Chapitre 4 :

L'Équipe au Complet

~ Siège de l'OMS ~

Lentement, le jeune homme battit des paupières. La lumière artificielle l'aveugla et il tourna la tête en plissant les paupières. Il bougea les doigts, sentant les draps d'un lit. Rapidement, son odorat se remit en marche. Yohann reconnut l'odeur si caractéristique des hôpitaux. Il tenta de se redressa, mais de violentes douleurs à l'abdomen le firent renoncer. Il soupira et essayant de se rappeler les derniers événements. Les flashs de son affrontement contre le Spectre ravivèrent sa mémoire. Puis, l'apparition des trois autres Rangers.

- Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? Grogna-t-il en observant le plafond.

C'est alors qu'il pensa à...

- Ayumi !

- Ton amie va bien, souffla une voix à côté. Surtout ne bouge pas trop. Tes blessures sont encore récentes et tu risques de te faire mal.

Le jeune homme tourna la tête. Sarah était assise sur un fauteuil et elle l'observait en silence. Elle portait encore sa tenue de Ranger jaune, sans son casque. Yohann voulut lui poser une question, mais l'ouverture de la porte de la chambre le stoppa. Un rouquin entra dans la pièce, suivit de près par les Rangers vert et bleu qu'il avait brièvement apparut. C'était la première fois que le Rouge rencontrait Maximilien.

- Alors, tu es réveillé ? Demanda l'homme en observant le garçon.

Léo s'avança près de la fenêtre, pendant que Najib s'appuyait contre le mur. Pour Yohann, c'était sur, cette réunion en petit comité n'était pas de bonne augure. Il repensa alors aux paroles de Spectre. Pourquoi avait-il obtenu cette armure ? Cet homme avait sûrement la réponse à cette question. Restait à savoir si Yohann allait aimer ce qu'il allait entendre. Cependant, ce n'était pas sa priorité. Il devait déjà savoir ce qu'il était advenue de sa coéquipière.

- Où est Ayumi ?

- Ne t'en fais pas, ton amie est en vie, annonça Maximilien créant dans l'esprit du garçon en sentiment de soulagement. Sarah lui a apporté les premiers soins à temps.

- Sarah ?

- C'est moi, dit la blondinette sur le côté.

- Ah... Merci alors.

- Vous pensez entrer dans le vif du sujet ou pas ? S'énerva Najib en redressant la tête. J'ai pas l'intention de rester planter contre ce mur toute la journée.

- Ne fais pas attention à lui, dit le rouquin en ignorant totalement le Bleu. Il n'est pas très patient. Je me présente. Je suis Maximilien Hissef et je te souhaite la bienvenue au siège de l'OMS.

Le Rouge ouvrit de grands yeux. Il était au cœur de l'organisme qui gérait l'Europe et les États-Unis et devant lui se tenait un homme dont le nom ne lui était pas inconnus. Il était sur de déjà avoir entendu parler de lui. Le rouquin attendit patiemment de voir si Yohann allait retrouver la parole, mais comme il restait toujours muet, il reprit la parole.

- Je suppose que tu te demandes ce que tu fais ici et surtout, pourquoi ces jeunes là (il désigna les trois autres d'un mouvement de tête) possèdent une armure similaire à la tienne.

- Ça m'a traversé l'esprit, murmura le garçon.

- Tu as été choisit pour devenir le Ranger Rouge, un membre d'une équipe spéciale qui travaillera pour l'OMS, lança Maximilien sans ménagement. Je veux que tu intègres nos rangs pour protéger ce qu'il reste de notre société. Je veux que tu te battes comme tu l'as fait hier pour défendre nos valeurs, nos habitants et surtout, notre liberté.

Yohann posa ses mains sur sa tête, à la limite de l'affolement. Alors c'était ça, cette armure n'était qu'un moyen pour l'OMS de créer un soldat pour se battre pour elle ? Mais, il n'était pas un soldat. Il n'était même pas un adulte. Il était hors de question qu'il participe à se projet.

- Non... Non, c'est n'importe quoi...

- De jour en jour, notre société sombre dans le chaos et le désespoir, continua le rouquin en se levant. J'ai donc décidé de former une équipe d'intervention aux capacités augmentées.

- C'est du délire...

- Cette équipe de cinq Ranger, protégera la population et gérera les différents conflits sur notre territoire. Il se pourrait même qu'ils interviennent plus tard dans les conflits avec les autres nations.

- Vous êtes cinglés ! Lança le garçon. Je ne suis pas un soldat.

- Que tu le veuilles ou pas, tu as été choisi. De plus, tu en sais trop à présent pour pouvoir partir d'ici en vie.

- C'est une menace ?

- Un arrangement, souffla l'homme. Si tu acceptes de coopérer à se projet, tu pourras te féliciter de devenir un héros. Sinon, tu seras tué et déclaré mort dans l'explosion de la porte Ouest.

Yohann préféra ne rien dire sur le fait que c'était bien du chantage. Il croisa les bras et tourna la tête vers la fenêtre à sa droite. En clair, soit il se comportait en bon soldat et il obéissait, soit il était tué. Cela ressemblait aux méthodes d'enrôlement des soldats de l'Empire de Russie et il n'aimait pas ça. Pourtant, il n'avait pas le choix.

