Je suis de retour ! Voilà un nouveau chapitre qui, j'en suis sûre; vous plaira beaucoup ! Je n'ai malheureusement pas eu beaucoup de retours pour mon dernier chapitre, j'espère donc que j'aurai un peu plus d'avis pour celui-ci: reviewez s'il vous plaît, cela ne prend que 5 minutes, et ça fait plaisir à l'auteur ! Voilà, profitez !

mimi70: Si le dernier chapitre t'a fait bien rire en ce qui concerne Legolas, et les jeunes elfes coincés attendant le mariage, tu vas être plus qu'impressionnée et amusée par la suite de cette histoire, et notamment par ce chapitre ! Je te remercie pour ton avis sur ma traduction, comme toujours, cela me fait beaucoup plaisir ! Je te remercie aussi pour les précisions que tu me donnes, je vais essayer de m'en souvenir pour les chapitres à venir. Merci pour la traduction de slippers, j'avoue que je n'ai vraiment pas réussi à trouver d'équivalence pour le coup. Encore merci pour tout, et j'attends bien évidemment ton avis sur ce chapitre là, car il marque un vrai tournant dans la relation de Dulinneth et Legolas: je pense que tu ne seras pas déçue ! Les choses sont en train de se corser...

Chapitre 4 : Noble et doux défi

Deux semaines. Deux semaines depuis qu'elle avait atteint l'âge adulte, et elle n'avait toujours aucune idée de la manière dont elle allait attirer l'attention de Legolas. Merileth lui avait dit qu'elle devait prétendre être intéréssée par d'autres hommes, mais bien que cela ait marché pour elle, Dulinneth doutait que Legolas le remarque si elle flirtait avec quelqu'un d'autre. Mais que ce passerait-il, si elle flirtait avec lui à la place ? Rirait-il d'elle ? Non, bien sûr que non. Il ne serait jamais cruel ; ce n'était pas dans sa nature. Il serait gentil et prétendrait apprécier ses tentatives de lui montrer qu'elle était intéressée par lui, mais il ne rirait pas d'elle. Elle allait juste devoir réfléchir un peu plus. En cet instant, elle ne connaissait aucun autre moyen d'attirer son attention. Les conseils de sa mère, lui préconisant d'être simplement elle-même, ne semblaient pas fonctionner. Ai, pourquoi ces choses-là devaient-elles donc être si compliquées ?

Dulinneth se mit à penser à son autre problème. Elle avait déjà deux prétendants potentiels. Ils avaient discuté avec son père à propos de lui faire la cour, mais pas encore à elle, ce qui était tout aussi bien, puisqu'elle avait essayé de penser à la manière de les repousser aussi gentillement que possible. Elle ne voulait blesser personne, mais elle ne pouvait tout simplement accepter aucune des deux propositions.

Ses mains s'immobilisèrent sur les bandes de lin qu'elle était en train de rouler en des bandages, et elle baissa les yeux dessus, là où elles se trouvaient sur ses genoux, ses sourcils se réunissant sur son front. Devait-elle donner à d'autres une chance de la courtiser au lieu de se focaliser sur quelqu'un qui ne la verrait probablement jamais comme autre chose que le fille de son mentor, à peine plus qu'une enfant ? Mais cette simple pensée fit se contracter son cœur douloureusement.

« Excusez-moi. »

Dulinneth releva les yeux, surprise, pour voir un guerrier tenant une étoffe tâchée de sang appuyée contre un de ses bras. Il s'agissait d'un ellon aux cheveux bruns, at aux yeux bleus foncés. Elle se releva et marcha jusqu'à l'endroit où il se tenait, dans l'encadrement de la porte, l'observant.

« Le Prince Legolas m'a envoyé pour que quelqu'un examine ça, » dit-il, indiquant sans grande nécessité le membre blessé.

« Ah. Bien, jetons un coup d'oeil, voulez-vous ? » Elle leva l'etoffe avec précaution. Il y avait une entaille sur son avant-bras, pas très profonde, mais certainement bien plus qu'une simple égratignure.

