Lost in the Sands of Time

Pairing: HP/ TJ… Classé M, pour plus de marge de manœuvre !

Spoiler: Les quatre premiers tomes sont pris en compte. A partir de l'été de la quatrième année d'Harry j'ai pris la liberté de tout modifier pour les besoins du récit.

Ainsi, il a passé son été à être entraîné par des membres de l'Ordre et a continué toute l'année en cachette dans la cabane hurlante sous le nez d'Ombrage.

Sirius est mort et l'histoire prend place juste après sa mort, un peu avant la fin de l'année scolaire.

Résumé: la guerre se rapproche inexorablement, Harry doit se tenir prêt. Un simple tour des Serpentard en cours de potion provoque une catastrophe ! Et Harry atterrit grâce aux caprices du temps exactement à l'époque où il aimerait le moins se trouver !

Temps de parution: toujours pas décidé mais autour d'un chapitre par mois à peu de choses près. J'ai déjà une dizaine de chapitres de prêts mais il se trouve que je suis toujours en train de les rebidouiller xD Donc mon avance ne servira peut-être pas à une parution plus rapide. Je préfère servir un chapitre bien fini et réfléchi qu'un chapitre brouillon balancé comme ça ! Cela dit vu mon rythme de vie, ce sera peut-être souvent réduit à un seul chapitre par mois.

Nombre de chapitre: Inconnu à ce jour x) Non franchement je ne sais pas où cette fic va me mener, l'ayant écrite sur un coup de tête et n'arrivant jamais à suivre les idées que je me fixe au début d'une fic ^^

RAR : Je remercie également les reviewers anonymes: Gayel que je remercie pour ses encouragements et Mia qui a sa réponse avec la publication du chapitre ainsi que Kisis que je remercie aussi très fort ( pour te répondre, je ne sais pas encore vraiment moi-même ou je vais alors je vous embarque juste avec moi et on verra bien =p J'espère juste que tu apprécieras autant la suite !) !

Note

Bonjour ! Me revoilà pour le quatrième chapitre. J'espère de tout cœur qu'il vous plaira ! Les reviews et ajouts en favoris ou en alerte de la fic sont vraiment ultra motivants alors merci à tous ! N'hésitez pas à me laisser votre avis, je ne mords pas ! (Qui a dit menteuse ? è_é) :D Toute remarque constructive est bonne à prendre !

J'espère ne pas avoir laissé passer des fautes dérangeantes pour la lecture. Si certaines sont trop dérangeantes et vous écorche les mirettes, vous pouvez me les signaler.

Bonne lecture !


CHAPITRE 4

- …'bout ! HARRY ! Par les couilles de Merlin ! Réveille-toi !

Je sentis qu'on m'arrachait les draps et je m'accrochai comme une bernique à son rocher à mon oreiller.

- Pas maintenant Ron, laisse-moi, grognai-je.

- C'est pas Ron ou je ne sais qui ! Lève-toi au lieu de faire exposition de ton corps !

Je me redressai brusquement, vêtu seulement de mon caleçon car c'était le seul vêtement que je supportai pour dormir. Un léger vertige m'envahit, dû à mon mouvement trop soudain. Et une phrase tournait dans ma tête « «C'est pas Ron ! ». Oh par la barbe de Merlin tout puissant ! Je n'avais pas rêvé ce cauchemar atroce !

Je vis Declan s'affairer autour de moi, il semblait en train de rassembler ses affaires de cours pour la journée. Cameron finissait de s'habiller. Riddle lisait tranquillement, installé sur son lit, déjà habillé, ses affaires de cours au pied de son lit. Je retins un soupir en constatant le contraste entre Monsieur Parfait et nous autres humbles élèves en retard…

Je lançai un rapide tempus et vit qu'il me restait tout juste une demi-heure pour me préparer. Je saisis mes lunettes, puis, je bondis de mon lit, lançant des sorts à tort et à travers pour organiser mes livres de cours de la journée prêtés par l'école et attirer à moi mes fringues d'aujourd'hui. Je courus vers la salle de bain, trébuchant à moitié sur mon drap et claquai la porte. Je pris une douche rapide et brûlante comme je les aimais. Je me séchai en vitesse et enfilai un pantalon blanc et une chemise bleu foncée. Rapidement, je démêlai mes cheveux et fis apparaître un ruban noir.

