Merci beaucoup pour tous vos retours positifs sur cette fiction. J'espère que la suite vous plaira ! (Encore une fois, si vous lisez ce chapitre dans les heures suivant sa publication, je l'ai corrigé qu'en diagonales, donc j'ai pu laisser passer quelques coquilles...)

Luna : C'est vrai que je suis très attachée à un caractère précis pour la plupart des personnages, et ceux qui changent vraiment de fiction en fiction sont en général les personnages secondaires. Mais je suis vraiment contente que ces quatre fictions te plaisent. J'ai accumulé un peu de retard à cause d'obligations personnelles, mais le prochain chapitre que je publierai sera sur Trois Narrateurs ! :) Merci beaucoup, j'espère que ce chapitre te plaira.


3- 06/07/1984

Si Draco n'avait jamais été aussi seul que ces sept dernières années, il s'était tout de même fait un ami. À une époque où toutes les personnes qu'il avait côtoyées de près ou de loin dans les couloirs de Poudlard le fuyaient et détournaient les yeux quand ils le croisaient, il y avait une personne qui un jour l'avait reconnu, avait fait demi-tour, et lui avait couru après pour le rattraper. Il ne connut rien de plus sincère pendant sept ans que la main qu'avait ce jour-là posée Marcus Flint sur son épaule.

Marcus pouvait être qualifié de grande gueule. Il n'essayait pas d'atténuer ses propos pour ne pas blesser ses amis, il disait les choses telles qu'elles lui venaient. Joli tatouage avait-il dit un jour, rieur, en voyant la marque des ténèbres sur l'avant-bras de Draco. Il se fichait de savoir à quel point cette marque avait considérablement détruit l'estime qu'avait Draco pour lui-même. Tu vas pas chercher Papa ? lui avait-il demandé une autre fois, alors que le blond faisait face à une difficulté. Ça l'avait agacé, au début. Parce que Draco était devenu le genre de personne qui fuyait les problèmes, qui se voilait la face, et que Marcus Flint les lui jetait en pleine face, ses problèmes. Il avait fini par comprendre qu'il ne le faisait pas pour le rabaisser, il le faisait pour qu'il arrête de fuir.

Le jour où Draco, après une énième remarque de Flint sur la marque que son avant-bras arborait, avait répondu Merci bien, j'ai longtemps réfléchi au motif avant d'en trouver un qui me convenait, Marcus avait explosé de rire, et n'avait plus jamais remis le sujet sur le tapis, parce qu'il savait que Draco avait fini par accepter son erreur. Le jour où Draco, après une énième remarque de Flint sur la façon dont il rappelait à tout le monde la puissance de son père lorsqu'il était jeune, avait répondu Je doute qu'acheter une dizaine de Nimbus 2001 règle le problème, Marcus avait, encore une fois, classé l'affaire.

Pour la première fois de sa vie, Draco avait lié une amitié sans jamais se demander si l'autre parti n'y avait pris part que par intérêt. Parce que Marcus Flint n'avait rien à y gagner. L'impressionnante impopularité de Draco Malfoy ne pouvait que heurter sa popularité de joueur de quidditch pour les Faucons de Falmouth. La propre richesse qu'il avait accumulée à son poste de batteur n'avait rien à envier à celle en déclin des Malfoy, et dans un monde où les gens traitaient les Malfoy comme la peste, Marcus avait indéniablement plus d'influence que Draco n'en aurait jamais. Et pourtant, sans que Draco ne comprenne vraiment pourquoi, Marcus restait à ses côtés. Et bientôt, Draco lui-même avait commencé à l'épauler. Quand une blessure au genou mit fin à sa carrière, rien ne sembla plus logique à Draco que de lui proposer un poste au Ministère.

C'est parce qu'il avait accepté ce poste qu'il était la première personne que Draco Malfoy avait décidé de prévenir du Code Noir. D'un coup de baguette, Draco ouvrit les rideaux de la chambre de son ami, s'attirant un grognement guttural de son aîné. D'un autre coup de baguette, il arracha violemment la couette à laquelle Marcus s'accrochait de toutes ses forces.

–Bordel Malfoy, tu peux pas faire comme tout le monde et envoyer un patronus ? cracha Flint.

Mais même à peine réveillé et grincheux, son talent pour la moquerie ne diminuait pas.

–Ah non c'est vrai... T'y arrives pas...

Il entendit Malfoy claquer la langue, et s'apprêtait à ricaner avant qu'une quantité considérable d'eau froide lui tombe sur la figure. C'est Malfoy qui eut le premier ricanement de la journée.

–Espèce d'enfoiré, siffla Marcus. Je sais pas ce que tu fous là, mais tu vas le regretter.

–J'en doute, lâcha Malfoy en envoyant un sort de séchage sur Marcus et sur son lit. Dans une heure vingt, le département de la Justice Magique va être bloqué pour cause de Code Noir.

Marcus, tout en intégrant l'information, observa un petit sourire moqueur se former sur le visage de Malfoy.

–Granger, dans toute sa bonté, te donne une dérogation. On voudrait pas que tu loupes ton mariage...

Marcus grimaça. À vrai dire, si. Louper son mariage ne lui semblait pas être une si mauvaise idée. Marcus Flint devait épouser d'ici environ une semaine Gemma Farley. Si elle était son amie depuis sa première année à Poudlard, Flint n'était pas le moins du monde amoureux d'elle. Elle n'était qu'une couverture, et c'était réciproque. Parce que Flint voulait pouvoir se taper Olivier Dubois sans avoir à assister aux rendez-vous arrangés par sa mère avec de potentielles futures femmes dont il se fichait royalement.

Marcus s'assit au bord de son lit.

–Dis-lui que je reporte le mariage.

Draco arqua un sourcil.

–Crois-le ou non, mais on reporte pas un mariage comme ça. Et j'ai besoin de toi dehors...

–T'as peut-être besoin de moi dehors, mais aux dernières nouvelles, moi j'ai besoin d'un témoin.

–Demande à Dubois, lâcha Draco, toujours aussi moqueur.

Marcus sembla contempler l'idée, avant de passer à autre chose.

–Pourquoi t'as besoin de moi dehors ?

Draco observa sa montre, et sortit un flacon. Il posa le bout de sa baguette contre sa propre tempe, et en extrait les souvenirs de toute sa journée de la veille. Une fois le souvenir dans le flacon, il le donna à Marcus.

–J'ai pas le temps de tout expliquer, donc regarde-ça. Tout ce que je sais sur notre affaire se trouve dans ma journée d'hier. J'ai besoin de toi dehors, parce qu'il faut que quelqu'un de confiance parte à la recherche de Blaise Zabini. Un langue-de-plomb devrait passer t'interroger dans la journée. Signe la décharge que j'ai laissée sur ta commode.

D'un mouvement de poignet, Draco agita sa baguette, et Marcus comprit qu'il était sur le point de transplaner.

–Attends ! Pourquoi Granger a sonné le Code Noir ?

Mais Malfoy avait déjà disparu.

–Abruti, souffla-t-il en se levant.

Il s'approcha de la commode, pour voir de quoi la décharge en retournait, mais remarqua que sous le parchemin se trouvait la Gazette du jour. Sa une eut au moins le mérite de répondre à sa dernière question.