- Et si j'accepte, comment ça va se passer ? Finit-il par dire, brisant le lourd silence qui s'était installé dans la pièce.

- Après étude de toutes vos petites interventions en solo, tu es tous désigné pour devenir le leader des Rangers. Tu dirigeras donc l'équipe pendant vos missions.

- Moi ? Leader ?

- C'est une blague ? Ragea Najib dans son dos. Ce minus s'est fait démolir par le premier mafieux qu'il rencontre.

- Cette décision est irrévocable. Yohann possède un bon esprit d'équipe et il n'agit pas à l'aveuglette comme certain.

En disant cela, il avait planté son regard dans celui du Ranger Bleu. Ce dernier retint un juron et jeta un regard noir au Rouge. Puis sans un mot, il quitta la pièce sans oublier de donner un coup de poing dans un pan du mur.

- Il a un problème ce gars, souffla Yohann en observant la porte se refermer.

- Ne t'en fais pas, c'est juste le petit rebelle du groupe, rit Léo en haussant les épaules.

- Pour le moment repose-toi, continua Maximilien. J'ai une réunion avec le conseil de l'OMS pour connaître le champ d'action qu'ils vont nous laisser pour vos premières missions.

- Mais... et ma famille ?

- Ne t'en fais pas, je m'occupe de tous. À plus tard.

Il quitta la pièce sans préciser ses dernières paroles. Yohann se demande ce qu'il allait donc raconter à son père sur sa soudaine disparition. Puis il soupira. Comment en était-il arriver là ? Il baissa les yeux sur son Morpheur toujours accroché à son poignet. C'était de sa faute. Il avait une soudaine envie de casser ce maudit appareil.

- Je comprends que tu sois quelque peu bouleversé, dit la blondinette toujours assise près de lui. J'avoue que je l'étais encore quand Maximilien est venu me trouver. Cependant, c'est une bonne occasion de rendre service à notre nation.

- Ça vous dérange pas d'être manipulé ainsi ? S'étonna le garçon.

- Je ne dis pas que j'approuve ses méthodes, mais je dois dire que leur plan est assez original, avoua-t-elle. Je suis sur que c'est un bon moyen pour restaurer la paie dans cette ville.

- Et puis, plus nous en saurons, plus nous pourrons dire ce que nous pensons de ce projet, ajouta le Ranger Vert. Au fait, je me suis pas présenter. Je m'appelle Léo.

- Et moi, je suis Sarah.

Yohann les observa tour à tour. Il était encore chamboulé par la tournure qu'avait pris les événements, mais il avait un bon pressentiment au sujet de ses nouveaux coéquipiers. Ils avaient sympathiques. Du moins, ces deux là. Le Rouge pensa au dernier membre de l'équipe, celui qui l'avait limite insulté de nul. Il serra le poing. Il était arrivé à la fin du combat et il n'avait eu qu'a achevé le Spectre. Il n'avait pas à lui dire qu'il s'était fait démolir.

- Tu devrais dormir un peu, lui conseilla Sarah en se levant de sa chaise. Quand tu seras en forme, je te conduirais auprès de ton amie.

- Comment va-t-elle ?

- Elle se repose aussi, mais rassure-toi. Grâce à l'armure, ses blessures étaient superficielles et elle sera vite sur pied.

- On va te laisser dormir un peu, souffla Léo avant de lui lancer une télécommande. Pour la télé, au cas où tu t'ennuies. Fais attention au son si jamais tu regardes certaines chaînes.

Il lui fit un clin d'œil amusé avant de pousser Sarah hors de la pièce. Yohann sentit ses joues s'empourprer devant cette réflexion. Il n'était pas de ce genre ! Une fois dans le couloir, la porte se referma derrière la Jaune et le Vert. Ils marchèrent le long de couloir et entrèrent dans un ascenseur. Sarah sélectionna leur destination sur le tableau de contrôle et les portes se refermèrent.

- Que penses-tu de Yohann ? Demanda la jeune fille alors qu'ils descendaient lentement vers leur destination.

- Il doit juste se remettre de la nouvelle, mais je suis sur qu'il fera un bon chef. Celui qui m'inquiète plus, c'est Najib. Je ne le connais pas depuis longtemps, mais il me fait penser à une bouilloire prête à exploser.

- On va devoir travailler ensemble si on veut réussir nos missions.

D'un coup, elle appuya sur le bouton d'arrêt de l'engin, les bloquants entre deux étages. Léo l'observa avec inquiétude.

- Ne t'en fais pas, j'ai brouiller les caméras et les micros, souffla-t-elle en lui montrant son écran de téléphone portable. Je voulais te poser une simple question.

- Laquelle ?

- Tu crois que Maximilien cherche à faire autre chose que former une équipe pour défendre notre nation ?

- Je n'en sais rien. Nous ne sommes au courant de tous ça que depuis peu, dit le jeune homme en croisant les bras. Mais, je préfère le dire, je reste méfiant. Il est assez étrange qu'il confie cette mission à des adolescents qui ne sont pas formés aux combats. Même si nos armures nous donnent un avantage certain, je ne pense pas que l'on est été choisi par hasard et je compte bien percer ce mystère.

- Tu peux compter sur moi.