Je sortis de la salle de bain le ruban entre les dents et les mains occupées à rassembler mes cheveux longs. Je m'immobilisai dans mon action en sentant un regard posé sur moi. Je tournai la tête et m'aperçus que Riddle, qui avait levé les yeux de son livre, me fixait de son habituel air indéchiffrable. Je faillis rougir, mal à l'aise d'être ainsi observé mais je repris le contrôle de moi-même et détournai le regard. Je continuai mon chemin jusqu'à mon lit et finis par attacher mes fichus cheveux.

Cameron et Declan m'attendaient déjà près de la porte du dortoir. Je vis Riddle se lever, prendre ses affaires et sortir du dortoir de sa démarche fluide. Je pris à mon tour les mienne et suivis Declan et Cameron vers mon premier cours de la journée, à savoir celui de métamorphose.

Le professeur Dumbledore nous fit entrer dans la salle et je découvris que nous partagions ce cours avec les Gryffondors. Je cherchai immédiatement du regard quelqu'un ressemblant de près ou de loin à mon père. Je vis Declan m'adresser un regard d'excuse lorsqu'il se mit à côté de Cameron. Les tables étaient doubles. Je lui souris, lui signifiant que ce n'était rien. Après tout, j'arrivai comme un cheveu sur la soupe et eux avaient déjà leurs habitudes de cours. Et puis ces deux-là semblaient inséparables.

Et en effet, cela ne me dérangeait pas de suivre le cours seul. Je pris donc une table au fond où je posai mes affaires. Je commençai tout juste à sortir ma plume quand quelqu'un se racla la gorge près de moi. Je relevai les yeux de mon sac pour tomber dans deux orbes noires. Je me raidis immédiatement.

- Il n'y a plus de place nulle part, dit-il simplement comme si l'évidence était qu'il ne se serait pas mis ici de son plein gré.

Je grinçai des dents mais hochai néanmoins la tête en signe d'assentiment et il s'assit. Les bavardages se turent lorsque Dumbledore prit la parole.

- Bonjour à tous ! Aujourd'hui nous allons passer à la partie pratique de la théorie sur le sortilège que nous avions étudiée la semaine dernière. Tom vous seriez bien aimable de bien vouloir montrer à Monsieur Evans le cours de la semaine précédente, ajouta-t-il en nous jetant un coup d'œil vif de ces yeux pétillants.

Il hocha la tête et sortit un parchemin de son sac. L'écriture y était fine et droite. Tout était parfaitement lisible et pas une tâche d'encre ne souillait le parchemin. Pas étonnant qu'il ait tourné mégalo, ce mec était bien trop parfait pour être normal. Il en devenait vraiment flippant. Il me tendit le cours, et je le pris en le remerciant. S'il voyait les pattes de mouches ignobles qu'étaient mes cours ! Il en aurait fait une syncope. Remarque, ça m'épargnerait la lourde tâche de devoir le tuer dans la futur.

Apparemment, la métamorphose du jour était de changer une simple plume en l'oiseau auquel elle appartenait. Etant un élève de fin de cinquième année à mon époque, je connaissais déjà l'exercice, et n'aurais sûrement aucun problème à le réaliser. Je remarquai cependant que le niveau à cette époque était plus élevé que dans mon Poudlard. J'avais étudié ce sort seulement un mois auparavant.

Je vis Dumbledore commencer à passer parmi les tables pour distribuer des plumes de tailles plus ou moins grandes. Je le soupçonnais de donner les plus petites aux élèves les plus en difficultés et les plus grandes aux élèves à l'aise dans la matière.

Arrivé à nous, il déposa deux grandes plumes. Il m'adressa un sourire confiant et me fit un clin d'œil, ce qui confirma ma théorie.

Je savais qu'il avait sondé ma magie à notre première rencontre ici, et savait sans doute que l'exercice ne me poserait pas de problème particulier. Il retourna à son bureau pour observer le travail de l'ensemble de la classe. La plupart bataillait déjà avec sa plume. J'en vis même un planter sa baguette dans le nez de son voisin en exécutant un geste maladroit. Un Gryffondor moins chanceux fit littéralement exploser sa plume, faisant pester son binôme.

