Je n'ai pas l'habitude d'avoir autant de reviews pour chaque chapitre, certains diront peut-être que c'est peu, je ne connais pas votre quota, mais pour moi, c'est fou, vous êtes des fous ! Et je suis heureuse que cette histoire vous plaise tant, vraiment, et d'attraper dans mes filets de nouveaux lecteurs à chaque chapitre !
Je vous laisse donc avec un nouveau chapitre, bonne lecture :)
« Si vous voulez vraiment rêver, réveillez-vous.»
Les paupières de Regina étaient lourdes. Très lourdes. Comme si elle n'avait pas ouvert les yeux depuis des jours, voire des semaines. Elle décida de rester les yeux fermé encore quelques instants, la lumière lui faisait mal. Elle percevait dans ses narines une odeur douce, épicée et, bizarrement, rassurante, comme une odeur familière qui flottait dans l'air. Elle rouvrit les yeux et une tâche rouge s'éloignait. Elle aurait voulu sortir une phrase cohérente pour attirer l'attention de la silhouette qui s'en allait, mais elle parvint seulement à émettre un grognement que, par chance, la silhouette rouge entendit. Regina battit une nouvelle fois de paupières et son environnement se fit moins flou.
- Madame Mills ? Regina ?
Regina grogna à nouveau. La silhouette se rapprocha d'elle, et la tâche rouge était en fait due un affreux manteau en cuir rouge, que portait une jeune femme blonde. La jeune femme se rapprocha d'elle et ses cheveux lui chatouillèrent le visage. Une délicieuse odeur de pomme se répandit dans l'air.
On dirait un ange... Un ange avec une affreuse façon de s'habiller, mais... Suis-je morte ? Oh mon dieu, je suis sûre que je suis morte...
- Regina ? Regina vous m'entendez ?
- Oui, bien sûr que je vous entends...
Regina émit un nouveau grognement.
- Je vais chercher du monde, je reviens, surtout ne bougez pas !
Elle se fiche de moi ? Est-ce que j'ai vraiment l'air de pouvoir bouger ? J'ai l'impression que le moindre de mes muscles est courbaturé...
Des petits cris suraigus retentirent derrière la porte et firent grimacer Regina.
- Oh mais c'est pas vrai, c'est une super nouvelle ! dit la voix aiguë en entrant dans la pièce, suivie par la jeune femme blonde.
Oh non, pas cette voix, par pitié !
Regina n'aurait su l'expliquer, mais c'était comme si elle l'avait déjà entendue, comme si elle lui était parvenue dans un rêve, voire plutôt un cauchemar.
- Regina ? Vous m'entendez ?
- Pour la deuxième fois, oui !
Regina hocha légèrement la tête, tandis que le visage qui appartenait à la voix agaçante d'une petite femme brune aux cheveux court se rapprocha d'elle pour l'examiner avec douceur.
- Je suis Mary-Margaret Blanchard, c'est moi qui me suis occupée de vous depuis que vous êtes arrivée ici. Savez-vous où vous êtes Regina ?
Dans un hôpital, visiblement, puisque cette femme m'examine... En plus d'avoir une voix stridente, elle n'a pas inventé l'eau chaude...Je crois qu'être morte aurait été préférable, finalement...
- Hô..pi...tal..., lâcha Regina dans un soupir.
- Et en plus vous pouvez parler ! Mais c'est génial Regina ! C'est une énorme avancée !
- Cessez de me parler comme à une enfant de trois ans, je suis plus âgée que vous ! Et qui c'est la motarde là ?
Les yeux de Regina, qui s'étaient focalisés sur l'infirmière, se posèrent soudain sur Emma, qui se mit à rougir. Sans même qu'elle puisse la retenir, une syllabe s'échappa de ses lèvres.
- 'Ma... soupira-t-elle.
Emma la regarda en fronçant les sourcils tandis que Mary-Margaret s'extasiait.
Mais pourquoi est-ce que j'ai dit ça ? Regina tu es vraiment stupide parfois...Si ça se trouve elle ne s'appelle même pas comme ça, pourtant c'est comme si... comme si je l'avais déjà entendu quelque part...
- Elle a retenu votre prénom Emma ! Je le savais ! Elle a retenu votre prénom !
...
