire peur.
- Des nouvelles ? demanda-t-elle en se redressant un petit peu, peut-être dans l'espoir de paraître plus présentable qu'elle ne l'était.
- Aucune, soupira-t-il. Le directeur de l'école a tout de même répondu à notre hibou. Mais il n'a pas encore accepté que l'on interroge ses élèves.
- Pas encore ? répéta-t-elle avec un demi-sourire.
- J'ai bon espoir qu'il comprenne l'horreur de la situation avant qu'il ne soit trop tard, affirma Victor avec un peu trop de force dans la voix.
Hélène ne dit rien, se contentant de détourner le visage pour cacher la raillerie qui s'y était peinte. Son condisciple semblait réellement penser que Dumbledore finirait par les laisser interroger les élèves. Cette idée était stupide ! S'il était venue de lui refuser cette offre alors jamais il ne changerait d'avis.
- Connait-il la nature de l'Expérience ? souffla-t-elle inquiète.
- Non, bien entendu que non, se précipita de répondre le jeune homme en remontant ses lunettes sur son nez.
- Est-ce que Dougl….
Elle se tut brutalement, écarquillant les yeux en réalisant son erreur.
- Est-ce que le numéro 86 s'est décidé à parler ? se reprit-elle après s'être éclairci la gorge.
- Pas depuis la disparition de l'Expérience, admit Victor en refermant son costume trois pièces dans un mouvement nerveux. Voulez-vous que nous employons des moyens… Plus radicaux pour le faire parler ?
- C'est hors de question ! gronda-t-elle immédiatement en se retournant brutalement, l'incendiant du regard. Faites attention à ce que vous dites docteur Erumide. Vos erreurs nous ont déjà coûté la perte d'un élément plus qu'intéressant, si vous dépassez de nouveau les limites je n'hésiterai pas à rédiger le rapport qui vous fera renvoyer.
- Bien entendu Docteur Sternbleak, dit-il en s'inclinant trop abruptement pour qu'elle ne remarque pas l'ironie dans ses paroles et ses gestes.
Lorsqu'il ferma la porte derrière lui, elle se retrouva à nouveau seule dans son bureau. Epuisée et lasse, elle quitta ses chaussures, avançant pieds nus jusqu'à sa chaise pour s'y laisser tomber. Ecrouée d'un poids trop lourd, elle repositionna son visage dans ses mains, tentant désespérément d'ordonner ses pensées, à la recherche d'une solution à tous ses maux.
Elle se doutait que Victor irait directement voir leur supérieur dans l'idée de bien se faire voir. Il était nouveau et semblait penser qu'ils se battaient tous les deux pour une même promotion. N'ayant jamais pris le temps de détromper, elle s'amusait de le voir jouer cette étrange comédie dont il croyait être le seul acteur. Hélas pour lui, le reste de l'équipe de chercheurs lui était toujours fidèle et elle était au courant de tout ce qu'il se passait à l'étage. Et de toute manière, elle s'était déjà suffisamment battue pour obtenir cette place et elle n'avait aucune envie de la quitter.
Se laissant tomber contre le dossier de sa chaise, elle rabattit d'un mouvement fatigué les mèches de cheveux qui lui tombaient sur le visage. Elle devait cesser de se soucier de ces jeux puérils d'enfants, des choses plus importantes l'attendaient.
Il fallait prévenir Poudlard du danger si jamais l'Expérience c'était bel et bien mêlée aux élèves comme elle le suspectait.
Pourtant, Albus Dumbledore ne se fiait qu'à lui-même et elle n'obtiendrait rien de lui tant qu'elle ne lui relevait pas la nature exacte de l'Expérience. Elle était pieds au mur et avec Victor partit courir vers les jupes de Nesferatus pour le mettre au courant des non-informations qu'il avait réussi à collecter, elle serait obligée de rendre des comptes à leur supérieur. Mais le caractère imprévisible de celui-ci l'inquiétait plus que tout.
Depuis qu'ils avaient commencé l'Expérience, il s'était découvert une passion nouvelle pour leurs recherches. Il n'avait eu de cesse d'observer les avancements de l'étude avec un intérêt qu'aucun de ses subordonnés ne lui connaissait. Il lui était même venu féliciter et même parler régulièrement avec Cette Chose.
