Réponse à vos review :
Miharulaboulette : j'ai vu l'évolution de la psychologie de Kíli se développer dans les deux derniers chapitres. Dans celui-ci, je doute un peu. Pour ce qui serait de la vision de Smaug... je pensais faire des chapitres annexes à la fin de cette fiction ou en interlude pour me faire pardonner du temps entre chaque chapitre. Et la vision du monde qu'il donne à Kíli... est plus pour être sûr qu'il ne voudra jamais sortir. S'assurer, que son petit dragonneau reste sagement à la maison.
Je suis aussi contente que le dialogue finale entre Ori et Fili ne ressemble pas à du remplissage. Lorsque je l'ai écrit, c'est ce que j'avais comme impression... Et comme pour Balin qui expliquait l'agissement de Fili dans le chapitre un, Ori était le seul avec qui j'imagine la scène finale du chapitre deux.
Et oui ! Avoir de l'or, c'est bien, sauf quand on a des enfants ! Merci de ta lecture, et que ce chapitre-ci te plaise tout autant (j'espère qu'il est bien corrigé aussi !)
CalamityDeath : voici donc la suite. En espérant qu'elle te plaise aussi ! Mais il m'avait semblait que je te l'avais expliqué avant pourquoi il appelait ainsi Smaug, non ?
Alessa Da Venezia : savoir qu'une histoire plaît à des lectrices (lecteurs ?) me touche vraiment. Savoir, en plus, qu'elle émue... ça me donne vraiment envie de poursuivre (et de sautiller partout !). Je te remercie pour tes encouragements et tes félicitations, voici donc la suite attendue. En espérant qu'elle te plaise comme les chapitres précédents !
Lovy : Nania a été tuée, remplacée par je ne saurais dire combien d'autres filles (dont une anonyme dans ce chapitre). Si tu n'aimes pas Geunoa, tu ne risques pas de l'apprécier dans ce chapitre-ci aussi.
Je sors surement de l'ordinaire, mais crois-moi, je suis pas la pire ! Dans le fan-dom anglais tu trouves tout un tas de fan-fiction beaucoup plus horrible que ce que moi j'écris.
Kíli ne réagit pas par habitude de voir tant de cadavre, il en est entouré après tout : il reste des squelettes de nains...
Ce chapitre-ci pourrait peut-être te « réconforter » par rapport aux précédents ...
Ivhiy : je n'avais pas pensé à faire intervenir des femmes. Le problème était que Smaug ne pouvait pas s'occuper d'un petit garçon. Surtout lorsqu'il partait à la chasse. J'ai pensé à un OC permanant, avant de me dire que, finalement, ça ne collerait pas. J'ai reçu (pour une magnifique note en anglais : une chose rare !) Bilbo le Hobbit il y a quelque temps et j'ai lu que Smaug kidnappait des femmes pour les manger. D'où l'idée.
Je suis vraiment ravie que vous ne preniez pas la fin comme du superflu !
Avant lecture :
Ce chapitre fut long à écrire, et, comme chaque fois, je n'en suis pas si fière que cela. Le chapitre deux me paraissaient beaucoup mieux. Finalement, vous ne saurez que dans le chapitre prochain si Kíli sait se battre ou non. Ainsi que les raisons pour lesquelles il a peur que Geunoa découvre les forges.
Pour ceux qui ne l'aiment pas cette humaine, vous allez encore avoir de quoi là haïr !
Oui, il y a, finalement, une partie avec la Compagnie. La partie avec Fili se passe environ... deux jours avant que Kíli n'aille en douce dans les forges.
Bonne lecture !
Dragon Born
Chapitre Trois
- Fíli, ce n'est en rien pour te vexer que je tiens cette conversation avec toi. J'ai promis à ta mère que je te ramènerai en vie.
- Je le sais mon Oncle.
Thorïn sembla soupirer. Habitude royale après tout. Même devant des membres de la famille, on ne se relâche pas. Aussi légèrement soit-il !
- Si cette porte dérobée mène à une pièce que vous connaissiez, si tu tombes sur un objet qui l'appréciait ou sur quelque chose qui te le rappel, comment réagiras-tu ? Avec sagesse ou haine ? Personne n'est aveugle ici, Fíli. Nous voyons parfaitement tes réactions, nous ressentons sans complexe la rage qui t'attire vers notre maison. Une fois en Erebor, je veux être sûr que tu nous ne mèneras pas à notre perte.