Emma ne savait pas quoi dire. Maintenant que ces yeux chocolats l'a regardaient de façon insistante, maintenant que ces lèvres, qu'elle avait goûté sans le consentement de leur propriétaire, avaient murmuré son nom, elle se sentait intimidée. La réalité peut parfois nous désarmer, et c'est exactement ce que ressentait Emma en ce moment. Elle s'était imaginée pendant des jours que Regina pouvait l'entendre, sans réellement y croire, même quelques minutes plus tôt, lorsqu'elle avait vu son nom sur ce bloc-notes, il restait en elle encore quelques doutes, même lorsque ses lèvres avaient touché les siennes. Mais maintenant, à cet instant précis, le doute n'était plus permis.
- Vous... êtes.. Emma.. Swan ? dit péniblement Regina, sans la lâcher du regard.
Les sourcils toujours froncés, Emma hocha la tête. Son cœur battait tellement vite qu'il lui faisait presque mal. Si elle l'avait entendue, alors que pourrait-elle bien lui dire ?
- Si j'appuie ici, vous le sentez Regina ? demanda Mary-Margaret en lui palpant le bras. Regina hocha la tête. Et ici ?
Mary-Margaret lui tapota le bout des doigts avec un petit instrument, et Regina hocha à nouveau la tête. Le biper de l'infirmière se mit à sonner.
- Mince, dit-elle précipitamment. Emma, vous pouvez lui palper la cuisse et lui faire les réflexes ?
- Hein ?
- Un patient m'appelle j'en ai pour deux minutes.
Et elle sortit de la salle en courant. Emma resta quelques instants immobile, tandis que Regina la regardait d'un œil circonspect.
- Ok, se rassura Emma à voix haute. Ok, je.. Elle se rapprocha du lit. Je vais vous toucher la cuisse, et si vous sentez quelque chose, hochez simplement la tête, d'accord ?
Regina la regarda toujours, mais ne bougea pas d'un poil. 'Super', pensa Emma. 'Vraiment, super'.
Elle prit la couverture du bout des doigts et la releva, découvrant pour la première fois les jambes nues de Regina, sa blouse s'arrêtant à mi-cuisse. Emma savait qu'elle ne pouvait pas se contenter de la fixer ainsi, et pourtant elle ne pouvait s'en empêcher. Emma était comme ça, elle ne pouvait pas lutter contre l'envie de regarder dès que quelque chose lui faisait de l'œil, ou qu'elle remarquait un détail anormal. Les doigts quelque peu tremblants, Emma posa sa main sur l'une des cuisses étonnamment douce et chaude de Regina, qui frissonna, mais qui continuait à la regarder.
- Vous le sentez ? demanda timidement Emma.
Regina hocha la tête. Sans même se rendre compte de ce qu'elle faisait, elle laissa ses doigts parcourir la courte distance qui menait à son genou en frôlant sa peau, et tapota sa rotule. Comme prise d'un petit choc électrique, la jambe de Regina se mit à bouger. La brune inspira longuement.
- Je vous ai fait mal ? Désolé si c'est le cas je...
Regina fronça les sourcils, dodelina de la tête et dit lentement :
- Non... C'est... c'est votre veste. Elle est... aff..aff...affreuse, votre veste... Miss Swan...
- Quoi ? Emma éclata de rire.
- Ce n'est... pas... drôle du tout... elle pique... les yeux...
- Attendez, vous m'adressez la parole pour la première fois, et tout ce que vous trouvez à dire, c'est que ma veste est moche ? répliqua Emma avec un sourire. Sachez Madame, qu'au moins, moi, je suis habillée ! Alors peut-être que c'est moche, mais ça l'est toujours moins que cette blouse !
Regina roula des yeux et grimaça, et s'enfonça un peu plus dans le lit, tandis que Mary-Margaret revint, haletante.
Elle regarda alternativement Regina, ses jambes nues, et Emma.
- Pourquoi vous l'avez déshabillée ? demanda-t-elle surprise.
- C'est vous qui m'avez dit de continuer à l'examiner...
- Oui mais vous pouviez le faire à travers les draps...
- Oh... Ça ne m'est pas venu à l'idée...
- Etonnant, dit Mary-Margaret avec un clin d'œil pour Emma.
Décidément, cette infirmière était très étrange, se dit Emma.
...
