Histoire en collaboration avec l'auteur et dessinateur Foxiso!

Enfin début d'action^^ début de l'intrigue d'une certaine manière:) Découverte d'un personnage, mention d'un autre et retour d'un sinistre individu... ainsi qu'une chanson MAGNIFIQUE! Je crois en avoir dit assez^^ Bonne Lecture:)

chanson écrite ainsi


Chapitre 3 : le Cœur de Glace a disparu

Le lendemain est assez ensoleillé, laissant de côté les clichés mondiaux sur Londres et son éternel mauvais temps. Ce jour d'été est un vrai jour d'été contrairement aux derniers jours plutôt pluvieux, permettant aux londoniens de profiter de leur ville et de ses parcs. Mais ce temps ne semble pas être propice aux enquêtes, au grand malheur de Basil. Posté devant la fenêtre dès le réveil, il fumait en observant les passants. Mme Judson entre sans bruit et pose délicatement un plateau de thé avec quelques gâteaux sur la table basse.

« Où est Mr Dawson ? demande-t-elle, car elle n'a pas vu le médecin ce matin.

_Il avait une consultation à domicile, ce matin. Il ne devrait plus tarder. » répond Basil.

La logeuse hoche la tête puis retourne en cuisine, laissant le détective dans ses pensées. Le fait que Dawson ait reparlé de son frère avait remué de vieux souvenirs. Des anciens, agréables où les deux frères jouaient ensemble en courant dans les couloirs ou en faisant quelques blagues,... puis ce que Basil vivait comme une trahison, un abandon. Dès lors, il n'avait jamais voulu reparler à Mark. Il l'avait ignoré et avait vite trouvé sa vocation de détective privé. Il avait longtemps errer dans la rue avant de rencontrer Mme Judson qui avait acceptée de l'héberger à Baker Street. Cette rue avait toujours eu une certaine importance pour lui. Après tout, son nom de famille venait de cette rue. À croire que le destin de Basil s'était écrit ce jour-là. Le jour où ceux de l'orphelinat les ont trouvés, lui et son frère, dans cette rue.


Puis, d'un seul coup, Basil vit deux silhouettes s'approcher de chez lui. Il vit que ce n'était autre que Runald et son assistant.

« Oh misère... ne va-t-il jamais cesser de me poursuivre ? pensa Basil. Mais j'avoue que ça me manque un peu de le taquiner. Bon, d'accord. Divertissons-nous ! » sourit-il.

Dès qu'il entendit frapper, il alla ouvrir la porte et, dès qu'elle fut ouverte,...

« Basil ! Oh mon cher ami ! Cela faisait longtemps ! » affirma Runald en entrant dans la résidence et en serrant Basil dans ses bras.

Mais dès la seconde où il le fit, le détective se sentit honteux.

« Lâche-moi tout de suite ! ordonna Basil.

_Oh pardon ! fit l'archéologue qui libéra le détective. Mais ça faisait si longtemps que je ne t'ai plus vu pointer ton museau. expliqua Runald. Oh ! Où ai-je la tête ? Basil, voici mon assistant, Alberick Pedersen ! introduisit Runald en montrant Alberick qui s'avança pour serrer la main du détective.

_Mes hommages, Monsieur. fit Pedersen en serrant la main de Basil qui lui répondit par un sourire.

_Veuillez entrer ! » demanda Basil à ses hôtes qui rentrèrent dans la maison.

Basil ferma la porte derrière eux.

« Mme Judson ! appela-t-il ensuite.

_Oui Monsieur Basil? demanda Mme Judson qui sortit de sa cuisine.

_Veuillez préparer du thé pour nos hôtes, je vous prie. demanda Basil.

_Oui, bien sûr. » affirma la gouvernante en retournant dans sa cuisine.

Il y eut un silence de deux secondes exactement.

« Mais où est le docteur Dawson? demanda Pedersen.

_Il va revenir de sa consultation d'une seconde à l'autre. répondit Basil. Bien ! Alors, que me vaut cette visite ? » demanda Basil.

Runald allait répondre mais Basil le bloqua dans son élan.

« Oh non non non non ! Laisse-moi deviner ! Tu es venu personnellement me supplier à genoux d'aller voir ton exposition et bien, laisse-moi te répondre du plus profond de mon être que non ! Je ne poserai absolument pas les pieds au Great British Museum ! » expliqua Basil.

Runald fronça les sourcils, vexé.

« Tu te trompe, mon cher Basil. Oui, il s'agit bien de l'exposition mais non, ne t'inquiète pas. J'ai bien reçu le message que jamais tu ne viendrais et ... dit-il mais Basil le coupa encore.

_Ah enfin ! Que le ciel soit loué ! Tu as enfin compris que jamais je ne viendrais ! Ah ! Quelle douce mélodie à mes oreilles que t'entendre le dire ! » s'exclama Basil.

Cela énerva l'archéologue, ce qui amusa le détective qui souriait malicieusement et satisfait à Runald.

« Laisse-moi deviner ! Tu m'as fait rentrer chez toi juste pour te moquer de moi ! réalisa Marker.

_Eh bien, on dirait que venir chez moi t'as fait développer une conscience ! » répliqua Basil, ce qui fit rire Alberick qui lâcha un petit rire.

Runald se retourna pour lui dire de se taire mais Pedersen, aussitôt, cacha son rire par une toux.

« Écoute Basil ! On a passé l'âge de ces gamineries ! Alors que je suis venu parler affaire avec toi, tout de suite tu me ridiculise devant tout le monde ! » dit Runald, énervé.

Basil se contente de sourire en haussant les épaules.

« Appelons cela de la nostalgie. »

La porte s'ouvrit soudain, attirant l'attention de tout le monde, et Dawson entra sans bruit, sa trousse de médecin à la main. Il la posa dans le vestibule, sous les manteaux, et, se redressant, il remarqua les deux archéologues.

« Oh ! Ça alors ! s'exclama-t-il en enlevant son manteau. Bonjour Messieurs !

_Bonjour Mr Dawson ! sourit Alberick.

_Bonjour... » marmonna Runald.

Alors que Dawson termine de se dévêtir, Mme Judson arriva avec deux autres tasses pour les deux visiteurs et une théière avant de repartir faire son ménage.

« Peut-être souhaitez-vous vous asseoir ? » proposa Dawson.

Mais aucun d'eux ne lui répond. Runald se contenta de fusiller Basil du regard et Alberick semblait un peu mal à l'aise devant le comportement de son associer. Il regarda le chirurgien avec un air disant « Au secours ». Dawson haussa les épaules et lui fait signe de s'asseoir tout en s'asseyant dans son fauteuil. Pedersen s'assit donc dans le fauteuil de Basil pendant que les deux amis-ennemis se soutiennent du regard.

« Pourquoi êtes-vous venu ici ? demanda le médecin.

_Je venais pour confier une affaire à Basil mais celui-ci ne me prend pas au sérieux ! bougonna Runald.

_Pff ! ricana Basil. Je n'ai fait que dire la vérité !

_Je ne fais que t'inviter à mes expositions car tu es mon ami !

_M'inviter ? Me harceler de tes demandes, tu veux dire !

_Vous vous êtes donner le mot ou quoi ? s'énerva soudain Runald. Hier, Mark ! Aujourd'hui, toi ! Mais bon sang, qu'est-ce que les Baker Street ont contre mon exposition ?

_Il y a que tu pilles les tombeaux des aînés qui nous ont précédé, et les utilises comme produits pour ta popularité afin de te pavaner chez ceux de la haute société. Et je dirais même que tu mériterais d'aller en prison pour toutes ces tombes pillées ! » répondit Basil.

Cela eu l'effet d'une bombe dans le cerveau de Runald.

« Qu'as tu osé... ? Comment peux-tu...co ... Ce que je fais, c'est pour l'histoire, Basil ! Et toi aussi, je te rappelle, tu examines des cadavres ! dit Runald, fâché.

_Certes mais moi, je les venges afin que leurs âmes trouvent la paix et je ne les expose pas comme des bêtes de foire ! » répliqua le détective, ce qui énerva plus l'archéologue.

Mais il se calma un maximum. Du moins, il essaya.

« AHEM ! Allons donc. Je ne crois point que votre visite est dû au fait que vous passiez dans le coin pour nous dire bonjour » dit Dawson, dans l'espoir de calmer l'atmosphère.

Pedersen fut heureux que le médecin intervint enfin, avant que cela ne dégénère plus que ça ne commençait. Runald se ramena à ses esprits et sur pourquoi il était venu.

« Oui ! Nous étions venu demander à Basil de prendre notre enquête ! expliqua Runald.

_Une enquête ? » demanda le détective.

Ça l'avait surpris.

« Oui ! Le "Cœur de Glace" a disparu ! continua Runald.

_Quoi ? Disparu? » fit Dawson, surpris.

Pedersen fut angoissé.

« Oui ! Je suis rentré tôt au musée pour préparer notre pièce maîtresse ! Elle était dans la réserve. Je l'ai mise là pour qu'elle ne fonde pas trop vite, mais ce matin, il y avait une piste de glace par terre et la poignée de la porte de la réserve ainsi que le dos de la porte étaient gelés ! Il y avait des cristaux de glace dessus et, quand j'ai ouvert la porte, le glacier avait fondu et éclaté et la momie avait disparue ! détailla l'archéologue.

_Une momie dans la glace ? Tu te mets au surgelé, maintenant ? » sourit Basil, qui n'a jamais entendu parler du Cœur de Glace étant une momie dans la glace.

Dawson ne lui avait pas expliqué que la momie était enfermée dans la glace suite à l'excès de colère qu'avait eu le détective à la mention de son frère. Le point important et la rareté de la momie avaient été mit de côté. La blague douteuse de Basil n'amusa certes pas Runald mais fit sourire son associer. Bien sûr, Alberick cacha vite son sourire derrière sa main en regardant Dawson. Le vieux chirurgien sourit et haussa les épaules.

