Bonjour tout le monde, un OS comme promis, attention il est TRES important pour la suite de l'histoire alors pourquoi ne pas en avoir fait un chapitre ? C'était ma première idée mais cela signifiait reporter le bal vu sa longueur et ça je sais que vous n'auriez pas aimé ^^
Je vous laisse juge, n'hésitez pas à commenter et à très bientôt pour la suite de BDLC !
OS 4: Le Calyce
Je descendis à la cuisine dimanche matin de bonheur, seule Esmée était levée, l'attention plongée devant une tasse de café fumante.
Je m'éclaircis la voix pour signaler ma présence et madame Platt cligna des yeux puis me fit assoir de force devant une tasse de thé.
-Bonjour Bella, tu as bien dormi ma chérie ?
-Très bien, merci Esmée.
-Mes charmantes filles dorment encore ?
Je ris devant sa mine inquiète et elle se rassit face à son petit-déjeuner.
-Elles ont raison. Soirée mouvementée hier…
J'acquiesçais mal-à l'aise. On peut dire avoir le docteur Cullen dans sa vie, les filles avaient longuement argumenté une bonne partie de la nuit.
-Je n'ai jamais présenté un seul homme aux filles, je n'en ai pas eu besoin, élever mes filles fut le plus beau cadeau de ma vie.
Son regard se fit vague et je bus une gorgée de mon thé pour me donner contenance.
-Puis-je te confier un secret Bella ?
Je m'étouffai à moitié dans mon thé sencha.
-Bien sûr madame Platt…
-Esmée...
Je me morigénais intérieurement, imbécile.
-Pardon, bien sûr Esmée.
La maman du Calyce me fit un sourire avant de commencer son récit.
-Je vais te raconter la vérité, celle que personne ne connait, pas même mes filles… Peut-être l'on t'elle découverte mais nous n'en avons jamais parlé ensembles. Tout a commencé il y a dix-neuf ans, dans une petite ville de Louisiane…
Flashback, point de vue d'Esmée
Il était onze heures tapante quand je poussais la porte du bureau du docteur Davies. Le vieil homme aux tempes grises me fit assoir face à son bureau et me regarda de son air doux, paternel.
-Comment allez-vous ma petite Ann ce matin ?
Je le remerciai et le rassurai sur ma santé, anxieuse de connaître la suite. Le médecin sembla le comprendre puisqu'il soupira et retira ses lunettes. Respire Ann, calme-toi…
-Les nouvelles ne sont pas aussi bonnes que je l'espérai Ann…
Je me retins de défaillir. Concentre-toi, garde la tête froide. Je le regardai droit dans les yeux, nous y sommes.
-Dîtes-moi la vérité Richard.
L'homme soupira et plia ses maudites lunettes.
-Les résultats sont sans appel, il n'y a aucune solution à l'heure actuelle à votre problème.
-Et une f.i.v. ?
-Non, le problème vient de votre utérus Ann, une f.i.v. n'aboutirait à rien, je suis désolé.
Davies se leva et fit le tour de son bureau. Il me tendit une boite de mouchoirs. Je ne m'étais même pas rendue compte que je pleurais. Oh que oui j'ai des raisons de pleurer, je n'ai que vingt-et-un ans ! Merde ! Je ne peux pas accepter ça, impossible.
-Je veux un enfant Richard, je ne peux pas renoncer…
-Il vous reste l'adoption Ann, c'est pareil !
Il approcha sa main pour me caresser les cheveux, un geste de réconfort que j'acceptais amère. Il ne peut pas comprendre, personne ne peut comprendre. Je suis née pour être mère, je le sais, je le sens.
-Vous savez que ce n'est pas vrai ! Les procédures sont longues et coûteuses…
-A ce propos, j'ai une autre mauvaise nouvelle, je suis désolé vous allez dire que ce n'est pas votre jour…
J'étudiai plus attentivement le vieil homme qui se triturait les mains, visiblement mal à l'aise.
-Les restrictions budgétaires pour la santé n'épargnent pas notre hôpital, je suis navré Ann mais nous ne pouvons vous garder parmi nous…
-Pardon, je ne comprends pas.
Respire Ann, calme-toi… Richard Davies me contempla avec une pitié non feinte.
-Je suis désolé Ann mais vos fonctions chez nous prennent fin ce soir.