Il avait perdu toute preuve de bon sens, que serait-il capable de lui dire quand elle le mettrait au courant sur ses doutes ?
Etouffant un soupir, elle l'imaginait déjà, lui annonçant qu'il souhaitait que l'Expérience se continue au sein même de l'Ecole. Et ce crétin d'Albus Dumbledore dont la curiosité maladive ferait qu'il serait prêt à accepter une telle folie !
N'y avait-il personne de censée autour d'elle ?!
A la rigueur… Un sourire étira ses lèvres alors que son attention se dirigeait avec la Sous-Directrice de Poudlard. C'était une femme intelligente et surtout bien plus soucieuse de la sécurité de son Ecole que ne pouvait l'être Dumbledore. Elle ne laisserait pas son ambition prendre le pas sur l'intérêt de ses élèves.
Prenant une profonde inspiration, elle fixa avec un espoir nouveau le tableau sombre en face de son bureau tandis qu'une question se marquait au fer rouge dans son esprit :
Comment pouvaient-elles être dirigées par ces hommes aux capacités de discernement hasardeuses ?
Les garçons étaient arrivés dans le dortoir et avaient exposé leur récolte à Remus. Le jeune homme attrapa deux pains beurrés et commença à expliquer entre deux bouchés qu'il avait libéré un lit pour Skeen et que celle-ci était en train de se doucher. Il demanda également à ses amis si à leur tour ils pouvaient prêter des vêtements à la jeune fille car il lui avait déjà confié une tenue mais il pensait qu'elle aurait sûrement besoin de plus.
James l'arrêta dans son monologue en levant la main, un sourire mutin sur les lèvres.
- Tu lui as aussi donné des sous-vêtements alors ?
Remus resta immobile quelques secondes, le temps que l'information ne se décide à atteindre son cerveau avant de s'étouffer avec son morceau de pain. Et malgré l'aide désespéré de Peter qui frappait avec force contre son dos, il ne parvint à reprendre son souffle qu'après quelques minutes d'une quinte de toux douloureuse.
- Tu es complètement fou ! s'exclama-t-il enfin.
Avant que James n'ait le temps de répliquer autre chose, la porte de la salle de bain s'ouvrit dans un nuage de vapeur. Skeen s'extirpa lentement de la pièce et s'avança timidement dans la chambre, saluant les nouveaux arrivants d'un vague geste de main.
Potter lui offrit un sublime sourire alors qu'il se glissait vicieusement contre Remus. Il l'attrapa par l'épaule pour le forcer à rapprocher son oreille de sa bouche et lui murmura :
- Est-ce que ça veut dire qu'elle est complètement nue sous ce pantalon ?
Le préfet repoussa sans ménagement son prétendu ami et se redressa alors que le rouge lui montait aux joues et accessoirement aux oreilles. Ebouriffant ses cheveux dans un geste nerveux et tenta désespérément de fixer autre chose que la jeune fille mais il n'y parvint pas.
- Tu… Tu peux dormir si tu veux, proposa-t-il en tentant de trouver quoi dire.
- Je pense manger, lui répondit-elle avec un sourire en se rapprochant de la table improvisée contre le poêle.
Lorsqu'elle lui tournait le dos, le regard de Lupin descendit de sa nuque pâle, jusqu'au t-shirt trop grand qu'il lui avait prêté, puis il s'arrêta sur le pantalon qu'il lui avait confié. D'un textile souple et léger, il suivait parfaitement la courbe de ses fesses.
Sans la moindre marque de sous-vêtements.
Une vague d'embarrant le submergea alors qu'il se précipitait vers son coffre pour attraper son pyjama et courir vers la salle de bain pour s'y enfermer.
Alors que le verrou cliquetait, Skeen observa sans comprendre la porte fermée.
Tournant un regard inquiet vers le groupe, elle leur demanda :
- Que s'est-il passé ?
Sans comprendre, elle regarda les trois gryffondors rirent aux éclats.