- Ah mais merde ! Tu m'as cramé les cils ! râla-t-il en se redressant et en fusillant le jeune homme assis à côté de lui.

- Désolé Nathaniel, s'excusa son partenaire en lui offrant un sourire d'excuse.

L'autre marmonna et je concentrai mon attention sur Nathaniel, émerveillé. Il avait les cheveux aussi noirs que les miens et des lunettes. Ce qui ne l'empêchait pas d'avoir un physique séduisant. Son visage était mince mais les traits en étaient fermes. Sale caractère cependant… Je me détournais de lui lorsque je vis Dumbledore commencer un tour de la classe afin de voir la progression des élèves et si nécessaire renouveler les plumes.

Je décidai alors de me concentrer sur ma propre plume qui m'attendait, sagement posée sur le bureau. Après tout j'aurai peut-être des mois pour en savoir plus sur mon grand-père en devenir !

Je jetai un coup d'œil à Riddle et nos regards se croisèrent à nouveau. Oh cet espèce de… Il me regardait depuis tout ce temps ! Je détestais foncièrement être observé à mon insu et le fait qu'il s'agisse de lui me mit dans un drôle d'état, à mi-chemin entre la colère, la résignation, l'exaspération et la confusion…Je l'ignorai cependant royalement et me concentrai sur mon travail. Je regardai rapidement le croquis du mouvement de baguette et relus la formule pour la forme. Pas envie de lui donner une raison supplémentaire de me fixer comme si j'étais un alien.

Je prononçai le sort en exécutant le mouvement un peu sèchement à cause du regard toujours posé sur moi. La plume qui se tenait deux secondes plus tôt sur mon bureau se transforma en un majestueux aigle. Il secoua ses ailes et s'étira paresseusement.

- Bravo, monsieur Evans ! s'exclama Dumbledore en s'avançant vers moi. A votre tour, Tom !

Tom s'exécuta. Il prononça le sort de sa voix suave tout en faisant le geste d'une main nonchalante. A son tour, sa plume prit la forme d'un magnifique rapace.

- Eh bien messieurs, félicitations ! Vingt points pour Serpentard ! dit-il joyeusement et il repartit aider les autres.

Oui, encore un point pour Monsieur Parfait. Je me laissai tomber en arrière sur le dossier de ma chaise en m'étirant comme un chat, faisant craquer avec délice les articulations tendues de mes doigts.

- Je peux la sentir ta magie. Puissante, murmura une voix proche de moi quasiment inaudible.

Je me redressai brusquement. La phrase n'avait été qu'un murmure confus et je n'étais même plus sûr qu'il se soit adressé à moi ou même que ce soit vraiment cela qu'il ait dit. Je me tournai vers lui et il planta ses yeux dans les miens.

- Où as-tu appris tout ça ? demanda-t-il soudain en jetant un coup d'œil entendu au parchemin placé entre nous deux.

Je restai ébahi, pas encore sûr de la conduite à adopter avec lui. Il avait remarqué, je ne sais comment, que j'avais à peine lu la feuille expliquant la formule et les mouvements. J'avais baissé ma garde et cet idiot semblait être à l'affût Son regard se fit plus intense et je compris qu'il ne se référait pas simplement à ma facilité en métamorphose. Je me souvins alors du dîner et du regard que j'avais senti sur moi au moment où j'avais, par réflexe, miniaturisé mon emploi du temps avec un informulé. Les autres n'y avaient pas prêté attention. Mais lui… je me retenais de me frapper la tête sur le bureau. C'était moi l'idiot ! Qu'est-ce qui pouvait plus attirer l'attention qu'un gars qui débarque sans prévenir au beau milieu de Poudlard dans un état catastrophique, dont le noyau magique est bouleversé et qui utilise des sorts informulés ? Evidemment qu'il me surveillait. Et c'était trop tard, il m'avait de toute évidence démasqué grâce à ma discrétion légendaire. Il était à présent trop soupçonneux pour rectifier le tir. Avec un autre j'aurai pu jouer la carte de l'innocence. Mais avec lui, même pas la peine d'essayer. Trop rusé, trop perspicace, trop Serpentard. Et j'avais la désagréable impression qu'il pouvait déjà deviner le mensonge voilé derrière les regards, les mots et les gestes. Je retins un soupir fataliste.

