Auteur : Plumeria
Traductrice : Lirius
Bêta-reader : Yumiko
Disclaimer : Cette fanfiction est une traduction de Draco In Darkness de Plumeria, qui nous a très gentiment donné l'autorisation de traduire sa fic. Les personnages sont la propriété exclusive de l'auteur J.K. Rowling. Nous ne tirons aucun bénéfice avec cette histoire.
Le sort Tempus est emprunté à l'histoire Unthinkable Thoughts de Aidan Lynch. Le Guide de Draco est inspiré, en partie, de l'appareil Bulle de l'univers de Lori. Les deux sont utilisés avec l'autorisation des auteurs respectifs.
Chapitre 3
The Duel - Le Duel
Mais toi, tu étais mon égal, mon guide, et mon ami.
- Psaume 55
oo
- Ça te dirait de travailler sur cette recherche en Potions, aujourd'hui ? demanda Harry en arrivant dans la pièce un samedi après-midi.
Le Sepentard et lui avaient rapidement trouvé une petite routine : ils travaillaient ensemble certains jours précis, et seuls sur leurs matières individuelles. Cela ne faisait que quelques semaines, mais Harry avait l'impression de comprendre plus facilement certaines leçons.
Draco faisait passer sa baguette entre ses doigts ; il tourna la tête quand Harry entra.
- Non. Je pensais pratiquer un peu la Défense Contre les Forces du Mal. Tous ces sorts, contre-sorts et autres tactiques qu'on est en train d'apprendre. Prêt pour un duel ?
Une trace de l'habituel sourire en coin apparut sur ses lèvres.
- Purement amical, bien sûr. Juste pour s'entraîner.
- Ici ? demanda Harry en parcourant la pièce du regard, dubitatif.
- Non, imbécile, répondit Draco avec un soupçon d'exaspération. Est-ce que tu veux t'attirer les foudres du Seigneur de la Bibliothèque ? Les règles ont peut-être été faites pour être transgressées, mais même moi je ne suis pas fou à ce point.
- Madame Pince ne peut pas être un Seigneur. C'est une femme, ne put s'empêcher de relever Harry.
- Arrête de sourire. Oui, tu souris, je peux l'entendre. Et tu sais ce que je veux dire. Bon, on s'entraîne ou pas ?
- Où ?
- À ton avis ? Dehors.
- Malfoy… hésita Harry. Est-ce que le duel ne va pas être injuste ? Je veux dire, je peux voir, mais toi…
- Potter, je suis aveugle, pas incapable. Mes autres sens marchent très bien, j'ai appris les mêmes sorts que toi - du moins, j'imagine, étant donné qu'on n'est pas dans la même classe pour ce cours - et je peux encore diriger ma baguette sur - presque - tout ce que je veux toucher. En plus, ce serait le bon moment pour savoir si j'arrive à me défendre seul, plutôt que de m'en rendre compte quand un monstre violet de trois mètres décidera brusquement de me menacer, tu ne crois pas ?
Harry se mordit la lèvre.
- Je suis désolé. Tu as raison.
Cela lui faisait toujours bizarre de l'admettre, mais Draco marquait un point. De plus, il avait vraiment enviede s'entraîner au duel également.
- Bon, allons-y.
- Génial, répondit Draco en se levant. Tendo - le Hall d'Entrée.
Harry marcha derrière lui tandis qu'ils se dirigeaient vers les portes du château. Même s'il avait déjà vu Draco se déplacer durant les cours qu'ils partageaient, et l'avait observé dans la Grande Salle, c'était la première fois qu'il voyait de si près le Guide en action. Il était impressionné par son efficacité et réprima son envie « d'aider ». Même pendant les cours et les moments où ils travaillaient ensemble, il voyait Draco se débrouiller seul avec acharnement ; cela lui rappelait étrangement lui-même - il avait, lui aussi, fait face à de nombreuses épreuves seul.
Et il savait à quel point on se sentait isolé dans ces moments-là.
Ils s'arrêtèrent lorsqu'ils atteignirent la porte d'entrée.
- Où est-ce que tu veux t'entraîner ? demanda Harry en parcourant le parc des yeux. Le terrain de Quidditch serait approprié, mais on peut aussi aller à côté du lac, il y a un espace plat, ou bien à la clairière près de la Forêt Interdite et de la cabane de Hagrid.
- Au lac, répondit rapidement Draco. Je ne suis pas d'humeur à m'approcher de nouveau de ces Fangieux [1], sauf si j'y suis obligé.