- Je ne suis plus un enfant mon oncle. Je saurais me retenir, rester discret. J'ai attendu tellement d'années, je me refuse la moindre erreur. J'ai juré sur sa tombe que ce dragon ne s'en sortira pas vivant, qu'il paiera pour sa mort, celles des autres nains et la perte de notre Royaume. J'ai juré mon oncle. Et cette promesse-là, je la tiendrais jusqu'au bout.
Thorïn posa une main sur l'épaule de son neveu. Il serra cette dernière, transmettant un mélange de réconfort et de soutien. Lui-même avait fait cette même promesse ; pas uniquement au petit brun qu'il avait connu durant trop peu de temps. Mais à la mère des deux enfants.
- Il doit être fier d'avoir un frère tel que toi, Fíli. N'en doute pas une seconde.
Le blond baissa les yeux. Il devait avoir une certaine vérité dans les paroles de son oncle. Bon nombre de nains avaient juré venger leurs proches décédés, mais peu d'entre eux avaient accepté de rejoindre la Compagnie. De l'autre côté, comment Kíli pouvait-il être fier de lui au Mandos ? Lui qui l'avait abandonné.
Il secoua la tête. Il ne pouvait pas y penser maintenant. Pour être exact, il ne devait pas ! Ce n'était pas le moment. Si le blond commençait maintenant, il ne pourrait retenir la promesse qu'il avait formulée à son oncle : il ne se retiendrait pas.
Fíli rassembla toutes ses affaires et rejoint les autres.
Son regard se posa sur la montagne embrumée. Ses yeux bleus brillèrent par le sentiment qui animé son corps entier.
Le blond déglutit, sentant son cœur battre rapidement dans sa poitrine, il ressentait les battements dans sa jugulaire, dans ses poignets : son sang coulait dans ses veines, partait des artères pour en revenir. De plus en plus vite, presque violemment. Pour la première fois depuis des années, Fíli se sentit vivant !
- Allons-y mes amis ! dit Thorïn de sa voix sombre, vibrant dans sa poitrine résonnant le long de l'échine de ses compagnons, Partons reprendre ce qui nous appartient ! Allons reconquérir Erebor !
Chacun cria à la victoire prochaine, levant la hache ou l'épée vers l'aube naissante.
Et, pendant que le soleil débutait son levé, ils partirent.
Vers la Montagne Solitaire.
Vers leur maison.
Fíli donna un dernier regard sur les deux portraits qu'Ori lui avait offert. Cette fois-ci serait la bonne. Il ne retrouverait pas uniquement sa maison, son héritage et son Histoire. Après tant d'années, il partait retrouver son bébé-frère.
…
Kíli se souvenait de la première fois qu'il avait découvert les forges.
Smaug était parti à la chasse. Il avait fait comprendre que ce jour-là était très particulier. Qu'une année entière s'était écoulée comme un long fleuve tranquille, et qu'il était temps, comme les années précédentes, de fêter dignement l'anniversaire.
Le jeune brun n'avait pas vraiment compris. La notion d'anniversaire et celle d'année n'était que trop vague. Il comprenait les jours, les nuits, les semaines et les mois, grâce aux filles. Mais jamais l'une d'entre elle n'avait pu vivre plus de douze mois en Erebor. Elles finissaient toutes par craquer, par dépasser les bornes, ou simplement attenter à sa vie. Par haine ou pour une soi-disante « libération ».
Kíli sauta sur une partie inférieure d'un escalier brisé. Le jeune nain manqua de tomber, une violente douleur dans la cheville. Déglutissant difficilement, il accéléra ses foulées, la peur déformant les traits de son visage.
Ce n'était pas la première fois que l'une d'entre elle finissait par péter les plombs. En revanche, c'était bien la première fois qu'elle organisait à ce point son idée de meurtre. Elle lui avait pris les seuls poignards qu'il avait trouvés sur d'anciens squelettes nains, elle avait attendu que Smaug parte en chasse pour le dîner des jours prochains, pour exécuter son plan.
Le prince d'Erebor ne savait même plus comment il avait réussi à se libérer de la poigne de fer de l'humaine, héritant tout de même d'une profonde blessure dans l'épaule gauche.