- Chez moi. Avec des professeurs qui m'ont transmis de nombreuses connaissances, répondis-je néanmoins d'une voix assurée.

Il hocha la tête, signe que ma réponse lui convenait. Et son comportement commençait à m'intriguer. Pas seulement à cause de la motivation de mieux connaître son ennemi afin de mieux le faire tomber. Toute sa personne semblait être un paradoxe. A la fois si populaire et si solitaire. Mais on devinait à ce qu'il dégageait, qu'il choisissait cette solitude. Je savais grâce à Dumbledore que Voldemort avait grandi en orphelinat, laissé par sa mère morte peu de temps après l'accouchement.

Je savais que j'en connaissais plus mais quelque chose bloquait. Mon cerveau refusait de me laisser accéder à d'autres informations concernant Voldemort. Je réglerai ce problème plus tard. Je savais également que ses années à Poudlard avaient été brillantes mais il s'était vraisemblablement entouré d'un mur qu'il ne permettait pas aux autres de franchir. Personne ne savait rien de plus que ce qu'il ne laissait voir. Pas d'amis, pas de confidents. Seulement des alliés stratégiques.

Et si quelqu'un avait brisé la glace ? Et si quelqu'un s'était acharné à lui transmettre un peu d'affection coûte que coûte ? Est-ce qu'il serait le plus grand mage noir de tous les temps à mon époque ? Et si… ?

Dumbledore m'avait toujours dit que le passé de Voldemort était la clé du problème, qu'il expliquait tout ce qu'il était. Alors peut-être que ça ne changeait rien si j'intervenais ou peut-être que si, ça altérerait mon présent et le rendrait meilleur.

Après tout, je ne pouvais décemment pas rester là sans rien faire ! Mes résolutions de n'intervenir d'aucune façon s'effondraient peu à peu. Et une phrase de Dumbledore me revint : « avec la magie rien n'arrive jamais par hasard, ne l'oubliez pas ». La version du hasard douteux où je tombais à l'époque des gros changements pour notre très cher mage noir préféré n'était pas très nette. Ce ne pouvait être une coïncidence ! Ou peut-être que si…Oh et puis après tout je m'en fichais ! Et le risque en valait sûrement la chandelle.

- Ton nom c'est Tom Riddle n'est-ce pas ? demandai-je d'un ton que je voulus neutre.

Il hocha simplement la tête.

- J'ai vu que nous étions dans le même dortoir, nous allons nous croiser souvent n'est-ce pas ? continuai-je sans me décourager.

De nouveau un hochement de tête. Je me tus cette fois, apparemment il n'avait pas le sens de la conversation… Pas étonnant que personne ne tente d'approche plus concrète. Il était sérieusement décourageant ! Je me mis à me balancer nerveusement sur ma chaise. Je lançai un discret tempus. Ouf, plus que quelques minutes ! Le silence n'était pas agréable, comme si quelque chose était en suspens entre nous dans l'air.

Soudain, un incident auquel je ne m'attendais pas survint, ma cicatrice me lança brutalement. J'arrêtai brusquement le mouvement balancier de ma chaise et me redressai une main plaquée sur ma cicatrice. Est-ce que Voldemort pouvait m'atteindre d'ici ? Pouvait-il m'envoyer des visions atroces à travers le temps ? Où était-ce une simple perturbation due au changement d'époque ?

La cloche se déclencha et je rangeai en vitesse mes affaires et attendis Cameron et Declan à la sortie. Declan me fila une accolade amicale et m'offrit un sourire éclatant puis nous prîmes le chemin de notre prochain cours à savoir histoire de la magie. Est-ce que Mr. Binns était toujours en vie à cette époque ?

J'entrai dans la salle et avisai sa silhouette spectrale. A l'évidence non. Apparemment il était mort seulement quelques années plus tôt, mais son cours restait d'un niveau soporifique élevé et je ne tardais pas à m'endormir à peine arrivé.