L'indignation. S'il y avait un sentiment dans lequel cette pièce était baignée, c'était l'indignation. Hermione n'était même pas en mesure de s'entendre penser. Elle était submergée par les centaines de plaintes que les employés du département de justice magique s'appliquaient à lui hurler à la figure.

–S'il vous plaît, essaya Hermione, en vain.

Toutes les issues du département étaient fermées par des grilles renforcées magiquement, elles-mêmes gardées par trois langues-de-plomb chacune. Il n'y avait aucune issue, et pourtant, certains sorciers s'évertuaient à lancer des sorts sur les grilles. Certains tentaient de transplaner, mais les protections magiques les en empêchaient. Le réseau de cheminette était complètement fermé, et même les avions en papiers que les employés du ministère s'envoyaient de département à département pour communiquer rapidement s'écrasaient contre les grilles. Rien ni personne ne pouvait sortir de ce département si les langues-de-plomb et Hermione Granger n'approuvaient pas cette sortie.

Elle essaya à nouveau de capter l'attention des employés mécontents qu'elle avait sous les yeux, mais tout ce qui lui répondit fut le brouhaha ambiant.

–LA FERME ! gueula Ron à côté d'elle, la faisant sursauter.

Un grand silence s'installa sur la salle. Le vice-capitaine des aurors fit un pas en arrière pour laisser parler Hermione.

–Je pense que nous sommes au-delà du stade des salutations, donc je vais être directe, si vous le voulez bien.

Les plus calmes des employés du Ministère se trouvant en face d'elle avaient déjà remarqué à quel point elle semblait irritée, et si Hermione était considérée comme la plus gentille et compréhensive chef de département du Ministère, tout le monde savait également qu'une fois une certaine limite franchie, elle pouvait se révéler incroyablement sèche et impitoyable.

–Ce matin, comme la majorité d'entre vous doit déjà le savoir, Pansy Parkinson a fait la une de la Gazette des Sorciers. Bon nombre de révélations sur une affaire que nous avions classée secret-défense ont été faites, parmi lesquelles sa réapparition, son implication depuis une semaine avec le Ministère de la Magie, et la menace de mort qui pèse sur elle. Beaucoup de fausses allégations ont également été faites à son propos, probablement dans une tentative ma foi réussie d'éclipser le fait que la personne ayant divulgué ces informations l'a fait en sachant qu'elles pouvaient coûter la vie à Miss Parkinson, peut-être même avec la volonté d'attenter à sa vie.

–C'est pour ça que vous nous coincez là ? cria une voix dans l'audience.

–Non, répondit Hermione en instaurant un contact visuel direct avec la personne qui l'avait interrompue. Si je vous ai coincé là, comme vous dites, c'est que l'affaire Parkinson est étroitement liée à une affaire de type H.

Les chuchotements de plus en plus bruyants de l'audience traduisirent l'ébahissement de la salle. Ron se racla la gorge comme un avertissement, et les chuchotements moururent aussi rapidement qu'ils étaient apparus.

–Miss Parkinson est en effet la seule personne en mesure de nous fournir des preuves et des pistes quant à cette affaire. Attenter à sa vie revient à obstruer l'enquête de type H. Et comme chacun sait, obstruer une enquête de type H est jugé comme un cas de complicité de crime contre l'humanité.

Les chuchotements reprirent de plus belle, et Draco Malfoy ne put s'empêcher de regarder, amusé, le spectacle qu'il avait sous les yeux. Les chances pour que la taupe soit jugée pour complicité de crime contre l'humanité étaient plus qu'infimes, sinon inexistantes. Tout au plus, le coupable serait probablement jugé pour divulgation d'informations confidentielles, serait viré, paierait une amende d'environ dix mille gallions, et il passerait deux ou trois mois dans une prison bien moins intimidante qu'Azkaban, le tout sans compter le procès que Pansy était en droit de lui intenter. Certes, ces conséquences étaient déjà dévastatrices, mais pas autant qu'un procès pour complicité de crime contre l'humanité qui le condamnerait à passer le restant de ses jours à Azkaban sans aucune chance de pouvoir un jour revoir sa famille.

Draco ne mit pas longtemps à comprendre pourquoi Granger avait décidé de dévoiler cette fausse menace : Beaucoup d'individus auraient tendance à entrer dans un état de panique en découvrant que leurs actes pouvaient les mener à un tel extrême. Elle cherchait à mettre fin au Code Noir alors qu'elle venait tout juste de le déclarer. Elle cherchait à ce que quelqu'un se trahisse sur le champ en s'effondrant. Cela se confirma dans le silence qu'elle laissa planer sur la salle, pour que la révélation de ce qui attendait la taupe fasse bien son chemin dans les esprits. Mais après une vingtaine de secondes, rien ne se passa, et elle reprit son discours.

–Le Ministère a d'ores et déjà mis à votre disposition tout ce qui pourrait être nécessaire à votre bien être. Une unité de langues-de-plombs a en effet jeté ce matin un Crea in vacuo sur la cafeteria du secteur 2, la transformant ainsi en un immense complexe de loisirs. Si malgré tout, vous n'y trouvez pas votre compte, des langues-de-plombs sont à votre disposition pour élargir le complexe, dans la mesure où ce que vous demandez ne va ni à l'encontre du règlement du Code Noir qui vous est distribué en ce moment, ni à l'encontre des lois de notre pays.

Hermione tourna sa feuille, puis continua.

–Un numéro va vous être à tous attribué. Il s'agira du numéro de la chambre individuelle que vous occuperez durant toute la durée du Code Noir, et que vous trouverez également dans l'ancienne cafétéria du secteur 2. En ce qui concerne vos obligations professionnelles, vos horaires habituelles sont toujours en vigueur. Si vous aviez pris des congés, vous êtes en droit de les retirer, et d'attendre la fin du Code Noir pour les poser à nouveau. Je demande donc aux employés des ressources humaines de chaque bureau de bien vouloir se préparer aux nombreuses demandes qui devraient arriver.

Devant les bons nombres de chuchotements de protestations, Hermione se détacha du discours qu'elle avait prévu.

–Je tiens également à vous rappeler qu'absolument toutes les modalités du Code Noir étaient indiquées dans l'article deux du contrat de travail que vous avez signé à votre embauche au ministère. Il comprenait trois pages complètes et était par conséquent difficile à louper. Libre à vous de vous plaindre de votre présence ici, mais si ces plaintes se transforment en menaces ou en tentatives de briser les barrières mises en place, votre séjour pourrait devenir plus désagréable encore. Notez cependant que si votre mécontentement atteint des extrêmes, vous êtes libres de quitter définitivement le Ministère une fois la fin du Code Noir décrétée, et après avoir laissé vos lettres de démission à vos chefs de services. Si toutefois vous ressentez un besoin irrépressible de vous rebeller, intenter un procès au Ministère serait inutile, puisque le ministère n'enfreint absolument aucune loi.

Hermione posa à nouveau ses yeux sur son discours, et le reprit là où elle l'avait laissé.

