Résumé : Cassandre assiste à la Première Tâche et devient, plus ou moins, assistante en Défense Contre les Forces du Mal et en Métamorphose. Elle s'installe au château et cette installation bouleverse les relations qu'elle entretient avec certaines personnes qui y résident déjà.

NA : Une partie de ce chapitre est probablement inspiré par la mort d'Alan Rickman étant donné qu'il est mort le 14 janvier 2016 et que j'ai écris ce passage pendant l'été 2016.

Un mois s'était écoulé depuis mon interrogatoire au Ministère. Je n'avais pas perdu mon poste d'Auror, mais la rumeur de grossesse ne cessait de se répandre de service en service.

Aujourd'hui, j'avais rendez-vous avec Kingsley. Nous devions faire le point sur ce qu'il s'était passé lors de la Coupe du Monde de Quidditch. L'enquête traînait et le Ministre voulait que l'on fasse rapidement la lumière sur cette affaire. Ensuite, je devais rejoindre Molly et Arthur pour assister à la Première Tâche. Kingsley m'attendait déjà dans son bureau, un dossier dans les mains.

- Oh, c'est toi Cassandre.

- Tu attendais quelqu'un d'autre ?

- Non non, je ne pensais pas que tu viendrais aussi tôt.

- Je dois retrouver Arthur et Molly après.

- C'est vrai que la Première Tâche c'est aujourd'hui.

- Oui. Cette histoire de quatrième champion est étrange, tu ne trouves pas ? Et comme par hasard, c'est Harry qui est le quatrième champion.

- Tu devrais le savoir Cassandre, le hasard ça n'existe pas.

- Qu'est-ce que tu insinues ?

- Que quelqu'un a mis le nom de Harry dans la Coupe pour une raison.

- Laquelle ?

- Ça, je n'en ai aucune idée. Mais j'aimerais que tu sois attentive à tout ce qu'il se passe au château. J'ai l'impression que cette année sera plutôt mouvementée.

- Comme tous les ans depuis l'arrivée du fils de Lily et James.

- C'est vrai. Mais certains élèves semblent s'être plains du comportement d'Alastor. Et je sais que tu le connais mieux que nous tous réunis.

- Je n'en suis plus si sûre.

Le silence s'installa dans la pièce puis, au bout de quelques minutes, Kingsley reprit la parole.

- Pour le moment, notre seule piste c'est Severus.

- J'ai confiance en lui.

- Je sais. Moi aussi. Mais avoues que cette histoire à de quoi mettre en doute sa parole. Tu sais très bien qu'avant, il faisait partie des Mangemorts.

- Il a eu un moment d'égarement, c'est tout.

- Si il avait pu s'égarer ailleurs, ça nous aurait arrangé.

Après cette petite parenthèse, nous évoquâmes la possibilité d'une attaque massive des Mangemorts avec le Ministère comme cible, une attaque au château pendant le Tournoi des Trois Sorciers et même la possibilité de l'enlèvement de Harry. A l'issue de cette petite réunion, il fut décidé que j'allais me charger de la protection de Harry tout en restant discrète. Seuls Albus Dumbledore et Minerva McGonnagal seraient mis au courant. Pour les autres, je serais au château pour expliquer ce en quoi consiste mon métier. Je donnerai même des cours. Kingsley se chargea d'envoyer un hibou au château et me libéra.

J'arrivais une demie heure plus tard à Poudlard avec Arthur et Molly. Il y avait peu de parents. Très peu. En fait, à part le père de Cédric Diggory, il n'y avait aucun parent. Je discutais rapidement avec le directeur de l'école et la directrice de Gryffondor, à propos de mon intégration ici en tant qu'intervenante. Je m'installais ensuite aux côtés des parents de Ginny et de ses frères, attendant que l'épreuve commence.

Le premier dragon à faire son entrée fut un Suédois à Museau Court. Une créature immense et aux écailles bleu argenté. C'était Cédric Diggory, un élève Poufsouffle et un des Champions de Poudlard, qui devait affronter ce dragon. Il utilisa un sortilège de métamorphose pour transformer un des rochers de l'arène en labrador pour faire diversion. Au début, cela fonctionna et la dragonne ne se préoccupa que du chien. Puis, elle s'en désintéressa et retourna vers Cédric. Celui-ci réussi finalement à récupérer l'œuf doré mais fut brûlé.

Le second dragon qui entra fut un Vert Gallois. Aussi grand que le dragon précédent, celui-ci était cependant vert et ces écailles étaient lisses. Fleur Delacour, la Championne de l'école de Beauxbâtons entra dans l'arène dans le but de prendre l'œuf d'or du dragon vert. Elle utilisa un sortilège de transe qui endormi le dragon. Malheureusement pour elle, le dragon se mit à ronfler et brûla sa robe. Mais, elle parvint tout de même à récupérer l'œuf d'or et à quitter l'arène.

Le troisième dragon à entrer fut un Boutefeu Chinois. Ce dragon n'était pas seulement grand. Il était aussi très effrayant. Ses écailles rougeoyaient sous le soleil et son museau, écrasé et entouré de pointes d'or, lui donnait un air féroce. C'était à Victor Krum, le Champion de Durmstrang, d'affronter ce monstre de muscles et de feu. Il utilisa un sortilège de Conjonctivite pour aveugler le dragon et lui prendre son œuf mais celui-ci n'eut pas l'effet escompté. La dragonne devint folle et écrasa la moitié de ses vrais œufs. Le Bulgare parvint tant bien que mal à sauver l'œuf d'or.