Je n'ose même pas la repousser... C'est dingue ! Regina tu débloques complétement ! Je ne la connais pas, elle me touche, elle porte en plus une veste horrible, et je la laisse faire comme si elle m'était familière... Pourquoi ai-je retenu son nom ? Peut-être entend-t-on réellement des choses lorsque l'on est inconscient... Alors ça voudrait dire qu'elle est venue me voir ? Mais pourquoi ? Pourquoi ferait-elle une chose pareille ? On ne se connait pas...
- Bon, Regina, vous allez devoir subir une batterie d'examens, je pense que vous vous en doutez, lança Mary-Margaret. Ainsi que beaucoup de rééducation, pour réhabituer vos muscles, notamment en ce qui concerne la marche.
Regina hocha la tête.
- Quand... pourrais-je rentrer chez.. moi ?
- C'est impossible de le dire maintenant, tant qu'on ne vous a pas examiné en détail. Mais si j'étais vous, je ne m'inquiéterais pas pour ça. On va s'occuper de vous, à tel point que vous n'allez plus vouloir partir !
- Ca me semble peu probable...
- Vous avez besoin de vous reposer, donc on devrait vous laisser... Emma ? Vous venez ? demanda-t-elle à l'intention de la blonde, en sortant de la pièce.
- Oh, euh... oui, je vais vous laisser aussi Regina, dit-elle timidement tandis qu'elle ramassait son sac et que l'infirmière referma la porte derrière elle.
Il me semble que j'ai assez dormi pourtant... Mais j'ai besoin de savoir ce qu'elle fait là, pourquoi cette Miss Swan reste.
- Attendez, dit Regina dans un souffle. Qui êtes-vous ?
- Vous le savez déjà, vous connaissez mon nom...
- Non, je.. Que faites-vous là ?
- C'est une longue histoire Regina, on en parlera demain...
- Demain ? Ca veut dire que vous serez là demain ?
- Oui, bien sûr, répondit Emma avec un sourire. Sauf si vous ne voulez pas de moi...
- Je ne sais pas... Venez toujours demain... Et on verra...
- Très bien Madame Mills, alors à demain.
Et Regina regarda Emma passer la porte à son tour. Toute la journée, elle se fit examiner, on l'emmena dans une salle, puis dans une autre, on lui posa les même questions, deux, trois fois de suite, on criait au miracle. On lui demanda si elle avait besoin d'appeler quelqu'un, elle répondit non. Cette première journée éveillée avait été affreusement pénible. Quelque part, elle aurait préféré rester endormie, dans cet état où rêves et réalité s'étaient visiblement mélangés.
...
Le lendemain matin, Emma fut ravie de voir que Regina allait beaucoup mieux. Elle semblait moins fatiguée, ses traits étaient moins tirés, et Emma découvrit réellement sa voix pour la première fois. Cependant, sa joie ne dura pas. En arrivant, la brune, qui déjeunait, assise dans le lit médicalisé, un gros coussin dans le dos, ne lui dit même pas bonjour, mais attaqua par un :
- Que faites-vous là Miss Swan ?
Sa voix était grave, rocailleuse, sans doute même un peu plus qu'ordinairement.
- J'ai dit hier que j'allais repasser ce matin... répondit Emma, légèrement prise au dépourvu par un tel accueil. On vous a décelé des problèmes de mémoire pendant vos examens ou... ?
- Bien sûr que non qu'on ne m'a pas décelé des problèmes de mémoire ! rétorqua Regina d'un ton bourru en beurrant un toast avec difficulté. Je vous repose simplement la question à laquelle vous n'aviez pas répondu hier !
Emma la dévisagea. Le changement entre la veille et aujourd'hui était flagrant. Cette apparente méchanceté était-elle due à son accident ?
- Vous comptez rester là à me regarder bêtement ou vous allez vous décider à prendre cette chaise et à me dire pourquoi vous êtes là ?
Emma s'assit précipitamment sur la chaise qu'elle avait occupée de longs jours durant. Elle ne savait pas trop par où commencer. En y réfléchissant bien, toute cette histoire était absurde, totalement absurde.
- Eh bien, je... je suis arrivée dans votre chambre un peu par hasard, se lança-t-elle. Et j'ai remarqué que vous étiez seule, on m'a dit que vous ne receviez pas de visites, et l'infirmière, Mademoiselle Blanchard, elle m'a...
