Guest des bises : Donc tu as ni confiance en Hadès, ni en Séraphin... Tu psychothes ? x) Les retrouvailles c'est pas pour tout de suite, il va falloir attendre encore un peu ^^
Bonne lecture !
Elle s'apprêtait à tourner la poignée mais loin de disposer et de partir, Séraphin resta devant la porte. Elle se tourna vers lui et d'un regard, s'enquit de sa demande.
- « Ce vêtement, interrogea Séraphin, d'où vient-il exactement ?
- De mon monde.
- N'a-t-il rien de particulier ?, insista-t-il.
- Mon monde ou ce vêtement ?
- Les deux. »
Séraphin ne la quittait pas des yeux, attendant impatiemment une réponse. Regina ne s'en faisait que plus méfiante. Son intérêt était suspect. La veste bleue était leur seul moyen de voyager entre les mondes, se la faire subtiliser n'était pas une option envisageable. Regina se fendit d'un sourire innocent.
« Ce n'est qu'un simple vêtement que j'affectionne beaucoup. L'étoffe peut vous sembler particulière mais là d'où je viens, ce n'est qu'une pièce de tissu banale et sans valeur. », expliqua-t-elle.
Elle vit Séraphin lui offrir un sourire poli en retour. Il n'était pas dupe. La mâchoire du chevalier se serra de manière presque imperceptible. Ceci lui donna quelque peu l'impression d'un animal agacé serrant ses crocs.
- « Je vous laisse profiter de votre chambre, le roi va organiser des festivités afin de célébrer dignement votre présence, annonça Séraphin en s'inclinant.
- Comment le savez-vous ? » demanda Regina avec méfiance.
Le roi Arthur n'avait fait nulle mention d'une fête en leur honneur. Aussi l'annonce du chevalier la laissait perplexe. Elle ne savait comment aviser Séraphin. Sa gentillesse était peut-être feinte, les attentions du roi faisaient peut-être ombrage d'une ambition tout autre.
« Je connais le roi depuis si longtemps que son cœur n'a plus aucun secret pour moi. »
Les yeux de Séraphin rirent de ses mots et Regina nota leur couleur noisette et leur brillance. Le chevalier la quitta alors pour rejoindre le roi Arthur.
Séraphin retrouva Arthur dans une galerie du château qui desservait les appartements du roi. La galerie avait un plafond voûté dont les arcs s'entrecroisaient harmonieusement. Par les ouvertures, on apercevait les arbres de la cour qui retranscrivaient la beauté d'une forêt sauvage. Les couloirs alentours étaient déserts, tout le monde s'activait pour les festivités à venir dans la soirée du lendemain.
- « Je pense qu'ils savent quelque chose sur cette femme, dit Arthur, le regard perdu dans le jardin.
- La coïncidence serait fortuite. S'ils veulent retrouver cette femme des Enfers, autant s'allier à eux.
- Je dois récupérer le casque. »
Séraphin plongea son regard dans celui de son ami. Arthur était un grand homme mais il pouvait parfois manquer d'assurance.
- « Tu es un grand roi même sans ce casque.
- Il m'a permis d'unifier le pays.
- Tu peux passer outre pour préserver la paix. »
Arthur soupira. Autre chose le préoccupait et il se devait de poser la question à Séraphin :
- « Qu'est-ce qu'il y a chez cette Evil Queen qui suscite ton intérêt ?
- Ce n'est pas elle qui m'intéresse.
- Qu'en est-il dans ce cas ? Il est rare que tu me fasses tant de mystères. »
Arthur cherchait dans les traits de son chevalier, la source de son trouble. Séraphin avait toujours été infaillible et le voir si tourmenté rendait le roi soucieux.
« Je sais qu'il a quelque chose, reprit Arthur. Je l'ai senti. J'attends seulement que tu veuilles bien me confier les sombres secrets de ton cœur. »
Séraphin laissa deviner un infirme sourire puis retrouva aussitôt une mine sérieuse, dénué d'amusement.