–Les neuf sorciers absents ce matin seront interrogés par des langues-de-plomb dans la journée, et seront surveillés jusqu'à la fin du Code Noir. Parmi ces neufs sorciers, cinq absents : Elladora Pennifold, Modesty Robbins, Romilda Filch, Edgar-Mimsey Porpington et Dedalus Hooch. Les quatre autres ont quant à eux reçu des dérogations, et répondent aux noms de Padma et Parvati Patil, Marcus Flint et Harry Potter. Ronald Weasley sera le capitaine des aurors remplaçant durant toute la durée du Code Noir.

Elle fit une pause de plusieurs secondes.

–Toute infraction au règlement du Code Noir vous vaudra un séjour dans une des cellules mises en place, de la même manière que dans la cafétéria du secteur 2, dans celle du secteur 3. Vous retrouverez les modalités d'un tel emprisonnement dans le règlement du Code Noir. Dans une demi-heure débuteront les interrogatoires avec les langues-de-plomb. Ils auront à l'avenir lieu entre huit heures du matin et six heures du soir, et pourront durer de vingt à quarante minutes. Les passages se feront par ordre alphabétique au sein d'un bureau. Les bureaux passeront dans cet ordre : Le bureau des aurors en premier, puis le bureau de pistage et de capture des criminels de guerre. Vient ensuite le service de magistrature du Magenmagot, puis ses procureurs et avocats commis d'office, la brigade de police magique, les services administratifs du Magenmagot, le service des usages abusifs de la magie, le bureau de détection et de confiscation des faux sortilèges de défense et objets de protection, et pour terminer, le service des détournements de l'artisanat moldu. L'ordre de passage des bureaux sera affiché un peu partout dans le niveau, et vous serez prévenus avant votre passage en interrogatoire. Pour toute plainte, veuillez vous adresser à mon assistante, Miss Quirke, après l'interrogatoire auquel elle se soumettra après moi. Je pense qu'il est juste que je sois la première à m'y soumettre.

Hermione plia les deux feuilles composant le discours qu'elle avait griffonné à la va-vite un peu plus tôt, et les glissa dans les poches intérieures de son blazer.

–Je ne vous demanderai pas si vous avez des questions, parce qu'il n'y a pas de questions auxquelles vous ne trouverez pas de réponse dans la brochure qui vous a été distribuée. Si toutefois une de vos interrogations ne trouve pas réponse, vous pouvez vous renseigner auprès des langues-de-plomb, ainsi qu'auprès de leur chef, Mykew Unfraville, pour qui un bureau a été aménagé dans la salle de repos de la brigade de police magique. Merci pour votre attention.

Sans plus s'attarder, Hermione quitta l'estrade.

–Vous avez une minute, prononça un des langues-de-plomb qui gardait le parloir d'urgence mis en place pour le Code Noir.

Harry n'avait pas eu son mot à dire quant à la décision d'Hermione de le garder dehors. Il comprenait bien qu'elle ne voulait pas qu'il loupe la naissance de son fils, mais il trouvait injuste sa décision de le garder en dehors d'une affaire qui lui tenait particulièrement à cœur. Il allait le lui faire savoir avant qu'Hermione ne le coupe.

–J'ai besoin que tu ailles aux archives. Demande à voir les archives du six juillet mille neuf cent quatre-vingt-quatre.

–Pourquoi ? demanda Harry, incrédule.

Hermione ne répondit pas à sa question, et enchaîna sur une nouvelle directive.

–Malfoy a dû laisser le téléphone que je lui ai donné hier chez lui. Vois si tu peux récupérer l'enregistrement de son appel avec Parkinson.

Le regard de la brune se fit si insistant qu'Harry comprit bien qu'elle attendait quelque chose de lui dont elle n'était pas en mesure de parler dans cette pièce. De là à savoir ce qu'elle attendait de lui, il y avait une marge.

–Il a installé de nombreuses barrières magiques sur son appartement, dont une, je cite, « spécialement prévu pour repousser cet enfoiré de Potter », mais il y a un réseau direct entre une des cheminées du Manoir Malfoy et son appartement. Il m'a dit que sa mère ne devrait pas voir d'inconvénients à ce que tu l'utilises.

Harry leva les yeux au ciel devant l'immaturité de Malfoy, mais encore une fois, Hermione ne lui laissa pas le temps de répondre quoi que ce soit.

–Je te garde dehors parce que je pense qu'il y a de nombreuses choses que nous ne sommes pas en mesure de découvrir ici. Tu es la personne en qui j'ai le plus confiance, Harry. Je ne te garde pas en dehors de cette affaire, bien au contraire, je te donne la plus grosse partie du travail.

–Est-ce que tu sais quelque chose que je ne sais pas ? demanda finalement Harry.

Hermione s'apprêtait à répondre, mais la voix du langue-de-plomb l'interrompit, les informant que leur temps était terminé, et que la brune devait se rendre en salle d'interrogatoire. Elle se leva et quitta la pièce sans se retourner.

Harry n'était venu qu'en de très rares occasions aux archives, mais cette fois-ci, l'endroit lui sembla en tous points différent. Il s'approcha du comptoir à l'entrée, et gratifia la jeune femme qui semblait y travailler d'un sourire.

–Bonjour, est-ce que vous pourriez m'indiquer le chemin vers les archives du six juillet mille neuf cent quatre-vingt-quatre ?

–Non, répondit l'employée, du tac-au-tac, sans prendre la peine de le regarder.

S'il y avait bien une réponse à laquelle Harry ne s'était pas attendu, c'était bien celle-là.

–Pardon ? demanda-t-il, dubitatif.

–J'ai dit « non », répéta-t-elle, sans pour autant lever les yeux sur lui.

–Pourquoi ?

Il accompagna sa question d'un rire incrédule.

–Parce que vous n'y êtes pas autorisé, répondit-elle.

S'il y avait bien une chose dont il était certain, c'est que sa position de chef des aurors lui donnait un accès à absolument toutes les archives.

–Je suis Harry Potter, dit-il alors, pensant que n'ayant même pas daigné lever les yeux sur lui, elle avait dû faire une erreur.

C'est le moment qu'elle choisit pour finalement le regarder dans les yeux, pas le moins du monde impressionnée.

Je suis Harry Potter, répéta-t-elle, y ajoutant un snobisme et une condescendance incroyable, comme si elle se moquait de la façon dont il semblait penser que son nom était une sorte de pass VIP qui pouvait le faire entrer où il voulait.

Harry sentit ses oreilles chauffer, comme à chaque fois qu'il était gêné. Ce n'était pas ce qu'il avait voulu dire. Il n'avait jamais utilisé son nom de cette manière. Il avait seulement décliné son identité pour qu'elle comprenne qu'elle avait en face de lui le chef des aurors.

–C'est pas... C'est juste que je suis le chef des aurors... Je devrais avoir accès à ces archives...

La jeune femme le regarda en silence et d'un air blasé pendant une dizaine de secondes qui lui parurent interminables.

–Non, dit-elle une nouvelle fois, avant de se remettre au travail.

Encore une fois, Harry laissa échapper un rire incrédule. Cette secrétaire semblait tout bonnement impitoyable. Après une bonne minute à se demander ce qu'il était censé faire, il prit de nouveau la parole.

–Est-ce que je peux parler à votre supérieur ?