- Qu'a-t-elle encore dit celle-là ?
Emma haussa les sourcils de surprise. Mais comment se permettait-elle de parler de cette manière ?
- Vous devriez peut-être être plus sympa avec elle, je vous signale qu'elle a beaucoup fait pour vous ! s'exclama Emma.
- Oui, elle est infirmière ici, c'est son travail, c'est normal Miss Swan ! Et ensuite ? Finissez votre histoire !
Emma leva les yeux au ciel et continua.
- Alors elle m'a fait tout un speech, comme quoi les gens dans le coma avaient besoin d'une voix qu'ils puissent reconnaître, et qui les aident à se réveiller, et alors je me suis proposée... Voilà.
Il y eut un silence qui dura plusieurs minutes, où seul le bruit des efforts de Regina pour boire sa tasse de café se fit entendre. Elle avait du mal à se mouvoir, mais lorsqu'Emma se pencha vers elle pour l'aider, elle l'a repoussa d'un coup de coude dans les côtes qui la fit retomber aussitôt dans le petit fauteuil.
- Je n'ai pas besoin de vous Miss Swan ! tempêta-t-elle. Je peux me débrouiller toute seule !
- D'accord, très bien, répondit la blonde en se massant les côtes. Je crois que j'ai compris... Vous savez quoi ? Regina se tourna vers elle en arquant un sourcil. Je vous trouvais beaucoup plus sympa quand vous étiez endormie !
- Vraiment ? Alors peut-être aurait-il fallu que vous me laissiez tranquille ! Je n'ai jamais demandé votre aide !
- Et pourtant je vous ai réveillée ! C'est vraiment trop dur pour vous de dire merci ? C'est de famille chez vous ?
Emma commençait à s'emporter. Ce qu'elle avait craint s'était avéré vrai, Regina était exactement comme sa mère ! Ce qu'elle avait pu être bête, comment avait-elle pu penser qu'elle serait différente ?
- Vous ? Vous croyez que c'est grâce de vous si je me suis réveillée ? Regina commençait à crier elle aussi. Je me suis réveillée parce que mon cerveau s'est remis à fonctionner correctement, c'est de la science Miss Swan ! Que croyez-vous ? Que vous avez un don du ciel ? Qu'avec vôtre bon vouloir vous pouvez réveiller les gens ? C'est la réalité Miss Swan, et cela vous a peut-être échappé, mais elle est brutale ! Je ne suis pas Blanche-Neige, ou je ne sais quelle autre débilité de contes de fée ! On ne me réveille pas avec un baiser !
- Et pourtant c'est ce qui...
Emma fut coupée par la porte de la chambre qui s'ouvrit à la volée, et Mary-Margaret entra, l'air quelque peu paniqué.
- Tout va bien ?
- Parfaitement, lancèrent en cœur les deux femmes qui se tournaient presque le dos.
L'infirmière, visiblement soulagée qu'aucune ne se soit entretuée, se mit à sourire et lança de son habituel ton joyeux :
- Regina, vous avez votre première heure de rééducation dans une demi-heure ! C'est bien n'est-ce pas ?
- Merveilleux... grogna-t-elle. Pouvez-vous rapporter ce plateau ? Je n'ai plus aucun appétit.
Emma remarqua qu'elle avait insisté de sa voix rocailleuse sur le 'aucun'.
- Et moi je vais y aller, dit-elle en se levant. Merci pour ce moment Regina. C'était très agréable.
Evidemment, Emma était ironique.
- Vous reviendrez demain ? demanda Regina subitement.
- A quoi ça sert ? Vous ne voulez pas de moi de toutes manières, si j'ai bien compris ?
Emma plongea dans ses yeux chocolats et remarqua que Regina semblait perplexe, hésitante, et en trois secondes à peines, Emma ne lui en voulait déjà plus d'être aussi méchante.
- Faites ce que vous voulez, répondit Regina tandis que l'infirmière enlevait son plateau. Je m'en fiche.
- Très bien.
Et Emma s'en alla, sans savoir exactement si elle reviendrait le lendemain.
...