- « Je sens que ce étrange manteau bleu est imprégné de magie, confia Séraphin.
- De la magie noire ?, s'enquit Arthur.
- Non, blanche mais puissante, extrêmement puissante. J'ai cru y déceler l'empreinte... d'une vieille connaissance mais elle est diffère de mon souvenir... »
Le roi fronça les sourcils. Il ignorait ce que son ami sous-entendait. Il lui demanda d'étayer ses pensées et la réponse de Séraphin le laissa plus dubitatif encore :
« Si j'ai raison et qu'il s'agit de son empreinte, alors cette Evil Queen l'a peut-être tuée. »
Séraphin était d'une nature calme, d'un tempérament conciliant. Aussi l'entendre cracher ces mots avec tant de hargne laissait deviner la profondeur de ses sentiments.
Regina et David avaient gardé les mêmes vêtements qu'à leur arrivée. Ils suscitèrent la curiosité des invités. Regina avait oublié la fausseté des compliments, les remarques mielleuse et conciliantes, cette politesse exacerbée. Toutes ces mœurs lui rappelaient qu'elle n'appartenait plus à ce monde désormais. David semblait encore plus mal à l'aise qu'elle ne l'était et elle ne pouvait retenir un léger rire moqueur.
La foule caquetait et la musique était d'un pâle réconfort au milieu de ce brouhaha général. Regina remarqua une femme qui ne s'émouvait pas de la fête. Ses cheveux tombaient tristement sur ses épaules ils étaient d'une douce couleur caramel. Une robe de la blancheur du lait couvrait son corps. Le corset soulignait ses formes et le col large laissait deviner la naissance de ses seins. Regina parcourut la robe du regard et la compara mentalement à celles des autres convives. Cette femme était de loin la plus richement vêtue.
« Voici donc la reine... », souffla Regina pour elle-même.
Elle s'approcha de la femme et la salua comme il est coutume de le faire. La reine lui rendit sa révérence dans un pale sourire. Elle avait perdu de son éclat depuis longtemps. Regina connaissait cette tristesse et cette terne existence. Elle ne se rappelait que trop bien de ce sentiment si souvent ressenti auprès de Léopold.
Regina se montra loquasse et la reine se détendit et offrit même un soupçon d'humour. La brune se pencha vers la reine et lui demanda à voix basse :
- « Connaitriez-vous des rumeurs dans votre pays qui concernent une femme aux cheveux blonds dotée de pouvoirs ?
- Les a-t-elle toujours eu blonds ? » s'enquit la reine en détournant le regard.
Regina fronça les sourcils. La question qu'elle recevait en retour était des plus surprenantes. La reine porta un verre de vin à ses lèvres et le liquide enflamma sa gorge avant de détendre son esprit.
« Oui. », répondit finalement Regina.
La reine soupira et quitta son verre du regard. Elle semblait soulagée pour une obscure raison.
- « Il y a quatre jours de cela, on nous a dérobé un casque magique. La femme qui a fait cela nous est inconnue mais elle a su vaincre un sort de Merlin.
- Comment était-elle ?, demanda Regina avec intérêt.
- Je ne l'ai vue, se chagrina la reine. Cependant, il se murmure qu'elle avait une chevelure blonde et un air sombre. »
Regina se redressa. Les dires de la reine étaient encourageants mais suscitaient encore quelques questions. Pourquoi Emma attaquerait le roi Arthur ? Pourquoi voler ce casque ? Avait-elle finalement sombré dans les ténèbres ?
Regina secoua doucement la tête et s'arracha à son questionnement tortueux. Elle devait en apprendre d'avantage.
