Bonjour !

Aujourd'hui les choses se compliquent encore et les drames se multiplient... le prochain chapitre sera posté dimanche !

Guest : Merci beaucoup ! Effectivement, cela peut paraître un peu excessif pour une simple rébellion... mais qui donc pourrait être derrière tout ça ? Réponse dans quelques chapitres !


Requiem

Chapitre 4

oOo

C'était un cauchemar.

Elle allait bientôt se réveiller.

Pour la quatrième fois depuis le début de la semaine, Emma pénétra dans le hall du lycée, appréhendant ce qu'elle allait trouver.

C'était un désastre.

D'abord Alexandra, puis le jour de sa mort, Charlotte, la fille de quatorze ans d'Aurore et Philippe, s'était effondrée en plein milieu du gymnase. Le lendemain, c'était au tour d'Aaron de tomber dans le coma. Pour se consoler, Emma s'était dit qu'au moins, ses parents n'étaient pas obligés d'assister à ce spectacle affligeant... Et puis, elle avait songé à leur réaction lorsqu'ils rentreraient et qu'ils découvriraient leur fils mort.

Mais ça, c'était en supposant qu'ils parviennent à lever la barrière sur la frontière...

Emma éprouva une brusque envie de faire demi-tour. Elle ne supportait plus de voir des gamins dépérir sans pouvoir rien y faire.

Des larmes perlèrent au coin de ses yeux lorsqu'elle reconnut Tobias, le fils de Lily et August.

Son amie d'enfance ne pleurait pas. Dans ses yeux, la colère l'avait emporté sur la tristesse. Lorsqu'elle pivota vers elle, son regard la poignarda comme un pic à glace.

« C'est fini, hein ? »

Emma ne sut que répondre. Que pouvait-elle dire ? Que Whale travaillait sur un traitement ? Qu'il y avait toujours de l'espoir ?

Nul n'était dupe. Face à la magie, la médecine ne pouvait rien. Quant à l'espoir... s'il y en avait eu, il s'était évaporé à la minute où le cœur d'Alexandra avait cessé de battre.

« Je suis désolée, Lily. Tellement désolée... »

Elle se mit à pleurer malgré elle. Que ferait-elle si la même chose arrivait à Rachel ? Ou Louise ? Sa petite Louise...

August ne disait rien, se contentant de caresser les cheveux ébouriffés de son fils.

« Je pense qu'il est inutile de chercher le coupable plus longtemps. »

« Comment ça ? » s'alarma Emma. « Tu sais quelque chose ? »

Lily rit amèrement.

« Ne me dis pas que tu n'as pas fait le rapprochement ? Qui serait assez puissant pour établir une barrière magique à la frontière et assez cruel pour s'en prendre à des enfants ? »

« Lily, » murmura August. « Il faut que... »

« Non ! »

Furieuse, elle dévisagea l'assistance du regard. Elle cherchait quelqu'un.

Qu'elle finit par trouver, à moitié caché derrière les cheveux roux de sa sœur.

« C'est lui le coupable. »

Tous les regards convergèrent vers Jules qui écarquilla les yeux. Une fois de plus, sa ressemblance avec son père frappa Emma.

Mais ça s'arrêtait là.

Jules ne pouvait pas être coupable.

« Non, » déclara Emma. « C'est impossible. »

« C'est le fils du Dieu des Morts. Et sa mère n'est pas totalement saine d'esprit non plus... enfin, Emma, ouvre les yeux ! Qui d'autre se pourrait-il être ? »

Les murmures enflèrent. Emma fut déconcertée par la facilité avec laquelle les autres élèves s'étaient laissés convaincre.

Puis, elle comprit. Il leur fallait un coupable à tout prix, l'assurance que celui-ci avait été arrêté et ne pourrait plus jamais nuire à personne.

Tout le monde s'écarta de Jules. Seule Robin ne le lâcha pas d'une semelle et se plaça devant lui telle une lionne défendant son petit.

« Avez-vous perdu l'esprit ? C'est impossible ! »

« Tu ferais mieux de l'arrêter, Emma... avant que quelqu'un d'autre ne s'en charge, » cracha Lily.

La mort dans l'âme, elle se résolut à attraper doucement Jules par le bras pour l'entraîner vers l'extérieur, Robin sur les talons.