« Ha ha ha... grinça l'archéologue en regardant son ami d'un air désolé. Et toi, tu t'es reconverti dans l'humour ? »

Basil haussa les épaules. Dawson le regarda avec un air désolé, forçant le détective à reprendre son sérieux.

« Bien ! J'aurais aimé te dire que je suis déjà sur une affaire, mais ce n'est pas le cas ! Donc, je dois accepté cette affaire.

_Tu m'en vois ravis... marmonna Runald.

_Alors, allons voir la scène du crime !

_La scène du crime est au Great British Museum donc, que tu le veuilles ou non, tu mettras les pieds à mon exposition ! »

Pedersen et Dawson retiennent leur rire et les dissimulèrent derrière leur main. Le détective fusilla l'archéologue du regard puis, l'air de rien, alla enfiler son manteau et planta sa casquette dans sa tignasse brune.

« Si j'y mets les pied, c'est uniquement pour t'aider et non pour regarder des breloques norvégiennes !

_Si on se dépêche, on peut arriver au musée avant que des visiteurs ne se présentent devant les portes. déclara Alberick en regardant sa montre.

_Il faudra d'ailleurs trouver une excuse pour expliquer que l'exposition n'aura pas lieu aujourd'hui ! s'exclama Runald.

_Pourquoi ne pas dire la vérité ? s'étonna Dawson en attrapant son manteau.

_Vous n'y pensez pas ! s'alarma Marker. Dire que la pièce maîtresse de mon exposition a disparue ? Jamais !

_Encore de la pub... marmonna Basil. En tout cas, j'ai un moyen plus rapide de se rendre au musée. »

Runald et Alberick se regardent, étonnés, alors que Dawson lui comprit très bien de quoi parlait son associer.


Basil ouvrit doucement le passage qui mène à l'appartement au-dessus du sien : celui de Sherlock Holmes. Le maître (comme Basil l'appelait) s'était absenté tôt ce matin-là avec son associer, certainement pour une enquête. L'appartement était donc vide.

« Es-tu sûr que personne n'est là ? s'inquiéta Runald.

_Certain ! Il ne doit y avoir que Mme Hudson ici et elle n'est certainement pas dans le salon ! On ne risque rien ! » s'énerva Basil en sautant sur le parquet de l'appartement.

Dawson suivit le détective alors que Runald et Pedersen entrèrent nerveusement dans la pièce. Entrer dans un salon humain ne présage rien de bon pour eux.

« Toby ! Toby ! appela Basil en traversant le salon avec ceux qui l'accompagnaient.

_Je crois savoir à quoi nous attendre. » affirma Runald.

Dès qu'il eut finit sa phrase, de gros pas retentirent sous leurs pieds. Là, assit devant Basil, se tenait Toby, le chien de Holmes. Il avait l'air heureux de recevoir de la compagnie.

« Runald, Pedersen, je vous présente Toby. » introduisit Basil.

Toby commença par renifler Runald. Il grogna mais Runald lui retourna son grognement et cela surprit Toby.

« Oh non ! Pas avec moi, sac à puce ! » répondit l'archéologue.

Cela vexa Toby qui décida d'ignorer Runald. Ensuite, il se mit à renifler Alberick et il sentit qu'il pouvait avoir confiance en lui. Peut-être avait-il sentit Bortak, le chien des montagnes. Pedersen lui tapotait gentiment le nez, ensuite le chien se retourna pour voir Basil.

« Écoute, Toby : tu dois nous amener au Great British Museum ! Une affaire nous attend sur place mais il faut faire vite ! » ordonna Basil.

Sur ce, Toby inclina sa tête pour que les souris puissent monter sur lui et ce qu'ils firent. Une fois tous à bord, le chien trottina vers la sortie de l'appartement, il sortit par la chatière et courra dans la direction du Great British Museum. Basil se tint au collier du chien. Quant à Runald, il s'agrippa à quelques poils et Pedersen se tenait à Runald, par la taille de ce dernier, et Dawson, le pauvre, se retrouvait toujours accroché à la queue de Toby. Certains passants (humain) se demandèrent que diable faisait ce chien au milieu de la route. Il allait se faire écraser par un fiacre si ça continuait. Mais, hormis ça, ils arrivèrent bientôt au Great British Museum... mais Basil vit un bout de la piste de glace dont parlait Runald par terre.

« Jusqu'où peut-elle bien continuer? » pensa Basil.

Mais, dès qu'ils arrivèrent au Great British Museum, le détective mit cette demande de côté. Il descendit du chien comme les autres et suivit Runald et son assistant qui lui indiquèrent le chemin. Le Docteur Dawson, lui, suivit Basil juste derrière. Ils arrivèrent enfin devant la réserve. Basil ouvrit alors la porte mais, quand il posa la main sur la poignet, la glace qu'il y avait dessus (au lieu de s'humidifier au contact de la chaleur de la main du détective) ne faisait, au contraire, que refroidir sa main.

« AH! » fit Basil en relâchant la poignet rapidement comme si elle brûlait.

Basil examina les mini cristaux de glace sur la poignet.

« C'est étrange... ça aurait dû être humide au contact de ma main. Et même cette piste de glace aurait dû fondre dehors sous cette chaleur. expliqua Basil.

_Hhmm... c'est étrange en effet. » fit Dawson.

Basil mit la main dans sa poche, ré empoigna la poignet et ouvrit la porte de la réserve. Le désordre qui y régnait déboussola le détective.

« Ciel ! J'ignore qui sont les voleurs de momies mais c'était des débutants... ou alors quelque chose leur a fait peur. »

Basil s'agenouilla sur le sol pour examiner la traînée de glace. Le fait qu'elle soit aussi froide et dure malgré la chaleur l'étonna encore plus. De la glace aussi dure qu'en hiver en plein été était hors de ses connaissances. Dawson se pencha à son tour et examina la glace, aussi surpris que le détective.

« Fascinant... suffoqua-t-il. À croire que quelqu'un a réussit à créer de la glace malgré la chaleur.

_Élémentaire, mon cher Dawson ! s'exclama Basil. Cette glace n'est pas arrivée là par magie ! »

Alberick trembla à cette déclaration, comme s'il craignait de telles paroles. Sans faire attention au jeune historien, le détective continua son enquête de la glace.

« Je connais un seul élément capable de faire une chose pareille. De l'azote liquide !

_De l'azote liquide ? s'étonna Dawson. Qu'est-ce donc que cela ?

_C'est du diazote refroidi, ou un gaz condensé et transformé en liquide si vous préférez. Ceci date d'à peine une quinzaine d'années et rare sont ceux qui sont capables de maîtriser cette réaction.

_Et en quoi un gaz transformé en liquide explique cette glace ? demanda Runald.

_On voit que tu passes ta vie dans les vieilleries, Runald. soupira Basil, ce qui énerva l'archéologue. Ce liquide est extrêmement froid ! Quelque chose proche de -200°C. Alors il gèle tout autour de lui.

_Et en quoi un liquide qui gèle tout servirait-il lors du vol d'une momie ? s'étonna Dawson.

_Élémentaire ! Cette momie était dans la glace ! Pour la conserver intacte, les voleurs ont brisés la glace puis gelés le cadavre avec de l'azote liquide. Il a dû y avoir un problème avec le produit et un peu de liquide à couler sur le sol, le gelant !

_Et pourquoi voudraient-ils le ''Cœur de Glace'' ? Ils ne peuvent prétendre qu'ils l'ont découverte ! Je l'ai déjà annoncé à tout mes visiteurs mais surtout à la Reine !

_Les collectionneurs sont des pilleurs de tombes encore plus horribles que les archéologues. » sourit Basil en sortant sa loupe.

Runald fronça les sourcils, faisant sourire Dawson. Alberick, lui, marmonnait dans sa barbe en Norvégien et jouait nerveusement avec sa queue. Le jeune homme se sentait mal. Ses craintes semblaient se réaliser.

« Ah ! Là, ça devient un peu compliqué. déclara le détective, toujours penché sur la trace de glace et tenant toujours sa loupe dans la main.

_Qu'y a t-il, Basil ? questionna Dawson.

_La piste est constituée de flocons de glace emboîtés les uns aux autres comme un chemin de carrelage. Alors là, ces voleurs n'ont rien d'ordinaire. » répond Basil en se relevant.

Il rangeant sa loupe dans sa poche et commença à réfléchir. Dawson regarda curieusement la glace au sol. Runald, lui, se demandait à quoi pensait Basil et Pedersen angoissa de plus en plus.

« Hhmm... je crois que moi et Dawson devions malheureusement suivre cette piste pour avoir plus de réponses. Quant à vous, veillez à ce que personne ne s'approche de cet endroit ! » dit Basil en quittant la pièce suivit de Dawson.

Alberick profita que Runald eu le dos tourné pour confier sa crainte au médecin. Alors, avant que Dawson quitte la pièce, Pedersen le retint par l'épaule. Dawson se retourna pour regarder l'historien.

« Dawson, je crains que vous ne fassiez fausse route. Car moi, je sais ce qui c'est réellement passé : la Reine des Neiges s'est réveillée ! Et elle plongera Londres et ses alentours dans un hiver éternel si vous et Basil ne l'arrêtez pas à temps ! » confia Alberick au chirurgien.

Dawson ne su quoi répondre.

« Ne vous inquiétez pas. Nous l'en empêcherons. » rassura Dawson jusqu'à ce qu'il entendit Basil l'appeler.

Alors, il quitta la réserve. Runald se joignit soudain à Pedersen.

« Pas étonnant que tout les criminels à Londres veulent sa mort. Il est insupportable. » soupira l'archéologue.


