Cet OS a été écrit dans le cadre des nuits du Fof (un thème, une heure, un texte) pour le thème « rose ».

Disclaimer : les Maraudeurs appartiennent à JKR. Je ne fais que les torturer un peu (beaucoup).

AN : Le titre est un proverbe latin.


Les Roses Poussent Parmi Les Epines


Un nouveau semestre avait commencé à Poudlard et avec lui était arrivée une flopée de devoirs, de retenues, de cancanages et de blagues made in Maraudeurs. Ils en avaient fait une pas plus tard que la semaine dernière, les Serdaigles s'étaient tous retrouvés avec d'indéboulonnables bonnets d'âne pendant deux jours. Qu'ils soient dans la Grande Salle, dans les salles de classe, à la bibliothèque ou dans leur salle commune, les aigles avaient dû subir l'humiliation de porter la marque des cancres jusqu'à ce que l'un d'entre eux découvre que pour s'en débarrasser, il fallait passer au moins une heure dehors. Le Serdaigle en question, un certain David Underhill, avait bravé le froid avec sa petite amie de Poufsouffle pour un tour romantique du lac en tête-à-tête. En rentrant, il s'était aperçu de la disparition de l'ennuyant couvre-chef.

Après avoir fait une étape revigorante dans les cuisines – les elfes s'étaient empressés de le gaver de chocolat chaud – David avait remis ses vêtements chauds et avait traîné sa petite sœur et deux de ses amies de première année dans le parc. A force de cajoleries, de menaces et d'un brin d'explication concernant sa théorie, il était parvenu à les faire rester à l'extérieur jusqu'à ce que l'heure soit écoulée et le bonnet d'âne envolé. Il était ensuite devenu une sorte de demi-dieu pour les Serdaigles lorsqu'il leur avait fait part de sa découverte. S'en était ensuivit une bataille de boules de neige impliquant la Maison toute entière jusqu'à ce que tous eussent retrouvé leurs têtes nues.

Bien entendu, il s'était agi d'une bataille de boules de neige made in Serdaigle. Autrement dit, les différents camps avaient tous leur plan d'attaque soigneusement préparé, leurs munitions minutieusement entassées et leurs forts hâtivement consolidés à coups de sortilèges et de runes auraient pu soutenir un véritable siège.

Lorsque les autres élèves, attirés par les éclats de voix et de rires des Bleus et Bronze, s'étaient approchés, une petite seconde année à la vue perçante avait aperçu les Maraudeurs dans un coin, leurs têtes baissées les unes vers les autres dans un de ces conciliabules dont ils avaient le secret. Elle en avait bien sûr immédiatement fait part au leader de sa faction de Serdaigles, qui était parvenu on ne sait trop comment à transmettre l'information aux autres groupes et à mettre sur pied une petite revanche bien méritée.

Les quatre Gryffondors avaient fini l'après-midi à l'infirmerie à avaler des potions de Pimentine pour soigner les rhumes carabinés qu'ils avaient contractés à force d'être ensevelis sous des montagnes de neige par des aigles revanchards et il fallait bien l'admettre extrêmement vicieux. Les Maraudeurs avaient retenu la leçon, du moins pour le moment. Ils la pousseraient très certainement dans un coin poussiéreux de leur esprit dès que l'occasion s'en présenterait.

Mais aujourd'hui, le quatuor ne pensait plus à cette blague, ni à aucune autre d'ailleurs, qu'elle soit passée ou future. Non pour l'instant, les Maraudeurs couraient pour leur vie, poursuivis qu'ils étaient par le plus dangereux des prédateurs de Poudlard. Plus vicieuse qu'un Serpentard de mauvais poil, plus tenace qu'une Poufsouffle amoureuse, plus audacieuse qu'un Gryffondor saoul, plus astucieuse qu'un Serdaigle dopé à l'Aiguise-Méninges et plus hargneuse qu'une McGonagall déçue par les copies de ses élèves, cette horrible créature avait pour nom groupies. Et pas n'importe quelles groupies, non, non, les groupies des Maraudeurs un matin de St Valentin.

Car oui, le jour tant redouté et honni des quatre sorciers était de nouveau arrivé. L'année dernière, ils avaient réussi à les semer mais il leur avait pour cela fallu sacrifier Sirius pour la cause en l'abandonnant aux furies à leurs trousses. Mais cette année, l'héritier des Black n'avait pas la moindre intention d'être laissé derrière et il avait juré aux trois autres que s'ils s'avisaient de recommencer leur petit coup de l'année passé, il irait demander à sa mère (ou pire encore à sa cousine Bellatrix) un sort d'impuissance perpétuelle. Connaissant les deux femmes, James, Peter et Remus n'avaient pas douté un seul instant qu'elles seraient à même de dégoter un sort capable d'accomplir cette infamie et ce le plus douloureusement possible. Il avait donc fallu trouver une autre parade aux hordes de groupies déchainées. Après mainte et mainte heures de réflexion, une solution avait finalement émergé : se réfugier dans la Forêt Interdite.

