Wahou ! Ça faisait longtemps ! Milles excuses pour mon retard, mais maintenant que les examens anticipés sont passés et que les vacances sont là, je compte bien me détendre et profiter de mon temps libre pour écrire !

Bonne Lecture !


Chapitre 4 : Duel inattendu.

Light fut projetée au sol et roula, se retrouvant face contre terre. L'homme s'approcha de ce corps crispé de douleur, la tourna sur le dos d'un violent coup de pied dans les côtes.

- Alors, c'est tout ce que tu sais faire ? Tu étais pourtant bien plus forte…

Il s'agenouilla à côté d'elle, un sourire aux lèvres, amusé et mauvais à la fois.

- Mais c'est vrai qu'il est difficile de se battre quand on essaye de préserver ce qui vous héberge, n'est-ce pas, Light Maze ?… Ou devrais-je plutôt t'appeler par ton vrai nom…

Les lèvres de l'homme bougèrent, laissant passer trois syllabes distinctes.

Etzumy se réveilla brutalement, en sueur. Cette nuit, encore… Encore ce genre de rêve… La jeune Hakura effleura ses lèvres du bout des doigts. Ces trois syllabes… Elle ferma les yeux et essaya de les reproduire, en vain. A chaque fois qu'elle esquissait un mouvement des lèvres, les images s'enfuyaient.

Un gémissement résonna dans sa tête, suivi d'un long soupir. Light se réveillait, doucement mais sûrement.

- Dis-moi…, murmura Etzumy après un silence. Quel est ton nom… ?

« Mon nom ? » répéta la voleuse dans un bâillement sonore. « Light… Light Maze… Why ? »

L'hôte ne répondit pas et se passa une main sur le visage. Elle secoua violemment la tête, histoire de se sortir une fois pour toute de son brouillard, et se leva, dérangeant le petit démon noir qui continuait de sommeiller gaillardement. Mais à peine fut-elle debout que le sol s'ouvrit sous ses pieds. Réprimant un petit cri de surprise, elle se rattrapa vivement au bord du parquet.

- Il va… vraiment falloir… que j'en touche deux mots… à Maman ! grogna-t-elle en se hissant hors du trou béant dans le sol.

« Tu crois vraiment que ça va changer quelque chose ? » rit Light, bizarrement bien réveillé et de bonne humeur. « Tu as de l'espoir Etzu ! Mais on dit que l'espoir fait vivre ! »

La jeune voleuse tira malicieusement la langue à sa partenaire, qui essayait d'étouffer son rire dans une quinte de toux artificielle. La bonne humeur était enfin de retour, il était temps !

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Etzumy, les cheveux blancs-argenté encore mouillés et une serviette sur les épaules, descendit les escaliers en prenant soin de n'activer aucun des pièges qui étaient disséminés par-ci par-là. Mais ce fut Wizu qui, voulant rattraper l'adolescente, en déclencha une multitude ! Et ce fut un joyeux concert d'exclamations et d'objets, plus ou moins dangereux, lancés. Ayato, qui lisait le journal en prenant son café, vit débouler sa fille comme une flèche en bas des escaliers, un petit démon tétanisé dans les bras.

- Je crois que je ne m'y ferai jamais…, railla-t-il gentiment avant d'avaler une gorgée.

- C'est exactement… ce que j'étais… en train de me dire ! répliqua Etzumy, légèrement haletante.

Elle se laissa tomber sur une chaise et posa Wizu sur ses cuisses. Son père la détailla un instant, puis lui tendit un morceau de papier :

- Erei m'a laissé ça pour toi.

La jeune voleuse le prit. C'était une carte d'annonce, mais vierge. Sa mère n'avait rien écrit. Elle la fixa en silence, alla chercher un stylo dans son sac laissé à près des escaliers, et s'installa à table. Elle réfléchit un instant, puis écrivit :

Ce soir à 20h,

Je reprendrai possession de Loyalität.

Light.

La jeune Hakura sentit presque Light ronronner de plaisir.

- Ça ne fait tout de même pas si longtemps que tu es sortie.

« Je sais je sais… Mais cette soirée va être… intéressante… ! »

L'hôte fronça les sourcils et voulut lui demander de s'expliquer, mais son père lui remarquer l'heure. "Légèrement" paniquée, elle attrapa une tartine, prit son sac, et fila hors de la maison, encore vivante… ou presque !

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- L'exposition temporaire est au deuxième étage ! Rendez-vous ici dans une heure et demie !