Toute la soirée, Regina s'en voulut. Elle avait toujours haït le comportement de sa mère, et pourtant, avec l'âge, elle ne lui ressemblait que trop. Mais c'était dans son caractère d'être toujours sur la défensive, encore plus maintenant qu'elle était affaiblie. Au fond, cette Miss Swan n'était pas méchante, elle essayait simplement de l'aider. Et Regina l'avait repoussé. Et puis elle avait retenu son nom, parmi toutes les choses qu'elle avait pu entendre pendant son coma, c'était le nom d'Emma qu'elle avait retenu, celui-là même qu'elle avait prononcé dans son sommeil, apparemment. Elle se sentait tiraillée entre deux extrêmes, parce que cela l'insupportait de la voir près d'elle, toujours là prête à l'aider, mais d'un autre côté, elle se sentait bizarrement triste à chaque fois qu'elle la voyait sortir de cette chambre. Elle lui rappelait le pensionnat dans lequel sa mère l'avait inscrite lorsqu'elle était plus jeune : à chaque rentrée, elle détestait y aller, mais lorsque venait les vacances, elle ne voulait plus en partir.
Le lendemain, Emma ne vint pas. Le surlendemain non plus. Regina commençait à désespérer. Cependant, entre temps, elle avait fait des progrès considérables pendant ses heures de rééducation. Elle avait toujours du mal à marcher, mais pouvait parcourir une certaine distance sans être fatiguée. Au bout du troisième jour, toujours sans nouvelles d'Emma Swan, Regina comprit qu'elle ne reviendrait sans doute pas. Et ç'avait été de sa faute. Et à présent, elle se sentait incroyablement seule. Elle avait même, de dépit, appelé sa mère, qui fut ravie que sa fille se soit réveillée (enfin ce qui s'approchait le plus du ravissement chez Cora Mills, c'est-à-dire peu de choses) mais qui ne pouvait pas venir, car le travail à Boston était trop conséquent. Regina demanda alors un annuaire à Mary-Margaret, qui la regarda d'un air surpris, mais qui lui amena tout de même quelques instants plus tard.
- Vous comptez appeler qui ?
- Ce ne sont pas vos oignons ! Vous n'avez pas d'autres bassins à nettoyer ?
Mary-Margaret soupira et la laissa tranquille.
Regina feuilleta l'annuaire et tomba vite sur le nom qu'elle cherchait, Storybrooke n'était pas bien grand, et les Swan ne couraient pas les rues par ici, encore moins les Emma. Elle retint la page avec sa main, tandis que de l'autre, elle prit le combiné du téléphone, posé sur la table de chevet, et composa le numéro. Le cœur battant, elle s'éclaircit la voix d'une petite toux, et attendit. Première sonnerie. Deuxième sonnerie. Troisième sonnerie. Personne ne répondit.
Stupide Regina, tu es stupide ! Regarde l'heure, on est en plein après-midi ! Elle est sûrement au travail ! Bon alors, attends... Où est-ce que je vais pouvoir trouver le numéro de son bureau... Là !
Regina composa le numéro, et cette fois, au bout de deux sonneries, elle entendit :
- Shérif Swan, j'écoute ?
Prise de panique, elle raccrocha. Mauvaise idée, Regina, très mauvaise idée ! Mais qu'est-ce qui m'arrive, je ne me reconnais même plus ! Elle reposa le combiné sur son socle, et au même instant, le téléphone sonna. Elle décrocha aussitôt.
- Allo ?
- Vous venez d'appeler le bureau du shérif ?
- Désolée de vous avoir dérangée je...
- Regina ? C'est vous ?
Le cœur de Regina s'enflamma littéralement, cependant elle était toujours sous assistance, et tenta de se calmer pour ne pas attirer l'attention des médecins qui pouvaient contrôler le moniteur.
- Oui. C'est... c'est moi...
- Oh... Vous avez un problème à l'hôpital ?
- Non, pas du tout je... Comment avez-vous fait pour rappeler ici ?
- Je suis shérif je vous rappelle, tous les numéros sont affichés et les appels localisés. Vous vouliez quelque chose ?
Regina hésita. Elle avait envie de raccrocher, et pourtant, la voix d'Emma semblait l'hypnotiser et la poussait à tenir le combiné entre ses mains.
- Je... Les mots avaient du mal à sortir, pourtant, maintenant qu'elle était là, elle se devait de les prononcer. Je m'ex.. je m'excuse.