Le dernier dragon était un Magyar à Pointes. Si le précédent dragon semblait effrayant, celui-ci était terrifiant. Son corps de couleur bronze était hérissé de piques au niveau de la queue et il possédait deux cornes sur la tête. Harry Potter, élève de Gryffondor et second Champion de Poudlard fit son entrée dans l'arène. D'abord visiblement stressé, Harry utilisa le sortilège Accio, à la surprise générale. Après quelques secondes d'attente, un balai atterrit dans les mains de Harry. Un Éclair de Feu, celui que Sirius lui avait offert l'année dernière. Il enfourcha le balai et s'éleva dans le ciel. A la surprise générale, le dragon pris son envol et parvint à se libérer. Les gens se mirent à crier, horrifiés à l'idée que Harry finisse brûlé par le Magyar. Le jeune garçon disparut de notre champ de vision et je quittais ma place de simple spectatrice pour rejoindre les enseignants. Celle qui semblait le plus paniqué était Minerva. Même si j'étais sûrement aussi stressée qu'elle. Personne ne semblait savoir quoi faire. Alors, de la même manière que Harry, j'attirais un balai jusque dans ma main droite. Même si je ne doutais pas du talent du garçon, cen'étais pas d'un Cognard dont il devait se méfier mais d'une dragonne qui pensait que ses œufs étaient en danger. Alors oui, Harry était peut-être très doué mais la créature qui lui faisait face était quand-même un dragon. Severus me regarda faire, surpris. Il avait certainement oublié que James n'était pas le seul de la bande à faire parti de l'équipe de Quidditch. J'étais une des batteuses de Gryffondor. Et même une des meilleures de Poudlard selon James et Remus. Sirius faisait aussi parti du fan-club de James mais il n'a jamais fait de remarque sur mes qualités de joueuse. Sûrement pensait-il que le Quidditch n'était pas un sport pour les femmes. Severus posa sa main sur mon épaule.

- Tu n'as pas le droit d'intervenir, c'est son épreuve. Il pourrait être disqualifié.

- Je ne vais pas l'aider. Je vais seulement m'assurer qu'il n'a rien. Je suis sa marraine Severus. C'est aussi mon rôle de le protéger. Mais je te promet que tant que sa vie ne sera pas en danger, je n'agirai pas. Je te le jure.

Il soupira.

- D'accord. Mais tant que la dragonne ne l'a pas pris au piège, tu n'interviens pas.

- Promis !

J'enjambais mon balai et m'élançais dans les airs. Je repérais rapidement la dragonne. Elle était à quelques mètres de Harry. Je me posais sur le sommet d'une tour, un peu à l'écart, et sortais de ma poche une petite balle grise, de la taille d'un Vif d'Or.

J'avais inventé cet objet durant la détention de Sirius. Cette balle était une sorte de caméra volante, contrôlée grâce à la magie bien sûr. A la base, je voulais m'en servir pour prendre des nouvelles de Sirius et pour lui donner des miennes. Mais le prototype de départ était assez gros et il avait vite été détecté et détruit. J'avais alors essayer de le miniaturiser en prenant comme modèle les Vifs d'Or. Les résultats avaient été peu concluants au départ. Malgré le fait que l'engin était plus discret, il était beaucoup plus difficile à manipuler et à guider du fait de sa légèreté. Il terminait souvent sa course dans l'eau ou contre un mur. Et puis, au bout d'un certain temps, j'étais parvenue à le manipuler avec plus de précision. Mais il était toujours difficile de faire pénétrer cette mini-caméra dans les murs d'Azkaban. Un jour, j'avais réussi à le faire rentrer dans la cellule de quelqu'un. Je n'avais aucune idée de qui il s'agissait mais il avait écrasé mon appareil comme si c'était une mouche. Je visitais de temps en les cellules et j'étais tombée deux fois sur celle de Sirius. La première fois, il était assis par terre, décharné et les vêtements en piteux état. Il avait vite repéré la caméra et s'était mis à parler. Comme si il savait qu'il y avait quelqu'un qui le regardait. La deuxième fois, il n'y était pas. La cellule était vide.

Alors que je me remémorais ces vieux souvenirs, la dragonne avait repéré la caméra et essayait de la détruire en battant l'air de sa queue. Je l'éloignais d'elle et l'approchais de Harry. Il était en difficulté mais, comme l'avait dit Severus, je ne pouvais pas intervenir sous peine de le disqualifier. Une idée me traversa l'esprit. Je ne l'avais jamais fais avant mais ça valait le coup d'essayer. J'intensifiais le signal de la caméra. Maintenant, toutes les personnes présentes dans l'arène étaient normalement en mesure de voir ce que la caméra enregistrait, en temps réel. Ne voyant plus l'appareil, la dragonne essayait maintenant de déloger Harry de son perchoir. Ce qu'elle parvint à faire. Il dégringola mais arriva à remonter sur son balai, balai qu'il avait entraîné dans sa chute. Je ne le suivais pas. Le suivre dès le départ avait été une mauvaise idée. J'étais enceinte et je sautais toujours un repas ou deux dans la journée. Comme me le répétait tout les jours Remus, j'étais une bombe à retardement. Je pouvais faire un malaise n'importe quand. Il disait même que je n'avais changé depuis le temps où nous étions élèves à Poudlard. Déjà, à l'époque, je mangeais peu et je faisais souvent des malaises. Les garçons de la bande, Sirius, James, Remus et Peter, m'avaient fait croire une fois que je faisais tellement de malaises qu'un des lits de l'infirmerie m'était réservé. Il n'y avait que les veilles de match que je mangeais normalement. Je remontais sur mon balai et me dirigeais vers le stade installé près du châteaupour la première tâche, laissant ma caméra suivre Harry.

