Hello All !

Du combat et des explications pour ce chapitre !

En espérant que vous apprécierez ! :)

Bonne lecture ! :D


Chap 3 : Fondations

Je burine mon clavier optique comme un acharné pour taper les lignes de code de commande afin de supporter Eva du mieux que je peux alors qu'elle est en train de faire tourner un programme d'analyse pour déterminer le format de la clé d'accès. Je suis bien planqué derrière la borne en béton par ce que c'est une vrai pétarade dans mon dos. Je n'ose même pas jeter un coup d'œil pour voir ce qui se passe de peur de me manger une balle perdu. Je ne sais déjà pas comment je fais pour ne pas faire n'importe quoi vu le stress que je subis en ce moment.

Heureusement ce genre de système est relativement peu protégé et il ne me faudra que quelques minutes pour passer au travers. Le problème c'est que je ne suis pas sûr d'avoir ce temps. Fiora peut sans doute les retenir un bon moment mais ce n'est pas infini. Tout androïde militaire dernier cri qu'elle soit il y a une limite au nombre d'ennemi qu'elle doit pouvoir gérer seule. Une carcasse dont la coupure est si nette qu'on pourrait la croire faite avec une découpeuse hydraulique s'écrase près de moi et me fait pousser un cri aigu de terreur que j'espère, pour ma fierté personnelle, que personne n'a entendu.


Fiora prend une impulsion soudain qui l'amène au corps à corps de de la sentinelle robotique la plus proche et la tranche en deux, avec son arme, d'un seul geste net et précis. Son épée dévie deux projectiles qui visaient sa tête tandis qu'un lourd filet électrifié s'abat sur elle. D'une double attaque souple elle sectionne les deux attaches ce qui réduit le piège en pièces. Elle se jette sur sa prochaine cible, une balle ricochant sur ses épaulettes.

Un autre garde est bon pour la casse quand la bretteuse mécanique aperçoit qu'une demi-douzaine d'autres sont en train de former une ligne et de la mettre en joue tel un peloton d'exécution. Prenant immédiatement un posture défensive une projection des zones d'impact apparaît sur l'écran intérieur de sa visière. Les fragments de cristal sur son corps se mettent soudain à briller intensément.

Un déluge de munitions s'abat sur la combattante qui les repousse toutes, les unes après les autres, en faisant des gestes trop rapides pour être visibles. On dirait presque qu'elle ne possède plus des bras mais seulement un lueur violacée à la place. Quand leurs chargeurs sont vides les agresseurs rechargent aussitôt mais ils sont pourtant encore trop lent. Elle est sur eux en un battement de paupière.

D'un large coup circulaire elle en rend la moitié bon pour le recyclage et se retire tout aussi vite. Les quelques machines restantes se tirent les unes sur les autres en voulant l'abattre. Une réception en douceur plus tard elle fonce sur l'un des véhicules de transports qui va décharger ses troupes. Une première attaque découpe la carrosserie puis vient la deuxième qui transperce la batterie provoquant un court-circuit généralisé qui fait exploser l'ensemble.

Pendant la minute qui suit Fiora zigzague entre les droïdes à vitesse relativement faible, les empêchant ainsi de l'agresser. Ils risquent de déclencher un feu allié. Une autre tête cybernétique est séparée de son corps pour se perdre sur le sol. Plusieurs unités de renforts sortent des transports intacts et se joignent à la mêlée. Un sourire se forme sur le lèvres de la duelliste.


A l'intérieur du système, la véritable demacienne bouillonne de rage. Elle n'a aucun contrôle sur ses actions et est spectatrice de son propre ''corps''. Hormis le fait de n'être qu'une marionnette, voir cette pitoyable réplique agir avec la même agressivité et expérience qu'elle, la frustre au plus haut point. Malgré son dégoût elle doit reconnaître que ce cette coquille est bien plus forte physiquement et que, grâce à ses propres compétences qui lui ont été inculquées, si jamais la bretteuse devait se battre contre... Elle perdrait... Sans jamais pouvoir la toucher...


Deux exemplaire plus lourdement armés débarquent à leur tour en portant sur leur dos ce qui ressemble à des lances missiles. Ils visent leur cible et tire. Deux fusées sortent des tubes et foncent sur l'épéiste. Arrivées à mi-chemin elles se séparent chacune en une demi-douzaine de roquettes plus petites qui vont beaucoup plus vite.