Severus s'était finalement couché. Sur le dos, il observait le plafond de son lit à baldaquin alors qu'il écoutait d'une oreille distraite les conversations de ses voisins de chambrée. Quand ils finissaient par l'oublier, ils leur arrivaient de dévoiler des informations intéressantes qui lui permettaient de se tenir informé de leurs plans. Mais aujourd'hui ils ne parlaient que d'Elisabeth et de ses soi-disant magnifiques formes.
Il attrapa son oreiller et le plaqua sur son visage alors qu'il étouffait un long soupir de désespoir. Il s'ennuyait déjà.
Les cours ne reprendraient qu'après le week-end mais il avait déjà commencé à feuilleter le manuel de potion. Il avait hâte de pouvoir enfin se plonger dans cette matière mais s'était retrouvé bien déçu du peu de sujets qu'offrait le livre.
Rien de transcendant de nouveau.
Peut-être pourrait-il refaire comme l'année dernière avec Lily ? S'organiser pour essayer d'en apprendre plus sur chaque chapitre ?
Alors que son esprit galopait vers l'image de sa rouquine, un sourire se plaqua malgré lui sur ses lèvres. Retirant le coussin, il reprit sa contemplation attentive de son lit, tentant de conserver son calme.
Il espérait que la jeune fille serait aussi motivée que l'année dernière pour l'accompagner dans ses recherches. De toute manière, il en discuterait avec elle dans leur Base puisqu'elle lui avait donné rendez-vous avant le petit-déjeuner.
Ce n'était pas vraiment une salle secrète, plutôt une impasse bien dissimulée derrière une série de tapisseries qu'ils avaient découverte en première année. Mais ce n'était qu'en quatrième qu'ils l'avaient réellement aménagée, moins soucieux des règles.
Lily avait eu l'idée des coussins, lui s'était contenté de proposer d'y installer de quoi étudier : un kit transportable de potion et quelques livres qu'il avait acheté pour s'avancer sur les cours, et peut-être même faire des recherches supplémentaires.
Il se redressa dans un élan, le visage blême. Le souvenir de la dispute qu'ils avaient eue au sujet de Ses Recherches Supplémentaires était encore vif dans son esprit mais celui d'avoir abandonné un livre de magie noire là-bas l'était encore plus.
En quittant les lieux l'année dernière, il avait préféré le laisser ici plutôt que de le transporter avec lui où sa mère ou même son père aurait pu le trouver.
Mais maintenant, si Lily arrivait avant lui demain matin et qu'elle le voyait, que penserait-elle de lui ?
Tirant discrètement le lourd rideau vers de son lit, il scruta les garçons qui discutaient encore. Il ne pouvait pas sortir maintenant car ils prendraient un malin plaisir à lui rappeler les règles bien qu'ils étaient les premiers à les enfreindre.
Les jambes croisés, il se frotta la pointe du nez du bout des doigts alors qu'une grimace brisait ses traits.
Il n'avait plus qu'à attendre que tout le monde soit endormi pour pouvoir y aller…
La nuit était tombée depuis longtemps, après plusieurs heures de discussions, les maraudeurs avaient fini par s'assoupir. Assise sur le lit, Skeen les observait dormir. Les yeux clos, blottis sous les couvertures confortables, ils semblaient avoir d'agréables rêves.
Comme elle aurait voulu pouvoir faire de même. Dormir et avoir ses songes remplis de rêves. Mais le sommeil se refusait à elle et les trop nombreuses pensées qui s'affolaient dans son crâne l'empêchaient de se reposer. S'étirant dans son lit, elle finit par tirer les couvertures pour s'en extirper. Alors qu'elle allait se rapprocher de la fenêtre, un marmonnement inintelligible capta son attention.
Peter était agité sans pour autant s'être réveillé. Se redressant, sur la pointe des pieds, elle se rapprocha lentement pour s'accroupir à côté du lit du jeune homme. Les sourcils de Peter froncés sur son front créaient entre eux deux une petite ride d'anxiété tandis que ses yeux roulaient sous ses paupières closes.
Pomme faisait souvent ce genre de rêves, il agissait de la même manière : se débattait contre cette chose que lui seul voyait et il s'apaisait lorsqu'il la touchait.