Elle ne manqua pas les regards inexpressifs de Louise et de Neal en passant devant eux. Elle fut déçue de ce manque de soutien familial, mais elle avait d'autres choses auxquelles penser.

Comment diable allait-elle sortir Jules de là ?

Cette journée était vraiment un cauchemar.

oOo

« Je veux le voir. »

« Tu ne peux pas pour l'instant, Emma est en train de l'interroger... »

Le regard de pure haine que lui jeta Zelena fit reculer Regina d'un pas.

« Je me fiche de savoir ce qu'Emma est en train de faire. Je veux le voir. »

Regina ne bougea pas.

« Écoute moi bien, Regina, » gronda t-elle. « Si tu ne me laisses pas passer, je te jure que je réduis cette endroit en cendres. »

Cette fois, elle se résolut à s'écarter. Elle connaissait assez Zelena pour savoir qu'elle ne plaisantait pas.

Heureusement, Emma avait fini d'interroger Jules et finissait de le raccompagner jusque sa cellule quand la rousse déboula dans la pièce. Robin, recroquevillée sur elle-même, accueillit sa venue d'un regard plus que soulagé.

« Il est innocent, » clama Zelena sans même écouter ce qu'Emma avait à dire. « Il est innocent et j'exige que tu le laisses sortir. »

« Écoute, Zelena... la situation est... compliquée. »

Regina eut pitié d'Emma qui semblait totalement dépassée par les événements. Elle força Zelena à s'asseoir et lui expliqua en quelques mots que la moitié de la ville s'était à présent retournée contre Jules, ayant trouvé en lui le coupable idéal.

« Et... enfin, ce n'est pas tout, » poursuivit-elle, soudainement plus hésitante. « Depuis quelques heures, je reçois des dizaines d'appels... des témoignages d'élèves, pour la plupart, rapportant avoir vu Jules jeter des maléfices aux victimes. »

Zelena sembla manquer d'air quelques secondes et chercha ses mots.

« C'est... c'est... ridicule. Jules n'a jamais fait de mal à personne ! Ce n'est pas lui ! Regina, dis quelque chose ! Tu l'as vu grandir... tu m'as aidée à l'élever... »

Elle eut le cœur brisé par son désespoir. Robin, submergée par l'émotion, fondit en larmes et se jeta dans les bras de sa mère. Jules, assis dans sa cellule, gardait le silence, les yeux baissés.

« Je sais, Zelena. Je sais que ce n'est pas lui. Mais il est impossible de ne pas prendre en compte tous ces témoignages... »

« Ce sont des mensonges ! » s'emporta Zelena. « Il n'est pas Hadès ! Il n'est pas son père... »

A la mention de celui-ci, Jules sursauta.

« Zelena, nous savons, » dit Emma d'une voix ferme. « Et je te jure que la seule chose que je souhaite est de le laisser partir. Et ce que je ferai, une fois que j'aurai mis la main sur le coupable. Je te le promets, d'accord ? Personne ne touchera à ton fils. »

« Elle a raison, Maman, » dit Jules, prenant la parole pour la première fois. « Je lui fais confiance. Elle prouvera que je suis innocent. En attendant, je ne risque rien ici. Mais dehors... les gens me détestent à cause de mon père. Ils m'ont toujours détesté. Toute cette histoire n'a fait que mettre le feu aux poudres... »

Il faisait preuve de tant de lucidité que Regina eut encore plus honte d'elle même. Elle tolérait que son neveu soit traité comme un criminel...

« Tu ferais mieux d'y aller... je sais que me voir enfermé ici te rend triste, et tu sais que je n'aime pas te voir pleurer. »

Jules était peut-être bien la personne la plus empathique qu'elle ait jamais rencontrée. Si Zelena se résolut à partir, la mort dans l'âme, ce ne fut pas le cas de Robin qu'il fallut forcer à lâcher la main de son frère.

Toutes deux avertirent qu'elles reviendraient le lendemain à la première heure avant de partir. Regina sortit prendre l'air quelques instants pour s'aérer l'esprit, bien vite rejointe par Emma.

« C'est une vraie catastrophe, hein ? » soupira le shérif.

