Avertissements : Cette fanfic ne respecte pas la fin du tome 6 ni le tome 7. Elle contient des scènes de violence et de sexe explicites ; elle est donc destinée à un public averti.

Disclaimer : L'univers et les personnages de cette fanfic appartiennent à J.K. Rowling. Un grand merci à Dauphin Noire, ma merveilleuse bêta-reader, pour la correction de ce chapitre !

Bonne lecture !



Chapitre 3 - Rendez-vous avec le destin

"Qu'est-ce que tu fais là ?" s'écria Hermione en resserrant sa serviette autour d'elle.

"Aurais-tu déjà oublié que je suis chez moi, Granger ?" interrogea Drago qui semblait hautement amusé par son embarras.

Hermione ouvrit la bouche pour répliquer, mais, pour une fois, aucune repartie cinglante ne lui vint à l'esprit. Evidemment, il était chez lui. Et elle, elle était sa prisonnière dans ce qui ressemblait peut-être à une prison dorée, mais qui n'en était pas moins une prison. Elle était en position de faiblesse : il avait tous les pouvoirs. Et apparemment, il comptait bien en profiter.

Voyant qu'elle ne disait plus rien, Malefoy eut un petit rire et lança d'une voix méprisante :

"Ne me regarde pas comme ça, ton corps ne m'intéresse nullement. Ma position me permet de trouver bien mieux que toi et ton sang impur. Tu ne me crois quand même pas aussi désespéré que ces quelques rustres qui t'auraient achevée en moins d'une journée si je les avais laissés faire ?"

Elle le fusilla du regard pour toute réponse. Comme elle détestait se sentir impuissante ainsi ! Elle aurait donné n'importe quoi pour avoir sa baguette magique à la main et pouvoir lui fermer le clapet. Même si de toute façon, cela aurait été bien imprudent dans cet endroit sûrement plein de Mangemorts…

"J'ai fait livrer quelques tenues de chez Madame Guipure, Gowny ne devrait pas tarder à les apporter," reprit Drago d'un ton plus sec à présent. "Sois prête dans quinze minutes, je détesterais que tu me fasses attendre."

Il tourna les talons et quitta la pièce sans un regard de plus en sa direction. Après son départ, Hermione resta immobile quelques secondes, tendant l'oreille pour s'assurer qu'il était bien parti, puis elle poussa la porte de communication et déboucha dans la chambre bleue. Au même moment, deux coups discrets furent frappés à la porte, et la voix aiguë de la vieille elfe de maison se fit entendre.

"Vos robes, mademoiselle."

"Tu peux entrer, merci," répondit Hermione.

Elle avait décidé de ne plus la vouvoyer puisque cela ne lui plaisait pas, mais elle continuerait à lui parler aussi poliment qu'elle le pouvait. L'elfe poussa la porte et entra, une pile de boîtes qui faisait au moins deux fois sa taille en hauteur, dans les bras. Horrifiée de la voir peiner ainsi, Hermione s'empressa de lui prendre sa charge des mains, et l'elfe, avec un léger regard désapprobateur, quitta rapidement la chambre en refermant la porte derrière elle.

Hermione s'assit sur le lit et posa les boîtes devant elle. Il y en avait six, toutes portant la marque de Madame Guipure, et une autre plus petite qui semblait de la taille d'une boîte à chaussures. Curieuse de voir ce qu'elles contenaient, elle souleva le couvercle de la première. Elle renfermait une robe de sorcière à la coupe moderne, faite d'un tissu rouge sombre, soyeux et probablement coûteux, brodée par endroits de perles qui scintillaient de façon irréelle. Ebahie, Hermione la sortit de la boîte pour la regarder en entier. Ce n'était pas à proprement parler une robe de soirée, mais elle n'avait rien à voir non plus avec ce que portaient Ginny ou Madame Weasley tous les jours. La deuxième boîte contenait une seconde robe tout aussi recherchée que la première, mais celle-ci dans les tons de mauve. Ayant peine à en croire ses yeux, Hermione ouvrit les sept boîtes les unes après les autres, découvrant avec étonnement ce que Drago avait commandé pour elle. Les chaussures étaient des escarpins noirs au talon peu élevé, à l'allure assez confortables pour être portés tous les jours tout en était suffisamment élégants pour des occasions plus spéciales. Elle ne comprenait plus rien. Pourquoi faisait-il cela ? Se donner la peine de dépenser autant pour elle alors qu'il la méprisait avec tant d'ardeur ! Quels étaient donc ses plans ?