Sans que les passants ne le sache, dans les coins sombres des rues, une jeune femme avançait en silence, tremblante de peur et créant de la glace à chaque pas. Une véritable piste gelée la suivait et ne fondait pas sous le soleil. Alors que beaucoup seraient effrayés de voir cela, elle ne l'était pas. Elle savait pourquoi cela arrivait. Elle était née avec ce pouvoir. Les premières années de sa vie, ses parents l'avaient gardés enfermées loin des gens, prétextant qu'elle avait une santé fragile, mais dès qu'elle fut en âge de comprendre, ils lui expliquèrent qu'elle ne devait jamais montrer ses pouvoirs de glace. Les gens auraient peur d'elle et la prendraient pour la Reine au Cœur de Glace de la malédiction. Une malédiction qui dit qu'une souveraine au cœur de glace viendrait au monde et plongerait le monde dans un Hiver éternel ! La petite fille qu'elle était l'avait compris et elle se promit de ne jamais montrer ses pouvoirs. C'était une des rares choses dont sa mémoire se souvenait. Le reste était trouble. Elle ne pouvait pas se rappeler comment elle était arrivée là. Et surtout, elle ne savait pas bien où elle était. Elle entendait les gens parler anglais et non norvégien. Elle devait donc être en Angleterre. Mais comment était-elle arrivée ici et pourquoi ? Surtout qu'elle pouvait voir que tout le monde portait des vêtements différents des siens. Pourquoi tout était si différent ? Cela lui faisait peur... mais plus elle avait peur, plus ses pouvoirs devenaient incontrôlables. Elle le savait. Elle l'avait vu plein de fois. Lorsqu'elle avait peur, elle gelait tout autour d'elle et il était difficile de tout ramener à la normale. Serrant nerveusement ses mains, elle se met à marmonner les recommandations de ses parents. Des recommandations qui tournaient en boucle dans sa tête.

« Cache tes pouvoirs ! N'en parle pas ! Fait attention ! Le secret survivra ! Reste sereine ! Contrôle-toi ! Étouffe tes émotions ! Maîtrise tes sentiments ! »


Olivia est assise dans la rue et joue avec sa poupée-ballerine. La première aillant été détruite par Ratigan, son père lui en avait fait une nouvelle mais, même si le mécanisme était le même, la poupée ne ressemblait pas à l'ancienne. Elle avait une belle robe bleue ciel, une petite couronne avec des fausses pierres précieuses et sa fourrure était brune. Son père n'avait pas voulu faire exactement la même car celle-ci aurait rappelé de mauvais souvenirs à la petite souris. Mais Olivia aimait beaucoup sa nouvelle poupée. Elle s'amusait à imiter la poupée et à danser avec elle sur le rythme de la petite musique qui guidait la ballerine. La jeune femme aux pouvoirs d'hiver s'arrêta lorsqu'elle vit la petite fille danser avec sa poupée. Ça la fit sourire puis, plus elle la regarda, plus elle trouva cette petite fille familière. Oui, cette petite fille faisait parti de sa vie. Oui, elle était de la même famille. Mais bien sûr ! C'était sa sœur ! Elle se rappelait de sa petite sœur, joviale, courageuse et innocente, qui ne se doutait même pas pourquoi est-ce que sa grande sœur fut enfermée. Oui, ça y est ! Elle s'en souvient ! C'était sa sœur !

« Sølvi ! » cria-t-elle de loin, ce qui attira l'attention d'Olivia qui regarda autour d'elle.

D'où pouvait bien provenir la voix ? Jusqu'à ce qu'elle remarqua une silhouette dans l'ombre de la rue d'en face. Olivia, tout comme "le Cœur de Glace", s'approchèrent l'une de l'autre.

« Sølvi, ma chérie... c'est vraiment toi ? » demanda la jeune femme, toujours dans l'ombre.

Ce qui rendait pénible pour Olivia de distinguer qui c'était.

« Moi? questionna la fillette.

_Oui, Sølvi. Tu ne te souviens pas de moi ? Je suis ta grande sœur, Oilossë ! répondit la femme, toujours dans l'ombre.

_Non désolé. Moi, mon nom c'est Olivia et je n'ai pas de grande sœur. répondit la fillette.

_Non, ce n'est pas possible... et quel âge as-tu ? demanda la silhouette qui enfin sortit de l'ombre et qui se révéla aux yeux d'Olivia qui la reconnu tout de suite.

_J'...j'ai...j'ai 8 ans. balbutia Olivia, quand d'un seul coup, son sourire grandit. Vous êtes " le Cœur de Glace" ! Vous êtes la dame que j'ai vu au musée! » affirma Olivia, heureuse de voir cette Reine des Neiges devant elle.

La fillette le savait ! Cette femme et elle étaient bien connectées ! Sinon, cette femme ne serrait pas devant chez elle en train de lui parler. La jeune femme lança un petit rire.

« Non, ma chérie... » répondit-elle en s'agenouillant à la hauteur d'Olivia et en lui caressant la joue.

C'est incroyable que cette petite fille pouvait tant lui faire repenser à sa sœur. Elle lui sourit d'avantage.

« Seules les personnes méchantes ont des cœur de glace. Mais moi, c'est Oilossë, et saches que je ne te ferrai aucun mal. continua-t-elle.

_Je sais ! » répondit Olivia en souriant toujours.

Puis elle câlina la Reine des Neiges. Celle-ci se sentit émue et rempli d'une chaleur esquisse lorsqu'elle serra l'enfant dans ses bras. Olivia admira la trace de glace qui suivait la jeune femme.

« C'est vous qui faites cette glace ? questionna la fillette.

_Heuh... oui... fit Oilossë en relâchant la petite. J'ai des pouvoirs magique qui font apparaître la neige et le froid. » confia-t-elle à l'enfant.

Mais qu'est-ce qu'y lui avait pris ? Elle ne devrait pas ! Cette enfant, elle la connaissait à peine... et pourtant, elle avait confiance en elle, alors qu'elle venait de savoir que ce n'était pas sa sœur.

« Un tour de magie, s'il vous plaît ! Un tour de magie ! » supplia Olivia, ce qui surprit la jeune femme aux pouvoirs d'hiver.

Cette enfant n'avait donc pas peur d'elle ? Elle lui sourit mais, malgré la confiance qu'Olivia avait en elle, elle ne pouvait pas révéler son secret à tous.

« Pas ici. Il faudrait un endroit plus discret. Ce sera notre secret ! » chuchota Oilossë.

D'abord surprise, Olivia sourit de plus belle.

« Je sais où aller ! Venez ! Venez ! »

La fillette attrape la main de la jeune femme et l'entraîne à sa suite dans les rues. Oilossë la suit mais, pour une fois, la glace ne la suit pas. Elle n'avait plus peur. Elle pouvait contrôler son pouvoir. Les rares passants qu'ils croisèrent les regardèrent bizarrement... mais c'est uniquement à cause des vêtements et de la fourrure bleue très claire (bleue glace) de la jeune femme. Car, maintenant qu'elle est calme, rien ne montre qu'elle possède des pouvoirs magiques. Olivia la conduit au parc, dans un petit coin secret entouré de buissons qu'elle avait trouvée un jour en cherchant un ballon. Personne ne venait là. Elles seraient tranquille.

« Personne ne nous trouvera ici ! S'il vous plaît, Oilossë ! Un tour de magie ! » redemanda Olivia.

La jeune femme sourit. Elle frotta légèrement ses doigts pour réveiller ses pouvoirs puis, doucement, elle fit apparaître des flocons entre ses doigts. Olivia observa cela avec les yeux pétillants et un grand sourire sur son visage.

« Wow... s'exclama-t-elle en voyant les flocons tournés pour former une petite boule de neige.

_Prête ? demanda Oilossë en tenant la boule de neige comme s'il s'agissait de verre.

_Oui ! Allez-y ! » sautilla la fillette.

Sa nouvelle amie lui sourit puis baisse les yeux vers sa boule de neige. Elle lève soudain les bras vers le ciel, lançant la boule de neige tel un feu d'artifice. Celle-ci explosa en une multitude de petits flocons de neige qui retombèrent comme des plumes. Olivia est médusée ! Elle se met à sauter de joie et à essayer d'attraper les flocons en riant.

« C'est incroyable ! C'est trop beau ! »

Oilossë sourit au bonheur de la fillette. Même si elle n'était Sølvi, elle lui ressemblait comme deux gouttes d'eau. Même caractère, même rire, même voix... la jeune femme profita de cet instant de bonheur qu'elle aurait tellement voulu pouvoir partager avec sa jeune sœur mais qui lui a été refusé. Elle arrête soudain Olivia et lui dit :

« Regarde ça ! »

Sur ce, elle frappe le sol avec son pied et une flaque de glace se forma sous l'impact. La plaque grandit jusqu'à recouvrir toute l'herbe jusqu'aux buissons qui entouraient leur cachette. Olivia manqua perdre l'équilibre mais continua de rire. C'était tellement magique, tellement incroyable ! Elle se sentait tellement bien avec cette Reine des Neiges. Oilossë, elle, se sentit revivre. La peur s'était éloignée et laissait place à la joie. Elle observa ce qu'elle venait de faire. La neige tombait jusqu'à ce qu'une fine couche recouvre la glace qu'elle venait de faire. Sur ce, elle eut une idée ! Quelque chose qu'elle avait toujours voulu faire avec sa sœur mais que ses parents lui ont interdit, soit disant parce qu'elle était trop âgée pour ces enfantillages. Les douze ans qu'elle avait d'écart avec sa sœur ne lui permettait que rarement d'être avec elle avec l'accord de ses parents. Alors, maintenant qu'elle a une deuxième chance et que ses parents ne sont pas là pour l'arrêter, elle compte bien le faire !

« Olivia ? demanda-t-elle, stoppant le jeu de la fillette. Tu veux faire un bonhomme de neige ? »


Perché sur la piste de glace, sa loupe grossissant les flocons gelés, Basil n'observe pas ce qu'il se passe autour de lui et Dawson est surprit qu'il ne lui soit pas encore arrivé malheur... mais Basil est comme ça. Une fois dans une enquête, rien ne l'arrête et rien ne le perturbe lorsqu'il examine quelque chose.

« Fascinant et en même temps tellement étrange... murmura soudain Basil, surprenant légèrement Dawson.

_Quoi donc ?

_Le fait que cette glace soit aussi résistante...

_L'azote liquide doit en être le responsable.