Lorsque la cloche se fit entendre, je m'éveillai en baillant et en m'étirant largement. Je pris mon sac et suivis à nouveau Cameron et Declan qui babillait joyeusement sur notre entraînement prévu après le repas. Il nous pressa d'aller plus vite dans la grande salle et nous pressa quasi autant de manger. Cameron m'indiqua au fil de la discussion qu'il jouait comme batteur dans l'équipe.

Après avoir englouti quelques légumes et un maigre morceau de poulet, je me fis embarquer par un Declan débordant d'enthousiasme. J'avoue que je l'étais aussi à l'idée de voler à nouveau.

Nous devions passer par le dortoir pour récupérer nos balais avant de partir pour le terrain de Quidditch. Arrivé devant ma valise, je déminiaturisai mon balai et là, je fis face à un problème de taille. L'Eclair de Feu n'était pas encore sorti, je réfléchis aux possibilités que j'avais. Emprunter un balai à l'école ? À cette époque il devait exister la gamme des Comète et des Brossedur. Trop lent, j'aurai l'impression de me traîner Non ! Mieux ! J'allais juste enlever le nom sur le manche. Je mis un certain temps à trouver une formule assez efficace pour effacer l'inscription scintillante puis je rejoignis les autres qui m'attendaient dans la salle commune. Cameron avisa mon balai et l'examina.

- Je ne connais pas ce balai. Où l'as-tu eu ? Il n'y a aucun nom ! me demanda-t-il perplexe.

- C'est un ami à mes parents qui me l'a ramené de l'étranger mais je ne sais plus exactement quel pays. Je sais juste qu'ils y font vraiment d'excellents balais ! répondis-je joyeusement évitant son regard sachant que je ne savais pas vraiment mentir.

Declan me lança un regard sceptique par-dessus l'épaule de Cameron mais ne dit rien. Nous partîmes donc vers le terrain. Arrivés là-bas, nous sortîmes la malle des balles de la réserve. Des élèves discutaient dans les gradins, l'endroit étant propice en dehors des matchs à l'étude ou simplement pour discuter en prenant le soleil. Ils étaient plutôt nombreux en cette journée étrangement ensoleillée d'Octobre.

- Hé Harry! Me lança soudain Declan avec un air conspirateur inquiétant sur le visage.

Il ouvrit la malle d'un geste brusque et libéra le vif qui, aussitôt, déplia ses petites ailes dorées et s'envola à une vitesse incroyable à travers le terrain

- Attrape-le si tu peux, me dit-il avec un sourire narquois.

Il n'avait pas fini sa phrase que déjà j'avais enfourché mon Eclair de Feu et m'élançai d'une pression du pied sur le sol. Le vent s'engouffra dans mes cheveux que j'avais laissés détachés pour une fois. Je sentis l'air frais fouetter mon visage, faire claquer ma chemise sous sa pression. Je me sentais vivre, comme si une force incroyable s'emparait de moi. Je sentis ma magie frétiller de joie en moi et palpiter comme un cœur géant dans ma poitrine.

Une fois les sensations un peu calmées, je fis le tour du terrain pour repérer la petite balle dorée et capricieuse. Je sondai du regard les gradins quand je l'aperçus près des buts. Je n'attendis pas une seconde et fondis à pleine vitesse sur elle. Elle changea brutalement de direction et remonta toujours plus haut vers le ciel. Je montai en chandelle à sa suite mais la coquine me fit faire de nombreuses pirouettes, demi-tours et virages serrés avant de redescendre d'un seul coup. Je fondis en piquet sur elle. J'entendis des cris dans la troupe d'élèves présents et une voix féminine hurler que j'allais m'écraser. Mais je maîtrisai parfaitement mon balai et cette feinte était ma préférée. Je me redressai à quelques centimètres du sol, tenant la petite balle dorée fermement dans mon poing. J'atterris près de Declan en lui lançant un grand sourire. Lui me regardait, les yeux écarquillés, la bouche entre ouverte.

- Waouh ! me lança Cameron. Je ne m'attendais pas à ce que tu voles aussi bien ! Qui t'a entrainé ?

- Personne, j'ai appris seul et déjà joué contre des amis c'est tout, répondis-je avec un sourire.

- La vache, tu avais raison, ce balai à l'air excellent ! s'exclama Declan ahuri.