Elle déposa ses doigts dans les cheveux bruns, elle les repoussa doucement laissant courir la pulpe de ses doigts sur la peau tiède du garçon. Mais contrairement à Pomme le garçon ne se calma pas. Au contraire, il se redressa brutalement, le soufflé coupé, laissant son regard parcourir l'obscurité. Mais pour lui, la maigre lueur de la lune à travers le rideau tiré de la fenêtre ne suffisait pas pour voir et il scrutait la noirceur sans rien n'y distinguer.
Silencieuse et discrète, terrifiée à l'idée d'avoir fait une erreur, la jeune fille s'était repliée contre la table de chevet, une main plaquée sur son nez pour empêcher sa respiration de la dévoiler.
Peter attrapa sa baguette mais après plusieurs vérification décida de l'abandonner sous son oreiller. Il étouffa un soupir, honteux de s'être ainsi inquiéter pour un simple cauchemar et se laissa retomber sur son matelas. Malgré son souffle court et son cœur battant à la chamade, il parvint à retrouver le sommeil rapide.
Quand Skeen fut certaine qu'il ne bougerait plus, elle se détendit et sortie de sa cachette d'un pas de loup. Pendant un moment, elle resta à la fenêtre pour admirer l'extérieur, puis elle tourna en rond un moment dans la chambre. Elle n'y trouva rien à faire.
Peter avait rangé le puzzle qu'il lui avait montré avant d'aller se coucher, les livres de Remus avaient disparu sous une pile de vêtements chiffonnés que James n'avaient pas pris le temps de ranger dans son coffre, et mise à part compter les dalles au sol il ne restait pas grand-chose à faire en toute discrétion.
Ennuyée du manque d'activité autour d'elle, elle guetta la porte du dortoir avec désir.
Elle ne ferait rien de mal, non ? D'après ce qu'elle en avait compris, les couloirs seraient déserts et tous les élèves ainsi que les professeurs seraient en train de dormir. Elle pouvait donc se permettre de sortir. C'était sans danger ?
Laissant son regard courir sur ses camarades assoupis, elle finit par se redresser pour se rapprocher en douceur. Avant que sa main ne se dépose sur la poignée, elle se tourna vers les lits, vérifiant qu'ils étaient toujours profondément endormis.
Son cœur battait pratiquement aussi vite que lorsqu'elle avait pris la fuite au département mais l'appréhension, l'inquiétude de l'après n'étaient pas présentes. Elle voulait juste se précipiter dehors et profiter pleinement de l'école.
Après une déglutition difficile, elle finit par tourner la poignée en douceur. Celle-ci pivota entre ses doigts jusqu'à libérer le mécanisme dans un léger cliquetis qui ne réveilla même pas les quatre compères.
Lançant un dernier regard vers les garçons léthargiques, elle se faufila par l'ouverture. Ses pieds nus touchaient à peine la pierre glacée du sol quand elle dévala les petites marches de l'escalier. Elle poussa le portrait et s'extirpa hors de la salle commune sans même la voir.
Comme prévu, elle était complètement seule. Il n'y avait pratiquement pas de bruit : à peine le murmure du vent au sein de l'immense bâtisse et peut-être de légers craquements provenant des quelques rares structures de bois.
Elle courut à en perdre l'haleine, laissant l'air se glisser dans ses cheveux et caresser la peau de son visage. Sautillante et bondissante, elle ne s'arrêta que pour contempler l'extérieur au travers d'une des grandes fenêtres.
Les quelques rayons d'une lune à moitié-pleine épousaient avec douceur les formes indistinctes des arbres, caressant de leur éclat blanc la surface parfaitement lisse du lac, lui offrant un aspect miroitant et clair singulier. Il y avait quelque chose d'étonnamment captivant dans cette immense étendue d'eau, pratiquement attirant.
Peut-être pourrait-elle se rendre sur les berges ? Pour le contempler de plus près ?
Des bruits de pas la ramenèrent au temps présent. Coincée dans ce couloir sans le moindre repli, elle effectua un mouvement de recul en essayant de savoir d'où provenait le bruit. Quelqu'un se rapprochait et d'une démarche bien trop assurée pour n'être qu'un élève.
