Note d'auteur : Un très grand merci à Maxine et Destrange pour leurs reviews !
J'espère qu'il y a aussi d'autres personnes dans le coin pour ce nouveau chapitre, avec l'entrée en scène en fanfare de Tracey ! Je vous préviens, elle n'est pas spécialement aimable. XD J'espère en tout cas que ça vous plaira, et je vous souhaite une bonne lecture !
Théo écrasa un bâillement au-dessus de sa tasse de café, les yeux encore bouffis de sommeil. Il avait passé la nuit à étudier les notes farfelues rassemblées chez Lovegood et à réfléchir à comment aborder le problème du remède qui sauverait la vie d'Astoria. Il devait s'avouer qu'il était totalement impuissant sur le sujet. Il n'avait aucune formation en médicomagie et n'avait pas non plus bénéficié d'un enseignement poussé en potions. Il n'était qu'un petit traducteur de runes insignifiant qui n'avait aucune notion de la génétique, et ce n'était pas avec ses maigres connaissances qu'il allait aider Drago.
De l'autre côté de la table, Daphné buvait son smoothie aux fruits rouges en le regardant à travers ses longs cils blonds, le teint bien plus frais que le sien.
— Je ne vais pas tarder à aller au travail, annonça-t-elle après un coup d'œil à la pendule. Qu'est-ce que tu vas faire aujourd'hui ?
— Aucune idée, grogna Théo. Je n'ai pas les compétences nécessaires pour espérer pouvoir trouver un remède miracle que jamais personne n'a inventé. Il me faudrait des Potionnistes, des Guérisseurs…
— Je peux essayer de poster une annonce dans le journal, proposa Daphné.
— Merci mais je ne pense pas que tes lecteurs appartiennent vraiment à cette catégorie.
— Sorcière Hebdo n'est pas uniquement à destination de sorcières sans cerveau, s'agaça son amie. Je demanderai à mettre un petit encart dans les annonces de la semaine. Et je verrais si je peux le diffuser dans la Gazette grâce à mes contacts.
— Si tu penses que ça marchera…, soupira Théo, peu convaincu.
— En attendant tu pourrais aller rendre visite à Tracey.
À ce nom, Théo se redressa, plus alerte. Il ne l'avait pas entendu depuis plus de dix ans. Elle n'avait jamais été très proche de leur petit groupe à Poudlard et il l'avait rapidement perdue de vue entre le procès, la prison, sa lente ré-acclimatation, les malheurs qui avaient suivis et son départ pour l'Espagne.
— Et pourquoi j'irai voir Tracey ?
— Elle a remporté un prix il y a quelques années. Un peu après la fin de ses études, pour une potion qu'elle avait découverte. C'était dans les journaux, je me souviens qu'ils en ont pas mal parlé. Serpentard de la promotion d'Harry Potter et Drago Malefoy, tout ça. Je crois qu'elle a arrêté d'exercer depuis quelques temps mais elle doit avoir de bons restes.
— Pourquoi pas… Tu sais où elle habite ?
— Oui, je dois l'avoir quelque part, je lui ai envoyé une demande d'interview pour notre portrait de sorcière de la semaine il y a peu de temps. Elle n'y a jamais répondu, d'ailleurs.
Daphné agita sa baguette, il y eut un bruit de tiroir qui s'ouvrait dans le salon et quelques secondes plus tard, un morceau de parchemin entrait en flottant dans la cuisine, jusqu'à se poser au creux de sa main.
— Et voilà ! Il faut vraiment que je file. Il y a un double des clés dans le guéridon de l'entrée.
— Tu t'occupes toujours de la rubrique voyages ? demanda distraitement Théo en considérant l'adresse qu'il avait sous les yeux.
— J'ai demandé à prendre celle des Sortilèges Beauté quand Astoria est tombée malade, répondit Daphné avec un triste sourire. Je ne pouvais plus me permettre de parcourir les quatre coins du globe. Avec Drago on arrive à peu près à se partager les semaines pour travailler de la maison et lui tenir compagnie chacun notre tour.
