Oyez, oyez, faites place au nouveau chapitre !
Ludreka : Merci pour ta review. Et oui, j'ai mis un peu de temps à envoyer le dernier chapitre. Désolée ! Pour la coupure de fin, je me suis arrêtée là parce que ce sera important, plus tard.
Chap 4 : L'arrivée de Neville, l'amoureux des plantes
Molly Weasley débarrassait la table de la cuisine. Le petit déjeuner était fini, ainsi que la discussion avec Dumbledore. Toutefois, en sortant de la cuisine, Draco fut pris à part par le vieux directeur.
- Monsieur Malfoy, j'ai lu la lettre adressée par votre mère. Elle y manifeste le désir de voir son fils protégé contre les mangemorts. Elle explique aussi que Voldemort vous recherche tous les deux pour vous forcer à le rejoindre. Pour votre sécurité, elle vous recommande à moi. Finalement, c'est une bonne chose que vous nous ayez trouvé tout de suite. Nous allons assurer votre protection. Toutefois, pour votre sécurité, il ne vous faudra pas sortir d'ici. Je compte sur vous.
Draco fut bien obliger de dire oui. Il n'avait pas le choix. N'ayant plus sa baguette, il ne pouvait même pas s'enfuir. Dommage que la maison ne puisse pas l'aider. Draco regagna sa chambre. Ca allait être son unique refuge pour le mois à venir. Après, il irait à Poudlard.
En attendant, il allait devoir rester enfermé ici, dans le quartier général de l'ordre du Phoenix. Tu parles d'une histoire ! Passer ses vacances avec les Weasley, c'était pas des vacances. En plus, il y avait un loup-garou dans les parages ! Question sécurité, c'était limite. Dumbledore voulait sa mort, c'était sûr ! D'un autre côté, il allait avoir le temps de faire connaissance avec sa famille « Black ». A la maison, sa mère ne parlait presque jamais de sa famille ; elle ne semblait pas l'aimer beaucoup. Il n'avait jamais vraiment entendu parler de Sirius Black avant qu'il ne s'évade de la prison d'Azkaban : son père lui en avait vaguement dit deux mots, mais ce n'était pas suffisant pour se faire une idée. Comment un sang pur élevé dans le respect des valeurs de son rang avait-il pu s'opposer à sa famille (la quitter même) ? C'était un ami des Potter. Il avait lutté contre le seigneur des ténèbres. Tout cela était difficile à comprendre pour Draco. Mais il voulait comprendre. Et il espérait bien trouver des indices ici. Après tout, c'était le choix de sa mère de l'envoyer dans cette maison.
Au fond de lui-même, il espéra qu'elle allait bien et qu'elle avait échappé aux mangemorts. C'était une bonne sorcière, Draco le savait, malgré ce que son père pouvait bien raconter pour la rabaisser continuellement. Le jeune homme essaya de chasser de son esprit la vision du corps inanimé de sa mère. Il la voyait pourtant très distinctement, là, sous ses yeux. Mais il ne fallait pas imaginer le pire maintenant. Elle avait une chance de s'en être sorti. Et c'était à cette chance qu'il devait s'accrocher. Il culpabilisait d'être à l'abri tandis que le sort de sa mère était incertain. Mais il était impuissant. Pour l'instant.
Tout d'un coup, un bruit se fit entendre dans l'entrée du manoir, au bas des escaliers.
- Hors de chez moi, infecte et répugnante créature !
Draco sortit de sa chambre. La porte n'avait pas été verrouillée. Il avança doucement vers l'escalier. Il valait mieux ne pas se faire repérer ; il n'était pas sûr d'avoir le droit de sortir et de se balader dans les couloirs comme bon lui semblait. Quand il parvint enfin en haut des escaliers, et le spectacle qu'il découvrit valait la peine de se faire prendre. Une jeune femme qu'il ne connaissait pas était étalée de tout son long en travers de l'entrée, pendant qu'un tableau accroché dans le hall et représentant une horrible bonne femme au visage déformé par une haine des plus profondes hurlait sur elle. Dans le même temps, Neville Longdubat se tenait sans bouger, figé par l'effroi, à un mètre à peine de la porte d'entrée, visiblement prêt à prendre ses jambes à son cou. C'est alors que le professeur Lupin, accouru lui aussi au vacarme produit par le tableau, se précipita pour aider la jeune femme à se lever. Le tableau changea alors de cible et se mit à insulter le professeur avec encore plus de virulence, si jamais c'était possible.