- Je n'en doute pas, petite saboteuse d'ascenseur, rit le garçon. Par contre, tu devrais le remettre en route avant que quelqu'un ne se doute de quelque chose.


Plus tard dans l'après-midi, Sarah retrouva Yohann et l'entraîna dans les couloirs du bâtiment. La jeune fille lui apprit qu'ils se trouvaient dans un ensemble d'étage qui leur était réservé. Il s'agissait du quartier général des Power Rangers Super Soldat. Les deux jeunes marchèrent jusqu'à un ascenseur et montèrent de deux niveaux. Ils débouchèrent dans un immense bureau.

La pièce n'était que peu utilisé. Il n'y avait qu'une simple banquette contre un mur, face à une table basse, une grande étagères remplies de livres et de dossiers. Un bureau blanc leur face, posée devant un immense baie vitrée.

- Les autres vont bientôt arrivés, dit Sarah en s'installant sur la banquette.

Yohann l'observa longuement. Elle ne portait plus son armure jaune. À la place, elle avait revêtu un chemisier blanc, une veste en cuire courte et ouverte et une jupe à carreau rouge. Elle avait de beaux yeux bleus.

- Tu m'as dit que j'allais pouvoir voir Ayumi.

- Ne t'en fais pas, ta copine ne va pas tarder à arriver, dit-elle en souriant. Léo est partit la chercher.

- Ma co... Copine ? Balbutia le garçon gêné. Ce n'est qu'une amie !

Sarah rit silencieusement et reporta son attention sur un livre posé sur la table. Alors qu'elle le feuilletait, Yohann décida de s'avancer vers la baie vitrée pour observer la vue. Il se trouvait en haut d'un immeuble immense, dans un amas d'autres bâtiments. L'OMS était la plus grosse organisation de l'Europe et Yohann n'était pas étonné de voir que leur QG était si vaste.

Il réalisa alors qu'il allait devoir faire partit de cette organisation. Il allait se battre en leur nom. Pourtant, tant de questions restaient en suspends dans son esprit. Pourquoi lui ? Pourquoi eux ? Et surtout, il s'interrogeait encore sur le Spectre, qui semblait en savoir beaucoup plus que lui sur le projet des Power Rangers.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent dans son dos et il se tourna. Maximilien Hissef entra le premier. Léo le suivait, vêtu d'un débardeur et d'un pantalon militaire. Najib était habillé d'un débardeur blanc et d'un jean noir. En arrivant, il toisa Yohann d'un regard noir et s'installa le plus loin possible de lui. Puis, une autre personne entra dans la pièce.

- Ayumi ! Sourit Yohann en s'avançant vers sa partenaire.

- Tu as l'air en forme, dit l'asiatique alors qu'il la serrait contre lui.

Il finit par la lâcher, après une longue étreinte et l'observa lentement.

- Je suis désolé.

- Ne me fais pas ce coup là, souffla-t-elle en posant une main sur l'épaule de son ami. Tu n'es pas responsable de ce qu'il s'est passé.

- Mais j'aurais du faire plus attention et...

- Vous allez pas nous faire une scène de série à l'eau de rose, les coupa Najib appuyé contre le mur au fond de la pièce.

Yohann lui lança un regard noir et s'apprêtait à répliquer quelque chose, mais ce fut Maximilien qui stoppa le silence. Il voulait éviter que ses Rangers se battent entre eux.

- L'équipe est donc au complet, dit l'homme en s'installant sur un grand siège en cuir derrière son bureau. Il est temps de vous expliquer tous le projet.

Un clavier tactile apparut sur son bureau. Le rouquin pianota dessus. Un trappe au plafond coulissa et un écran glissa lentement vers le centre de la pièce. Il montrait le logo de l'Organisation Mondiale de Sécurité, les initiales sur une carte réduite de l'Europe de l'Ouest. Maximilien se leva et les quatre Rangers prirent place sur la banquette. Le rouquin appuya sur l'écran. L'image précédente disparut et les mots « Power Rangers Super Soldat » apparurent en gros à leur place.

- Le Projet PRSS, ou Power Rangers Super Soldat. Il s'agit d'un projet étudié depuis plusieurs années. Le but étant de créer une équipe d'intervention doté de super capacités et d'un arsenal personnalisé.

Il expliqua alors au groupe que les Morpheurs leur avaient été attribués après une longue étude sur des milliers de sujets. Ils avaient alors subit des injections de nano-machine boostant leur capacité sans qu'ils en soient au courant.

- Vous voulez dire que cela fait des années que vous avez tous prévus ? Demanda Sarah perplexe. Et puis, sur quels critères vous nous avez sélectionné ?

- C'est assez complexe à expliquer, mais vous êtes les seuls à être sortis du lot. Vous devez savoir que notre société est en proie à de nombreux maux et je pense que vous êtes une clé pour la sauver. Nous avons besoin de votre aide.

- Notre aide ? Ricana Léo avachit dans le canapé. Vous parlez d'aide mais vous menacez de nous tuer si nous refusons de participer à votre projet.

Yohann approuva d'un mouvement de tête. Les paroles du garçon touchait dans le mille. Il n'avait aucune intention d'aider ce gars dans ces conditions. Pourtant, une petite voix à l'intérieur de lui était plutôt excitée à l'idée de devenir un héros qui sauverait cette ville et peut-être même, ce monde.