Les groupes se séparèrent, en quête des réponses au questions tordues de leur professeur de musique. Maki, à la droite d'Etzumy, fixa sans intérêt une collection de hautbois finement ornés, septique. Elle finit par lâcher :

- Franchement… C'est bizarre d'exposer des instruments de musique dans un musée d'art…

- C'est parce que la musique est un Art ! sourit Alexander, mais il finit par balayer la pièce du regard : Mais où est partie Hakura-san ?…

Maki regarda autour d'elle. Etzumy s'était volatilisée…

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« A gauche ! »

- Je ne peux pas, murmura Etzumy, c'est interdit au public…

« Et depuis quand les voleurs respectent les interdits ? » railla Light. « Et dépêche-toi si tu ne veux pas être vue ! »

La voleuse avait prononcé les mots magiques. Après un dernier coup d'œil derrière elle, son hôte passa sous le cordon et s'enfonça dans un couloir non éclairé. Elle faisait attention aux systèmes de sécurité qui étaient présents, ainsi qu'aux quelques caméras de surveillance. Se tenant judicieusement hors du champ de vision des caméras, elle arriva dans une immense pièce. Haute de plafond et éclairée par de grandes fenêtres qui donnaient l'impression de se trouver dans une baie vitrée, elle rassemblait plusieurs collections de violons. Tous endormis dans des vitrines, alors qu'un seul se trouvait au centre de la pièce, à l'air libre, sur un piédestal. L'hôte sentit l'attention de la voleuse se concentrer sur ce violon, et elle le détailla de loin. Sa respiration se bloqua.

- C'est… c'est pas possible… Light ! C'est le violon que…

« Que tu as imaginé et que j'ai peint, oui… C'est tout sauf un hasard, Etzumy. »

- Mais… Je ne l'avais jamais vu ! Et il a l'air exactement identique !

« Je viens de te le dire. C'est tout sauf un hasard ! Tu as pioché inconsciemment dans mes souvenirs. »

- Je peux faire ça ?

« J'en suis la première étonnée… Mais c'est peut-être parce que tu es proche de moi… »

- Mais toutes tes hôtes sont proches de toi, puisqu'on vit dans le même corps !

« Je ne parle pas de proximité physique ou de familiarité… 'Ttention ! »

Etzumy se sentit violemment rejetée et fut projetée en arrière. Doucement, elle se releva en gardant une main sur le mur. Elle avait mal… Pas une douleur physique, mais plus en profondeur. Essayant de respirer normalement, elle sentit une aura désagréable entourer le violon et se déployer dans la salle. Une aura agressive.

« Laisse-moi faire. » souffla Light tel un fantôme.

Etzumy hocha doucement la tête, ferma un instant les yeux, et lorsqu'elle les rouvrit, les iris étaient devenus bruns. Light, sous sa véritable apparence, s'avança vers l'instrument dont l'aura agressive s'était atténuée. Les systèmes de sécurité se désactivèrent d'eux-mêmes. Du bout des doigts, elle caressa le bois blanchi avec un léger sourire :

- Je suis revenue, ma chère Loyauté… Mais attends-moi encore un petit peu, je ne peux pas t'emmener tout de suite…

Elle sentit les cordes vibrer imperceptiblement, comme si l'esprit qui l'habitait lui répondait. Cela faisait plus de deux siècles que l'instrument avait attendu, il pouvait le faire encore quelques heures. Light sourit encore, doucement, et elle ferma les yeux. Les doigts posés sur la table d'harmonie, elle laissa la place à son hôte. Celle-ci sentit que l'aura agressive revenait, mais elle se résorba complètement au bout de quelques petites secondes.

« Il a compris que tu étais moi, il ne te fera plus rien. » souffla la voleuse à l'intérieur.

Etzumy hocha légèrement la tête, puis sortit de sa poche l'annonce du vol qu'elle posa sur le piédestal. Elle se retourna et courut vers la salle des vents, où elle avait laissé Maki et Alexander.

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Alexander restait adossé au mur, observant d'un œil vide les policiers s'affairer et repousser les quelques journalistes et fans venus sur les lieux. Ce qu'il avait craint en apprenant l'exposition de l'héritage familial venait de se concrétiser. Un voleur avait pris pour cible Loyalität. Et pas n'importe quel voleur, il s'agissait de l'un des deux Voleurs Fantômes… Foutu pays ! Pourquoi avait-il fallu qu'ils déménagent ici ?

- Ahem… Commandant Reiss ?

Alexander émergea de ses pensées et avisa un policier qui le fixait d'un air suspicieux.

- Le Commandant Reiss est mon père, mais passons… Qu'y a-t-il ?