Il entendit un lourd soupir de sa part avant qu'elle ne se frotte les yeux pour bien lui faire comprendre qu'il l'épuisait. Lentement, et sans le lâcher du regard, (elle tentait vraisemblablement de l'intimider) elle sortit sa baguette, puis plus lentement encore, elle ouvrit le premier tiroir de son bureau, duquel elle sortit ce qui semblait être un petit miroir entouré d'un cadre doré. Elle le posa sur son bureau, et frappa le cadre trois fois de sa baguette. Son regard toujours planté dans le sien, un sourire crispé fit son apparition sur son visage avant que sa voix ne se fasse de nouveau entendre.

–Sa majesté Harry Potter, qui semble convaincu de mieux connaître mon travail que moi-même, est persuadé d'avoir accès aux archives du six juillet mille neuf cent quatre-vingt-quatre. Comme sa majesté Harry Potter ne sait pas ce que veut dire « non », il tient à te parler.

Le rire qui répondit à ces paroles et qui provenait du miroir lui sembla si familier qu'il en oublia l'agacement qu'il avait éprouvé à peine quelques secondes plus tôt.

La secrétaire frappa le miroir une nouvelle fois, puis le rangea dans son bureau, avant de se remettre, une nouvelle fois, au travail, sans donner plus d'indications à Harry.

Il attendit une minute, puis deux, puis trois. Au bout de la quatrième, et commençant à réellement perdre patience, il allait faire savoir sa façon de penser à la jeune femme qui lui faisait face, mais il entendit des bruits de talons s'approcher au loin. Les archives étaient si immenses qu'il lui était impossible de savoir d'où venait cette personne. Le bruit de ses pas était une sorte d'échos qui semblait venir de partout à la fois.

–Bonjour Harry, prononça finalement une voix très familière derrière lui.

Quand il se retourna, la première pensée qui le frappa fut que Cho Chang n'avait pas beaucoup changé.

–Cho... dit-il l'air très surpris.

Même si les archives se trouvaient au même étage que le département de la justice magique, Harry n'avait jamais vraiment prêté attention à cet endroit, ni à sa hiérarchie. S'il l'avait fait, sans doute aurait-il pu éviter l'air stupide qu'il revêtait à cet instant, alors qu'il comprenait que Cho Chang était à la tête des archives, ou le secteur autour duquel tout le Ministère avait été bâti.

Elle leva son index, comme pour lui dire de patienter, puis se dirigea vers une des bibliothèques de l'entrée. Elle s'accroupit, semblant parler à quelqu'un derrière une des étagères. Après quelques secondes, un elfe de maison apparut, semblant écouter Cho avec beaucoup d'attention. Il portait sur sa tête ce qui semblait être un bonnet de Noël moldu, de ceux qui rappelaient le bonnet du Père Noël, et très souvent parés de petite étoiles qui se mettaient à clignoter une fois actionnées. Probablement le vêtement avec lequel cet elfe avait été libéré. Cho ponctua ce qu'elle avait à lui dire avec un sourire, et l'elfe-de-maison acquiesça vigoureusement avant de transplaner.

Cho se releva, et s'approcha d'Harry.

–Comme Olga te l'a dit, commença Cho en faisant un signe de la main vers l'insupportable secrétaire, tu n'as pas les accréditations nécessaires pour accéder aux archives de six juillet mille neuf cent quatre-vingt-quatre.

Harry voulut protester, mais elle leva une main pour lui faire comprendre qu'elle n'avait pas terminé.

–Il n'y a que trois personnes qui puissent y accéder. Le Ministre Shacklebolt, Hermione, et moi-même. Contrairement à eux, je ne suis pas en mesure de délivrer une accréditation pour ces archives, puisque j'en suis la gardienne. Néanmoins, et au vu des circonstances récentes, je suppose qu'Hermione t'envoie ici ?

Harry acquiesca.

–Elle a probablement oublié de te délivrer une autorisation, ou peut-être même qu'elle n'était pas en mesure de t'en donner une, mais je viens tout juste d'envoyer Bolby en demander une au Ministre Shacklebolt. Il y a des manières plus traditionnelles de faire que d'envoyer un elfe, mais les barrières magiques imposées par le Code Noir sont étendues à tout l'étage. Pas moyen de transplaner, les notes magiques finissent par s'écraser avant d'avoir quitté l'étage, bref... Il n'y a que les elfes qui ne soient pas touchés par ces barrières...

Harry fronça les sourcils.

–Comment se fait-il que vous soyez touchés vous aussi ?

Cho soupira avant de laisser échapper un rire léger.

–Mesure de précaution, je suppose. Si une note volante arrivait à s'échapper et à passer derrière les grilles qui bloquent les secteurs 2, 3 et 4, ça pourrait être une grande cause de problèmes, alors la barrière est étendue à tout l'étage. En temps normal, le transplanage d'étage en étage est déjà impossible, mais ils ont aussi tenus à bloquer les chances minimes de pouvoir transplaner des secteurs bloqués aux secteurs toujours actifs, donc ils bloquent le transplanage sur tout l'étage. Je dirais que les langue-de-plomb sont zélés, et que les archives en paient le prix. Mais au moins nous, à la fin de la journée, on peut rentrer chez nous... termina Cho avec un sourire.

Harry observa ce qui l'entourait et finit par comprendre pourquoi cet endroit lui semblait si différent des archives qu'il avait vues des années plus tôt.

–Ils ont aussi retiré les barrières décoratives ? demanda-t-il.

Cho acquiesca.

–Plus de fenêtres factices, plus de ciel ensoleillé, bienvenue au royaume de l'austérité...

Austère était le terme adéquat, en effet. Le sol était gris, et s'il n'était pas en mesure de voir les murs, le plafond qui d'ordinaire, comme le plafond de la Grande Salle, copiait le ciel, était d'un noir d'encre. Il ne semblait pas y avoir beaucoup de systèmes d'éclairage, et s'il ne voyait pas le bout des rangées d'étagères, c'est que l'obscurité semblait les engloutir. Harry se rappela des paroles d'un de ses professeurs alors qu'il visitait les archives pour la première fois, en école d'aurors. « Des sorts d'illusions ont été apposés sur les archives afin de minimiser leur grandeur. Les archives sont en effet si grandes qu'avant ces sorts d'illusions, certains sorciers étaient pris de panique quand ils y entraient. » Harry se demandait maintenant si l'obscurité n'était pas là précisément parce que sans ces sorts d'illusion, il fallait un moyen de cacher une immensité dont il n'était pas conscient lui-même.

–Si je marchais dans cette direction, commença-t-il en pointant le chemin entre deux étagères qui lui faisait face, combien de temps je marcherais avant d'atteindre un mur ?

Cho sembla réfléchir avant de lui répondre.

–Tout dépend de ta vitesse de marche, mais puisque la vitesse moyenne d'un piéton sur surface plane est d'environ quatre kilomètres par heure, je dirais un peu moins de six heures. Environ vingt-trois kilomètres nous séparent du mur.

Harry déglutit, et Cho se mit à rire.

–Ne sois pas choqué, tu as pointé du doigt la distance la plus courte. Ce niveau mesure environ six cent quatre-vingt-dix kilomètres carrés. Les archives en font le double, étant donné qu'elles sont composées de deux niveaux, celui dans lequel nous nous trouvons maintenant, et le deuxième se trouvant au-dessus du faux plafond.

–Comment vous faites pour vous déplacer dans ces conditions ?

