Et voilà, j'ai fini mon premier ship ... ça fait bizarre. J'espère que j'ai été à la hauteur !
4 – La jeune adoratrice de wraith avait eu raison. Elle avait bel et bien tué McKay. Empoisonné pour être plus exact. Un poison lent bien sûr. Les wraiths voulaient que l'humain qui avait osé les défier meure dans de terribles souffrances. Et ce serait le cas s'ils ne trouvaient pas l'antidote, Beckett lui donnait encore quelques jours, pas plus. Déjà, les dégâts provoqués par la toxine courant dans ses veines se faisaient sentir. Crises d'épilepsie, pertes de conscience, vomissements …
L'analyse des piques avait révélé la présence d'une toxine puissante. Une toxine d'origine naturelle. Le docteur Katie Brown avait identifié la plante dont elle était tirée. Elle s'apparentait à l'Aconit terrienne et poussait sur plusieurs planètes. L'équipe de Sheppard allait donc partir à la chasse à l'Aconit Pégasienne. C'était une question de temps … le problème, c'était que c'était justement, ce dont ils manquaient. Beckett et son équipe menaient une course contre la montre mais l'état de McKay avait terriblement empiré ces dernières heures et maintenant, ils n'avaient plus le choix. La chambre de stase était sa seule chance de survie en attendant qu'ils produisent l'antidote.
Sam observa Rodney faire ses adieux -- non, pas des adieux, juste … juste un petit « au revoir et à bientôt ». Teyla était agenouillée près du fauteuil roulant et avait posé son front contre celui de Rodney, ce qui était, elle l'avait appris, un geste d'affection mais aussi de respect chez les Athosiens ; Dex se pencha vers Rodney l'air menaçant puis il le prit brusquement dans ses bras et lui frotta les cheveux en riant, élicitant un petit couinement de la part du malheureux scientifique. Vint ensuite le tour de Sheppard. Sam détourna les yeux. Elle avait l'impression de violer l'intimité de ces quatre personnes mais la curiosité fut la plus forte.
Sheppard parlait à voix basse à McKay et celui-ci lui répondait d'un signe de tête. On pouvait lire la peur dans ses yeux ... peur de mourir, peur d'entrer dans la chambre de stase, peur de quitter ses amis, Atlantis. Certainement un peu de tout ça à la fois. Des larmes coulaient sur son visage et Sheppard les essuya doucement. Sam ignorait ce qu'il lui disait mais McKay finit par prendre une large inspiration et hocha la tête. Sheppard l'aida à se lever et à entrer dans l'habitacle de la chambre de stase. Sheppard lui serra gentiment l'épaule puis laissa Beckett s'occuper de lui.
« Colonel ? »
Sam leva les yeux vers Zelenka et hocha la tête. Elle se pencha vers la console et entra le code de déverrouillage de la chambre. La coque en verre se referma lentement. McKay combattit un moment les effets des gaz cryogéniques puis ses yeux se fermèrent.
Huit jours après l'attaque
Sam entra dans le labo et se dirigea vers les consoles. Elle hocha la tête en voyant que tout était en ordre, puis elle s'installa dans la chaise qui se trouvait juste en face de la chambre de stase.
« Ok, McKay, où en étions nous, ah, oui. L'arrivée à Fondcombe. » Et elle commença sa lecture.
Elle venait ici tous les jours sous prétexte bien entendu de vérifier l'équipement. C'était un alibi tout à fait plausible, ils avaient eu du mal à réparer la chambre de stase.
Sam savait que McKay aimait tout particulièrement Le Seigneur des Anneaux. Ca lui avait paru étonnant compte tenu du monde fantaisiste décrit dans la fameuse trilogie. A ses yeux, fantaisie et McKay ne faisaient guère bon ménage … Elle soupira, elle s'était vraiment trompée sur le compte de McKay, non ?
Plus elle en apprenait sur lui et plus elle se disait qu'elle avait été particulièrement injuste avec lui … ok, elle s'était un peu conduite comme une harpie. Ou comme la vieille fille qu'elle était en fin de compte. Qu'est-ce que ça lui aurait coûté de dîner, ne serait-ce qu'une seule fois, avec lui, hein ? Ce n'était pas comme si son carnet de bal était plein ! Et maintenant … maintenant, elle n'aurait peut-être plus cette chance.
Sheppard était revenu bredouille de ces deux dernières expéditions, il était reparti il y avait de cela quelques heures, refusant de s'avouer vaincu, de perdre espoir.
Elle soupira.
Il fallait bien qu'elle le reconnaisse : elle avait envie d'avoir une seconde chance avec McKay. Une seconde chance de découvrir elle aussi, l'âme qui se cachait derrière l'arrogance et l'associabilité. Elle voulait … Oh bon sang ! Elle ne savait pas ce qu'elle voulait exactement : s'excuser ? Obtenir le pardon de McKay pour la manière dont elle l'avait traité ? Pour l'avoir … tué. Si elle n'avait pas crié son nom, cette folle n'aurait jamais su qui viser ! Ou bien elle recherchait autre chose, quelque chose de plus … intime ? Gah ! Cette fois c'était sûr, elle devenait folle !