-Mais, mais… Mes états de service sont excellents !
-Je le sais bien mais c'est ainsi… Vous comprenez qu'avec votre problème nous ne pouvons vous garder parmi nous…
Je répliquai piquée au vif :
-Je sais faire la part des choses entre ma vie privée et mon travail Docteur Davies !
-Ce n'est pas contre vous Ann, je vous admire et j'apprécie votre travail mais je me dois de veiller sur mes patients et ce travail n'est plus bon pour vous…
-Comment osez-vous dire ça ! C'est un licenciement abusif ! Je ne me laisserai pas faire !
-Ne le prenez pas comme cela Ann…
Je n'en écoutai pas davantage et claquai la porte dans mon dos. Je partis d'un pas rapide deux étages en dessous et ouvrit mon casier avec rage. J'enfilai ma blouse rose, ainsi cette journée sera la dernière dans cet hôpital… C'est impossible, inconcevable, je ne me laisserais pas faire ! Tu es tombée bien bas Ann Esmée Hammond…
Chelsea arriva en paniquant au beau milieu des vestiaires, le teint aussi flamboyant que ses longs cheveux défaits.
-Dieu merci, Ann tu es là !
Je l'avisais d'un œil morne.
-Calme-toi, reprend ton souffle et explique-moi clairement ce qu'il se passe.
Je continuais mon inspection à la recherche d'indices tandis qu'elle s'appuyait sur le chambranle de la porte en quête d'oxygène. Sa blouse semblait déchirée par endroits, ce qui ne laisse rien augurer de bon…
-Je t'attends en salle 2, ça s'annonce compliqué !
-Ok, je t'y rejoins !
Je nouai ma blouse et sortis dans le couloir. Le service était désert. C'est ainsi, il y a des jours où c'est plein à craquer et d'autres au contraire où on ne croise pas un chat.
Seul un petit garçon jouait dans la salle d'attente le nez fourré dans une impressionnante pile de Lego.
Je poussai le battant de la salle 2 et ne fut pas déçue du spectacle. Une Chelss au bord de la crise de nerfs se débattait contre une patiente qui la serrait à l'encolure. J'appuyai frénétiquement sur l'interphone nous reliant à l'équipe de sécurité et essayai avec ma maigre force de libérer ma collègue.
Les surveillants arrivèrent rapidement, habitués à ce genre de situation, et nous sanglions ensemble la patiente à la table pendant que Chelss s'observait minutieusement dans la petite pièce adjacente.
-Je ne sais pas si je pourrai continuer ce boulot encore longtemps, c'est la troisième fois depuis janvier.
Je ne répliquai pas, n'ayant aucune envie de reconnaître à voix haute mon futur licenciement. Chelsea se plaint et râle mais je la connais et sais pertinemment qu'elle ne laissera jamais tomber son job. Les pauvres filles qui se retrouvent à la rue sans le sous et font le trottoir ne sont pas une nouveauté ni une exception à Biloxi et le positionnement géographique du Regional à la périphérie du centre-ville en fait le quartier général des causes désespérés. Overdoses, viols, contraceptions d'urgence, coups et blessures sont le lot commun et la vie de tous les jours qui anime l'Hôpital.
-Tu as le Regional dans le sang Chelss.
Pour toute réponse, elle se contente d'un haussement d'épaule sans pour autant nier.
Agée d'une trentaine d'année et mère de trois enfants, Chelsea Connolly était mon mentor depuis mon arrivée dans le service un an plus tôt. Chelss est une personne honnête et d'une gentillesse sans limite. Je pus voir derrière son professionnalisme le dégout apparent que devait lui inspirer cette femme, ce n'est pas la première fois qu'une fille de la rue débarque dans cet état à la maternité mais celle-là est particulièrement monstrueuse.
-Aide-moi à la maitriser, on va la sangler à la table le temps de prévenir Davies ou Martins.
J'aidai ma collègue si fière de ses origines irlandaises et maman de trois des plus adorables bambins aux boucles rousses de Louisiane.
-En parlant de cas désespérés, des nouvelles des dents de Sarah ?
Sarah Jane, la petite dernière qui anime les nuits de la famille depuis une dizaine de jours.
-Tu apprendras que nous n'avons pas entendu Sarah depuis deux soirs.