_J'y ai pensé, Dawson... mais je n'ai jamais vu ou lu quoi que ce soit sur l'extrême résistance à la chaleur qu'avait l'azote liquide... bien sûr, il gèle tout mais jamais aussi fort que ça. On dirait presque que cette glace ne fondra jamais. »

Cette déclaration rappela à Dawson les dires d'Alberick Pedersen : « la Reine des Neiges s'est réveillée ! Et elle plongera Londres et ses alentours dans un hiver éternel si vous et Basil ne l'arrêtez pas à temps ! » Était-il seulement possible qu'une momie de plus d'un siècle puisse se réveiller et se balader dans Londres sans soucis, gelant tout autour d'elle ? Le vieux chirurgien qu'il est a du mal à y croire... mais une petite voix lui disait que cette enquête n'était pas normale et qu'il ne devait donc pas réfléchir normalement.

« Ciel ! Quel micmac ! » marmonna-t-il en tentant de se remettre les idées au clair.

Basil observa de plus en plus les flocons formant la piste. Les flocons étaient parfaitement bien dessinés et proportionnés comme si un artiste les avait sculpté et posé au sol. C'étaient de parfaits mandalas hivernaux... mais quelque chose l'attira plus. C'était au centre du flocon. Le dessin ressemblait étrangement à une emprunte de patte de souris, comme si le forban marchait pieds nus tout en créant la glace. Cela fit tilt dans son esprit. Quelque chose n'allait pas rond dans cette enquête. Alors, pour imaginer la scène, il marcha sur la piste de glace et mit le pied sur le centre du flocon, bien que l'empreinte qui s'y trouve soit légèrement plus petite, et marcha ainsi le long de la piste. Dawson se demanda pourquoi le détective réagissait ainsi et le suivit jusqu'à ce que Basil glissa sur le côté mais se rattrapa de justesse avant de tomber.

« Dawson ... je crains que ça ne soit pas de l'azote liquide qui a fait ça ! affirma Basil, un peu déboussolé.

_Alors qu'est ce donc? » demanda Dawson.

Cette fois-ci, ce que Basil lui affirma maintenant se mélangea avec les dires de Pedersen dans sa tête.

« Je n'en sais rien ! Aucun produit chimique que je connaisse ne peut faire cela. J'ai observé plus attentivement ces flocons et, à leur centre, il y a une emprunte c'est comme si... expliqua Basil, mais il eut honte de finir sa phrase.

_Comme si quoi, Basil? questionna Dawson.

_Non ! C'est trop absurde de penser cela ! répondit Basil qui était récalcitrant sur une possibilité.

_Mais quoi donc? » demanda le chirurgien.

Basil soupira.

« Comme si notre individu est né en pouvant faire jaillir de la glace ! » poursuivit le détective.

Dawson se figea à cette déclaration. Le détective se massa les tempes en marmonnant.

« C'est impossible et je le sais ! Comment est-ce que j'ai pu une seule seconde avoir cette idée ? grommela-t-il.

_Peut-être parce que... c'est l'unique réponse logique. » tenta le chirurgien en repensant à Pedersen.

Basil lève les yeux vers son associer. Il fronça les sourcils en voyant que le médecin était sérieux.

« Voyons, Dawson ! Personne ne naît en créant de la glace ! Personne ne peut créer de glace comme ça ! La glace n'est que l'état solide de l'eau ! Des molécules de H2O collées entre elles par le froid ! Un corps n'est pas capable physiquement de créer de la glace ! Si on trouve de la glace dans un corps, c'est que le pauvre bougre a gelé ! s'énerva Basil tout en cherchant toujours une explication rationnelle à ce qu'il se passe.

_Et si c'était déjà le cas mais... qu'il ne l'est plus maintenant ? »

Dawson regretta immédiatement sa phrase lorsque Basil le fusilla du regard.

« Pedersen vous a bourré le crâne ou quoi ? Les légendes sont des légendes ! Des histoires parfois inspirées de faits réels ! Mais les faits sont des faits !

_Mais les faits dans cette enquête pointent vers la légende !

_Cessez, Dawson ! Je vous en prie ! J'ai besoin de me concentrer ! »

Basil se mit à faire les cent pas en se frottant le menton. Rien de ce qu'il connaissait n'expliquait cela... à part la magie ! Mais la magie, le détective n'y croit pas !

« Seules les choses censées existent ! Seules les choses censées existent ! » marmonne-t-il.

Dawson soupira bruyamment. Il savait que Basil était têtu mais tête de mule à ce point, il ne pensait quand même pas.

« Basil ! Peut-être que Pedersen ou Marker sauront éclairer notre lanterne.

_C'est Runald qui m'a demandait de l'aide pour retrouver sa momie ! Et non l'inverse ! fulmina le jeune homme.

_Eh bien... peut-être peut-on essayer de trouver ailleurs...

_La seule chose à faire, c'est suivre cette piste de glace ! dit Basil en se calmant un peu. La réponse sera certainement au bout !

_Est-ce bien prudent quand on ignore qui a fait cela ? s'inquiéta Dawson.

_Vous craignez quoi ? Qu'on trouve la Reine des Neiges et qu'elle nous gèle le cœur ? ricane Basil en se penchant sur les empreintes pour continuer à suivre la piste.

_C'est ce que je crains, en effet... » marmonna Dawson, heureusement pas assez fort pour que son jeune ami l'entende.

Il suit donc le détective qui se remet à suivre la piste... mais soudain, elle s'arrête nette ! D'un coup, sans raison, la piste disparaît au milieu du trottoir.

« Quoi ?... mais comment...? » fit Basil, surprit.

Après tout une piste ne se volatilisait pas comme ça... ou peut être que le repaire du brigand n'était plus très loin. Le détective regarda autour de lui et vit une poupée de souris bleu laissée à l'abandon. Il la ramassa.

« Basil ! Regardez où nous sommes ! » fit Dawson en pointant du doigt le magasin de jouets de Flaversham.

Basil se retourna pour voir la direction pointée.

« M. Basil ? Dr Dawson ? Eh bien, ça alors ! Je suis surpris de vous voir ici ! » répondit Hiram, le père d'Olivia à Basil.

Il avait observé les deux hommes depuis sa fenêtre.

« Ah ! M. Flaversham ! Comment allez-vous, mon brave ? demanda le détective.

_Bien et vous ? fit le fabriquant de jouet.

_Eh bien, nous somme sur une nouvelle affaire. répondit Basil.

_Ah ? Oh et merci d'avoir récupéré le jouet d'Olivia. fit Hiram en récupérant la poupée de sa fille.

_Tiens, à ce propos, où est la petite Olivia ? demanda Dawson.

_Eh bien, elle est avec une femme, qu'elle doit connaître je pense. répondit Hiram.

_Une femme ? questionna Basil.

_Oui. Au début, je la trouvais très étrange. Mais dès qu'Olivia s'est approchée d'elle, je me suis dit qu'elles se connaissaient. répondit le fabriquant de jouet.

_Oh ! Et de quoi avait-elle l'air? demanda le médecin.

_Oh, elle avait une chevelure rousse avec des flocons dans les cheveux, un teint bleu ciel très pâle. Elle portait une robe de princesse de renaissance ou je ne sais pas trop quoi et une cape en dentelle bordée au niveau des épaules d'une fouine et, sur les deux vêtements, il y avait des motifs de flocons brodés. » décrivit Hiram.

Dawson paniqua ! Il connaissait qu'une seule personne correspondant à la description.

« Basil ! C'est elle ! C'est "le Cœur de Glace" ! » fit Dawson.

Les deux hommes se tournèrent vers lui, intrigués.

« Pardon ? s'étonna Basil.

_Le Cœur de Glace ? Ce n'est pas le nom de la momie qui est au musée, enfermée dans un bloc de glace ? Olivia n'a pas arrêtée de me parler d'elle ! Elle doit être vraiment très belle !

_Une momie ? Belle ? Je ne pense pas que cela existe, Mr Flaversham ! rit Basil.

_Basil ! Je peux vous garantir que cette momie est d'une beauté incomparable !... mais je crains également que les dires de Pedersen à son sujet soient vrai ! Elle n'a pas disparue, ni été volée ! Elle s'est réveillée ! »

Le médecin est tellement persuadé de ces paroles que Basil ne sait plus quoi penser. Et voir le docteur Dawson paniqué ainsi inquiéta Hiram. Il devient soudain atrocement pâle.

« Vous voulez dire que ma petite Olivia est avec cette chose qui s'est échappée d'un bloc de glace ? s'affola le père de famille.

_Je le crains... soupire Dawson.

_Allons allons ! Ne sautons pas sur les conclusions simples mais ridicules ! s'exclame Basil pour calmer les deux hommes. Cette femme ressemble à la momie de Runald, certes ! Mais cela fait un siècle qu'elle est enfermée dans ce bloc de glace ! Même si on la sortait de la glace, elle ne pourrait jamais revivre !

_Basil, vous l'avez dit vous-même... soupire Dawson. Cette affaire n'est pas ordinaire !

_Mais de là à dire qu'une momie se réveille et se balade dans Londres pour jouer avec des enfants ! Et quoi après ? Comme elle est sortie de la Glace, elle va geler Londres en plein été ? »

Basil est vraiment incorrigible ! Même si rien ne le guide vers quelque chose de sensés ou élémentaire, il se refuse à croire en la magie et aux esprits. Dawson soupire puis se tourne vers Hiram.

« Je crois que nous ferions mieux de retrouver Olivia. soupire le médecin.

_Très bien ! abandonne Basil. Si ça peut vous calmer ! Savez-vous où elle aurait pu allée ?

_Elles se sont dirigées vers le parc. déclara Hiram. Je sais qu'Olivia a un coin secret où elle va jouée quand elle ne veut pas être embêtée.

_Elles ont dû aller là. Savez-vous où il est, ce coin secret ?

_Plus ou moins... je pense pouvoir le trouver.

_Dans ce cas, ne perdons pas de temps ! » s'exclame Dawson.