« Comme tu dis. »

« ...tu sais que si on ne trouve pas le responsable rapidement, je n'aurais pas d'autre choix que de déclarer Jules coupable ? »

« Zelena ne le supportera jamais. »

« Je sais. Je sais. »

Regina savait qu'elle savait – et c'était bien le pire.

oOo

« Ils ont arrêté Jules, aujourd'hui, » annonça Rachel en se tordant les mains.

Elle venait juste de rentrer du lycée et Snow n'avait pas manqué de remarquer les larmes dans ses yeux.

« Je sais... Emma m'a tout raconté. »

David, lui, était à l'hôpital au moment des faits, en train de tenter vainement de rassurer Aurore et Philippe – pour mieux dissimuler que la petite Charlotte n'en avait plus que pour quelques heures.

Fait étrange, Neal était revenu en même temps que sa sœur. Snow eut un regain d'espoir : peut-être avait-il été affecté par ce qui était arrivé à Jules ?

Cependant, elle déchanta bien vite.

« Je ne vois pas pourquoi tu pleures, Rachel. Il est coupable, après tout. »

« Comment peux-tu dire une chose pareille ? » s'effara sa sœur. « Je connais Jules. Il est si gentil... »

« Il est flippant, tu veux dire. Il est toujours dans sa bulle, et il parle à peine aux autres à part Robin, toi et Aaron... enfin, quand il était encore en vie. »

Le manque de tact de Neal choqua Snow une fois de plus. Aaron était pourtant toujours vivant.

Il se leva du canapé et prit la direction de sa chambre.

« Mais que pouvait-on attendre d'autre du fils d'Hadès ? »

Rachel fondit alors en larmes.

« C'est horrible... pourquoi est-il toujours si méchant ? Jules n'a rien fait ! »

« Je sais, ma chérie... je sais... » murmura Snow en la serrant dans ses bras.

Elle eut toutes les peines du monde à la calmer et à la persuader que demain serait un meilleur jour. Ses discours d'espoir avaient perdu en efficacité, semblait-il.

Épuisée par toutes ces émotions, elle finit par aller se coucher directement.

Snow attendit le retour de David, les mains croisées. Quand il rentra, elle devina ce qui s'était passé avant même qu'il prenne la parole. Ses yeux parlaient pour lui.

« Charlotte et Aaron sont morts. Leur cœur s'est arrêté de battre. Tobias suivra sans doute demain... »

Toute leur impuissance lui était insupportable.

« Il ne s'agit plus de savoir si il y aura un prochain, mais qui est le prochain... » se désola David.

La situation avait rarement paru si désespérée. Même quand ils étaient aux Enfers ils n'avaient pas été si pessimistes quant à leur avenir...

« Je ne comprends pas, » avança Snow. « Ce sont des enfants... pourquoi s'en prendre à eux ? Qu'a à gagner le responsable ? »

C'était un mystère a priori insoluble...

oOo

« Je suis désolée que ton retour se passe dans de telles conditions... » soupira Regina.

Elle était seule avec Henry dans la cuisine. Celui-ci l'observait s'affairer à préparer le repas.

« Ne t'en fais pas, Maman. Ce n'est pas de ta faute... Rien n'est de ta faute... »

La façon dont il l'avait dit semblait donner un sens caché à ses paroles, mais Regina ne parvint pas à mettre le doigt dessus.

Henry avait les traits tirés et une expression soucieuse sur le visage.

« Tu veux me parler de quelque chose ? » l'encouragea t-elle en venant s'asseoir en face de lui. Elle lui attrapa les mains et les serra.

Regina le connaissait par cœur, les moindres de ses mimiques et aucun changement de comportement ne pouvait passer inaperçu à ses yeux.

« Eh bien... » hésita t-il. « J'ai menti. Violet n'est pas surchargée de travail comme je l'ai dit... »

Tout avouer semblait lui coûter beaucoup.

« En ce moment, ça ne va pas fort entre nous... alors j'ai préféré prendre un peu de distance. »

Henry avait l'air si triste qu'elle entendit presque son cœur se briser. Les larmes lui montèrent aux yeux.

« Tu ne m'en veux pas ? » demanda t-il, presque craintivement.

« Oh, mon chéri... bien sûr que non. Je ne pourrais jamais t'en vouloir... »

Il lui adressa un sourire timide qui la fit fondre.

Il était toujours son petit héros. Son petit prince.