Un silence de plomb régna à l'autre côté du téléphone, coupé seulement par les respirations d'Emma.
- Miss Swan, vous êtes toujours là ?
- Oui, je suis juste... J'essayais de réaliser l'effort que ça a du vous coûter de prononcer ces deux petits mots. Elle vit dans ma tête ou quoi ? Vous n'avez pas l'air de vous excuser souvent, alors pourquoi maintenant ? Pourquoi à moi surtout ?
- Ecoutez, je sais reconnaître mes torts lorsque je suis en faute, et j'avoue m'être montrée un peu... brusque, avec vous.
- Un peu ? Emma laissa échapper un petit ricanement. Vous avez été un vrai butor !
- N'en rajoutez pas, j'ai compris ! Acceptez-vous mes excuses ?
- Je suis désolée mais il va me falloir un peu plus que ça, lança Emma le plus sérieusement du monde, et l'espace d'un instant, Regina prit peur, peut-être avait-elle été réellement trop loin et Emma n'accepterait pas ses excuses.
- Alors que puis-je faire pour me faire pardonner ?
- Des excuses sincères seraient bienvenues, pour commencer !
- Mais elles étaient sincères ! s'indigna Regina.
- Ta-ta-ta, je ne vous écouterai que si la phrase commence par : 'Je m'excuse Emma pour.'
Regina roula des yeux, pour s'empêcher de glousser. Ceci était peut-être la conversation la plus réjouissante qu'elle ait eue depuis des siècles.
- D'accord, très bien ! Alors... Je m'excuse Miss Swan pour...
- Non, ça ne va pas du tout ! coupa Emma. Recommencez !
- Mais pourquoi ? J'ai commencé comme vous aviez dit !
- Il y a une erreur !
- Je m'excuse Miss Swa...
Il y eu un son très étrange, un bruit de buzzer qu'Emma avait imité, comme on voyait parfois à la télé.
- Miss Swan, est-ce vraiment nécessaire tout ce cinéma ?
Le bruit de buzzer se fit entendre à nouveau.
-Vous refroidissez MADAME Mills.
Et la connexion se fit enfin dans le cerveau de Regina.
- Je m'excuse Emma pour...
- Aaah on tient le bon bout !
- Alors cessez de m'interrompre, enfin ! Je m'excuse Emma pour avoir été odieuse avec vous. Sincèrement.
Il y eut un court silence, pendant lequel Emma semblait réfléchir.
- Très bien, dit-elle. Je vais délibérer, et on vous rappellera. Merci !
- Attendez, vous n'êtes pas sérieuse ? Miss Swan ?
Mais elle avait déjà raccroché. Cette Emma Swan était définitivement incroyable, dans tous les sens du terme.
Mais dans quoi est-ce que je viens de m'embarquer ?
...
Emma était tout sourire en raccrochant, parce qu'elle savait l'effet qu'elle venait de produire chez Regina, elle l'imaginait déjà indignée par un tel comportement. Elle était réellement heureuse de l'effort qu'avait Regina, elle avait fait le premier pas, et c'était déjà quelque chose. Finalement, elle n'était peut-être pas si mauvaise.
Emma savait qu'il devait y avoir du bon en elle, quelque chose d'aussi apaisant que le visage qu'elle avait lorsqu'elle était endormie, et elle savait qu'avec un peu de travail et de volonté, elle arriverait à mettre en lumière ses bons côtés.
Elle sortit son portable de sa poche, et envoya un message à son fils :
*Hey, ça te dérange d'être seul quelques heures ce soir ? Il y a de l'argent dans la commode, je ne rentrerai pas tard, promis, juste une mission. Je t'aime*
Emma composa un autre numéro, et appela.
- Allô ? Ruby ? Tu peux dire à ta grand-mère de préparer deux cheeseburgers, avec supplément fromage pour ce soir ? Oui, à emporter. Non, ce n'est pas pour Henry, c'est... pour une mission.
Oh là là, mais que va-t-il donc se passer avec ces cheeseburgers ? Que de suspens ! (Pas du tout !)
Réponse dimanche prochain, dans le cinquième chapitre, en attendant, j'espère avoir autant d'avis sur ce chapitre que sur les précédents, c'est magique !
Des bisous,
ADR