Harry était totalement d'accord. Leur étude des Forcipères terminée, Hagrid leur avait présenté ces bêtes de marais ; plusieurs élèves avaient de justesse évité d'être mordu.
Tandis qu'ils se dirigeaient vers le lac, Harry ne put s'empêcher de demander à son camarade :
- Un monstre violet de trois mètres ?
Draco rit doucement.
- On ne sait jamais. Ils peuvent très bien être là, dehors. Et qui gagnerait, alors ?
- Oh, toi, largement.
- Exactement, Potter. Je l'emporte toujours.
- Dégagé, dit le Guide juste au-dessus de l'oreille droite de Draco.
Il avait déclaré, peu avant, « sol inégal ».
Draco arrêta alors de faire attention où il posait les pieds.
- Cet endroit m'a l'air parfait, entendit-il dire Harry à sa gauche.
- Ici précisément ?
- Oui. Tu peux rester là où tu es.
Draco arrêta immédiatement de marcher ; il était habitué à obéir instantanément aux directions du Guide pour éviter de se blesser.
- Tu ne m'as pas fait m'arrêter à cinquante centimètres du bord de l'eau, pour pouvoir ainsi me regarder tomber et mourir de froid, au moins ?
- Est-ce que ton truc qui te dirige t'aurait laissé t'approcher à ce point d'un tel risque ?
- Ça s'appelle un Guide, corrigea machinalement Draco. Et pour répondre à ta question, non, j'imagine que non.
Il n'était pas habitué à ce que ce soit une personne qui lui donne des conseils - il avait momentanément oublié que l'appareil l'aurait prévenu d'un quelconque danger, peu importe tout ce qu'aurait pu dire Harry.
- Contente-toi de ne rien essayer de sournois.
- C'est un duel - je suis censé être sournois, répondit Harry ; sa voix s'éloignait. Tu peux m'entendre ? appela-t-il.
Draco se mordilla la lèvre, se faisant une idée de l'endroit où se trouvait Harry. Il essaya de se rappeler les distances correctes de duel qu'ils avaient apprises - approximativement six mètres. Oui, ça semblait bon.
- Oui.
Il sortit sa baguette et se mit en position.
- Quand tu veux, Potter.
- Rictusempra !
Draco entendit le léger bourdonnement que produisit le lancement du sort, venant juste à sa droite. Il l'évita facilement en se déplaçant à gauche. Il y eut un crac lorsque le sort s'écrasa au sol.
- Trop facile, Potter, railla-t-il. On est en septième année ou en deuxième ?
Il lança son sort en direction de la voix de Harry :
- Tarantallegra !
Il entendit un nouveau crac et un léger bruissement de l'herbe lorsque son adversaire se déplaça.
- Regardez qui parle, dit Harry, légèrement plus à droite qu'avant. Tu vas devoir faire mieux que ça si tu veux battre ce monstre violet de trois mètres, rit-il. Constringo !
Celui-là arriva plus vite. Draco sauta sur le côté tandis que le sort frappait le sol. Presque immédiatement, il sentit l'herbe s'enrouler autour de ses chevilles. Il lança rapidement un sort de Lashlabask pour se libérer, puis tourna brusquement sa baguette en direction des ricanements de Harry.
- Turbos !
Les sorts volaient de plus en plus vite et devenaient plus difficiles à chaque fois. Les deux jeunes hommes essayaient de se rappeler le sort le plus dangereux qu'ils connaissaient. Harry frappa Draco avec un sort qui le fit se tenir sur la tête, mais ce dernier mit rapidement fin au sort et, à sa grande satisfaction, il frappa Harry après deux sorts ratés et le transforma en nain.
- Tu vas le regretter, Malfoy, hurla Harry.
Sa voix ressemblait de manière frappante à celle, aiguë, de Flitwick et il avait également sa taille apparemment. Draco se mordit la lèvre pour s'empêcher de rire. Il entendit l'autre jeune homme lancer d'un ton strident un sort de Restauration. Qui fut immédiatement suivi par un "Tremoro !" - la voix de Harry était à nouveau normale.
Distrait, Draco essaya d'esquiver ce nouveau sort, mais n'alla pas assez sur la gauche. Il y eut un inquiétant boum, ne ressemblant pas du tout au son de l'impact sur le sol.