Pour la surveiller, traduisit Théo pour lui-même. Cette pensée l'envahit d'un mélange de tristesse et de conviction nouvelle. Il ne pouvait pas laisser Astoria leur glisser entre les doigts. Il ne le permettrait pas. Leur petit groupe était déjà bien trop restreint.
Une heure plus tard, après avoir souhaité une bonne journée à Daphné et s'être habillé, Théo se tenait devant l'immeuble de Tracey Davis. La façade qui se dressait devant lui était d'une couleur fade et passée, et la rue dans laquelle il se trouvait était d'une tristesse à pleurer. Des herbes folles couraient le long des trottoirs sur lesquels s'étalaient des poubelles éventrées et il régnait une odeur écœurante de tabac. Il avait du mal à comprendre comment sa camarade avait pu atterrir ici, surtout après avoir bénéficié d'une telle publicité dans les journaux.
Après avoir vérifié qu'il n'y avait personne aux alentours, Théo tapota la poignée de l'entrée de sa baguette et pénétra dans le hall vide. Il avait toujours eu du mal avec la technologie Moldue et le panneau recouvert de boutons ne lui disait rien qui vaille. Il vérifia une nouvelle fois le parchemin que lui avait donné Daphné avant de monter jusqu'au troisième étage.
Du palier, il pouvait entendre le couple voisin se hurler dessus comme des chiffonniers. Avec un haussement de sourcils méprisant, il toqua un bref coup contre le panneau de bois portant le numéro 3A. Il attendit plusieurs minutes avant de frapper une nouvelle fois, un peu plus fort, priant pour qu'elle soit chez elle. Alors qu'il se disait qu'il repasserait à un horaire où elle ne sera pas susceptible d'être au travail, il entendit du mouvement derrière le battant. Ce dernier s'entrouvrit, coincé par la chaînette.
— Qui est-ce ? demanda une voix qu'il reconnut à peine.
— Théodore Nott, dit-il en se tordant le cou pour voir à travers la pénombre qui régnait dans l'appartement. On peut parler ?
Son ancienne camarade lui claqua la porte au nez, puis il l'entendit ôter la chaîne, avant de rouvrir plus largement. Il eut beaucoup de mal à réprimer un mouvement instinctif de recul lorsqu'il vit son visage, exposé à la lumière crue du couloir.
La Tracey de son souvenir, même si à l'écart des autres et souvent silencieuse, possédait une certaine beauté. Il se rappelait de ses longs cheveux noirs et brillants qu'elle attachait souvent, dégageant son visage en forme de cœur, aux pommettes marquées et aux yeux en amande ; de ses prunelles couleur de glace qui donnaient une puissance implacable à son regard.
Aujourd'hui, son charme d'antan avait disparu, dévoré par les flammes. Habillée d'un col roulé et d'un pantalon qui couvraient la moindre parcelle de peau à l'exception de son visage et de ses mains, Tracey le toisait avec sa morgue d'autrefois. L'effet était cependant largement atténué par les brûlures qui marquaient sa chair.
Sa peau semblait avoir fondu à certains endroits, tour à tour rouge vif, rosée ou blanche laiteuse. Comme si les Médicomages chargés de la guérir avaient joué à former le puzzle le plus hideux possible. Théo déglutit lentement, ne sachant où poser son regard. Il finit par opter pour un point à la limite de son pull noir, hypnotisé par la cicatrice qui plongeait dans son cou, cachée par le col roulé.
— Tu avais quelque chose à me dire ?
La voix sèche de la jeune femme était enrouée, gutturale, comme si elle peinait à sortir de sa gorge. Loin du timbre de velours qu'elle possédait avant.
— Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? demanda-t-il, incapable de se retenir.
Le visage de Tracey se ferma et elle croisa les bras, sans quitter l'embrasure de la porte. Elle ne semblait pas vouloir le laisser entrer chez elle.
— Qu'est-ce que tu veux Nott ? répliqua-t-elle d'une voix tranchante. Je n'ai pas toute la journée devant moi.
Théo la fixa un long moment en silence, tentant de voir par-dessus cette expression butée qui lui était familière. Il y avait autre chose derrière son air de défi. Une peur et une tristesse qu'il peinait à comprendre.
— Je peux entrer ? Il faut que je te parle de quelque chose d'important.