Décidément, quand il se mettait à parler aux adultes, il devait trop poli. Le policier le jaugea en silence et engagea un pas en direction de la salle qui abritait l'œuvre et le jeune Allemand le suivit, marchant à côté de lui.

- Votre père nous a recommandés votre présence pour un éventuel vol… Vous avez de l'expérience ?

- Assez pour attraper cette foutue voleuse et garder le violon ici.

L'adulte eut un ricanement moqueur. Tous ceux qui avaient prononcé ces mots avaient échoué ! Pas une seule des œuvres étaient restées entre les murs des musées quelques minutes après l'heure de l'annonce ! Et ce gamin, du haut de ses quinze ans, pensait faire une différence !

- Il y a un autre voleur, paraît-il…, dit simplement Alexander, répétant à voix haute ce qu'il pensait tout bas.

- Oui ! Dark Mousy, lui aussi Voleur Fantôme ! Mais il n'ait pas venu à Tokyo depuis longtemps.

- Où est-il ?

- Il doit crécher quelque part plus au Nord, aux alentours d'une ville nommée Azumano. Il y a eu du grabuge là-bas, cet hiver ! Une femme militaire avait pris les choses en main, Light s'était déplacée et au final, on a plus revu la femme…

- Light l'aurait tuée ?

- C'est pas dans ses habitudes, surtout qu'elle aurait pu le faire le jour du pari…

- Quel pari ?

- Trop long à expliquer, Com… Vous permettez que je vous appelle Commandant ?… Ah ! Voilà l'œuvre !

Ils débouchèrent dans la salle où était exposé le violon. Immédiatement, la présence de sceaux dessinés au sol et sur les murs frappa le jeune Allemand. Voilà pourquoi sa mère avait demandé à ce que Loyalität soit placé dans cette salle. Comment cette voleuse avait-elle fait pour les passer sans encombres et s'approcher du violon ? D'après ce qu'il avait appris et ce qu'on lui avait rapporté, elle avait l'air d'être sensible à la Magie, et même de l'utiliser… Mais alors, elle aurait dû être stoppée et mise hors d'état de nuire… Il ravala discrètement sa salive. Le violon déployait une aura désagréable pour se protéger. Et cela marchait. Dans la mesure du possible, les policier se tenaient instinctivement loin de l'œuvre.

- Bon ! fit le policier en regardant sa montre, puis il lança à la cantonade : Moins d'un quart d'heure avant l'heure de l'annonce ! Ceux qui n'ont rien à faire dans le bâtiment sortent filer un coup de main à ceux dehors ! Et dépêchez-vous, on a pas que ça à faire !

Il baissa les yeux sur le mini-flic-adolescent qui allait leur servir de chef sur ce coup-là. Celui-ci avait les yeux rivés sur le violon, et semblait totalement ailleurs. L'adulte alla vérifier si les systèmes de sécurité étaient tous enclenchés, puis retourna vers son chef :

- Vous restez posté ici, ou vous nous rejoignez dehors ?

- Je reste ici, au cas où.

Le policier n'ajouta rien, haussant seulement les épaules. Dès qu'il fut parti, Alexander posa sa main sur l'énorme sceau qui était gravé dans le carrelage du sol. Chacun des traits s'illumina rapidement, et la lumière se fana aussi vite qu'elle était née. Il sortit de sa poche un stylo et commença à tracer un nouveau sceau sur la porte d'entrée verrouillée. Avec ça, si cette voleuse arrivait encore à s'approcher du violon, c'était qu'elle n'était pas normale… Sur tous les plans.

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Une ombre se déplaça rapidement dans le musée, silencieuse tel un spectre. Light avisa les systèmes de sécurité, légèrement différents par rapport à son dernier vol en date. Elle avait appris par le journal du soir que son ancien commandant avait passé le flambeau à un autre.

« Vive le JT ! » fit Etzumy, sans grande motivation pour ce qui était du vol.

La voleuse fantôme sourit à son hôte. Un an de plus ou pas, l'adolescente restait toujours la même !

- Ne sait-on jamais, c'est peut-être Satoshi qui s'est fait muter ici ! souffla-t-elle intérieurement, sur un ton espiègle.

Etzumy en rougit et pesta contre la brune, qui arborait un sourire taquin.

Elle arriva devant le couloir, au bout duquel se trouvait la salle du violon. Sombre, et étrangement vide, si l'on ne tenait pas compte des deux hommes qui l'attendaient au bout.

« Un problème ? » demanda Etzumy en voyant la voleuse figée sur place, réticente à avancer.