D'un geste gracieux Fiora esquive au dernier moment les trois premiers explosifs qui vont décimer les pauvres sentinelles derrière. Elle modifie, en la poussant du plat de sa lame, la trajectoire de la suivante qui lui frôle le visage sans l'atteindre. D'une brève impulsion qui laisse une empreinte dans le bitume elle passe au travers des autres tandis qu'elle coupe en deux parties parfaitement symétriques, dans le sens de la longueur, la dernière. Les deux moitiés s'écrasent plus loin sans exploser.

Arrivant aux pieds des deux lanceurs elle les empale d'un double coup d'estoc fulgurant. Une autre volée s'écrase sur sa position en pulvérisant tout dans un rayon d'une dizaine de mètres. La duelliste s'est cependant éloignée assez rapidement pour être hors de portée. Se repositionnant une fois encore elle charge les premières lignes qui sont condamnées à l'inaction pour ne pas s'endommager elles-mêmes.

Une balle venant de bien plus loin passe très près de son bras, l'obligeant à revoir sa façon de bouger. Prenant des angles d'attaque plus risqués avant d'alterner vers des plus simples et ainsi de suite. Il y effectivement des drones armés qui commencent à arriver. Bientôt elle sera submergée et ne pourra plus se défendre efficacement. Il faut trouver une échappatoire au plus vite.


Je me bats avec ce saleté de protocole de sécurité sans réussir à passer outre et pourtant il faut que je me dépêche car j'entends des bruits d'explosions de plus en plus fréquemment. Je ne sais pas encore combien de temps va tenir Fiora au milieu de ce champ de bataille. Mon problème étant que mon ordinateur manque de puissance pour traiter toutes ces données et le décryptage s'éternise. Du coup je dois arrêter autant de chose inutiles qu possible pour fournir toutes les ressources possible à cette seule tâche.

Un éclat de béton m'entaille légèrement une jambe et je pousse un nouveau cri en me recroquevillant. Malgré l'envie de prendre mes jambes à mon coup je reste concentré sur mon travail car je crains que si jamais j'arrête une seconde d'y penser je vais paniquer. Un nouvel écran qui apparaît soudain m'indique que la protection vient de sauter.

Je m'introduit dans le système de codage et je lance un craqueur autonome supervisé par Eva. La chance est encore dans notre camp quand le programme m'indique que ce n'est qu'un simple numéro à quatre chiffre qui sert de combinaison. Dans trente secondes je l'aurai. Le premier s'affiche très vite et une protestation de mon IA sur mon acte quitte les hauts parleurs sans atteindre mes oreilles dans le boucan ambiant.

Quand les quatre nombres sont enfin visibles je reste une seconde sans réagir... Le code du verrou est un quadruple zéro... Mais jusqu'à quel degré de je m'en foutisme vont les employés qui s'occupent de ces accès ? Un robot qui enfonce la rambarde à ma gauche me ramène à l'urgence du moment. Je glisse mon ordinateur dans une poche avant de composer le code à tâtons sans me retourner.

Les vérins qui maintiennent la plaque en métal en place se déverrouillent et commencent à se mettre en mouvement. La porte se soulève lentement, trop à mon goût, et finit par s'arrêter en position verticale. Je me précipite vers l'ouverture pour me retrouver face à face avec une échelle de barreaux éclairée par des diodes posées à même le métal. Il y a au moins une centaine de mètres à descendre. Je m'engage dans le passage et ce n'est que lorsqu'il n'y a plus que ma tête qui dépasse que j'entends un bruit sourd.

Un lourd et massif véhicule vient de s'ancrer dans le sol et déploie deux bras télescopiques parallèles qui sont recouvert d'un alliage bleu-vert. Je rêve ou quoi... ? Il viennent de déployer un char gauss pour nous... Je m'adresse, paniqué, à mon alliée qui continue de se battre au milieu des forces de sécurité.

« Fiora ! » Je hurle à son attention. « Il faut qu'on dégage ! Tout de suite ! »

Elle bondit vers moi tandis que je vois des décharges électriques passer entre les deux rampes du blindé, il va faire feu dans moins de cinq secondes. Je reste sans bouger, paralysé par l'effroi mais ce n'est pas le cas de la bretteuse qui me met un coup de pied qui me fait lâcher prise. Je commence à tomber et juste avant que ma tête ne cogne la paroi du conduit d'accès je vois l'entrée du passage exploser violemment.