-Ah oui ? Alors d'où vienne ces magnifiques marques sous tes yeux ?
-Si Sarah dort ce n'est pas le cas pour Daniel…
Nous éclations de rire tout en étudiant le dossier de notre patiente récalcitrante.
Phoebe Brandon, 34 ans, admise au Regional le 06-21-1991…
-Je m'occupe de l'examen, toi essaye de prévenir Davies qu'il descende de sa tour de cristal, on va avoir besoin de lui ici.
-Tu es certaine de pouvoir rester seule dans cette salle ? Je veux dire peut-être que…
Chelss me coupe d'un regard sévère.
-Ann, je peux le faire. Par contre toi tu dois aller chercher Davies. Cette femme n'a pas été suivie, on ne sait pas à quoi s'attendre !
Je ne discutai pas et partis dans la petite salle décrocher le téléphone. Après plusieurs tentatives infructueuses je commençai à envisager l'hypothèse d'aller le chercher moi-même dans son bureau lorsque des cris interrompirent le fil de mes pensées.
-Espèces de grosse pute, je veux des médocs, cette charogne m'arrache le bide ! Elle m'arrache le bide ! Tu m'entends petite salope ! Je veux des cachets !
-Phoebe soyez raisonnable, dans votre état…
Je revins rapidement sur mes pas, Chelss essayait de faire entendre raison à notre patiente mais celle-ci jurait contre la terre entière à commencer par l'enfant à naître.
-Ferme ta gueule et sort ce putain de gosse !
Chelsea a cette faculté de passer outre les insultes, les paroles glissent sur elle alors qu'elles m'atteignent en plein cœur. Comment une femme peut-elle parler ainsi de son enfant ? De la chair de sa chair ? Respire, Elle est bourrée Ann.N'empêche, quand la vie te fait un tel cadeau, tu l'acceptes à bras ouverts.
Chelss me sortit de ma torpeur la mine soucieuse.
-As-tu réussi à joindre Davies ? Il va venir ?
Je mimai un non et le regard de ma collègue se fit dur.
-Très bien ! Alors nous accoucherons cette femme seules.
Je me rapprochai de Phoebe Brandon pour l'inciter au calme.
-Phoebe, vous devez nous aider, ce bébé a besoin de vous pour venir au monde !
Le regard de Chelss m'en dit long, pas la peine de se faire des illusions de ce côté.
-Je vois la tête, Phoebe le bébé arrive !
J'étais soulagée de voir son corps bloqué par les lourdes ceintures de cuir vu la violence de ses mouvements et ses déchainements de colère.
Je me rapprochai pour assister Chelsea sous le regard haineux de la future mère.
-Toi aussi tu veux admirer la vue pouffiasse ?
-Madame Brandon, calmez-vous, je suis…
-Mais j'en ai rien à foutre de qui tu es ! Ce que je veux c'est qu'on sorte cette horreur de mon bide ! Déjà que cette saloperie me fout en l'air mon week-end !
-Restez courtoise Madame Brandon et tout se passera au mieux !
-Ta gueule rouquine et toi aussi la brune, ferme-la et sort ce gosse de mon bide !
Chelss passa outre, une nouvelle fois et prit la situation en main.
-Ann, prépare la couveuse, vu que l'on ne sait rien sur la grossesse de la patiente, il faut s'attendre à tout !
Je sortis dans la petite pièce adjacente et rapportai la couveuse vitrée puis je revins avec un berceau transparent dans lequel je glissai une couverture blanche. La patiente n'a rien emmené, il faudra trouver des affaires au bébé…
Un cri de Phoebe nous glaça le sang et ma collègue commença à mettre au monde un nourrisson.
-Poussez Phoebe ! Poussez… Stop, arrêtez de pousser je vois la tête !
J'attrapai un linge et ma collègue me tendit le bébé. Je pris dans mes bras le petit être aux cheveux noirs qui ouvrit de grands yeux gris. Le moment sembla durer une éternité, la petite posa ses grands yeux sur moi avant de pousser un pleure strident et mon cœur se comprima douloureusement.
-C'est une petite fille, vous avez une petite fille Phoebe !
-Rien à foutre !
Je partis plus loin toiletter le bébé mais ma collègue m'appela à la rescousse.
-Il y en a un deuxième Ann ! Viens vite !
