Disclaimer : Rien de des univers d'Harry Potter ou des contes repris par la compagnie de Walt Disney ne sont ma propriété.

Pairing : DM/HP, BZ/RW, TN/NL

Rated : MA (je préviendrai en début de chapitre en cas de relation explicite !)

Rappel : Cette fic comprend un prologue, un interlude et 31 chapitres. Je poste tous les vendredis. :)

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Merci à celles et ceux qui continuent de m'ajouter en favoris et/ou follow sur cette histoire :)

Enjoy !

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- Oh, mon enfant -

La lumière du jour à travers la fenêtre sans rideau de sa chambre fit à Neville papillonner des yeux. Quelle heure pouvait-il bien être ? Quand le jour se levait-il, ces jours-ci ? La clochette au-dessus de son lit ne sonnait pas cependant, les autres devaient toujours dormir. Il s'assit, mit les pieds au sol. De sa fenêtre, il pourrait apercevoir le clocher du bourg. S'il arrivait à se lever. Dehors les oiseaux piaillaient à pleins poumons. Où trouvaient-ils toute cette énergie... Neville passa une main devant ses yeux.

La veille, Neville avait eu dix-sept ans. Personne ne le lui avait souhaité.

Ce n'était pas si grave, cependant, il avait l'habitude. Il se secoua les cheveux avec énergie, comme pour chasser son sommeil. Mine de rien, ça fonctionna. Il se leva et saisit la bassine qu'il gardait sur l'unique petite table de la chambre. Puis il la posa à terre sous un petit robinet au débit approximatif, qu'il tourna pour remplir le récipient d'eau froide jusqu'à la moitié.

Il prit ensuite un linge propre dans sa petite armoire et l'utilisa pour se faire une rapide et revigorante toilette. Au loin, les cloches sonnèrent les sept heures du matin. Merveilleux ! Il n'aurait pas même besoin d'ouvrir la fenêtre pour regarder. Il prit un linge sec pour s'essuyer corps et cheveux et s'habilla avec hâte. Mine de rien le jour tournait et il y avait quelques tâches ménagères desquelles il devait se débarrasser avant que les autres ne se réveillent.

Neville vivait dans le manoir de feu son père en compagnie de Dame Lestrange et de ses deux enfants, qui avaient à peine plus que son âge à lui. Ce nom qu'elle portait elle l'avait gardé d'un mariage précoce, dont elle s'était servi pour quitter sa famille au plus vite. Monsieur Lestrange, Neville ne l'avait jamais connu.

Ils n'avaient jamais vraiment connu, non plus, Monsieur et Dame Londubat ses parents. Il n'avait pas encore trois ans quand son père était parti en mer secourir le navire du roi voisin, pour ne jamais revenir. Sa mère alors était devenue folle de chagrin. Neville ne connaissait pas bien toute l'histoire, mais ce qu'il savait pour sûr, c'était que la douce Alice avait désigné Dame Lestrange comme héritière légale quelques jours avant que son désespoir ne la pousse à prendre sa propre vie.

Aujourd'hui et depuis ce jour, Neville devait gagner le droit de rester vivre ici. Bellatrix le lui rappelait assez souvent. C'était une telle douleur, pour elle, que de voir l'enfant de ses chers amis disparus chaque jour que Dieu faisait ! Elle aurait pu le mettre à la porte il y avait de ça des années. Fallait-il qu'elle ait bon cœur pour ainsi continuer à l'héberger.

Neville passa la porte de sa chambre et descendit à pas pressés le long escalier de bois jusqu'aux étages inférieurs.

Il fallait qu'il lave le linge et qu'il dépoussière les rideaux, mais pour peu que Dame Bella se sente d'humeur matinale, mieux valait commencer par aller chercher des œufs au poulailler. Ainsi il serait plus rapide de concocter un chaud petit déjeuner.

La demeure Lestrange se situait en périphérie du Royaume des Plaines, au point que le manoir était même plus proche de la frontière du Royaume des Bois que du palais royal. Ainsi loin de la côte, proche des sous-bois, à l'arrivée du printemps le vent se faisait plus doux. Une fois dans la cuisine, il siffla un coup pour réveiller Crockdur qui ronflait sur le paillasson et ouvrit la porte pour qu'il sorte avec lui. En passant, il se saisit d'un paquet de graines de maïs qu'il distribuerait aux poules une fois là-bas.

