« La discrétion est le plus habile des calculs. »
Honoré de Balzac – La fille aux yeux d'or (1834)
- Alors, Chibi-chan ? Prêts à se faire engueuler ? s'enquit Kuroo avec amusement quand Hinata entra dans la pièce. Ce dernier lui tira la langue.
- Bonne chance, crevette, se moqua Yaku en lui tapotant l'épaule.
- Pourquoi vous faites tous comme si j'allais mourir…? chouina le roux en allant s'asseoir en face d'eux.
- Peut-être parce que c'est le cas…? ricana Bokuto.
- Bokuto-san, tu es mal placé pour parler, dit Akaashi en lisant son livre. Dois-je te rappeler ce qu'il s'est passé hier…?
- Mais ! Akaaashi ! T'es pas cool !
Kenma eut un soupir blasé en se demandant ce qu'il faisait là.
Nekomata entra dans la pièce.
- Hinata… grogna-t-il.
Le jeune homme eut un frisson d'horreur et détourna le regard. Nekomata s'était poster en face de lui et le regardait avec un air sévère. Et derrière Nekomata, Kuroo et Bokuto était pliés de rire, alors que Kenma se contentait de jouer sur sa console et Akaashi de continuer à lire son livre. Même Yaku était en train de se moquer de lui dans un coin de la pièce. Heureusement que Lev n'était pas là. Trop de gens se seraient foutus de lui en même temps.
C'était vraiment injuste quand même ! Ce n'était pas de sa faute s'il n'avait pas su se retenir et qu'il avait fini par tuer Nakagawa Bunta sans le faire exprès.
- Hinata, c'est la combientième fois que tu me fais ce coup-là ? gronda Nekomata en tirant l'oreille du roux pour qu'il le regarde.
- Mais c'est pas de ma faute ! couina-t-il en réponse. J'ai vraiment pas fait exprès !
- Tu vas faire attention à ne pas faire exprès, la prochaine fois ! C'est toujours le même problème. Tu ne peux pas te retenir, un peu ?
Hinata se fit tout petit sur sa chaise.
- Désolé.
- On ne peut pas lui en vouloir, marmonna Kenma. On sait tous qu'il a des troubles bipolaires.
Un silence accueillit la remarque de Kenma. Il était vrai qu'ils étaient tous au courant pour les troubles bipolaires d'Hinata, mais ils préféraient ne pas faire mention de l'instabilité psychologique de roux devant tout le monde. Parfois, il était quand même nécessaire de le rappeler. Hinata avait souvent tué des gens sous une simple pulsion quand il ne se maîtrisait pas encore. Il lui arrivait toujours de perdre le contrôle.
- Effectivement. Tu n'as pas arrêté de prendre tes médicaments, au moins ?
- Non, je les prends toujours.
- J'espère que tu as réussi à soutirer des informations utiles à Nakagawa Bunta.
- Oui ! Je sais qui a demandé la mission que Loup et moi devons effectuer à Ukai-san ! C'est le patron d'une multinationale, Otonashi Watanabe. Il a demandé cette mission à Ukai-san pour se venger des politiciens qui ne voulaient pas investir dans son entreprise.
Il y eut un blanc.
- Ce mec est con.
- Merci d'avoir exprimé la pensée générale, Kuroo, ricana Yaku.
- De rien, Yakkun.
- Sinon, Nekomata-san, fit Hinata, vous connaissez Ushijima Wakatoshi ?
- Ça ne me dit rien, pourquoi ?
- Il sait qui je suis et il en a après la clef.
- Kenma, tu t'en occupes.
- … d'accord…
Nekomata se tourna ensuite vers Bokuto. Akaashi avait pris le large, le laissant seul face au vieil homme.
- Bokuto…
- Oui…? répondit-il d'une toute petite voix en se ratatinant sur son siège.
- Tu as cassé une caisse de nouvelle cargaison…?
- C'était pas ma faute…
Hinata ricana.
Chacun son tour.
- Alors ? T'as trouvé quelque chose sur Hatori Satoshi ? demanda Hinata, la bouche pleine de céréales.
