Chapitre 4 : Réveil

Quelques semaines -ou mois- plus tard, Angela vint chez moi avec un visage inhabituellement sévère. Elle ne m'avait rien apporté cette fois, ni nourriture, ni devoirs.

Elle me regardait depuis la porte d'entrée. J'étais vautrée sur le canapé à « regarder » la télévision. Elle s'approcha de moi telle une furie et me dit froidement.

- Bella !

Je tourna la tête en sa direction mais ne lui répondis pas.

Je vis la colère atteindre le visage de mon amie pour la première fois.

- Isabella Marie Swan ! Aujourd'hui, tu vas m'écouter ! Tu vas ouvrir grand tes oreilles parce que sinon, je ne pourrais plus rien pour toi ! Je ne supporte plus de te voir vivre comme ça ! Si on peut déjà appeler ça « vivre » ! Tu ne viens plus au lycée, tu ne sors plus, tu ne t'intéresses à plus rien ! Tu ne fais même pas les devoirs que je m'entête à t'apporter ! Tu reste là, sur ton canapé, toute la journée, à dormir ou ne rien faire ! Je peux comprendre que ce soir difficile de perdre Jacob et Charlie. Mais toi, tu es encore là, tu es encore en vie alors bouge ! Trouves-toi quelque chose en quoi tu aurais de l'intérêt. Trouves-toi un but dans cette nouvelle vie, n'importe quoi mais reviens ! J'ai l'impression, défois, que tu es morte aussi…

Elle s'était calmée et était maintenant en larmes.

Je me dirigeais vers elle et la pris dans mes bras. C'était la première réaction que j'avais depuis des mois. Je me rendais compte de ce que je lui faisais endurer depuis tant de temps.

Je voulais lui demander où trouver de l'intérêt dans un monde sans eux mais de toute évidence, à ce moment là, elle avait besoin de moi, et pas de mes questions. Je décida de lui parler. Cela faisait des mois qu'elle n'avait pas entendu le son de ma voix. Depuis qu'elle était venu me chercher à l'hopital en fait, et que je lui avais dis que j'étais contente qu'elle soit là.

- Je suis désolée de te faire vivre ça. Tu…Tu n'es pas obligée, tu sais.

Elle s'écarta pour me regarder. Ses yeux étaient encore rougis par ses larmes.

- Je t'ai dit que je serais là tant qu'il le faudra

commença-t-elle avec un petit sourire victorieux, contente de m'entendre, je suppose.

- Mais je ne supporte pas de te voir vivre de la sorte. Je t'aime et je ne veux plus te voir vivre comme ça.

Je baissa la tête, elle avait raison, je le savais mais je n'avais pas de but, pas de raison de vivre.

Je la regarda à nouveau.

- Angela, je…Je te promets de réfléchir à ma « façon de vivre ».

Lui dis-je avec un sourire rassurant.

Elle me regarda, sceptique, puis déclara.

- J'aurais voulu plus mais c'est déjà un bon début. Tu fais même l'effort de communiquer.

Nous parlâmes quelques minutes et j'appris qu'elle sortait, depuis deux mois, avec un garçon. « Ben », je crois.

Je portais de l'intérêt à mon amie, c'était déjà pas si mal. Puis elle repartit. Elle devait aller aider ses parents. Je n'en avais pas demandé plus.

Un but, un intérêt…C'est ce qu'elle voulait que je trouve. Mais je n'en avais ni l'envie ni la force. J'étais fatiguée, comme toujours. J'alla donc me coucher. Et cette fois là, pour la première fois depuis des mois, je rêvais.

J'étais là, en face d'un feu de camps et seule. Quand j'aperçu le visage de mon père et de mon frère sortir au dessus des flammes. Charlie avait un regard triste.

- Bella, ma Bella…Mais que deviens-tu ?

Mes larmes coulèrent et je partis dans un sanglot.

- Papa, j'ai honte ! Mais vous me manquez tant.

Jacob me répondit, comme si ils avaient déjà convenu qui répondrait à cette phrase.

- Bella, nous n'avons pas à te manquer, nous sommes toujours là. Si tu ouvrais un peu les yeux, tu le verrais.

Je ne comprenais pas cette phrase. « Si tu ouvrais les yeux, tu le verrais. » Qu'entendait-il par là ?

- Comment ça ?

Mon père me sourit.

- Ma chérie, nous ne pouvons pas te donner toutes les réponses.

Jacob reprit la paroles.

- Bella, nous sommes là, il faut juste que tu t'en aperçoives. Bats-toi et vis ! Fais le pour nous.

Je m'étais calmée.

- Je vous aime tant ! Je ne suis rien sans vous. Ma vie…

Charlie me coupa.

- Nous sommes avec toi. Nous t'aimons et vivons autour de toi, ne l'oublie jamais. Il faut simplement que tu nous vois.

Sur ces paroles, leur visage disparurent. J'aurais tant voulu les suivre.

Quand je me réveilla, j'étais dans mon lit, en larmes. Il faisait nuit dehors. Je réfléchis pendant quelques heures à ce qu'ils entendaient par « Nous sommes là. Si tu ouvrais les yeux, tu le verrais. »

Je fus tiré de mes réflexions quand j'entendis la porte d'entrée s'ouvrir. Je ne chercha pas qui c'étais, ça ne pouvait être qu'Angela. Je l'entendis m'appeler, apparemment inquiète.

- Bella ? Bella, où es-tu ?

Je me leva de mon lit. Elle devait sûrement paniquer parce que je n'étais pas dans le canapé. Elle avait prit cette habitude que je n'aille plus dormir dans ma chambre. Je l'appela depuis le haut.

- Angela, je suis ici, ne t'inquiète pas.

Elle me remarqua en haut de l'escalier et me sourit.

- Bella, comme c'est bon d'entendre ta voix !

Je descendis vers elle et lui rendis son sourire. Elle me suivit dans la cuisine où je me servais un bol de céréales. Quand j'eus fini de les manger, elle prit un air exceptionnellement sérieux et me prit par le bras pour m'entraîner sur le canapé. Comme si je n'y avais pas assez été ces derniers mois.

Elle s'assit à côté de moi.

- Il faut que je t'explique quelque chose.

Mais que devait-elle m'expliquer ? Les rôles ne se seraient-ils pas inversés durant la nuit ? Ce serait plutôt à moi d'expliquer mon comportement et ma négligence !

- Heu…D'accord. C'est à propos de quoi ?

- De mon comportement d'hier.

Je rêve ! Je lui fais vivre une vraie galère depuis des mois et parce qu'elle me fait la morale une fois, elle veut s'expliquer.

- Non Angela, tu as eu…

Elle me coupa la parole et plaça une main devant elle, signe que ne devais pas continuer ma phrase.

- Je veux t'expliquer pourquoi j'ai réagis comme ça.

-Très bien, je t'écoute.

- Mais je ne veux pas que tu m'interromps. Ce n'est pas encore très facile d'en parler pour moi.

Olala, un sujet délicat. Il ne lui est pas facile d'en parler en plus. Mais que ne m'avait-elle pas dit de si important sur sa vie ?

J'acquiesçai. Elle prit une grande inspiration comme pour se donner du courage et commença.