Chapitre 4
Joy et Kerensky étaient d'accord pour dire qu'il était plus prudent que Rosy ne sorte plus de l'immeuble le temps de régler cette histoire. Il était clair que le type qui les avait suivit le matin même n'était là qu'en reconnaissance. Ils ne savaient pas quand les mafieux passeraient à l'attaque mais, dans le building, ils étaient protégés.
En début d'après midi, Joy passa rapidement chez elle pour prendre des affaires de rechange. La veille, elle avait été contre le fait de dormir dans un appartement du Groupe mais, les choses ayant évoluées, elle n'y voyait plus aucuns inconvénients. Elle ne voulait pas laisser la petite Rosy sans surveillance. Le temps de faire l'aller- retour elle remarqua qu'elle était suivit par une grosse Audi noire. Les personnes se trouvant dedans ne tentèrent rien contre elle. Ils avaient sûrement vu qu'elle n'était pas accompagnée de la gamine.
Grâce au jet de la compagnie, Simon fut de retour à New York en fin de soirée. Il était loin du personnage pétillant de vie auquel étaient habitués ses amis. Il avait fait deux fois la traversée des Etats-Unis dans la même journée et, même s'il avait dormi une grande partie du trajet, il était encore fatigué. Il passa néanmoins au bunker avant de regagner son appartement.
Les anciens agents n'avaient pas chômé durant l'après-midi et avaient déjà établi une ébauche de stratégie. Comme les plans les plus simples étaient souvent les plus efficaces, celui qu'ils avaient mis sur pied était enfantin : aller voir le mafioso, lui demander ce qu'il voulait à Rosy et, le plus important, rester en vie. La dernière partie n'étant pas encore vraiment au point, il leur restait quelques heures de travail à effectuer. Ils ne seraient pas prêts à passer à l'action avant au moins le lendemain soir.
Pour le PDG du Groupe W, la journée avait été un véritable enfer. Non seulement les clients potentiels qu'il essayait de convaincre de rejoindre le Groupe semblaient sourds à ses arguments, et, en plus, il se faisait un sang d'encre pour ses amis. Il avait téléphoné à New York en se levant et était tombé sur Kerensky. Ce dernier ne lui avait donné aucune indication sur ce qu'ils comptaient faire. Il s'était contenté d'un 'on travaille sur quelque chose' et n'avait pas voulu être plus précis. Le milliardaire connaissait suffisamment son équipe pour savoir que quelque chose se tramait et il se doutait bien que si le Russe ne lui en avait pas dit davantage, c'était pour ne pas l'inquiéter. Bien entendu, le résultat n'avait pas été celui escompté et Largo était encore plus soucieux que lorsqu'il avait appris que toute cette histoire avait un lien avec la mafia.
Après une journée passée en réunion, il rappela ses amis car il voulait absolument savoir ce qu'ils avaient prévu. Il savait qu'il était tard à New York mais il était sûr de les trouver encore éveillés. Il ne s'était pas trompé. Après seulement une sonnerie, Kerensky lui répondit. Cette fois-ci, il ne se fit pas prier pour lui faire part du programme.
- Qu'est-ce que ça veut dire, ils sont allés parler à Gino ? Ils vont plutôt se jeter dans la gueule du loup ! C'est de l'inconscience... tempêta le milliardaire.
Le Russe ne l'interrompit pas et le laissa aller jusqu'au bout de sa pensée. Il pensait qu'il était préférable d'attendre que l'orage se fût calmé avant d'essayer de parler avec son patron. Il comprenait parfaitement le sentiment de frustration que celui-ci devait ressentir au fait d'être exclus de l'aventure.
- C'est bon ? Tu as fini ? Hasarda-t-il quand le flot de paroles de son ami prit fin. Je peux m'expliquer ?
Le milliardaire ne répondit pas mais il fit un signe de la tête à la caméra.
- Joy et Simon ne sont pas des amateurs. Ils savent parfaitement ce qu'ils doivent faire et ce qu'ils risquent. Mais toutes les précautions ont été prises ; tout se passera bien. Essaya-t-il de le rassurer.
- Je sais, mais je serais tout de même plus tranquille si j'étais avec eux. Reportez l'opération. Je saute dans un avion et je serais à New York tôt demain matin.
