OS #3 Réveille-toi Tommy

Imanewtmas :

#RobinnohoodOS Thomas réalise qu'il a toujours observé Newt quand il était chez WCKD. (Donc vu sa chute.) Soft hun.

S'il-te-plait, MERCI! *cœur*

Pairing : Newtmas (mais je sais pas si j'ai tourné ça en romance, bromance ou whatev O^O)

Raiting : K (mais euh… c'est angst.)

NdA : Thomas s'est fait piquer volontairement par un Griffeur, comme dans le livre/film mais il rencontre un souvenir qu'il aurait préféré ne pas voir ! BON ! Tu m'as offert un sandwich à la fraise, après que je vous ai harcelés avec ça, alors tu mérites vraiment cet OS et j'espère que je n'ai pas massacré ton idée. Désolée, c'est pas smut, c'est pas long, mais ça m'a inspirée, et j'espère que ça te plaira *-*

Désolée pour le mini Spoiler pour certains : Thomas s'appelait Stephen avant d'être envoyé dans le labyrinthe, et Teresa, Deedee, mais vous le savez probablement vu que Dashner l'a dit lui-même à plusieurs reprises, donc je n'invente rien avec ces noms. Bonne lecture !

Robin

x

« Pourquoi est-ce que t'as fait ça ? Foutu tocard ! »

La voix lui parvint comme depuis l'autre côté d'un voile. Non, comme à travers un écran opaque, ou à travers un torrent d'eau glacée. Thomas ne savait pas. Thomas ne savait plus.

Cela faisait trop longtemps qu'il flottait entre deux mondes, entre l'inconscience et les souvenirs, entre les souvenirs et la réalité. Trois jours, en fait, mais ici, le temps paraissait éternel.

« Tommy, » reprit la voix, étouffée.

Ledit Tommy tenta de se concentrer sur cette voix. Il la connaissait, et plus encore, il l'aimait, vraiment. Elle produisait quelque chose en lui, de bon. Il savait qu'elle était associée au réconfort, à des sourires, à de la détermination, mais il ne se souvenait pas à qui, exactement, elle appartenait.

C'était étrange qu'elle lui parvienne maintenant alors qu'il avait passé autant de temps à se noyer dans des flashs de son subconscient qui lui racontait une histoire qu'il n'était plus sûr de vouloir connaître.

Thomas s'était volontairement fait piquer. Pour retrouver ses souvenirs, dans l'espoir d'aider les autres blocards. Depuis, il avait eu un aperçu qui s'estompait presque aussitôt qu'il mettait le doigt dessus mais qui le terrifiait plus encore qu'il ne le mettait mal à l'aise. Il n'aurait jamais voulu voir ça, s'il avait su.

Il savait qui il était désormais, ce qu'il avait fait, même si la plupart des morceaux du puzzle lui manquaient encore ou que certaines révélations s'étaient déjà évaporées. Il savait ce qu'il leur avait fait.

« Tommy, s'il te plait, réveille-toi bordel ! C'est n'importe quoi depuis que t'es plus là. Y'a plus d'ordre… »

La voix lui parvint encore, et la sensation d'une pression sur sa main, qu'on sert entre des doigts glacés. Mais c'est le dernier mot qui frappa son esprit plus que tout le reste. L'ordre. Il n'y avait qu'une personne qui se soucie de l'ordre plus que du reste, dans le bloc. Une seule et même personne qui l'appelait aussi Tommy.

Newt était en train de lui tenir la main.

Dans un conte de fée, peut-être que ça aurait suffi à le réveiller, de savoir que la personne à qui il tenait le plus dans le monde réel se préoccupait de lui aussi. Comme un foutu baiser du prince charmant à la princesse. Mais dans ce monde pourri, rongé, la voix de Newt et le contact chaud de leurs deux mains ne fit que le renvoyer dans d'autres souvenirs violents et vicieux.

« Faites quelque chose ! On ne peut clairement pas laisser faire ça ! »

« Et qu'est-ce que tu veux qu'on fasse Stephen ? Tu veux qu'on envoie quelqu'un lui tenir la main ? »

Stephen jeta un regard méprisant à son collègue en blouse blanche qui avait lancé ça d'un ton dédaigneux avant de retourner au moniteur immédiatement, la gorge nouée par l'anxiété.

Le sujet A5 était presque arrivé en haut du mur, à présent, et semblait déterminé. Il avait eu un mauvais pressentiment en le voyant s'écrouler en pleurant, avant de jeter des regards paniqués autour de lui dans les couloirs du labyrinthe. Pourquoi son partenaire n'était-il pas avec lui ? Pourquoi courrait-il seul ?

Il regardait souvent, et aussi discrètement que possible, les allées et venues du sujet A5. Newton. Jusqu'à aujourd'hui.

« On pourrait envoyer un Griffeur ? » Suggéra une voix, atone, presque ennuyée.

