Disclamer: Tales of Symphonia appartient à Namco et je n'ai donc pas le droit de tirer un quelconque profit matériel

Couple: YuanxKratos

Résumé: Après deux ans d'exil sur Derris-Kharlan, Kratos revient sur le monde unifié. Il savait que les choses auraient changé mais il ne s'attendait pas à ce que cela arrive chez son ami aux cheveux turquoise.

Note de l'auteur : Près de deux ans entre deux chapitres... La honte, surtout pour un remake, dont l'histoire est déjà achevée. La nostalgie m'a fait ressortir ceci du placard. J'y tiens. Parce que j'aime le Kruan ^^

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Toi, mon amour, mon ami

Chapitre trois: Besoin de rien, envie de toi

Le jour de la petite fête du couple Irving-Aurion, Yuan était arrivé avec un peu d'avance, il détestait être en retard. C'était Colette qui était venue lui ouvrir. Ses longs cheveux blond étaient ondulés et elle les avait agrémentés d'une jolie fleur bleue. Elle portait une robe d'un bleu très pâle, presque pastel. Aucun maquillage. Colette avait toujours été une adepte du naturel, même pour son mariage.

Elle fut sincèrement contente de revoir Yuan.

-Cela faisait longtemps!

-Depuis le baptême de Kratos.

Dans son espèce de niche, Noïshe avait « aboyé » pour souhaiter la bienvenue à son vieil ami. Yuan lui avait sourit légèrement. Il y eut ensuite ce que l'on appelle le quart d'heure des politesses: dire bonjour à tout le monde. Sheena était bien avancée dans sa grossesse. La maternité lui allait bien à la vérité. Sa fille lui ressemblait fort. En grandissant, elle développerait peut-être un peu son côté hérité de Zélos mais là, ça ne se voyait absolument pas. Zélos, quant à lui, n'avait pas réellement changé. Toujours le même, plein d'entrain, blagueur mais son côté énervant qui donnait des envies de meurtres s'était estompé avec la paternité. Il avait l'air d'ailleurs complètement heureux depuis qu'il était devenu papa. Il avait arrêté de draguer à tout va. On ne peut pas changer les vieilles habitudes, il regardait les femmes mais plus avec l'envie de fleureter. De toutes façons, il les trouvait désormais toutes insipides et écervelées comparées à Sheena. Le jeune homme discutait avec Lloyd.

-Et Sélès, comment va t-elle?

-Plutôt bien. Elle gère le manoir à Meltokio, je le lui ai cédé puisque je vis à Mizuho maintenant. Sa santé est meilleure et on dit qu'elle est l'une des femmes les plus en vue à la Cour de la princesse Hilda.

Hilda. Yuan avait grimacé en entendant son nom. Il n'aimait pas le délit de faciès et les amalgames gratuits mais là, elle cumulait les deux. Elle était la parfaite incarnation de la blonde stupide décérébrée, qui n'avait d'autres soucis que de se vêtir à la mode et de danser de jour comme de nuit. Pour Yuan, c'était un vrai soulagement de savoir que cette chose n'allait pas régner. Elle aurait gâché tout le travail de Raine et Génis. En parlant des deux Sage, Génis discutait avec Préséa et sa timidité envers la « petite fille » était toujours aussi forte, même si elle parlait un peu plus et qu'elle l'encourageait à parler. Raine, quant à elle, semblait en plein débat intellectuel avec Régal. Le directeur de la Lézareno Company avait aussi beaucoup œuvré pour le nouveau monde et il voulait désormais aider la jeune femme dans son projet. De ce fait, il lui avait demandé ce dont elle avait besoin. Fonds, matériel, soutien, peu importait à Régal, rien ne serait jamais trop pour faire accepter les demi-elfes. Sheena semblait être absorbée par la conversation que lui tenait Colette. C'était étrange, mais Yuan avait presque l'impression d'être chez lui. Il revoyait son petit groupe il y a quatre mille ans, avec Martel qui regardait son petit frère progresser à l'épée, aidé par Kratos et lui était assis à ses côtés et ils discutaient de tout et de rien. C'était reposant. Cela faisait même du bien.