- Ce n'est pas possible et tu le sais. Ils sont déjà parti et nous faisons silence radio pour ne pas qu'ils se fassent repérer. Les rappeler pourrait les faire prendre. Ne t'en fais pas, boss, ils seront bientôt de retour !
Sur l'écran, le Russe remarqua de suite le changement sur le visage de son patron. Celui-ci venait de se faire une raison : il n'en serait pas.
- Je crois, Largo, qu'il ne te reste plus qu'une chose à faire. Il faut que tu fasses fonctionner le système !
Le milliardaire regarda l'informaticien sans comprendre.
- Amasser le plus d'argent possible pour pouvoir en gagner encore plus !
Largo ne se dérida pas : il était bien trop préoccupé.
Simon et Joy observaient la somptueuse demeure depuis plus de quatre heures et l'attente commençait à être longue, surtout pour le Suisse. De par son ancien métier, il avait l'habitude de passer de longues heures en planque en attendant le moment idéal pour commettre ses méfaits, mais, à l'époque, il tuait le temps en bavardant avec les collègues qui l'accompagnaient. Joy n'était manifestement pas habituée à cette méthode de travail : elle n'avait ouvert la bouche que pour lui imposer le silence.
Lorsqu'ils étaient arrivés, le jour tirait à sa fin mais les habitants des lieux n'étant pas encore couchés, ils procuraient une certaine distraction aux deux amis. Depuis une heure environ, il ne restait plus que les gardes qui patrouillaient régulièrement dans la propriété. Un peu trop régulièrement selon l'avis de Joy. Cette dernière avait d'ailleurs remarqué d'autres lacunes en ce qui concernait la sécurité. Même Simon avait mit le doigt sur plusieurs points qui auraient mérité d'être revus. Peut-être avaient-ils une trop grande confiance dans leur système électronique ?
Il était deux heures du matin quand ils décidèrent de passer à l'action. Ils étaient parfaitement préparés. Durant la journée, Joy était entrée dans les ordinateurs de la mairie pour récupérer les plans de l'énorme bâtisse qui les surplombait. Elle les avait longuement étudiés et pouvait maintenant se déplacer dans la maison les yeux fermés. Simon, quant à lui, avait étudié les systèmes de sécurité : les alarmes, les caméras, les rayons infrarouges et divers autres gadgets dont était truffée la maison. C'était Kerensky qui lui en avait fourni la liste. Pour obtenir cette même liste, il n'avait eu qu'à interroger les bandes de données de la compagnie d'assurance du mafioso. Ce dernier possédait en effet une petite collection d'œuvres d'art qu'il avait assurée à bon prix. La compagnie d'assurance avait exigé de connaître les moyens de protection dont disposait Gino et le Russe n'avait eu qu'à imprimer la liste qui avait été fournie. Cette énumération de protection n'était cependant pas parole d'évangile : personne ne pouvait affirmer que la propriété de comportait pas d'autres surprises qui n'étaient pas répertoriées.
Pendant leur longue période d'attente, les deux membres de l'Intel avaient repéré ce qui leur manquait pour que la mission soit un succès : les allées et venues des gardes. Ils avaient aussi repéré le chemin qu'il leur faudrait emprunter pour passer inaperçu dans le parc qui bordait la propriété. Ils savaient déjà par quelle fenêtre il leur faudrait entrer.
Ils se glissèrent, sans bruit et en évitant les caméras de sécurité cachées dans la végétation, jusque devant la fenêtre en question. La propriété était certes magnifique avec tous les arbres qui avaient été plantés (même si les deux amis ne pouvaient pas vraiment en juger à cause de l'obscurité) mais ces supers feuillus offraient de magnifiques cachettes pour qui ne voulait pas être remarqué.
Simon coupa immédiatement l'alarme qui était reliée à la fenêtre. Il n'eut aucun mal et cela lui rappela même quelques souvenirs de sa folle jeunesse. Il commençait à crocheter la serrure quand il remarqua que sa compagne semblait impatiente. Il savait qu'elle avait envie de le pousser pour prendre sa place mais elle semblait se contrôler.