Les trois hommes se dirigèrent donc vers le parc. Parmi eux, seul Basil ne semble pas s'inquiéter. Flaversham connaît sa fille, elle n'irait pas avec des inconnus. Alors pourquoi aurait-elle suivit une femme qu'elle ne connaissait pas ? Elle devait la connaître. Basil ne pouvait croire que cette femme qu'Olivia a suivit puisse être la momie qu'il cherche.


Pendant que son père s'inquiète pour elle, Olivia s'amuse comme une petite folle avec sa nouvelle amie. Oilossë et elle ont d'abord construit un petit bonhomme de neige puis elles avaient fait du patin à glace (Oilossë avait été étonnée qu'Olivia saches si bien patiner) et plusieurs autres jeux que la jeune femme aurait aimé faire avec sa sœur. Elle avait même crée des monticules de neiges sur lesquels les deux amies montaient et se laissaient glisser le long de ces pentes jusqu'au sol comme un toboggan.

« J'adore ce toboggan ! » s'exclame Olivia en se laissant glisser une nouvelle fois avec Oilossë.

Une fois au sol, elle se met à sauter dans un tas de neige et fait voler les flocons blancs avant de faire un ange dans la neige.

« J'adore tes pouvoirs, Oilossë ! » sourit-elle.

La jeune femme ne put que sourire. Soudain, Olivia escalada un monticule de neige et se tourna vers son amie :

« Attrape-moi si tu peux ! »

Sur ce, elle saute dans le vide mais Oilossë tend les mains et un monticule de neige légèrement plus haut se forme.

« Je t'ai eue ! » sourit-elle.

Olivia éclata de rire et les deux amies continuèrent leur jeu, sans savoir qu'elles sont observées.

En effet, après le départ de Basil, Alberick n'avait pas pu rester les bras croisés au musée et était partit à la recherche de la Reine des Neiges. Il connaissait sa légende et ne voulait pas que la prophétie se réalise. C'est en passant près du parc qu'il avait entendu les rires d'une petite fille et, intrigué, il s'était approché pour voir avec horreur la Reine des Neiges avec cette fillette. Il avait voulu intervenir... mais elles jouaient simplement et sans risque. Peut-être que la prophétie était trop ancienne ? Il resta donc là à les observer... jusqu'à ce qu'Olivia glisse et bascule pour tomber d'un monticule élevé. La peur s'empare de Oilossë mais, heureusement, elle a le réflexe de créer une cuvette de neige pour récupérer la petite fille. Criant par peur de se faire mal, Olivia atterrit malgré tout saine et sauve sur le sol. Oilossë se calma lorsqu'elle vit que la fillette n'avait rien et courut la serrer dans ses bras.

« Tu vas bien ? s'inquiéta-t-elle.

_J'ai juste eu une grosse frayeur. la rassure Olivia.

_Oh, dieu soit loué... ne me fais plus jamais de peur comme ça ! »

Une fois la peur passée, Alberick décide qu'il en a assez vu. Même si elle ne faisait que jouer, la Reine des Neiges était un danger ! Il devait l'arrêter avant que la prophétie se réalise. Furieux, il sort des buissons et se dirige vers elles.

« ARRÊTEZ TOUT DE SUITE ! » cria Alberick, ce qui surprit les deux amies.

Olivia le reconnaissait. C'était l'associer de Marker. Pedersen courut et se planta entre les deux filles, devant Olivia pour la protéger de la Reine des Neiges. Cette dernière commença à s'inquiéter.

« Mais qui êtes vous? » demanda Oilossë à l'historien planté devant elle.

Olivia se demanda ce qu'il se passe.

« Je vous empêche de faire plus de mal autour de vous dans un pays qui n'est pas le votre ! expliqua Pedersen.

_Mais je n'ai rien fait de mal ! s'énerve Oilossë.

_On ne faisait que jouer, Monsieur Pedersen. » expliqua Olivia.

Celui-ci se retourna pour regarder la petite fille.

« Jouer avec la magie, c'est dangereux ma petite demoiselle ! » lui répondit Alberick.

Puis il regarda à nouveau "le Cœur de Glace".

« Je ne vous laisserai pas accomplir la prophétie ! » fit Alberick.

Cela énerva vraiment Oilossë .

« Je ne suis pas la PROPHETIE ! » hurla-t-elle, furieuse.

Et elle perdit le contrôle de ses pouvoirs. Des projectiles de glaces tranchants échappèrent de ses mains, gelant et coupant ce qui se trouvaient sur leur passage. Et un coupa dans l'épaule de l'historien qui s'écroula par terre à cause de la douleur. Olivia commença à paniquer mais s'agenouilla près de Pedersen et sortit un mouchoir en tissu propre puis l'appuya contre la blessure. Il saignait abondamment.

« Argh ! Gnh... sorcière ! » fit-il.

Ces mots eurent l'effet d'une bombe dans la mémoire de Oilossë. La colère qu'elle ressentit s'évapora pour laisser place à la peur. Elle se souvenait de ce qu'y lui était arrivé !


Elle avait eu le malheur de perdre le contrôle de son pouvoir après avoir accidentellement blessé sa petite sœur. La situation qui avait entraînée cet accident n'était pas très claire dans sa mémoire mais elle se voit rentrer chez elle, sa sœur dans ses bras, gelant le sol sous chaque pas. Le Fjord s'était alors retrouvé sous un hiver glacial que les historiens étrangers avaient nommés le Grand Hiver ! Elle l'avait déclenché et tout le Fjord le savait ! Aussi, elle les revoit se presser à la porte de la demeure de ses parents, ducs et seigneurs du Fjord, et entrer de force en hurlant qu'il fallait tuer la sorcière ! Ils l'avaient trouvés, attachés puis la jetèrent dans un cachot. Certains qui ne voulaient pas tuer la fille du seigneur du Fjord avaient tentés de la convaincre de ramener le temps à son état normal, chose qu'elle aurait fait si elle l'avait pu... mais elle avait toujours ignorée comment arrêter ses pouvoirs. Lorsqu'elle était calme, elle les contrôlait un minimum... mais là, elle avait peur et gelait tous ce qu'elle touchait. Finalement, agacés d'attendre et persuadés qu'elle était la prophétie, les villageois l'avaient arrachés au cachot et la traînèrent de force à travers la ville en hurlant « à mort la sorcière ! » « tuez la ! » « à mort ! » « Tuons la Reine des Neiges ! » « Stoppons la prophétie ! ». Sous toutes ses insultes, elle avait été conduite jusqu'à la rivière qui bordait le Fjord puis elle fut lourdement lestée avant d'être jetée dans l'eau. Elle se rappelle avoir coulée quelques mètres en tentant de défaire la corde qui lui serrait le cou. Elle avait réussit mais, pensant à sa sœur qu'elle avait faillit tuer, elle avait fermée les yeux et avait laissé le froid l'envelopper... gelant par la même occasion la rivière et le Fjord sous des neiges et des glaces éternelles.


Ses souvenirs envahirent son cerveau et la peur envahit son esprit. Elle avait déjà été exécutée, sacrifiée à cause de ses pouvoirs et de cette prophétie. Elle ne voulait pas que cela recommence. Elle commence à reculer, effrayée.

« Oilossë ? s'inquiéta Olivia en voyant le regard affolé de la jeune femme.

_Ne lui parle pas, petite ! grogne Alberick. Cette femme est dangereuse !

_Assez... murmura Oilossë en continuant de reculer, se tenant la tête en tentant de chasser les voix qui lui hurlaient des injures dans sa tête.

_Non ! hurla Alberick en se redressant du mieux qu'il put. Vous êtes la prophétie ! Vous avez jadis gelé et rayé un Fjord de la carte ! Je ne vous laisserai pas faire la même chose à Londres !

_J'ai dit ASSEZ ! » hurla la jeune femme.

Des rayons de glace s'échappèrent de son corps et tranchèrent et gelaient tous ce qu'ils rencontraient. Heureusement, Alberick eut le réflexe de se jeter à terre et Olivia était trop petite pour craindre d'être touché mais elle tomba à la renverse sous la peur. Les rayons traversèrent les buissons et surprirent plusieurs passants, dont Basil, Dawson et Mr Flaversham. Un des rayons passa à quelques millimètres du nez du détective et alla frapper l'arbre juste derrière lui. Ce à quoi le détective sursauta, bousculant Dawson par la même occasion.

« Seigneur ! Qu'était-ce donc ? s'affola Hiram en voyant la glace recouvrir lentement l'arbre qu'elle a touchée.

_Impossible... marmonna Basil, incapable de croire ce qu'il voit.

_Cela venait de par là ! » dit Dawson en pointant les buissons un peu plus loin.

Flaversham et lui se mirent à courir dans cette direction. Basil resta un peu en arrière, observant l'arbre, médusé. Puis, secouant la tête pour reprendre ses esprits, il suivit Dawson et Flaversham.


Oilossë se figea en voyant ce qu'elle venait de faire et surtout en voyant le regard affolé d'Olivia. Non ! Elle ne voulait pas que cela recommence ! Elle ne voulait pas être traitée de sorcière une nouvelle fois ! Affolée, elle tourna les talons et s'enfuit, serrant ses mains contre sa poitrine. Olivia la regarde fuir, incapable de bouger. Qu'est-ce qu'y lui avait pris ? Elles avaient jouées ensemble sans problème jusqu'à l'arrivée de Pedersen. Maintenant, son amie semblait plus effrayée.

« Olivia ! » cria une voix.

La fillette eut juste le temps de se retourner pour voir son père courir vers elle pour la serrer dans ses bras. Il était accompagné de Dawson et Basil. Ceux-ci se dirigèrent vers l'historien au sol.

« Pedersen ! Vous allez bien ? s'inquiète Dawson en voyant le mouchoir rouge sang sur la plaie ouverte.

_La Reine des Neiges ! s'affole-t-il. Elle s'est enfuie ! Il faut l'arrêter ! Elle va geler Londres comme elle a gelé son Fjord lors du Grand Hiver ! »

Basil lève la tête et a juste le temps d'apercevoir la silhouette vêtue de bleue aux longs cheveux roux disparaître dans une ruelle.