Le poulailler n'était fermé que la nuit, pour éviter que les renards viennent leur chiper de la volaille. Neville jeta son maïs sur le sol et alla ouvrir aux poules qui, dès que Crockdur s'engouffra dans leur cabane de bois, sortirent en gloussant à la mort. Elles se ruèrent bien vite sur la nourriture et Neville profita d'y penser pour aller donner de l'eau aux chevaux. Ensuite seulement il revint prendre des œufs et retourna en cuisine.

Nagini n'était pas encore venue traîner dans ses jambes, c'était une journée qui commençait sans trop de mal. Cette chatte était d'une espièglerie sans bornes. Un vrai démon.

-Maaaooooww...

En parlant du diable. Nagini se coula par l'interstice de la porte de la cuisine depuis le couloir et sauta sans attendre sur la table de bois. Neville, d'un geste habitué, prit le premier torchon qui vint et recouvrit avec souplesse les plateaux en préparation.

-Rien de tout ça n'est pour toi ! Dit-il à l'animal.

A la place, il remplit sa gamelle attitrée de pâtée adaptée. Il ferma la porte menant à la cour pour que le chien ne revienne pas en trombe tout manger et, saisissant la chatte à deux mains, il la posa, le museau devant son festin.

-Et si tu n'en veux pas, Crockdur s'en fera une joie.

Il fallait dire que ce chien gobait tout et n'importe quoi. Nagini grogna de mécontentement, mais mangea tout de même. Une fois les œufs durcis, Neville les sortit de la casserole et les mit à refroidir sur les plateaux sous le torchon. Il fit bouillir de l'eau seule pour préparer des infusions et se coupa un bout de pain pour lui. C'était que ça donnait faim, de faire le petit déjeuner.

Il venait à peine d'avaler son morceau quand la porte de la cuisine grinça en s'ouvrant en grand. Neville en sursauta presque : ce n'était pas tous les jours qu'il avait de la visite à une heure pareille.

-Alors l'orphelin, on flâne ?

C'était le fils Lestrange, Amycus, et sa jumelle Alecto. Neville retint une grimace. S'ils étaient là ce n'était pas bon signe pour lui. Amycus avait un rictus mauvais mais moqueur, alors que sa sœur avait l'air méchant, les poings sur les hanches.

-Maman n'arrête pas de sonner, fit-elle. On peut savoir ce que tu fais ?

Neville leva les yeux vers les trois clochettes accrochées au mur qui étaient, chacune, reliées à l'une des chambres des Lestrange. Il fronça les sourcils et répondit avec tact :

-La sonnette n'a pas bougé.

-Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé !

La voix de la jeune fille était aussi grinçante que du papier de verre contre l'émail d'une baignoire. Neville se demanda un instant si Amycus n'avait pas été celui qui avait trafiqué le système. Ça ne l'aurait pas étonné, mais peut-être également que son air satisfait venait de la colère de sa sœur dirigée contre lui. Neville savait très bien qu'il aurait été plus simple de se taire, mais il ne put s'empêcher de vouloir se défendre.

-Elle fonctionnait très bien hier... Souleva-t-il avec prudence.

-Eh bien plus aujourd'hui, rétorqua le garçon. Alors tu te secoues ou tu veux qu'on le fasse ?

Neville n'avait aucune envie de laisser au soin des jumeaux de le secouer, comme ils disaient. Alors en quelques derniers gestes experts il finit de compléter les plateaux, posa le torchon protecteur sur une chaise plus loin et demanda avec humilité :

-Prendrez-vous le vôtre dans la Salle ou dans vos chambres ?

Puis il attendit que les frangins lui répondent l'option des chambres, pour le plaisir simple qu'ils auraient à l'observer monter à l'étage trois grands plateaux à la fois, sans un instant lui proposer quelconque aide.

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-Je n'arrive pas à le croire !

Le roi Nott se leva si vite de la chaise de son bureau qu'il l'envoya glisser à un mètre de là. Son conseiller, installé à l'écritoire dans le couloir, l'entendit s'exclamer depuis derrière les portes fermées et en sursauta. Lesdites portes s'ouvrirent à la volée et le roi apparut, le visage rougissant de colère.