Kíli avait beau regarder partout, il ne voyait rien qui permettrait de l'aider à se défendre, où un simple endroit pour reprendre son souffle, un endroit où se cacher le temps que son père revienne.
Il avait peur.
Terriblement peur.
Ses poils se hérissaient sur sa nuque, des frissons glacés parcourraient son corps à intervalles réguliers, et qui semblaient se rapprocher de secondes en secondes. À tel point que le brun était sûr et certain qu'il tremblerait sans interruption dans les prochaines minutes.
- Reviens ici sale petit rat ! Reviens me rendre tout ce que tu m'as volé !
Pour prendre le virage à droite, sans foncer dans le mur en face, il s'obligea à attraper le coin de la cloison au tournant. Ses pieds grincèrent sur le marbre. Le son résonna longuement le long des couloirs. Le bruit fut si horrible qu'il en frissonna.
- Tu ne courras pas éternellement. Tu me le payeras d'une façon ou d'une autre !
Kíli se cacha derrière une tapisserie rongée par les mites, dans un coin sombre, se collant au plus à l'alcôve peu profonde dans son dos. Il y avait une petite porte, plus loin. Aller se précipiter dans cette dite pièce était risqué, jusqu'à ce qu'elle arrive, en tout cas. Après tout, la porte pouvait être fermée...
- Allez Kíli ! Qu'est-ce que tu risques ? Ce monstre t'a perverti ! Il n'est pas ton père ! Tu dois retourner auprès des tiens !
Le jeune brun, frissonna par haine. Smaug était peut-être une bête, mais il était gentil ! Après-tout, après tout ce temps passé, Kíli était toujours en vie, en bonne santé, énormément choyé par le dragon, parfaitement éduqué. Bon sang ! Pourquoi aucune d'entre elle ne comprenait pas ?
Il est vrai qu'en restant avec eux, elles ne pouvaient plus voir leur famille. Il fallait juste oublier, comme il l'avait fait. Si bien, qu'il ne se souvenait même plus, d'avoir oublier les moments avant l'attaque de Smaug. Le nain ne souffrait donc pas. Et il vivait désormais heureux.
Kíli se retint difficilement de lui répliquer qu'elle se trompait du tout au tout. S'il le faisait et il ne garantissait pas sa survie. Smaug ne reviendrait pas avant un bout de temps. Le brun angoissait à ce sujet.
La femme continua sa route, il attendit quelques minutes, s'assura qu'elle était bien partie et fonça vers la porte qu'il avait repérée. Par miracle (ou par chance), elle s'ouvrit sans difficulté, et se ferma sans le moindre petit grincement.
Cette pièce sentait l'acier brûlé, le métal fondu. L'air glacial paressait étonnement lourd, presque irrespirable par la chaleur ancienne. Elle était plongée dans l'obscurité totale. C'est par habitude, ou par génétique, que ses iris s'habituèrent rapidement à l'environnement sombre.
Kíli discerna des cheminées sans combinées, des longs pochoirs en forme de lames dont certain étaient remplis mais au lames imparfaites. Sur des tables en fer, était posé une multitude de marteaux et de pinces.
Il s'aida de la faible lueur de l'Arkenstone pour se promener le long de cette salle, sans fin. Il observait tout autour de lui, faisant attention où il posait les pieds. S'il buttait dans quelque chose, la fille pourrait le retrouver. Seul Mahal sait ce qui pourrait s'en suivre.
Le nain n'avait jamais vu un tel endroit. Pourtant, il avait parcouru les entrailles de la montagne de nombreuses fois. Il pensait avoir connu chaque recoin de celle-ci.
Kíli fut attiré par des reflets à quelques pas de lui. Des lames reposées sur les tables, poussiéreuses, mais brillantes avec la douce lueur de la pierre bleutée. Il s'approcha des armes blanches, plissant les yeux pour repérer les détails.
Il n'était pas très grand. La fille lui donnait l'âge de dix ans en équivalence humaine. Et ces lames le dépassaient en hauteur. Pourtant, dès qu'il put les avoir en main, elles furent si légères que s'en était déconcertant. En lui, quelque chose se passa. Il savait comment en forger lui-même, il savait comment procéder. Il voyait comment faire bien qu'il n'ait jamais eu de connaissance pour. C'était dans ses veines, dans ses gênes.
