Titre : Sur un air de piano

Auteur : Mélaïna

Genres : Romance, fluff (j'y peux rien, je l'ai commencée quand j'étais enceinte !), UA

Couple : Merthur

Disclaimers : Les personnages, l'univers de Merlin ne m'appartiennent pas et je ne fais aucun profit de mes écrits

Notes : Merci pour vos reviews / lectures et follow !

J'espère que ce quatrième chapitre vous plaira !

Bonne lecture !


Sur un air de piano


Chapitre 4 : Perdu


La meilleure manière d'en finir avec cette histoire était d'arrêter de le voir.

Le lendemain soir, c'est donc ce qu'il fit. Il n'alla pas voir le concert de Merlin, dérogeant pour la première fois à leur rituel. Il ne se sentit pas mieux pour autant. Au contraire, un sentiment de vide et de manque immense le prit et dura toute la soirée, jusqu'à ce qu'il s'endorme d'épuisement.

Et Arthur recommença comme avant. Il se renferma sur lui-même, les pensées sans cesse tournées vers Merlin. Il arrêta à nouveau de voir ses amis et ne répondait que brièvement à sa sœur tout en trouvant des excuses pour ne pas la voir. Morgane était très inquiète pour lui, mais il en était arrivé à un stade où il ne se rendait plus compte de rien.

Cela faisait déjà deux semaines qu'Arthur n'avait plus vu Merlin et il se sentait de moins en moins bien. Il renonça cependant à le revoir. Ses sentiments allaient disparaitre s'il ne le voyait pas et sa vie serait à nouveau comme avant. C'était tout ce qu'il souhaitait. Que sa vie redevienne comme avant. Avant Gwen. Avant Merlin. Même si cette idée lui déchirait le cœur, tout irait mieux après. C'était déjà jeudi soir et Arthur avait posé un congé pour le lendemain. Il se prépara à passer le week-end seul, à boire des bières et à regarder de vieilles séries à la télévision. C'était sans compter sur Morgane qui décida, comme la dernière fois, de débarquer chez lui. Déjà bien éméché par les bières qu'il avait consommées, il lui ouvrit assez rapidement.

– J'ai juste besoin d'être seul.

– Arthur, je suis déjà très énervée. Si tu ne veux pas que j'alerte tout l'immeuble, tu vas m'écouter !

Le blond souffla. Il n'échapperait pas à sa sœur. Sans un regard, il partit se remettre sur le canapé, la bière à la main.

– Putain, mais Arthur, qu'est-ce qui te prend ? Je croyais que tu allais mieux !

Devant l'absence de réactions de son frère, elle continua sa tirade en criant.

– T'as vu dans quel état tu es ? T'es vraiment pitoyable ! Dès que tu vas rencontrer une difficulté, tu vas te saouler et te renfermer sur toi-même ? C'est ça ta solution ?

Au fond de lui, le blond savait bien que sa sœur avait raison, mais il n'était pas vraiment en état de réfléchir.

– J'en peux plus de toi ! Dans la vie, quand on rencontre un problème, on le surmonte au lieu de l'éviter ! Tu es pire qu'un gamin !

Arthur ferma les yeux, sentant la colère monter en lui.

– Et tu crois que je dois faire quoi, Morgane ? Putain, mais dis-moi ce que je dois faire si tout est si simple ! Je fais la seule chose que je suis censé faire dans ma situation ! Encore quelques temps, et quand ça sera passé, tout ira mieux !

Il s'était mis à crier et elle put voir le désarroi dans lequel se trouvait son frère. Il en avait les larmes aux yeux. Sa respiration s'était accélérée et il tenta de se calmer en soufflant.

– Oui, ou alors ça sera pire ! Affronte tes problèmes pour une fois !

– Et l'affronter comment ? Je suis dans une impasse Morgane. Je ne peux rien faire. Je ne peux que rester chez moi et attendre, attendre que…

Arthur se prit la tête entre les mains, ne pouvant retenir plus longtemps ses larmes qu'il s'empêchait de couler depuis plusieurs jours.

– Attendre que mes sentiments s'effacent. Attendre de l'oublier. Attendre d'oublier que je l'aime.

Il laissa échapper un sanglot. C'était la première fois qu'il avouait ce qu'il ressentait et ça lui faisait mal. Morgane le prit dans ses bras, désarmée par ses pleurs, lui qui ne montrait que rarement ses émotions. Il n'avait jamais pleuré devant elle, même après sa séparation avec Gwen. Elle attendit qu'il se calme et murmura doucement.

