Coucou, voici la suite de l'histoire ! J'espère qu'elle vous conviendra, vous êtes tous (toutes ?) tellement gentil(le)s dans vos message que je n'ose quasiment plus poster, par peur de vous décevoir !
Comme on approche de Noël, j'ai décidé de vous faire un petit « cadeau » à ma façon, et de poster deux chapitres en même temps. En fait de deux chapitres, il s'agit plutôt d'un seul, que j'ai écrit d'une traite et que pour plus de lisibilité et d'efficacité, j'avais décidé de scinder en deux. Cependant, je trouve qu'ils gagnent à être lus l'un à la suite de l'autre, et je me suis dit que cela vous ferait (normalement) plaisir !
Donc, dans cette étape-ci les choses bougent un peu pour Wendy mais pas en bien. Tout est loin d'être rose. Un nouveau personnage apparaît dans la seconde partie, je vous laisse deviner qui ! )
J'aimerais encore vous remercier chaleureusement pour la gentillesse dont vous faites preuve en donnant à cette histoire des lecteurs et encore plus en me laissant vos impressions (j'adore ça !).A ce propos, je PENSE avoir découvert comment répondre aux reviews, donc, je devrais pouvoir envoyer une réponse à vos message dans les jours qui suivent (comment ça, on s'en fout ? Mais euuuh :'( ).
Voilà, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter un joyeux Noël (et non, plus de poste avant Noël, désolée) , et une très bonne lecture !
-PP&WD-
« Ferme tes yeux. » Lui chuchota une voix, tout contre son oreille.
Elle s'exécuta immédiatement, sans se poser de question. Avec confiance. S'il lui disait de fermer les yeux, c'était que le mieux pour elle était de le faire.
Debout au milieu de la clairière, Wendy respirait avec joie l'air frais et sucré qui rentrait et sortait de ses bronches, un sourire heureux aux lèvres.
Elle était si excitée !
« Est-ce que tu crois, Wendy ? »
La réponse s'écoula d'elle-même hors de la bouche de la jeune fille.
« Oui. »
« Est-ce que tu crois en Neverland ? »
« Oui, j'y crois. »
« Pour toujours ? » Insista la voix. Son souffle chaud souleva l'une des boucles de Wendy.
« Pour toujours. Je le promets. »
Elle se sentait si vivante, dans tout son être, du bout de ses doigts rosis par la fraîcheur matinale jusqu'au plus profond de son cœur. Tellement pleine, complète. C'était le grand jour !
Les réponses aux questions sortaient les unes après les autres, sans même qu'elle n'ait le temps de les penser, naturelles.
« Ouvre les yeux. »
Immédiatement, Wendy s'exécuta. La voix semblait avoir changé de provenance, et se trouver juste devant elle à présent. Elle ouvrit les paupières, et ses yeux rencontrèrent le vert dont s'inspiraient les forêts de Neverland. L'autre regard emplissait son champ de vision, ne laissant à Wendy aucune autre existence en dehors de ces iris éperdument verts. Si proches de son visage que Wendy craint un instant de loucher. Cependant, elle n'eut pas le temps de s'interroger davantage. La voix reprit, grave, sérieuse, solennelle.
« Est-ce que tu crois en moi, Wendy ? »
« Je crois en toi, Peter. » Confirma-t-elle, sans pouvoir lutter contre l'immense sourire qui dévorait son visage, sans qu'elle ne comprenne pourquoi.
En face d'elle, les traits juvéniles s'éclaircirent à leurs tour, et les yeux semblèrent pétiller, non, s'illuminer. Une fossette malicieuse apparut sur la joue droite de Peter et il haussa un sourcil, comme il savait si bien le faire, l'air très satisfait de lui-même.
« Alors, regarde en bas. »
Une nouvelle fois, Wendy s'exécuta avant même de réfléchir au sens des parole, et un hoquet lui échappa. Elle pouvait voir le pan blanc de sa robe de nuit qui ondulait contre ses jambes. Ses pieds, nus.
Et encore en dessous, loin en dessous, Neverland.
Elle était en train de voler.
Son hoquet se transforma en rire qui laissait s'exprimer tout son bonheur, sans retenue. Wendy releva la tête et vit Peter, qui souriait lui aussi en la regardant s'essayer à planer dans les airs.
« Oh, Peter, c'est tellement magnifique ! »
Le garçon accrocha son regard et murmura :
« Tu n'as pas idée d'à quel point, Wendy Darling. »
Wendy se réveilla en sursaut, les yeux grands ouverts dans la pénombre de sa chambre. Son cœur battait trop vite, trop fort. Les muscles de ses bras étaient tendus comme pour agripper quelque chose.