« Est-ce que c'est mauvais ? »

Il avait l'air plein d'espoir que cela le soit, et Dulinneth le regarda brusquement, pour le voir en train de lui sourire. Son regard était chaleureux tandis qu'il effleurait son visage, et elle baissa le sien sur son bras une fois encore. Il semblait désireux que sa blessure le retienne dans la Maison de Guérison pour un moment, et elle réprima un soupir. Pouvait-il être un de ces ellyn que son père avait dit être intéressé par une cour ? Néanmoins, il était peut-être tout simplement amical, se réprimanda t-elle. Elle n'était tout de même pas prétentieuse au point de croire que chaque ellon qu'elle rencontrait pouvait peut-être vouloir la courtiser pour pouvoir l'épouser. Elle grogna presque de rire à cette idée-là.

En tout cas, il était définitivement en train d'essayer de flirter avec elle. Elle mordit l'intérieur de sa lèvre inférieure tandis qu'elle réflechissait à la manière de répondre. « ça n'a pas l'air très bon, » dit Dulinneth.

« Est-ce que cela nécessitera des points ? »

« Oui, j'en suis sûre. Et une certaine quantité à ce que je vois. »

« Je suis Candor, » dit-il, son sourire s'élargissant.

« Tout à fait. Un plaisir de vous rencontrer Candor. » Audacieux était effectivement adapté pour lui, songea Dulinneth tandis qu'elle se retournait pour prendre un pot d'onguent cicatrisant sur une étagère. Elle pouvait le sentir la fixer, mais quand elle lui fit face de nouveau, il apparut être plus intéressé par son entaille. Elle descendit une autre fiole, et alla prendre une coupe, versant une certaine quantité du contenu dedans, et ajoutant de l'eau.

« Tenez, buvez cela. Cela vous aidera une fois que j'aurai commencé à coudre. »

« Je n'en ai pas vraiment besoin. »

« Allons, n'essayez pas d'être brave, » le sermonna t-elle gentillement. « Vous m'en remercierez plus tard. »

« Et bien, si vous insistez, » répondit-il. Il prit le gobelet, et l'inclinant en avant, en vida le contenu.

Dulinneth attendit que la drogue fasse effet, regardant ses yeux se faire lourd et se respiration se faire un petit peu plus profonde. Elle prit alors son aiguille, inséra le fil à l'intérieur, et commença à coudre. Faire des points sur une plaie lui était désormais familier, une routine en fait. Pas comme la première fois qu'on lui avait confié la tâche de recoudre une plaie faite par un couteau. Son estomac en avait été tellement malade, qu'elle avait du s'enfuir de la Maison de Guérison juste après, et avait vomi.

Juste devant Legolas. Presque sur ses bottes en fait.

Même maintenant, elle grinçait des dents quand elle s'en souvenait. Il n'avait pas eu une seule parole moqueuse ; en fait, il avait été très gentil. Il lui avait donné son mouchoir pour se nettoyer, et lui avait exprimé de la compassion, mais elle avait été tellement embrassé par cet incident, qu'elle l'avait évité pendant plusieurs jours après cela.

Elle termina de coudre rapidement, faisant moins de points qu'elle l'avait laissé entendre auparavant, et appliqua le baume cicatrisant sur la blessure refermée. Elle était juste en train d'enrouler un bandage autour de son bras, quand Candor parla à nouveau.

« Et quel est votre nom, belle demoiselle ? » demanda t-il.

« Je suis une guérisseuse, » dit-elle simplement, au moment même où une voix se fit entendre de l'entrée de la pièce. « Je pense que ce problème là revêt peu d'importance. »

Les mains de Dulinneth se mirent à trembler, et elle releva les yeux, ses lèvres formant un sourire, qui s'éteignit rapidement. Le Prince avait croisé ses bras sur sa poitrine, ses lèvres formant une dure ligne de désapprobation, ses yeux brillant dangereusement. Elle baissa à nouveau ses yeux sur son travail, se demandant ce qui pouvait bien le mettre en colère.

« N'as-tu pas été ici assez longtemps ? » demanda Legolas au jeune guerrier, d'une voix coupée, dure.

« Oui, Votre Altesse, » marmonna Candor, qui se releva d'un bond et s'inclina devant le Prince presque trop vite pour que Dulinneth ait le temps de nouer les bouts de son bandage. Il se précipita hors de la pièce, sans un un autre regard dans sa direction.