– Ça n'a pas marché entre vous ?

La question de sa sœur parut tellement absurde qu'Arthur se mit à rire nerveusement.

– Mais de quoi tu parles ?

– Et bien, tu me dis que tu l'aimes. Il n'est pas attiré par toi ?

– Je… Morgane, c'est un homme ! Je ne suis pas attiré par les hommes !

Sa sœur soupira.

– Tu es attiré par lui...

– Je ne peux pas. Je ne veux pas être attiré par un homme.

Elle leva les yeux face à l'entêtement de son frère.

– On ne se contrôle pas toujours… Mais tu étais bien jusqu'à il y a deux semaines. Que s'est-il passé ?

Arthur lui raconta tout ce qu'ils avaient vécu. Leurs rencontres plusieurs fois par semaine. Leurs discussions interminables. Et puis comment il s'était rendu compte qu'il avait envie d'être avec lui. Et comment il s'était enfui.

– Tu veux dire que tu es parti sans rien lui dire et que depuis tu ne lui as plus adressé la parole ?

Le blond se sentit honteux face à l'évidence. Oui, c'est ce qu'il avait fait. Il baissa les yeux.

– Et si lui aussi ressent quelque chose pour toi, tu imagines dans quel état il doit être ?

– Je m'en fout Morgane. Je veux simplement l'oublier.

Bien sûr qu'il mentait. Il ne s'en foutait pas réellement. En fait, Morgane avait réveillé une culpabilité en lui qu'il ne pensait pas ressentir un jour. Il n'avait pas envie de faire souffrir le brun. Cependant, la question n'était pas à l'ordre du jour. Ce qui comptait, c'est qu'il oublie ce qu'il ressentait. Qu'il oublie qu'il était attiré par un homme.

– Écoute Arthur. Tu es mon frère et je t'aime. Mais effectivement, si c'est pour faire souffrir quelqu'un, oublie-le. Ce que tu fais c'est juste… complètement égoïste. Et je ne connais pas ce Merlin. Mais il m'a l'air d'être quelqu'un de bien. Alors, laisse tomber. Tes réactions sont absurdes et immatures. Si tu t'en fiches tellement de son malheur, c'est peut-être que tu n'es pas amoureux finalement ou que tu ne le mérites tout simplement pas.

Elle avait dit ça d'une voix froide et ferme. Arthur le sentait bien, elle était déçue par sa réaction. Son cœur se serra sous l'impact des mots de sa sœur. Il était cependant bien décidé à l'oublier.

Énervée, Morgane prit en direction de la porte pour rentrer chez elle.

– Arthur. Fais le bon choix.

Elle partit sans un mot de plus et le blond se retrouva seul face à ses pensées. Il fallait qu'il l'oublie. Il le fallait. Il jeta un coup d'œil à sa montre et puisqu'il était seulement 22 h, il décida de sortir. Il se prépara rapidement, rasant sa barbe qu'il avait négligée en se coiffant un peu. Ses pas le portèrent en direction du pub où il rencontrait habituellement Merlin. Il souffla, mais ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil à la vitre pour voir si le brun n'y était pas.

Il sentit son cœur se serrer douloureusement lorsqu'il vit le brun attablé près de la vitre. Il était seul face à sa bière et semblait triste. Vraiment triste. Les paroles de Morgane lui revinrent en mémoire et il sentit à nouveau la culpabilité le gagner. Et si elle avait raison ? Et si Merlin avait lui aussi des sentiments pour lui ? Il ferma les yeux. La détresse du brun résonnait avec la sienne. Il était certain qu'il devait avoir la même expression sur son visage à ce moment. Cependant, il avait pris une décision et il s'y tiendrait. Sentant des larmes lui brouiller la vue, il baissa la tête et s'éloigna du bar pour aller dans un autre un peu plus loin. Il prit une grande inspiration et poussa la porte de l'établissement, se forçant à afficher un sourire sur ses lèvres. Il commanda un verre qu'il but rapidement comme pour se donner du courage et repéra un groupe de filles dans un coin. Il décida de continuer à observer un peu, histoire de ne pas se tromper et de voir qui il pourrait draguer sans trop de difficultés. Il recommanda un verre tout en restant au comptoir.