- Je ne sens pas la présence du violon…, murmura-t-elle en fronçant les sourcils.

« Ils l'auraient déplacé ? »

- Non, mais la pièce a été totalement isolée… de façon magique… Je commence réellement à croire que Satoshi est dans les parages !

« Qu'est-ce qu'on fait ? »

Light scruta l'obscurité du couloir et décela les systèmes de sécurité. Lasers mouvants, filets prêts à lui tomber dessus et les habituelles caméras. Mais, sur le coup, elle n'avait plus trop envie de s'occuper de ce que les policiers avaient bien voulu lui laisser en guise de résistance. La voleuse posa sa main sur le mur. Une décharge d'énergie en partit et parcourut le mur. Tous les systèmes grillèrent, les filets tombèrent au sol. Elle entendit quelques jurons au fond du couloir, puis des bruits de pas se rapprochant rapidement d'elle. Sans attendre, elle s'engagea dans le passage et tomba nez à nez avec les deux policiers. Ils essayèrent de lui barrer la route et de l'attraper, mais sans succès. Ils tombèrent à terre, inconscients.

Light s'arrêta devant la porte, verrouillée et visiblement scellée. Mais l'empreinte n'était pas celle d'un Hikari, au contraire. C'était celle d'un… D'un Musicien ? D'un descendant de la Famille des Musiciens ? Les yeux de la voleuse cherchaient un détail dans la porte, le moindre détail qui pourrait l'aider à confirmer ou à démentir son pressentiment. Au bout de quelques secondes, elle soupira, humecta ses lèvres et siffla doucement. Un long et doux sifflement d'une seule note, qui s'enroula autour du sceau placé derrière, dans la pièce. Elle attendit d'entendre le claquement de la serrure pour s'autoriser à pousser la porte.

La voleuse déglutit difficilement. L'atmosphère de la pièce commençait à lui compresser la gorge, une impression vraiment désagréable… Le violon était bien là, à sa place, toujours son aura agressive planant autour de lui. La voleuse fantôme détailla la salle avec attention : toutes les autres œuvres avait été déplacées, seul restait le violon. Elle sourit avec ironie. Est-ce que le nouveau commandant avait peur qu'elle fasse d'autres emplettes en plus du violon ? Ce serait mal la connaître !

Elle posa un pied dans la salle, fit un pas, puis un autre. Rien ne semblait se passer.

Sauf au pas de trop.

Un des sceaux s'activa sous elle, des liens se matérialisèrent, s'enroulèrent autour d'elle et l'immobilisèrent. Elle essaya de bouger, de s'extirper de ce sceau d'emprisonnement, mais une voix la stoppa dans ses mouvements :

- Ce n'est pas la peine de te débattre, ce sceau n'a pas de faille. Tu ne pourras pas t'en échapper.

- C'est dingue ! Je ne sais pas si c'est une manie que vous apprenez à l'École de Police, mais vous adorez les coins sombres pour lancer vos premières répliques ! railla la voleuse, abandonnant toute résistance.

La voix se permit un petit rire avant de sortir de l'ombre où elle s'était postée. Light, apercevant Alexander, siffla d'une manière admirative :

- Je ne savais pas qu'ils engageaient des mômes à la police ! Mais je les pardonne aisément, tu es plutôt mignon !

Le jeune Allemand sourit légèrement, pendant qu'Etzumy s'égosillait à ordonner à la voleuse de les sortir de là plutôt que de lancer ce genre de compliment !

- Mais bon ! soupira Light en prenant un air déçu. C'est dommage, tu n'es pas mon style…

Elle émit un bref sifflement, et les liens se craquelèrent, brisant le sceau et la libérant. Celle-ci posa sa main sur sa hanche et lui lança un regard amusé :

- Vas-y petit, montre-moi tes tours de passe-passe !

Alexander se figea entièrement, attendant la suite. La voleuse le regarda de haut en bas, puis de bas en haut et finit par hausser les épaules. S'il ne faisait rien, elle n'allait pas repartir bien gentiment, laissant le violon en place. Les jeunes ont de l'espoir, ces temps-ci !…

A peine fit-elle un pas vers l'œuvre que le jeune policier sortit de sa léthargie. Il se précipita vers l'œuvre et la saisit. Light voulut le rejoindre, mais se heurta à une barrière d'énergie. Elle recula de quelques pas, observant l'adolescent qui se penchait pour prendre quelque chose caché derrière le piédestal. Un archet.

- Oulha… C'est mauvais…, grogna-t-elle entre ses dents.

