Fandom : Harry Potter.
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de J. K. Rowling.
Personnages, couples : les Maraudeurs, Lily Evans, mentions de James/Lily.
Rating : K.
Genre : Friendship/Angst.
Note : finalement je publie un texte sur Gryffondor et c'est une surprise puisque c'est un texte sur Peter et le courage. Le texte a été écrit durant les nuits du FOF en une heure sur le thème Jurer.
Merci aux lecteurs. J'espère que texte vous plaira. Bonne lecture.
Courage
Il trempa ses lèvres dans la mousse du verre qu'on venait de lui servir. Il but plus de deux gorgées, vidant à moitié son verre. Sirius le regarda d'un air moqueur.
– On a soif, Peter ?
Il se crut drôle et se mit à ricaner. Sirius se trouvait toujours drôle. Il riait à ses propres blagues, même quand personne hormis James ne riait. James riait à toutes les blagues de Sirius, ce depuis leur entrée à Poudlard. James préférait Sirius, Sirius préférait James et ils lui préféraient Remus.
Il avait toujours été un peu à part dans leur groupe, mais il lui avait fallu des années avant de le réaliser. Il était un peu plus naïf quand ils étaient enfants.
Peter se contenta de sourire à Sirius, la bouche encore pleine de bière et avala d'une traite.
Il passa une main dans ses cheveux, se frotta la cuisse d'une autre.
James lui lança un regard par-dessus l'épaule.
Il sait. Il sait. Il peut lire dans ma tête et voir à travers mes vêtements. Il la voit se tortiller sur mon bras.
Mais Peter était souvent nerveux, en particulier dans les lieux publics un peu trop bondés et James détourna le regard pour s'adresser à Sirius.
Peter retira sa veste. Il commençait à faire trop chaud dans ce bar.
– C'est une mauvaise idée, Sirius, déclara James.
Qu'est-ce que pouvait bien être cette mauvaise idée ? Encore une de leurs plaisanteries à laquelle ils avaient préféré ne pas le mêler.
– Non, contra Lily. Je trouve que Sirius a eu une très bonne idée.
James se retourna brusquement vers Lily et lui lança un regard incompris.
– Je suis d'accord avec lui, répéta-t-elle. C'est une bonne idée. Sirius est beaucoup trop évident.
Peter, complètement perdu – et vraisemblablement pas inclus dans leur conversation – décida de replonger ses lèvres dans son verre.
Il devrait pourtant chercher à découvrir leur secret. C'était la mission que le maître lui avait confiée.
Mais il laissa son regard vagabonder dans le bar. Il y avait quelques visages connus de Poudlard, un joueur de Quidditch de Serdaigle – ou de Serpentard, Peter n'était plus très sûr –, une de leur camarade de Poufsouffle, un groupe de Gryffondor plus jeune qu'eux d'une année. En arrivant dans le bar, Sirius avait dû les saluer. Il avait même probablement plaisanté avec eux avant de leur demander de leurs nouvelles.
Si Peter avait fait ça, ils l'auraient tous regardé de travers. Ils ne se souvenaient probablement même pas de lui.
Il tendit l'oreille à la table d'à côté qui parlait Quidditch. Le mot Quidditch était sur toutes les lèvres, avec le Ministre qui songeait à annuler la participation de la Grande-Bretagne à la Coupe du monde de Quidditch. Ça avait fait un de ses foins lorsqu'il l'avait annoncé à la Gazette du sorcier. Il disait que c'était mieux, en temps troublés, de concentrer les efforts du Ministère sur l'arrestation des Mangemorts et de Voldemort.
Peter regretterait un peu que la participation de la Grande-Bretagne soit annulée. Il aimait suivre les résultats de Quidditch et sans la Grande-Bretagne, l'enjeu était un peu moins grand.
Il entendit son nom et chercha du regard celui qui l'appelait.
Ce n'était certainement pas le groupe de Gryffondor assis au fond du bar.
C'était Sirius.
– Qu'est-ce que tu en penses, toi, Peter ?
Il n'en pensait pas grand-chose, parce qu'il ne savait même pas de quoi ils étaient en train de parler.
– Je ne sais pas trop, dit-il, hésitant.
Il but encore une fois à son verre. C'était sa dernière gorgée, mais il avait toujours la gorge sèche et soif. Terriblement soif. Il en recommanderait un dès qu'il verrait le serveur passer.
– Ça te concerne, quand même, dit Lily d'une voix douce.
Elle n'avait pas toujours une voix douce.
A Poudlard, elle avait souvent tendance à les prendre de haut, James, Sirius et lui. Elle avait toujours apprécié Remus. Ils s'entendaient bien, Remus et elle. Peter se demanda pourquoi Remus n'était pas là. Il n'avait pas pensé à poser la question.
James râla et dit :
– Ça nous concerne surtout, nous deux et Harry.
– Mais c'est une sacrée responsabilité et Peter a son mot à dire dans cette histoire, rappela Sirius.
– Qu'est-ce que tu en penses ? demanda Lily.
Peter n'avait toujours pas la moindre idée de ce dont il parlait et il n'avait pas envie de passer pour un crétin en leur demandant.
– Vraiment, je ne sais pas, répéta-t-il.
La bière n'avait pas aidé. Il était toujours aussi nerveux et cette fois-ci, il se gratta l'avant-bras – la marque le démangeait encore.
Alors Lily posa sa main sur la sienne et lui offrit un de ses plus beaux sourires. C'était ce genre de sourires que James vantait à Poudlard.
– Si on te le propose, c'est parce qu'on a confiance en toi et qu'on pense que tu es capable de garder ce secret. Sirius devait en être le Gardien, mais …
– Mais je suis beaucoup trop évident, poursuivit Sirius. Donc je leur ai proposé que tu prennes ma place.
Le Gardien du secret, c'était de cela dont il parlait depuis le début.
Peter écarquilla les yeux et se dandina sur sa chaise, d'excitation et de nervosité mêlées. On lui offrait le secret sur un plateau d'argent. Il n'aurait rien d'autre à faire que de l'annoncer au Seigneur des Ténèbres et il aurait rempli sa mission. Il entrait dans le cercle des puissants et aurait peut-être même son siège d'honneur à côté du maître. Enfin on le respecterait et on arrêterait de le prendre de haut comme s'il n'était qu'un moins que rien.
– C'est vrai, dit Peter. C'est vrai que tu es beaucoup trop évident. Tout le monde savait à Poudlard que tu étais le meilleur ami de James.
Sirius fit de grands gestes dans le vide, sans doute pour approuver ses dires. Sirius avait toujours été très expressif. Il avait aussi toujours aimé se faire remarquer.
– J'accepte, dit Peter.
– Tu en es sûr ? demanda James.
James, lui, n'en était pas sûr, mais leur choix était fait.
– Je sais que c'est une charge difficile à porter, mais je vais le faire, pour vous et je jure de vous protéger.
Lily lui prit à nouveau la main et la serra entre ses doigts.
– Merci, Peter.
Il y avait une certaine reconnaissance dans sa voix, comme si à ses yeux il avait enfin accompli quelque chose de notable.
Elle le trouva sans doute courageux et en un sens Peter l'était. Il lui fallait beaucoup de courage pour affronter Voldemort, mais il lui en aura fallu encore plus pour affronter ses amis.