Elle se précipita en arrière, à la recherche d'un endroit où se blottir. Ne trouvant aucune cachette adéquate, elle se contenta de se glisser entre deux armures. Agenouillée à même le sol, elle tenta de se faire la plus petite possible.
Suffisamment petite pour passer inaperçu comme avec la cape d'invisibilité.
Les yeux clos, elle visualisait la plénitude du paysage qu'elle étudiait quelques secondes auparavant.
Elle devait comme cette eau qui dormait, lisse, sans le moindre mouvement.
Passer inaperçu.
Jusqu'à disparaître complètement.
Il n'avait pas pensé qu'il lui serait possible de croiser qui que ce soit à une heure aussi tardive. Le couvre-feu était passé depuis longtemps et même les préfets ne circulaient plus. Et comme tout début d'année normal, aucun élève ne souhaitait se faire remarquer si tôt.
Pourtant, il n'était pas seul. Elle était là, totalement insouciante, virevoltante dans le couloir.
Il savait pertinemment qu'elle ne faisait ni partie de sa maison, ni de son année. Et il avait été également attentif à la répartition, il était donc sûr de ne pas l'avoir vu. Et il était impossible qu'il ne soit parvenu à oublier une personne comme elle.
Il avait tant été subjugué par cette apparition qu'il avait décidé de la suivre plutôt que de s'arrêter aux tentures du Joueur de Flûte, à l'arrière desquels se trouvait la petite Base secret.
Il y avait quelque chose d'irréelle dans cette scène : une fille à peine humaine qui se promenait si librement dans les couloirs. Il était persuadé qu'elle était faite de chair et d'os, pourtant elle aurait pu passer pour un fantôme tant elle était pâle. Son teint blafard, s'accentua lorsqu'elle s'arrêta à la fenêtre, laissant couler sur sa peau la lumière pâle de la lune quasi-pleine. Ses cheveux longs, lisses et brillants, glissaient sur ses épaules et caressaient le creux de ses reins à la manière d'un voile de soie d'argent. De son visage, il n'avait pu admirer que la finesse de ses traits.
Quand la jeune fille se figea, il réalisa qu'une personne se rapprochait.
Tirant sur sa montre de gousset, ses dents claquèrent quand il resserra la mâchoire avec colère.
Quel idiot ! Il avait tout fait pour éviter précisément les rondes et voilà qu'il s'était laissé déconcentrer jusqu'à se retrouver précisément sur le passage du Professeur Chourave. Un regard vers l'arrière, il observa la tapisserie du Joueur de Flûte qui était non loin.
Il lui suffisait de courir pour s'y glisser et d'attendre que le professeur ne s'éloigne. Mais que ferait la fille ?
Quand il reporta son attention sur elle, il retint un frisson de surprise et d'émerveillement. La silhouette pâle semblait à présent floue et il ne lui fallut que deux battements de cils pour disparaître complètement.
Immobile, il ne parvenait pas à détacher son regard de la zone où elle aurait dû se trouver. Il ne restait plus rien.
C'était impossible ! Il ne l'avait même pas vu tirer sa baguette et les sorts d'illusions de ce type était bien trop compliqués ! Comment avait-elle pu faire ?
Les pas du professeur se faisaient de plus en plus proches et il l'apercevait dans le fond du couloir. Tentant d'oublier son ébahissement, il se précipita en arrière vers sa zone secrète. Il s'y glissa sans écouter les grognements du Joueur de flûte.
La tapisserie avait dû être placée là pour éviter les courants d'air, elle cachait un maigre couloir où une seule personne pouvait passer de front. Il suffisait de marcher deux ou trois mètres pour atteindre un renfoncement plus large qui formait pratiquement une pièce. Il n'y avait qu'une petite lucarne, sûrement une ancienne meurtrière qui éclairait légèrement les lieux en plein jour mais de nuit le noir était totale.
Illuminant l'endroit d'un lumos, il contempla la zone avec appréhension. Malgré ses craintes, rien n'avait changé depuis qu'il y était passé juste avant les vacances d'été. Tout était resté à sa place. Il pouvait même voir le livre à la couverture sombre qui dépassait d'entre deux coussins, à peine caché.
Il l'attrapa, le glissa sous son bras.
