Voici un nouveau chapitre ! Ne vous fiez pas à la longueur du chapitre (si on peut appeler ça un chapitre long), celui-ci est presque entièrement constitué d'un dialogue entre nos deux protagonistes. Ce chapitre ne fait pas beaucoup avancer l'histoire mais j'ai bien aimé l'écrire. J'espère qu'il vous plaira !

Bonne lecture !


Chapitre 4: The Declaration long-awaited

Les deux jeunes gens se retrouvèrent à marcher tranquillement dans le parc du lycée. Une légère brise vint faire voler leurs cheveux à son gré. Le soleil était encore haut dans le ciel, venant sans doute du fait qu'il n'était que le début de l'après-midi. Le ciel était bleu et seulement quelques nuages venaient profaner la voûte céleste. Le vent faisait lentement valser les feuilles des arbres, créant un bruissement apaisant.

Ils s'installèrent sous le gros chêne du parc de l'école, à l'ombre du soleil, qui malgré la douce température, était tout de même dangereux pour la peau pâle d'Arthur. Francis, en bon gentleman, avait retiré sa veste et l'avait étalée sur l'herbe pour en faire une nappe de pique-nique sur laquelle il laissa Arthur s'asseoir. Ce dernier l'avait gratifié d'un timide « merci ».

Un étrange mais apaisant silence s'était installé entre eux et aucun des deux étudiants n'avait voulu le briser. Arthur se mit à penser que cette atmosphère était des plus paisibles.

Soudain, il sentit quelque chose de chaud et moite se poser sur sa main qu'il avait posée sur l'herbe. Légèrement surpris, il tourna la tête pour voir de quoi il s'agissait et rougit lorsqu'il découvrit que la « chose » n'était autre que la main de son voisin qui recouvrait la sienne. Son cœur se mit à battre la chamade. Cependant, il ne la retira pas et quitta les mains jointes des yeux pour les tourner vers la vieille bâtisse à une centaine de mètres de là.

La prise se raffermit quelque peu quand Francis comprit que l'anglais n'enlèverait pas sa main. Il joua un peu avec les doigts, caressa la paume, resserrant le tout dans une tendre étreinte. Le plus petit rougissait à vue d'œil et un sourire amusé apparut sur les lèvres du grand blond aux yeux bleus. Il lui faisait peut-être plus d'effet qu'il ne voulait le faire croire.

Francis le regarda sous toutes les coutures, observa ses traits fins mais indéniablement masculins, ses courts cheveux blonds savamment décoiffés qui viraient un peu au doré, sa couleur de peau qui paraissait bien trop blafarde, sa silhouette délicate qui semblait si fragile... Et s'arrêta sur sa main. Si petite au creux de sa paume qu'il avait peur de la briser en mille morceaux s'il la serrait trop fort. Il fronça alors les sourcils en découvrant le poignet du jeune homme strié de cicatrices blêmes mais pourtant visibles.

Il approcha son pouce des stigmates, mais Arthur, ayant perçu le mouvement, arracha sa main de sa prise. Francis fut étonné et surtout blessé par le soudain changement d'attitude de son vis-à-vis.

- Pourquoi moi ? Fit la voix légèrement tremblante d'Arthur, le faisant sortir de sa rêverie.
- Pardon ? Demanda le français.
Arthur soupira fortement et s'écria plus vivement :
- J'ai dit : pourquoi moi ?
- De... De quoi ?

Il tourna brusquement sa tête vers lui et dans ses yeux, derrière les éclairs qu'ils lançaient, pointait une lueur de tristesse.

- Tu sais parfaitement de quoi je parle, Bonnefoy ! Cracha presque l'anglais.
L'autre acquiesça.
- Après tout, pourquoi PAS toi ? Répondit Francis en le regardant dans les yeux.
- Parce que ça n'a aucun sens !
Arthur baissa le regard et poussa un soupir à fendre l'âme. Un air abattu s'inscrivit sur son visage d'ordinaire impassible.

