Le lendemain, nous étions devant l'ordinateur relié au PDA de Lara. Elle venait d'arriver au Kazakhstan et Alister lui expliquait ce qu'il avait trouvé sur cet endroit. Il la mit toutefois en garde, Amanda était certainement derrière tout ça. Sur l'écran, je voyais une sorte de base militaire d'où fusaient des tirs.

- Il suffit simplement que tu attendes que les tirs se calment et tu devrais … commença Zip.

- Oh voyons Zip ! s'exclama Lara en le coupant. On attend quand on est patient …

Je me mis à rire tout en arrangeant le casque sur mes oreilles. Zip me tira la langue.

- C'est bon, vous avez tout ce qu'il faut si jamais Lara a besoin d'un renseignement ?

- Bien sûr ! répondit Alister, légèrement vexé.

Nous suivions le périple de Lara via un petit écran relié au PDA. Je paniquai lorsque, sur un train, elle fut confronté à une explosion et failli prendre feu. Ah ! Lara avait le gout de risque ! Puis elle se trouva face à Amanda. Ah, cette garce qui avait mis à sac notre manoir ! Cette gothique à deux sous ! Qui, quelques minutes plus tard, faisait irruption sur le canal qui nous reliait avec Lara. Zip en fut le premier surpris d'ailleurs, ce qui me provoqua quelques éclats de rire. Puis Alister me fut d'une aide précieuse lorsque Lara trouva un bouclier sur lequel étaient gravés … les armoiries de Lancelot ! Avait-il alors vraiment existé ? A la suite de cela, Lara nous donna une carte à étudier. Je me posais sur le bureau, un peu plus loin, et entreprit ce travail, guidé parfois par Alister qui en savait en peu plus que moi. Et à deux, la carte finit par être facilement décrypté. Dans mon casque, j'entendais ce qui se tramait.

- Alister a pu tirer quelque chose de la carte ?

- Avec mon aide ! ajoutai-je dans le casque.

- Je suis là ! me coupa monsieur le génie. Mais tu ne vas surement pas me croire si je te dis où elle mène !

Lara fit preuve d'une ironie déconcertant et j'abrégeais tout ça.

- En Cornouailles !

Lara se tut quelques instant, puis nous annonça le trajet qu'elle allait faire. Zip plaisanta, et je retirai mon casque, fatiguée par les recherches. Maintenant, il nous fallait partir, tous les trois, pour rejoindre Lara à l'endroit donné par la carte.

Nous étions dans la camionnette noire de Zip. Lui, au volant, attendait Lara. Et Alister et moi, nous cherchions d'autres possibilités, sur la carte. Peut être nous étions nous trompé ! Parce que pour chercher la tombe du roi Arthur là où un imbécile avait cru la découvrir sans que personne ne l'ait cru, et là où avait donc été construit un piège un touriste … C'était une drôle de coïncidence ! Lara arriva en trombe sur sa Ducati. Zip se pencha par la fenêtre tandis qu'elle s'approchait.

- De la coïncidence à l'ironie, il n'y a qu'un petit pas, constata t-elle, en voyant le panneau de l'endroit « Le musée du Roi Arthur »

Zip fit la moue, et Alister passa sur le siège avant de la camionnette.

- T'es sur pour la carte ? demanda Zip.

- J'en ai bien peur. Un dingo à bien cru découvrir le tombeau d'Arthur ici, il y a quelques années !

- Mais c'était du pipeau ! rajoutai-je, en me penchant pour faire signe à Lara. Et bien sur, on a construit un piège à touriste.

- Lauren ! s'écria t-elle en me faisant signe à son tour. On peut toujours aller vérifier non ?

J'hochai la tête, peu convaincue.

- Au moins à titre pédagogique, ajouta t-elle, en s'éloignant.

Ah, quelle tête de mule cette Lara ! Je retournai dans le fond de la camionnette, les yeux rivés sur l'écran où l'on voyait ce qui se passait du côté de chez ma tête de mule préférée. Alister se tourna vers moi.

- Tu pourrais continuer les recherches, voir si il ne pourrait pas y avoir d'autres endroits susceptible d'être le tombeau du Roi Arthur ou bien où un morceau d'Excalibur pourrait avoir été perdue.

- Ça marche.

Je pris l'ordinateur portable qui trainait, et continuait mes recherches. D'un œil, je suivais l'avancée de Lara. Et je constatais que je n'avais plus besoin de rechercher au bout d'une bonne demi-heure : Lara avait trouvé le tombeau du roi Arthur, et le dernier fragment d'Excalibur.

- Wouah, murmurai-je. Alors ils ont vraiment existés !

- On dirait bien que oui. C'est inouï ! me répondit Alister, tout aussi émerveillé.

Soudain, des crissements de pneus se firent entendre.

- Lara, il se passe des trucs bizarres ici, avertit Zip.

Et dans le brouillard, des phares nous aveuglèrent

- Alister, tu vois ça ?