-Je ne le crois pas ! Répéta-t-il.

-Puis-je vous demander ce qui vous contrarie, Sir ?

Rabastan Lestrange occupait le poste de conseiller du roi depuis de nombreuses années maintenant et il savait – de fait – quand il pouvait se rendre utile ou quand toute tentative serait vaine. Ici le roi avait l'air d'avoir grand besoin d'être apaisé, et il semblait le mieux placé.

-C'est ce voyou qui joue avec ma vieillesse ! Ragea le roi en lançant vers lui une lettre récemment décachetée.

Le roi Nott n'était pas vieux, à vrai dire il venait seulement d'atteindre la quarantaine. Lestrange attrapa le papier au vol et fit tomber ses lunettes, qu'il avait dans les cheveux, tout droit sur son nez. Il eut un petit sourire. L'auteur de cette lettre n'avait rien d'un voyou. Son frère était un voyou. Le prince Théo était seulement... jeune. Et avide de liberté, à ce qu'il en lisait.

-Il ne mariera pas la princesse Constance, synthétisa Rabastan. Ce n'est pas si grave, Sir.

-Pas si grave ? S'étrangla presque l'homme.

Il s'était mis à arpenter le couloir de long en large, il s'arrêta, désespéré. Bien sûr que c'était grave ! C'était le troisième voyage dans un lointain royaume qu'il finançait pour son fils seulement pour qu'il refuse l'union aux jeunes femmes qu'il lui choisissait. Il faudrait pourtant qu'il se décide un jour, le roi ne serait pas éternel.

-Je ne serais pas éternel, mon vieux Rabastan ! Dit-il justement. Il faudra bien que mon fils se marie s'il veut être un roi juste !

Le roi Nott était d'avis qu'un roi seul sur son trône ne pouvait pas être un homme assez bon pour diriger un pays. Il pensait que la solitude rendait fou, et il voulait que son fils règne longtemps, en bonne santé, et de façon juste sur leur peuple. Et puis, il fallait bien l'admettre, le roi Nott voulait des petits enfants. Si possible avant qu'il ne fut trop mort pour pouvoir en apprécier la candeur.

-Et si vous le laissiez choisir lui-même ses prétendantes, peut-être serait-il plus enclin au mariage ?

-Choisir lui-même ? Théodore ? Si seulement il ne passait pas tout son temps sur son cheval !

Le prince Théo ne sortait que peu en belle compagnie, et la personne de sang royal qu'il voyait le plus souvent en dehors de son père était le prince Zabini lorsqu'il revenait au pays. C'était dire ! Si Théodore l'aimait à ce point son ami, il n'avait qu'à l'épouser, au moins le royaume irait quelque part. Le roi Nott se laissa tomber dans le fauteuil dont Rabastan s'était levé et décida que la façon la plus mature de réagir à cette lettre serait de croiser les bras et de faire la moue, de frustration. Lestrange se racla la gorge.

-Le prince dit ici qu'il rentre ce soir... Dit-il. Donnez-lui un ultimatum, au dîner, peut-être ? Dites-lui que vous allez organiser un bal avec toutes les jeunes filles à marier du royaume, et que si le lendemain il n'a choisi personne vous choisirez pour lui, définitivement ?

Le roi releva la tête vers lui. Immobile, le regard fixe. Lestrange se demanda un instant s'il n'avait pas cessé de respirer. Nott fronça les sourcils.

-Un bal ? Répéta-t-il. Mais mon ami, c'est brillant !

Combien de temps cela prendrait-il à organiser ? Après que le prince soit mis au courant, envoyer des lettres à tout le royaume et organiser la plus belle fête de l'année... une semaine. Merveilleux ! Le roi était réellement enthousiasmé par cette idée. Le soir même, lorsqu'il aperçut le cheval de son fils dans la cour du palais, il descendit en trombe le rejoindre pour le mettre au courant.

-Alors, ça te convient ? Demanda-t-il en conclusion.

-Bonsoir à toi aussi, père, sourit le prince Théodore. Ma route a été tout-à-fait sans encombre, mais je suis ravi que tu t'en inquiètes. Pris le temps de manger à midi ? A vrai dire non, j'ai coupé par les bois ! En conséquence, oui, bien sûr, je prendrai bien volontiers un bon souper.