Dulinneth fronça les sourcils. Qui donc Legolas croyait-il être pour ordonner à un patient de quitter le Maison de Guérison pendant qu'il était soigné ? Il était peut-être le Prince, et le commandant des guerriers par la même, mais même si c'était le cas, ce n'était pas normal. Elle quitta la chaise sur laquelle elle avait été perchée, et marcha jusqu'à l'endroit où Legolas se tenait, près de la porte. Sa tête était de profil, elle ne pouvait donc pas voir ses yeux, mais il semblait être en train de fixer le jeune guerrier de son regard. Dulinneth ne savait pas quoi penser, car Candor n'avait rien fait qui puisse le rendre responsable d'un tel blâme. Et elle non plus, pensa t-elle, rougissant néanmoins de culpabilité. « Je vous prie de m'excuser, Votre Altesse, mais je ne comprend pas la raison d'une telle hâte. Il était blessé. Vous l'avez envoyé ici pour que l'on s'occupe de lui, et c'est ce que j'étais en train de faire, » dit-elle, tout en croisant ses bras sur sa poitrine.

Legolas se retourna vers elle, son regard noir. Il essaya de se calmer, essaya de se dire que c'était simplement le fait que le jeune guerrier ait tenté de flirter avec elle pendant qu'elle s'occupait de son bras qui l'avait énervé. Cela n'avait absolument rien à voir avec la manière dont Dulinneth était assise si près de lui. Rien à voir du tout avec la manière dont elle avait semblé apprécié l'attention de Candor à son égard. « Ce n'était qu'une simple coupûre. Un bandage aurait suffit. »

Elle se raidit de colère à sa réponse. Il était réellement en train de lui expliquer comment faire son travail ? L'apprécierait-il si elle essayait de lui expliquer quelle était la meilleure manière d'embrocher un Orc ? Pas qu'elle savait comment faire, mais tout de même, c'était pour le principe. « C'était assez profond pour avoir besoin de points, » contre t-elle. « Vous ne voudriez tout de même pas que je sois négligente dans mes fonctions, n'est ce pas ? »

Ses yeux s'agrandirent de surprise. Jamais elle ne lui avait parlé de cette manière ; elle avait toujours été sage et respectueuse envers lui. Et elle ne l'avait jamais regardé de la manière dont elle était en train de le faire en cet instant non plus. Ses yeux, d'habitudes si chaleureux et doux, crachaient le feu, et ses joues étaient empourprées. Mais il se mit à supposer qu'elle avait raison sur un point ; il était en train de se comporter irraisonnablement, tournant son ire pour Candor contre elle, alors qu'elle ne la méritait pas.

« Non, Dulinneth, ce n'est pas ce que je voudrais, » répondit-il, son visage s'adouçissant.

Elle hocha la tête, et à ce moment là seulement, se rendit-elle compte d'à quel point ses genoux tremblaient. « Est ce que- est ce qu'il y a quelque chose que je puisse faire pour vous dans ce cas-là ? »

« Je voulais simplement voir ce qui retenait un de mes hommes. »

« Je vois. » La déception faillit l'étouffer, mais ses yeux rencontrèrent alors les siens. Elle refusa de détourner le regard, même quand ses yeux plongèrent dans les siens à nouveau. Elle releva son menton encore plus qu'il ne l'était déjà. « Bien, l'énigme est résolue dans ce cas-là, et je suis sûre que vous êtes occupé, Votre Altesse, je ne vous retiendrai donc pas plus longtemps non plus. »

Il haussa les sourcils, et un sourire se mit soudainement à traîner sur son visage. « Je suis donc congédié ? »

La main de Dulinneth vola jusqu'à sa bouche, ses yeux s'écarquillant. « Oh ! Oh, je n'avais pas l'intention de- »

« Je le sais bien Dulinneth, » dit-il, riant doucement. Mais alors, son sourire s'éteignit et ses yeux se firent sérieux. « Mais Dulinneth, tu dois être prudente. Il y a des personnes qui pourraient vouloir profiter de ton innocence »

Elle aurait adoré le pousser à « profiter » de son innocence, comme il le disait si bien. Peut-être un baiser. Sa langue alla humecter ses lèvres à cette simple pensée. « Je garderai cela à l'esprit. »

Ses yeux quittèrent les siens, lançant un coup d'oeil un peu plus bas, avant de se fixer sur ses lèvres. Dulinneth les sentit se mettre à picoter, et cette sensation se répandit rapidement dans tout son corps, jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'une artère, vrombissante sous son regard, l'échauffant à un point tel qu'elle aurait souhaité avoir un linge frais à presser contre son visage.