–En temps normal, des portails nous mènent directement aux divisions dans lesquelles on veut se rendre. Si un ou plusieurs portails pour je ne sais quelle raison, cessent de fonctionner, plusieurs balais sont mis à la disposition du personnel. Mais le Code Noir a supprimé toutes les magies déjà en place, donc les portails, et mis en place des barrières qui rendent très instables les objets magiques, et je ne conseille à personne d'utiliser un balai ici, et dans ces conditions. La seule solution que nous avons, c'est de nous en remettre au transplanage des elfes. Le souci, c'est qu'en temps normal, on leur demande de ne pas transplaner parce que ça les épuise, mais ils vont devoir passer leur temps à transplaner pendant une durée indéterminée...

C'est le moment que choisit l'elfe que Cho avait appelé Bolby pour réapparaître. Il ouvrit de grands yeux en voyant Harry, et se réfugia derrière Cho. Il glissa quelque chose dans la main de la directrice des archives avant de commencer à partir.

–Bolby, le retint Cho, et il se figea en se retournant lentement vers eux.

Cho tendit l'autorisation d'accéder aux archives du six juillet mille neuf-cent quatre-vingt-quatre à Harry.

–Ne la perds pas. Il faudra que tu pointes auprès d'Olga à chaque fois que tu viens et à chaque fois que tu repars.

Cho vit une grimace se frayer un chemin sur le visage d'Harry et réprima un rire.

–Bolby, dit-elle en se retournant vers l'elfe. On va voir le ciel ?

Les yeux de l'elfe s'écarquillèrent d'émerveillement et il trottina vers Cho et Harry. À peine eut-il saisi leurs mains qu'ils avaient déjà transplané.

Ils se retrouvèrent une seconde plus tard dans une immense pièce noire percée de dizaines de milliers de petites lumières. La ressemblance avec une galaxie était frappante, à cela près qu'elle semblait en mouvement. Rien n'était statique, toutes ces lumières n'avaient de cesse de bouger.

–Où est-ce qu'on est ? demanda Harry alors que Bolby exprimait son enthousiasme en frappant dans ses mains.

–La où la magie du plafond est concentrée, répondit Cho. Quand le plafond fonctionne, toutes ces petites lumières sont statiques, mais comme le plafond est désactivé, les particules magiques n'ont nulle part où se fixer, donc elles restent en constant mouvement. On est dans la batterie du plafond, si tu préfères.

Harry savait que Cho étaient la fille de deux sorciers, et il fut surpris de constater qu'elle savait ce qu'était une batterie. Après deux minutes de marche dans ce « couloir interstellaire », Cho s'arrêta devant lui. Ils étaient face à une porte sur laquelle se trouvait un portrait.

–Bonjour Miss Chang, prononça l'occupante de la peinture qui semblait familière à Harry.

–Bonjour Rowena, répondit Cho, et Harry finit par comprendre qu'il s'agissait d'un portrait de Rowena Serdaigle en personne.

–Une fois n'est pas coutume, je vais devoir exiger de vous que vous me donniez le mot de passe de ces archives...

Oblivio et mendacium, prononça-t-elle avant de jeter un coup d'œil à Harry pour être sûre qu'il avait retenu ce mot de passe.

La porte se débloqua, et Cho se retourna totalement vers Harry.

–Il ne s'est rien passé, le six juillet mille neuf cent quatre-vingt-quatre, prononça-t-elle. Des siècles d'histoire, et cette journée est celle pendant laquelle il ne s'est absolument rien passé de notable. C'est parce qu'il ne s'y est rien passé et parce qu'en conséquence, personne ne cherche à en voir les archives qu'on a cachées derrière cette date tout ce que tu vas voir derrière cette porte. Tu trouveras sur la table centrale les recherches d'Hermione là où elle les a laissées.

Un crac sonore se fit entendre dans le couloir, et Harry put observer un deuxième elfe-de-maison apparaître. Bolby lui souffla quelque chose à l'oreille, et il acquiesça.

–Harry, je te présente Dag, dit Cho en désignant l'elfe-de-maison qui venait d'arriver. Il te raccompagnera jusqu'à l'accueil dès que tu le demanderas. Si besoin est, il t'emmènera dans n'importe quelles parties des archives, ainsi qu'aux toilettes.

Dag eut l'air intimidé en voyant Harry, mais il s'approcha et lui tendit la main. Harry la serra, peu habitué à un contact aussi direct avec un elfe-de-maison, créature d'ordinaire très timide. Il avait enroulé autour de son bras le foulard qui l'avait libéré, comme chaque elfe-de-maison au Ministère exhibaient l'objet de leur libération depuis qu'Hermione avait obtenu gain de cause en abolissant l'esclavage des elfes au Ministère. Les elfes qui travaillaient ici le faisaient volontairement et étaient rémunérés pour leur travail, et libres de partir à tout moment.

Cho amorça un pas vers Bolby pour qu'il la ramène dans son bureau, mais s'arrêta, et se retourna vers Harry, les sourcils légèrement froncés, comme si elle venait de se souvenir de quelque chose de moyennement intéressant, voire futile.

–Au fait Harry, juste pour que tu saches... La peine capitale a bien été abolie sauf dans le cas de divulgation des informations se trouvant à l'intérieur de cette pièce.

Une seconde de silence se passa, puis Cho lui offrit son plus beau sourire.

–Bonne journée ! dit-elle avant que Bolby ne les fasse transplaner.

Derrière le panneau de bois, Harry observa la pièce sur laquelle descendait l'escalier qui lui faisait face, et déglutit.

Dans le bureau d'Hermione, un trio très étrange était réuni. Elle, ainsi que Ron Weasley et Draco Malfoy, avaient passé leurs interrogatoires avant l'ensemble du département pour pouvoir travailler au plus vite sur leur enquête. Presque une demi-heure de question chacun sous l'emprise du Veritaserum dont le Ministère autorisait l'utilisation durant les Codes Noirs. S'ajoutaient à cela les très bons légilimens qu'avaient dans leurs rangs les langues-de-plomb, et il était presque impossible que le coupable de la divulgation des informations se glisse entre les mailles du filet.

Hermione s'approcha du grand tableau blanc occupant tout un mur de bureau des aurors. En son centre, elle accrocha une photo de Pansy.

–Ce qu'on sait à l'heure actuelle, c'est que Parkinson est la cible d'un ennemi...

À la droite de Pansy, elle accrocha une photo de Blaise Zabini.

–... dont Zabini cherche à la protéger.

À la gauche de la photo de la serpentarde, Hermione dessina un grand point d'interrogation, puis elle se retourna vers Ron et Malfoy.

–On ne sait rien de l'ennemi. Les souvenirs n'ont rien donné de vraiment concluent comme je vous l'ai déjà dit hier soir. Ils ont servi à identifier Zabini, mais pour ce qui est de l'assaillant... Dans le souvenir de Zabini, c'est une espèce de masse informe et floue. Son assaillant est complètement brouillé, d'où l'altération évidente du souvenir. Le souvenir du voisin nous permet d'estimer que l'assaillant mesure entre un mètre soixante-dix-sept et un mètre quatre-vingt, et qu'il doit peser aux alentours de soixante-dix kilos. Il portait une grande cape noire dotée d'une capuche cachant tout signe distinctif, ainsi que ce qui semblait être un masque, ressemblant vaguement aux masques des mangemorts, bien que celui qu'il portait n'ait jamais été enregistré. C'était prévisible... On dirait un masque de mangemort, mais en même temps, ça diffère trop pour en être un... Les souvenirs sont dans le coffre-fort de mon bureau. Prévenez-moi quand vous voudrez les visionner.