Le prince finit en ce temps-là d'attacher sa monture à l'écurie et sortit de l'abri de bois, suivit par son père qui marmonna :

-Oui oui, tout ça aussi... Mais ce bal, te convient-il ?

Le prince souffla un peu. Son père se faisait trop de soucis pour son avenir marital. Mais de toute façon il n'avait probablement pas vraiment le choix de dire non, alors il répondit vaguement que son père était roi, et qu'il pouvait bien faire ce qu'il lui semblait juste.

-Ne joue pas à ça avec moi, mon fils ! Gronda son père. Je m'inquiète pour toi, et tu le sais.

Théodore eut un sourire attendri, s'arrêta pour se retourner et donna à son paternel une accolade de retour de voyage. Alphard avait toujours été surprotecteur envers lui. Il était son unique fils, et en retour lui était son unique parent. Il voulait le meilleur pour lui, et c'était tout-à-fait compréhensible. Mais comme le prince le disait souvent :

-Tu t'inquiètes trop, père. Mais soit, donne ce bal, et nous verrons bien ce qu'il en ressort.

Sur ce il donna une tape amicale sur les épaules de son paternel, et monta au palais pour se décrotter un peu avant le dîner. Traverser les bois à cheval depuis le port, c'était salissant. Un instant, il se demanda si le prince Blaise serait rentré au pays à temps pour cette fameuse fête.

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Le palais aurait pu être calme en cette douce matinée de printemps, mais c'était un jour spécial. Tout le monde nageait dans tous les sens, la frénésie était dans tous les courants.

-Debout les crabes, la mer monte ! Cria joyeusement Seamus en faisait irruption dans la chambre du prince Ronald.

-Je ne suis pas un crabe, et nous ne sentons pas les courants de surface à cette profondeur... Marmonna son ami en réponse, à plat ventre sur son lit, le visage enfoncé dans un coussin de mousse.

La fatigue n'avait même pas encore commencé à songer à le quitter. En d'autres termes, Seamus venait de le réveiller. Il était encore tôt et si ça avait été une journée normale il était quasiment certain que personne ne se serait opposé à ce qu'il dorme deux ou cinquante minutes de plus. L'Eternel nagea vivement jusqu'à son lit pour violemment retirer son coussin de sous sa tête et Ron frisa la crise cardiaque.

-Eh ! Protesta-t-il. Pourquoi t'as fait ça ?

Seamus rit et Ron bouda. Ça n'avait vraiment rien de drôle. En plus, tout ce raffut pour un événement auquel il ne voulait pas assister, c'était ridicule.

-Allez, tu ne peux pas te défiler, lui dit Seamus qui avait maintenant l'air sincèrement désolé. C'est ta première fois, tout le monde va venir pour t'y voir !

Ugh. Si Ron avait toujours eu son coussin, il y aurait ré-enfoncé son visage. A la place il geignit d'inconfort en se cachant derrière ses mains. C'était le pire jour de son existence. Seamus tenta de l'extraire de son lit en le tirant par la nageoire caudale.

-Alleeeez, deboouuut !

Mais il était bien trop petit pour déplacer le corps encore endormi d'un triton à la taille presque adulte. Alors il lâcha le tout et se laissa doucement retomber sur le sol de la chambre.

-Fiou... Souffla-t-il. Des fois j'oublie que j'ai pas de forces.

Ça eut le mérite de faire rire Ron, un peu, qui se redressa en position assise sur son lit. Lit d'algues, duquel il délogea quelques plantes du bout de la queue par manque d'attention, et qu'il eut la flemme de remettre à leur place dans la minute.

-Ça va être atroce, dit-il à son ami. Je n'ai vraiment pas envie d'y aller.

-T'as dit ça hier toute la journée, lui rappela Seamus.

Ron geignit et se laissa retomber dans les algues. Seamus se faufila entre son dos et son lit avant qu'il ne soit trop tard et le poussa de toutes ses forces en dehors.

-Hors de question que tu te rendormes ! Fit-il. T'étais bien parti, à te lever !

C'était une tentative un peu ridicule mais étonnamment elle fonctionna. Ron se retrouva ainsi debout et alla se traîner jusqu'à son miroir où il passa une main énergique dans ses cheveux qui flottèrent sans grande conviction. Son regard descendit vers le reflet de ses yeux, qu'il fixa longuement, avant de soupirer.