- Il travaille à Shibuya, répondit Kageyama en se servant un verre de jus d'orange. On devrait l'avoir dans son bureau. Il prend une pause tous les jours à la même heure, quinze heures trente. Il nous suffit d'infiltrer son bâtiment et de l'y tuer. Mais on ne peut pas y aller deux. Il faut que ce soit toi qui y aille.
- Pourquoi ?
- Comme Tsukishima l'a dit, bien que tu sois très bruyant, quand il s'agit de mission, t'es vraiment calme et silencieux. C'est à toi d'y aller.
Kageyama lui envoya un papier et il partit dans sa chambre pour se préparer. Hinata s'en saisit pour constater que c'était une photo de sa cible. Il passa sa langue sur ses lèvres. Après Nakagawa Bunta, il allait bien s'occuper avec Hatori Satoshi.
Il finit rapidement son petit-déjeuner et attrapa son sac pour rejoindre Kageyama qui étaient à l'entré, près à partir au lycée. Ils firent le chemin en silence. Le week-end avait été très pris. Ils ne leur restaient que la mission au Palais Impérial ce soir et Hatori Satoshi Vendredi.
Quand Kageyama et Hinata entrèrent dans leur salle de classe, la première chose qu'ils perçurent fut le regard perçant d'Ushijima qui les dévisageait. Ils n'étaient pas sûrs que le jeune homme en ait après Kageyama, mais par soucis de sécurité, ils faisaient quand même attention.
Leur journée de cours s'était passé sans encombre et dès que la sonnerie retentit, ils prirent le large pour rentrer chez eux où Tsukishima les attendait. Ils mirent en place leur plan pour voler la clef USB au Palais Impérial.
Il faisait nuit noire quand ils débutèrent leur mission. Tsukishima était resté à leur appartement pour tout superviser depuis son ordinateur. Kageyama était sur un toit près du palais impérial, le M21 qu'il avait de Bokuto en main. Hinata était accroupi sur le toit du Palais Impérial, juste au-dessus d'une fenêtre. Tsukishima avait décidé que c'était lui qui devait y entrer, parce qu'il était plus petit et plus discret que Kageyama et lui qui étaient plus grands. Ukai leur avait filé des oreillettes pour qu'ils puissent communiquer sans se faire remarquer pendant l'infiltration.
Tsukishima donna le départ. Hinata força la fenêtre qui se trouvait sous lui et l'ouvrir doucement. Il pénétra à l'intérieur du Palais Impérial sous le regard de Kageyama qui surveillait les arrières du roux. Il était entré dans une pièce déserte assez grande. Il semblait y en avoir pas mal dans le Palais. Ils les avaient toutes repérées sur les plans pour pouvoir les utiliser à leur avantage. Hinata devait simplement suivre les indications de Tsukishima pour se diriger. Il ouvrit le plus doucement possible la porte et pénétra silencieusement dans le couloir qu'il traversa en longeant le mur.
« À la prochaine intersection tourne à gauche, dit Tsukishima. Y'a les gardes qui font leu ronde dans le couloir de droite. »
- Roger, murmura Hinata.
Il continua son chemin en suivant avec attention les directives de Tsukishima. Il arriva très rapidement au bureau où se trouvait ce qu'ils convoitaient. Seul petit problème, la porte était verrouillée.
- … je n'ai jamais forcé de serrure, annonça Hinata.
« Crétin ! grinça Kageyama. »
On entendit distinctement le soupire affligé de Tsukishima dans l'oreillette.
« Utilise ton poignard. Mets-le dans la serrure et tourne jusqu'à ce que la porte se déverrouille. »
- Ça va vraiment fonctionner ? marmonna le rouquin, dubitatif.
« Avec un peu de chance, peut-être. »
Hinata sortit sa dague et fit comme Tsukishima lui avait dit, la langue entre les dents de concentration. Il n'entendit pas les bruits de pas qui s'approchaient de lui jusqu'à ce que le blond le lui fasse remarquer.
- Qui est là ? demanda le garde en avançant dans le couloir vers la porte, s'éclairent avec une lampe torche.