- Oh, merde ! jura Harry sans pouvoir s'en empêcher. Je crois que je viens de casser ton Guide.
Draco se figea.
- Il est… il est détruit ? demanda-t-il, la gorge serrée, ayant peur de ce qu'il allait apprendre.
Pour la première fois depuis qu'il était rentré chez lui après l'hôpital, il n'était pas en terrain familier - et sans rien pour le guider ou le prévenir des éventuels dangers. Il se sentit perdu, désorienté, et il se rendit alors compte à quel point il était sans défense, à quel point quelques sorts et appareils cruciaux le faisaient continuer à vivre. Sans eux…
Il entendit Harry courir vers lui et se sentit quelque peu soulagé ; au moins, il avait quelque chose pour l'orienter. Le Gryffondor avait dû s'agenouiller parce que lorsqu'il parla, sa voix était à proximité des tibias de Draco.
- Non, je ne crois pas, répondit-il lentement. Il est juste fêlé. Ces trucs-là n'aiment pas les violentes secousses, apparemment. Je suis vraiment, vraiment, vraiment désolé. Est-ce que quelqu'un peut le réparer ?
- Le professeur Flitwick, je pense.
Le soulagement de Draco était énorme. Au début du trimestre, le petit sorcier avait assuré à Draco qu'il était capable d'entretenir ou de réparer l'appareil en cas de besoin. Il tendit la main.
- Fais-moi voir.
Il sentit le poids de l'appareil sur sa paume lorsque Harry l'y déposa.
- Fais attention : certains bords sont coupants.
Draco acquiesça. Il passa doucement la main sur l'orbe, sentant les endroits où il était fêlé. Définitivement cassé, mais il pouvait probablement être réparé. Il sourit tristement.
- J'aurais dû poser une protection dessus. De manière permanente. Je n'arrive pas à croire que je n'y ai pas pensé plus tôt. Mon père y aurait pensé… J'aurais dû le savoir.
- Je n'y aurais pas pensé non plus, dit Harry après un léger silence. Mais je ne visais vraiment pas ton truc - ton Guide. Je n'arrive pas à croire que je l'ai cassé !
Il soupira.
- Je suis vraiment désolé, Malfoy.
- Oui, tu l'as déjà dit. Tu t'attends à ce que je te lance encore un sort, comme punition ?
- Eh bien…
Draco put entendre l'incertitude dans la voix de Harry ; il sourit presque en imaginant le jeune homme debout devant lui, se balançant d'un pied sur l'autre, mal à l'aise, avec sur son visage l'image même de l'embarras.
- Si c'était arrivé l'année dernière, je serais déjà probablement sous l'effet du sort de saucisson ou quelque chose comme ça.
Draco rit d'un rire dépourvu d'humour tout en glissant son Guide cassé dans une des poches de sa robe.
- L'année dernière, je n'avais pas besoin de ce satané truc. Je suis déjà assez en colère contre moi pour ne pas l'avoir protégé correctement, je ne vais pas non plus me lancer un Petrificus, ce serait absurde, il n'y a donc aucun intérêt à te lancer un Petrificus Totalus vu que c'est toi qui va me ramener à ma Salle Commune. Sans me tordre les chevilles dans un trou ou me faire rentrer dans un mur. Tu crois pouvoir y arriver ?
- Euh… j'imagine. Je n'ai pas vraiment le choix, de toute façon, n'est-ce pas ?
- Non, tu n'as pas le choix. Considère ça comme ta punition. Et comme la mienne, également.
Une conséquence adéquate pour son manque de prévoyance : une dépendance forcée.
- Je te préviens tout de suite : je déteste compter sur les autres pour me déplacer - c'est la raison pour laquelle j'ai acheté le Guide. Donc essaie vraiment de m'empêcher de me briser la nuque entre ici et la salle commune des Serpentard et j'envisagerai alors de m'abstenir de te transformer en un champignon vénéneux écrasé une fois que nous y serons.
- Tu sais comment me motiver, hein ? grogna Harry. D'accord. Qu'est-ce que je dois faire ?
- Viens ici.
Draco montra du doigt un point à sa droite. Il sentit la robe de Harry frôler la sienne lorsque le jeune homme se mit à la place désignée.
- Laisse-moi te prendre le bras…Aucune vanne sur le fait de me ramener jusqu'au château, ou je reconsidèrerai le champignon vénéneux.
- Très bien. Aucun mot.
Draco passa la main dans le trou formé par le coude gauche de Harry.