J'avais eu raison de ne pas suivre Harry. A peine eus-je le temps de me poser dans la tribune des professeurs que mes jambes lâchèrent et que je me retrouvais assise entre Severus et Igor Karkaroff, le directeur de l'école de Durmstrang. Ce dernier semblait mécontent de ce qu'il voyait. Pas de me voir moi bien sûr. Il ne m'avait même pas remarqué. Non, ce qui semblait l'agacer c'était ce que faisait Harry. Severus, lui, remarqua ma brève chute et il posa sa main sur mon épaule.

- Je savais bien que c'était une mauvaise idée.

- Épargne moi tes commentaires Severus.

- J'espère au moins que tu n'es pas intervenue.

- Bien sûr que non. Tu n'as pas vu ce que j'ai filmé ?

- Filmé ? Comment est-ce que tu as pu filmer quoi que ce soit ? Tu n'as pas de caméra sur toi.

- Je t'expliquerai plus tard. Mais tu n'as pas vu les images ?

- Comment est-ce que j'aurais pu les voir ?

- Dans ta tête.

- Je comprend mieux pourquoi j'ai senti que quelqu'un tentait de rentrer dans ma tête. Mes barrières mentales ont dû bloquer l'intrusion.

Je lève les yeux au ciel.

- "L'intrusion"... Mais bon, tant pis pour toi. Ce garçon est très doué.

- Et aussi arrogant que son père.

- Arrête Severus. Tu sais bien que ce n'est pas parce qu'il ressemble à son père qu'il est comme lui.

- En tout cas, ton enfant prodige n'est toujours pas revenu et on entend plus rien.

Je cherchais à reprendre le contact avec ma caméra mais seul le vide me répondis.

- Le dragon a dû détruire la caméra.

Au bout de quelques minutes, minutes qui parurent durer une éternité, Harry apparut enfin dans le ciel toujours sur son balai, bien que celui-ci semble abîmé. Il se posa au milieu de l'arène et récupéra l'œuf doré. La première tâche était finie. Après la délibération du jury, le classement fut annoncé. Harry et le champion de Durmstrang étaient en tête, suivi par Cédric et par Fleur Delacour, la championne de l'école de Beauxbâtons.

Tout le monde quitta peu à peu l'arène. Severus me regarda et, alors qu'il n'y avait presque plus personne, m'aida à me relever.

- Ce que tu as fais était complètement irresponsable. Je te rappelle que tu es enceinte. Ce n'est pas parce que le père de cet enfant est tellement lâche qu'ils vous a abandonné toi et l'enfant que tu peux prendre de tels risques.

Je lui lançais un regard noir. Il n'avait jamais apprécié Sirius et parfois je le comprenais vu le comportement qu'il avait eu vis-à-vis de Severus à l'époque où nous étions élèves. Mais là, il dépassait vraiment les bornes.

- Tu es mal placé pour me donner ce genre de conseils.

- Et toi, tu es mal placée pour me faire des reproches.

Le chemin du retour se déroula en silence jusqu'au château où je laissais Severus, devant la Grande Salle, pour aller m'entretenir avec Dumbledore. Le directeur ne sembla pas du tout surpris de me voir et m'invita à entrer. Il était seul. Il s'assit derrière son bureau et me fixa d'une telle intensité que j'eus l'impression qu'il voyait tout, jusqu'aux tréfonds de mon âme.

- Que me veut le Ministère Mlle Smith ?

Prise au dépourvu, je restais un instant sans rien dire avant de me reprendre.

- Rien. En réalité, je suis là pour protéger Harry.

- Pensez vous qu'il soit en danger à Poudlard ?

- Non. Mais nous avons peur qu'il y ait des Mangemorts parmi les enseignants.

- Si vous parlez du professeur Snape, alors sachez qu'il a été prouvé qu'il était à mon service. Et il y a un ancien Auror parmi les professeurs cette année.

- Vous savez pourquoi je suis ici professeur, pour protéger Harry. Moi-même je ne sais pas de quoi il peut s'agir mais le Bureau des Aurors prend la menace très au sérieux. Et moi sûrement plus que les autres. C'est mon filleul et je veux le protéger. Je pense que vous comprenez .

- Oui, je comprend très bien. Mais je ne pense pas que vous soyez venue me parler de ça, n'est-ce pas ?

- Effectivement. Comme Kingsley vous l'a peut-être annoncé dans sa lettre...

- Vous êtes enceinte. En effet, je me souviens d'avoir lu cette information. Félicitations.

- Merci. J'en suis déjà au 3ème mois, ce qui veut dire que je ne pourrais pas être là pendant un certain temps mais je vais essayer de rester le plus longtemps possible. Quitte à accoucher ici si ça me permet de veiller sur Harry le plus longtemps possible.

- Votre amour pour ce garçon est louable mais n'oubliez pas de vous ménager. D'ailleurs, qu'en est-il du père de l'enfant ?

- Il est...en voyage.

- Ne vous aide t-il pas ?

- Non. Mais il va très vite revenir, j'en suis certaine.

Un silence pesant s'installa puis Dumbledore se leva.

- Il va bientôt être l'heure de manger. Rejoignez les enseignants dans la Grande Salle. Après le repas, Filch, notre concierge, vous montrera votre chambre. Bonne soirée et bonne nuit Mlle Smith.

- Merci, à vous aussi professeur.