En reprenant conscience la première chose qui atteint mon esprit embrumé c'est une douleur généralisée. J'ai mal un peu partout mais surtout à la tête, on dirait presque que quelqu'un m'a greffé un marteau-piqueur sur le crâne. Il me faut plusieurs minutes de plus pour réussir à trouver dans quelle position je me trouve tant ma nausée est intense.

Je suis allongé sur un tas de ce qui ressemble à des vieux panneaux d'isolation thermique qui sont dans un tel état que je pourrais me trouver à même le sol que je ne verrais pas la différence. Avec un luxe de précautions doublé de très nombreux gémissement de douleur je parviens à me redresser. Je vois alors un morceau de mon pull qui est enroulé autour de mon avant bras.

Il est serré avec tellement de force que ma main en est devenue livide. Je desserre le nœud de l'autre main pour trouver une plaie assez profonde qui devient aussitôt très douloureuse avant de saigner abondamment. Je tente, tremblant, de refaire le garrot sans réussir et je me sens défaillir très vite alors que je panique. Quelque chose s'écrase bruyamment juste à côté de moi et je vois un bras métallique qui émerge de la poussière soulevée pour agripper solidement mon poignet.

« Imbécile ! » S'écrie Fiora qui refait d'un geste expert mon bandage improvisé en le serrant encore plus ce qui me fait pousser un cri de souffrance. « Tu tiens vraiment à te vider de ton sang !? »

J'ai envie de l'envoyer bouler mais j'ai si mal que je serre les dents assez fort pour ne rien laisser sortir d'autre qu'un espèce de grognement incompréhensible. Le bruit d'une boite métallique qui tombe à mes pieds me fait lever la tête et je remarque une valisette en acier de premier secours qui est encore en bon état.

Mettant autant que possible ma blessure de côté je tend mon bras valide vers la trousse de secours et l'ouvre d'une main fébrile. Je me sens soulagé quand je constate que tout son contenu est sous un film plastique et donc encore parfaitement sain. J'ouvre le sachet pour en faire l'inventaire et je laisse échapper une grimace.

Il y a de l'alcool, des bandages, du fil et des aiguilles ainsi que quelques antibiotiques génériques mais absolument aucun calmant. J'ai envie de tout laisser en plan mais si je ne referme pas cette plaie je risque une infection ou pire. Je sors ce dont j'ai besoin et je tourne mon regard vers l'androïde qui comprend ce que je veux lui demander immédiatement. Un sourire moqueur apparaît sur son visage.

Prenant le flacon de désinfectant elle me fait signe d'enlever le morceau de tissu qui bloque le saignement. Tremblant il me faut trop de temps pour le retirer à cause de mon appréhension ce qui agace mon infirmière improvisée qui perd patience et le retire d'un coup avant de verser sans ménagement l'alcool sur mon entaille pendant que le saignement n'est pas trop important. Je pousse un hurlement qui résonne dans les ruines alentours.

Après que Fiora m'ait recousue avec la douceur d'un forgeron elle recouvre mon avant bras de gaze médicale en me raillant à propos de mes ''cris de vierge effarouchée'' pendant ses soins. Ce qui me fait voir rouge mais malheureusement je n'ai pas le temps de lui dire ce que je pense qu'elle appuie sur ma plaie me faisant bondir et pousser un autre gémissement sonore qu'elle accueille d'un rire goguenard qui, avec sa voix synthétique, ressemble à un mélange peu commun entre Dark Vador et une version sadique de Barbie...

« Je vous déteste... » Je fais, entre mes dents, dépité.

« Le sentiment est partagé, jeune homme. » Réplique la combattante sèchement. « Mais comme nous n'allons pas avancer en déversant notre animosité l'un sur l'autre je suggère que nous commencions à chercher un abri rapidement. »

Je garde pour moi une réplique assassine en partie par ce qu'elle a raison. Je me lève péniblement à cause de mon bras qui m'élance en continu et sans la regarder je m'avance en direction du vestige de rue probablement des milliers de fois délavées par les pluies qui sont déversées ici. Je remarque d'ailleurs que puisque les égouts sont fermés au dessus de moi ce qui signifie qu'à la surface le déluge s'est arrêté.

Je prends le temps de me repérer. Cela fait plus de dix que je ne suis pas venu dans ces ruines. Je collecte tous mes souvenirs avant de chercher l'ancien monument qui me servait à me situer quand je jouais ici avec deux de mes anciens copains. Je marche sur plus d'un kilomètre quand je finis par le voir. Une partie du sommet de la structure en acier n'est plus là mais puisqu'il dépasse de loin en hauteur le reste pour l'instant ça me suffit.