Heureusement pour lui, Hinata avait eu le temps de se cacher. Le garde continua sa ronde en ne trouvant rien de suspect et le roux put retourner forcer la serrure qui finit miraculeusement par s'ouvrir. Hinata y entra. C'était un bureau assez grand avec plein d'étagères débordantes de paperasse. Il fouilla tous les tiroirs de la pièce mais ne trouva aucune clef USB.
- Y'a rien.
« T'as pensé à regarder si y'avait un faux fond, crétin ? grogna Kageyama. »
- Ah… bien vu…
Il s'empressa de vérifier une fois de plus tous les tiroirs et comme Kageyama l'avait dit, l'un deux avait un faux fond.
- Je l'ai, chuchota Hinata. Je peux faire demi-tour ?
« Vas-y dès que t'as tout remis en ordre. Et débrouille-toi pour refermer la porte à clef. Et dépêche-toi. Y'a aucun garde pour l'instant, répondit Tsukishima. »
Une fois tout remis à sa place, il fit demi-tour. Le retour se fit sans encombre et Hinata put facilement rejoindre Kageyama.
- Mission accomplie, sourit le roux en brandissant la clef USB.
Hinata en venait encore à se demander ce qu'il faisait au centre commercial, dans un magasin de chaussures en compagnie de ses amis. Kenma et Akashi avaient l'air aussi ravis que lui d'être là. Seuls Kuroo et Bokuto étaient enthousiastes. Enfin, il leur en fallait peut pour être heureux. Ça avait toujours été comme ça.
- T'as vu ces chaussures, bro' !? s'exclama Bokuto. Elles sont super classes !
- Avec toi, tout est super classe, répondit Kuroo, blasé. Par contre, je croyais que c'était les armes, l'histoire de ta vie.
- C'est lui, l'histoire de ma vie, couina Bokuto en se jetant sur Akaashi qui resta parfaitement stoïque.
- Lâche-moi, Bokuto-san.
- Mais Akaaashi ! Tu peux pas me faire ça !
- Bro', t'es trop bruyant, soupira Kuroo. T'es en train de nous afficher.
- T'as pas besoin de lui pour ça, commenta Kenma, les yeux rivés sur sa PSP.
- Oya ? Oya, oya ? fit Bokuto.
- Oya, oya, oya ? ajouta Kuroo.
- Vous êtes stupides…? dit Kenma.
- Je crois qu'ils essayent de te faire passer un message, supposa Akaashi.
- Je ne comprends pas le langage des abrutis.
- Bro' ! Il faut que tu refasses l'éducation de ton enfant, il n'a aucun respect pour ses aînés !
- Je ne suis pas son enfant, râla Kenma en fronçant les sourcils de concentration pour battre le boss de fin de niveau, Hinata penché par-dessus son épaule pour voir ce qu'il faisait.
- Kenma, mon enfant, commença solennellement Kuroo, écoute tonton Bokuto et prends exemple sur Akaashi. Il est respectueux, lui.
- Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça…?
- Tu as accepté de les accompagner…? proposa innocemment Hinata.
- Ils m'ont forcé à les accompagner, Shōyō. Je n'ai jamais accepté d'aller avec eux.
- Comment ils ont réussi à te convaincre de venir, d'ailleurs ? demanda Akaashi alors que Bokuto et Kuroo étaient allés admirer une autre paire de chaussures. Tu ne devais pas aller en cours ?
- J'ai une mission cet après-midi, donc on a décidé de ne pas aller au lycée et Kageyama veut qu'on aille voir un de ses amis avant la mission.
- Pourquoi aller voir un ami avant une mission ? marmonna Kenma. C'est stupide.
- Ou peut-être qu'il a besoin de cet ami pour la mission, supputa Akaashi avant de grimacer en voyant Bokuto faire le clown avec une chaussure au bout de chaque bras qu'il agitait dans tous les sens. Bokuto-san, tu vas casser quelque chose et tu vas pleurer quand tu devras le rembourser.
Ce dernier fit la moue en reposant les chaussures.
- Akaashi, serais-tu la mère de Bokuto ? se moqua Hinata.
L'intéressé lui lança un regard noir et préféra s'occuper de Kenma et son niveau qu'il venait encore de recommencer à cause d'un boss trop coriace.