- Vous comptez vraiment nous abattre si nous refusons de collaborer ? Demanda le jeune homme en se levant. Car si c'est le cas, je ne pense pas pouvoir vous faire confiance et donc, je préfère mourir tous de suite.

Les paroles du garçon le surprirent autant que le rouquin et les autres Rangers. Debout au milieu du groupe, il sentait ses membres trembler de peur. Pourtant, il espérait que ses paroles de seraient pas veine. Il espérait que Maximilien rit en lui déclarant qu'il n'avait jamais eut l'intention de le tuer. En même temps, il l'imaginait sortir un pistolet de sa veste de costume et lui tirer dessus sans somation.

- Le patron est souvent théâtrale, mais il n'a jamais eut l'intention de vous tuer, dit une voix alors que les portes de l'ascenseur venaient de s'ouvrir. Il aime bien se donner de grands airs.

- Voici Ahmed, mon assistant.

- Premier assistant, précisa le jeune homme en s'avançant.

- Donc, vous n'avez jamais eu l'intention de nous tuer si nous refusions ? Demanda Ayumi pour reprendre la conversation.

- Non, tout au plus, on vous aurait injecté un produit qui aurait effacé de votre mémoire tous ce que vous avez vu et entendu depuis que nous vous avons rassemblé, expliqua l'assistant, faisant sourire Maximilien. Cependant, je ne pense pas que vous partirez.

- Et pourquoi ? L'interrogea Yohann perplexe.

- Pour deux raisons, la première étant que même si vous partez, vous n'oublierez pas ce que vous avez vécu avant.

- Vous ne comptez pas effacé ce que nous avons fait avec nos armures de nos mémoires ?

- Non. Les armures sont programmés sur vos ADN, expliqua le chercheur en appuyant sur l'écran qui montrait à présent les armures et leurs codes génétique. Seul vous pouvez les utiliser, jusqu'à votre mort.

- Et la deuxième raison ? Continua Sarah.

- Depuis que vous avez eu vos armures, vous avez joué aux justiciers, reprit Maximilien. Vous avez en vous un certain sens de la justice. Nous œuvrons pour la paix et je suis sur que vous ne serez pas insensible à ça.

Les Rangers se regardèrent les uns après les autres. Ils ne pouvaient pas se débarrasser de ces armures. Autant se battre dans leur camp, du moins pour le moment pensa Yohann.

- Nous serons donc au service de l'OMS. Que va-t-on dire à nos familles ? Nos Amis ? Et pour nos études ?

- Vous serez déclaré mort, expliqua le rouquin. Seul quelques membres de l'OMS et le service de recherche scientifique sont au courant de vos véritables identités et nous ne devons pas faire prendre de risques à vos proches. C'est un faible prix à payer pour la paix dans le monde.

- J'ai besoin de réfléchir à tous ça, souffla Yohann en se dirigeant vers la sortie.

Personne ne tenta de le retenir. Les portes allaient se fermer quand Ayumi le rejoignit dans l'ascenseur. Les autres restèrent silencieux tandis que les visages du Rouge et de la Rose disparaissaient derrières les doubles portes métalliques.


Si quelque chose pouvait énerver Yohann, c'était de le mettre devant un choix cornélien. Il avait déjà du sacrifier certaines choses dans sa vie, comme sa relation avec sa mère. Alors qu'il n'avait que neuf ans, elle et son père s'étaient séparés. Elle lui avait expliqué que son travail l'avait poussé à faire ce choix. Bien qu'elle n'est pas laissé le choix à Romain, son petit frère, de rester avec leur père, à lui, elle lui avait proposé de la suivre.

- Je ne peux pas les abandonner, souffla le jeune homme assis sur un banc.

Ayumi l'observait sans dire un mot. Elle qui n'avait plus de lien avec sa famille ne pouvait pas comprendre le dilemme qui avait germé dans l'esprit du garçon. Arrivée six ans plus tôt à Paris, elle avait abandonné son passé en quittant Tokyo. L'asiatique espérait que Yohann comprenne que les sacrifices étaient parfois nécessaire.

- Pourquoi ne peux-tu pas accepter le marché de Hissef ? Demanda-t-elle en venant s'asseoir à ses côtés.

- Et abandonner ma famille ? Rétorqua le garçon avec colère. J'ai décidé de rester auprès d'eux après le départ de ma mère. Je ne voulais pas les abandonner comme elle avait envie de le faire.

- En les abandonnant, tu leur offres la chance de pouvoir vivre dans un monde meilleur, lui rappela le Ranger Rose. Puis, il est probable qu'une fois nos missions terminées que tu puisses à nouveau les revoir.

- Je ne sais pas... Je ne peux pas leur faire ça...

- Tu as peut-être raison, mais tu l'as dit toi même. À quoi te sert cette armure si tu ne peux pas t'en servir pour faire le bien ? Ne voudrais tu pas que ton père et ton frère vivent dans un monde en paix, même s'ils te croient mort ?

- Et toi ? Pourquoi rejoindrais-tu ces gens ?

Ayumi poussa un long soupir et se leva. Elle marcha doucement dans le couloirs et s'avança vers la fenêtre. Dehors, le ciel était gris et la pluie commençait à tomber. Du haut de cet immeuble, on pouvait voir la ville s'étendre. Le regard de l'asiatique se perdit dans la contemplation de la ville.