- Et vous aussi, anormalité, sortez de ma maison !
A ce moment-là, madame Weasley, qui revenait de la cuisine, pénétra dans le hall. Elle se dirigea vers le tableau pour essayer de rabattre une espèce de rideau dessus. Mais elle n'y parvint pas car c'est cet instant que choisirent les deux jumeaux Weasley pour débarquer. Ils ouvrirent la porte sans savoir que leur mère se trouvait juste derrière, la bousculèrent donc au passage, provoquant la colère maternelle.
Draco n'en pouvait plus. Il riait comme jamais il n'avait ri. Et pourtant, il se passait des choses autrement plus graves dont il aurait dû se soucier. Mais là, c'était trop ! Merlin, il allait mourir de rire.
- Alors Malfoy, tu t'amuses bien à ce que je vois.
Draco cessa tout de suite de rire. Il se retourna et découvrit le visage de la jeune Weasley juste derrière lui.
- Qu'est-ce que ça peut te faire ?
- Rien. Juste, c'est la première fois que je te vois rire alors que t'es pas en train d'agresser de pauvres premières années sans défense avec ta bande de serpentards idiots.
Il y avait bien une chose à reconnaître aux griffondors : ils avaient du courage. Ca les poussait parfois à dire de choses stupides, mais ils avaient le courage de leurs opinions. En vérité, c'était très agaçant.
- T'as de la chance que je n'ai plus ma baguette, sinon je t'aurais déjà réduit en miettes, petite.
Les joues de Ginny devinrent rouges. Rouges comme ses cheveux. Ses yeux devinrent troubles. Malfoy se demandait ce qui pouvait bien lui prendre. La réponse ne se fit pas attendre.
- Malfoy, ne m'appelle pas « petite ». Je ne suis pas petite. Et puis je suis plus intelligente que toi, encore que je doive pas me vanter : tu n'es qu'un Malfoy et un serpentard.
Là-dessus, elle le gifla et s'en alla dans le couloir. A un moment, elle s'arrêta et se retourna vers le vert et argent.
- Au fait, dois-je te rappeler que j'ai déjà réussi une fois à te casser le nez. Si je voulais, je n'aurais aucun mal à recommencer !
Sur ce, elle s'en alla pour de bon.
Comment a-t-elle pu oser ? Le frapper ! Lui, un Malfoy ! Cette fille était complètement folle, ou stupide, ou les deux. En tout cas, elle n'était pas normale.
Draco reporta son attention sur le vestibule, jugeant qu'il règlerait son compte à Ginny Weasley plus tard. Mais, ce qu'il vit le déçu : tout était devenu à la normale. En fin, façon de parler : les Weasley étaient toujours là. Lupin avait réussi en quelques coups de baguette magique à régler la situation. Molly Weasley aidait la jeune femme, précédemment par terre, à se relever, les jumeaux avaient pris la direction de la cuisine, et Neville se tenait toujours à sa place, n'osant pas bouger. Celui-là, pensa Draco, il aurait tout aussi bien pu être à Poufsouffle : il aurait fait une bonne recrue. Il n'avait pas grand-chose à voir avec le fameux « courage griffondoresque » dont tout le monde parlait. Draco se demandait pourquoi il pensait à ça ; il s'en fichait royalement de savoir ce qui se passait chez les griffondors.
A ce moment-là, madame Weasley se rendit compte de la présence de Draco en haut des escaliers.
- Ah Draco. C'est bien que tu sois là. Tu veux bien aider Néville à monter sa malle dans la chambre de Ron. Neville n'a plus de baguette ; il va falloir la monter à la main.