- On ne va pas revenir là dessus ! Tu sais que je suis meilleur que toi sur ce point et ça te rend dingue !
Joy savait exactement ce qu'il voulait dire :
- Absolument pas ! C'est juste que moi je ne ferais pas la conversation et je me concentrerais mieux que toi !
- Contrairement à ce que tu sembles penser, je suis capable de faire deux choses à la fois !
- C'est sûr, respirer et parler ! Ajouta-t-elle doucement dans sa barbe.
C'est alors que la porte-fenêtre s'ouvrit. Simon se retourna vers l'ancien agent de la CIA, sourire aux lèvres :
- Tu disais ?
Elle ne se donna pas la peine de lui répondre et le précéda dans la demeure.
Ils étaient entrés dans un bureau du rez-de-chaussée. La pièce était d'une grandeur impressionnante et on pouvait deviner la qualité du mobilier malgré l'obscurité. Les deux amis ne s'arrêtèrent cependant pas pour admirer la richesse de la décoration. D'après ce qu'ils avaient pu observer dans la soirée, la chambre du parrain de la mafia se trouvait au premier étage. C'était donc là qu'ils voulaient se rendre. Joy se dirigea vers la porte de la salle comme si elle était chez elle et posa son oreille contre le panneau de bois massif. Elle attendait que le garde passe. A moins qu'il n'ait subitement changé ses habitudes, il allait passer sans entrer dans le bureau puis se diriger vers la cuisine, dans la direction opposée à l'escalier menant à l'étage. Une fois qu'il aurait inspecté tout le rez-de-chaussée, il passerait à l'étage mais, si tout se passait bien, ils seraient en train de s'entretenir avec Gino à ce moment là et, donc, momentanément hors de dangers.
Ils eurent peu de temps à attendre car le 'gardien de nuit' passa presque immédiatement. Joy remarqua qu'il était légèrement en avance par rapport à ce qu'ils avaient observé. Ce fut la seule fantaisie qu'il se permit car il n'ouvrit effectivement pas la porte derrière laquelle les deux amis se trouvaient et Joy entendit ses pas d'éloigner d'eux. Elle laissa passer une petite minute puis ouvrit lentement la porte. Les gonds de cette dernière étaient parfaitement huilés et aucun grincement ne se fit entendre. La jeune femme passa dans le couloir et s'écarta de la porte pour laisser le passage à son compagnon. Il la précéda vers l'escalier pendant qu'elle refermait le bureau.
Simon avait le cœur qui battait rapidement. Même s'il savait qu'ils étaient en train de se frotter à un ennemi dangereux, il n'avait pas vraiment peur. Mourir lentement d'un cancer, ça, ça le terrifiait ! C'était justement dans ces moments qu'il se sentait le plus vivant. Il aimait sentir l'adrénaline monter : voilà une drogue légale et pas chère ! Il ne connaissait pas la maison aussi bien que sa compagne, mais il n'y avait pas besoin d'être une lumière pour trouver un escalier en pleine nuit.
Il était tout juste arrivé en bas des marches qu'il se figea. Il venait d'entendre un bruit et comme Joy s'était arrêtée derrière lui, elle avait dû entendre aussi. Ils tendirent l'oreille. Le même bruit se reproduisit encore. Il venait du bout du couloir, face à eux. Ils ne s'étaient pas consultés mais ils auraient été d'accord pour dire que c'était un couinement. Simon ne savait que faire. Devait-il monter les marches et ignorer le bruit qui devenait plus fréquent et qui semblait maintenant se rapprocher d'eux ou devait-il attendre et voir ce qui se passerait ? Il se retourna alors vers Joy. En haut des marches se trouvait une grande baie vitrée qui laissait entrer la lumière de la lune. Le noir n'était donc pas total et il pouvait distinguer la jeune femme dans cette semi-obscurité. Elle semblait fixer le bout du couloir. Il lui toucha l'épaule pour attirer son attention. Elle devait avoir compris qu'il lui demandait la conduite à tenir car elle lui désigna le haut des escaliers avec le menton. Il était sur le point de suivre son ordre silencieux quand le bruit de couinement cessa pour être remplacé immédiatement par un tintement léger. Ce nouveau son se rapprochait plus rapidement d'eux que l'ancien. Ils retinrent leur souffle quand ils en virent la cause. C'était un petit chien, probablement un pékinois ou un truc dans ce genre. Ils avaient tout prévu sauf la présence d'une de ces bestioles à l'intérieur de la maison. Connaissant la réputation bruyante des petits roquets, ils craignirent que l'animal ne donnât l'alerte dans toute la maison, mais, à leur grande surprise, la petite bête s'approcha d'eux en silence et en remuant la queue. Elle laissa tomber le jouet en caoutchouc qu'elle tenait à la gueule. Le petit bout de plastique, qui ressemblait à une carotte, toucha le sol avec un petit couinement. Simon vit Joy se baisser en appelant le petit chien. Celui-ci ne se fit pas prier et s'approcha d'elle pour recevoir une caresse. La jeune femme fit alors un signe au Suisse de sa main libre pour qu'il montât à l'étage. Elle lui emboîta le pas, suivie à son tour de leur nouvel ami.