Il était déjà bien éméché quand il décida d'aborder une brune qui faisait partie du groupe qu'il avait repéré à son entrée. Elle était plutôt petite et mignonne. Elle semblait légèrement naïve et quand Arthur l'aborda, elle ne put s'empêcher de rigoler nerveusement. Le blond n'eut aucune difficulté à la draguer. Il discuta un peu avec elle et elle s'éloigna elle-même de ses amies, trop heureuse d'avoir trouvé un garçon qui s'intéresse à elle.

Arthur se força à éloigner toutes les pensées qui le ramenaient à Merlin afin de tenir ses résolutions. Il s'en voulait un peu, car il avait l'impression de se servir de cette fille dont il n'avait même pas retenu le prénom. En fait, ce n'était pas qu'une impression. Il se servait réellement d'elle. Mais bon d'un côté, qui pouvait espérer rencontrer quelqu'un pour une histoire sérieuse dans un bar ? Il pensa directement à Merlin, mais sentant qu'il se faisait du mal pour rien, il reporta son attention sur la jeune fille.

Il se força à être plus tactile. S'il voulait oublier Merlin, ce n'était pas simplement en discutant avec une fille qu'il y arriverait. Il finirait avec elle pour la nuit. Le bar était plutôt rempli et ils se retrouvèrent collés l'un à l'autre. Arthur lui souriait, posant sa main contre sa hanche. Elle était très réceptive et voulait plus. Il le sentait. Se rapprochant un peu plus à elle et laissant ses mains se balader dans son dos, il l'embrassa doucement.

Ses lèvres étaient douces et le baiser plutôt agréable, mais le blond s'éloigna rapidement en se rendant compte qu'il ne pensait qu'à une chose : est-ce que les lèvres de Merlin étaient aussi douces ? Énervé contre lui-même, il embrassa de nouveau la jeune fille, plus brusquement. Elle ne sembla pas s'en offusquer et dut prendre cela pour de la passion, car elle passa ses mains dans son dos, serrant son corps contre celui du blond. Il lui sourit et ses mains se firent un peu plus baladeuses sur le corps de la jeune fille. Il n'avait touché ni été touché par personne depuis sa rupture avec Gwen et il devait s'avouer que c'était plutôt agréable. Agréable, si on oublie que dès qu'il fermait les yeux, il voyait Merlin. D'ailleurs, il se rendit compte que même les yeux ouverts il le voyait. Cette pensée le fit lâcher instantanément la jeune femme. Ils se trouvaient tous les deux vers la vitre du bar et Arthur pouvait voir Merlin qui se trouvait dans la rue, les observant. Il n'eut pas le temps d'esquisser le moindre geste que le brun avait continué son chemin. Cependant, il put bien voir le regard plein de rancœur et de douleur qu'il lui avait lancé. Son cœur se serra à nouveau, il marmonna des excuses rapides à sa conquête et sortit du bar en courant. Il regarda partout autour de lui, mais ne vit pas le brun. Il s'assit contre un mur proche du bar et se prit la tête entre les mains.

– T'es vraiment qu'un salaud.

Son cœur s'accéléra lorsqu'il reconnut la voix de Merlin. Il leva les yeux doucement vers l'homme qui se tenait debout en face de lui.

– T'es vraiment qu'un salaud.

Il avait répété cette phrase et Arthur sentit les mots le transpercer douloureusement. Il baissa la tête, ne sachant pas quoi répondre. Il avait envie que le brun parte, qu'il le laisse tranquille. Oui, il était un salaud. Sa sœur avait bien raison elle aussi. Mais que pouvait-il répondre ?

Il ne répondit rien et crut même que Merlin était parti. Cependant, il entendit la respiration saccadée de l'homme en face lui. Il releva les yeux instantanément vers lui et son cœur se brisa en remarquant qu'il avait les yeux brillants, retenant difficilement ses larmes. Il aurait dû laisser le brun partir. Il aurait dû le laisser souffrir une bonne fois pour toutes et ainsi ils auraient pu recommencer leur vie d'avant. Il aurait vraiment dû faire ça. Encore une fois, il ne se contrôla pas. Il se releva pour faire face au brun.

– Je suis désolé.

Il ne savait même pas pourquoi il était désolé. Mais voir le brun souffrir autant, et s'imaginer que c'était de sa faute lui était insupportable.

