Post-épisode au 5x12 (« Requiem »). Je trouve qu'il manque une scène entre Gibbs et Tony après le sauvetage, alors je l'ai inventée. C'est pas sorti aussi bien que je le voulais, mais osef…

Mise à part ça, merci infiniment pour vos adorables commentaires !


Une pneumonie, pas cher payé pour deux vies

« La radio est vraiment nécessaire ?

- Elle était prévue pour le dernier contrôle annuel. »

Tony grimaça. Il avait annulé ce fameux dernier contrôle annuel à la dernière minute à cause d'une énième mission sous couverture effectuée pour Jenny, et il avait « oublié » d'en fixer un autre. Pour sa défense, rien n'avait surgit d'aucune de ces séances de suivi. Et puis il détestait les hôpitaux, surtout Bethesda qui faisait indéniablement partie de son top trois des infrastructures de soin dans lesquels il ne voulait pas remettre les pieds, et qui était également la seule dans laquelle il finissait toujours par revenir.

« C'est bon, tu peux te rhabiller, lança Brad en commençant à démonter l'appareil.

- Pas trop tôt, grommela l'agent fédéral en attrapant sa chemise.

- Tu n'as pas de vêtements secs ?

- Ça fait bien une heure que tu auscultes mes poumons sont tous les angles, et avant ça j'ai encore passé une demi-heure à attendre comme un idiot dans les couloirs, et avant ça il y a encore eu le trajet jusqu'ici et encore avant le temps d'attente avant que les renforts arrivent. Merci Brad, mais mes vêtements sont secs. »

Le docteur ne put s'empêcher de sourire. Pour quelqu'un qui venait de sauver deux personnes de la noyade, malmenant au passage ses poumons affaiblis, son patient était incroyablement en bonne forme. Mais il l'avait entendu tousser trois-quarts d'heure plus tôt, aussi restait-il réservé quant à la véracité de cette image pleine de santé qu'il renvoyait.

« Tes radios seront prêtes dans deux heures, tu ne quittes pas l'hôpital d'ici là.

- Tu peux me faire un certificat pour me dispenser de rendre mon rapport ?

- Tony, je suis sérieux.

- Moi aussi !

- Promet moi de revenir pour une consultation à chaque fois que tu fais quelque chose qui puisse altérer tes poumons.

- Euh… comme ?

- De l'apnée.

- C'est bête, j'avais justement prévu de me mettre à l'apnée. Tu sais, comme hobby le soir et le week-end.

- … ou attraper une bronchite, ou une pneumonie. »

L'agent fédéral s'apprêtait à rétorquer qu'il appellerait immédiatement l'hôpital au moindre rhume lorsqu'il vit que Gibbs l'observait à la porte. Il avait lui aussi remis les vêtements qu'il portait lors de sa baignade, encore humides quoi qu'ils puissent en dire, et avait un café à la main, signe évident qu'il allait bien.

« Patron ! Ils t'ont enfin lâché !

- Pas toi apparemment.

- Les réclamations à ce sujet sont à adresser au Docteur Brad Pitt ici présent qui semble très désireux de me diagnostiquer quelque chose. Est-ce que ça fonctionne comme les assurances ? Vous avez une commission par patient ou des quotas ? »

Le médecin soupira, sans pour autant arriver à cacher son sourire. Il s'adressa ensuite directement à Gibbs, sachant pertinemment que Tony ne prendrait pas note de ses recommandations et conseils.

« On doit encore attendre les résultats des radios, expliqua-t-il. Et je vais lui prescrire des antibiotiques pour prévenir une pneumonie.

- Ahah ! lança son patient, triomphant. C'est donc ça ! Enrichir les firmes pharmaceutiques !

- Pourquoi tant de précautions ? demanda le chef d'équipe, rendu méfiant par le zèle que le docteur Pitt mettait dans un contrôle de routine alors que lui-même et Maddie avaient été très vite été déclarés en pleine forme.