–Est-ce qu'on sait s'il y a d'autres ennemis ? demanda Ron. Peut-être que ce type-là fait partie d'une organisation...

Hermione y avait pensé, et elle en avait conclu que seuls le temps le leur dirait. Après tout, aucun signe distinctif ne pouvait être vu sur les souvenirs, et certainement pas la marque de ralliement d'une mystérieuse organisation.

–Quelque chose dans ce que t'as dit Zabini allait dans cette direction ? demanda Hermione à Malfoy.

Il sembla y réfléchir pendant quelques secondes.

–Je ne pense pas qu'il aurait été en mesure de me le dire, si son adversaire appartenait à une plus grande organisation. Il a bien acquiescé quand je me suis référé à son adversaire en tant que « personne », mais lui l'appelait « l'autre parti »...

–Donc difficile de savoir si Zabini a passé un pacte avec quelque chose de plus grand, compléta Ron.

Hermione se retourna, et plaça la fiche descriptive restreinte de l'assaillant sous le point d'interrogation. Avec son marqueur, pour clairement afficher leurs interrogations, elle écrivit Organisation? À côté de la feuille.

–Ce que ces souvenirs nous ont appris, c'est que Zabini n'avait pas ses baguettes de remplacement sur lui. Il les a fait venir à lui, reprit Hermione.

–Il fallait qu'elles soient déjà dans le coin, alors, dit Ron.

Hermione acquiesça.

–Le souvenir du voisin ne permet pas de savoir d'où viennent les baguettes. La rue est trop sombre pour voir quoi que ce soit. Par contre, dans le souvenir de Zabini, on l'entend par trois fois utiliser un accio.

–En combien de temps arrivait les baguettes après le sortilège ? demanda Malfoy.

–Entre quatre et cinq secondes, lui répondit Hermione. Donc environ soixante-dix mètres de distance entre Zabini et ses baguettes si on considère qu'il n'y avait pas d'obstacles sur leur chemin.

–On a balayé toute la zone, dit Ron, et on a rien trouvé.

–Donc soit il est parti avec les autres, soit il a utilisé toutes celles qu'il avait emmenées, répondit Hermione.

–Ou il les a très bien cachées, remarqua Malfoy.

Weasley sembla avoir comme une illumination à l'entente de la remarque de Malfoy, et claqua la paume de sa main contre son front.

–Les égouts ! gueula-t-il.

C'était après tout sous la grille d'évacuation des eaux de pluie qu'il avait trouvé le premier souvenir.

–Pourquoi les égouts ? demanda Hermione.

–C'est là que j'ai trouvé le souvenir.

–Mais tu l'avais vu sur le trottoir avant de le voir là...

–Mais ni toi ni Harry ne l'avez vu sur le trottoir, alors que vous regardiez dans la même direction que moi à ce moment-là. C'était peut-être juste... Enfin je sais pas... Juste...

–Une projection, compléta Malfoy, ayant l'air de savoir de quoi il parlait.

–Une projection ? répéta Hermione.

–Une autre magie mentale vieille de plusieurs siècles. Une sorte d'illusion, qui fait voir à la victime ce que l'instigateur veut lui montrer.

–Attends... T'es en train de me dire que Zabini m'a lancé un sort sans que je m'en rende compte ?

–Il y a plus de chance pour qu'il ait lancé un sortilège sur la fiole contenant le souvenir pour que quelqu'un de confiance puisse voir cette projection. Zabini a toujours baigné dans les magies mentales. Il était moyen dans la plupart des matières enseignées à Poudlard, mais s'il faisait partie du club de Slughorn, c'était pas uniquement parce que sa mère avait de l'influence.

Hermione avait bien connaissance du fait qu'Horace Slughorn avait lui aussi un faible pour ce genre de magie. À bien y penser, elle y voyait elle-même l'attrait. Son regard se posa sur Ron.

–Pour le moment, la question n'est pas de savoir pourquoi toi. C'est probablement un infime détail dans le plan qu'a élaboré Zabini pour nous mener à ces baguettes...

–Il doit avoir caché quelque chose d'autre, dit Malfoy.

–C'est ce que je pense aussi. Mais rien qu'on ne puisse vérifier par nous-mêmes dans l'état actuel des choses.

–Harry pourrait aller voir, proposa Ron.

Hermione acquiesça.

–Il le fera sûrement. J'ai aussi trouvé un moyen pour qu'il puisse nous contacter malgré les interdictions du Code Noir. Le téléphone que j'avais confié à Parkinson se trouve dans mon bureau, il fait partie des pièces à conviction.

–Donc Potter va se servir du mien et appeler sur celui de Pansy pour nous faire parvenir les informations, compléta Draco.

–Et les barrières anti-technologies moldues ? demanda Ron.

–Une barrière contre les moyens de communication sorciers a été mise en place, et ces deux barrières ont tendance à se brouiller l'une l'autre. Autrement dit, pour que l'une soit pleinement efficace, il faut supprimer l'autre. Bien sûr, il n'y a aucun réseau dans le ministère, mais si quelqu'un venait à installer un relais, disons, dans les archives...

Draco et Ron ne comprirent pas où Hermione voulait en venir, puisqu'ils n'avaient pas compris un traître mot de ce qu'elle venait d'expliquer. Hermione leva les yeux au ciel devant leur incompréhension.

–Ça va marcher. Encore faut-il qu'Harry ait compris le message. Je n'y ai pensé qu'une fois le Code Noir annoncé, et je n'ai pu voir Harry que pendant une minute et entourée de plusieurs langue-de-plomb...

Après un temps de silence, Ron soupira.

–Avancer le plus vite possible sur une enquête tout en étant confinés. Ça va être compliqué.

Draco ne voulut pas offrir à Weasley la satisfaction de le voir acquiescer, mais il n'en pensait pas moins.

–On l'a déjà fait Ron, enquêter dans des conditions loin d'être optimales. La chasse aux horcruxes, ça te dit quelque chose ?

–Mais on avait des livres... On ne peut même pas accéder aux archives...

Malfoy ricana avant qu'Hermione n'ait pu répondre quoi que ce soit.

–Pourquoi est-ce que je ne suis pas étonné que Weasley ne soit pas au courant que la troisième plus grande bibliothèque du Royaume-Uni se trouve dans ce département ?

Ron sembla sincèrement étonné, assez pour ne pas faire attention au sous-entendu de Malfoy.

–Troisième ? Demanda-t-il après un temps.

–Après les archives, et la bibliothèque de Poudlard, répondit Hermione.

Elle se retourna vers le tableau, sortit son marqueur, et reprit.

–On peut déjà se demander comment est-ce qu'on peut contacter Zabini, et dans le meilleur des cas, comment l'aider. Quels sont les motifs et les enjeux de l'adversaire ?

Elle écrivit ces questions en même temps qu'elle les énonçait. La voix de Draco s'éleva.