- Hein ? De quoi ?

Et soudain, une vingtaine d'hommes, ainsi que deux chiens débarquèrent devant nous. Des mercenaires, ceux d'Amanda. Ils prirent d'assaut la camionnette, fusil en main. Ils empoignèrent Alister et Zip.

- La vache ! Lâchez-moi ! s'écria Alister.

Je m'aplatis au sol, et j'entendais Lara dans le casque, demander ce qu'il se passait. Je m'apprêtais à lui répondre quand la porte arrière s'ouvrit, et trois hommes m'agrippèrent.

- Hey ! Nan ! Lâchez moi, ah !

Mon casque retomba sur le sol, coupant toute communication. J'essayais d'atteindre mon arme, posée juste à côté, mais un des hommes m'écrasa la main. J'hurlai !

- Putain ! Ça fait mal !

Ils me jetèrent à terre, et reculèrent, me portant en joue.

- Debout, va rejoindre les deux autres contre la camionnette. Et mains en l'air !

Bougonnant, j'essayais de frotter ma main douloureuse tant bien que mal. Je me collais contre la paroi métallisé, aux côtés d'Alister.

- On ne bouge plus maintenant. Allez, vous!

Une quinzaine d'hommes, suivi des chiens, pénètrent dans le bâtiment. Ils voulaient ce que Lara venait de récupérer ! Et je ne pouvais pas les laisser faire …

- Dites, vous ne vous ennuyez pas de toujours faire la même chose ? demandai-je un l'un des quatre hommes restants.

- Mais qu'est ce que tu fais, chuchota Alister, alors que l'homme se tournait vers moi.

- Tais-toi et laisse-moi faire ! répondit-je.

- Hey ! Vous deux ! Vous manigancez quoi ? cria le mercenaire.

- Il m'indispose. Il est d'un naturel beaucoup trop jaloux …

Je fis un pas en avant, et l'homme me braqua le fusil en pleine tête. Je déglutis en silence.

- Allons bon … Je voulais simplement vous faire comprendre que je m'ennuie, moi … Vous ne voulez pas m'aidez ?

L'homme baissa doucement sa garde. J'avançais, et tendis la main vers son fusil.

- Je suis sur qu'on va bien s'entendre, ajoutai-je, en voyant un sourire lubrique s'étaler sur son visage.

Soudain, alors que même les autres hommes, avaient baissé leurs armes, j'empoignai le fusil, et assomma son propriétaire d'un coup de crosse. Retournant le fusil, je plombai, en roulant sur le côté, deux autres mercenaires, et tua le troisième qui était évanoui sur le sol. Mais alors que je m'apprêtais à me relever, le dernier m'écrasa une nouvelle fois la main.

- Attention Lauren ! cria Alister.

- AIE ! Mais bordel, c'est quoi cette manie d'écraser la main des gens !

Il m'empoigna par le col, me fit lâcher le fusil, et m'envoya contre la camionnette. Fort heureusement, Alister m'attrapa au vol, à l'aide de Zip, et je ne fus qu'un peu étourdi. Le dernier mercenaire nous mis en joue.

- Amanda nous avaient pourtant prévenus qu'il y avait une fille légèrement dangereuse ! Je ne me laisserai pas avoir !

Je me frottai la main. Mais cela faisait déjà trois hommes en moins. Et pour Lara, six, ce n'était qu'un amuse-bouche. Soudain des coups de feu retentirent, derrière la porte coulissante.

- Morgan ? appela l'homme, en gardant un œil sur nous. Qu'est ce qu'il se passe ?

Zip me jeta un regard, et je souris. Alister semblait de plus en plus paniqué. Le mercenaire recula doucement, jusqu'à un interrupteur. La porte s'ouvrit, devant une pièce vide de vie. Il se retourna, et avança, tout doucement et sur ses gardes, dans la pièce. Zip posa ses mains derrière sa tête. Lui aussi avait compris que le moment était venu de se détendre. Et soudain, alors que je regardais Alister pour le rassurer, le corps du mercenaire vola, et je me poussais juste à temps pour le laisser s'écraser dans un râle contre la paroi. Lara débarqua, un sourire aux lèvres.

- Salut !

- Hey, Lara, ça baigne ? demanda Zip, heureux de la revoir en vie.

- Ils n'ont pas piqués vos cartes de crédits au moins, plaisanta Lara.

Je ris, et elle se tourna vers Alister, le regard inquiet.

- Ça va bien ? Alister ?

- Ouai, ça va ... ça va ! bégaya t-il, en se frottant la tête. Je vais bien.

Je pouffai de rire.

- C'n'est pas vraiment mon train-train quotidien, ajouta-il.

- Alors on rentre, ajouta Lara l'air grave.

Je remontai à l'arrière de la camionnette, suivit d'Alister. Zip prit le volant, et suivit Lara, qui traçait à une vitesse fulgurante sur les routes du retour.