Je revins la petite dans les bras tandis que Chelss tentait de faire entendre raison à notre patiente qui se trouva mal et fit un malaise.
-Pose la petite et viens par-là !
Je laissai le bébé dans le berceau et tentai de réanimer Phoebe.
-Elle dort !
-Comment peut-on dormir dans un moment pareil ! Elle doit coopérer, je ne peux pas sortir ce bébé si elle ne pousse pas !
J'ignorai Chelss et secouai Phoebe. Elle grogna un peu mais ne bougea pas. Je la secouai plus fort et elle ouvrit des yeux verts injectés de sang.
-Tuez-moi ces gosses, débarrassez-moi de cette raclure !
-Laisse-là Ann, coupe le cordon vite, elle ne respire pas !
Aussitôt la première petite fille se mit à hurler à plein poumon. Je coupai le cordon qui entourait le cou de la seconde et tapotai un peu ses fesses pour qu'elle revienne à elle tandis que Chelss s'occupait de la mère.
-Allez bébé, allez bébé, pleure !
La petite poussa un cri et se mit à pleurer, je soufflai de soulagement comme ma collègue et Davies arriva enfin dans la salle de travail. Chelss lui laissa sa place auprès de la patiente et j'emportai le bébé numéro deux pour la rendre plus propre. Ann me rejoignit avec la première dans le berceau.
-Elle semble en parfaite santé…
-Oui, elles sont magnifiques.
La deuxième ouvrit des yeux aussi gris que sa jumelle avant de chouiner, je caressai ses petits cheveux châtains. Pauvre petite fille, tu n'as pas demandé cette vie-là, et déjà elle commence si difficile… Je la couchai contre sa sœur et Davies vint examiner les petites, il arriva à la même conclusion que nous.
-Trouvez-leur un nom mesdames, Miss Brandon refuse d'en assurer la charge. Nous ne pouvons laissez ces petites filles sans identité ! Et appelez les services sociaux Miss Hammond.
Davies repartit comme il était venu nous laissant seules avec les petites.
Chelsea étudia attentivement le bébé numéro un puis s'attarda sur le bébé numéro deux.
-Elles sont magnifiques !
J'approuvai ses dires, oui ces petites filles sont parfaites, comme la vie est injuste. Je sais que je ferai une excellente mère mais la vie n'a pas voulu me laisser ma chance, et elle qui a deux adorables trésors, elle s'en fiche, elle n'en veut pas…
-Mary Ann ! Oui cela t'ira très bien ma petite !
Je ris face à la mine concentrée de ma collègue et regardai attentivement le petit être dans mes bras.
-Chelsea Caroline.
Ma collègue approuva et nous posions chaqu'une notre bébé dans un berceau mais les filles se mirent à pleurer. Je rapprochai les jumelles et Chelsea les conduisit à la nursery. Je quittai la salle de travail laissant la patiente au service néo-natal et partis prendre une douche. Mon travail est terminé. Ma journée se termine dans quelques petites heures… Que vais-je bien pouvoir faire maintenant ?
En repassant dans le service, je croisais Davies. Il m'avertit qu'il avait personnellement contacté les services sociaux et que ceux si ne pourrait venir que dans le courant de la semaine. De toute façon les petites doivent rester en observation quelques jours… Mais quand même, les enfants sans famille à Biloxi, ce n'est pas ce qui manque. A Biloxi, ce n'est pas ce qui manque. L'orphelinat est plein, que vont devenir ces petites filles. Trouveront-elles une bonne famille, des parents aimants qui sauront prendre soin d'elles et les aider à devenir des personnes formidables… Je m'occupais de patients pour me changer les idées puis le soir venu, alors que mon service prenait fin, je décidais de repasser près de la nursery, histoire de me rassurer.
Le couloir était plongé dans la pénombre. Je m'approchais avec appréhension de la vitre et observais les bébés. Six couveuses étaient sagement alignées derrière. J'avisais directement mes petites, Chelsea Caroline était profondément endormie mais Mary Ann ne semblait pas dormir, ses petits doigts se contractèrent comme pour saisir une chose que je ne sus voir.
Je pénétrais discrètement dans la petite pièce et me rapprochais des petites. Délicatement, je me penchais vers Mary Ann et la pris dans mes bras. Ses yeux gris si particuliers s'ouvrirent un instant et elle s'endormit.