Emma rajusta le lourd casque sur sa tête et chassa les quelques mèches blondes qui avaient entrepris de barrer sa vue. Elle inspira et tendit prudemment une main devant elle. Elle savait que les remparts de pierre ne seraient pas les obstacles les plus ardus qu'elle aurait à franchir. La rumeur de la musique et de la foule parvenaient à ses oreilles. Elle remerciait secrètement le roi pour ces festivités : l'euphorie ambiante les distrairait suffisamment pour qu'elle vaque à ses aises dans le château.
Elle sentit la barrière magique et ôta aussitôt sa main. Elle apposa ses paumes brillantes sur la surface. Cette fois-ci la barrière tint bon et ne céda pas sous cette brûlure meurtrière. Elle jura. Elle essaya de la fendre avec minutie pour se créer une ouverture mais la barrière resta intacte.
Merlin avait su anticiper ses assauts. Emma se recula. Elle serait plus forte que lui. Elle pénétrerait dans ce château à n'importe quel prix. Elle leva bien haut ses bras et les abaissa sur le rempart magique comme si elle le frappait d'un marteau.
Les lustres tremblèrent et le sol vibra sous leurs pieds. La foule se tut, soudain inquiète.
« Ne craignez rien, les rassura le roi Arthur d'une voix forte. Merlin est facétieux et il n'est pas rare que ses enchantements soient explosifs. »
Son ton clair et son sourire eurent raison de l'inquiétude générale qui s'évanouit aussitôt. Quelques rires s'élevèrent, certains se remémorant des sorts de l'enchanteur. La rumeur des voix s'éleva de nouveau et la musique légère anima de nouveau les cœurs.
David trouvait cet incident suspect et il n'avait pas besoin de jeter un œil à Regina pour se douter qu'elle pensait de même.
Arthur s'approcha de la reine et de Regina qui coupèrent court à leur conversation. Elles affichèrent des sourires polis qui étaient de rigueur dans ce genre de situation.
- « Je vois que Dame Regina a fait la connaissance de mon épouse Guenièvre, remarqua Arthur.
- Elle est d'une excellente compagnie, concéda Regina.
- Elle est d'une beauté exquise et d'une conversation délicieuse. » approuva-t-il.
Le roi remarqua que le soleil courait pour disparaître derrière l'horizon. Il accorda un regard à Guenièvre qui, au-delà de l'amour qu'il lui portait, laissait transparaitre une demande non contestable:
- « Ma douce, l'heure est tardive...
- Je dois vous quitter, annonça Guenièvre d'une voix sans âme. J'espère pouvoir profiter de votre compagnie demain. »
Se disant, elle s'adressa à Regina. Cette dernière acquiesça.
« Il me tarde d'être à demain pour vous voir », dit Arthur à son épouse d'une voix tendre.
Il prit sa main et effleura sa main de ses lèvres. Guenièvre lui offrit un sourire en une réponse silencieuse et la reine quitta la salle des festivités. Regina s'apprêtait à demander la cause du départ de la reine, qu'elle savait orchestré par Arthur, quand Séraphin vint à leur rencontre.
Il avait laissé son armure pour se parer d'un tissu plus doux et agréable. Il était habillé d'une chemise crème aux manches fluides. Un pantalon de cuir couvrait ses jambes et de hautes bottes de cuir à col large parfaisaient sa tenue.
- « Si vous me le permettez, j'aimerai vous emprunter votre invitée pour une danse, formula Séraphin.
- Fais donc, l'invita Arthur.
- Je ne suis pas la propriété du roi Arthur, intervint Regina dans un sourire factice et menaçant. Je n'ai pas à m'encombrer de la présence d'un chevalier qui n'est pas capable de s'adresser directement à la personne qu'il souhaite aborder. »
Regina détailla Séraphin de haut en bas avec dédain. Ce dernier fit une légère révérence et se reprit :
« Pardonnez mon indélicatesse. Je me suis fourvoyé mais je me dois de m'enquérir de la légitimité de ma demande auprès de mon roi. »
Séraphin redressa la tête mais s'inclinait toujours. Il offrit sa paume en direction de Regina, afin que cette dernière puisse placer sa main dans la sienne.