-C'est plus de l'embarras, c'est une vraie dépression... Glissa Seamus, l'air blasé. Ressaisis-toi mon pote, ce n'est qu'un mauvais moment à passer !

C'était facile à dire, pour lui, il était asexué. Mais tout de même, il était un bon ami et il passa tout le temps du trajet à tenter de lui remonter le moral. Ce qui fonctionna, il faut bien le dire, très mal. Peut-être parce que Ron savait que lorsqu'il arriverait il y aurait toute une foule de participants qui braqueraient leurs yeux sur sa première Grande Fécondation. Et s'il le savait, c'était parce que ça s'était passé comme ça à chaque fois que l'un de ses aînés avait eu seize ans : le jour de leur première fois tout le monde les avait regardés.

Brruh. Ron trouvait que c'était le truc le plus dérangeant au monde.

Il avait eu raison, cependant, à peine arrivèrent-ils à la Grande Place que tous les regards se braquèrent sur lui. Ron était tellement mal à l'aise que Seamus n'eut aucun mal non pas à le voir mais à le sentir. Il le ressentit, même, si fort, qu'il commença à son tour à se sentir encombré d'embarras. C'était son côté empathique.

Le roi Arthur calma le bourdonnement de paroles mêlées de la foule et invita sereinement au silence pour qu'il prononce un discours pour l'occasion de l'événement annuel.

-Eh, Ron... Murmura Seamus près de lui. Si tu ne veux vraiment pas le faire on peut toujours, tu sais... s'éclipser... ?

Le prince se retourna vers lui avec étonnement. S'éclipser ? D'ici ? Mais tout le monde remarquerait très vite sa disparition. Et pourtant... S'il saluait quelques connaissances, quelques inconnus, qu'il souriait, qu'il assurait qu'il était heureux d'être là... eh bien Seamus était certain que dans le chahut post-ponte-pré-sécrétion, leur départ passerait inaperçu.

-Tu crois ? Chuchota Ron, les yeux s'écarquillant doucement, n'osant pas espérer trop fort.

-J'imagine qu'on ne saura que si on essaye... Avança l'Eternel. Et puis, tes parents ne pourront pas ré-organiser une Grande Fécondation cette année juste pour toi si tu rates celle d'aujourd'hui.

Il marquait un point. Ron regarda autour d'eux, rougissant comme si tout le monde sur cette place avait entendu l'idée de Seamus et le savaient coupable par avance.

-Alors ? Demanda son ami. Tu veux ?

Le jeune triton tritura ses doigts, hésitant. Ce n'était pas rien, de déserter une Grande Fécondation quand on était un prince en âge. Il se mordit la lèvre, tiraillé entre son envie de fuir et la peur de décevoir ses parents et son peuple.

-D'accord... Souffla-t-il finalement. D'accord, faisons ça... Merci Seamus.

-Tu me remercieras quand on sera loin d'ici ! Répondit son ami avec un clin d'œil.

Ronald sourit, doucement. Ils allaient faire comme ça, il se ferait remarquer par quelques personnes avant et pendant la ponte, et dès que ça commencerait à bouger de partout, ils se feraient la malle. Surtout qu'il connaissait un endroit où ils pourraient facilement passer la journée sans que personne ne les y retrouve.

Il repéra de loin un fils de Duc et nagea rapidement dans sa direction. Petits, ils jouaient ensemble à l'oursin prisonnier, Ron avait entendu dire que le jeune homme – qui avait aujourd'hui dix-huit ans – était passé professionnel dans la course à l'hippocampe.

-Victor ! Héla-t-il, tout sourire.

Mine de rien, ça faisait plaisir de le revoir. Même si, oui, il l'utilisait pour paraître à l'aise dans cet endroit. Le triton se retourna vers lui, presque étonné d'être interpelé. Puis il sourit à son tour.

-Ronald, mon ami ! Combien de temps cela fait-il ?

Il parlait avec un fort accent des mers de l'Est.

-Bien trop, bien trop, rit Ron doucement. Que deviens-tu, dis-moi ?

Il apprit ainsi qu'il existait désormais une madame Krum, depuis l'automne, et Victor la lui montra du doigt, au centre de la place. Ron n'aimait pas particulièrement regarder des femelles pondre, alors il détourna les yeux dès qu'il eut aperçu la sirène en question.