- Je n'ai plus de famille, mais il y a des gens qui me sont précieux. Des personnes que je veux protéger quoi qu'il arrive. Cette armure est idéale pour ça et le projet Power Rangers est un bon moyen de préserver mes amis.

Elle posa sa main sur la vitre. Elle était froide, mais Ayumi sourit en faisant glisser ses doigts sur la parois transparente. Elle repensa à ses années dans les rues Tokyo, le centre de l'Union Asiatique Libre. Comment elle et ses amies orphelines avaient survécus après que leurs parents avaient combattues pour la liberté de leur pays face à l'invasion de l'Empire Russe.

- J'ai fuis mon pays, mais il sera toujours une priorité pour moi. J'ai toujours rêvé de pouvoir arrêter ces guerres qui bousillent notre monde. Cette chance, je ne peux pas l'ignorer, je ne peux pas la manquer.

Elle se tourna vers Yohann, une larme coulant lentement sur sa joue, mais le sourire aux lèvres. En la regardant, le jeune homme ne put faire taire cette voix intérieur plus longtemps. Au fond de lui, il avait toujours voulu être un héros. Un homme capable de protéger les gens qu'il aimait et pourquoi pas les innocents autour de lui. Il se leva lentement.

- Alors ? Demanda Ayumi. On fait toujours équipe ?

- Bien sur, souffla Yohann en lui tendant la main qu'elle serra en souriant encore plus. Partenaire.

Ils se serrèrent l'un contre l'autre. Le jeune homme espérait ne pas faire le mauvais choix. Bientôt, son père et son frère allaient apprendre qu'il était mort dans un quelconque accident. Ils allaient pleurer, ils allaient êtres triste et il s'en voulait de leur infliger de tel tourment. Cependant, il ne pouvait pas ignorer l'appel de cette chance de sauver le monde.

Les deux amis remontèrent dans le bureau de Maximilien. Le rouquin était debout derrière son bureau et parlait avec son assistant. Najib pianotait sur son smartphone. Sarah lisait un livre et Léo faisait des crunch dans un coin de la pièce. En les voyant revenir, tous stoppèrent leur activité et tournèrent la tête vers eux.

- Alors ? Demanda le rouquin.

- J'accepte, dit le Rouge croisant les bras. Je suis des vôtres.

- Super, souffla Najib en levant les yeux au ciel. On est pas dans la merde avec un chef d'équipe pareil.

- Je suis content que tu es accepté, dit Léo en lui faisant une tape dans le dos avant que Yohann n'insulte le Bleu. On va faire une sacrée équipe.

- En attendant de vous laisser retourner sur le terrain, nous allons prendre le temps de vous former à utiliser votre équipement au maximum, expliqua Maximilien.

- On sait déjà s'en servir, rétorqua Najib en croisant les bras.

- C'est là que tu te trompes petit délinquant, rit Ahmed en s'avançant vers eux. Vous n'avez à peine débloqué que trente pour cent des capacités de vos armures. Il est temps de vous montrer de quoi vous êtes vraiment capable. Ça va être la phase la plus intéressante.

En disant cela, son sourire s'étira. Il semblait ravis de pouvoir passer à cette nouvelle partie de leur plan. La formation des Power Rangers Super Soldat pouvait enfin commencer.


Deux semaines s'étaient déjà écoulés depuis le début de leur formation au centre de l'OMS et les nouveaux Rangers se rendirent compte que leurs amures n'étaient pas qu'une simple tenue de combat. Ils possédaient de nombreuses armes et gadget en tous genre, comme la « Pistolame » dont ils étaient tous équipés. Ils apprirent également que chacune était associée à une animal en particulier, les dotant de quelques particularité qui différenciée d'une couleur à l'autre.

- Le requin, un prédateur aquatique aussi redoutable qu'imprévisible, expliqua Ahmed à Najib alors qu'ils étaient seul dans une pièce. Nous avons confectionné pour toi une arme aussi aiguisé que les dents de ce monstre marin.

- Regardons ça de plus près alors, souffla le bagarreur en levant le bras.

- « Sélection Arme. Harpon du Requin. Matérialisation. »

L'arme apparut dans les mains du Ranger bleu. Il était aussi grand qu'une lance et sa pointe était effilée et munie de plusieurs crochets. Son manche bleu et cylindrique n'était pas épais, permettant à Najib de le manier avec aisance. Ahmed appuya sur une touche de son smartphone et une trappe s'ouvrit au fond de la pièce. Un mannequin sortit de la brèche dans le sol.

- L'un des avantages de ton arme, c'est que tu peux t'en servir autant au combat rapproché qu'à distance.

- Je vois pas en quoi elle va me servir au combat rapproché, fit remarquer l'autre. C'est juste un harpon.

- Appuie sur le bouton sur le manche.

Najib s'exécuta. Immédiatement, les crochets s'allongèrent en lame comme celle d'une hache à deux lames. Il sourit et actionna de nouveau le bouton. Les lames se rétractèrent, redonnant sa forme d'origine à l'arme.

- Cool.