Un sourire grandit sur son visage. Oui. Il voulait en créer ! En sculpter, en graver ! Il voulait suer dans cette pièce, il voulait faire du bruit dans cette pièce. Il le ferait. C'était presque instinctif pour lui. Obligatoire même.
Kíli comprit enfin pourquoi les premiers regardes des femmes elfes étaient emplis de dégoût avant d'être teinté de pitié. Dans les quelques livres d'histoires, il n'avait pas saisi la notion de « guerres » et « tensions », maintenant, si. Le brun ignorait s'il devait être fier ou non. Il se sentait nain tout comme il se sentait dragon (n'était-il pas le fils d'un des derniers dragons après tout ?).
Ses réflexions prirent fin quand la porte claqua et qu'un cri de rage fusa dans la pièce sombre.
Il n'attendit pas longtemps pour se jeter contre son adversaire. Maintenant armé, il n'avait aucune raison de fuir.
Kíli para et attaqua comme s'il avait combattu toute sa vie. Pourtant, seules quelques guerrières elfes lui ont enseignées comment asséner quelques coups, primordiales. En somme, de quoi assurer sa survie. Sauf qu'à ce moment même, le prince brun enchaînait les coups d'une vitesse rapide, des mouvements raides, des coups précis. Si forger des armes étaient dans ses gênes, alors il en était de même pour l'art du combat. Il le savait. Kíli le sentait.
Le nain accula l'humaine jusqu'à un mur. D'un coup de genou dans le poignet, il l'obligea à lâcher son arme. L'enfant de Durin –bien qu'il ignorait tout de sa lignée- posa la pointe de la lame dans la peau fine de la gorge.
- Excuse-toi et je te laisse la vie sauve.
- Rends-moi à ma famille et je m'excuserai !
- Personne ne sort d'ici et tu le sais !
La femme ricana, ni de joie ni de peur, mais d'une haine qu'elle avait enfouit dans son cœur durant ces quatre derniers mois.
- Un jour, ton « père » ramènera la fausse personne. Et elle le tuera. Toi avec ! C'est tout ce que vous mé...
Jamais elle ne put finir sa phrase. Elle hoqueta, les yeux révulsés. Du sang éclaboussa son menton et le haut de sa robe. Un horrible gargouillis de sang se fit entendre au niveau de ses cordes vocales, là où la lame avait trouvé sa place pour s'encastrer dans le mur.
Sans un dernier regard, il partit en boitillant dans le couloir. Il chercheait une torche. Il devait allumer un feu, et remettre ses forges en fonctionnement. Kíli se devait de forger ses propres lames, ses épées, ses dagues, ses haches. Il n'en aurait surement aucune utilité, mais cela l'occuperait.
Le nain se ficha de l'horrible douleur qui se propageait dans sa jambe : il continuait d'avancer, droit devant lui, à la recherche d'une misérable torche. Sautant par-dessus des marches effondrées, escaladant des monticules de pierres, il dî revenir jusqu'à la salle aux trésors. Faisant bien attention à ne pas se brûler, il attrapa une source de lumière. Et sans le moindre complexe, l'enfant retourna dans les forges, ses yeux bruns suivant le mouvement des flammes dansantes.
Un tendre sourire fleurit sur ses lèvres.
Kíli se redressa souplement sur ses jambes. Le froid le fit à peine frissonner. Il caressa avec tendresse les écailles rougeoyantes de Smaug –s'attirant un grondement d'apaisement de la part de l'énorme créature endormie. Ses pas sur le tas d'or furent d'une extrême légèreté : pas même un tout petit joyau tomba. Sur le sol de marbre, le brun lança un regard suspicieux à Geunoa. Il s'assura qu'elle dormait profondément, jusqu'à ce qu'il ne l'ait plus dans son champ de vision.
Toujours sans bruit, le jeune prince avança, son chemin éclairait par l'Arkenstone. Par moment, il s'arrêtait au détour d'un couloir, renfermant la pierre sous son cuir et attendait longuement. Sa respiration devenait inaudible et ses yeux brillaient dans la totale obscurité. Dans un coin, il entendait et épiait le moindre mouvement. Il étudiait le moindre bruit. Depuis quelques jours, Geunoa lui donnait une impression étrange de sa présence. Un sentiment qu'il n'avait, jusque-là, jamais ressenti de la part des autres femmes.