Stephen cru qu'il allait s'étrangler. La boule dans son ventre grossissait, il avait envie de vomir, mais il trouva la force de répondre :

« Vous en avez d'autres des idées à la con comme ça ? Faites quelque chose ! »

« Mais qu'est-ce que tu as à la fin ? Si ce garçon saute, ce ne sera qu'un échec au test, rien de plus. Nous voulons les meilleurs, Stephen. Nous avons besoin des meilleurs ! Pas des faibles. »

« J'irai dans le labyrinthe, je… » bredouilla le concerné, les mains crispées si fort sur le bureau qu'il s'en faisait mal.

Il ne respirait plus.

Il n'entendit même pas Deedee qui, comme les autres, s'exaspérait de le voir faire tout un drame de ce qui était en train d'arriver.

Le sujet A5 venait de lâcher sa prise sur le lierre.

Le sujet A5 venait de se suicider. Et Stephen crut qu'il allait vomir sur son moniteur.

Dans son « sommeil », Thomas sursauta violemment, avant d'être finalement agité de tremblement.

« Tommy ? » S'enquit la voix.

Et elle sonnait presque comme morte d'inquiétude. Thomas voulait se réveiller, immédiatement, pour échapper à cette sensation d'oppression qui le paralysait, qui brulait ses nerfs, qui le rendait malade. Pour rassurer Newt qui continuait à l'appeler. Il le sentait s'agiter autour de lui mais sans trop faire de bruit, sans même appeler qui que ce soit. Peut-être qu'ils étaient au cœur de la nuit, que les autres dormaient, que Newt voulait être seul auprès de Thomas…

Thomas n'en savait rien, il avait juste envie de pleurer, de crier, de fuir ce monde d'atrocités. Il venait de voir Newt se jeter du haut d'un des murs du labyrinthe. Il venait de voir Newt, un coureur, en train de se jeter. Du haut. D'un des murs. Du labyrinthe.

Et les autres membres du WCKD étaient passés devant le moniteur sans réagir. Comme si c'était un simple fait routinier. Alors qu'il mourrait lentement d'angoisse sur place devant cet écran, à regarder Newt se vider de son sang sur le sol de béton. On l'avait même tourné en ridicule pour avoir voulu empêcher ça. Alors qu'il avait eu l'impression qu'on lui arrachait le cœur de la poitrine.

Il n'arrivait pas bien à s'en rendre compte, mais il avait l'impression que le feu qui ravageait l'intérieur de son corps s'était finalement transformé en larmes bouillantes, ruisselant sur ses joues, ici, dans le monde réel.

Il aurait voulu se réveiller, trouver Newt, le prendre dans ses bras, le rassurer, s'excuser, et il n'était même sûr de pouvoir ne serait-ce que le regarder en face une fois qu'il ouvrirait les yeux. Il lui avait fait ça. C'était de sa faute, si Newt avait perdu espoir au point de tenter de se suicider. Il faisait partie de ces barbares qui l'avaient condamné. Et il n'avait rien pu faire pour l'empêcher.

Un autre souvenir lui revint en mémoire, cette fois, qui n'avait rien à voir avec la piqure du Griffeur.

Newt, après son arrivée dans le bloc, qui le rassurait, le prenait sous son aile, le guidait. Newt qui avait l'air sûr de lui, qui lui avait donné l'espoir.

Alors que l'espoir était mort depuis trop longtemps chez lui. Et qu'il devait garder cette souffrance muette, enfouie au fond de lui sans en parler aux autres.

Combien. Combien de fois, depuis, Newt avait dû accueillir un nouveau et tenir un discours auquel il ne croyait pas pour que le bleu ne soit plus terrorisé ? Combien d'autres garçons avait-il réconfortés alors qu'il était mort de peur, à l'intérieur ?

Combien de fois avait-il souri à Thomas alors qu'il était creux, vide, derrière ces yeux pétillants de vie ?

« Tommy, ça va aller, je suis là… »

Thomas voulait hurler. Newt était là. Oui. Mais il n'aurait pas dû être là pour lui, à être fort pour lui, à essayer de le rassurer, alors que lui-même devait vivre un véritable enfer. Thomas voulait prendre le garçon dans ses bras, le rassurer, l'écouter, lui. Pas l'inverse.

« Tommy… je sais que tu ne m'entends pas, mais j'ai vraiment besoin que tu te réveilles. Essaye, je t'en prie. Il n'y a plus seulement le bloc qui est en désordre depuis que tu es parti. Ma tête aussi… Quand t'es arrivé, je vivais un enfer. Je ne voulais même plus vivre. Et… »

Je sais, pensa le garçon endormi et malade, désespéré. Il essaya de crier, dans sa tête, et peut-être que Newt pourrait l'entendre comme Teresa en était capable.

Thomas sentit la pression sur sa main se faire plus forte, mais aussi tremblante. Pourtant, la voix de Newt était déterminée, inébranlable. Un murmure continu et… plein d'espoir.

« Et tu es arrivé et tu nous as tous redonnés une chance. Tu m'as redonné espoir. J'avais tout perdu, et tu es arrivé. Réveille-toi, Tommy, s'il te plait. J'ai besoin de toi. »

Une seconde plus tard, des lèvres tremblantes et chaudes se posèrent sur son front, puis sur le dos de sa main et y restèrent, avant d'être lentement recouvertes de larmes chaudes et silencieuses.

« Réveille-toi, Tommy. »

C'est ce qu'il fit.