- Ce n'est pas tous. Une fois matérialisé, ton Harpon du Requin se raccorde immédiatement à ton armure. Donc une fois lancé, tu peux le faire revenir rapidement jusqu'à toi.

- Vraiment classe !

- Je t'en pris, dit Ahmed en faisant un signe de tête vers la cible.

Le garçon n'hésita pas. Il le fit sauter dans sa main droite, jaugea de son poids et, après avoir fait quelques mouvements avant arrière avec son bras pour tester l'arme, il la lança droit sur le mannequin. Elle se planta dedans sans problème. Najib allait tirer sur le câble pour la ramener, mais l'assistant l'interrompit dans son geste.

- Ne le reprend pas tous de suite, je veux te montrer autre chose avant. Tire dessus sans le ramener, si tu veux bien.

Il fit ce qu'il dit. Un courant électrique parcourut lentement le filin et foudroya le mannequin. Puis, il tira un nouveau coup sec sur le cordon et l'arme revint à lui sans problème, comme si elle avait été programmé pour ça depuis le début.

Dans la pièce d'à côté, Léo s'entraînait au corps à corps avec un Yohann. Selon Ahmed, ils risquaient parfois d'avoir besoin de se battre sans leurs armures. Ils devaient donc muscler leur corps et apprendre à se battre en cas de besoin. Le Rouge était en position d'infériorité. Son adversaire semblait bien connaître les arts martiaux et il prenait un malin plaisir à montrer ce qu'il savait faire. Lui, ne se battait qu'à l'instinct et il ne faisait pas le poids.

Le Rouge fonça droit sur le vert. Il tenta de lui donner un coup de poing mais, une fois de plus, le blondinet para son coup en lui attrapant le poignet. Il fit passer sa jambe derrière le brun et le balaya sur le sol. Yohann voulut se relever, mais l'autre plaça son genoux sur son ventre et sa main sur sa gorge.

- Tu vas devoir t'entraîner encore plus dur, souffla Léo un sourire en coin. Un peu plus et tu serais mort.

- J'espère ne jamais devoir me battre sans mon armure, haleta le garçon alors que son camarade l'aidait à se relever.

- Rappel-toi ce qu'a dit Ahmed, tu es le Rouge. Tu es le Tigre, le plus fort et le noyau de notre équipe, lui dit Léo en fronçant les sourcils. À mon avis, ce n'est pas qu'une question d'armure. Tu as sûrement les capacités pour tous nous surpasser.

- Pour le moment, c'est toi qui me surpasses en combat à mains nues.

- T'en fais pas, je vais t'aider.

De l'autre côté de la vitre, Ayumi et Sarah les observaient en silence. Les deux garçons reprirent le combat. La japonaise suivait leur entraînement avec attention. Elle devait l'avouer, Yohann n'avait pas été très doué pour le combat rapproché. Un peu d'entraînement avec Léo allait lui être très profitable.

- Alors, si je résume nous avons Yohann, rouge et tigre. Najib, bleu et requin. Léo, vert et serpent. Moi, jaune et loup, énuméra la blondinette sortant sa coéquipière de ses pensées. Et toi, tu es la Ranger Rose. Tu es...

- L'Aigle, déclara la jeune fille alors que son armure se matérialisait sur son corps. Et j'aime déjà mes armes.

Un arc replié apparut dans ses mains. Elle l'actionna, le faisant s'étendre. Elle attrapa une flèche dans son carquois, qui venait de se matérialiser à son tour et banda son arme. Sarah l'observa en silence. Ayumi l'avait prise pour cible, enfin c'est ce qu'elle pensait. La blonde ferma les yeux quand l'asiatique relâcha la corde de son arc. La flèche passa à quelques centimètres de ses cheveux et se planta dans un mur au bout du couloir.

- Je crois vraiment que je vais adorer cette arme, rit-t-elle en repliant l'arc.

- Ne refait jamais ça, souffla Sarah crispé.

- Ne t'en fais pas, je suis assez doué pour ce qui est de viser une cible, avoua l'autre en reportant son attention sur les deux autres dans la salle d'entraînement.

- D'où te viens ce talent ?

- Je préfère ne pas en parler.

Et elle se mura dans le silence. Sarah l'observa sans un mot. Ils avaient tous plus ou moins une raison de rejoindre ce groupe de combattant. Elle-même ne faisait pas ça uniquement pour sauver le monde. En combattant pour l'OMS, elle espérait pouvoir trouvé des réponses sur la disparition de son père. Après tous, il avait lui aussi travaillé pour cette organisation. On lui avait dit qu'il était porté disparus depuis une mission en Grèce, mais elle n'y croyait pas.

Dans son bureau, Maximilien surveillait les progrès de l'équipe avec attention. Ils seraient bientôt prêt à faire leurs premiers pas sur le terrain. Il pianota sur le clavier de son bureau et fit apparaître une carte de Paris. Il zooma sur la porte Ouest. Depuis sa destruction, l'OMS avait envoyé l'armée pour gérer les passages dans la ville. Le Gang du Spectre n'avait pourtant pas causé que des dégâts matériels. Il avait fait germé dans l'esprit des autres factions de la Couronne, comme on appelait les quartiers autour de la Cité-Mère, un esprit de rébellion. Il devait stopper cet engrenage avant que la situation ne dégénère.