- « La reine Regina accorderait-elle une danse à un chevalier qui manque de courtoisie ?
- Seulement s'il s'engage à apprendre la politesse. »
Séraphin rit doucement de ce commentaire taquin et dur. Regina plaça sa main dans la sienne et le chevalier l'entraina sur la piste avec les autres danseurs. C'est ici, au milieu de tous, que les oreilles ne s'attardaient pas aux propos d'autrui.
Séraphin et Regina imitèrent les pas des autres duos. Il était étrange de renouer avec ces danses d'antan. La brune commit quelques faux pas et Séraphin lui détailla les figures, pédagogue.
- « Pourquoi n'avez-vous pas pris les vêtements qui étiez dans votre chambre ?, s'enquit le chevalier.
- Voir une femme porter un pantalon vous dérange ?, rétorqua Regina.
- Je pensais qu'avec votre voyage, vous appréciez d'autres vêtements. »
Séraphin se mit dans le dos de Regina et passa une main autour de sa taille avant de prendre sa main dans la sienne avec sa main libre. Ils faisaient de petits pas en suivant la musique, allant tantôt à droite, tantôt à gauche.
« Vous l'avez tuée pour un vêtement ? » souffla Séraphin à son oreille.
Les mots étaient aiguisés et plein de reproche. Regina le sentait se tendre comme un arc prêt à décocher une flèche à la moindre contrariété. Elle garda sa prestance et répondit :
- « Je ne l'ai pas tuée.
- J'ai du mal à croire qu'elle ait pu vous la donner de son plein gré » cracha Séraphin.
Ils suivirent les pas des autres et Regina tourna pour s'arrêter face à son cavalier. La danse était légère mais les visages étaient graves.
- « Vous la connaissez ?, demanda la brune en essayant de cacher son étonnement.
- Je l'ai connue il y a longtemps. »
Séraphin fuit son regard. Regina était surprise. Comment avait-il pu connaître Emma ? Par ailleurs, son visage trahissait sa blessure et Regina peinait à l'imaginer éperdu pour Emma. Les dires de Séraphin n'avaient aucun sens.
« Je crains qu'il n'y ait méprise, déclara-t-elle. Parliez-vous de... »
Elle laissa sa phrase en suspens. Elle avait senti un regard insistant se poser sur elle. Elle chercha naturellement David parmi la foule mais ce dernier ne lui prêtait pas attention : il était en grande conversation avec le roi Arthur.
Emma détourna le regard et se plaqua dos au mur. Regina ne pouvait pas l'avoir vue. Elle portait le casque. Elle était passée sous le nez de tous les gardes sans attirer leur attention. Elle reprit son chemin, évitant soigneusement tout contact avec les courtisans.
Regina avait cessé de danser. Cela ne devait être qu'une impression. Cela ne pouvait être qu'une impression. Séraphin suivit son regard, soupçonneux. Regina s'éloigna des danseurs pour ne pas les gêner et le chevalier la suivit. Il s'enquit de savoir ce qui avait pu attirer son attention et la brune évoqua une fatigue passagère.
Elle prévint David puis entreprit de rejoindre ses appartements. Séraphin l'accompagna, prétextant vouloir s'assurer de sa sécurité.
- « Je disais plus tôt que je craignais qu'il n'y ait méprise, continua Regina. En quoi cette veste bleue vous intéresse-t-elle tant ?
- Vous le savez pertinemment. »
Séraphin plaqua Regina contre un mur et saisit sa gorge dans sa main. Il était d'une musculature peu manifeste mais sa force était grande.
- « Je sais que vous l'avez tuée pour avoir une de ses écailles..., souffla Séraphin avec colère. Quel monstre être-vous pour tuer un dragon ?
- Non... Je..., tenta Regina le souffle court. C'est une... de Lily.