- Chibi-chan ! appela Kuroo. T'en penses quoi de celles-là ?
Le jeune homme pointait du doigt une paire de rangers qui plut énormément à Hinata même s'il ne le montra pas.
- Elles sont biens. Pourquoi me demander mon avis ?
- Bro' ! On les prend ! Chibi-chan est d'accord.
- Cool !
Kuroo et Bokuto payèrent la paire de chaussure à Hinata qui en fut plus que gêné. Ils avaient décidé de lui offrir un cadeau pour fêter leurs retrouvailles. Ils finirent par sortir du magasin au plus grand soulagement des vendeurs et des clients. Ils se séparèrent devant la boutique. Juste après, il rejoignit Kageyama au lieu de rendez-vous qu'ils s'étaient donnés. Celui-ci était déjà présent et buvait une brique de lait. Il regarda Hinata arriver avec un sourcil relevé.
- Qu'est-ce que tu fais avec un sac ? questionna le brun. T'es allé faire du shopping, ou quoi ?
- C'est dans l'idée, lui répondit le roux. On y va ?
Kageyama haussa les épaules. Après tout, ce que faisait ce crétin ne le concernait pas. Ils passèrent le chemin entre le centre commercial et leur destination à se lancer des piques et à se disputer. Lorsqu'ils arrivèrent devant une certaine maison, Kageyama sonna à la porte. Un jeune homme châtain leur ouvrit.
- J'arrive pas à croire que tu es besoin de moi, Tobio-chan ! s'exclama moqueusement Oikawa Tōru avec un sourire narquois, comme s'il savait que Kageyama allait venir le voir.
- Tu peux arrêter de l'emmerder deux secondes, Shittykawa ? grogna Iwaizumi Hajime, juste derrière lui, avec un air exaspéré. Pour une fois qu'il te demande un service, le fais pas chier.
- C'est normal qu'il me demande un service, Iwa-chan ! Je suis tellement génial !
- Oikawa-san, Iwaizumi-san, salua Kageyama en s'inclinant.
Iwaizumi se contenta d'un hochement de tête.
Kageyama avait trainé Hinata chez une de ses connaissances. Oikawa jouait dans un théâtre quand il n'était pas au lycée et qu'il ne jouait pas au volley et Iwaizumi était toujours avec lui, surtout lorsqu'il jouait au volley. Donc, ça ne l'avait pas étonné de trouver Iwaizumi chez Oikawa. Et bien qu'ils connaissaient tous les deux Kageyama depuis le collège, ils n'étaient absolument pas au courant de ses activités extrascolaires. S'ils avaient su que ce qu'ils s'apprêtaient à faire aiderait à un crime, ils ne l'auraient sûrement pas fait.
- T'es venu avec quelqu'un ? s'étonna Oikawa. C'est qui ce nain ?
- J'suis pas petit ! s'énerva Hinata.
- C'est Hinata, mon colocataire.
- Oï, Crappykawa ! Ne laisse pas les gens sur le paillasson !
- Je fais ce que je veux chez moi !
Iwaizumi arriva de derrière Oikawa et l'attrape pas le col de son vêtement avant de le tirer pour libérer le passage à Kageyama et Hinata. Le châtain s'était mis à râler des « Iwa-chan est méchant ! » ou des « T'es pas ma mère, Iwa-chan ! ». L'exubérance d'Oikawa rappelait à Hinata le comportement un peu gamin de Bokuto.
Ils s'installèrent dans le canapé et les fauteuils du salon.
- Alors, qu'est-ce que tu me veux, Tobio-chan ? Tu ne devrais pas être en cours ?
- J'ai besoin qu'Hinata devienne méconnaissable.
- Chibi-chan ? Pourquoi ?
Hinata fit la moue. C'était Kuroo et Bokuto qui l'appelaient comme ça, normalement.
- Il faut le déguiser. Vous êtes le meilleur, Oikawa-san. Je compte sur vous.
- Si c'est mon adorable petit kouhaï qui me le demande, je ne peux pas refuser.
Iwaizumi se retint d'insulter encore une fois Oikawa, il venait de se faire retourner en deux secondes par Kageyama. C'était désespérant.