Je m'engage, Fiora sur mes talons, dans un passage au milieu des restes d'un immeuble qui s'est effondré il y a très longtemps. Nous arrivons finalement sur une grande allée recouverte de déchets divers qui donnent l'impression de se trouver sur une voie mal aplanie. Les restes d'une jambe d'une arche sont visible au bout. Je tourne sur la gauche pour me diriger vers un endroit que je pense être un abri sûr.

Nous faisons encore plus d'une heure de marche et l'épuisement dû aux efforts d'avant et mon stress à cause de la blessure me font avancer à une allure réduite. J'aperçois enfin le bâtiment que je recherche au bout de dix minutes à tourner la tête dans tous les sens. Être aussi proche du fleuve a rendu la décomposition de l'ancienne capitale encore plus rapide dans cette zone. Dans mon dos l'épéiste cybernétique s'adresse à moi pour la première fois depuis que nous marchons.

« Quel est cet endroit ? » Demande-t-elle, sa curiosité l'emportant sur le reste.

« C'est une longue histoire. »

Je réponds sans me retourner et sans envie de répondre. Mais en me rendant compte qu'il va me falloir encore du temps pour trouver l'entrée de l'abri qui doit être recouverte de décombres et de vase je me lance dans mon récit afin de ne pas avoir à penser à elle, me pressant pour trouver l'endroit. J'inspire profondément.

« Il y a plus de trois cent ans notre monde était à court de ressources naturelles par ce que nous étions trop nombreux et cela a très vite dégénéré en une guerre au niveau planétaire. » Je pousse une plaque en métal avec ma jambe pour faire un passage au dessus d'un trou un peu trop grand pour être enjambé. « Nous étions plus de dix-sept milliards d'être humain à l'époque. » Je marque une pause. « Aujourd'hui nous sommes seulement deux cent millions répartis dans douze cité géantes qui ont été construites pour permettre à notre espèce de survivre. »

« Quel rapport avec cette désolation ? » Questionne Fiora qui ne voit pas l'utilité de mon explication.

« Après les six premiers mois du conflit ce n'était plus une guerre mais une extermination pure et simple. » Je regarde un pan de mur que je reconnaît grâce un symbole que j'ai gravé dessus. « Pour assurer la victoire chacun des camps a décidé d'utiliser toutes les armes qu'ils avaient à disposition. » Une marche plus bas je reprends mon histoire. « Un arsenal de bombes chimiques, bactériologiques et même nucléaires se sont abattues partout où se trouvait un être humain. »

« Vous voulez dire... » Fait la bretteuse qui n'a pas compris de quels genres d'explosifs il parle mais devine qu'ils ont été créés pour détruire absolument tout ce qui se trouvait à proximité. « Que vous vous êtes presque autodétruit ? »

« On a détruit toutes autres formes de vies autre que la notre et l'extinction était une possibilité non négligeable pour nous aussi, oui... » Réponds Luc avec un petit rire sinistre. « Parmi les horreurs que nous avons lâchées sur notre planète, ces ''marchandes de mort'' comme on les appelle aujourd'hui, la pire fut celle qui nous obligea à vivre à cent mètres au dessus du sol. » Je trouve un autre repère et change de direction. « C'était un bombe qui diffusait un poison qui n'est mortel que lorsqu'il s'évapore de l'eau dans lequel il est contenu mais malheureusement il retombe sur terre à la première pluie donc... »

« A la fin de chaque averse le poison repart dans l'air en tuant les gens sur place ? » Questionne la demacienne, révulsée d'un tel procédé, digne d'un couard, avant de réaliser quelque chose. « Attendez ! Vous risquez d'être empoisonné si nous restons ici ! »

« Non il n'y a plus aucun risques. » Je la rassure en me retournant. « Cette toxine à finit par être détruite avec le temps qui passait. » Elle se détend. « Cependant plus d'un siècle à été nécessaire pour en arriver à ce point et il nous a fallu trouver un moyen de rester à la ''surface'' sans être gazé. » Je me remets en marche. « Des chercheurs ont découverts que l'efficacité de ce produit devenait nulle au dessus de cinquante mètres d'altitude à partir du point d'évaporation. »

« Vous avez donc reconstruit votre nouveau monde par dessus les ruines de l'ancien. » Dit Fiora en contemplant les piliers en métal massifs répartis régulièrement pour supporter le poids de la structure.