Le brun souffla et le regarda dans les yeux.

– Ta pitié, je n'en veux pas, Arthur ! Je veux juste comprendre. Pourquoi tu es parti comme ça l'autre jour ? Pourquoi tu m'as laissé sans nouvelles ?

– Je n'en sais rien, je…

– Je sais que je ne devrais rien attendre de toi. On a simplement parlé. Mais bon sang, ça a duré plus d'un mois ! Je pensais que…

Merlin s'interrompit lui-même dans sa tirade.

– Te voir avec cette fille, c'était au-dessus de mes forces.

Il avait baissé la tête, tentant de cacher sa tristesse au blond qui n'avait aucune réaction. Il reprit.

– Ça comptait si peu pour toi ?

Sa voix se brisa et il reprit.

– Je comptais si peu pour toi ? Mais réponds-moi ! Dis-le-moi si tu n'en as rien à foutre de moi !

Arthur sentit la colère monter en lui. Autant contre lui-même que contre Merlin, qui ne comprenait décidément rien, qui était si loin de la vérité.

– Dis-moi si tu veux que je sorte de ta vie une bonne fois pour toutes ! Je le respecterai.

N'obtenant aucune réponse du blond, le brun fit demi-tour. Le cœur d'Arthur s'accéléra. Il ne pouvait pas laisser Merlin sortir de sa vie. Il n'y arriverait pas. Alors pourquoi le laissait-il s'éloigner ? Il savait que si Merlin partait, il ne le reverrait plus. Et il pourrait enfin l'oublier. Il pourrait le rayer de sa vie.

À cette idée, il sentit les larmes couler le long de ses joues et fut pris d'une impulsion. Il rattrapa le brun, lui prit le bras pour qu'il se retourne et l'embrassa brusquement. Ce n'était pas un baiser doux, ni rempli d'amour. C'était un baiser plein de désespoir. Et Arthur put ressentir que le même sentiment habitait le brun. Son cœur s'accéléra lorsqu'il sentit la langue du brun se lier avec la sienne et ce fut une évidence. Il aimait un homme. Il l'aimait lui. Il passa lentement ses bras autour de la taille du brun et le serra contre lui, quittant ses lèvres pour reprendre sa respiration. Il raffermit sa prise autour de l'homme et ferma les yeux en soupirant bruyamment. Il les rouvrit et se plongea dans l'océan bleu qui lui faisait face. Il comprit que tout ce qu'il ressentait était réciproque. Besoin d'aucun mot, il ressentait les sentiments de Merlin comme si c'était une évidence. Il avait fallu qu'il soit aveugle pour l'ignorer avant.

– Je n'aime pas les hommes. murmura-t-il tout de même.

Il se sentit stupide de prononcer ces paroles alors qu'il venait d'embrasser un homme qu'il serrait toujours dans ses bras, mais il n'avait pu s'empêcher de dire ces mots. Le brun lui sourit doucement, semblant comprendre les événements des dernières semaines.

– Je serai patient, Arthur.

– Mais je n'aime pas les hommes.

– Arthur… Promet-moi que tu viendras demain soir. dit-il en ignorant les paroles du blond.

Celui-ci soupira. À quoi bon lutter ? Quoi qu'il fasse, il pensait à Merlin.

– Je te le promets…

Le brun lui fit un sourire éclatant et il sentit son cœur s'accélérer.

– Alors à demain.

Merlin s'éloigna de lui et l'embrassa doucement. Il en était sûr maintenant. Il n'y avait rien de plus délicieux que ses lèvres. Il était certain à ce moment qu'il ne pourrait plus jamais être comblé par une autre personne. Il ferma les yeux pour profiter du baiser et sentit un vide s'installer lorsque le brun s'éloigna de lui. Il lui adressa un sourire et lui fit un signe de la main avant de s'éloigner.

Arthur n'avait pas bougé. Il tremblait de tout son corps. Était-ce possible d'être aussi heureux et à la fois aussi désemparé ? Il ne cessait de se répéter qu'il n'aimait pas les hommes et pourtant, sa voix dans sa tête lui criait qu'il aimait Merlin, qu'il ne pouvait pas être sans lui.


Voilà, enfin de l'évolution dans l'histoire. J'espère que ça vous a plu. J'ai failli couper le chapitre plus tôt, mais je me suis dit que ça serait vraiment trop méchant.

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.

A bientôt !