Oikawa s'appliqua et se donna à fond pour déguiser une Hinata. Quand il eut fini, les deux jeunes hommes remercièrent le châtain et partirent. Ils se séparèrent. Kageyama rentra chez eux et Hinata partit pour Shibuya.
Il prit le métro et marcha pendant une demi-heure avant d'arriver devant le bâtiment où Hariri Satoshi travaillait. Hinata y pénétra. Il portait une perruque brune et des lentilles bleues. Oikawa l'avait aussi maquillé pour lui éviter d'être reconnu. Il ne se reconnaissait même pas en se voyant dans un miroir.
Il traversa tranquillement les couloirs comme s'il était dans son environnement. Grâce à un plan que Kageyama lui avait fourni, il savait exactement où Hatori Satoshi lors de sa pause. Il avait aussi mémorisé toutes les positions des caméras de surveillance. Il savait exactement où aller pour tuer Hatori dans se faire remarquer.
Il attendit une demi-heure que Hatori prenne sa pause. Il profita de ce temps pour préparer ce qu'il allait dire à l'homme pour l'entraîner dans le coin où il pourrait le tuer sans problème. Quand il vu Hatori Satoshi entrer dans la salle commune où il y avait la machine à café, Hinata passa sa langue sur ses lèvres. Il se dirigea vers lui en abordant un visage joyeux.
- Bonjour, dit-il, vous êtes Monsieur Hatori ?
- Oui, répondit l'homme avec un ton hautain. Vous êtes…?
- Je suis Nakagawa Bunta. J'ai était envoyé par Otonashi Watanabe pour vous transmettre quelque chose. Vous voulez bien me suivre ?
Hatori hausa les épaules.
- Faîtes vite.
- Ne vous en faites pas, ce serait très rapide.
Hinata entraîna Hatori dans un angle mort des caméras qu'il avait remarqué en analysant les plans du bâtiment. L'endroit était désert. Il s'arrêta.
- Alors ? Qu'est-ce que vous me voulez ? demanda l'homme en s'arrêtant à son tour.
- Vous dire adieux, sourit froidement Hinata.
Il sortit un poignard de sa manche et tranche la gorge de l'homme.
« Le deuxième pigeon vient de s'écraser. »
Tout était calme, silencieux. Tellement que cela en devenait angoissant. Seules les gouttes de pluie qui ricochaient sur le sol et les arbres brisaient ce silence oppressant. Il avançait dans ce bois où tout se ressemblait. Il n'avait plus aucune notion du temps et de l'espace. Depuis quand avait-il quitté son village ? Depuis quand n'avait-il pas mangé autre chose que les quelques fruits qu'il trouvait dans les arbres sur son chemin ? Depuis quand n'avait-il pas bu autre chose que l'eau de pluie qui tombait sans arrêt ?
Il grelottait de froid. L'eau qui lui ruisselait dessus avait réussi à lui glacer les os. Il se demandait s'il allait encore tenir longtemps.
Il avait faim.
Il avait soif.
Il avait froid.
Il était fatigué.
Il n'avait plus la force de continuer.
La pluie s'était finalement arrêtée. Ça l'avait soulagé. Le soleil était réapparut et le réchauffait, séchant au passage les lambeaux qui lui faisaient office de vêtements. Il ne savait pas pendant combien de temps il avait marché avant qu'une silhouette ne se découpe devant lui, parmi celle des arbres qui lui semblaient tous austères. C'était un enfant qui devait être un peu plus vieux que lui. Il semblait l'avoir vu.
- Hé ! Viens voir, Bokuto ! Y'a quelqu'un là ! hurla la voix de l'enfant.
- Hey, hey, hey ! J'arrive, bro' ! lui répondit celle d'un autre.
- Oï ! Chibi-chan, tu m'entends ? Réponds !
Il s'était effondré. La voix inquiète de l'enfant lui paraissait lointaine mais un sourire avait fleuri sur ses lèvres.
Enfin. Il apercevait enfin une lueur d'espoir sur son chemin.
Peut-être qu'il était sauvé, maintenant…?
« L'espoir c'est dangereux. L'espoir peut rendre un homme fou. »
Frank Darabont – Les évadés (1994)