C'était une chance qu'il ne soit arrivé avant Lily. Il n'aurait pas pu supporter son regard accusateur, il lui avait de trop nombreuses fois promis de ne pas continuer ses recherches en magie noire.
Ses doigts se resserrèrent sur la couverture de cuir.
Elle n'arrivait pas à comprendre que la magie noire était la seule qui puisse l'aider, elle était celle qui lui permettrait de se défendre, elle offrait un panel de possibilité bien plus grand que n'importe quelle autre technique.
Mais Lily n'arrivait pas à concevoir ça et il avait abandonné l'idée de lui faire comprendre. Il se contentait donc de continuer discrètement, sans qu'elle ne le réalise.
Quand il ressortit sur le couloir, il tourna les yeux en direction des deux armures où la jeune fille avait disparu où un éclat vert avait attiré son regard.
Se rapprochant prudemment, il s'accroupit pour récupérer les morceaux de pierre. Malgré les fissures, il réalisa qu'il devait s'agir d'un bracelet. Un bracelet de de pierre verte brisé.
La fille l'avait-elle laissé là ?
Skeen s'était fait aussi silencieuse que possible, les yeux toujours clos, elle se concentrait uniquement sur l'image du lac, tentant de s'apaiser le plus possible. Quand elle réalisa qu'elle n'entendait plus les bruits de pas, elle rouvrit les yeux, fière d'elle.
Mais le paysage qui l'entourait la fit bien vite déchanter.
Elle n'était plus dans le couloir mais avaient les pieds enfoncés dans la boue du bord du lac.
Comment avait-elle pu arriver ici ?
Par réflexe, elle porta sa main vers son poignet, là où aurait dû se trouver la menotte magique qui lui rendait la pratique de la magie impossible.
Il était nu.
Le bracelet avait disparu.
Quand Peter ouvrit les yeux, son regard resta bloqué sur le lit vide juste en face de lui. Quelque chose n'allait pas. Sirius n'était pas du genre à se lever tôt et les ronflements qui le caractérisaient si bien résonnaient encore dans le dortoir.
Frottant péniblement ses paupières pour faire disparaître le voile blanc devant ses yeux, il mit un moment à réaliser que si James et Sirius dormaient dans le même lit, blottis l'uns dans les bras de l'autre, ce n'était pas parce que les estimations de Marlène s'étaient avérées justes mais plutôt que Sirius s'était sacrifié pour laisser son lit à la jeune lycanthrope qu'ils avaient récupéré.
Lycanthrope dont il n'y avait plus aucune trace.
- Heuuu, les mecs, souffla-t-il incapable de détacher son regard du lit vide. Elle est passée où Skeen ?
Remus se redressa dans un bon, la marque de son oreiller balafrant sa joue alors qu'il scrutait avec terreur le lit abandonné. Il bondit hors du lit, ouvrant à la volée la porte de la salle de bain puis celle des toilettes.
Mais aucune trace de la jeune fille.
- C'est impossible, souffla-t-il en tournant un regard vers la porte d'entrée.
- Il est encore tôt, tenta de le rassurer Peter en lui montrant le cadran de son petit réveil. Nous aurons peut-être le temps de la trouver avant que tout le monde se réveil.
- Mais comment on est censé la retrouver ? Poudlard est un véritable labyrinthe ! On ne va jamais s'en sortir ! commença à paniquer Remus.
Lançant un regard vers les deux derniers qui dormaient toujours, les coins de ses lèvres sursautèrent en spasme, jusqu'à former un sourire brisé et ironique.
Il se précipita vers eux, leur arracha leur couette sans la moindre pitié.
Sirius poussa un petit gémissement en tentant d'utiliser en vain James comme couverture mais celui-ci se débattit, jusqu'à faire tomber le premier hors du lit.
- Traitre, grogna Sirius en se redressant.
- Je vous en prie, s'impatienta Remus en serrant les poings.
- Oui, oui, souffla James attrapant ses lunettes sur le bord de la table de chevet. Ne t'inquiète pas, Poudlard n'est pas si grand. On va bien réussir à la retrouver….