— Non.
— Ça ne prendra que cinq minutes et je n'ai pas vraiment envie que…
— Non. Je ne te laisserai pas passer cette porte, alors dis-moi ce que tu as à me dire ou va-t'en.
Ses manières froides et méprisantes commençaient à sérieusement échauffer les nerfs de Théo. Il pinça les lèvres et la toisa à son tour, nullement impressionné par son attitude. Si elle pensait se débarrasser de lui ainsi, elle se trompait lourdement.
— J'ai besoin de ton aide, dit-il d'un ton acide.
Tracey ricana et referma la porte de quelques centimètres, une de ses mains abîmées crispées autour de la poignée.
— Tu as besoin de mon aide, répéta-t-elle, savourant presque les mots. Quelle ironie.
— C'est important, s'irrita Théo. Si tu me laissais entrer pour t'expliquer…
— Tu essaieras de m'embobiner pour me faire oublier tout ce que vous m'avez fait subir ? le coupa-t-elle froidement. Laisse tomber Nott, ça n'arrivera pas.
— Tout ce qu'on t'a… De quoi tu parles ?
Elle poussa un soupir agacé et replaça sa frange d'un geste convulsif, les lèvres pincées.
— De Poudlard, imbécile, répliqua-t-elle d'un ton glacial.
— On ne t'a jamais…
— Oh vous n'avez jamais été ouvertement hostiles, vous étiez trop intelligents pour ça, l'interrompit-elle encore une fois d'un ton grinçant et empli de cynisme. Il n'empêche que je n'ai jamais été intégrée à votre petite bande. Et pour quelle raison ? Parce que mon sang n'était pas assez bien pour vous.
— Ce n'est pas…
— Ne te cherche pas d'excuses. Maintenant que je vous sers à quelque chose vous avez besoin de moi ? Vous pouvez toujours rêver.
Elle tenta de lui claquer la porte au nez, mais Théo avait vu le coup venir. Il l'empêcha de fermer le battant d'un geste brusque du bras.
— Je ne plaisante pas, lui dit-il d'une voix dure. Il en va de la vie de quelqu'un. J'ai besoin de quelqu'un de doué en Potions et Daphné m'a dit…
— Que j'avais gagné ce prix ridicule je parie ? Elle a sûrement omis de te dire que les potions, c'est terminé pour moi. Et dis-lui que sa demande d'interview, elle peut bien se la mettre où je pense, d'ailleurs.
— Qu'est-ce que tu veux dire « c'est terminé » ?
Le cœur de Théo se serra à cette annonce. Il n'avait pas voulu le reconnaître réellement, mais sa venue auprès de Tracey était un dernier recours. Il savait que personne ne répondrait à l'annonce de Daphné dans le journal, il n'était pas stupide. Tracey aurait été la seule capable de l'aider et la voir lui glisser entre les doigts le terrifiait. Devrait-il vraiment retourner voir Lovegood et écouter ses idées farfelues ?
— Je veux dire que j'en ai fini avec cette partie de ma vie, répliqua son ancienne camarade d'une voix dure. Tu vois ça ?
Elle pointa du doigt son visage défiguré. Son œil droit remplacé par de la chair brûlée. Sa joue gauche fondue, à la peau grêlée et comme bouillie. La peau rouge de son front, son menton éraflé, ses lèvres barrées d'une profonde cicatrice, son nez étrangement tordu. Théo déglutit, incapable de détourner le regard de ces horreurs. Il était si difficile de croire que derrière ce masque monstrueux se cachait celle qui avait été si belle autrefois, d'une beauté froide et solitaire, étrangement fascinante et aujourd'hui disparue.
— Une de mes potions m'a explosée à la figure, lui dit-elle, pleine d'amertume. Ma blouse a pris feu. L'origine était magique, je ne me souvenais même plus de ce que j'avais foutu dans ce mélange à cause du traumatisme et l'explosion a effacé toutes traces des ingrédients que j'avais pu utiliser. Les Médicomages n'ont jamais pu réussir à me guérir. Plus jamais je ne m'approcherai d'un chaudron, tu m'entends ? Jamais.