Je quittais le bureau du directeur de Poudlard et me dirigeais vers la Grande Salle. Cette discussion avait éveillé de nombreuses craintes en moi. Je posais mes mains sur mon ventre, doutant à présent de mon avenir et de celui du bébé. En chemin, je croisais Mme Maxime, la directrice de l'école de Beauxbâtons. Parlant assez bien français, j'engageais facilement la conversation. Elle sembla surprise de m'entendre parler français et, une fois la surprise passée, nous discutâmes un long moment, jusqu'à ce que nous arrivâmes à la Grande Salle. N'ayant pas vraiment le choix, je m'installais entre Severus et Karkaroff. Le repas promettait d'être calme. Enfin, c'est ce que je pensais. Contre toute attente, Igor Karkaroff se révéla être très bavard. Du moins, avec moi. Il me posa des questions. Certaines plus embarrassantes que d'autres, mais celles-là étaient posées plus discrètement, chuchotées au creux de mon oreille. Chose qui sembla amuser Severus. Je ne mangeais pas grand chose, comme à mon habitude. Et cela ne plaisait pas à mes voisins de table. Ils me le firent remarquer pendant tout le repas. L'un en le disant et l'autre en me lançant des regards exaspérés. A la fin du dîner, Igor me proposa de meraccompagner jusqu'à ma chambre. Je refusais poliment, lui expliquant simplement que je ne savais pas encore où je dormais. Il me laissa partir, à regrets, avec Filch.

N'ayant jamais été autre chose qu'élève à Poudlard, je ne savais pas du tout où j'allais loger. Il y avait certainement une aile du château réservée aux enseignants. Nous traversâmes plusieurs couloirs avant de déboucher sur un endroit assez étrange, semblable au cloître d'une église. J'avais devant les yeux le lieu où logeaient les professeurs. Je continuais de suivre le concierge du château tout en observant le petit coin de verdure qui se situait au centre de cette pièce carrée et dont les murs étaient couverts de portes. Filch s'arrêta brusquement devant une porte et m'expliqua rapidement que c'était ma chambre avant de s'en aller en boitant tout en marmonnant.

- Tiens, en plus nous sommes voisins de chambre. De mieux en mieux. Tu n'as pas invité Igor ?

Je me retournais et découvrais, sans surprise, Severus.

- Non. Et ça ne risque pas d'arriver. Tu as toujours eu des amis bizarres mais lui, c'est un champion dans toutes les catégories.

- Je suis sûr qu'il aurait fait un bon père. Dommage que tu ne fasses jamais les bons choix.

Je ne répondais pas. Il disait ça pour me provoquer, rien de plus. Je rentrais dans ma chambre sans répondre à sa pique. Je fus autant surprise par l'intérieur de la chambre que par l'extérieur. Cette chambre était plus grande qu'elle n'en avait l'air. On arrivait d'abord sur une assez grande pièce comportant un lit double encadré par deux tables de chevet accompagnées de leur lampe ainsi qu'un bureau et une simple chaise en bois. Une porte menait à une salle de bain comprenant une baignoire, un lavabo et un toilette. Près du lit se trouvaient mes valises.

Je me déshabillais rapidement et me prélassais dans un bain d'eau froide. Une heure plus tard, j'étais allongée sur le lit, emmitouflée dans un peignoir, en train de lire un livre sur les créatures magiques existant de l'autre côté de l'Océan. N'arrivant pas à finir ne serait-ce qu'une seule page, je fermais le livre et le posais sur ma table de chevet. Depuis ma discussion avec Dumbledore, j'avais la gorge et l'estomac noués. J'étais envahie par le doute et la peur. Je ne me voyais pas élever un enfant seule. J'avais peur que Sirius ne revienne pas, qu'il m'abandonne. Ne supportant plus d'être enfermée dans cette chambre, je m'habillais rapidement et enfilais une longue cape noire pour me protéger du vent et du froid. Je quittais ma chambre et parcourais plusieurs couloirs, baguette à la main, espérant trouver la sortie, ou du moins une sortie. A bout de plusieurs longues minutes, je commençais à me demander si je ne m'étais pas perdue. Alors que j'allais faire demi-tour, une main se posa sur mon épaule. Je priais silencieusement pour que cette main n'appartienne pas à Igor Karkaroff. Je n'avais pas du tout envie de le voir.

- Les élèves n'ont pas le droit de se balader dans les couloirs au beau milieu de la nuit.

C'était Severus. Je ne savais pas si c'était une bonne nouvelle ou pas.

- Désolée professeur mais je pense que je n'ai plus l'âge d'étudier ici.

Je baissais mon capuchon et me tournais vers lui.

- Cassandre ? Qu'est-ce que tu fais ici en pleine nuit ?

- Je voulais prendre l'air mais on dirait que je me suis perdue.

- En sept ans ici tu ne t'es jamais perdue.

- Il y a un début à tout.

- Suis moi.

Je lui suivais en silence et il me mena vite à l'extérieur. Je m'éloignais un peu de lui et respirais à plein poumons, savourant l'air frais et le silence de la nuit. Un premier hoquet vint soulever ma poitrine, suivit de plusieurs autres. Ne sachant pas quoi faire, Severus posa sa main sur mon épaule. Sans qu'il s'y attende, je me retournais et me blottissais dans ses bras avant d'éclater en sanglots. Contrairement à ce que je pensais, il me serra contre lui et caressa mes cheveux. Au bout de plusieurs longues minutes, mes pleurs cessèrent enfin. Malgré tout, je restais blottie contre lui. Il continua à caresser mes cheveux sans rien dire jusqu'à ce que je lève la tête vers lui.

- J'ai peur Severus... J'ai peur de devoir élever cet enfant seule... J'ai peur de ne pas être à la hauteur... D'être une mauvaise mère...

- Ne dis pas des choses pareilles. Tu seras une mère formidable, j'en suis certain.