« Ce n'est pas un sujet sur lequel on puisse badiner, » dit-il après un autre silence.

« Je sais, » répondit-elle, peinant à respirer. « Et je vous remercie pour votre inquiétude. Je sais que cela part d'une bonne intention. Mais je ne suis plus une enfant ayant besoin d'être protégée. J'ai atteint l'âge adulte. » Même si vous ne semblez pas l'avoir remarqué.

Legolas ouvrit la bouche, sembla sur le point de dire quelque chose, mais la referma tout aussi rapidement. Puis, il hocha la tête.

« Je te laisses donc à tes obligations. Bonne journée ma Dame, » murmura t-il, et il partit, la laissant plantée là, seule et perplexe.

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Quand il fut l'heure du déjeuner, Dulinneth attrapa la pomme qu'elle avait mise de côté au petit-déjeuner, et se dirigea vers l'écurie. C'était un grand bâtiment bien entretenu, avec des stalles pour les montures des guerriers, les dignitaires en visite, et bien sur, la famille de Thranduil. Il n'y avait personne à proximité quand elle entra, et elle en fut ravie. Elle aimait être entourée de gens, bien sûr, mais il y avait aussi des moments, comme maintenant, où elle avait besoin d'être seule, et elle ne pouvait tout simplement pas rester dans la Maison de Guérison toute la journée. Elle décida donc d'aller rendre visite au cheval de son père. Peut-être qu'ici, elle pourrait réfléchir.

Legolas s'était comporté de manière très étrange un peu plus tôt. C'était assez bizarre qu'il soit contrarié par la quantité de temps qu'il lui fallait pour recoudre une blessure. Et il aurait du savoir que cela aurait besoin de bien plus qu'un simple bandage. Il avait sans aucun doute vu des blessures de cet acabit des centaines de fois.

Et en ce qui concernait Candor, l'attention qu'il lui avait porté avait été agréable, et même flatteuse, d'une certaine manière, mais cela l'avait également mise mal à l'aise. Elle savait bien en elle-même qu'elle n'avait rien fait de mal en flirtant en retour avec lui, mais dans son cœur, elle avait eu l'impression d'avoir trahi Legolas. Ce n'était pas une activité qu'elle allait laisser se reproduire. Elle espéra sincérement qu'il n'était pas partit en pensant des choses eronnées à propos de tout cela.

Elle avança jusqu'à la stalle de Gilroch, la paille fraîchement étalée au sol se froissant sous ses pieds. Le hongre noir qui était la monture de son père hennit pour la saluer quand elle s'approcha de lui. Dulinneth sourit et lui caressa les naseaux, tout le long des contours de l'étoile blanche selon laquelle il avait été nommé. Au moins, lui, n'était pas compliqué à comprendre au moins.

« Tu aimes ça, n'est-ce pas ? » dit-elle. Gilroch donna un petit coup sur sa main et elle rit. « Oui, je t'ai apporté une friandise mellon. Ne sois pas si impatient... »

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Legolas s'arrêta à la porte de l'écurie quand le son d'un rire féminin résonna dans ses oreilles. Il regarda tout autour de lui, se demandant qui cela pouvait bien être. Peut-être que l'un des palefrenier avait un rendez-vous ici pendant que la plupart du monde avait déserté la place, mais un regard en hauteur vers le grenier à foin ne lui montra aucun signe d'utilisation. Haussant les épaules, il continua son chemin vers la stalle de son cheval.