Tout revenait toujours à cette question, mais malheureusement elle n'avait pas le temps de la retourner plus longtemps dans sa tête. Il lui restait très peu de temps avant son "rendez-vous", et malgré sa fierté naturelle, elle ne tenait pas à mettre Malefoy en colère. Elle sélectionna une des robes les plus simples, noire, sans manches et décolletée en V, qui épousait les formes de sa taille, et s'évasait vers le bas dans un mélange de textures qui ne pouvaient être l'œuvre d'un couturier Moldu. La dernière boîte de chez Madame Guipure contenait, en plus d'une robe, un petit paquet dans lequel elle découvrit diverses pièces de lingerie, dont certaines la firent rougir rien qu'à l'idée de les porter. Lorsqu'elle retourna dans la salle de bains, cependant, ses anciens habits avaient disparu : elle fut donc contrainte de piocher parmi les sous-vêtements qui lui étaient offerts. Tous n'étaient heureusement pas aussi embarrassants les uns que les autres. Elle préféra ne pas se demander qui les avait choisis pour elle.

Après s'être séchée les cheveux avec une des serviettes apportées par Gowny – serviettes probablement magiques d'ailleurs, car l'eau semblait s'évaporer en quelques secondes – elle s'habilla rapidement et chaussa les escarpins, constatant avec surprise que tout était parfaitement à sa taille. Puis, elle trouva une brosse dans un tiroir et entreprit de mettre un peu d'ordre dans ses cheveux, ce qui n'était pas chose aisée vu leur détermination à boucler dans tous les sens.

Des coups retentirent de nouveau à la porte, et Gowny couina :

"Il est l'heure, mademoiselle !"

"J'arrive !" dit Hermione précipitamment en donnant un dernier coup de brosse dans sa tignasse.

Oh, pensa-t-elle, et puis de toute façon, qu'importait si sa coiffure n'en était pas une ? Voilà qu'elle se comportait comme si elle allait à une soirée, alors qu'elle ne faisait que se plier aux ordres de son geôlier. Elle posa la brosse sur la table et alla ouvrir la porte de la chambre. L'elfe jeta un regard scrutateur à sa tenue, mais s'abstint de commentaires et la guida à travers les couloirs. Le chemin fut court, et un tournant et quelques pièces plus loin, Gowny frappa à une porte à l'allure imposante sur laquelle il était gravé avec de l'argent, des inscriptions runiques. Machinalement, Hermione se mit à essayer de les traduire, mais avant qu'elle ait fini de déchiffrer le troisième mot, la voix de Malefoy provenant de l'intérieur leur ordonna d'entrer, et la porte s'ouvrit.

Hermione resta un instant sur le seuil, dévorant la pièce des yeux. Elle ne s'était pas du tout attendue à un tel spectacle. Cela semblait être une salle à manger, certes, mais elle était incroyablement grande. Une immense table rectangulaire pouvant accueillir au moins vingt personnes se dressait en son milieu, et le long des murs s'étalaient des collections d'objets anciens ou précieux. Il y avait là des vitrines, des étagères et des tables remplies de bibelots et d'antiquités divers, tous probablement au fort potentiel magique. Un grand lustre de cristal pendait du toit, et des petites boules de feu en suspension dans l'air, semblables à celles qu'elle avait aperçues de sa cellule, jetaient une lumière dorée sur l'ensemble de la pièce. Drago était assis à une chaise au milieu de la table, faisant face à la porte, mais les couverts n'étaient pas encore mis.

"Qu'est-ce que tu attends pour entrer ?" lança-t-il à Hermione. "C'est la première fois que tu vois une vraie salle à manger ?"

Il insista sur le mot "vraie", et Hermione sortit immédiatement de sa contemplation.

"Bien sûr que non," rétorqua-t-elle, "par contre, c'est la première fois que je vois une salle à manger de parvenu !"

Elle sut immédiatement qu'elle était allée trop loin. Le regard de Drago se fit noir, et il se leva de sa chaise, tirant sa baguette magique de sa poche. Pointant l'objet vers Hermione, il dit d'une voix menaçante :

"Ne t'avise pas d'oublier qui gouverne, ici. J'ai dit que j'avais besoin de toi, certes, mais tu ne m'es pas non plus indispensable. Si tu me donnes ne serait-ce qu'une seule raison d'être insatisfait de toi, tu retourneras immédiatement croupir dans ta cellule, et tu peux être sûre que tes amis de tout à l'heure se feront un plaisir de t'ôter à tout jamais l'envie de décevoir un Malefoy. Suis-je bien clair ?"

Hermione avait pâli, mais faisait de son mieux pour ne pas laisser voir sa peur. Elle soutint le regard du jeune homme sans ciller et répliqua :

"On ne peut plus clair."

"Bien," dit Malefoy.

Il abaissa sa baguette et se rassit, l'air un peu plus détendu. Ne sachant pas ce qu'elle était censée faire exactement, Hermione se dit qu'elle devrait quand même s'avancer vers la table, ce qu'elle fit, tout en laissant discrètement échapper un soupir de soulagement. Lorsqu'elle arriva à proximité de la chaise faisant face à celle de Drago, Gowny la tira en arrière, et elle en déduisit que c'était sa place. Une fois qu'elle fut assise, Malefoy renvoya l'elfe d'un mot et la porte de la pièce se referma, les laissant seuls.