Il caressa lentement ma joue, effaçant les dernière traces de larmes. Quelques secondes après ce geste plein de tendresse, je déposais doucement mes lèvres sur les siennes. Au départ, il fut pris à dépourvu et n'eut aucune réaction. Puis, il posa ses deux mains sur mes joues tandis que je passais mes bras autour de son cou, transformant ce qui était un chaste baiser en un baiser langoureux, digne de deux anciens amants. Ses mains parvinrent à se glisser sous mes vêtements, effleurant ma peau, tandis que nos baisers se faisaient plus urgents. Il nous fallu une bonne vingtaine de minutes pour parvenir qu'aux chambres des enseignants alors que j'avais dû en mettre cinq avec Filch. Il ouvrit rapidement la porte de sa chambre et la referma derrière nous. Les vêtements tombèrent rapidement, formant un tas informe au sol.


Le lendemain matin, le réveil fut difficile pour nous deux, surtout pour moi étant donné que Severus n'était pas encore réveillé. Je me levais et laissais Severus dormir encore un moment. Je prenais mes vêtements et allais dans la salle de bain. J'avais besoin de réfléchir. Je me faisais couler un bon bain chaud et me plongeais dans l'eau. Ce que l'on avait fait, c'était une erreur. Une grosse erreur. J'avais Sirius et j'étais enceinte de lui.

Alors que j'étais perdue dans mes pensées, Severus entra dans la pièce. Lorsqu'il me vit, il ne sembla pas surpris. Il était déjà habillé. Il s'assit sur une chaise et me regarda.

- Ce qu'il s'est passé cette nuit était une grosse erreur.

- Et ça ne se reproduira plus.

Il ne répondit pas et quitta la pièce. Je finissais de me laver, m'habillais et sortais de la salle de bain. Severus était déjà parti. Je soupirais et quittais sa chambre pour aller dans la mienne. Je m'asseyais sur le lit et mettais des habits propres. Je devais faire cours ce matin alors autant être présentable et ne pas porter les vêtements que j'avais la veille. J'arrivais devant ma salle, le ventre vide et un peu en avance. J'entrais dans la salle et préparais mon cours avant que les élèves n'arrivent. Le cours se déroula dans le calme et les quatrièmes années semblèrent intéressés par ce que je leur racontais. Mon cours était facultatif et portais essentiellement sur des explications sur la carrière d'Auror. Ce qui les captiva le plus fut toutes les anecdotes que je leur racontais. Leurs préférées furent sans doute celles de l'arrestation de Bellatrix Lestrange et de l'arrestation surprise de de Barty Croupton Junior lors du procès d'Igor Karkaroff. Il me fallu donc leur expliquer ce qui leur était reproché. Je ne pouvais pas leur donner le nom de leurs victimes alors je leur disais qu'ils avaient utilisé, sur des sorciers, les Sortilèges Impardonnables. A la fin du cours, j'interpellais Neville Longbottom. Il s'approcha de mon bureau, visiblement surpris. Je lui souriais pour le rassurer. Je n'allais pas le manger après tout. Je le fis s'asseoir sur ma chaise et je m'asseyais sur mon bureau.

- Je n'ai pas voulu en parler devant tes camarades parce que je sais que si tu veux leur parler de tes parents, tu le feras toi-même.

- C'est pour ça que vous n'avez pas précisé le nom des victimes et le sortilège qui avait été utilisé contre eux ?

- Oui. Je respecte beaucoup tes parents, Neville. Nous étions très proches tes parents et moi. Nous avons combattu ensemble. Cette nuit là, j'étais chez ta grand-mère, avec toi. Tes parents avaient senti le danger planer au dessus d'eux et ils ont voulu te mettre en sécurité. C'est moi qui les ai trouvé au petit matin. Vivants. Mais changés à jamais. Tu peux être fier de tes parents.

- Je le suis. Mes parents sont des héros. Tout comme ceux qui ont combattu à leur côté.

- Ils seraient fier de toi. Et tu leur ressemble beaucoup. Ton père était très maladroit et ta mère aimait énormément la botanique. C'était peut-être même sa matière préférée.

- Vraiment ?

- Oui. Je me souviens du jour où ton père a demandé ta mère en mariage comme si c'était hier. C'était lors de la fête d'anniversaire de ta mère. Ton père avait mis une bague dans la préparation du gâteau et avait mis un symbole spécial à l'endroit où était la bague. Sauf que le symbole avait disparu à la cuisson. Il ne s'en était rendu compte que lors du découpage du gâteau. Et ce n'était pas ta mère qui avait eu la part avec la bague mais ta grand-mère. Ton père ne savait plus où se mettre.

J'avais réussi à redonner le sourire à Neville. Je l'avais vu mal à l'aise pendant tout le cours.

- Je sais ce que ça fait d'avoir des parents hors du commun et d'entendre tout le monde te comparer à eux. Quand j'avais ton âge, je voulais devenir professeur de Métamorphose, comme le professeur McGonagall. Mais j'ai voulu impressionner les gens et je suis devenue Auror. Je l'ai toujours regretté et je le regrette encore. Ne laisse jamais personne te dire ce que tu dois faire. N'essaye pas d'impressionner les autres et soit toi-même. J'aurai aimé que quelqu'un me dise ça un jour.

- Merci pour vos conseils Mlle Smith.

Il me sourit et quitta la salle après avoir récupéré ses affaires. Alors que j'étais en train de ranger les miennes, quelques petits coups secs furent frappés à l'une des fenêtres de la pièce. Un hibou. Je lui ouvrais et récupérais le message accroché à sa patte. Sirius. Après un court moment d'hésitation, je dépliais le papier et lisais son contenu.