« En récupérant autant de choses que possible sur sa carcasse, oui. » Je confirme en observant le paysage dévasté autour de nous. « Maintenant ce lieu, que nous nommons ''Les Fondations'' est abandonné et il est interdit de s'y rendre, à part pour les équipes d'entretien. »

« Une simple interdiction arrêtera sûrement nos poursuivants. » Déclare ironiquement la duelliste.

« Non, ce n'est pas ce que je voulais dire. » Je pousse un soupir lassé. « Toutes les cartes et documents relatifs à la vraie surface ont été volontairement détruits pour nous rappeler nos erreurs passées. » Je sourie, content de voir son expression contrariée de l'avoir remballée. « Ils ne connaissent pas l'endroit où nous allons et nous ne risquons pas d'être détecté une fois à l'abri. »

« Et pourquoi cela ? » M'interroge-t-elle, impatiente.

Je lui indique du doigt l'entrée à moitié bouchée d'un galerie qui descend sous terre. En voyant le passage obstrué je lui demande de le dégager, ce qu'elle fait en un rien de temps malgré sa réticence. Une fois la voie libre je descends le premier et heureusement il y a suffisamment de lumière qui émane des cristaux sur le corps de Fiora pour me diriger. Notre destination finale se dévoile après un dédale de couloirs en pente descendante, plus où moins effondrés, interminables.

Une lourde porte en acier blindée qui fait plus de deux mètres de diamètre apparaît. Elle est suffisamment entrebâillée pour pouvoir se faufiler derrière. Ce que je fait avec un peu plus de difficultés que dans mes souvenirs puisque je suis plus grand. Je vois ma garde du corps robotique qui tente de pousser la lourde porte sans réussir mais en marquant le sol de ses chaussures.

« Ce n'est pas la peine d'essayer. » Je l'informe en cachant mal mon sourire amusé. « Le mécanisme à plus de force qu'une presse hydraulique de cent mille tonnes. Elle ne bougera pas. »

Libérant l'obstacle de sa prise et me jetant un regard noir qui me fait perdre mon envie de rire elle entre à son tour. Pensant qu'il ne vaut mieux pas que je l'énerve davantage je recommence à avancer. Nous descendons par les escaliers de service pendant une éternité pour arriver quasiment au niveau le plus bas.

« A quoi servait cette construction ? » Fait la bretteuse en regardant dans toutes les directions.

« C'est un ancien bunker. » J'ajoute quelques secondes plus tard en voyant qu'elle ne comprend pas. « Une place forte enterrée qui appartenait à l'armée. »

« Cet endroit est en piètre état et il n'y a aucune sécurité qui soit potable avec une entrée aussi accessible. » Répond-t-elle, sceptique.

« Nous nous trouvons pas loin d'un kilomètre sous terre et entouré d'une couche de béton de trente mètres d'épaisseur spécialement conçu pour rendre l'endroit indétectable. » Je fais sur le ton de la conversation.

« Et comment êtes-vous aussi sûr de ces informations ? » Questionne une fois encore l'androïde.

Je lui montre simplement les plans que j'ai autrefois trouvé en farfouillant. Ils sont vieux et empestent le moisi mais sont parfaitement lisible. Alors qu'elle jette un coup d'œil dessus elle se rend compte qu'il lui est impossible de lire la langue en question. C'est quand elle va lui faire remarque que sa visière se rabat toute seule ce qui la surprend.

Elle se prépare, mais en sachant que c'est vain, à résister à l'étrange chose qui prend possession de son corps. Pourtant il ne se passe rien à l'exception que les phrases présentent sur le document, traduites dans son langage, s'affichent sur l'écran intérieur. Étonnée, elle se lance dans la lecture des nombreuses caractéristiques de l'abri.

Il n'a pas menti et Fiora reconnaît à contre cœur qu'ils sont, pour le moment, hors de danger. Posant les papiers sur une table proche sa visière retourne en position de repos ce qui la fait sursauter encore une fois. Détestant se montrer aussi vulnérable elle s'adresse au jeune homme d'une voix autoritaire et inflexible.

« Très bien. » Dit-elle en rangeant son arme à la ceinture. « Maintenant vous me devez des explications. »


Fin du chapitre 3 !

Petite question : reconnaitrez-vous la ville que je viens de décrire ? XD

A la prochaine ! :D