Ben tiens, songea Malfoy. Il manquait plus que ça : servir de groom. Ces vacances allaient vraiment être un cauchemar. Néanmoins résolu à ne pas faire de vagues, il descendit les escaliers et alla aider Longdubat à porter sa malle au premier. Hélàs ! Cette malle pesait au moins une tonne. Qu'est-ce qu'il lui avait pris, à cet andouille d'emporter tant de choses. Ils traversèrent le vestibule avec encombrement, et entamèrent l'ascension des escaliers avec difficulté. La coordination était pour le moins chaotique, et la malle pesait plus que jamais un poids considérable. Arrivés en haut, Draco ne pu que remercier le Ciel que madame Weasley n'ai pas décidé d'envoyer Neville dormir au grenier ; il n'aurait pas tenu un étage de plus. Ils se dirigèrent alors, le souffle haletant, vers la porte de chambre de Ron, que Draco ouvrit d'un coup de pied sec mais efficace. La pièce était vide, mis à part le capharnaüm de chaussettes et de bonbons.
- Il faut la poser doucement, gémit Neville.
Draco s'en fichait ; il voulait se débarrasser au plus vite de cette malle. Une fois devant le deuxième lit, il laissa tout tomber.
- Mais c'est fragile ! s'exclama Neville.
Draco se tenait plié en deux, essayant de reprendre son souffle. En même temps, il se demandait pourquoi Ron n'était pas là. Il aurait pu les aider. Mais ses pensées furent vite interrompues par Neville qui, respirant fort bruyamment, avait ouvert sa malle et cherchait visiblement quelque chose dedans.
- Mais qu'est-ce que tu fais ? lui demanda le jeune Malfoy au bout d'un moment.
Neville, trop absorbé dans ses recherches, ne lui répondit pas tout de suite.
- Je cherche mon rosier. J'espère que tu ne l'as pas cassé en jetant la malle par terre.
Draco aurait bien répondu, mais il n'avait pas la force, pas de souffle, et, par-dessus tout, il se demandait pourquoi Longdubat se promenait avec un rosier dans sa malle. Lui aussi, ce devait être un fou. Il était probablement atteint de la même maladie que Dumbledore. Pauvre Neville, il finirait probablement sénile, avec une affreuse barbe blanche idiote, à raconter tout un tas d'âneries sans aucun sens, et à manger des sucreries alors qu'il en a passé l'âge. Draco l'aurait bien plaint, mais il n'en avait pas le cœur. Pour un griffondor, ça restait une perspective d'avenir appréciable, n'est-ce pas ?
Tout d'un coup, Neville sortit une espèce de gros bocal en verre dans lequel il y avait ce qui ressemblait vaguement à une plante. Draco s'approcha un peu pour mieux voir. C'était un tout petit rosier, un mini rosier, de la taille d'un cactus. Neville le sortit de son bocal et l'examina de près, avec une précaution méticuleuse incroyable. Il ne s'agissait tout de même que d'une plante, pensa Draco.
Puis, Neville posa sa précieuse plante sur la table de nuit qui se situait juste à côté du lit, devant la fenêtre.
- Comme ça, il aura de la lumière, déclara-t-il d'un air satisfait.
Draco cligna des yeux. Tout cela était surréaliste. Lui, dans cette chambre, avec Neville, et avec cette plante idiote. Ca n'avait décidément aucun sens. Mais, soudainement, le rosier se mit à émettre un bruit. C'était une sorte de couinement à peine audible mais néanmoins un peu inquiètent : les plantes n'étaient pas supposées faire ce genre de bruit. En théorie.
Néville se précipita dans sa malle, à la recherche de quelque chose. Draco se demanda fugitivement ce qu'il allait bien pouvoir lui déballer cette fois.
- Il doit avoir faim. Il faut que je lui donne à manger, mais je ne sais plus où j'ai rangé son sac de nourriture.
De nourriture ? Une plante, ça s'arrose, ça se nourrit pas ! Complètement dingue !
Draco s'avança un peu de la table de nuit afin de mieux voir le fameux rosier. Il se pencha un peu pour étudier de plus près ses roses. Elles étaient étranges. Il n'en avait jamais vu de semblables. Elles bougeaient régulièrement, comme si elles respiraient.
- Attention ! cria Neville.
Il se précipita sur Draco et le jeta violement au sol.
- Non mais eh, s'écria Draco, ça te prend souvent !
Neville lui désigna le rosier du doigt. Malfoy fut choquer de voir qu'il avait échappé de peu à l'une des roses. La fleur s'était lancée en avant, les pétales grands ouverts, révélant une impressionnante rangée de dents bien aiguisées pour une plante. Elle les avait refermé sur le vide et s'était remise à sa place, en faisant un bruit qui évoquait manifestement sa déception d'avoir raté sa cible. Malfoy et Neville se relevèrent du sol, et le jeune griffondor se précipita auprès de sa plante. Il tira un sachet de sa poche.