« Ma chère Cassandre,

Je m'excuse de ne pas t'avoir écris plus tôt et je peux t'assurer que tu n'es pas la raison de cette absence de nouvelles. Le ministère a retrouvé ma trace. Chaque jour je suis obligé de changer de cachette et chaque jour ils se rapprochent de moi. J'ai appris que tu travaillais à Poudlard pour le moment. Au vu de ce qu'il s'est passé lors de la Coupe du Monde de Quidditch et de la nomination de Harry au Tournoi des Trois Sorciers, j'aimerais que tu fasses attention. Ne fais confiance à personne. Je sais que tu veux protéger Harry et que tu l'aimes comme ton propre fils. Mais n'oublies pas que tu es enceinte alors fait attention à ta santé, n'oublies pas de manger. Oh et surveilles Severus et Karkaroff, deux anciens Mangemorts au même endroit, ça pourrait leur donner des idées. Prends soin de toi.

Je t'aime.

Sirius. »

Je sentais des larmes couler sur mes joues et soudain, un bruit attira mon attention. Je me retournais et découvrais Harry près de la porte.

- Bonjour Mlle Smith.

- Harry, appelle moi Cassandre s'il te plaît.

- D'accord euh...Cassandre.

Il s'approcha d'un pas hésitant et s'arrêta face à moi. Il remarqua mes larmes à ce moment-là.

- Je peux repasser plus tard si vous voulez.

J'essuyais rapidement mes yeux et mes joues.

- Non, ne t'en fais pas, ce n'est rien.

- J'aurais aimé savoir comment étaient mes parents. J'ai cru comprendre que vous les aviez connu.

- Tes parents étaient comme ma famille. Lily était une jeune femme extraordinaire. D'une incroyable gentillesse. Une femme aimante, d'un amour débordant, et pas assez aimée en retour à mon goût. Elle avait l'art de voir des qualités en des gens qui ne pensaient pas en avoir.

- Remus m'a dit la même chose.

- Ta mère était une femme de principes, une femme juste. Elle détestait toutes formes d'injustice et d'intolérance. C'était une femme forte. Une femme de caractère. Ton père a eu beaucoup de mal à la séduire. Ton père était le garçon le plus populaire de l'école. J'ai moi-même eu une petite histoire avec lui. Mais ça n'a pas duré très longtemps. Il est certainement sorti avec la plupart des filles de Poudlard. Toutes les élèves de Gryffondor étaient amoureuses de lui. Après tout, c'était l'attrapeur de notre équipe et il était très beau. Seule ta mère ne semblait pas être attirée par lui et ça l'ennuyait beaucoup car on voyait bien que même si il était très entouré, la seule qui l'intéressait vraiment, c'était Lily. Il lui a fallu plusieurs années avant qu'elle n'accepte de sortir avec lui. Il a fallu qu'il change.

- Qu'il change ?

- Oui. Avant ton père prenait un certain plaisir à faire souffrir les autres. Surtout...

Je n'eus pas le temps de finir ma phrase que quelqu'un m'interrompis.

- Je pense que Mr Potter a autre chose à faire. Comme aller en cours par exemple. Vous pourrez lui raconter vos histoires plus tard Mlle Smith.

Surpris, nous nous tournâmes d'un même mouvement. Face à nous se trouvais un Severus Snape qui semblait énervé et froid en même temps. Harry me jeta un rapide coup d'œil avant de quitter rapidement la pièce. Severus le suivit du regard avant de reporter son attention sur moi. Il se rapprocha, presque menaçant.

- De quoi est-ce que tu lui parlais ?

Son ton était acerbe et aussi tranchant que la lame d'un couteau.

- De ses parents. Il m'a demandé des informations sur eux.

- Et qu'est-ce que tu lui as dit ?

- Ça ne te regarde pas Severus.

Il s'approcha encore. J'avais beau être plus grande que lui, j'avais l'impression d'être un petit oiseau coincé face à un chat affamé.

- Si. Et tu sais très bien pourquoi. Tu n'as pas oublié ce qu'il s'est passé n'est-ce pas ? Tului as dis que tu détestais son père ?

- Je ne détestais pas James. Je n'aimais tout simplement pas la façon dont il traitait tout ceux qui n'étaient pas ses amis, ceux qui étaient seuls. Tu as peur que je lui ais que James te martyrisait ? Que tu aimais Lily mais que tu n'as jamais eu le courage de le lui dire ? Non. Je ne le lui ais pas dit. Mais j'aurai dû le faire. J'y penserai pour la prochaine fois.

Je lui tournais le dos et entreprenais de terminer de ranger mes affaires. Le souffle de la respiration de Severus se fit soudainement sentir sur ma nuque. Je déglutissais avec difficulté et tentait d'ignorer son corps contre le mien.

- Tu sais très bien pourquoi je ne le lui ai pas dis. Elle n'arrêtait pas de me parler de toi. Tu es la seule à avoir continué à me défendre face à James et sa bande. Même après ma dispute avec Lily. Vous ressembliez à deux sœurs toutes les deux. Deux furies rousses. Que signifie ta relation avec Sirius ? Est-ce que c'est un remerciement pour le soutien qu'il t'a apporté à la mort de tes parents ? Ton second choix ?

Je me retournais brusquement et le repoussais.

- Pour qui est-ce que tu te prends ? J'aime Sirius. Ce n'est pas mon plan de secours. Tu sais très bien ce qui nous a rapproché, Sirius et moi. Et si je t'ai défendu, c'est simplement parce que ce que James te faisait subir était injuste, tout comme la façon dont tu traites Harry.

- Ce n'est pas ce que disait Lily. Elle n'arrêtait pas de dire que tu étais obsédée par moi, que tu ne parlais que de moi.

- Elle aussi, elle parlait beaucoup de toi. Elle était triste parce qu'elle t'appréciait énormément mais qu'elle détestait tes amis. Alors elle a fini par se tourner vers James. Si tu ne t'étais pas mis à la magie noire, alors peut-être que tu aurais eu une chance. Tu voulais peut-être qu'elle s'intéresse à toi mais ça a donné l'effet inverse.