« Là, Dawson ! Rattrapons la ! » s'exclame le détective en se lançant à la poursuite de la jeune fille.

Son associer hésita un peu puis suivit son jeune ami. Olivia les regarda s'éloigner, le regard triste.

« Tout va bien, ma chérie ? s'inquièta son père.

_Physiquement oui... mais sinon, non... Oilossë semblait effrayée...

_Oilossë ?

_Oui... ma nouvelle amie... »

Croyant qu'elle est sous le choc, Hiram berça tendrement sa fille dans ses bras puis il se tourna vers Alberick.

« Venez chez nous ! Je vais désinfecter votre plaie ! Le docteur Dawson verra ce qu'il peut faire quand il reviendra.

_Volontiers. » répondit Pedersen qui suivit la famille Flaversham.

Olivia resta quelque temps à l'arrière pour regarder la ruelle où s'était lancer la poursuite. Elle se demandait pourquoi est-ce que Oilossë s'est enfuie comme ça et qu'est-ce qui lui fit si peur.

« Olivia ! » appela son père.

La petite fille marcha vers les deux hommes sans quitter la ruelle des yeux.


Oilossë courut aussi vite qu'elle pu pour échapper à ses poursuivants en gelant les rues sur son passage. Les passants souris la virent et prirent peur et les passants humains, voyant une faible couche de froid s'agrandir, se demandèrent comment diable de la neige peut apparaître en plein été. Basil courut pour rattraper la Reine de Neiges en cavale mais, bien qu'il fut plus jeune que Dawson, il fut vite essoufflé et s'arrêta au milieu du chemin pour reprendre sa respiration. Dawson arriva quelques secondes après, plus essoufflé que le détective, et il fut heureux qu'ils s'arrêtèrent car poursuivre cette créature n'était pas si facile à faire.

« Ouf ! Les poursuites de criminels ...en cavale ...ah ...ce n'est plus de mon âge ! fit Dawson entre 2 respirations.

_Non ...il nous est ...impossible ...de la suivre ! » répondit Basil, essoufflé.

Puis il regarda autour de lui. La glace sur les pavés prenait plus d'ampleur, elle envahissait les trottoirs et grandit sur les murs des magasins et recouvrait les fenêtres de givres. Tout le monde humains et souris se demandèrent ce qu'il se passait et la température commençait à se rafraîchir. Le détective fut abasourdie et réalisa l'ampleur que cette affaire prenait. Puis il regarda Dawson et le chirurgien lisait dans ce regard : « je vous crois maintenant ! ». Oui ! Maintenant, ils allaient affronter des forces surhumaines pour ramener Londres à la normale. Bien que Basil constata que la magie existe, il n'en perdit pas moins sa tête. Aussitôt il se remit en marche vers la maison des Flaversham.

« Il faut retourner voir Pedersen. Il nous aidera avec de plus amples renseignements. » fit Basil.

Dawson acquiesça et rejoignit le détective


Hiram commença à désinfecter la plaie quand il vit du givre apparaître sur ses fenêtres.

« Bon sang ! Mais qu'arrive t-il donc? » fit-il surprit.

Olivia qui regarda par la fenêtre répondit : « Toute notre rue est en train de geler ! »

D'un seul coup, le détective ouvrit la porte. Cela surprit les trois personnes à l'intérieur de la maison, puis il rentra avec Dawson à l'intérieur.

« Alors, où est-elle ? questionna Hiram.

_Elle nous a échappée mais ça ne serra pas pour longtemps ! répondit le détective tandis que Dawson s'approcha de Pedersen et de sa blessure pour l'observer.

_Hhmm... la plaie n'est pas si profonde. Un bandage et un tissu suffiraient à faire arrêter le saignement. fit le médecin.

_Je vais vous chercher ça ! » fit Hiram en quittant la pièce.

Basil s'approcha à son tour de Pedersen.

« M. Pedersen. Je vous en prie, dites-moi ce que savez vous à propos de cette Reine des Neiges? questionna Basil.

_Oillossë ! corrigea Olivia.

_Hein ? Comment? fit Basil, qui fut interrompu par la fillette.

_Son nom c'est Oilossé. C'est elle qui me l'a dit. répondit Olivia.

_Oui, peu importe ! fit le détective. Enfin, quelle est cette légende à propos d'elle? »

L'historien soupira profondément.

« C'est une légende que nous, souris et humains Norvégiens, avons en commun. C'est une prophétie qui dure depuis des générations. Elle commence avec une histoire : il y a longtemps, un sorcier humain pour les hommes, mais pour nous ce sorcier était un rat, créa un cristal lui permettant enfin de conquérir le royaume de la Norvège. Le cristal avait le pouvoir de contrôler l'hiver, la neige, et la glace. Mais un jours le Cristal se brisa en millier de morceaux qui s'éparpillèrent dans les tempêtes de neiges, tuant ainsi tout ceux qui reçurent un morceau dans le cœur. Tous périrent sauf un ! Une fille naquit avec les pouvoirs du cristal et la prophétie fut une malédiction qui dit qu'une souveraine au cœur de glace viendrait au monde et plongerait celui-ci dans un Hiver éternel ! Et, bien sûr, en 1709, arriva ce jour du Grand Hiver. Mais il cessa, et quelques années plus tard, cette légende inspira M. Hans Christian Andersen à écrire "la Reine des Neiges" et, au fur et à mesure, cette légende est transmise de génération en génération jusqu'à aujourd'hui. » répondit Pedersen.

Basil se frotta le menton, enregistrant toutes les informations que venaient de lui donner l'historien. Il n'accordait normalement aucun crédit aux légendes mais là, la magie s'était dévoilée devant ses yeux. Alors ne pouvait le nier : cette légende devait avoir du vrai. Il ne lui restait plus qu'à essayer de trier tout cela dans sa cervelle.

« Vous connaissez donc cette légende depuis toujours ? marmonna Basil, approuvé d'un hochement de tête d'Alberick. Mais depuis quand savez-vous que cette momie... ou femme était la Reine des Neiges de la Prophétie ?

_Depuis qu'on l'a découverte sur le site de fouilles. répondit Alberick, grimaçant légèrement lorsque Dawson serra le bandage autour de son épaule meurtrie.

_Comment ? Et vous avez laissez Runald la ramener à Londres ?

_J'ai essayé d'expliquer cela ! Même les autochtones ont essayés de le convaincre de la laisser là-bas ! Mais essayez donc d'expliquer ça à un homme qui, comme vous, ne croit que ce qu'il voit ? »

Le détective alla répondre lorsqu'il se rendit compte que Pedersen disait vrai. S'il n'avait pas vu la jeune femme gelée tout ce qu'elle touchait, il n'aurait jamais crut cela. Furieux, il enleva brutalement sa casquette et passa sa main dans ses cheveux pour se calmer en faisant les cent pas. Terminant de soigner l'historien, Dawson observe le manège de son jeune associer. Basil se frotte les tempes et marmonnant, voir même fredonnant, un air qu'il a dû créer dans sa tête. Le vieux médecin avait souvent observé cela. Lorsque le détective réfléchissait, soit il se frottait simplement le menton, soit il allumait sa pipe et fumait, soit il se mettait à fredonner des airs totalement inventés. Ce dernier ne se faisait que rarement car Basil trouvait généralement une explication très rapidement. Mais là, la magie le dépassait complètement !

« Il y a-t-il un moment de l'arrêter ? demanda-t-il enfin.

_Pas à ma connaissance... soupire Alberick. Mais les anciens nous disaient souvent que seul un acte d'amour sincère pouvait dégeler un cœur de glace.

_Un acte d'amour sincère ? s'étonne Olivia.

_Nous voilà bien avancé ! » s'énerve le détective.

Il se remet à faire les cent pas, frottant son menton mais également en fredonnant un nouvel air. Soudain, comme si son cerveau venait de trouver une idée, il remet sa casquette sur sa tête puis s'élance hors de la maison.

« Basil ! s'inquiéta Dawson en le suivant. Mais où allez vous ?

_Arrêter le Coeur de Glace avant qu'elle ne gèle Londres ! » lui répond Basil en s'éloignant dans les rues.

Dawson se tourne vers Alberick et Hiram. Les deux hommes sont surpris par la réaction du détective mais Olivia se lance soudain à la poursuite de Basil.

« Olivia ! Reviens ici ! » s'affole son père.

Malgré le froid soudain qu'elle rencontre dehors, la fillette suit le détective qui disparaît au détour d'une rue. Dawson ne peut donc faire autre chose que de les suivre, observant malgré tout, inquiet, le ciel qui se couvre de nuages.

« Tout cela ne me dit rien qui vaille... » soupira-t-il en courant à la recherche de son ami, suivit par Flaversham.


Pendant ce temps, Oilossë atterrit quelque part où elle n'aurait pas dû se trouver. Elle se trouvait là où les égouts rejoignent La Tamise, mais elle voulait se cacher, loin des gens qui allaient bientôt la traquer comme une bête. Non ! Il fallait que personne la retrouve ! La glace la suivait toujours bien qu'elle s'efforça de se contrôler.

« Calme toi ! Ne ressens rien ! Aucun sentiments ! Étouffe-les ! Étouffe tes émotions ! » se disait-elle à elle-même.

Mais rien à faire. La peur qu'elle éprouvait, qu'on la retrouve et qu'on la tue à nouveau lui hanta l'esprit... jusqu'à ce qu'elle vit une porte devant elle. Elle vit l'écriteau au-dessus de celle-ci."la Souricière" était écrit dessus, mais il était horriblement poussiéreux et la lumière de dehors était éteinte.

« Ça doit être abandonné. » dit-elle, un peu rassurée.

Là au moins, personne ne pourra la blesser. Elle s'enfermera donc elle-même. Au moins, ils la laisseraient pour compte. Enfin, c'est ce qu'elle s'imaginait mais, quand elle ouvrit la porte, elle vit du monde à l'intérieur.