C'était de la haine qui brûlait dans son unique pupille. De la haine qui suintait de sa voix et qui crispait ses poings. De la haine envers elle-même et ce corps hideux qui était devenu le sien.
— Je suis désolé, murmura Théo.
— Tu es désolé ? La belle affaire. Ça va me rendre ma vie peut-être ?
— Non, mais…
— Laisse tomber. Je dois me préparer pour ma plaidoirie au tribunal, je te prierai de ne pas camper devant ma porte. Si tu y es encore quand je sors, je te jette une malédiction. Rentre chez toi et ne reviens plus, c'est clair ?
— Au tribunal ? releva Théo, plus ébranlé par le fiel de sa voix qu'il ne voulait l'admettre.
Elle le toisa une bonne minute avec hauteur avant de répondre, comme décidant s'il en valait la peine.
— Ce n'est pas parce que je ressemble à un monstre que je vis cachée, rétorqua-t-elle avec hargne. Quitte à terrifier les gens, j'ai décidé que ce serait pour la bonne cause. Je suis devenue avocate de la défense.
— Donc tu aides à relâcher des criminels ? C'est ça que tu appelles une bonne cause ?
— Tu étais un criminel, toi, au moment où tu as été condamné, sans procès équitable et sans personne pour te défendre ?
Cette réplique laissa Théo muet. Il la fusilla du regard, furieux qu'elle lui rappelle cette sombre période de sa vie contre laquelle il se débattait encore.
— C'est bien ce que je pensais. Adieu Nott. Au plaisir de ne plus te revoir.
Elle lui claqua définitivement la porte au nez, le laissant comme un idiot sur le palier. Théo resta de longs instants à fixer le panneau de bois, furieux et impuissant, jusqu'à ce que le voisin ouvre sa porte et s'arrête brusquement en le voyant.
— J'peux vous aider ? lui demanda-t-il en plissant les yeux.
— Non. Je partais.
Il ignora le regard suspicieux de l'homme et descendit les marches quatre à quatre. Il avait l'impression d'étouffer. Il ne savait que penser de cette Tracey agressive, pleine de rancune et de rancœur envers le monde entier, y compris elle-même.
Théo se trouva un coin tranquille pour transplaner, regagnant immédiatement l'appartement de Daphné. Il était trop secoué pour même envisager une seconde visite à Lovegood. Une seule tarée à la fois. Il avait eu assez d'émotions pour la journée.
Il attendit son amie en tournant en rond, ressassant pendant des heures les paroles de Tracey, son visage déformé hantant chacune de ses pensées. Elle était si loin de la fille qu'il avait connue à Poudlard. Il avait du mal à réaliser encore qu'il s'agissait de la même personne. Ses souvenirs ne voulaient pas se concilier avec l'image de la femme amère et défigurée qu'il avait vue aujourd'hui.
Il songea plus d'une fois à se rendre au manoir Malefoy, à tenir compagnie à Drago et Astoria, mais à chaque fois qu'il esquissait un mouvement pour rejoindre la porte, toute volonté l'abandonnait. Il ne pouvait pas supporter l'idée de regarder son ami en face, le voir se détruire petit à petit, sans pouvoir lui apporter la moindre solution à son problème. Il en était incapable.
Lorsque Daphné pénétra enfin dans l'appartement, il était dix-neuf heures passées. Elle paraissait épuisée et vaguement agacée.
— Quelle pimbêche, marmonna-t-elle. Mériterait un bon sortilège entre les deux yeux. Obsolète… Démodée… Et toi alors espèce de vieille chouette arrogante ?
— Tout va bien ? tenta Théo d'un ton prudent.
— Non, pas du tout, grogna la jeune femme, le visage sombre. Ma rédactrice en chef est une… une…
— Une vieille chouette arrogante ?
Daphné sourit et s'effondra dans le canapé à ses côtés, son élégant chignon plus brouillon qu'au début de la journée, ses traits marqués de fatigue et la joue tachée d'encre.
— Exactement. Elle a rejeté toutes mes idées sans exception pendant notre réunion pour la maquette du prochain numéro. Il paraît qu'elles ne sont pas assez innovantes. Ce que j'aurais pu comprendre si elle n'acceptait pas ensuite ces exactes idées quand elles étaient émises par quelqu'un d'autre.