Ou pas …
Elle se leva et posa le livre sur la chaise puis approcha la Chambre de stase.
C'était étrange de voir McKay aussi immobile. S'il y avait une chose qui caractérisait McKay c'était le mouvement : il n'arrêtait jamais ! Et s'il ne bougeait pas, c'était ses mains qui le faisaient. Des mains habiles, capables de tout exprimer : peine, enthousiasme, peur, excitation.
Sam posa sa main sur la vitre. Oui, c'était étrange de voir McKay au repos. Il avait l'air serein, presque vulnérable et --
OHMONDIEU ! Je suis en train de tomber amoureuse !
La révélation la frappa comme une pierre et elle retomba sur la chaise derrière elle, faisant tomber le livre par terre.
Amoureuse … de McKay !
24 heures plus tard
Enfin ! Ils avaient enfin réussi !
Sheppard avait ramené la bonne Aconit et Beckett avait trouvé l'antidote. L'émotion était à son comble dans l'infirmerie. Beckett avait administré l'antidote à McKay il y avait quelques heures de cela mais ce dernier était toujours sans réaction. Au moins, il avait repris quelques couleurs, ce qui était bon signe. Beckett avait fini par envoyer Sheppard et son équipe se reposer. L'alcôve dans laquelle était installé McKay était plongée dans une semi obscurité. Sam qui était désormais seule, sortit Le Seigneur des Anneaux et se mit à lire.
C'était devenu comme un rituel.
Depuis sa petite épiphanie, elle ne savait plus très bien quoi faire et lire à voix haute lui donnait une certaine sérénité, une contenance aussi. Du moins lorsqu'elle était avec McKay. Même inconscient, il la troublait …
Elle avait eu beau retourner tout ça dans sa tête, encore et encore, elle en arrivait toujours à la même conclusion : elle était attirée par ce fichu canadien ! Et elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle allait faire.
Ah, le Conseil d'Elrond, le conseil des sages, des grands de la Terre du Milieu … le Conseil lors duquel un être que l'on aurait pu croire insignifiant allait se montrer d'un courage incroyable.
Comme McKay …
Argh, elle abandonnait ! Elle était complètement obnubilée. Elle reposa violemment le livre sur la tablette située près du lit et c'est là qu'elle les vit.
Deux yeux bleus tournés vers elle.
Et bien sûr elle réagit comme n'importe quelle femme qui avait failli perdre celui qu'elle aimait. Elle l'embrassa. Oh, bien entendu, cela n'avait rien à voir avec un baiser de cinéma. McKay était trop faible pour participer mais son regard en disait long sur son état : incrédule ...
« Hey, McKay, bon retour parmi les vivants. » Sam lui sourit et prit sa main dans la sienne. Il la serra faiblement puis il ferma à nouveau les yeux.
Sans lâcher la main de Rodney, Sam se repoussa dans son fauteuil. Ok, elle lui dirait qu'il avait halluciné le baiser, après tout, il n'était pas, loin de là, rétabli, hein ?
Elle soupira. Elle était vraiment foutue …
Epilogue
Sam récupéra son ordinateur portable et son sac. Elle vérifia qu'elle n'avait rien oublié et sortit de ses quartiers. Tout avait une fin et là, elle devait absolument repartir sur Terre. La guerre contre les Oris n'était pas terminée, hélas !
Elle emprunta le transporteur et se retrouva dans la salle d'embarquement. Le docteur Weir, Sheppard et McKay se trouvaient là pour lui dire au revoir.
« Et bien voilà. Je vous remercie de votre accueil. Se furent quinze jours extrêmement enrichissants. Cette Cité, votre Cité est extraordinaire. »
« Yep, ça c'est sûr » répondit Sheppard. Il se mit au garde à vous (mais son sourire retirait un peu de son côté formel au geste …).
Weir lui serra chaleureusement la main. « Revenez quand vous voulez et bonne chance dans votre lutte contre les Oris. »
McKay resta silencieux.
Sam se tourna vers lui. Elle se sentait affreusement maladroite. « Et bien, à la prochaine McKay, » fut tout ce qu'elle trouva à dire, en forçant un sourire.
McKay la fixait, ses yeux bleus intenses, toujours silencieux.
Sam lui fit un petit signe de la tête et marcha vers la Porte. Juste au moment où elle allait la franchir, elle sentit une main se glisser autour de sa taille et une voix murmura à son oreille. « Je n'ai pas oublié … » puis la main la tourna doucement et elle fut ramenée contre la poitrine de Rodney. Cette fois le baiser fut différent. Il n'y avait plus d'urgence, pas de mort imminente en vue. C'était doux, tendre. Lorsque Rodney se dégagea, Sam éprouva un petit pincement au cœur.
« Allez, va combattre le mal et fais leur voir ce que c'est de s'en prendre à un génie, » lui dit-il.
Il souriait. Il était en vie. Il était ... Rodney.
L'homme qu'elle aimait.
FIN !