- C'est bête, dit-il, j'avais oublié que j'avais mis le sac dans ma poche.
Draco était atterré.
- Tu comprends, repris Neville le plus naturellement du monde, avec ce long voyage que nous avons fait pour venir jusqu'ici, il est affamé. Ca se comprend.
Ben tiens, pensa Draco.
Sur ce, Ron entra dans la chambre.
- Où étais-tu ? lui demanda Malfoy, sur un ton agressif.
- J'étais en train de nourrir … Et puis d'abord qu'est-ce que ça peut te faire à toi ce que j'étais en train de faire !
Leur conversation fut toutefois interrompue par les bruits que faisait la plante. Neville était en train de nourrir les roses avec des morceaux de viande crue, et les roses avaient vraiment l'air de se régaler. Elles produisaient des sons ressemblant à de la joie ; elles avaient l'air contente.
Ron, prudent, jeta d'abord un coup d'œil à Malfoy. Celui-ci haussa les épaules.
- Hum, Neville, commença Ron.
- Ah, salut Ron, fit Neville d'un ton tout guilleret.
Ron ne semblait pas partager le bonheur de Neville à voir un rosier se nourrir de chair fraîche.
- Qu'est-ce que c'est ? se risque finalement à demander Ron.
- Oh, répondit Neville, heureux qu'on lui pose la question, c'est une plante que j'ai crée.
Instinctivement, Draco et Ron se regardèrent, partageant une même inquiétude.
- Qu'est-ce que tu entends par « crée » ? demanda Malfoy.
Neville continua de nourrir sa plante sous les yeux horrifiés de ses camarades, tout en entament son explication.
- En fait, au départ, c'était un rosier normal que j'ai trouvé dans la serre du professeur Chourave. Elle a une serre spéciale où elle met les plantes fragiles et celles qui sont en mauvais état. Ce rosier était en très mauvais état. Comme elle n'en faisait rien, elle a accepté que je le prenne pour moi. J'ai essayé de le sauver, mais rien à faire. Alors, pour l'encourager un peu, j'ai fait une bouture.
- Une bouture ? demanda Ron, la voix tremblante.
- Tu as fait une bouture avec quoi ? demanda à son tour Draco.
- Ben, il se trouve que Hagrid avait trouvé dans la forêt interdite une jeune pousse d'une plante sauvage qu'il ne connaissait pas. Comme elle faisait des jolies fleurs rouges, il a décidé de la ramener chez lui, pour faire une décoration. En fait, plus tard, il s'est rendu compte que c'était une plante carnivore. Ca l'ennuyait un peu parce qu'un plante carnivore, ça demande beaucoup de travail et d'entretient, et lui, il avait pas trop le temps. Alors, il me l'a donné, comme il savait que j'aimais bien la botanique. Pour finir, j'ai greffé la plante carnivore avec le rosier, et maintenant, c'est devenu une espèce nouvelle espèce.
Neville avait vraiment l'air fier de lui et de sa créature. Ron était vraiment très inquiet à l'idée de partager sa chambre avec une plante carnivore d'un genre nouveau, et peut-être encore plus à l'idée de devoir dormir à côté de celui qui en était le créateur. Draco, lui, se demandait combien d'autres surprises de ce genre on allait encore lui réserver pendant ses vacances.
Ron respira à fond et leva les yeux au ciel.
- Merlin ! dit-il. Vivement que Harry soit là.
- Quoi ? s'exclama Draco. Potter doit venir ici ?
Ron se mit à sourire d'un air particulièrement sadique qui ne présageait rien de bon pour le serpentard.
- Quoi, on ne t'a rien dit ! s'exclama Ron d'un air innocent. Il doit arriver toute à l'heure, pour le déjeuner. Tu vas même devoir partager ta chambre avec lui.
Draco ne sut pas s'il était mort, mais en tout cas, il avait l'impression d'être dans un autre monde : l'enfer. Un enfer peuplé de griffondors.
Voilà, maintenant, envoyez moi une petite review ! Comme ça je serais très contente et j'écrirais le prochain chapitre plus vite.