- Lily ?, s'étonna le chevalier sans relâcher sa prise. Lily est le nom de Maleficent ? »
Sa colère s'était envolée et soin visage ne laissait transparaître qu'une grande avidité de réponses.
« C'est.. sa fille... » le corrigea Regina dans un souffle douloureux.
Séraphin la lâcha. Il ne songea pas à s'excuser pour son geste, trop absorbé par ses pensées. Regina massa sa gorge pour en faire disparaître la douleur.
Soudain, elle sentit un souffla la frôler. Séraphin fut frappé de plein fouet. Il fut projeté lourdement contre un mur, plus loin. Les briques se fendirent, accusant la violence du choc. Il s'écrasa ensuite face contre terre, tiré par une force invisible. Il se releva avec difficulté. Il cherchait son assaillant du regard mais la nuit n'était pas assez claire. Regina ne voyait personne dans ce couloir à part eux.
La brune vit l'homme porter la main à son torse. Elle s'approcha de lui et l'invita à retirer sa main afin qu'elle puisse prendre connaissance de son mal. A la lumière de la lune, elle distingua nettement une empreinte de main qui avait noirci, brûlé le tissu et la chair.
Emma essayait de se calmer. Elle aurait pu le tuer. Elle avait levé son poing au-dessus de la tête de Séraphin. Il avait été à sa merci et ne devait sa vie sauve qu'à son jugement brumeux. Elle avait visualisé sa tête écrasée et noyée dans son propre sang. Mais elle ne devait pas tuer. Elle porta une main à son cœur et attendit que ce dernier cesse de se comprimer et de se tordre dans sa poitrine. Son cœur recommença à battre comme il se devait de le faire et l'éclair de douleur disparut.
Elle arriva dans un petit jardin intérieur. Tout près, une riche tour faisait tournoyer son escalier extérieur jusqu'aux pieds des plantes. Le roi Arthur avait une vue imprenable sur la beauté de cette nature prisonnière entre ses murs.
C'était silencieux, même les insectes ne chantaient plus à cette heure avancée de la nuit. Emma marchait parmi les plantes, sans que son corps ne la trahisse. Son ombre n'était pas avec elle. Elle s'attarda sur des buis taillés. De petites fleurs bleues habillaient l'ensemble de verdure et les myosotis déployaient leurs pétales d'aquarelle.
« La plus resplendissante, la plus pure, la plus délicate... », récita Emma en s'agenouillant près des fleurs.
Des racines sortirent de terre et rampèrent jusqu'à elle. Ces serpents sinueux s'enroulèrent autour de ses chevilles. Elle n'eut qu'à y songer et en un battement de cils, les racines pourrirent à son contact. Elles lâchèrent leur victime et se recroquevillèrent pour sombrer dans un dernier sommeil.
Emma toucha certaines fleurs de ses doigts. Certaines qu'elle trouvait plus grande, plus distincte que les autres. Elle en parcourut des centaines du regard mais ne parvenait à trouver celle qu'Hadès lui décrivait avec passion.
La nuit était bien avancée. Elle abandonna finalement. Elle avait percé les défenses du château. Elle pourrait revenir demain. Elle retourna sur ses pas, silencieuse et invisible aux yeux de tous.
David fut soulagé de voir Regina le rejoindre enfin.
- « Mais où étiez-vous passée ?
- Je parlais à Séraphin, le bras droit d'Arthur, précisa Regina. Il s'est fait attaqué par Emma.
- Emma ?, s'étonna David. Elle est ici ? Vous l'avez vue ?
- Non, admit-elle. Mais je suis certaine que c'était elle. »
Elle n'avait rien pour prouver ses dires, ce n'était là qu'un pressentiment.
- « Vous avez pu obtenir quelques informations ?, demanda-t-elle.