Oh mon Dieu ce qu'elle était terrifiée.
La jeune femme repoussa les couvertures, et s'assit dans son lit. Elle ne se sentait physiquement pas bien. Ses grands yeux effrayés demeuraient fixé sur le papier peint en face d'elle, comme si un film visible d'elle seule était en train d'y être projeté.
Ce cauchemar… Wendy frissonna. Elle avait besoin d'air. Non, en fait, ce n'était pas vrai, c'était de compagnie pour la rassurer dont Wendy ressentait le besoin mais d'après la faible clarté qui filtrait au travers des rideaux, la jeune femme estima que l'aurore devait s'être à peine levée. Elle n'allait pas réveiller John à cette heure-ci.
Son estimation fut confirmée lorsqu'elle écarta brusquement les pans de la tenture, et qu'un ciel mauve la salua. Les toits de Storybrook étaient enneigés, ce qui conférait un petit aspect féérique à la ville. Sa respiration se calma.
Bon, réveillée pour réveillée, Songea Wendy en attrapant ses affaires pour aller se laver, et elle se dirigea vers la salle de bain.
Il faisait froid dans la salle d'eau, à cause de l'heure matinale et de l'approche des fêtes de Noël. Aussi Wendy, une fois déshabillée, se hâta-t-elle de courir sur la pointe des pieds jusqu'à l'intérieur de la douche, dont elle referma la porte avec soulagement, heureuse que le contact de ses plantes de pied avec les dalles glacées aie cessé. Pour se réchauffer, la jeune femme s'offrit une longue et brûlante douche, dans l'espoir que cela dénouerait son dos.
Elle dut y rester un bon moment, car lorsqu'elle ressortit, la pièce d'eau était pleine de buée accumulée. Wendy haussa les épaules. Elle ouvrirait la fenêtre une fois prête et l'air froid se chargerait de tout, et puis voilà. Elle saisit sa serviette bleue et, alors qu'elle sortait de la douche, s'immobilisa brusquement.
Sur le miroir, écrit dans la condensation des petites gouttelettes d'eau accumulées, quelqu'un avait inscrit, d'une écriture serrée mais parfaitement lisible :
« Et le vilain petit canard avait beau faire tout ce qu'il pouvait pour être comme les autres, les canards de la mare continuaient de se moquer de lui. Parce qu'il était différent.»
,non,non,non,non,non. Par pitié.
Horrifiée, Wendy recula lentement, son pied cherchant à l'aveugle le rebord de la douche afin qu'elle puisse retourner à l'intérieur et s'y cacher, prétendant n'avoir rien vu.
Non,non,non,non,non,non. Seigneur, non.
Son pied nu trouva l'appui, et elle se mit à reculer, secouant continuellement la tête de droite à gauche, dans un geste de refus. Ses lèvres tremblaient du cri d'horreur qu'elles s'efforçaient de retenir.
Non,non,non,non,non,non.
Le dos mince de Wendy rencontra la paroi humide de la douche et la jeune femme s'y laissa glisser, jusqu'à se retrouver là, assise par terre, nue dans sa salle de bain, les jambes ramenées contre sa poitrine, et ses yeux bleus incapables de s'arracher du message qu'on lui avait laissé sur le miroir.
C'était une de ses histoires. Celle du Vilain Petit Canard. Elle se souvenait l'avoir racontée, il y avait très longtemps de cela, aux Lost Boys. Tous réunis autour du feu de camp, et surtout de Wendy, ceux-ci écoutaient, bouche bée. Ils n'avaient pas l'air de comprendre pourquoi les autres animaux de la mare repoussaient le Petit Canard sans véritable raison.
Peter était présent aussi, bien sûr. Il ne ratait jamais les histoires de Wendy, et s'assurait que ce ne soit le cas de personne. C'était d'ailleurs l'un des rares moments ou Wendy semblait exercer une quelconque ascendance sur le comportement de Pan. Le reste du temps, le garçon était aussi imprévisible qu'enfantin, rendant son comportement impossible à appréhender.
Mais jamais elle n'aurait pensé que Peter se souviendrait d'une seule de ces histoires. A Neverland, une fois qu'elle prononçait le mot fin, le garçon était toujours le seul à réagir directement, et à partir vaquer à ses affaires sur Neverland ou bien venir la voir pour lui détailler en long et en large son avis sur le récit qu'elle venait de faire, argumentant que lui n'aurait pas été assez stupide pour tomber dans tel piège, aurait choisi tel chemin à la place de celui-ci...