- Qu'est-ce qui n'a aucun sens ? Demanda gentiment Francis, l'incitant à approfondir sa pensée.
- Pourquoi serais-tu intéressé par moi ? Je ne suis même pas une fille !
- Et alors ?
- Je n'ai pas de seins proéminents ou de fesses rebondies !
- Ce n'est pas nécessaire !
- Je suis maigre et petit ! Continua-t-il.
- Tu n'es pas maigre mais fin et cela te donne une jolie silhouette. Et puis, tu n'es pas plus petit que la moyenne.
- Je n'ai pas le QI d'un caniche.

- En général, mes anciennes conquêtes ont celui d'un poisson rouge, mais c'est gentil de leur en accorder plus. Plaisanta le grand blond.
- Je ne suis personne en particulier !
- Ce n'est pas un problème pour moi ! Je pense même que c'est préférable !
- Je suis dans la même classe que toi depuis l'école primaire, mais tu ne m'as jamais remarqué. Pourquoi maintenant ?
- Je ne sais pas. Le coup du hasard sans doute. Mais crois-moi, si je t'avais remarqué plus tôt, ça ferait longtemps qu'on serait amis, voire plus. Poursuivit le français de manière décontractée, et légèrement trop sûr de lui.

Arthur rougit davantage et le même sourire qui ornait d'habitude le beau visage du français revint.

- Tu es bête, Bonnefoy !

Puis, ils regardèrent tous les deux droit devant eux en instaurant un silence, gêné pour l'un, amusé pour l'autre. Le cœur du garçon aux yeux émeraude ne cessait de battre frénétiquement et cela l'agaça au plus haut point. Il détestait plus que tout perdre le contrôle d'une situation et donc de lui-même.

Le vent continuait à faire voler les feuilles causant le même froissement apaisant. Les cours allaient bientôt reprendre, mais Arthur s'en fichait. Il refusait de partir tant qu'il n'aurait pas mis cette affaire au clair.

-C'est drôle ! Recommença Bonnefoy en affichant un grand sourire. Pour la première fois, tu m'as appelé par mon nom.
- Il faut vraiment peu de chose pour te rendre heureux.

Francis éclata de rire. Arthur ignorait ce qui, dans sa phrase, avait bien pu être si drôle. Néanmoins, il ne put empêcher un léger sourire de fleurir sur ses lèvres.

- Tu n'as toujours pas répondu à ma question. Débuta-t-il, ayant attendu que l'autre garçon cesse de rire. Pourquoi serais-tu intéressé par moi plutôt qu'un autre ?

Le grand blond tourna sa tête dans sa direction et ancra ses incroyables yeux bleu azur dans les siens. Il lui sourit de la plus exquise des manières et approcha lentement son visage vers lui. Arthur se refusa à reculer malgré l'envie de fuir qui le prenait. Il ferma brièvement les yeux, cependant rien ne se passa et il se risqua à les ouvrir, d'abord un, puis deux. Le visage de Francis n'était qu'à quelques millimètres seulement du sien. Son souffle chaud balayait ses lèvres et ses joues, et il se sentit frémir malgré lui. Puis le garçon se pencha vers son oreille et murmura :

- Parce que tu es fascinant !

Cela avait été dit d'une manière sensuelle qui fit frissonner l'anglais en sentant ce souffle chaud contre son oreille. Le jeune homme s'éloigna, mais resta tout de même à une distance proche, rivant à nouveau son regard au sien.

- Tu es la plus incroyable personne qui m'ait été donnée de rencontrer. Tu n'es pas comme les autres. Tu n'es pas comme toutes ces greluches qui se dandinent à longueur de journée ou ces gars qui se pavanent et se vantent pour épater la galerie. Tu es tout au naturel. Que ce soit ta façon simple de t'habiller, de laisser tes cheveux tel quel, sans les coiffer et mettre du gel, ta façon d'être, simplement... Et tu es bien plus beau qu'eux. Tu n'es pas superficiel et hypocrite comme ils le sont tous. Tu es mille fois mieux que ces autres. Mille fois plus fabuleux...

Arthur n'avait cessé de rougir à chaque mot prononcé, si bien qu'il ressemblait davantage à une tomate trop mûre qu'à autre chose. Son cœur menaçait à tout instant de sortir de sa poitrine à force de cogner contre sa cage thoracique.