-C'est une très belle femme que tu as là, complimenta-t-il.

-Oui, elle est merveilleuse ! Soutint Victor. Et toi, raconte-moi tout, as-tu une amoureuse ?

Ron rougit et détourna les yeux dans un léger « oh, pitié... ». Victor rit.

-Quoi ? Fit-il. Ce n'est plus ce qu'on dit ? « Amoureuse » c'est passé de mode ? Je dois avouer que je ne fais plus attention à ces choses-là.

Ron rit à son tour. Victor n'avait aucune idée de l'aspect dérisoire qu'avait pour Ron cette conversation. Il lui dit seulement que non, il n'avait personne, mais que pour le moment ce n'était pas très important, étant donné le caractère sacré de cette journée.

-Tu as bien raison ! Approuva l'autre. Tiens, regarde, elles ont presque fini.

Ugh. Ron se força à sourire et se fit pressé.

-Oh, bien dans ce cas je te laisse il faut que j'aille saluer un ami avant d'y aller !

-Très bien, je ne te retiens pas ! Mais il faut qu'on se retrouve après ça, je suis sûr que tu ne m'as pas tout dit.

Il conclut sur un clin d'œil et Ron le salua d'un signe de la main en s'éloignant. Dès que Krum eut le dos tourné il se précipita hors du champ de vision de tout le monde. Seamus l'attendait derrière un rocher, plus loin. Ron eut comme un nœud dans l'estomac. Il se sentait un peu coupable de laisser Victor là-bas après avoir promis qu'ils se retrouveraient plus tard.

-Allez, ce n'est pas si grave, tenta Seamus. Tu le verras un autre jour et tu n'auras qu'à t'excuser, dire que tu as été sollicité...

Seamus avait beau dire, Ronald n'aimait pas ça. L'Eternel fit la moue. Puis, souriant un peu, il donna un petit coup de coude dans le flanc de son ami.

-Et d'ailleurs, c'est vrai ! Moi je te sollicite ! Allez viens, on s'en va, c'est un ordre.

Ça fit rire Ron, un peu. Seamus le devança et Ron se mit à nager à sa suite, puis le rattrapa. Il n'avait pas eu besoin de dire à son ami où il voulait aller, Seamus savait. Après tout, il n'était pas son meilleur ami pour rien.

Cet endroit où ils allaient, c'était sa cachette secrète, sa cave aux merveilles, là où il conservait toutes les belles trouvailles qu'il faisait dans les épaves. Seamus et lui y passaient parfois des heures durant et ça n'avait jamais inquiété personne qu'ils disparaissent ainsi. C'était leur havre de paix.

Une fois, Hermione les y avait trouvés. Mais Ron lui avait fait jurer de ne jamais dire à ses parents tout ce qu'il gardait ici : ça les rendrait fous. Et Hermione, elle avait promis.

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-Sirius !

Le cri résonna dans les couloirs du palais. C'était le deuxième appel, et le roi Jedusor entendit des pas précipités se rapprocher de la porte de son bureau. Il se tenait debout dos à la porte, penché sur sa table, et il se redressa, sombre, pour se retourner vers l'homme qui entra presque immédiatement. Ce n'était pas celui qu'il avait demandé, il releva un sourcil.

-J'ai vu monsieur Black dans les jardins il y a quelques minutes, Votre Majesté.

-Eh bien qu'attends-tu ? Lança Jedusor. Va le chercher !

Ce Pettigrew était un incapable. Oui, Maître. Son Altesse le vit ramper presque hors de la pièce, et il souffla de lassitude. Il avait pris sa décision ce matin même, il n'était pas question qu'il ne laisse ne fusse qu'une chance à l'héritier Potter de fêter son prochain anniversaire.

La loi était claire à ce sujet. Si le roi et la reine mouraient avant que leur héritier soit en mesure de régner, alors il était nommé un mandataire. Le jour du seizième anniversaire dudit héritier, une cérémonie était organisée et l'on assistait à la passation de pouvoir du mandataire au descendant de la famille royale.

La loi disait aussi qu'en cas d'absence d'héritier, le mandataire devenait roi à vie, et la succession serait remise à sa descendance. Cet état de fait, bien sûr, valait aussi si l'héritier au trône mourait avant l'âge requit. Ou disparaissait.