Pas étonnant que mon balai ait l'air rapide vu les balais de l'époque…

Je sentis à nouveau qu'un regard lourd me fixait et je sentis un frisson me parcourir l'échine. Je me tournai brusquement et vis Tom dans les gradins qui me regardait, le nez relevé d'un livre qu'il était sans doute venu lire tranquillement ici.

Je soutins son regard jusqu'à ce qu'il se lève et parte. Je ne comprenais pas vraiment ce que signifiaient tous ces regards insistants, semblant toujours me poser des questions sans jamais qu'aucune ne franchisse ses lèvres.

Je me ressaisis et m'élevai à nouveau avec mon balai.

- Allez Cameron, Declan, on se réveille ! A vous de me montrer ce que vous savez faire ! criai-je en prenant de la hauteur.

Ils avaient hélas tout vu des regards que Riddle et moi avions échangés mais apparemment Declan choisit de tenir sa langue. Pas de doute que j'en entendrai parler plus tard. Ils se saisirent à leur tour de leur balai et s'élevèrent du sol.

Nous rentrâmes au château à seize heures pour le cours de défense contre les forces du mal qui était tenu par un professeur que je ne connaissais pas : Elias Scringe. Le cours portait sur le sort du patronus. Seulement Scringe précisa bien qu'il s'attendait à ce qu'aucun de nous ne réussisse entièrement. La classe devint alors chaotique au milieu de brumes de patronus ratés et de sortilèges mal lancés. Je m'appuyai sur un mur dans un coin, attendant que le temps passe en regardant Declan et Cameron faire apparaître une simple brume. Le professeur Scringe s'avança vers moi, la mine sévère et les lèvres pincées.

- Monsieur Evans, vous n'êtes pas dispensé de cours aux dernières nouvelles ! Faites donc l'exercice ! Allez-y je vous regarde !

Sauf qu'il ne savait pas que j'avais appris à produire un patronus en troisième année. Je poussai un long soupir et sortis ma baguette de la poche arrière de mon jean. Je me concentrai sur un souvenir particulièrement heureux, ce souvenir si lointain de mes parents, jusqu'à sentir cette flamme briller en moi et me consumer.

- Spero Patronum, lançai-je d'une voix distincte et clair.

Un halo lumineux sortit de ma baguette en ondes légères m'entourant d'un rayon bleuté, puis le corps d'un magnifique cerf géant se dessina lentement. Il était impressionnant et sa stature était noble. Je passai ma main sur sa tête tandis qu'il tournait autour de moi dans un trot léger. Le professeur Scringe me fixait, bouche bée. La plupart des élèves s'étaient arrêtés et les filles gloussaient en me regardant puis en regardant l'animal.

- Regarde ça, il est magnifique !

- T-Très bien, Monsieur Evans, dix points pour Serpentard, dit-il d'une voix hésitante, les yeux passant du cerf lumineux à moi.

Il repartit vers l'avant de la classe ce qui permit à Tom de rester dans l'ombre sans même sortir sa baguette, mais je le soupçonnai de déjà parfaitement réussir ce sort. Et je n'avais aucun doute quant à sa forme. Sans hésitation, celle d'un serpent. Je rappelai le cerf vers moi, profitant agréablement que ma magie soit assez puissante pour le maintenir aussi longtemps que je le désirai. Il amena avec lui une vague de sérénité et de joie indescriptible et je fus reconnaissant de pouvoir ressentir cela en cet instant. Il posa sa tête sur mon épaule, frottant son museau vaporeux contre ma joue. Étrangement il dégageait une forte chaleur. Je passai délicatement ma main le long de ses bois.

Un des livres que m'avait légué Sirius parlait des patronus. Il me semblait que lorsque nous en avions parlé, il m'avait dit qu'un patronus pouvait changer de forme. En effet, plus le sorcier mettait de force magique dans le sort, plus l'animal serait imposant. Je m'interrogeai vaguement sur la forme que prendrait le mien si je lui insufflai toute mon énergie magique…

Le cours se termina sans encombre, certains parvenaient à sortir une brume assez épaisse de leur baguette et Scringe annonça qu'il attendait de nous tous un entrainement rigoureux dans les mois à venir et que nous ne lancerions le sort en situation que dans quelques mois. Il utiliserait sans doute un épouvantard pour nous mettre en condition. Je frissonnai au souvenir de ces créatures.