- Ok, maintenant on peut y aller. Tu me dis s'il y a quoi que ce soit sur le sol ou en l'air - comme des branches d'arbre, par exemple. S'il y a des escaliers, dis-moi combien de marches il y a et s'ils montent ou descendent. Si on doit aller à gauche ou à droite, ou si on doit s'arrêter, je compte sur tes mouvements pour me dire quoi faire. Tu te déplaces quelque part, je te suis moins d'une demi-seconde plus tard. Garde bien ça à l'esprit. Et ne cafouille pas.
Il entendit Harry marmonner « Aucune pression, surtout » tandis qu'ils commençaient à marcher, mais il l'ignora. Après des mois de liberté obtenue grâce au Guide, Draco fut brusquement conscient de combien il était dépendant de ce jeune homme pour le ramener en territoire sûr en un seul morceau. Cela lui avait pris un certain temps pour s'adapter à se déplacer seul et à se rappeler qu'il était autant en sécurité - probablement plus en sécurité - avec l'appareil qu'avec un humain, qui était faillible ; maintenant, il se sentait dérouté de devoir s'agripper à Harry, de faire confiance à une autre personne pour sa vie, à la place du Guide toujours fiable.
Mais Harry semblait prendre la tâche très sérieusement, bien plus que son assistant ou sa mère au Manoir.
- Il y a quelques cailloux ici, donc fais attention à ne pas trébucher dessus, dit-il.
Draco sentit qu'ils tournaient légèrement sur la gauche.
- Une flaque de boue, expliqua l'autre jeune homme.
Draco réprima son envie de dire à Harry qu'il n'avait pas besoin d'être aussi méticuleux que ça ; mais, après tout, le Gryffondor faisait ce qu'il lui avait demandé, non ?
- On arrive aux escaliers du château. Il y a… hum…
- Dix-huit marches qui montent. Oui, je me rappelle, l'interrompit Draco, désirant d'une certaine manière montrer à Harry qu'il n'était pas non plus complètement perdu.
Il ne s'était pas beaucoup aventuré dehors depuis l'accident, mais il devait tout de même assister aux cours de Botanique et de Soins aux Créatures Magiques, qui exigeaient de passer par ces escaliers régulièrement. Il sentit Harry ralentir légèrement jusqu'à ce qu'ils atteignent la première marche, puis ils montèrent ensemble jusqu'à ce que son guide lui annonce la dernière marche.
Ils étaient à mi-chemin de la Salle Commune de Serpentard lorsque la pensée traversa soudainement l'esprit de Draco et qu'il demanda :
- Comment sais-tu où on va ?
- Quoi ?
- La Salle Commune de Serpentard. Tu n'es pas censé savoir où elle est.
- Oh ! Euh… hum… Crabbe et Goyle nous ont dit où elle se trouvait en seconde année.
- Nous ?
- Moi. Ils m'ont dit à moi. Il y a des escaliers qui descendent là - bouge ton pied. Ils commencent juste là. On dirait qu'il y a environ dix marches.
- Onze. Apparemment Crabbe et Goyle ne l'avaient pas mentionné quand ils ont laissé échapper notre secret, dit-il, pince-sans-rire.
- Oh, tais-toi, rétorqua Harry, riant doucement. Oublie ça.
Draco sentit brusquement le coude de Harry lui donner un petit coup dans les côtes. Ce petit coup, qu'il n'avait pas vu, lui fit quelque peu perdre l'équilibre ; il lui agrippa le bras.
- Hé, qu'est-ce que tu essaies de faire ? Me faire tomber en bas de l'escalier ?
En un éclair, il sentit Harry lui attraper l'autre bras d'une poigne forte et sûre d'Attrapeur, et lui redonner son équilibre.
- Euh… désolé, dit le Gryffondor d'une voix à nouveau très sérieuse. Je ne faisais que plaisanter. Je ne pensais pas à… je veux dire, je n'avais pas l'intention de te donner un coup aussi fort.
Harry le tenait toujours par les bras, même si Draco avait rapidement retrouvé son équilibre.
Il était soudain trop fatigué pour réellement s'énerver contre l'action irréfléchie de Harry. Il savait qu'il était presque en bas des escaliers, et tout ce qu'il désirait était d'y arriver et de retourner dans son dortoir où il pourrait bouger librement, tout seul, envoyer un hibou à Flitwick et faire comme si tout ce moment de dépendance n'était jamais arrivé.