« Tu es un individu fringant aujourd'hui, n'est-il pas ? »

Aussitôt qu'il reconnut la voix de Dulinneth, il fronça les sourcils. Que faisait-elle donc dans l'écurie avec un ellon ? Et d'ailleurs, qu'était-il en train de faire pour être considéré aussi fringant ?

Il y eut un autre rire rauque. Cela fit frissonner sa colonne vertébrale de haut en bas. Son estomac se mit à trembler et se serra.

« ça chatouille. » Il y eut un moment de silence, et alors, « Arrêtes ça, ou tu n'auras plus de friandises. »

Legolas décida qu'il n'allait pas en écouter plus. Si c'était Candor, il allait le massacrer, puis le mettre à la corvée des latrines pour quinze jours. Nay, le double. Il se hâta vers le son de sa voix, ses mains serrées en deux poings. Elle pourrait être en colère contre lui après coup, mais il n'allait certainement pas s'en aller si elle avait besoin de son aide.

« Très bien, ça suff... »

Il s'arrêta net, sa voix s'éteignant. Dulinneth se tenait calmement devant une stalle, nourissant le cheval de Belegur de bouts de pommes. Elle le nourissait petit bout par petit bout, et chaque fois qu'il prenait l'offrande, il léchait sa main, la faisant rire. Personne n'était en train de lui faire des avances. Un souffle d'air se pressa à la sortie de ses lèvres, et il se demanda s'il était possible de se sentir encore plus stupide qu'il ne se sentait à l'instant.

« Qu'est ce qui l'est ? » demanda t-elle, tournant l'attention qu'elle avait pour le cheval vers Legolas. Le hongre lui donna un petit coup à l'arrière de la tête.

« Quoi ? » Il la regarda longuement, pensant à combien elle pouvait être jolie avec ses yeux scintillants et ses cheveux ébouriffés. « Je pensais que quelqu'un t'ennuyais. »

« Seulement Gilroch ici présent, mais il ne peut s'empêcher d'être lui-même quand on en vient aux pommes. N'est ce pas mellon ? » murmura Dulinneth, tapotant le pelage noir et brillant des naseaux avec affection. Elle essuya ses mains sur ses jupes, et se tourna pour lui faire face.

« Je ne voulais pas déranger. Je pensais... que tu... avais besoin d'aide, » dit-il sans grande conviction, se sentant vraiment idiot.

« Il semblerait que vous soyez mon champion aujourd'hui, Votre Altesse. Merci. »

« Je rendais juste visite à ma propre monture. Voudrais-tu me joindre ? » demanda t-il, espérant pouvoir changer le sujet et l'éloigner de ce fait de ses sentiments sur-protecteur stupides. D'ailleurs, qu'était-il en train de lui arriver en ce moment ?

Elle sourit à cela, faisant bondir l'intérieur de son corps en réponse. « J'adorerais cela. »

Ils marchèrent côte à côte jusqu'à l'endroit où un étalon gris mâchait paresseusement son avoine. Le cheval agita sa tête et hennit en voyant Legolas approcher, poussant son épaule quand il s'arrêta à la porte. Il sortit juste au bon moment une pomme de sa poche, et en trancha un morceaun qu'il lui offra.

Dulinneth tendit une main vers le cheval. « Bonjour, Daeroch, » dit-elle calmement. Le cheval renifla sa main, mais n'y trouvant aucune friandise, retourna son attention vers Legolas, qui rit doucement.

« Il n'est pas dupe. » Il coupa une autre tranche de pomme. « Tiens. »

Elle se rapprocha pour prendre le morceau, et quand ses doigts effleurèrent les siens, de la chaleur se recroquevilla au creux de son bras, et il mordit l'intérieur de sa joue pour s'empêcher d'y réagir jusqu'à ce qu'elle se tourne finalement vers Daeroch. Il prit une inspiration rapide, silencieuse, et le regretta immédiatement, car son odeur de bois de santal et de fleurs sauvages se mit alors à taquiner ses narines. Il se demanda si c'était le parfum de son savon. Si c'était le cas, cela lui plaisait. Il y avait également un parfum plus subtil, quelque chose de frais et de pur, comme l'odeur de feuilles nouvelles, semblant s'infiltrer dans ses veines, l'appellant, l'excitant.

