Le voyage avait été très agréable. Emmett avait fait de nombreuses blagues qui avaient fait mourir de rire Kimberley et Carlisle était resté aimable jusqu'au bout. Mais, il y avait quelque chose dans l'air qui intriguait la jeun fille, comme s'ils faisaient semblant d'être détendue. Elle voyait ça à la ride d'inquiétude au milieu du front de Carlisle.
Lorsque la voiture arriva devant une maison nichée dans la forêt comme la sienne elle s'inquiéta. Cela devait se voir sur son visage, car Carlisle se retourna vers elle et lui sourit.

- Ne vous-inquiétez pas, Mlle Smith. Nous ne comptons pas vous tuer.

- Ah... Bonne nouvelle, lança-t-elle en essayant de sourire.

N'empêche que cet endroit était parfait, si ils voulaient la faire disparaître. Emmet sortit de la voiture et ouvrit sa portière en effectuant une révérence comique qui fit rire Kim.

- Merci, dit-elle en sortant à son tour.

Elle observa attentivement la grande maison, qu'elle qualifia très vite de charmante. La villa était sans âge, élégante, sans doute centenaire. D'un blanc un peu fané, comportant trois niveaux, rectangulaire, elle avait des proportions harmonieuses. Les portes et les fenêtres étaient d'origines ou avaient été l'objet d'une habile restauration. Elle entendait la rivière, cachée par la forêt obscure. En un sens, celle maison ressemblait beaucoup à celle de Kim.

- C'est une sacrée baraque que vous avez là, dit-t-elle, piquant la réplique qu'avait utilisé Emmett plus tôt.

Carlisle lui tenu la porte alors qu'elle pénétrait dans la maison, sa vague inquiétude ne voulant la quitter. Emmett la suivit, ainsi que le maître de maison, et lui désigna l'étage. Elle monta et, par déduction, entra dans la seule pièce dont la porte était entrouverte.

Elle était spacieuse et accueillit un grand lit, une chaise, une table de bureau et une armoire.
Sur le lit était allongée une jeune fille. Elle avait de longs cheveux noirs ébènes et un teint de porcelaine. Elle était très jolie et semblait dormir.
Autour du lit, plusieurs personnes veillait la jeune fille : un homme d'âge mûr – roux aux surprenants yeux verts –, deux garçons – l'un blond et l'autre blond vénitien –, une femme – très belle, aux traits doux – et deux fille – la première grande et blonde, l'autre petite et brune.

Carlisle la dépassa et entoura de ses bras la femme, l'embrassant sur la joue. Emmet rejoint la top model blonde et posa sa main sur sa taille.

- Et bien... Enchantée, lança-t-elle à l'assistance, hésitante.

Le docteur fit les présentations.

- Mlle Smith, je vous présente ma femme, Esmé, mes enfants adoptifs, Jasper – le blond –, Alice – la petite brune –, Rosalie – la blonde sexy – Edward – celui aux cheveux cuivres. Tu connais déjà Emmett.

Kimberley les gratifia tous d'un sourire aimable.

- Et voici M. O'Connor et sa fille, Evangelynn, finit-il en désignant la jeune fille dans le lit.

- O'Connor ? Jack O'Connor ? demanda-t-elle.

Elle connaissait ce nom.

- Oui.

- C'est vous, l'alchimiste de génie, Jack O'Connor ? insista-t-elle, n'osant y croire. C'est un grand honneur, monsieur !

Le géant roux esquissa un sourire. Il avait l'air très fatigué et ses traits étaient tirés.

- J'imagine que c'est vous qui requérez ma présence, M. O'Connor. Pour votre fille d'après ce que je vois.

- Oui.

Les autres spectateurs de cet échange étaient toujours silencieux, mais l'observaient avec intérêt, surtout le blond – qui se tenait en retrait et qui avait comme une expression de souffrance sur le visage qui la peina sans qu'elle sache pourquoi.

- Kimberley, reprit l'alchimiste. J'ai besoin de vos talents.

Jack O'Connor avait vraiment l'ai de souffrir. Pourtant, Evangelynn avait seulement l'air de dormir. De là où elle était, Kim voyait sa poitrine se soulever, signe qu'elle était en vie. Elle s'approcha du lit et s'assit sur la chaise à côté. Elle empoigna le bras de la jeune fille étendue, le tira au-dessus de la couverture et prit son pouls.
Il était régulier.
Kim fronça les sourcils et mit une main sous la frange ébène, prenant sa température et la comparant à celle de son propre front.

- Je peux savoir ce qui est arrivé à votre fille ? Son état semble stable.

- Une voiture lui a foncé dedans et elle l'a évité de justesse, raconta Jack. Mais elle est tombée et s'est évanouit.

Kimberley leva les yeux vers Carlisle.

- Je suis désolée, mais je ne vois pas très bien en quoi cela requière ma présence ? Un simple séjour à l'hôpital et elle devrait être remise sur pieds, non ? Exposa-t-elle, confuse.

- En temps normal, oui, dit le docteur Cullen. Mais cela fait trois semaines qu'elle devrait être réveillée.

Elle ouvrit la bouche, abasourdie.

Trois semaines ?

Elle reposa le regard sur la jeune Evangelynn, gardant le silence, réfléchissant profondément.

- Elle est médium, pas vrai ? demanda brusquement Kim. Sinon, ce n'est pas moi que vous aurez appelé.

Jack açquiesça.

- Entre autres, mais effectivement, Evangelynn est médium.

- Je vois.

Kimberley se leva et approcha l'alchimiste.

- Je peux l'examiner ?

- Faîtes.

Elle sourit.

- Merci.

Et elle se rassit, prenant une nouvelle fois le pouls et la température de le jeune fille. Puis elle se pencha, écarta délicatement ses paupière et observa l'iris de l'œil droit. Elle émit un petit bruit et examina l'autre, puis passa ensuite à son crâne. Au bout d'un moment, son éternel sourire se mua en quelque chose de plus lugubre.

- Je n'arrive pas à y croire.

Elle leva la tête, dévisagea Jack O'Connor et se concentra de nouveau sur sa patiente.

- Vous étiez vraiment le meilleur dans votre genre, Jack. C'est un travail de pro. Un miracle, ce que vous avez accomplis.

Il parut inquiet, comme si il savait ce qu'elle venait de découvrir. Le garçon blond vénitien fronça les sourcils et fixa l'alchimiste.

- De quoi elle parle ?

Jack baissa les yeux, faisant comprendre quelque chose à Kim, qui pressa sa main sur sa bouche, désolée.

- Oops... Ils ne sont pas au courant ? compris-t-elle un peu trop tard.

- Vous allez vous expliquer, Kimberley ? rugit Edward.

- Je ne sais pas si... commença-t-elle en ne quittant pas Jack des yeux, cherchant son accord.

Il hocha la tête, d'un air résigné qui inquiéta plus encore les membres de la famille Cullen.

- Eh bien, comment dire... C'est un peu délicat, essaya-t-elle d'expliquer en tentant de les ménager, l'air confuse. Cette fille est, comme qui dirait... un golem.