Enfin, lorsqu'il fut assuré que personne ne le suivait, il reprit sa marche, par des foulées chaque fois un peu plus rapide. Comme à son habitude, Kíli sauta par-dessus des marches effondrées, se baissa pour éviter certaines poutres toutes aussi démantelées. Il s'arrêta encore une ou deux fois, attendant presque une heure à chacun de ses arrêts. Il n'osait imaginer ce qui pourrait se passer, si Geunoa découvrait là où il se rendait : dans les forges.
Le nain appréciait sa compagnie. Elle le prenait toujours dans ses bras -plus pour se consoler elle-même que pour l'étreindre. Elle posait beaucoup de questions, certes. Il lui répondait assez vaguement. Dès qu'il finissait une explication, à la différence des autres invitées qu'il avait déjà eu, elle ne le jugeait pas. Le brun ressentait toutefois une certaine frayeur lorsqu'il écoutait les propos tenus par la femme ; il savait pertinemment qu'elle n'hésiterait pas à tuer son père pour retrouver sa liberté. Alors, si elle découvrait les forges et ce qu'il y avait à l'intérieur... Kíli n'oserait imaginer ce qu'il pourrait se passer.
Si Smaug se faisait tuer, que deviendrait-il ? L'humaine ne le tuerait peut-être pas, mais pour quel prix ne le ferait-elle pas ?
En se posant ces questions à répétitions et bien d'autres encore, il entrebâilla la porte des forges, et se glissa sans bruit à l'intérieur de la salle. Kíli s'enferma à l'intérieur.
Sans vraiment savoir que ce jour là aller marquer un tournant dans sa vie...
…
Geunoa jura silencieusement entre ses dents. Il lui fallait de ce pas une nouvelle robe ! L'actuelle était de nouveau tâchée du sang de leur repas de la veille. Ce n'est pas que la jeune femme n'aimait pas la viande (et quand bien même elle n'aimait pas, il s'agit de l'unique type de nourriture), c'est le sang de ces pauvres bêtes qu'elle ne supportait pas ! En particulier, sur ses propres habits.
Kíli lui avait bien dit qu'elle en aurait une autre aujourd'hui : il avait trouvé des appartements plus loin dans les salles dont lui seul connaissait le chemin. Le brun lui avait promis qu'elle n'aurait qu'à le réveiller au petit matin et qu'il irait lui en cherchait une. Cela ne lui plaisait pas tant que cela... après tout, elle était une humaine et non une naine ! Les robes ou les vêtements qu'il pourrait dénicher seraient bien trop petits. Un soupir franchit ses lèvres.
C'était ça ou sa robe parsemée de taches de sang.
Le second problème qui se posait à elle, était que Kíli ne se trouvait absolument pas dans les environs ! Ni dans cette salle au trésor, ni dans l'ancienne salle du trône. Impossible de savoir où il était passé.
Geunoa était dans une rage folle ! Elle ne pouvait pas rester plus longtemps dans une robe sale ! Ainsi que seule dans la même pièce que la monstruosité qu'était Smaug ! Le dragon dormait peut-être. Mais elle gardait la peur de se faire dévorer dès qu'il ouvrirait ses pupilles rouges.
Enfin, après une éternité, elle entendit quelques pièces chuter dans une coupelle (avec le temps, Geunoa avait apprit a différencier les bruits). Sans bruit, elle se dirigea d'un pas rapide et ô combien furieux vers la zone de cette soudaine tonalité. Elle gronderait doucement Kíli ; Geunoa lui avait répété plus de cent fois qu'elle haïssait le sang sur ses vêtements. C'était horriblement malsain et inapproprié pour une Dame de son rang ! Surtout que les secours pouvaient venir pour elle n'importe quand : il était donc hors de question qu'elle les accueille dans des habits salie par du sang d'animaux. Comment réagiraeint ses sauveurs dans le cas contraire ?
De surcroît, Kíli possédait de nouveaux apparats. D'un joli bleu royal. La couleur qu'elle voyait énormément avant, à Laketown...