- Oui. Tout le monde parle d'une 'Femme des Enfers' ici. On dit qu'elle a des cheveux clairs, que son souffle est noir comme la mort, commença David. Certains disent qu'elle tue d'autres, au contraire, avancent qu'elle traine ses victimes dans les profondeurs de la terre.
- Ça ne ressemble pas à Emma...
- C'est ce que j'ai pensé aussi, sourit faiblement David avec tristesse. Mais les gens ont dû déformé des propos basés sur la vérité...
- Emma ne tue pas. Et si elle s'est abaissée à cela, c'est qu'on l'y a contrainte.
- Notre Emma, rappela David. Nous ne savons pas de quoi cette Emma est capable. »
Regina soupira et croisa les bras. Elle passa doucement ses doigts sur le cuir bleu, songeuse.
- « La cour raconte que cette femme aurait volé le casque du roi Arthur, poursuivit Charming.
- Et ?
- Il peut rendre invisible. »
Regina leva les yeux vers le père d'Emma.
- « C'est comme ça qu'elle a blessé Séraphin..., réalisa-t-elle.
- Pardon ?
- Elle a volé le casque... elle est devenue invisible et a blessé ce chevalier.
- Mais pourquoi est-elle partie ?, demanda Charming.
- Je ne sais pas ce qui se passe dans l'esprit tordu de votre fille. », lança Regina.
C'était la question à laquelle elle voulait être en mesure de répondre. Emma la défendait et s'enfuyait encore sans crier gare ? Son comportement n'avait aucun sens. Et rien n'expliquait son intrusion intempestive. Pourtant si elle s'obstinait à percer les défenses de ces remparts, c'est qu'elle cherchait à en obtenir quelque chose.
« Séraphin va nous aider. »
David fronça les sourcils, indécis. Arthur et Séraphin étaient méfiants à leur égard et pouvaient taire certaines informations.
- « Que veut-il ?
- Il veut venir avec nous à Storybrooke.
- Nos derniers visiteurs ont failli ruiner nos vies, rappela David avec justesse.
- S'il nous aide à retrouver Emma, je suis prête à prendre ce risque, pas vous ?, le défia-t-elle.
- Si, bien sûr, répondit aussitôt Charming.
- Il veut récupérer le casque d'Arthur et maintenant que je connais son pouvoir, je le comprends... Emma cherche quelque chose ici. Le chevalier s'est montré bavard et a avoué que plusieurs parties du château avaient été détruites. Même Merlin peine à contenir le pouvoir d'Emma... »
David acquiesça.
« Comment pouvons-nous être certains que cette ''Femme des Enfers'' dont ils parlent est bien Emma ? » demanda-il.
Regina argua alors :
- « Pourquoi cette ''chose'' invisible aurait-elle attaqué Séraphin sans me blesser ? De plus , il a admis avoir reconnu la même noirceur dans cette magie que dans celle de cette ''Femme des Enfers''. Et j'ai moi-même pu constater que c'était la magie du Ténébreux. Il n'y en a qu'un et cela ne peut être qu'Emma.
- Que faisait le chevalier lorsqu'Emma l'a attaqué ? »
David attendit la réponse. Regina le fixa, impassible comme si sa question était déroutante d'absurdité.
« Rien, répondit-elle avec détachement, rien du tout. »
Elle mit fin à leur conversation et quitta la pièce pour rejoindre la chambre qui lui avait été attribuée. En traversant une galerie ouverte qui laissait voir un petit jardin en contrebas, elle crut percevoir du mouvement. Elle s'arrêta quelques instants et scruta le petit paysage de verdure. Les branches ne bougeaient plus. Cela devait être le vent. Pourtant, il n'y avait pas une once de brise ce soir-là.
Notes :
J'avoue avoir cru me souvenir d'un mythe japonais avec une "femme des Enfers" (qui avait inspiré un anime du même nom) mais pas moyen de retrouver cette histoire.
Je mettrai la suite mercredi.