Je sortis du cours et prévins Declan et Cameron que je rentrerai plus tard au dortoir, j'avais envie d'étudier un peu à la bibliothèque et surtout d'éviter les questions sur notre comportement somme toute étrange à Riddle et à moi...

Arrivé là-bas je m'installai à une table en retrait, hors du champ de vision de la bibliothécaire qui semblait encore plus acariâtre, si c'était possible, que cette vieille Mrs Pince. Je sortis un de mes livres d'enchantements supérieurs et un bout de parchemin. Je me plongeai attentivement dans ma lecture ne m'arrêtant seulement pour griffonner quelques notes utiles.

J'étais dans un état de concentration extrême quand je sentis un souffle chaud dans mes cheveux. Je sursautai violemment, saisis ma baguette posée sur la table, me retournai et la pointai tel un poignard sur la gorge de la personne derrière moi. A peine avais-je fait ces gestes que je me sentis profondément idiot. Qui pouvait bien m'en vouloir à cette époque ? Ici je n'étais personne. Aussi je levai la tête et découvris que mon « agresseur » n'était autre que Tom. Je ne l'avais même pas senti arriver, il avait négligemment appuyé ses mains sur le dossier de ma chaise, le corps légèrement basculé en avant, son visage situé au-dessus de ma tête. Il n'avait pas l'air particulièrement stressé par la baguette sous sa gorge, il me lançait seulement un regard…interrogateur ?

- Désolé, marmonnai-je en retirant ma baguette. Réflexe.

- Drôle de réflexe, Evans, lança-t-il d'une voix traînante et je me sentis vraiment, mais alors vraiment, très idiot.

Je hochai la tête et il s'assit face à moi sans que je ne l'y aie invité. Il croisa les mains sous son menton et me fixa. Je ne savais plus comment réagir et je triturai nerveusement ma baguette entre mes doigts. J'hésitai entre replonger dans mon livre comme si de rien n'était, même si me concentrer relèverait de l'impossible, ou essayer d'engager la conversation tout en étant préparé à me prendre de fabuleux vents en pleine face. Je n'eus pas à réfléchir plus longtemps car il me devança.

- D'où vient cette cicatrice ? demanda-t-il sans cesser de me fixer droit dans les yeux.

J'en restai comme deux ronds de flan. Que répondre ? « Ah ça ? C'est ton futur toi maléfique qui me l'a faite en tentant de me tuer, la nuit même où il a froidement assassiné mes parents ! Ah oui c'est vrai j'avais oublié de te dire ! Tu vas devenir un vilain mage noir sanguinaire d'ici quelques années et pour survivre je devrais te tuer de mes propres mains avant que tu ne parviennes à mettre fin à ma courte et triste existence! Mais rien n'empêche que l'on soit ami ! ». Haha.

- Oh… euh une mauvaise chute qui a laissé une trace, rien de plus, dis-je avec un petit rire nerveux.

A ma grande surprise, je le vis tendre la main vers mon visage. J'étais tellement stupéfié que je ne pensai même pas à reculer ou à écarter sa main. Sa main fraîche effleura plus qu'elle ne toucha ma cicatrice. Nous eûmes tous les deux un sursaut à ce contact étrange et des frissons me parcoururent tout le corps. Je me sentis pris de vertiges et me levai brusquement, rompant le contact. Je fourrai mes affaires pèle-mêle dans mon sac et partis, sans un regard pour Tom, le plus vite que mes jambes le supportait. Ce n'est qu'arrivé au cachot près de la salle commune que je m'autorisai à souffler.

Que s'était-il passé ? Je regardai mes bras et remarquai que j'avais encore la chair de poule. Je tremblais de tous mes membres. Des ondes de chaleur quasi douloureuses semblaient se rependre depuis ma cicatrice jusqu'à la pointe de mes cheveux et le bout de mes pieds.

A suivre…


Chapitre mis à jour et donc corrigé, cela n'exclut pas que j'ai laissé passer des bourdes, comme d'hab' xD

Merci d'avoir lu, les asticots !

Lot of Love,

Jelyel.