Geunoa se figea. Beaucoup de sentiments défilèrent sur son visage : joie, apaisement, soulagement, peur, horreur, terreur, angoisse. Elle en avait tellement rêvé, qu'elle ne pouvait croire à ce qu'il se passait sous ses yeux.
- Que les seigneurs soient loués et priés ! chuchota-t-elle très bas
Elle ne laissa pas le temps au pauvre petit-homme se reculer, crier de surprise ou faire quoi que ce soit d'autre ! Elle l'étreignit violemment, versant de nombreuses larmes silencieuses. Geunoa ne devait pas réveiller Smaug.
- Je savais que mes parents viendraient me délivrer ! Je l'ai toujours su !
- Je-euh... Qui... Qui êtes vous ?
La jeune femme brune grimaça. Soit cet humain odieusement court sur patte n'avait pas été mis au courant de son sauvetage, soit ce n'était qu'un voyageur énormément crétin, soit elle n'était que dans un rêve. Seul Mahal savait à quel point Geunoa avait peur que ce ne soit sa troisième option.
- Geunoa, fille de Gaeopo, l'une des plus grandes familles de Laketown voyons ! Mes aïeux ont noué une relation très importante avec les elfes !
Le petit homme auburn fronça ses fins sourcils, réfléchit un instant pour reprendre la discution.
- Votre portrait dans les rues n'est pas très ressemblant. Vous avez perdu du poids et... que diable faites-vous ici ?
- Je pourrais vous posez la même question maître... ?
- Baggins. Bilbo Baggins, honorable et respectable hobbit de la Comtée.
Hobbit ? Qu'était-ce dont qu'un hobbit ? Le garçon était plus petit qu'un nain, imberbe et marchés pieds-nus ? D'accord, elle rêvait. Un bien mauvais rêve.
- Je fais partie de la Compagnie de Thorïn Oakenshield. Il est venu reconquérir son royaume. Nous avons trouvé un petit passage dérobé, et ils m'ont envoyés ici pour trouver un moyen de faire sortir Smaug.
C'était plus pour dérober au dragon l'Arkenstone. Mais Bilbo ne pouvait décemment pas parler de ce genre de méfait à une demoiselle.
- Smaug... m'a enlevé... dit-elle dans le même chuchotement imperceptible après de nombreuses minutes, Il y a des mois de ça. Je ne... suis pas seule. Il y a un nain avec moi... Kíli qu'il s'appelle et...
- Kíli ? coupa Bilbo, se fichant bien d'avoir coupé la parole à l'humaine, Le neveu de Thorïn Oakenshield ?
- Je ne suis pas au courant de sa famille, je connais à peine les noms des anciens nobles d'Erebor. Je sais juste qu'il est ici depuis son enfance...
Le cambrioleur ouvrit la bouche pour la refermer. Cela ne pouvait être possible. Smaug enlevé des jeunes femmes pour les dévorer, à quoi ce petit garçon –dont il ne connaissait que le nom- lui aurait été d'une quelconque utilité ? Pourquoi le garder en vie ? Le hobbit secoua sa tête, non, ce n'était pas le moment de penser à tout cela. Il fallait partir, et vite.
- Je vous montre le chemin. Pour sortir d'ici.
- Bi- commença la jeune femme, Non ! J'ignore où il est. Et je ne peux pas prendre le risque de vous accompagner sans lui. Vous comprenez ? Kíli et moi, faisons partie de son trésor, si je venais à être introuvable, il tuerait ce pauvre nain...
Surtout qu'elle ne pouvait pas partir comme ça. Kíli possédait encore l'Arkenstone. Le nain le rendrait à Thorïn, fils de Thrain, fils de Thror. Geunoa ne pouvait permettre cela. Si elle ne pouvait pas être la future reine de ses lieux, alors, elle devait au moins avoir cette pierre. Elle saurait la cacher sur elle, comme elle avait réussi à cacher un coutelas sous son ancien corset.
- Très bien. Ne vous en faites pas, souffla Bilbo. Allez le plus loin possible d'ici. Retrouvez votre ami, prévenez-le. Je serais de retour ce soir ou demain. Partez maintenant.