Lily s'était réveillée tôt, elle était déjà habillée lorsqu'Emy commença à peine à ouvrir les yeux. Elle avait revêtu le pull de son uniforme par-dessus un large t-shirt et un jean simple tout à fait moldu, une fois ces baskets enfilées, elle salua d'un vague geste de main sa seule amie réveillée et encore un peu somnolente.
Dans la salle commune, quelques premières années qui s'impatientaient sûrement à l'idée de pouvoir goûter au petit-déjeuner de Poudlard attendaient avec une impatiente non feinte. Elle leur rappela rapidement quelques règles et prit la fuite avant d'avoir à répondre à leurs trop nombreuses questions.
Manche soulevée, elle scruta les aiguilles de sa montre avec appréhension : elle n'était certainement pas en retard mais elle avait tellement de chose à raconter à Severus sur sa journée d'hier ! Il fallait qu'elle lui parle des suspicions qu'elle avait à propos des Maraudeurs, du fait qu'ils cachaient quelque chose !
- Vous auriez dû prendre directement rendez-vous avec le Directeur, lança la voix sereine et calme du professeur McGonagall alors que Lily s'apprêtait à rejoindre le couloir.
- Il n'y a que vous que je pouvais voir à ce sujet, Minerva, lança l'inconnue en étouffant un soupir. Vous vous doutez bien que c'est important si je viens vous voir.
Par réflexe, Lily s'était arrêtée de marcher, restant en recule, cachée derrière le coin du mur. Elle ne voyait pas les deux protagonistes de la conversation mais pouvait écouter tout à son aise. Ce n'était pas un comportement très Gryffondor, et à l'idée qu'elle était en train d'épier sa directrice de maison le rouge lui monta aux joues. Mais trop tentée à l'idée d'écouter la suite, elle ne chercha pas à faire savoir qu'elle était là.
- Je ne vous accueillerais pas dans mon bureau si vous n'avez pas une bonne raison de vous inviter ainsi à Poudlard sans même vous faire annoncer, reprit le professeur de métamorphose avec dureté.
- Minerva, je vous en prie. Je comptais sur vous pour être consciente du danger que risque de courir vos élèves !
Lily déglutit difficilement. Il était impossible qu'ils courent un risque à Poudlard, n'est-ce pas ? Ils étaient dans un des lieux les plus sûrs du pays !
- Je ne peux qu'écouter vos craintes mais pas vous promettre quoi que ce soit, soupira la Sorcière.
- Le… Le département travaillait sur une Expérience particulièrement dangereuse. Et nous craignons qu'elle ne se trouve au sein de vos murs.
Le silence qui suivit cette tirade était pesant. Lily ne les voyait pas mais elle imaginait la mine sombre et grave du Professeur.
- Comment une Expérience, commença-t-elle, sa voix s'était faite plus rêche sur ce mot permettant à n'importe qui d'y desseller tout le dégoût qu'elle éprouvait à ce propos. Aurait-elle pu se retrouver au sein de Poudlard ?
- Elle a l'apparence d'une jeune fille, frêle, cheveux pâles, blafarde, continua l'inconnue.
Une main sur la bouche, Lily retint un petit gémissement. Le cœur au bord des lèvres, elle avait reculé tandis que la description lui évoquait parfaitement bien la première année qu'elle avait croisé avec les Maraudeurs.
- Suivez-moi Hélène, soupira McGonagall alors que la porte de son bureau grinçait dans ses gongs.
La rouquine se pencha légèrement, juste le temps pour elle d'apercevoir l'Inconnue avant qu'elle ne suive le professeur jusqu'à son antre.
Qui était cette femme à l'allure élégante ?
Les poings serrés Lily examina de nouveau sa montre. Si elle n'y allait pas tout de suite, elle serait en retard. Et en même temps, elle était persuadée que les Maraudeurs s'étaient encore fourrés dans les problèmes, dès le début de l'année.
En tant que préfète, elle ne pouvait pas laisser passer ça.
Et elle était persuadée que Severus l'excuserait pour cette fois.
Grimaçant, elle prit le chemin inverse, gravissant les marches pour rejoindre la tour des Gryffondors, les maudissant tous un à un, même Remus.