- Oublie ça, Potter, murmura-t-il tandis que Harry relâchait son autre bras. Finissons-en avec le peu de chemin qu'il reste, d'accord ?
Ils recommencèrent à marcher et ils furent en quelques minutes à peine au mur en pierres où se trouvait l'entrée de la Salle Commune de Serpentard.
- Tends la main. Voilà l'entrée, lui indiqua Harry.
Puis, à la fois avec légèreté et nervosité, il ajouta :
- J'imagine qu'il est trop tard pour espérer que tu aies oublié mon sort de punition ?
Draco fit semblant de réfléchir.
- Eh bien, tu as presque réussi à me briser le cou à l'instant et tu as cassé mon Guide, mais… tu t'es bien débrouillé, reconnut-il. Mieux que personne jusqu'à présent, du moins.
Tandis qu'il détachait sa main droite, elle effleura la manche de Harry ; il posa son autre main sur les pierres froides pour ne pas perdre l'orientation.
- Je pense que je vais oublier le sort. Cette fois-ci, en tout cas, ajouta-t-il.
- En d'autres termes, je ne dois pas baisser ma garde ? rit l'autre jeune homme.
- Non, tu ne dois jamais baisser ta garde.
Harry fut surpris du ton soudain sérieux de Draco. Il étudia attentivement le visage en face de lui ; la faible lueur des flambeaux rendait moins évident le fait que les yeux de Draco « regardaient » sans voir près de l'oreille droite de Harry au lieu de son visage, ou qu'il n'y avait rien d'autre que du vide dans la mer grise.
Il oubliait quelque fois l'infirmité de Draco lorsqu'ils étaient assis dans la bibliothèque à débattre des techniques de greffes avancées en Botanique, ou à se disputer sur l'ingrédient qu'il fallait utiliser en Potions : des racines de houx en poudre ou râpées. Mais alors Draco tournait totalement le visage vers Harry, dans un moment particulièrement animé, et il se retrouvait brusquement à cours d'arguments, dérouté par le gris vide, par leur passivité là où il y aurait dû y avoir un regard ostensible. Même ses expressions faciales avaient légèrement changé - ses sourires ou ses airs renfrognés n'atteignaient plus jamais ses yeux, comme s'il avait oublié que cette partie de son visage existait.
- Potter ?
- Hein ? Quoi ?
Harry cligna des yeux. Comme pour contredire ses dernières pensées, un sourcil était haussé en sa direction et la pâle ligne dorée reflétait la lueur des flambeaux.
- Tu peux y aller maintenant.
La voix de Draco indiquait clairement qu'il était amusé du fait que Harry soit encore là.
- Oh. D'accord. Tu n'as pas besoin que je t'amène à ton dortoir ?
- Est-ce une simple excuse pour voir la célère Salle Commune de Serpentard ? taquina le jeune homme. Non, ça va aller, Potter. Et je ne dirais pas le mot de passe tant que tu ne seras pas hors de portée de voix. C'est déjà assez pénible que tu saches où elle se trouve.
Harry bouda.
- Je suis digne de confiance, tu sais.
- Tu me donnerais ton mot de passe, toi ?
- Euh… pas sans hésiter, non.
- Donc je ne suis pas digne de confiance ?
- Non ! Ce n'est pas ce que je voulais dire… enfin, avant tu ne l'étais pas, non, mais maintenant… c'est juste que…
Harry soupira, résigné.
- Très bien, j'y vais. Merci pour le duel, et encore désolé d'avoir cassé ton Guide. On se voit demain, à la bibliothèque, comme d'habitude ?
Draco haussa les épaules.
- A toi de voir. De toute façon, moi, j'y serai pour travailler ; Flitwick devrait l'avoir réparé d'ici là.
- Je serai là.
oo
[1] Les Fangieux sont des créatures ressemblant à des morceaux de bois mort lorsqu'elles restent immobiles à la surface des marécages dans lesquels elles vivent. Les Fangieux ont des pattes munies de nageoires, et des dents aiguisées qui leur servent à capturer de petits mammifères. Les Fangieux sont particulièrement friands de Mandragores. (Source : encyclopédie-hp(point)org)
oo
Note de la traductrice : merci à tous pour vos adorables reviews ! Et en particulier aux reviewers anonymes, à qui je n'ai pas pu répondre personnellement : li-san, Babou et caro06. J'espère que vous ne serez pas déçus par ce chapitre ! ^^