Il appuya sur différent bouton et se renseigna sur les groupe qui avaient pris la suite du Spectre. L'image d'un autre homme apparut. Il portait un masque blanc comme son prédécesseur, mais ne couvrait pas sa tête, laissant apparaître des cheveux teints en rouge comme le feu. Maximilien parcourut les informations le concernant et constatant que Red Storm, comme il se faisait appeler, avait déjà causé beaucoup de dégât, il décida dans faire la première cible de ses Rangers. Ce n'était seulement qu'un parmi tant d'autres.

- Alors comment comptes-tu t'y prendre à présent pour rétablir la paix dans la ville ? Demanda la voix de Ahmed qui venait d'entrée dans le bureau sans bruit.

- On doit se débarrasser des Gang et de leurs différents chefs en premier lieux. Ce ne sera que comme ça qu'on pourra convaincre le conseil de l'OMS de s'intéresser un peu plus à la population de la Couronne.

- Malheureusement, ils considèrent les habitants du dehors comme des insectes et ne voit que les intérêts de ceux qui vivent dans la Cité-Mère.

- C'est pour ça que je suis là, pour faire changer les choses. Sont-ils prêt ?

- Individuellement, ils vont faire des merveilles, déclara son assistant en s'installant sur un siège. Seulement, je ne pense pas que l'équipe en elle-même soit prête.

- Tu sais bien comme moi qu'on ne peut pas changer les choses, ils ont été choisit et on ne peut pas revenir en arrière.

- Mais, nous avons un électron qui risque de nous poser problème.

- Laisse lui le temps, tu veux bien. Najib a beau être de nature indiscipliné, il a tout de même suivit les entraînements sans poser de problème.

Ahmed devait avouer qu'il en avait même été étonné. Sur le grand écran que le rouquin surveillait depuis le début de leur formation, l'assistant posa son regard sur la fenêtre montrant Najib. Le jeune homme avait rejoint Léo et Yohann dans la salle de combat. Il espérait qu'il ne causerait pas de problèmes sur le terrain.

Le Bleu passa les portes et s'adossa au mur pour observer le combat opposant le Rouge et le Vert. Yohann ne fonçait plus tête baissée comme au début, le blondinet lui ayant conseillé de surveiller les mouvements de son ennemi avant de frapper. Léo tenta un premier coup, mais Yohann esquiva en tournant légèrement le buste sur le côté. Avec rapidité, il replia son bras sur celui de son adversaire. Léo fut surpris du coup, tout autant que les autres Rangers.

- Bien joué, souffla le blondinet avec un sourire en coin. On dirait que tu commences à saisir.

Yohann le remercia, mais il ne prit pas garde à l'astuce de son adversaire. Léo profita de cet instant de distraction pour se placer dans son dos en lui faisant une clé de bras. D'un coup de genoux dans la cuisse, il le força à se mettre à genoux.

- Ne jamais faire confiance à son ennemi, souffla-t-il à son oreille.

Le Rouge pesta et Léo le relâcha. Il tomba à plat sur le sol et à bout de souffle. Il était exténué. Il se releva lentement et essuya son front d'un revers de manche.

- On s'en refait une ? Demanda le Vert.

- Non non, sans façon, dit Yohann en reprenant son souffle. Ça ira pour aujourd'hui, j'ai eu mon compte.

- Par contre, moi je suis d'accord pour tenter le coup, déclara Najib en faisant disparaître son armure.

Il ne portait à présent qu'un jogging bleu, dévoilant sa musculature à son adversaire comme un air de défi. Il passa près de Yohann, lui lançant un regard électrique au passage et se plaça face à Léo. Le Rouge quitta la pièce et vint se poster derrière la vitre avec les filles. Il observa Najib avec attention et remarqua un tatouage sur son omoplate gauche. C'était une tête de loup relevée vers le ciel, entourée d'un losange.

- Il a beau être désagréable, il reste super mignon, gloussa Ayumi en observant le Bleu.

- Je dois avouer que je suis plus fan des blonds aux yeux bleus, déclara Sarah en souriant. Alors Yohann, pas trop fatigué ?

- Léo est fort, vraiment fort, souffla-t-il alors que les deux adversaires se mettaient en garde. Ils auraient du le nommer chef d'équipe.

- Tu devrais pas te sous-estimer, lui dit l'asiatique. Si Maximilien t'a choisi, c'est qu'il a de bonnes raisons.

Le Rouge ne dit rien, n'étant pas convaincu du choix du rouquin et reporta toutes son attention sur l'affrontement entre Léo et Najib. Les deux garçons commencèrent à juger de leur force respectifs en tentant quelques coups. Le Vert constata que le Bleu était plutôt doué et la force de ses coups étaient assez impressionnantes. S'il voulait le battre, il allait devoir élevé le niveau et surtout sa vitesse. Il avait tous de suite comprit le point faible de Najib. Ses coups puissants le rendaient lent.

Najib tenta de lui mettre un coup de pied. Léo esquiva de côté et attrapa sa jambe en plein vol. Il tenta de le renverser, mais l'autre lança sa deuxième jambe en l'air. Tournant sur lui même, il tenta de le frapper au visage, forçant Léo à le lâcher pour parer le coup. Le Bleu reprit appuie sur ses pieds, mais tournant le dos à son ennemi, il ne put esquiver l'attaque du blondinet. Ce dernier fit ce qu'il avait fait à Yohann et Najib se retrouva ventre contre terre.