Elle eut une grimace, comme si elle avait mordu dans un fruit trop amer.
— Enfin bref, je sais bien qu'elle me déteste. Ça ne change pas de d'habitude. Et toi, ta journée ?
Théo poussa un soupir et lui raconta brièvement son entrevue avec Tracey. Il transmit le message de leur ancienne camarade à propos de l'interview et termina sur la porte qui lui avait claqué au nez, une certaine note d'aigreur dans la voix.
— Mon dieu…, soupira Daphné. Quand tu dis défigurée…
— Tu n'as pas idée.
— Et tu n'as même pas eu le temps de lui exposer vraiment la situation ?
— Non. Elle était trop… en colère. Pas contre moi. Enfin, en partie contre moi, mais contre elle aussi je pense. Je n'ai pas l'impression qu'elle soit une grande fan de sa propre personne actuellement.
— J'irai lui parler. Demain, avant d'aller chez Astoria.
— Je ne sais pas si ce sera très utile, la contredit Théo, dubitatif. Elle a arrêté de pratiquer depuis des années, je ne pense pas qu'elle nous soit d'une grande aide.
—Peut-être, mais c'est sûrement la seule dont on va disposer. Ils n'ont pas voulu que je diffuse l'annonce dans le prochain Sorcière Hebdo, et le planning de la Gazette est rempli jusqu'au mois prochain.
Elle n'ajouta rien, mais la tension dans ses épaules était assez révélatrice sans qu'elle ait besoin de l'exprimer sous forme de mots. Qui sait si Astoria tiendra un mois.
— Et bien je te souhaite bon courage, soupira Théo. Elle est plutôt vindicative.
— Oh ne t'en fais pas pour moi. Je suis très persistante quand je le veux.
Daphné lui offrit un large sourire qui le fit rire. Ça lui faisait tellement bien de la revoir. L'Espagne, Séville, Emilio et Daniela lui manquaient, mais Daphné était là pour combler cette absence. Elle était comme un baume apaisant, un doux souvenir du passé qui sentait bon la lavande. Il passa un bras autour de ses épaules et elle se blottit contre lui, reconnaissante de l'étreinte familière.
Lorsqu'elle posa sa main sur la sienne, Théo eut une soudaine boule dans la gorge. Elle avait toujours son alliance.
Elle sut qu'il l'avait vu. Ses doigts se crispèrent. Il resserra son étreinte sur elle, sans la juger. Ils partageaient la même peine. Le même deuil insoutenable. Il comprenait.
— Ils me manquent tellement, chuchota-t-elle.
— Moi aussi.
Leurs regards se dirigèrent automatiquement vers la photo que Théo avait amenée et posée sur un meuble près de la cheminée. Pansy et Blaise leur souriaient avec insouciance.
— Merci d'être là, Théo, murmura Daphné, sa voix se brisant sur le dernier mot.
Il aurait voulu répondre que ce serait toujours le cas, mais sa fuite en Espagne était la preuve vivante que non. Il se contenta de l'embrasser doucement sur le sommet du crâne, d'un effleurement de lèvres aussi léger que les ailes d'un papillon. Dans son cou, il sentit des larmes. Il dût fermer les yeux pour ne pas l'imiter, la douleur se resserrant comme un étau sur son cœur.
Ils restèrent là sans bouger un long moment, tentant de puiser dans l'autre la force d'avancer. De vivre avec leur chagrin. À la manière futile et naïve des enfants.
Note de fin : Un très grand merci pour votre lecture, j'espère que ça vous a plu. N'hésitez pas à me dire en review ce que vous en avez pensé, ça fait toujours très plaisir et ça remonte le moral ! :) A votre avis, est-ce que Daphné va aider Tracey à revenir à la raison ? Réponse au prochain épisode !
J'essaierai de poster le chapitre cinq lundi prochain, mais ne vous étonnez pas si j'ai quelques jours de décalage car ce sera le premier jour de mon stage de fin d'études et je risque d'être crevée et d'oublier. x) En tout cas je vous souhaite à tous une très bonne semaine, et je vous dis à très vite !