Elle fut plus angoissée que jamais car, en fait, c'était un bar assez mal éclairé, remplit d'hommes et très peu de femmes. Certaines dansaient sur la scène, ou d'autres jouaient avec leurs amants au poker et buvaient de la bière et une femme servit le monde qu'il y avait. D'un seul coup, tous la dévisagèrent (sauf le pianiste et les danseuses). Après tout, elle n'avait pas une teinte de peau commune et ses vêtements ne dataient pas d'aujourd'hui. Elle voulut reculer mais elle fut bousculé par un homme qui arrivait juste derrière elle et la fit entrer de force. Ça y est ! Elle était piégé dans la Souricière !

« Hé ! Reste pas planté là, petite cruche ! » fit l'homme qui l'avait poussé.

Puis, il glissa sur la glace qu'elle créa au sol.

« Ouf ! Mais bon sang de bon soir, d'où peut provenir cette patinoire? » fit-il en se relevant.

Mais la pauvre Reine des Neiges se fit plus bousculée et dévisagée que jamais, et la peur en elle grandissait de plus en plus.

« Qui sont ces gens? Avec ces couteaux et ces pistolets? Ils sont là pour moi? » pensa t-elle.

Certains la regardèrent bizarrement, se demandant d'où elle pouvait bien débarqué avec des habits comme ça, et d'autres la regardèrent avec une envie pervers dans les yeux. Après tout, elle était d'une beauté ! Elle commença à comprendre où elle avait atterrit : dans les bas fonds, où les bandits et les criminels ont asile !

« Oh mon dieu ! Tout ces gens sont des malfrats ! » pensa t-elle.

La glace qui la suivait fit glisser beaucoup de souris et augmentait au fur et à mesure qu'elle avait peur. On lui fit bousculer une femme très légèrement habillé qui fumait et jouait au poker.

« Eh bien, Belle au bois Dormant ? fit la femme en fumant sa cigarette. T'es enfin réveillé ? » ria t-elle avec ses compères qui se moquèrent d'Oillossë.

La pauvre, elle, se demandait où se trouvait la sortie mais une grosse souris avec une bière la bouscula vers le comptoir où elle atterrit sur une chauve souris avec une jambe de bois et qui avait le nom de Fidget. Ce dernier faillit s'étrangler avec son "Bonjot des Rongeurs" quand il sentit qu'on le bousculait. Il se retourna et vit la souris à la peau bleu glace et aux cheveux roux devant lui.

« Ohé ! Doucement poupée ! » dit-il mais Oilossë est terrorisée plus que jamais.

Fidget regarda par terre et vit de la glace. Peut-être avait-il trop bu ? La pauvre femme aux pouvoirs d'hiver fut mal à l'aise, étouffée, et apeurée. Elle regarda autour d'elle, après une sortie, puis elle vit la serveuse venir vers elle. Cette dernière pensa que peut-être ce fut une nouvelle danseuse.

« Est-ce que ça va mam'zelle? Vous cherchez quelqu'un? » demanda la serveuse.

Mais Oilossë recula puis fut bloqué sur son passage par une table et, quand elle la toucha, ses pouvoirs firent jaillir un énorme stalagmite qui gela toute la table et qui toucha le plafond. Tout le monde le vit (même les danseuses qui s'étaient arrêtée de danser et le pianiste de jouer) et fut abasourdi par ce qu'ils voyaient. Ils regardèrent l'énorme stalagmite avec de gros yeux surpris.

« Wow ! » lâcha Fidget.

Oilossë regarda sa main tremblotante puis regarda les malfrats autour d'elle. Ceux-là la dévisagèrent encore plus et reculèrent de peur mais certains restèrent sur place. La serveuse fit ce qu'elle put pour les faire reculer.

« Je vous en prie, n'approchez pas ! N'approchez pas ! » dit Oilossë pour ne pas les blesser.

Mais aussitôt qu'elle eut dit ça, un rayon de glace s'échappa de ses mains et traversa la salle pour s'écraser contre le mur d'en face. Les malfrats se baissèrent contre le sol pour ne pas être gelé par le rayon mais hurlèrent de peur. Alors Oilossë courut droit devant elle, vers la sortie d'où elle fut entrée, en écartant, par peur d'elle, les brigands du bar, laissant derrière elle une piste de glace qui grandissait en largeur. Le barman, sa femme et Fidget se lancèrent à la poursuite du "Cœur de Glace". Celle-ci les vit mais elle se retourna pour voir qu'elle pouvait geler l'eau devant elle. Aussi posa-t-elle un pied sur l'eau, gela un bout puis regarda devant elle et courut sur le fleuve en le gelant. Le barman, sa femme et Fidget restèrent à la regarder s'éloigner depuis la porte du bar. D'un seul coup, le barman attrapa Fidget par le gilet.

« Préviens le boss et dit lui de monter tout de suite ! » lui ordonna-t-il.

Sur ce, Fidget fila à l'intérieur pour prendre le passage secret, la serveuse secoua l'épaule de son mari pour avoir son attention, ce qu'elle obtenue, puis elle pointa vers le fleuve.

« La Tamise ! Regarde ! » fit-elle choquée.

En effet, tout le fleuve gela, emprisonna les bateaux dans sa glace et de la neige commença à apparaître.


Pendant ce temps, Fidget finissait de traverser les égouts et se dirigea, clopin clopant, vers le tonneau de Ratigan.

« Patron ! Patron ! hurla-t-il en s'approchant.

_Qu'est-ce que tu me veux ? grogna une voix à l'intérieur.

_Faut que vous montiez, patron ! Y'a un truc trop bizarre qui vient de se passer ! Une fille a gelé la Tamise ! »

Une large silhouette sortit du tonneau et se planta devant la chauve-souris.

« Tu es sûr de ne pas avoir abuser de l'alcool ?

_Non non non, patron ! Venez voir ! Tout de suite ! »

Fidget se tourna vite et sauta vers le passage, faisant des signes à celui qu'il appelle ''patron''. Le sinistre individu se mit à le suivre et passa par le passage. Dès qu'il entra dans le bar, il remarqua l'énorme stalagmite de glace sur une table et la glace sur le mur. Les malfrats se mirent à trembler en voyant la sombre silhouette. Il avança lentement et sans bruit à travers le bar, observant la piste de glace sur le sol et toute la glace sur les murs et la table. Le barman et son épouse se retournent lorsqu'il passe la porte.

« Regardez, boss ! s'exclame le barman. C'est la drôle de fille là-bas qui gèle tout ! »

La silhouette sort de l'ombre, révélant qu'il s'agit un rat élégamment habillé. Ce n'était autre que le Napoléon du Crime : Ratigan !


Basil court en suivant la glace sur le sol. Les dires de Pedersen l'avaient inquiété. S'il n'arrivait pas à calmer la Reine des Neiges et à l'arrêter, Londres serait complètement gelé et vivrait un second Grand Hiver ! D'après les livres d'histoire, beaucoup de gens étaient morts de froid et de faim pendant cette petite aire glacière. Et Basil ne voulait pas que cela se reproduise ! Il y avait assez d'orphelins ou de parents qui pleurent un enfant. Étant lui-même orphelin, il ne voulait pas que d'autres vivent son calvaire s'il pouvait l'en empêcher. Olivia court derrière lui, espérant pouvoir calmer Oilossë. C'est la peur qui lui faisait perdre le contrôle de ses pouvoirs ! La peur et la colère ! Pedersen l'avait énervé puis effrayé. Elle devait avoir vécut quelque chose de terrible... comme la fillette le jour où elle a perdue sa mère et celui où elle a faillit perdre son père à cause de Ratigan ! Le pauvre Dawson, lui, tentait tant bien que mal de les suivre. Soudain, complètement essoufflé, il s'arrêta pour reprendre son souffle puis, à sa grande stupeur, il vit quelque chose sur la Tamise.

« Basil ! Regardez ! » cria-t-il, stoppant son jeune associer.

Le détective regarda la direction pointée par Dawson et se figea. La Tamise se recouvrait de glace. Les passants qui voient cela hurlent de peur, d'autres sont littéralement figés sur place et observaient, médusés, le fleuve se recouvrir de glace. Dawson rejoignit Basil et Olivia qui fixaient la glace qui gèle la Tamise dans un bruit effrayant. Celui de la glace qui bloque tout ! Sans que personne ne puisse faire quoi que ce soit, le fleuve se trouva figé comme lors d'un hiver très froid.

« Non... » souffla Basil, incapable de croire qu'il ait échoué.

Olivia fut tellement stupéfaite qu'elle ne remarqua pas son père qui lui glissa son manteau sur les épaules pour qu'elle n'ait pas froid. L'air se mit à devenir atrocement froid, comme en hiver. Soudain, le détective sentit quelque chose de froid se poser sur son museau. Cela le ramena à la réalité. Levant les yeux au ciel, il vit une multitude de petits flocons blancs tombés comme des plumes blanches. Et il n'est pas le seul à remarquer cet événement inhabituel. Olivia est également tirée de ses pensées par un flocon de neige sur son nez.

« De la neige ? s'étonna Hiram en voyant un flocon tombé dans sa main.

_Juste ciel ! s'exclama Dawson.

_C'est trop tard... frissonna Basil. La Reine des Neiges a jetée un sort sur Londres !

_Non ! s'exclama Olivia. Elle ne l'a pas fait exprès ! J'en suis sûre ! »

Tous la regardent comme si elle était folle.

« Oilossë n'est pas un monstre ! insista Olivia.

_Enfin ! Regardez autour de vous, Mlle Flamhammer ! s'exclama Basil.

_Flaversham ! corrigea la fillette.

_Peu importe ! Vous voyez cette neige ? C'est elle qui l'a fait ! Et elle a faillit tuer Alberick Pedersen !

_C'était un accident ! Mr Pedersen lui a fait peur ! Elle a simplement eu peur ! Je suis sûre qu'elle ne voulait rien de tout cela ! »

Basil roula les yeux et se mit à marmonner en faisant les cent pas.

« Et comment avez-vous pu jouer avec cette femme ? s'énerva-t-il, soudain. Vous ne la connaissiez pas ! C'était dangereux !