Bien sûr, la forêt était toujours dangereuse et le froid qui régnait en cette mi-février n'améliorait certes pas les choses, mais à tout prendre, les Maraudeurs préféraient de potentielles bêtes féroces et une pneumonie à la certitude d'être captifs une journée durant de leurs groupies en mode romantique.

Tout cela pour expliquer pourquoi les quatre jeunes gens fuyaient à toute allure à travers le parc de Poudlard, une meute déchainée à leurs trousses. Ils s'efforçaient autant que faire se pouvait d'accélérer leur vitesse, mais le sol rendu boueux par la fonte des dernières neiges de la saison rendait cette entreprise délicate.

« Les gars, je crois qu'il va falloir se rendre à l'évidence, déclara Remus d'un ton funèbre, on perd du terrain.

-Hein, quoi ? fit Peter en se retournant. Oh non, c'est pas vrai ! s'exclama-t-il en voyant que son ami avait raison. Plus vite les mecs, plus vite. »

Et il piqua un petit sprint supplémentaire. Mal lui en prit car il trébucha sur un caillou vicieusement caché par la boue et serait tombé au champ d'honneur, succombant à une horde féroce de groupies, si James n'avait pas réussi à le rattraper avant qu'il ne s'effondre.

« Mais c'est pas vrai, haleta James. Elles ont bouffé du lion ou quoi cette année ? Il faut faire quelque chose les gars, reprit-il après un instant de réflexion. Autrement on est cuits de chez cuits. On n'arrivera jamais à la Forêt avant qu'elles nous lâchent.

-Et si elles nous suivent à l'intérieur de la Forêt, demanda Peter, soudain inquiet. Je suis sûr qu'il y en a dans le tas qui sont assez folles pour nous suivre. »

C'est vrai ça, ils n'y avaient pas pensé. Que se passerait-il si même les frondaisons menaçantes de la Forêt Interdite ne suffisaient pas à arrêter les furies ?

« Il faut juste les empêcher d'entrer dans la forêt, raisonna Sirius.

-Et on fait ça comment, Mr Miracle ?, rétorqua Peter.

-Comme ça » fit le brun en dirigeant sa baguette vers un buisson de ronces sur le côté du chemin. « Plantae Incrementa ! »

Et le buisson grandit, grandit, les ronces poussèrent et poussèrent. Seulement voilà, il ne s'agissait pas de simples ronces, mais d'un massif de roses sauvages. Et le sort de Sirius, boosté par son désespoir et sa détermination à arrêter ses poursuiveuses, força la maturation de la plante et petit à petit, au milieu des épines, apparurent des bourgeons, puis des boutons et finalement, une nuée de fleurs d'un rouge éclatant, ouvrant larges leurs corolles et dévoilant au monde l'éclat pourpré de leurs pétales.

Les filles s'arrêtèrent, certes, mais l'obstacle les fit plus s'extasier qu'autre chose. Et puisqu'elles avaient bien vu le geste de la baguette de Sirius, elles étaient désormais persuadées qu'il avait voulu leur offrir à toutes des roses rouges, les assurant de son affection et de celle de ses amis, sans rendre jalouses ou dépitées les filles à qui ils n'auraient pas personnellement remis une fleur. Et de s'exclamer sur le caractère oh combien romantique de l'action du rouge et or. Et est-ce qu'il n'était pas prévenant ? Et doué ? Et puissant ? Et oh si terriblement sexy…

Et si terriblement en train de s'éloigner avec ses tout aussi sexys amis ! Une chose impensable aux yeux des groupies qui se relancèrent à leur poursuite. Mais cette fois-ci, les Maraudeurs avaient de l'avance et la Forêt se rapprochait.

« Sirius, je crois que tu n'as fait qu'empirer les choses, lâcha James. Elles ont l'air encore plus motivées qu'avant.

-Je te vois pas faire quoi que ce soit pour améliorer la situation, rétorqua Sirius.

-Fermez-la et courez ! » asséna Remus.

Et ils coururent vers les arbres qu'ils espéraient salvateurs.


Alors, attrapera, attrapera pas ? Une review et vous le saurez peut-être.