–Je pense qu'il me connaît.

Hermione se retourna, et posa son regard sur Draco, comme Ron, tous deux peu sûrs de comprendre.

–Je pense qu'il s'est servi de Zabini comme d'un appât pour me faire sortir. D'une façon ou d'une autre, il savait que torturer Zabini pouvait me faire sortir. C'est pas quelque chose que n'importe qui pourrait savoir.

–C'est vrai qu'on entend plus souvent parler de ton arrogance légendaire que de ta dévotion complète pour tes amis. En fait, j'étais persuadé que tu n'en avais pas, dit Ron.

Le regard de Draco se fit réfrigérant, mais Ron n'avait pas l'air de vouloir se défiler, loin de là. Le blond voulut répondre quelque chose, mais Hermione le coupa.

–On pourrait formuler l'hypothèse selon laquelle cette personne a soutiré ces informations à Zabini, mais si on l'oublie pour le moment... Tes amis... Ce sont tous les disparus, n'est-ce pas ?

–Pas forcément mes amis, mais tous les disparus sont des gens ayant connaissance de mon amitié avec Zabini. Et Daphné, aussi.

Le regard d'Hermione se fit suspicieux, mais Draco la coupa avant qu'elle ne se mette à accuser Greengrass.

–C'est pas elle, Granger. Tu peux accuser qui tu veux, tu peux même accuser Zabini, mais Greengrass ni est pour rien.

Son ton était catégorique. Il semblait certain que Daphné Greengrass était innocente, mais Hermione et Ron ne l'entendaient pas de cette oreille. Ils n'eurent pas le temps de rétorquer, car la porte du bureau des aurors s'ouvrit sur une langue-de-plomb.

–On a trouvé la taupe, prononça-t-elle.

Quand, plusieurs minutes après avoir quitté le bureau des aurors, le trio avait découvert qui se cachait derrière la divulgation des informations concernant l'affaire Parkinson, seul Ron fut surpris à la vue de son visage. Jack Slopper se tenait là, en cellule, fuyant le regard de son supérieur.

–Bien, au moins le Code Noir n'aura pas duré trop longtemps... prononça Hermione.

Mais quand elle vit que l'air surpris de Ron était maintenant porté sur elle, elle ne put s'empêcher de le regarder d'un air interrogateur. Ron l'attrapa par le bras, et l'attira un peu à l'écart.

–Tu penses quand même pas que c'est vraiment le coupable ? chuchota Ron.

–Voyez-vous ça... Weasley protège son larbin. Je ne m'y attendais pas le moins du monde, lâcha Draco qui, même à l'écart, était en mesure d'entendre les chuchotements du roux.

À l'entente de ces paroles, il vit cependant le visage de Slopper se relever précipitamment sur Weasley, avec dans les yeux ce qui semblait être... de l'espoir.

–C'était moi, prononça-t-il. C'est moi qui ai tout dit à...

Il fronça les sourcils, se tut, et baissa à nouveau la tête. Draco haussa les sourcils, puis se retourna vers le duo un peu en retrait. L'assurance avec laquelle il avait commencé à annoncer sa culpabilité détonnait complètement avec la lueur d'espoir qu'il avait vu dans les yeux de l'accusé quand il avait compris que Weasley était en train de le défendre. À bien y penser...

–Hermione, s'il te plaît, finis tous les interrogatoires avant de mettre fin au Code Noir...

Draco eut bien du mal à accepter le fait que c'était exactement ce qu'il s'apprêtait à dire à Granger.

Elle observa Slopper dans sa cellule, l'air vaincu, les yeux fixés sur le sol.

–Finis les interrogatoires, Granger. Même s'il est vraiment coupable, on n'est pas à l'abri d'une deuxième taupe.

Hermione soupira.

–Et moi qui voulais mettre fin à tout ça au plus vite, dit-elle en se retournant vers le plus haut gradé des langues-de-plomb de la pièce. Continuez les interrogatoires, le Code Noir ne prendra pas fin tant que tous les employés ne s'y seront pas soumis.

Ginny Potter marcha vers la porte d'entrée de la maison des Potter, une main sur le dos, et l'autre sur son ventre arrondi. Ses longs cheveux roux étaient attachés en un chignon négligé, son visage était marqué par de lourdes cernes, et elle portait une robe de chambre qui semblait avoir vécu plusieurs vies. Le bruit de ses pantoufles traînant par terre au rythme de ses pas emplissait la pièce à vivre de sa maison, alors qu'elle maudissait silencieusement la personne qui avait sonné à la porte, l'obligeant à se lever. Elle prit quelques secondes pour faire retomber sa frustration, puis ouvrit la porte.

S'il y avait une personne qu'elle ne s'était pas attendue à revoir un jour, c'était bien Daphné Greengrass. Elle se tenait là, en face d'elle sur son palier, et Ginny se prit à penser qu'il était dommage que personne ne fut là pour les observer, parce que cette personne aurait peut-être pu leur indiquer qui d'entre elles avait l'air la plus misérable. L'ancienne serpentarde n'avait plus la beauté d'antan. Non pas qu'elle ait totalement disparu, mais il était évident qu'elle ne faisait rien pour l'entretenir. Mais bien sûr, Ginny n'était pas exactement en position de critiquer...

–Greengrass ? fit la voix de Ginny, toujours abasourdie de la voir là.

Daphné eut un sourire timide.

–Bonjour Ginevra...

–Ginny, corrigea la rousse par réflexe, l'observant toujours l'air éberluée.

Daphné, devant l'intensité de ce regard, ne put s'empêcher de faire un pas en arrière. À vrai dire, elle n'était même plus sûre qu'avoir réussi à se sortir de son appartement ait été une bonne chose. C'était rarement le cas.

Ginny, elle, ne manqua pas ce mouvement de recul. Elle savait bien que s'il y avait une personne de « l'autre camp » qui avait beaucoup souffert de la guerre, c'était indéniablement Daphné Greengrass. Ginny avait perdu un frère, et c'était déjà bien assez, mais Daphné, elle, avait tout perdu. Ça avait commencé par ses amis, sa meilleure amie, Pansy Parkinson, son petit-ami, Adrian Pucey, et même sa sœur, Astoria. Mais le destin s'était acharné sur elle. Elle avait perdu le dernier de ses amis, Draco Malfoy, quand il avait refusé d'honorer les arrangements de sa famille avec celle des Greengrass en épousant l'aînée plutôt que la cadette. Daphné avait dû voir une porte de sortie à un éventuel mariage arrangé en épousant un de ses amis, mais son refus la lui avait fermé au nez. Il ne lui restait plus que la rébellion, le refus du mariage, jusqu'à être déshéritée. Elle n'avait plus personne. Alors Ginny finit par comprendre que Daphné était sans doute venue ici dans l'optique de voir Harry pour qu'il l'informe quant à la une de la gazette que tous les sorciers avaient reçue le matin même, puisque le ministère n'était pas exactement en mesure de le faire.

–Harry n'est pas là, dit Ginny. Il ne sait pas quand il rentrera...

Daphné baissa la tête. Elle semblait épuisée, mais pas comme Ginny l'était, sa grossesse et un enfant en bas âge sur les bras pouvant se révéler éreintants. Daphné avait l'air épuisée par la vie. Elle marmonna quelque chose que Ginny interpréta comme un merci, et un désolée pour le dérangement, mais elle l'arrêta avant qu'elle ne s'en aille.