_Oilossë n'est pas dangereuse... » assura Olivia en serrant le manteau autour de ses épaules.

Dawson commença également à frisonner. La neige se mit à tomber de plus en plus fort. Une fine pellicule commença à recouvrir le sol, telle la première neige de l'hiver. Les gens dans les rues (humains ou souris) continuaient à regarder le ciel, incapable de croire qu'il pouvait neiger en plein été. Finalement, Basil s'énerva et, attrapant un caillou, il le jeta furieusement contre la glace qui couvrait la Tamise.

« Tout ceci est la faute de Runald ! pesta-t-il. S'il n'avait pas été aussi ambitieux, s'il n'avait pas voulu tant de gloire et s'il avait écouté Pedersen, on n'en serait pas là !

_Personne ne pensait que cela pouvait arriver, Basil ! dit Dawson pour essayer de calmer son jeune associer.

_Et, avec des si, on pourrait refaire le monde, Mr Basil ! déclara Hiram en arrangeant le manteau sur les épaules de sa fille.

_Peut-être... mais Runald va devoir s'expliquer maintenant que sa momie a gelé Londres ! »

Sur ce, Basil fait demi-tour et siffle. L'air froid transporte le son plus facilement et Toby arrive au galop, glissant un peu sur la glace qui recouvre le sol.

« Que comptez-vous faire, Basil ? s'inquiète Dawson.

_Réunion d'urgence à Baker Street ! annonce-t-il en montant sur le dos du chien. Nous partons devant, Dawson ! Flaversham ? appela-t-il, attirant l'attention du marchand de jouet. Vous nous rejoindrez avec Pedersen et Runald Marker ! Je vous enverrais Toby mais, conseil évident : habillez vous chaudement ! »

Hiram hoche la tête et prend la main d'Olivia pour qu'ils rentrent chez eux, non seulement pour se vêtir plus chaudement mais aussi pour chercher Alberick. Dawson monte sur le dos de Toby et les deux hommes retournent à Baker Street. Plus loin, dans une rue sombre, l'imposant Ratigan les observe, un mauvais sourire aux lèvres. Fidget est derrière lui.

« Patron ! La fille et le marchand de jouets ! Ils sont revenus ! s'exclama la chauve-souris.

_J'ai vu, Fidget. »

Mais, pour l'instant, Ratigan ne fait pas attention aux Flaversham. Il observe la Tamise gelée, les flocons de neige qui tombent et repense à comment Basil et Olivia ont nommés la responsable.

« La Reine des Neiges ? Oilossë ? Neige toujours blanche...

_Quoi, patron ?

_Mon cher Fidget, je pense que nous allons observer Basil pendant quelque temps.

_Pourquoi ?

_Pour voir de quoi cette Reine des Neiges est capable ! » déclara-t-il avec un mauvais sourire.


Oilossë courut sur le fleuve, craignant que remonter sur les berges la fasse tomber dans un piège. Elle courait, la tête basse, la glace se formant sous ses pieds à chaque pas. Soudain, elle sentit quelque chose de froid sur son front. Levant les yeux, elle vit qu'il se mettait à neiger. Elle soupira puis s'aperçut que la glace continuait à envahir le fleuve, le gelant complètement. Elle resta là, à observer l'étendue de son pouvoir. Elle ignore jusqu'où elle est allée mais la ville s'étendait toujours autour d'elle. Soupirant, elle continua à avancer sur la Tamise. Le cœur gros, elle se mit à chanter :

L'hiver s'installe doucement dans la nuit

La neige est reine à son tour

Un royaume de solitude

Ma place est là, pour toujours

Le vent qui hurle en moi ne pense plus à demain

Il est bien trop fort, J'ai lutté en vain

Oilossë soupira. À croire que ce monde n'était pas fait pour elle. D'abord en Norvège, maintenant à Londres... n'arriverait-elle donc jamais à trouver sa place et à être heureuse malgré ses pouvoirs ?

Cache tes pouvoirs !

N'en parle pas !

Fais attention, le secret survivra !

Pas d'états d'âme !

Pas de tourments, de sentiments !

Si ce monde ne voulait pas d'elle, peu importe ! Ses pouvoirs étaient une partie d'elle qu'elle avait reniée et cachée ! Elle en avait assez ! Personne ne lui dirait plus ce qu'elle doit faire ! Elle était libre maintenant ! Elle s'amusa à faire apparaître des gerbes de flocons dans ses mains tout en continuant sa route. Rejetant les bras comme pour écarter un rideau, elle repousse les flocons qui tombent sur le sol. La peur s'éloignait à chaque pas. Loin et seule, elle se permet de libérer ses pouvoirs.

Libérée, délivrée !

Je ne mentirai plus jamais !

Libérée, délivrée !

C'est décidé, je m'en vais !

J'ai laissé mon enfance en été !

Perdue dans l'hiver,

Le froid est pour moi le prix de la liberté !

Comme pour se débarrasser de l'enchaînement qu'était son ancienne vie, elle enleva sa cape et la laissa s'envoler dans le vent froid de l'hiver qu'elle créait. Elle continua à avancer sur la Tamise jusqu'à voir un immense pont suspendu : le Tower Brigde. Elle l'observe, un léger sourire sur les lèvres. Il était haut comme une montagne. L'endroit parfait pour vivre sans que personne ne soupçonne qu'elle vivait là-haut.

Quand on prend de la hauteur

Tout semble insignifiant

La tristesse, l'angoisse et la peur

M'ont quittée depuis longtemps !

Elle courut jusque en-dessous du pont et, tendant les bras, elle créa un début d'escalier de glace. Certes, elle possédait le pouvoir de l'hiver, mais pas celui de voler. Ses marches la guiderait qu'à son chez-elle.

Je veux voir ce que je peux faire

De cette magie pleine de mystère !

Le bien le mal

Je dis tant pis

Tant pis !

Elle posa un pied sur la structure qui resta bien stable et qui devient lisse et belle au contact de la jeune femme. Souriante, elle s'élance sur l'escalier de glace, les bras en avant pour continuer son escalier qu'elle monte et façonne, heureuse.

Libérée, délivrée !

Les étoiles me tendent les bras !

Libérée, délivrée !

Non, je ne pleure pas !

Me voilà, oui, je suis là !

Perdue dans l'hiver...

Arrivée au sommet d'une des tours du Tower Bridge, elle frappa le sol de son pied, créant une plaque de glace en forme de flocon. Elle sourit, heureuse, puis leva les bras au ciel. La plaque s'éleva lentement, soutenu par d'imposant piliers de glace. Ceux-ci se retrouvèrent relier par une épaisse paroi de glace puis d'autres piliers vinrent consolider la structure qui commença à prendre la forme d'un château. Oilossë observa, émerveillée, ce qu'elle est en train de créer.

Mon pouvoir vient du ciel et envahit l'espace

Mon âme s'exprime en dessinant et sculptant dans la glace

Et mes pensées sont des fleurs de cristal gelées

Avec l'enthousiasme d'une enfant, la jeune femme fit danser les gerbes de glace afin d'amener toutes ses envies retenues depuis des années dans sa tête. Des gerbes décorèrent les murs de glace, des sculptures embellirent les piliers, un splendide flocon décora le sol et de magnifiques croisées d'ogives servaient d'ouverture. Pas une porte à l'intérieur du bâtiment. Dans un excès de bonheur, Oilossë se permit même une petite fantaisie : un magnifique lustre de glace ! Elle observa cela avec joie et sentit son cœur faire des bonds dans sa poitrine.

Je ne reviendrai pas

Le passé est passé !

Déterminée à quitter son passé, la jeune Reine des Neiges enleva ses chaussures, les jetant au loin, comme pour renier son passé. Elle qui contrôlait la glace préférait marcher pieds nus sur ce qu'elle créait. Elle passa une main dans ses cheveux, les faisant briser de milles paillettes de cristal de glace, puis, d'un geste, elle décida de changer de vêtements. Ceux-ci lui rappelaient trop son passé de prisonnière.

Libérée, délivrée !

Désormais plus rien ne m'arrête !

Libérée, délivrée !

Plus de princesse parfaite !

Maintenant libre, elle avança vers un balcon de son palais de glace. Entrant dans la lumière, elle dévoile une magnifique robe bleue glace avec de la fourrure bleue au col, aux manches et sur le bord de sa robe. Une broche en forme de flocon d'argent est accrochée comme pour tenir la fourrure du col. Sa robe est coupée de tel manière que ses belles jambes sont visibles, mettant encore plus en avant son immense beauté. Certes, ce n'était pas une tenue très respectable pour une jeune fille de bonne famille mais elle s'en fichait ! Elle était libre et pouvait faire ce qu'il lui plaisait !

Je suis là comme je l'ai rêvé...

Perdue dans l'hiver !

Elle s'avance sur le balcon de glace pour voir le soleil levant. La neige se colore alors d'un magnifique rose-violet. Avec un sourire de pur bonheur, Oilossë se permet de lever les bras au-dessus de sa tête, permettant à d'immenses gerbes de glaces de voler dans les airs dans un magnifique tourbillon qui entoure et embellit l'immense palais de glace qu'elle a créée.

Le froid est pour moi le prix de la liberté !

D'un simple geste de bras, la jeune femme se retourne et ferme les portes de son immense palais de glace. Les serrures des portes sont d'énormes flocons sculptés dans la glace. Ainsi, perchée au sommet du Tower Brigde, la Reine des Neiges s'est trouvé un refuge, loin de ceux qui pourraient lui faire du mal. Là où elle pouvait délivrer ses pouvoirs sans crainte de blesser qui que ce soit. Même si elle ignore que l'Hiver qu'elle a créée pour s'enfuir venait de figer Londres sous une neige éternelle !


Enfin! La chanson "Libérée Délivrée" est LA chanson par excellence! Ceux qui ne l'aime pas sont des incultes! Cette chanson est magnifique! tout comme la scène d'où elle est tirée^^

J'espère que ça vous a plus^^

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