- On dirait que j'ai gagné, mais je dois dire que t'es plutôt balèze, souffla Léo les mains sur les genoux. Bien joué.

Yohann qui observait la scène, comprit que Najib n'avait pas dit son dernier mot. Il allait leur donner une leçon qui leur serait souvent utile à l'avenir. D'un mouvement rapide, il balaya Léo sur le sol et l'immobilisa. Sa main gauche lui maintenait la tête contre le sol et sa main droite était fixe au dessus de son cou. S'il avait frappé, Léo aurait sûrement pu avoir une blessure très grave. À cet instant, le Vert était trop surpris par son attaque.

- Rappel-toi une chose, dans la Couronne, les membres des Gang ne respectent aucunes lois, aucunes règles, lui dit Najib avec sérieux. Ne baisse jamais ta garde, même devant un adversaire à terre, même devant un ennemi à moitié mort.

Léo approuva d'un signe de tête. L'autre le relâcha et se redressa. Il lança un regard vers les trois autres derrière la vitre et ses yeux se posèrent dans ceux de Yohann. Le Rouge ressentit à nouveau cette animosité à son encontre qu'il n'arrivait pas à comprendre. Puis Najib quitta la pièce sans un mot. Il marcha d'un pas rapide dans le couloir, mais Yohann ne comptait pas le laisser se défiler sans explications concernant son attitude.

- Najib, attends, dit-il en l'attrapant par l'épaule pour le forcer à s'arrêter.

- Lâche-moi tu veux, se braqua l'autre en se dégageant pour reprendre son chemin. J'ai rien à te dire.

- Bah moi, j'ai des choses à te dire. Depuis qu'on est ici, tu passes ton temps à me rabaisser et à me lancer des regards de tueurs. J'aimerais savoir ce que je t'ai fait.

L'autre s'arrêta dans le couloir. Il soupira et, après quelques minutes d'hésitation entre l'envie de continuer son chemin et celle de coller son poing directement dans la face de cet imbécile, il se tourna face à Yohann. Ils se fixèrent droit dans les yeux un long moment, sous le regard des autres Rangers qui observait leur échange sans un mot. Puis Najib se décida enfin à ouvrir la bouche.

- Tu crois que jouer au Super Héros dans la Cité-Mère représente ce que tu vas affronter dans la Couronne ? Lui demanda-t-il avec énervement. Ce que tu as vécu en affrontant le Gang du Spectre, ce n'est qu'un aperçut de ce qu'il se passe dans cette jungle.

- C'est parce que Maximilien m'a nommé chef d'équipe que tu m'en veux ?

- Tu n'es pas apte à diriger notre groupe car tu n'as aucune idée du danger que l'on va affronter dehors.

- Parce que toi oui peut-être ?

- Bien sur que oui, car j'ai vécu dans la Couronne ! Rétorqua Najib avec colère.

Pour Yohann, cette déclaration fut comme une douche froide. Il comprenait à présent pourquoi le Bleu lui en voulait vraiment. Il connaissait le terrain sur lequel ils allaient devoir se battre. Il connaissait les dangers qu'ils allaient affronter. Lui n'était qu'un citoyen qui avait jouer le justicier dans une partie de la ville bien calme.

- Tu comprends à présent pourquoi tu n'as pas l'étoffe de jouer le chef de groupe ?

- Je n'ai pas choisit cette place, lui rappela Yohann en serrant le poing. Je n'ai jamais voulut être celui qui devrait prendre les décisions. Je ne suis même pas sur de savoir faire les bons choix aux bons moments.

- Tu es pitoyable.

- Sûrement, mais je pourrais compenser en comptant sur vous. Nous sommes une équipe, continua Yohann en levant des yeux pleins d'assurance sur Najib. Si nous devons travailler ensemble, autant le faire sur un pied d'égalité. Je me fiche que Maximilien et Ahmed m'aient choisit pour être le leader. Je préfère que l'on réfléchisse et prenne les décisions ensemble.

Dans son dos, les trois autres sourirent. Ils comprenaient pourquoi il avait été pris comme chef d'équipe. Il n'agissait nullement dans son intérêt et cette déclaration en était la preuve. Yohann s'avança vers Najib et lui tendit la main.

- Je veux que l'on travaille ensemble, que l'on apprenne les uns des autres. Et, si tu as de l'expérience sur ceux contre qui on va devoir se battre, alors je veux que tu la partages avec nous. On est une équipe.

Najib observa Yohann et baissa les yeux vers cette main tendue devant lui. Il pouffa et tendit sa main vers le Rouge. Au dernier moment, il lui donna juste une tape sur le torse.

- Pas besoin de te la jouer, dit-il avec un sourire en coin. Fais juste en sorte de pas mourir à notre première mission.

Le Bleu fit volte-face et disparut au fond du couloir. Yohann sourit. Il avait comprit que Najib était quelqu'un de fier. Cette tape et cette déclaration, c'était sa façon de montrer qu'il était tombé d'accord avec lui. C'était un premier pas pour souder cet électron libre à l'équipe des Rangers. Le Rouge était content d'y être parvenu.