–Tu peux rester l'attendre ici, si tu veux...

Greengrass s'arrêta dans son mouvement, l'air en pleine réflexion. Probablement en train de chercher la meilleure excuse pour esquiver. Alors Ginny reprit.

–Je ne te proposerais pas si ça me dérangeait, énonça-t-elle, essayant de plonger ses yeux dans un regard qui la fuyait désespérément.

Elle pencha la tête pour forcer la blonde à la regarder dans les yeux, pensant que cette Daphné n'avait plus rien à voir avec celle qui, plus de sept ans plus tôt, transperçait les gens de ses yeux bleus glacés, et n'était jamais celle qui détournait les yeux. Une fois qu'un contact visuel fut totalement mis en place, elle acheva de tenter de la convaincre.

–J'ai du thé...

Daphné sembla hésiter pendant quelques secondes, regardant la rue derrière elle avec envie, mais après quelques secondes, elle se retourna à nouveau vers la rousse, le même sourire timide que celui qu'elle avait déjà exhibé un peu plus tôt, et acquiesça.

Marcus Flint marcha jusqu'à la porte d'entrée de l'immeuble de Parkinson, se retenant de siffloter le dernier tube des Bizzar' Sisters qu'il avait entendu dans le bus magique. Si son sort de désillusion empêchait les piétons moldus de le voir, il ne les empêchait pas de l'entendre, après tout. Ils ne virent donc pas ce grand gaillard à la carrure d'athlète portant un grand sac de voyage sur le dos s'avancer jusqu'à la grille d'évacuation de l'eau de pluie du centre de la rue.

Il avait visionné la journée de Malfoy durant toute la matinée ainsi qu'une bonne partie de l'après-midi, passant les passages inintéressants. Après tout, il n'était pas vraiment intéressé par le lavage de mains consciencieux de Malfoy après être allé pisser, pas plus que par sa manie de retirer l'ensemble des cornichons de son sandwich aux crudités.

Il n'avait pas eu toutes les informations, mais il avait tenté de créer une piste à partir de celles que Malfoy avait regroupées la veille. Tout aurait été plus simple si Malfoy avait vu le souvenir altéré ainsi que le souvenir du voisin moldu, mais tout ce qu'il avait, c'étaient les informations quant à ces souvenirs que Granger lui avait données, ou auxquelles ils avaient tous réfléchi plus tôt. Son cheminement avait été le suivant. Zabini se battait avec plusieurs baguettes, et ils avaient conclu qu'il faisait venir la suivante à lui à l'aide d'un accio, ce qui laissait forcément entendre qu'elles n'étaient pas loin. Marcus n'avait jamais vraiment connu Zabini, mais il savait tout de même qu'il était extrêmement prudent. L'idée qu'il ait pu laisser traîner dans la rue une fiole lumineuse lui semblait improbable, surtout s'il avait quitté les lieux avant son assaillant, qui aurait pu la trouver et la détruire après son départ. Marcus en était donc venu à l'hypothèse qu'il avait dû jeter un sort d'illusion pour que quelqu'un de confiance, en l'occurrence Weasley, voit la fiole, et se mette en tête de la chercher. Marcus aurait mis sa main à couper que pour que ce souvenir soit aussi luisant, il fallait bien que son utilité soit extrêmement restreinte pour une éventuelle identification de l'assaillant, mais Zabini n'aurait pas pris autant de risques pour laisser derrière lui un souvenir inutile. Puisque c'est grâce à ce souvenir qu'il avait été déterminé que Zabini utilisait un accio, Flint avait fini par se dire que c'est précisément ce que Zabini voulait leur faire savoir. En jetant la fiole dans les égouts, il avait probablement voulu les mener quelque part, ou vers quelque chose. Ce que Zabini n'avait pas dû anticiper, c'est que le ministère et le bureau des aurors serait complètement bloqué par le Code Noir.

Marcus transplana sous la grille. Il crut entendre le couinement d'un rat, quelque part, mais ne s'en soucia pas. Un Lumos, et il commença son périple dans les égouts, observant chaque recoin pour ne pas louper les baguettes que Zabini aurait pu y cacher.

Il crut à une hallucination quand il entendit le hululement d'une chouette, un peu plus loin. Interdit, il resta là, debout et silencieux pendant une dizaine de secondes, avant qu'un nouveau hululement se fasse entendre, suivi d'un froissement d'ailes. L'intensité de son Lumos ne fut pas assez grande pour lui permettre de voir arriver le chouette qui vola sur lui, lui causant un moment de frayeur quand cette dernière se posa sur son épaule. C'était la chouette de la famille Zabini. Il s'en souvenait parce qu'elle appartenait à une race très rare de grandes chouettes au pelage noir d'encre et aux yeux rouge sang. C'était une race particulièrement agressive, mais déjà à Poudlard, Marcus avait remarqué que cette chouette en particulier était incroyablement câline. Elle le confirma en se frottant à la chevelure de Marcus.

Flint attrapa le sac accroché à sa patte. La forme qu'il avait prise ne laissait que peu de doutes quant à ce qu'il contenait, ce qui se confirma quand il y trouva une demi-douzaine de baguettes. Mais il trouva également un autre sac. C'était un sac en soie noire, rempli de plumes, mais surtout d'une baguette. Noisetier et cheveux de vélane, une trentaine de centimètres. C'était la baguette de Pansy Parkinson. Il le savait parce que les serpentards aimaient se juger sur leurs baguettes, et que le bois de noisetier de Parkinson lui avait valu de nombreuses moqueries, étant un bois s'appuyant sur les émotions de son maître. Serpentard n'avait jamais aimé les émotions.

Avec cette baguette, Marcus trouva une fiole qui semblait elle aussi emplie d'un souvenir qui ne semblait cependant pas altéré. Il trouva également une note : Je veux que Pansy voit ce souvenir avant tout le monde. Pas de signature, pas de sceau indiquant l'appartenance à une famille. La seule raison pour laquelle Marcus avait identifié cette écriture comme étant celle de Zabini venait du fait que c'était sa chouette qui portait son message.

Marcus posa par terre le grand sac qu'il portait sur son dos et en sortit un biscuit qu'il émietta avant de tendre sa main à la chouette qui se mit à calmement à picorer le tout. Il soupira. À vrai dire, il aurait préféré que son hypothèse se révèle fausse, car il aurait alors pu rentrer chez lui, et profiter de ses vacances imprévues. Au lieu de ça, il allait devoir aider Malfoy à retrouver son ami et ce jusqu'au bout, même en employant des moyens ingrats. Zabini avait laissé ses baguettes, son souvenir et son message ici en pensant que les aurors viendraient les récupérer, mais il finirait bien par se rendre compte que son plan ne se déroulait pas exactement comme prévu. Si les hypothèses de Marcus se révélaient exactes, alors Blaise finirait bien par venir les récupérer lui-même, et Marcus serait là pour l'accueillir, même s'il devait pour cela camper pendant des jours dans les égouts.


Voilà ! Plus ça va, plus les chapitres s'allongent... J'espère que ça vous a plu ! Review ?