Le jeune étudiant français eut un rire doux et lui caressa tendrement la joue. L'autre jeune homme avait fermé les yeux sous cette caresse. Mais Francis se recula, provoquant comme un grand vide chez Arthur.

- Je pense que tu veux sortir avec moi ! S'exclama le garçon.
- Et qu'est-ce qui te fait penser ça ? Demanda le blond en risquant un regard dans sa direction.
- Tu rougis chaque fois que je t'approche de trop près.
- Est-ce une raison suffisante selon toi, pour affirmer que je veuille sortir avec toi ?
- Je te trouble, ça se voit.
- C'est évident que tu me troubles, tu es la première personne à m'adresser la parole depuis des années.
- Tu sais que tu es vraiment compliqué comme gars. N'importe qui aurait accepté mon offre à la seconde même. Mais toi, je ne sais pas... Tu es vraiment dur à satisfaire.

- C'est justement parce que je ne suis PAS comme les autres.
- Ça, c'est sûr !
- Il faut être vraiment fou pour vouloir me fréquenter. Dit-il sur le ton de l'évidence.
- Ou simplement très amoureux.

Le petit blond se tourna vers lui. Le sourire du garçon l'éblouissait toujours autant. Il en avait assez que ses joues soient un brasier.

- Non, tu es définitivement fou. Ria Arthur.
Cette simple phrase les fit partir dans un long fou rire. Arthur fut le premier à s'arrêter.
- Merci. Dit-il doucement.
- De quoi ? Demanda l'autre garçon, riant encore un peu.
- De m'avoir fait rire.
- Oh ! Il n'y a pas de quoi ! Mais quelque chose me dit que tu ne dois pas rire souvent chez toi.

Le visage du jeune garçon s'assombrit d'un coup et Francis sut qu'il avait fait une gaffe.

- Enfin... Je veux dire... Que... Bah... Vu que tu me remercies de t'avoir fait rire... Enfin... Je pensais que... Essaya-t-il de se rattraper.
- Non ! Tu as raison ! Je ne rigole jamais chez moi !
- Je suis désolé !
- Tu n'as pas à t'excuser si tu ne le penses pas !
- Si... Enfin non ! Enfin, je veux dire que... Je suis vraiment... Désolé.

Un silence plus oppressant suivit ces paroles.

- Écoute ! On ne se connaît pas vraiment... Et ça me ferait vraiment plaisir de découvrir qui est le véritable Arthur. On pourrait... Enfin, tu vois quoi... Essayer de mieux faire connaissance... Et après, tu pourras toujours décider si tu veux qu'on continue à se fréquenter ou pas. Laisse-moi... t'inviter au restaurant. Laisse-nous peut-être une chance.
- Je ne crois pas que ce soit nécessaire. Répondit tristement le jeune blond.
- Pourquoi ? Demanda Francis, désespéré.
- Je ne crois pas que ce soit possible... Entre nous. Nous sommes trop différents. Un large fossé nous sépare. Nous ne venons pas du même monde. Toi, tu es populaire, tu as des amis, tu es le chef du cours de cuisine et du club de théâtre, aimé par toutes les filles et adulé des garçons. Alors que moi, je ne suis personne, je n'ai jamais eu d'ami, je suis solitaire et introverti. Et la seule chose que je sache faire, c'est apporter des problèmes à mon entourage.

Le plus grand lui attrapa une main et le força à le regarder droit dans les yeux.

- Laisse-nous une chance !

Le garçon affichait un regard déterminé et le jeune Arthur se sentit vraiment vulnérable, d'un coup. Il ne pourrait pas refuser, il le savait. Après tout, pourquoi ne pas essayer.

- Bon, d'accord !
Un nouveau sourire éblouissant remplaça la moue décidée.
- Génial ! Alors disons, demain 19h ! Je passerai te chercher !

Et sur ce, le français se releva et partit en courant vers le bâtiment tandis que le jeune anglais se sentit un peu stupide de s'être fait avoir si facilement, mais il était heureux de voir l'autre si radieux.


A bientôt !