Au premier, il n'y avait pas de système de sécurité autre que des alarmes à chaque fenêtre. Ils arrivèrent rapidement devant la porte qui les intéressait. De leur poste d'observation dehors, ils avaient repéré la chambre de Gino quand ce dernier était allé se coucher. Ils avaient été soulagés de voir qu'il ne partageait pas son lit, en tout cas, pas ce soir là. Avant de crocheter la serrure, Simon fit tourner le bouton de la porte. A son grand étonnement, cette dernière s'ouvrit. Le mafieux s'était offert ce qu'il y avait ce qui ce faisait de mieux en dispositifs de sécurité mais il négligeait la règle de base en la matière : fermer sa porte à clef ! Ils se glissèrent rapidement dans la chambre et fermèrent la porte en laissant le petit chien dehors. Ce dernier gémit un peu, gratta doucement le bas de la porte puis s'éloigna. Soit il retournait à sa carotte couinante, soit il avait décidé qu'il était l'heure de regagner son panier.
Les deux membres de l'Intel discernèrent la forme allongée de l'homme avec lequel ils désiraient une discussion. Il dormait comme un bien heureux et ne semblait pas, même de manière inconsciente, se rendre compte de la présence d'intrus dans sa chambre. Simon sembla s'attendrir devant ce spectacle :
- C'est beau de voir comme un homme peut dormir paisiblement quand il a confiance en son service de sécurité !
Il avait parlé suffisamment fort pour troubler le sommeil du dormeur : ce dernier commença à remuer dans son lit. Simon n'avait pas fait preuve d'inconscience en agissant de la sorte. Le plan était de parler à Gino et ça serait plus facile pour eux une fois qu'il serait éveillé ! Le Suisse se glissa rapidement à la tête du lit, prit l'arme qu'il portait à la ceinture, l'arma et posa sa main sur la bouche du dormeur.
Ceci eut pour effet de sortir brusquement le gangster du sommeil. Il paniqua immédiatement : de ses mains il agrippa celle de son agresseur et essaya de se dégager de sa prise. Il ne semblait pas y parvenir mais il cessa brusquement de se débattre quand il sentit un objet froid contre son front. Il n'avait pas besoin de voir de quel objet il s'agissait pour savoir que c'était le canon d'une arme. Il pensait que sa vie touchait à sa fin quand une voix de femme s'éleva :
- Calmez vous. Nous n'en voulons pas à votre vie. Nous voulons juste vous parler et c'est le seul moyen que nous avons trouvé pour ne pas nous prendre une balle. Elle se tut un instant puis repris quand elle sut qu'elle avait toute son attention. Nous voudrions avoir quelques réponses à des questions que nous nous posons et mon ami va enlever sa main de votre bouche. Nous ne voulons pas votre mort mais si vous appelez à l'aide nous nous verrons dans l'obligation de vous faire taire. Est-ce que vous avez compris ?
Il fit oui de la tête. La main qui l'empêchait presque de respirer relâcha son étreinte et il se redressa. Il ne distinguait pas le visage de ses agresseurs mais il lui semblait que celui qui l'avait menacé d'une arme était un homme.
- Est-ce que vous vous rendez bien compte de ce que vous êtes en train de faire ?