- Lily me voyait comme un ami. Rien de plus. Contrairement à toi.

Il s'approcha à nouveau.

- Même la magie noire ne t'as pas dérangé. C'était quand ? En sixième année ? Tu te souviens ? Tu étais venue chercher du réconfort dans mes bras après une de tes disputes avec Sirius.

- Tu aurais pu me repousser ce jour là. Mais tu ne l'as pas fait. Tu ne m'as jamais repoussé. Pas même hier.

- N'essaye pas de retourner la faute contre moi. Moi je n'ai rien à me reprocher. Je n'ai trompé personne. Contrairement à toi. Tu es enceinte de Sirius et tu l'as trompé avec son meilleur ennemi.

- Ne me fais pas la leçon Severus. Ce n'est pas le moment.

En effet, j'avais trompé Sirius avec lui. Et je me sentais vraiment coupable. J'avais honte. Et encore plus après avoir reçu la lettre de Sirius.

- Si, c'est le moment. C'est toi qui t'es jetée sur moi. Pas l'inverse. Alors si tu as des remords, tu ne peux t'en prendre qu'à toi même.

Je le repoussais à nouveau. Je perdais tout mes moyens quand il était près de moi.

- Ça suffit ! Je sais très bien ce que j'ai fais ! Je n'ai pas besoin que tu me le rappelles !

Une violente douleur traversa mon ventre et je reculais, surprise et effrayée. Je m'appuyais sur la table, les yeux écarquillés, haletante. Il me soutint, inquiet.

- Ça va ?

- Comme si tu en avais quelque chose à faire !

Il me redressa et m'aida à tenir debout.

- Laisse moi tranquille.

Il me souleva et me porta tandis que je continuais de lui demander de me poser. Tout le trajet jusqu'à l'infirmerie se déroula ainsi, sous le regard médusé des élèves et de quelques professeurs. Il me déposa sur un lit et m'observa attentivement.

- Comment tu te sens ?

- Vas-t'en.

- J'en déduis que tu vas mieux.

J'attrapais l'oreiller posé à côté de moi et le lui jetais dessus.

- Je t'ai dis de partir !

Il attrapa le coussin et le posa sur la couchette, près de moi. Je l'attrapais par le col et le regardais droit dans le yeux. Il sembla surpris par ce soudain excès de violence de ma part et me fixa à son tour. Nous restâmes silencieux un bon moment, nous observant simplement. Puis, il posa sa main sur la mienne et se libéra de mon emprise. Je laissais mon bras retomber sur le lit mais ne le lâchais pas du regard. Il m'attirait et me repoussais en même temps. A tel point que ça finissait par être agaçant. C'est à ce moment là que Mme Pomfresh arriva.

- Mlle Smith, ça faisait longtemps. Professeur Snape, vous pouvez partir maintenant. Je vais prendre le relais. Merci de l'avoir amené ici.

Severus ne bougea pas et me fixa intensément, un lueur indéchiffrable dans le regard.

- Professeur ? Professeur, vous pouvez partir.

Il jeta un rapide coup d'œil à l'infirmière avant de poser, à nouveau, ses yeux sur moi. Puis, il tourna les talons et quitta la pièce, comme si rien ne s'était passé. Mme Pomfresh me regarda et un silence gênant s'installa entre nous.

- Je sais que ça ne me regarde pas mais... Est-ce qu'il y a quelque chose entre vous ?

- C'est assez compliqué.

Voyant que parler de ma relation avec Severus me mettait mal à l'aise, elle changea de sujet.

- Alors, quel est le problème cette fois ?

- Le problème c'est la paranoïa de Severus.

- Comment ça ?

- J'ai l'impression qu'il est toujours derrière moi depuis que je suis revenue. Je vais bien.

Je me redressais et posais mes pieds sur le sol. Une fois debout, mes jambes cédèrent sous mon poids et je me retrouvais assise par terre. Mme Pomfresh m'aida à me relever et m'installa sur le lit.

- Peut-être qu'il n'est pas si paranoïaque que ça.

- Je suis sûre que ce n'est rien.

- Je préfère vérifier. Vous êtes enceinte alors je n'ai pas envie de passer à côté de quelque chose.

- Je comprend mais est-ce que je vais pouvoir retourner faire cours ?

- Tout dépendra de ce que vous avez.

L'idée de rester ici ne me plaisait pas vraiment. Mais la lettre de Sirius me revint à l'esprit. Il m'avait dit de faire attention à moi et au bébé. Et je n'avais pas envie de le décevoir. Je l'avais déjà assez déçu. Je laissais Mme Pomfresh m'ausculter.

- Est-ce que vous avez mangé aujourd'hui ?

- Non, je n'ai pas rien avalé depuis hier soir. J'ai raté le petit-déjeuner.

- Encore ? Faire un malaise ne vous a pas suffit ? Vous devez prendre soin de vous.

Je la laissais s'occuper de moi et elle me donna un verre rempli d'un liquide vert et visqueux.

- Je dois vraiment boire ça ?

- C'est meilleur que ça en à l'air. Ce n'est pas pire que le Polynectar.

- Il n'y a rien de pire que le Polynectar.

- C'est vrai. Mais au moins, vous vous sentirez mieux.

J'avalais le breuvage avec une grimace de dégoût.

- Je crois que finalement, il existe quelque chose qui est plus mauvais que le Polynectar.

- Vous pouvez partir.

- Vraiment ?

- Oui. Mais à l'avenir, pensez à manger. Ne sautez pas de repas.

- Je vais essayer.

- N'essayez pas. Faites le.

Je hochais docilement la tête et quittais l'infirmerie pour aller dans ma chambre. En chemin, je croisais Severus. Il m'attrapa par le poignet et m'entraîna dans un couloir sombre et désert.