Geunoa hocha vivement sa tête, n'osant croire à sa chance. Elle serait libre, bientôt ! L'Arkenstone dans ses mains. Kíli le lui donnera de gré, ou de force. Geunoa possédera cette magnifique pierre. Quitte à ce qu'elle soit obligée de tuer son compagnon d'infortune.
Bilbo l'observa partir. Il reposa la coupe sur le sol, silencieusement, prenant tout son temps, il y plaça pièce et pierres précieuses. Le hobbit lança des regards vers Smaug –qui repliait toujours plus ses ailes- puis vers Geunoa –qu'il aperçut changer de salle.
Il se redressa, compta mentalement jusqu'à trois, et rebroussa le chemin, allant aussi vite que ses petites jambes lui permettaient. Le cambrioleur jeta tour à tour les pièces çà et là sur son chemin ; si Smaug était à ce point fou de l'or, il s'arrêterait pour les ramasser. Bilbo ignorait combien de temps il lui faudrait pour retourner dehors et à ses amis pour se cacher si le dragon le poursuivait pour récupérer son butin.
Déjà, dans les profondeurs de l'ancien royaume, il perçut un grognement terrible. Le sol trembla sous ses pieds, le forçant à accélérer. Peu importe combien son cœur martelait dans sa poitrine, combien il avait l'impression de ne plus pouvoir respirer ! Il devait prévenir ses amis, ses nains.
Le hurlement dura bien longtemps. Ses paupières fermées, Bilbo le hobbit cru à chaque seconde écoulée que son heure était venue. Le semi-homme gardait cette désagréable impression de jambes lourdes et de faire du sur-place. À aucun moment il n'eut envie de porter son anneau magique. Ce dernier pesé pourtant bien lourd dans le fond de sa poche...
Des étincelles dansèrent dans son regard lorsqu'il débouchant enfin dehors. Thorïn le réceptionna avant qu'il ne trébuche sur le sol. Il ne raconta pas ce qu'il avait fait pour attirer les hurlements de la bête, ni de répondre aux questions que les autres membres de la Compagnie posaient tous en même temps. Entre ses inspirations hachées, il se contenta de parler en priorité à Fíli et à son oncle :
- Il y a une femme... Geunoa fille de Gaeopo... vivante avec... Smaug. Elle m'a dit qu'elle... n'est pas seule... qu'il y avait un nain... avec elle. Et il se nomme... Kíli.
Aucun n'eut le loisir de parler, de poser d'autres questions, d'avoir un espoir infini se peindre plus longtemps dans leurs yeux : un vent fort se leva et un rugissement monstrueux se rapprocha...
…
- KÍLI ! KÍLI ! KÍLIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !
Geunoa avait tellement hâte de partir d'ici, d'avoir l'Arkenstone rien que pour elle... Elle allait enfin pouvoir reprendre une vie normale, revoir ses parents, être même adulée par Laketown entier pour avoir survécu à Smaug.
Alors, elle hurlait le nom du nain, espérant couvrir les rugissements incessants et insupportables de la bête ailée.
Enfin, elle le vit accourir, le visage paniqué. Elle ne fit pas attention aux manches relever ainsi qu'à son corps reluisant de sueur, ni aux petits poignards bien plus scintillant qu'une lame normale, accrochée sagement à la ceinture. En revanche, Kíli, lui, remarqua parfaitement son sourire de prédateur.
- Nous allons être libres Kíli ! Libres !
- To Be Continued -
* Geunoa, fille de Gaeopo : Pour le nom de son père, je me suis inspirer du nom du hibou dans Legend of Zelda Ocarina of Time et du nom du père de Zelda dans Legend of Zelda Skyward Sword : Geaopora. Ouais, en gros, j'ai retiré qu'une syllabe. Mais ça faisait plus classe !
Je peux vous suggérer que la fin de cette fanfiction est surement proche... La "rencontre" des deux frères est proches en tout cas. Elle est déjà écrite dans un de mes innombrables brouillons écrit en cours (je suis attentive. Sauf lorsqu'on regarde un film dont j'ai pas vu le début et auquel j'y pige rien. Parce que regarder un film en américain (ça parle trop vite pour moi) avec des sous-titres en allemand alors que je fais espagnol c'est pas folichon !) mais j'ignore si je clos le prochain chapitre -non écrit- avec...
J'espère que celui-ci vous a plus !
A bientôt mes poussins !