Quelque part Anna et Dirk faisaient aussi partie de la fête. La tombe de Madame Kratos Aurion était belle et fleurie et dans la maison, il y avait toujours l'ombre bienveillante du nain.

-An!

Yuan sursauta en sentant une petite main s'agripper à lui alors qu'il était plongé dans sa rêverie. Anna. Même si Yuan n'était pas très branché enfant, il trouvait l'aînée des Irving-Aurion très mignonne. La douceur de Colette mélangée à la vivacité de Lloyd. Il s'agenouilla pour être à sa hauteur et lui dit doucement :

-Mon nom est Yuan, Anna. Pas An.

-An!

-Yuan.

-An.

-Yuan, tu te rends compte que tu es en train de perdre face à une enfant de deux ans? Dit Lloyd qui arriva derrière lui.

Se relevant, Yuan salua le jeune homme et ne dit rien quant à la petite pique qui n'était pas méchante. C'était vrai. Il perdait face à une enfant de deux ans. Elle finirait bien par arriver à dire son prénom correctement un jour ou l'autre, de toute façon. Lloyd était l'un des rares à ne pas avoir bougé au niveau du caractère. Un peu plus mature certes, mais il était resté le jeune homme innocent et idéaliste qu'il avait retrouvé il y a deux ans.

-Je suis vraiment content que tu sois venu Yuan.

Le pire, c'est qu'il était vraiment sincère. Cela surprenait Yuan après tout ce qu'il lui avait fait. Mais c'était Lloyd et sa grande générosité, son peu de rancœur.

-C'est surtout gentil de ta part que de m'avoir invité, surtout après tout ce que je t'ai fait.

-Hein?! Mais ça ne compte pas ça! On était en temps de « guerre ». Je sais très bien qu'en temps normal, tu ne m'aurais rien fait de la sorte.

Lloyd lui souriait et cela conforta Yuan dans son opinion. Lloyd était bel et bien le fils de Kratos, sa générosité et sa tolérance sans égales. Kratos devait être très fier. C'était étrange de penser cela mais, Yuan l'était aussi. Même s'il n'y avait aucun lien de sang entre le jeune homme et lui.

-Je vais te mener jusqu'à Papa.

Le demi-elfe avait presque oublié la raison de la fête, tellement il se sentait bien parmi ce petit groupe hétérogène. Le retour de Kratos. L'ancien mercenaire discutait avait Sheena, sa petite-fille ayant élu domicile sur ses genoux, restant toute sage, étant simplement heureuse d'être avec son grand-père. Pas très loin, dans son berceau, le petit Kratos dormait. Les invités faisaient attention de ne pas parler trop fort pour éviter de le réveiller. Quand Yuan le vit, il crut d'abord qu'il rêvait. Il avait toujours du mal à réaliser. Kratos était revenu. Pour de vrai. Quand les deux personnes réalisèrent que Lloyd et Yuan étaient là, Sheena décida de se retirer, un léger sourire aux lèvres, essayant d'imaginer les retrouvailles des deux vieux amis. Kratos fit descendre Anna qui alla jouer avec la jolie poupée que lui avait fait son papa. Enfin, Lloyd quitta la pièce. Les deux Anges étaient seuls, ensemble, si l'on excepte le bébé endormi. Yuan osait à peine respirer. Il ne savait pas pourquoi, mais il stressait et son cœur avait décidé de jouer à faire comme si il était une batterie déchaînée sur un air de rock. Kratos n'avait pas changé d'un poil, à part, peut-être ce léger sourire sur ses lèvres et un air de bonheur très discret.

-Normal qu'il n'ait pas changé, il a un cristal du Cruxis, alors il ne vieillit plus, tout comme toi, banane. S'insulta le métis en pensée

-Cela faisait longtemps Yuan.

La voix de Kratos lui fit réaliser enfin. Il était réellement de retour. Ce n'était pas un rêve. Le cerveau de Yuan s'était paralysé pendant une demi-seconde et était passé par toute une gamme d'émotion: la joie, le soulagement, l'extrême bonheur...Il se reprit assez vite cependant.

-Deux ans, presque jour pour jour.

-Tu comptais les jours aussi? Le taquina l'humain

-Bien sûr que non. Mais quand ton meilleur ami part pour une durée indéterminée et que tu ne sais même pas s'il reviendra, il est normal que tu te souviennes de sa date de départ. Répliqua le demi-elfe, piqué.