Alexander coinça la mentonnière de l'instrument sous son menton, et donna un coup d'archet. Un son acéré cingla le silence, une vague d'énergie projeta Light plusieurs mètres en arrière. Elle roula au sol, jusqu'à être violemment arrêtée par le mur.

« Light ! Light ! Ça va ? » s'inquiéta Etzumy.

- Pour être franche… Non, ça ne va pas…

Elle se releva difficilement, un bras autour du ventre. La partie s'annonçait dure… Un autre son retentit, Light eut tout juste le temps de s'écarter du mur qui vola en éclat. Elle remarqua le sceau tracé au sol, qui créait un périmètre de sécurité autour de l'adolescent. Comment gagner contre un adversaire que l'on ne peut pas approcher ? Seule solution…

Une autre onde de choc l'atteignit, la projetant à l'extérieur par l'une des fenêtres.

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Light se réveilla au sol, l'impression d'être en miettes. Elle finit par ouvrir les yeux, afin d'aviser la boule de poils noire à qui appartenait la petite langue râpeuse qui s'évertuait à lécher le sang qui coulait sur sa joue. Elle écarta Wizu doucement et se releva, difficilement.

- Etzu… Tu es là… ? Qu'est-ce qui…

Elle ne finit pas sa phrase, posa un genou à terre dans un gémissement. Avisant sa main qu'elle décolla de son ventre, Light découvrit du sang.

- Super…

Elle plaqua à nouveau sa main contre son ventre et regarda autour d'elle, surprise de ne pas être entourée de policier, menottes aux mains. Mais les seuls gardiens de la paix étaient à plusieurs mètres, essayant de contenir la foule. Une foule… figée. Silencieuse.

- Bonne ou mauvaise nouvelle ? souffla-t-elle pour elle-même.

« Light ! Ca va ? » s'enquit Etzumy.

- Où étais-tu passée, toi ? grogna-t-elle.

« Wizu nous a interceptées en pleine chute ! »

- Ah… Je trouvais ça bizarre d'être vivante après une chute libre de trois étages… Sacré Wizu…

« Pourquoi personne ne bouge ? »

Light leva les yeux vers la fenêtre qu'elle avait fracassée. Alexander était là, et l'observait, le regard vide. Un kekkai. Il avait créé une barrière qui leur permettrait de ne pas être dérangés et de ne blesser personne. Ce qui voulait dire qu'il n'avait pas l'intention de s'en arrêter là.

L'adolescent releva doucement l'archet. Lorsque les crins frottèrent les cordes, il engagea une mélodie rapide, souvent trillée. Une masse de lumière se concentra à quelques mètres de la voleuse qui essaya de guérir ce qu'elle pouvait le plus rapidement possible. Le petit démon s'écarta le plus loin possible quand sa maîtresse se releva.

La lumière se précisa, s'allongea pour former une silhouette. La carapace lumineuse craqua, éclata, pour libérer quelqu'un.

- K…Krad ?

L'Ange Blanc fonça vers elle. Elle l'évita comme elle put, sentant une fine entaille à la gorge. Dangereuse, un millimètre de plus et il lui avait tranchée la carotide. Light se retourna pour lui faire face. Il avait la main droite plate, les doigts serrés les uns contre les autres, un champ d'énergie autour d'elle, transformant sa main en une véritable arme. Une lame tranchante.

La voleuse leva les yeux vers la fenêtre. Alexander était toujours là, immobile. Ses yeux bleus foncés étaient vides de tout éclat. Ce qui voulait dire que… qu'il était possédé par le violon ?

- C'est pas vrai ! grogna-t-elle, irritée par la situation et par l'adolescent. Quand on est aussi faible, on ne s'attaque pas à des forces magiques pareilles !

Son archet effleura les cordes, démarra une autre mélodie, toujours plus rapide, plus violente. Light reporta immédiatement son attention sur Krad. Sa main frémit, il bondit en avant, prêt à la transpercer. Elle recula aussi vite qu'elle pouvait, fit des écarts, l'évita. Mais il finit par prévoir l'un de ses mouvements. En moins d'une seconde, il transperça Light à l'épaule gauche, juste au-dessus du cœur. Il la poussa en arrière, frappa en large, entaillant le ventre.

« Light ! Réplique ! » hurla Etzumy, absolument paniquée.

- Je… peux pas… S'il ne s'agit pas… d'une simple projection… le vrai Krad sera blessé… Satoshi aussi…

La voleuse posa violemment un genou à terre, à bout de souffle. L'Ange Blanc s'approcha d'elle, leva sa main. Elle s'abattit.