Et mon cœur fondit.
Adieu raison.
Il faut faire vite.
Je callais confortablement Mary Ann contre ma poitrine et pris Chelsea Caroline dans mes bras. Je sortis de la salle en silence, les filles n'eurent aucune réaction. J'avançais comme une bête traquée dans le couloir silencieux, je passais devant la salle des infirmières et arrivais sans encombre aux ascenseurs. J'appuyai frénétiquement sur le bouton descente, apeurée à l'idée que l'une de mes anciennes collègues me découvre. Enfin le bip raisonna et je m'engouffrai dans la cabine comme si ma vie en dépendait, mais justement c'est là le problème, ma vie en dépend… c'est ma vie.
L'ascenseur se mit en marche et je soufflai de soulagement. Chelsea Caroline se réveilla et sa toute petite main m'agrippa l'index. J'étouffai une exclamation de surprise, émue aux larmes, et les portes s'ouvrirent sur le parking face… Au Docteur Davies. Et merde.
Instinctivement, je resserrai ma prise sur mes filles. L'homme me contempla des pieds à la tête avant de me prendre de force Chelsea Caroline des bras. Les filles se mirent à hurler et je tentais de reprendre ma fille de force.
-Laissez la moi ! Elle n'a personne, sa mère biologique ne veut pas d'elle et moi je ne pourrais jamais avoir ce cadeau, laissez-moi aimer ces fillettes ! Docteur Davies je vous en prie, vous savez très bien que je serai une bonne mère pour ces petites !
Le médecin hésita puis soupira avant de partir vers sa voiture, ma fille toujours dans ses bras. Je le suivis en trottinant tout en essayant de le convaincre. Mary Ann pleurait à chaudes larmes dans mes bras comme sa sœur. Davies ouvrit la portière arrière et en sortit un siège auto. Il déposa Chelsea Caroline dedans et la sangla.
-Je vous accompagne à votre voiture.
Mes yeux se remplirent de larmes.
-Merci Docteur Davies.
Il m'aida à attacher le siège auto à l'arrière et puis revint avec un autre siège, plus grand cette fois. J'y installais Mary Ann aussi bien que possible mais il était trop grand. Je callais ma petite avec un coussin et refermais la portière.
-Ce sont ceux de mes petits-enfants, en attendant ils vous seront utiles pour quitter la ville. Faites attention à vous trois Ann, quittez l'état, je m'occupe des papiers ici, je vous contacterai pour vous les faire passer. Prenez soin de ces petites filles.
Je pris le docteur Davies dans mes bras.
-Merci Richard, de tout mon cœur. Merci, merci.
Il rougit et me tapota l'épaule.
-Allez ma petite, filez avant que quelqu'un ne nous voit.
Je grimpai dans ma voiture et quittais ma Louisiane natale. Je ne revins jamais à Biloxi. Je conduisis jusqu'à la Géorgie et nous installait à Atlanta. Les premiers jours furent difficiles et compliqués mais nous trouvâmes rapidement notre rythme.
Je changeai de nom. Abandonnant Ann Esmée Hammond à sa terre marécageuse pour prendre celui de ma mère, Platt. Esmée Platt. Je rebaptisais aussi mes filles, Chelsea Caroline devint Calysia Caroline Platt et Mary Ann ma petite Alice Mary. Pour gagner ma vie et assurer une existence confortable à mes enfants je quittai la profession d'infirmière pour devenir décoratrice. Mes économies touchées au décès de mes parents me furent d'un grand secours pour nous loger et lancer mon entreprise.
Fin du Flashback
Esmée me contempla de son air si doux, des larmes perlant aux bords de ses yeux noisette dorés.
-Je n'ai jamais regretté mon geste, c'est égoïste mais selon moi j'ai fait exactement ce qu'il fallait. Je les ai aimées de tout mon cœur sitôt que je les ai vus, au premier regard j'ai eu le coup de foudre pour mes filles. Elles m'ont choisi.
Je m'essuyai les yeux, et reniflai peu élégamment.
-Vous êtes une femme exceptionnelle Esmée, j'aurai tellement aimé avoir une mère telle que vous !
Je fondis en larmes et madame Platt me prit contre elle.
-Je serai toujours là pour toi ma chérie.
On en pense quoi ? Vous attendiez-vous à ça ? :)