« Il y a des hauts et des bas dans tous les couples... »

« Très franchement, je doute que ça s'arrange, » déclara t-il sombrement. « Nous ressemblons plus à Emma et Killian qu'à Snow et David... »

Regina regretta de ne pas pouvoir l'aider autrement qu'en lui offrant tout son soutien. Hélas, les sentiers de l'amour étaient parfois bien périlleux...

« Enfin, c'est la vie, » conclut-il avant qu'elle ait pu ajouter quelque chose. « Désolé de t'avoir dérangée avec mes histoires... »

« Tu sais bien que tes histoires ne me dérangent jamais. »

Il s'esclaffa et l'embrassa sur la joue.

« Je vais voir comment va Evan. »

Restée seule, Regina soupira. Décidément, le Véritable Amour n'avait semblait-il plus beaucoup de sens...

Elle pensa à tous ces couples qui ne se remettraient sans doute jamais de la mort de leur enfant.

Sean et Ashley. Rumple et Belle. Philippe et Aurore. August et Lily.

Une boule au ventre, elle ne préféra pas penser à ce qui adviendrait de Snow et David si la même chose devait arriver à Rachel ou Neal...

Son esprit divagua ensuite vers Jules. Elle le croyait innocent, voulait le savoir innocent.

Se pouvait-il qu'il soit coupable malgré tout ?

Peut-être que, malgré tous ses efforts, il n'avait pas réussi à échapper à l'héritage terrible que lui avait laissé son père.

Zelena la tuerait pour avoir de telles pensées. Et ça n'avait pas de sens. Sa sœur avait raison : elle avait vu grandir Jules. Ça ne pouvait pas être lui.

Et pourtant...

Elle se haïssait d'avoir laissé le doute s'insinuer dans son esprit.

oOo

« Comment vis-tu tout ça ? »

Médusée, Louise la dévisagea sans répondre. Emma dut reconnaître ô combien la situation devait apparaître comme ironique.

Ils étaient tous les trois à table, et ce n'était pas arrivé depuis un sacré bout de temps. Il fallait que la ville soit presque à feu et à sang pour qu'ils parviennent à mettre leurs différents de côté le temps d'un repas...

Louise haussa les épaules.

« Normalement. Que veux-tu que j'en pense ? »

« Eh bien... je ne sais pas. Charlotte était avec toi dans certains cours, non ? Et Tobias aussi, d'ailleurs ? Et puis, tu connaissais Alexandra et Aaron... »

Killian la laissa parler, les sourcils froncés. Leur fille semblait assez mal à l'aise.

« Oui, enfin... on n'était pas amis. Je ne leur parlais pas vraiment. »

« ...ah. »

Elle ne savait que penser de son détachement apparent. Cachait-elle ses émotions, ou était-elle aussi peu affectée qu'elle le laissait paraître ? Elle chercha en vain un vague soutien de Killian, mais celui-ci ne semblait pas plus apte à décoder le comportement de Louise.

« Et si c'était Neal, le prochain ? Comment réagirais-tu ? »

« Neal ? C'est impossible. »

Son air catégorique la fit presque sourire. Elle idéalisait tellement son oncle qu'elle le pensait invulnérable...

« Et de toute façon, tu as arrêté Jules, non ? Il n'y aura pas de prochain. »

« Nous savons tous que Jules n'est pas coupable, » intervint Killian.

« Ouais... bien sûr... »

Elle ne décrocha plus un mot de tout le repas et demanda rapidement l'autorisation de sortir de table. Emma et Killian se retrouvèrent alors en tête à tête, comme ça arrivait de plus en plus rarement.

« Elle n'a pas l'air perturbée, » fit celui-ci. « C'est plutôt une bonne chose. »

« Hmm... peut-être. Et si c'était vraiment Jules ? » lança t-elle d'une voix atone.

Killian la dévisagea avec surprise.

« On a peut-être raté quelque chose... un signe, n'importe quoi, montrant qu'il allait mal... c'est peut-être sa façon d'appeler à l'aide... »

« Tu ne penses pas ce que tu dis, quand même ? Il supporte à peine d'entendre le nom de son père, alors suivre ses traces ? Vraiment, Emma ? »

La honte la submergea alors.

« Oui... oui, bien sûr. Tu as raison, c'est impossible... »

Mais alors, qui était vraiment responsable ?