Quand Lily retourna dans la salle commune, les quelques premières qu'elle avait croisé à l'allée avaient dû descendre manger, et c'était à présent Remus, James, Peter et Sirius qui peuplaient les lieux, s'engueulant sans aucune pitié pour les autres élèves qui devaient encore dormir.
Son arrivée marqua une pause dans leur dispute et quatre regards se portèrent sur elle.
- Il faut qu'on parle, dit-elle d'une voix plus que sérieuse alors qu'elle laissait son regard courir aux alentours à la recherche de la soi-disant première année.
Elle se demandait où elle avait pu passer.
Ils l'avaient sûrement caché dans leur dortoir.
Se rendaient-ils compte des risques qu'ils encouraient ? Et faisaient encourir au reste des élèves.
- Où est-elle ? lança-t-elle en lançant un regard vers l'escalier des dortoirs des garçons.
- Je ne vois pas de qui tu parles, souffla Sirius tout à fait paisible en levant les yeux au ciel.
Et il n'avait pas l'air de mentir mais Black était doué pour ce genre de chose. Manque de chance pour lui, Peter et Remus étaient bien moins bons à ce jeu-là et la culpabilité qu'elle lisait sur leurs traits voulait tout dire.
N'attendant pas leur autorisation, elle se jeta en courant dans l'escalier, bientôt suivie par toute la bande qui ne cessait de répéter qu'elle n'y trouverait rien.
- Lily, soupira Remus. Je t'assure ça ne sert à rien, nous n'avons rien à cacher dans le dortoir !
Et elle aurait pu le croire mais elle ouvrit malgré tout la porte.
Elle était là.
La jeune fille était agenouillée parterre, couverte de boue et de vase. Elle se tenait repliée sur elle-même, tenant ses avant-bras contre sa poitrine comme si elle cherchait à les protéger, ou les faire disparaître.
Quand elle redressa son visage, Lily eu un mouvement de recul tant la terreur qu'elle y lisait était communicative.
- Skeen ! s'exclama Remus en bousculant Lily pour rejoindre la fille aux cheveux gris souris. Où est-ce que tu étais passée ?
Minerva était à présent seule dans son bureau, Hélène ayant quitté les lieux quelques minutes plutôt après l'avoir remercié mainte et mainte fois. McGonagall était restée silencieuse malgré toute l'amertume que les paroles de la Chercheur avaient éveillée en elle. La femme n'avait eu de cesse de lui parler d'une Expérience, une simple Expérience, mais elle avait également parlé d'une jeune fille.
Sternbleak s'était refusée à toutes explications supplémentaires, la priant de croire que les élèves de Poudlard courraient un risque réel si ses suppositions s'avéraient justes.
Mais comment accepter ce que cette femme disait ? Alors qu'un loup-garou faisait sa rentrée à Poudlard pour la cinquième année consécutive sans qu'ils n'aient à déplorer le moindre souci de grande envergure ? Les membres du Département des droits des Créatures magiques avaient été les premiers à hurler à la catastrophe. Et ils avaient tous eu tort. Elle avait donc appris à se méfier de ces soi-disant menaces que le Ministère parvenait à trouver par le biais de l'oppression d'une minorité.
Etouffant un long soupir, elle se redressa dans un froissement de robe, bien décidée à rejoindre le bureau d'Albus avant que celui-ci ne se décide à petit-déjeuner. Ils allaient avoir une conversation.
Elle n'avait pas le choix.
Voilà, voilà, j'espère que vous avez aimé ce chapitre :)
Personnellement je regrette de ne pas avoir pu le faire plus long (étude oblige) mais je tiens à respecter une certaine... linéarité dans la longueur des chapitres.
J'aurais aimé qu'il y a des milliards d'informations supplémentaires, plus de choses croustillantes et tout le patatra mais je ne veux pas surbooker mes écris et qu'ils restent agréables à lire d'une traite mais si ils peuvent peut-être paraître fade en aventure quand on attend les chapitres semaine par semaine.
Malgré tout, je suis contente d'avoir pu m'incruster dans la crâne de plus de personnages :D J'espère que ça vous a plu autant qu'à moi :) Très bonne soirée et bonnes fêtes et tout la tralala !
PS : je cherche toujours un(e) béta, n'hésitez pas :D