- Laisse moi tranquille Severus.

- Non.

- S'il te plaît.

- Non.

Je tentais de dégager mon poignet mais il était trop fort pour moi.

- Severus, lâche moi.

- Non.

- Tu me fais mal.

- Je m'en fiche. J'aimerais que tu m'explique pourquoi est-ce que tu m'as traité comme ça tout à l'heure.

- Tu veux des explications pour mon comportement ? Est-ce que je peux en avoir pour letien ?

- Mon comportement était tout à fait normal.

- Normal ? C'est normal pour toi de traiter quelqu'un comme tu l'as fais avec moi tout à l'heure ?

- Je n'ai rien dis de mal. Seulement la vérité.

- Il faudra que tu apprennes à tenir ta langue alors.

- Peut-être. Mais ça n'excuse pas ton comportement envers moi.

- Je ne m'excuserai pas.

- Tu as fais une scène devant des élèves et des enseignants.

- J'avais beaucoup de raisons de ne pas vouloir que tu me portes.

- Tu ne t'es pas plainte hier.

- Arrêtes de parler de ça. Est-ce que je t'obsède à ce point ?

Il me tira brusquement vers lui et je me retrouvais presque collée contre son torse.

- N'inverse pas les rôles, je te l'ai déjà dis.

Je levais timidement les yeux vers lui, ayant gardé le regard baissé vers mes pieds depuis le début de notre conversation, et il riva, lui aussi, son regard au mien. J'attrapais ma baguette et l'enfonçais dans son buste.

- Lâches moi tout de suite. Ne m'obliges pas à utiliser la manière forte.

- Qui est-ce que tu crois effrayer comme ça ?

- Tant pis pour toi. Aqua Eructo.

Un puissant jet d'eau sorti de ma baguette et Severus s'éleva dans les airs avant de retomber sur le sol, un peu plus loin et trempé. Il se leva en s'appuyant contre le mur et s'approcha de moi, visiblement en colère. Je quittais rapidement le couloir où nous nous trouvions et, en le voyant sortir à son tour, tout trempé, je souriais.

- La douche était bonne Severus ?

Il me rejoignit et me regarda, ses yeux lançant des éclairs.

- Oh toi ! Tu me paiera ça. Tu peux en être sûre.

Il me dépassa et disparut au détour d'un couloir, laissant derrière lui une traînée d'eau. Je partais de l'autre côté, ne désirant pas me retrouver face à face avec Severus. Ce n'est pas lui que je croisais mais quelqu'un que je détestais encore plus. Igor Karkaroff. Il me regarda, heureux de me trouver.

- Cassandre, je suis heureux de vous voir. Je vous cherchais justement.

- Je suis désolée mais je n'ai pas le temps. J'ai un cours à donner.

Son visage se décomposa sous le coup de la déception.

- D'accord.

- Une prochaine fois peut-être.

Je me dépêchais de partir pour éviter qu'il me retienne plus longuement et allais dans le bureau du professeure McGonagall.

- Mlle Smith. Comment s'est passé votre premier cours ?

- Très bien. Mieux que je l'imaginais. Les élèves avaient l'air intéressés.

- Vous êtes prête à travailler avec moi ?

- Oui. Qu'est-ce que je vais devoir faire ?

- Je vais parler des Animagus à des élèves de troisième année.

- Vous voulez que je vous serve d'exemple?

- C'est exactement ça.

Elle me conduisit jusque dans la salle de classe et m'expliqua ce que je devais faire. Avant l'arrivée des élèves, je prenais ma forme d'Animagus, celle d'un renard. Assise sur un coin du bureau de Minerva, je restais statique, même après l'entrée des troisième années. Au bout de plusieurs longues minutes, je bougeais un peu, attirant l'attention des personnes étant au premier rang. Puis, je descendais du bureau et marchais tranquillement, effrayant certains élèves et en fascinant d'autres, jusqu'au fond de la salle où se trouvait le professeure McGonnagal.

- Savez vous ce qu'est un Animagus ?

Ils répondirent tous par la négative.

- Mlle Smith ?

Je reprenais ma forme humaine, sous les regards ébahis des élèves, et balayais la salle du regard.

- Voilà ce qu'est un Animagus. Nous sommes plus nombreux que nous en avons l'air. Je peux prendre la forme d'un renard quand je le veux. Mais cela demande beaucoup de travail. On ne devient pas Animagus du jour au lendemain.

- Merci Mlle Smith.

Durant le reste du cours, je faisais quelques démonstrations ou j'expliquais comment et pourquoi j'étais devenue une Animagus. A la fin, quelques élèves vinrent me poser des questions, certains parce qu'il voulait, eux aussi, devenir des Animagi, certains étant simplement curieux. Une fois tout les élèves partis, je quittais à mon tour la pièce et rejoignais la Grande Salle pour le repas. Severus s'était changé et il ne m'adressa pas la parole. A ma droite, le siège d'Igor Karkaroff était vide. Je mangeais normalement depuis un long moment, ce qui sembla, plus ou moins, rassurer Severus. Après le repas, je donnais encore trois cours, dont un avec le professeure McGonnagal et un avec Alastor. Ce dernier me parut très long puisque je ne fis qu'une brève interversion. Et ce fut certainement, le cours le plus étrange qu'il m'eus été donné de voir. C'était Alastor qui m'avait appris le métier d'Auror. Et le voir enseigner le cours me donna l'impression de me retrouver face à quelqu'un d'autre. Il passa son temps à réciter ce qu'il se trouvait dans le livre, ouvert, sur son bureau. Je restais assise au fond de la salle, silencieuse. Une fois le cours finit, je me levais pour aller voir Alastor mais il s'en alla rapidement. Étrange.