Un silence s'installa entre eux. Yuan n'osait pas se l'avouer, mais ce qui lui avait fait le plus mal quand Kratos s'était exilé, ce n'était pas tant la distance, la séparation, c'était le fait qu'il n'était même pas venu lui dire « au revoir » ou « adieu ». Certes, il aurait très bien pu aller le voir avant que Lloyd ne l'envoie là-bas avec l'épée éternelle mais il ne voulait pas gêner le dernier moment père-fils de son ami et du jeune homme. Il avait eu l'impression que Kratos l'avait oublié. C'était sans doute très stupide, vu tout ce que leur amitié avait supporté et traversé.

-Tu m'as manqué. Avoua-t-il à demi-mot

-A moi aussi. Énormément manqué. Derris-Kharlan sans Yuan Ka-Fai n'est qu'un immense terrain vide et stérile.

Un peu plus et Yuan rougissait. Il ne comprenait pas pourquoi il réagissait ainsi. Bon sang, ce n'est pas comme si Kratos venait de lui faire une déclaration d'amour!

-Ah oui?

-Oui. Tu mettais de l'ambiance au Cruxis.

Alors, c'était juste ça! Il avait été stupide d'être gêné. Kratos n'impliquait rien du tout et d'ailleurs pourquoi l'aurait-il fait? Et puis, le problème, ce n'était pas Kratos, c'était lui, à avoir des réactions mentales de jeune vierge effarouchée pré pubère!

-Je ne suis pourtant pas ce que l'on pourrait appeler un blagueur ou un fêtard.

-Non, mais tu as de l'esprit. C'est encore mieux.

-Et toi, tu as de l'inconscience.

Kratos comprit immédiatement. Il avait vraiment manqué à Yuan. Que faire? Lui dire qu'il était désolé d'être parti sans même le saluer avant? Cela n'aurait pas servi à grand chose. Alors, l'humain le serra dans ses bras doucement. Cela leur suffit amplement. Yuan sut que Kratos était désolé de lui avoir fait du mal et Kratos sentit que Yuan lui avait déjà pardonné. Étrangement, toute la souffrance accumulée dans son cœur depuis l'absence de Kratos s'envola par ce simple contact. Il ne comprit pas mais cela n'avait pas d'importance. Ils venaient de se retrouver. Et cela leur fit un bien immense.

-Alors, que penses-tu de tes petits-enfants? Lui demanda l'ancien renégat

Kratos lui fit un grand sourire, évidemment très fier de sa descendance. Le duo rejoignit le reste de la fête. L'ambiance était toujours aussi fraîche et joyeuse. Yuan s'assit sur un canapé pas trop loin de la fenêtre et reprit son activité d'observateur. La petite Anna s'était fait un devoir que d'expliquer à son grand-père la vie palpitante de sa poupée. Et l'humain écoutait patiemment et semblait manifester un intérêt qui suffisait pour combler sa petite-fille. Le demi-elfe en était assez surpris d'ailleurs. Il savait que Kratos était un père aimant. Il ignorait qu'il ferait un grand-père joueur et épanoui. Il affichait un sourire radieux.

- Et dire qu'il s'est privé de ce qui le rendait le plus heureux à cause d'un stupide sentiment de culpabilité trop grand par rapport à sa faute réelle... Pensa le métis

Il entendait son ami rire. Il avait l'air d'avoir rajeuni, d'être redevenu cet homme que Yuan avait connu jadis pendant la guerre. Un homme qui aimait la Vie, qui voulait la dévorer à pleine dent. Kratos avait un rire très clair en raison de sa voix ni trop aiguë ni trop grave. Une voix d'homme vibrante, dont une simple variation de timbre faisait ressortir les sentiments du parleur. Une voix dont on ne se lassait jamais, un rire dont on en avait jamais assez.