- T'as vu, ma belle, nous sommes poli et avant même de nous dire bonjour, il nous menace !
C'était l'homme qui avait parlé. Se rendant compte qu'il n'était peut être pas en position de force et devant l'attitude décontractée de l'homme debout à côté du lit, Gino eut à nouveau peur. Ces gens ne devaient pas avoir toute leur tête ! Aussi s'empressa-t-il de se reprendre :
- Non, vous vous méprenez, je ne vous menace aucunement !
- C'est sûr, vous vous contentiez de faire la conversation ! Railla l'homme
Joy était en train de se demander si Simon comprenait vraiment à quel homme dangereux il s'adressait pour se moquer ainsi du mafieux. Elle reprit en main la situation avant qu'elle ne dégénère, le but n'étant pas de se faire tuer :
- Nous aimerions savoir ce que vous voulez à la petite Rose.
Il faisait trop sombre pour qu'elle puisse voir l'air perplexe que prenait Gino.
- Je ne vois pas de qui vous parlez.
Simon intervint.
- Ne nous prenez pas pour des billes, un de vos hommes la suit comme une ombre et il a tué son oncle : Paulo Valdez!
- Je ne vois toujours pas de quoi vous parlez et je peux vous affirmer que je connais le nom de toutes les personnes qui ont à faire de près ou de loin avec moi et ceux que vous venez de me donner me sont inconnus.
Simon ne le croyait manifestement pas et il s'adressa à sa compagne :
- Je ne sais pas si tu te rends compte mais ce type est en train d'insulter notre intelligence !
Joy lui fit un signe de la main pour lui signifier de se taire. Il faisait suffisamment clair pour que Simon distingue son geste. Elle s'adressa à Gino :
- Alors un de vos hommes est en train de la jouer solo !
Au ton qu'il prit pour lui répondre, Joy compris qu'elle avait vexé le parrain.
- Je suis le maître chez moi et je sais ce que font tous les membres de ma famille. Vous devez confondre avec quelqu'un d'autre.
La lumière brilla sans crier gare dans la pièce, aveuglant momentanément les trois personnes. C'était Joy qui venait d'actionner l'interrupteur de la lampe de chevet. Elle fourra sous le nez de Gino une photo extraite de la bande vidéo du bunker. C'était Riri. Il prit la photo et la contempla en silence. Quand il prit la parole, on pouvait deviner la colère contenue qui courait sous la peau de l'Italien.
- Et vous dites que c'est cet homme qui est aux trousses de votre gamine ?
Un simple 'oui' de la tête fut la réponse que lui apporta Joy. Il froissa la photo avant de regarder Joy droit dans les yeux. Cette dernière accepta ce regard sans sourciller.
- Laissez moi un moyen de vous contacter et vous aurez une réponse à votre question d'ici la fin de la journée.
Son ton était sans appel. Aussi, quand Simon fit mine d'ouvrir la bouche, Joy lui lança un regard qui le laissa muet. Elle savait combien l'homme qui se trouvait en face d'eux était dangereux et elle savait qu'en général ce genre de personne n'avait qu'une parole. Ils avaient de la chance car Gino ne les avaient pas menacés et se contentait de leur signifier qu'ils pouvaient disposer. Ils n'auraient donc pas besoin du chloroforme qu'ils avaient apporté dans le but de rendormir le parrain pour pouvoir s'éclipser sans incidents. Elle attrapa un crayon de papier et un livre de mots fléchés qui se trouvaient sur la table de chevet et griffonna rapidement une adresse e-mail sur le magazine. Ils allaient s'éclipser quand Gino les retint.
- Laissez moi vous accompagner à la porte. Vous êtes maintenant mes invités.
Sur ce, il se leva, attrapa sa robe de chambre et les escorta dans le hall. Les deux amis se lancèrent des regards étonnés mais ils préférèrent ne rien dire pour le moment. Une fois hors de la maison, ils firent vite pour disparaître sous les yeux ébahis des hommes armés qui patrouillaient dans le parc entourant la maison. Bien que s'éloignant rapidement, ils entendirent des éclats de voix venant de la maison. Gino passait manifestement un savon aux hommes qui étaient chargés de sa sécurité.