Son pantalon se fit plus serré à l'entrejambe en réponse. Horrifié, Legolas se racla la gorge, et recula d'un pas. Et d'un autre. Ai, non. Cela n'était pas censé se produire. Elle était la fille de Belegur. Il lui avait fait faire des promenades sur son dos quand elle était petite.

Heureusement, Dulinneth ne sembla pas s'en apercevoir. Elle tendit la pomme à Daeroch, qui la prit avidemment et se mit à la mâcher. « Tu es très beau, n'est ce pas, » murmurra Dulinneth, se rapprochant, avant de laisser courir sa main sur le cou du cheval.

Les yeux de Legolas suivirent les mouvements de sa main, glissant sur le cou de son cheval, doucement, rythmiquement. Ses sous-vêtements commençaient à devenir incomfortables, et il avait grand besoin de tenter de se mettre plus à l'aise, mais il n'y avait absolument aucune manière de le faire ici sans attirer l'attention de Dulinneth sur ce qu'il espérait justement garder caché. A la place, il ferma les yeux, dans une tentative désespérée d'effacer les images qu'il avait d'elle, caressant son cheval.

« Je vous dois des excuses Votre Altesse, si vous voulez bien les accepter, » dit-elle. « Je ne voulais pas paraître discourtoise un peu plus tôt, c'est simplement que... »

Le changement de sujet le déconcerta un moment, mais lui permit de distraire son attention des caresses que Dulinneth prodiguait à son cheval, et son corps se relaxa. Ses yeux s'ouvrirent à la volée, et il se rapprocha.

« Tu n'étais pas supposée t'entendre dire comment faire ton travail, » finit-il pour elle. « Tu n'étais pas discourtoise, Dulinneth, et c'est moi qui te dois des excuses. Je n'aurais pas du remettre en question ton jugement. Tu es la guérisseuse ici, pas moi. »

« Merci. » Dulinneth sourit, même si elle continuait de se demander pourquoi il avait réagit comme il l'avait fait. Ce comportement ne lui ressemblait pas du tout, mais elle n'osa pas lui demander ce qui avait provoqué une telle réaction chez lui. « Est-ce que tout est prêt pour la cérémonie de mariage de la princesse Edraithel ? » demanda t-elle à la place.

« Oui, je pense. Et seras-tu là, ou auras-tu des devoirs auxquels te consacrer dans la Maison de Guérison ? »

Elle se retourna pour le regarder, ses yeux rencontrant les siens. Elle secoua sa tête. « Non. Je veux dire, oui, je serai là. »

Avant qu'il ne puisse faire le moindre mouvement, Dulinneth se haussa sur la pointe des pieds, et toucha ses lèvres des siennes juste assez longtemps pour qu'il se rende compte qu'elles étaient douces, et qu'elle avait mangé du miel un peu plus tôt. Elle recula, rougit, et se précipita hors de l'écurie si rapidement qu'il ne put rien dire.

Pas qu'il puisse former quelque mot que ce soit à cet instant précis, donc cela importait peu au final.

Il pressa ses lèvres l'une contre l'autre, regardant longuement dans la direction par laquelle elle avait fuit. Cela faisait au moins deux décennies depuis la dernière fois qu'elle lui avait conféré un baiser, soit pour le remercier d'un cadeau, ou simplement par une sorte d'exubérance de la jeunesse. Il ne se rappellait cependant pas qu'aucun de ses baisers n'aient ressemblé à cela- innocent, mais pourtant invitant. Timide, mais pourtant avide. Il prit une respiration rapide, ses sourcils se fronçant, et son cœur tambouriant avec rapidité. Il avait été embrassé par beaucoup de femmes dans sa vie, des courtisanes aux servantes, ainsi que tout ce qui se trouvait entre les deux, pourtant, aucun ne l'avait laissé aussi étourdi et stupéfié que celui-ci.

Avec un regard alentour pour vérifier qu'il était bien seul, il essaya de se mettre le plus à l'aise possible. Tir à l'arc, décida t-il. C'était ce dont il avait besoin. Tir à l'arc.

Candor : Frère audacieux

Gilroch : Cheval-étoile

Daeroch : Cheval d'ombre.