- Il devrait rire plus souvent. Pensa l'observateur

Il n'y avait qu'une seule chose qui gênait Yuan. Et cela venait de lui. C'était le fait qu'il n'arrivait pas à détacher son regard de l'humain. C'était comme si le corps musclé de l'ancien mercenaire était un aimant et que les yeux de l'ancien renégat étaient des morceaux de métal. Il savait comment était Kratos. Alors pourquoi cette étude si approfondie de son apparence ? Il savait sa musculature, la couleur de ses yeux... Il n'était ni aveugle ni atteint d'une maladie dégénérative touchant sa mémoire. C'était un peu comme s'il le redécouvrait après deux ans d'absence. Le modèle original valait toujours mieux que des souvenirs et des portraits, certes. Mais pourquoi cet intérêt soudain ? Sa présence le troublait, sa voix le troublait, tout chez Kratos le troublait depuis son retour. Son comportement le dégoûtait. Il agissait en jeune vierge effarouchée et timide qui observait de loin le garçon le plus populaire du bahut en espérant vainement qu'il la remarque. Il avait largement passé l'âge des hormones valseuses. De plus, il trouvait cela malsain voire pervers. Détailler ainsi Kratos le faisait se sentir très mal à son aise, c'était comme si il étudiait la qualité d'un morceau de viande. Kratos valait tellement mieux que cela ! C'était d'un irrespect immonde digne du plus bas des proxénètes. Tentant de se raisonner, le demi-elfe mit tout ceci sur le compte de l'émotion et le choc liés au retour inespéré et inattendu, mélangés à de la fatigue et à la chaleur qui régnait dans la maison. Dehors, il y avait un grand soleil, l'été naissait, et malgré les fenêtres ouvertes, la présence d'une dizaine de personnes dans une maison de la taille de celle de Lloyd rendait l'atmosphère assez étouffante pour quiconque n'y était pas habitué. Yuan n'étant pas un adepte des réunions en petit comité, il jugea donc un tel malaise normal. Il décida donc de faire quelques pas à l'extérieur, espérant que la petite brise qui soufflait, faisant danser les feuilles, rafraîchisse son esprit bien trop échauffé. Noïshe s'était endormi au son des voix lointaines à ses grandes oreilles. Le soleil éblouit l'homme le temps de quelques secondes. Il fit quelques pas mal assurés, ses jambes étant un peu ankylosées du fait qu'il était resté assis longtemps. Malgré le spectacle magnifique et bucolique offert par Dame Nature, Yuan resta insensible aux charmes simples mais sincères du domaine Irving-Aurion sous le soleil du mois de mai. Il se tourmentait encore. Pourquoi était-il autant obsédé par son ami humain ? Et pourquoi aussi subitement ? Cela ne pouvait pas se résoudre par l'excuse du : Kratos est revenu après deux ans d'absence alors qu'on le croyait parti pour toujours. Cette lutte stérile l'épuisait nerveusement. Pourquoi lui ? Pourquoi à propos de Kratos ? Pourquoi ce jour là ? Il était tellement absorbé par sa réflexion qu'il n'entendit pas qu'une personne s'approchait de lui. Il ne put donc que sursauter au contact d'une main gantée sur son épaule. Il se retourna pour voir alors le sujet de sa torture, l'air inquiet. Air qui le rendait plutôt mignon pour le demi-elfe. Avant qu'il ne se mette une baffe mentale pour avoir osé dire d'un homme qu'il était mignon.

- Yuan, est-ce que ça va ?

Cette voix, sincère dans ses sentiments, plus ce contact physique, oublié depuis longtemps, à la sensation si étrange mais si délicieuse, le fait qu'une simple question ait pu soulager presque tous ses tourments fit en sorte que Yuan réalise ce dont il était affligé avec effroi.

Il désirait.

Il désirait un homme. Alors que lui-même en était un.

Pire encore.

Il désirait Kratos. Son meilleur ami. Un veuf, père et grand-père.

Le métis se dégagea doucement de la prise de Kratos en marmonnant un « je vais bien » peu convainquant. Sentant qu'insister était délicat, l'humain dit néanmoins :

- Tu sais, si tu as envie de parler de quelque chose, de n'importe quoi, je suis là. Tu pourras toujours tout me dire.

- Pas ça. Pensa Yuan avec force

- Tu as des problèmes ?

Yuan commença à marcher pour s'isoler dans un coin, loin du regard de Kratos.

- Yuan...

- Tu veux la vérité ? C'est toi mon problème, Kratos ! Lâcha-t-il avant de s'éloigner.

A suivre