Puis, il oubliait. Comme tout sur Neverland.
Du moins était-ce ce qu'avait cru Wendy. Pourquoi lui ressortait-il, si c'était bien lui, ce passage de l'histoire ? Ce message avait-il seulement une signification ou son unique but était-il de faire savoir à Wendy que son cauchemar était sur le point de recommencer ?
« Emma. »
Après un crochet par sa chambre pour enfiler son épaisse doudoune, Wendy se glissa hors de la maison où John et Michaël dormaient encore. Une bise mordante piqua ses joues, et Wendy enfonça son menton dans son col pour s'en protéger de son mieux. Elle sortit de l'allée, et ses pieds prirent instinctivement le chemin menant à chez Granny, dans l'attention plus ou moins consciente d'y prendre un thé avant de confronter Miss Swann au commissariat. Après tout, cette dernière n'était-elle pas la Sauveuse ?
Elle eut l'agréable surprise, lorsqu'elle poussa la porte, d'apercevoir immédiatement ladite Emma qui finissait de payer une tasse de café à Granny, et se retournait déjà pour partir. Wendy traversa la salle et se planta devant la blonde, parlant avant que l'autre ait même eut le temps de relever les yeux :
-Emma, il faut que je te parle.
Immédiatement, le joyeux brouhaha matinal qui régnait parmi les consommateurs cessa, et tous les regards convergèrent vers les deux femmes. Wendy les ignora du mieux qu'elle le put, malgré la brûlure que leur regard apposaient sur sa peau. Après tout, ce n'était pas comme si elle n'avait pas été habituée, depuis son retour de Neverland, à être la cible des regards, et la source de maints chuchotements. Elle rajouta, plus pour oublier ces gens qui la fixaient étrangement que par nécessité :
« S'il te plait. »
Et le vilain petit canard avait beau faire tout ce qu'il pouvait pour être comme les autres…
-PP&WD-
La Shériff de Storybrook ne fit pas de manière et balança son sac et sa veste sur une chaise, avant de se tourner vers Wendy. Ses yeux verts délavés la scrutaient avec toute l'attention du monde, prête à entendre ses problèmes. Dans sa main gauche, son café brûlant laissait s'échapper une longue colonne de vapeur, semblable à la fumée du camp des Indiens qui s'élevait dans le ciel, autrefois, à Neverland.
-Il se passe quelque chose, Emma.
A ces mots, la Sheriff la regarda avec un demi-sourire, ironique.
-Tu sais, Wendy, ça fait maintenant longtemps que j'ai appris que c'est lorsqu'il ne se passe pas quelque chose à Storybrook qu'il y a un problème.
Wendy lutta contre son envie de lever les yeux au ciel d'exaspération. Le moment n'était pas à la plaisanterie ! Pourquoi Emma ne le comprenait-elle donc pas ? Wendy inspira un bon coup et tenta d'éclaircir :
-Non, Emma. Les problèmes sont déjà arrivés, j'en suis…j'en suis quasiment sûre.
Sa vis-à-vis haussa un sourcil dubitatif.
-Quasiment ? Répéta-t-elle avant de boire une gorgée de café.
Wendy s'agita.
-Oui, je, c'est-à-dire, cela a commencé à Londres. J'étais allée me recueillir sur la tombe de mes parents et…
Wendy marqua une pose devant le visage soudain plein de pitié que marqua Emma. Si au début, la compassion des gens l'avait touchée, là, cela commençait réellement à l'exaspérer ! Pourquoi les gens la pensaient-ils donc toujours si fragile et incapable d'aller de l'avant ? Wendy fronça les sourcils d'agacement et continua :
« Et quand j'ai voulu repartir, un bouquet de Nortalys avait été déposé sur la tombe, et j'ai senti des Br...Une présence. Au début, j'ai cru avoir tout rêvé mais ce matin, en sortant de ma douche, il y avait un mot sur mon miroir. Un passage d'une de mes histoires. Précisa-t-elle.
Elle n'avait pas refermé la bouche que Wendy compris qu'Emma ne la croyait pas. Ou tout du moins, qu'elle ne croyait pas que cela constituait des preuves suffisantes pour ramener à la vie le personnage d'une personne supposée morte.
La suite lui donna raison.
« Wendy, commença prudemment Emma qui avait reposé son café et la regardait étrangement. Es-tu certaine que ces…ces choses se sont réellement passée ? »
La jeune femme en resta bouche bée. En oubliant ses bonnes manières de petite fille londonienne, elle s'exclama :
« Quoi ? Mais, bien entendu que j'en suis certaine ! Je ne suis pas encore folle. »
Le front d'Emma se plissa de soucis et d'autre chose, que Wendy ne parvint pas à identifier. La Sheriff fit un pas dans sa direction, levant une main apaisante.