- Parce que Brad fait une collection de radio, répondit très vite Tony, et il lui manquait justement celle de deux poumons non-fumeurs d'un homme au meilleur de ses capacités physiques.

- Parce que je crains que, avec ses antécédents, une pneumonie puisse lui être fatale, expliqua le médecin en ignorant son intervention. Et j'ai besoin de ses radios pour son dossier, étant donné qu'il a manqué notre dernier rendez-vous de suivi.

- Brad, tu es censé être de mon côté, fit l'intéressé dans un simulacre de chuchotement.

- Je suis de ton côté Tony.

- Tu dis ça parce que tu n'as pas idée du coup que je vais me prendre à l'arrière du crâne pour avoir manqué ce contrôle. Sans oublier celui pour l'idiotie dont je fais preuve en étant aussi sensible à une pneumonie. »

Le docteur fixa son patient et ami un long moment pour essayer de démêler une énième blague d'une déclaration sérieuse. Avec Gibbs qui ne le quittait pas des yeux, attendant patiemment son heure, Tony commença à trouver qu'il faisait l'objet d'un peu trop d'attention. Ce n'était pourtant même pas lui qui avait failli se noyer !

« Je vais aller faire développer ces radios, annonça finalement Brad. Je vous laisse seuls mais il ne doit pas quitter Bethesda sans mon autorisation.

- Il ne quittera pas Bethesda sans votre autorisation, » confirma l'ancien marine avec un hochement de tête.

Après un dernier regard insistant à son patient, le médecin quitta la pièce en fermant la porte derrière lui.

Les deux agents du NCIS restèrent silencieux un long moment, se contentant de se fixer.

« Maddie va bien ? commença finalement Tony.

- Grâce à toi.

- Mais surtout grâce au cours de premiers secours annuels que tous les employés du NCIS sont tenus de suivre. Il faudra penser à acheter des fleurs à Jenny pour ça.

- Merci.

- A ton service patron ! Je remets ça quand tu veux. »

Il avait volontairement contré le ton et l'air solennel de l'ancien marine par une réplique enjouée. Bien sûr, il était fier de ce remerciement, bien sûr, il l'appréciait à sa juste valeur, mais c'était juste trop étrange d'entendre Gibbs le remercier. C'était presque anti-Gibbs. Et puis, savoir son patron et sa jeune amie en vie était une récompense suffisante pour lui. Après tout, c'était normal de sauver des vies. C'était son travail. C'était même plus que ça. Lorsque l'on en venait à Gibbs, surveiller ses arrières était un réflexe presque inscrit dans ses gènes.

En utilisant sa technique secrète de déplacement silencieux, le chef d'équipe s'approcha de lui, et lui administra une gifle à l'arrière du crâne qui le fit sursauter. Mais ce slap, bien plus cohérent avec son patron, le rassura tout allait bien, juste comme avant.

« Tu ne quittes pas Bethesda sans l'autorisation du médecin.

- C'est noté patron. »

Et Gibbs quitta la chambre, non sans un signe menaçant du doigt. Il ferma la porte derrière lui et partit en direction de l'accueil où l'attendait Maddie, les doigts crispés sur son gobelet de café. Il aurait voulu dire plus, il aurait dû dire plus. Il avait foiré, mis la vie de la jeune fille en danger et il ne devait leur salut qu'à son agent senior. Qui, comme toujours, couvrait ses arrières, au détriment de sa propre santé. Juste « merci » ce n'était pas suffisant. Pas du tout. Tony méritait bien plus. Mais il n'avait pas su quoi dire. Il n'avait pas réussi à s'ouvrir. C'était une partie de lui trop sensible, trop fragile, trop vulnérable, qu'il ne pouvait pas montrer à son agent.

Tony attendit encore plusieurs secondes après que son patron ait refermé la porte, le temps qu'il s'éloigne. Et ce fut seulement lorsqu'il fut certain qu'il ne l'entendrait pas qu'il relâcha la toux déchirante qui lui tiraillait la gorge depuis cinq minutes.