Jedusor eut un sourire cruel. Il n'allait certainement pas donner son titre à cet impotent de prince Harry.

Il y eut de nouveaux pas dans le couloir, moins pressés, moins lourds. La porte bailla doucement et la silhouette encapuchonnée de Sirius Black se dessina dans l'encadrement.

-Vous m'avez fait appeler, mon Maître ?

Le sourire du roi se transforma en rictus mauvais. Il n'avait jamais aimé ce garde-chasse. Bien trop impertinent, bien trop sûr de lui, et bien trop – bien trop – fidèle à la famille Potter. Trop proche, aussi, du prince qui lui faisait tant d'ombre. Il espérait bien que cette mission sonnerait enfin sa soumission totale où sa perte définitive.

-Oui, Sirius, répondit-il d'une voix presque traînante. Il y a quelque chose que j'aimerais que tu fasses pour moi.

-Tout ce que vous voudrez, mon Maître, fit l'homme en s'inclinant.

-Je voudrais que tu tues Harry, glissa Jedusor avec flegme.

Sirius se figea, puis se redressa doucement. Le sourire du roi revint, plus cruel que jamais, mais défiant, aussi. Défiant Sirius de le contredire un instant. Le problème était simple, pour Tom. Soit Sirius acceptait, et lui ramenait la preuve de l'accomplissement, auquel cas il espérait que la honte de son geste fasse taire pour toujours son petit air prétentieux. Ou bien il refusait, le trompait, et non seulement Harry serait tué par un autre mais en plus Jedusor serait en mesure de faire exécuter ce misérable garde-chasse pour trahison.

-Je vous demande pardon... ? Balbutia presque le jeune homme.

Le sourire de Jedusor s'agrandit. Ooh, y avait-il un problème ? Le cœur de Sirius battait à tout rompre dans sa poitrine. Il ne pouvait définitivement pas faire une chose pareille.

-Mais Monsieur... Monseigneur... Le prince Harry...

-N'a pas la maturité de diriger un royaume, coupa Jedusor. Et ne l'aura jamais.

Sa voix sonnait sèche dans l'air de la pièce royale. Sirius serra les dents. L'homme s'approcha de lui, menaçant. Il lui tourna autour sans que Sirius ne puisse protester et demanda une fois encore :

-Mais dis-moi, mon bon Sirius, t'opposerais-tu à une décision émanant de ma royale personne ?

Il sifflait tel un serpent, tel le sorcier qu'il était. Il était indigne de porter le titre de roi, et d'ailleurs ce titre n'était pas le sien. Il ne l'avait jamais été et ne le serait jamais. Jedusor n'était rien d'autre qu'un intermittent et rien que ça aurait dû lui être défendu. Si James avait su, s'il avait seulement su quel genre d'homme est-ce qu'il était alors jamais il n'aurait- !

-Alors ? Insista Jedusor. J'attends !

Les dents de Sirius grincèrent presque, mais il se força à desserrer les mâchoires. C'était... c'était sans espoir. Il ne pouvait rien faire, il n'avait pas le pouvoir de faire quoi que ce fût. Il s'inclina de nouveau, et ça lui donna l'envie de vomir.

-Bien, Maître.

-Je te demande pardon ? Fit Tom. Qu'as-tu dit ? Je n'ai pas entendu.

Il le tourmentait, son sourire était celui du Malin. Sirius sentit toute énergie quitter son corps. Et il pensa qu'il se sentirait ainsi pour toujours.

-Je le ferai, Maître, dit-il. Pour vous, je tuerai le prince Harry.

A suivre...


Ça c'est une fin... qui fout un froid... Mea culpa ! On aura quand même vu Neville, Théo, Blaise ET Sirius dans le même chapitre ! Ça pardonne, non ? xD

D'ailleurs qu'est-ce que vous pensez de la situation de Neville ? Vous vous attendiez à voir Bellatrix ? ;)

J'espère que ça vous a plu, et j'attends d'ailleurs vos avis avec impatience ! :D

Et en attendant je vous donne rendez-vous, bien sûr, vendredi prochain (21/07/17) pour le chapitre 3 :)

Ciao ciao ~
Chip.