« Non, bien sûr que non, Wendy. Je n'ai jamais dit ça, voyons. Simplement….Simplement je pense que ce que tu as vécu là-bas a été très dur et peut-être que le fait de t'être rendue sur la tombe de tes parents a fait ressurgir tous ces mauvais souvenirs. »
Comme Wendy la fixait, incapable de dire un mot tant le dépit, la consternation, et surtout la déception l'envahissait, Emma tenta de rattraper sa maladresse.
…Les canards de la mare continuaient de se moquer de lui.
« Ce n'est pas rare, tu sais, que des victimes de traumatismes soient victimes d'hallucinations occasionnelles. On appelle cela un contrecoup psychologique, le cerveau… »
« Tu penses que je mens. » La coupa Wendy, horrifiée.
« Bien sûr que non, simplement… »
« Simplement, tu penses que je suis en train de devenir folle. C'est ce que tu es en train de me dire. Que mon cerveau est trop faible pour supporter ce qu'il s'est passé, et qu'il cherche une échappatoire pour le réfuter. »
« Oui, enfin non, ce n'est pas de la folie mais je pense que c'est le mécanisme de défense qui…. »
« PARCE QU'APRES CE QUE J'AI VECU, TU PENSES VRAIMENT QUE C'EST DANS LE REVE QUE JE VAIS ALLER PUISER MON RECONFORT?! » Eclata brusquement Wendy, laissant sortir toute la frayeur et la tension de ces derniers jours, de ces dernières années, qu'elle s'était toujours efforcée de cacher. Emma marqua un mouvement de surprise et recula devant la violente réaction de la si douce et fragile Wendy. Celle-ci, incapable de s'arrêter, poursuivit.
« TU CROIS SINCEREMENT QU'APRES AVOIR ÉTÉ ENLEVEE ET SEQUESTREE PAR UN GARCON AUX POUVOIRS MAGIQUES, SUR UNE ILE NEE DE L'IMAGINATION DES ENFANTS OU SOUHAITER QUELQUE CHOSE SUFFI A LE RENDRE REEL, OU J'AI PERDU MON BAE QUE J'AI CRU MORT OU PRISONNIER, OU J'AI ÉTÉ RETENUE LOIN DE MA FAMILLE DURANT PLUS D'UN SIECLE, TU CROIS QU'APRES TOUT CA, C'EST DANS LE REVE QUE JE VAIS CHERCHER UN SOULAGEMENT ?! SERIEUSEMENT ?! »
« Wendy, s'il te plait calme-toi…Je n'ai pas dit que c'était forcément cela. J'ai simplement avancé que c'était une possibilité. Tu dois comprendre que l'affaire est bien trop grave pour que je puisse me permettre de sauter ainsi aux conclusions. »
Pour toute réponse, Wendy la foudroya du regard, à travers la pluie de larmes qui noyait à présent ses yeux bleus.
« Donc, vous ne comptez rien faire, Sheriff ? »
« Je n'ai pas dit ça. Je vais juste attendre de voir ce qu'il se passe, et te confier ce numéro d'urgence. A partir de maintenant, évite de rester seule, d'accord ? tu as dit que tous ces événements s'étaient déroulés en quelques jours d'intervalle. On va regarder ce qu'il se passe sur un mois, Si dans ce laps de temps, plus rien d'étrange ne se produit, on en aura eu le cœur net. Sinon, au moindre doute, appelle et j'arriverai. Ça te va ? »
Wendy inspira un grand coup, fermant les yeux, avant de forcer ses lèvres à dessiner un sourire aimable à l'adresse d'Emma qui continuait de la regarder avec inquiétude, un bras légèrement tendu devant elle comme pour parer l'attaque d'un animal instable.
. « Bien, Capitaine Swann. »*
Emma lui jeta un drôle de regard et la corrigea gentiment.
« C'est Shériff. Je ne suis pas Capitaine. »
Wendy sourit à nouveau. L'image même de la douceur. Son poing se serra dans son dos. Elle approuva délicatement :
« Bien sûr, Shériff Swan. Et merci.»
Emma parut vouloir ajouter quelque chose mais la chevelure élégamment bouclée de Wendy disparaissait déjà dans le couloir, dont le plancher faisait résonner avec une violence étonnante les pas de la jeune femme.
* héhé, vous voyez pour quelle team j'étais pour le couple d'Emma :P
Review? ;)
