Je suis en retard et tout ce que vous voulez et je m'en excuse (tout le monde est pareil). Mais j'adore cette fiction et je ne veux en aucun cas l'arrêter, ni la gâcher. Par contre, au prochain chapitre, le rating augmentera d'un cran donc je vous préviens maintenant.
Hurricane
If today was your last day
Les jours passèrent les uns après les autres, sans trop de changement. Bien sûr, il semblait y avoir des bateaux de guerre qui s'accumulaient sur les côtes mais rien de bien menaçant. Même si Sanji revenait toujours avec les informations exagérées des clients en panique, Zoro le rassurait avec ce qui venait de la caserne. Mais au fond, ils savaient bien qu'aucun des deux n'avait raison. Pourtant, par pure précaution, le soldat venait souvent jusqu'au restaurant s'assurer de la santé de son compagnon. Compagnon qui lui proposait un coup à boire et à manger à chaque fois. Cela leur permettait de parler de tout et de rien, et surtout de l'avancement de tout ça.
-Mais moi je te dis qu'il n'y a rien à craindre ! Tu sais bien que les potins sont à moitié inventés dans la majorité des cas !
-Cela ne les empêche pas d'avoir une part de vérité ! Ça fait trop longtemps que ça dure, cette situation. Je pense que nous devrions partir d'ici au plus vite.
-Non. A quoi ça servirait ? Tant que nous ne sommes pas sûrs, pas question de partir. La tension peut durer encore, et même disparaître. C'est arrivé sur d'autres îles, je t'assure !
-Pas là où nous étions, Zoro. C'est ça le problème.
Le plus souvent, les discussions finissaient ainsi. L'un pensait que l'autre était trop pessimiste, et le contraire était aussi vrai. La ville ne pouvait être plus tendue. Avec le trafic d'armement continuel, la Justice était débordée et au final, la délinquance s'accentuait de plus en plus. Des marins descendaient quelque fois des bateaux pour se ravitailler mais jamais d'attaque, ni de paroles. En fait, personne ne savait ce que cachaient ces navires. Alors, mettant fin à la conversation, le chanteur se leva et lâcha une dernière phrase avant de régler la note sur son salaire et retourner travailler.
-La preuve que tout va mal est que tu sois là. J'irai voir ces bateaux, seul.
Son vis-à-vis resta un moment sans bouger, sans savoir quoi répondre. Mais il avait déjà l'idée de le suivre, s'il ne se perdait pas. Quoiqu'en ce moment, son instinct l'avait toujours ramené auprès du blond. Il pouvait sans doute compter dessus. Lorsqu'il se leva, son esprit s'était mis en tête que ce qui se passait ici n'était pas comme avant. Que la guerre les prenait à revers, de l'intérieur. C'est pourquoi il irait avec lui ce soir.
A peine le soleil s'était couché que Sanji était déjà sur les quais. Caché derrière un mur, il guettait la prochaine descente des marins. En écoutant les ragots, il avait compris qu'ils descendaient tous les trois jours. Donc aujourd'hui. Mais la première chose qu'il vit fut son ami, qui arrivait nonchalamment sur le port, l'air le plus naturel du monde. Il l'embarqua dans sa cachette le plus discrètement possible, une main sur sa bouche pour le faire taire.
-T'es taré ou quoi ? Tu veux essayer de te faire prendre ?
-Ben quoi ? Je n'évoque pas les soupçons comme ça !
-Biiieeen... Aurais tu remarqué qu'il n'y a personne dans les parages ? Donc, pour le type qui se balade par hasard dans le coin, c'est raté !
Zoro sourit bêtement, l'air gêné. Il n'y avait pas pensé, à ce détail, qui n'en était pas un d'ailleurs. Décidément, le chanteur était un peu plus malin que lui. Sa technique était basique mais efficace. De toute manière, seul comptait le résultat.
Après un moment d'attente, des hommes descendirent du bateau, avec des caisses. Le ravitaillement, sans aucun doute. Mais Sanji dut étouffer un cri lorsqu'il vit que les containers étaient tout sauf vide. L'un portait des obus, un autre des armes à feu de haute technologie. Tout ça présageait rien de bon. Les doutes du soldat se confirmèrent. La guerre allait éclater de l'intérieur, reste à savoir pourquoi. Le blond fit un rapide calcul, par rapport à la taille des caisses, des navires, de leur nombre et depuis combien de temps ce trafic durait. Il eut un hoquet de surprise, ce que son compagnon ne comprit pas tout de suite. Ce fut lorsqu'il se lança à leur poursuite que ce dernier comprit que ce qu'ils redoutaient tous les deux était arrivé bien plus vite qu'ils ne le voulaient.
Leur petite course les mena jusqu'au centre ville, là où le donjon leur faisait face. L'entrée était gardée par deux personnes armées d'un hache. Passer la garde n'allait pas être facile, à part si cela se résultait en un combat. Mais c'était loin d'être la solution idéale. Le chanteur se rapprocha alors pour essayer d'écouter ce que pouvait s'échanger les marins avec les deux autres hommes.
-Halte …! Ah c'est vous ! Vous pouvez passer alors. J'imagine que vous connaissez le chemin.
-Oui, merci bien ! Sire Kuro nous attend.
-Juste une question... C'est prévu pour bientôt ? Avec tous ces allée-venues...
-Pour très bientôt. Reste à savoir quel jour Sa Majesté Kuro le décidera...
Le sang du blond ne fit qu'un tour. D'abord parce que c'était celui qui dirigeait l'île qui prévoyait de mettre son pays à feu et à sang. Mais aussi parce qu'ils n'avaient plus le temps. Il avait bien cru entendre ce mot, celui qu'un des marins a prononcé. Un nom anodin mais qui annonçait le pire des désastre. L'attaque serait sans doute pour demain.
If today was your last day...
Sanji courrait sans s'arrêter, vers l'extérieur de la ville. Son compagnon peinait à le suivre tellement son rythme était soutenu. Il essayait en vain de crier, lui demandant pourquoi cette hâte qui leur a presque valu d'être repéré mais le chanteur ne lui répondait pas. Il courrait, complètement paniqué et essoufflé. Il finit par s'arrêter là où ils avaient vu le premier bateau, lors de la première explosion. Zoro le rattrapa, aussi à bout de souffle.
-Bon sang.. Mais à quoi tu joues ? Tu peux m'expliquer ce qui t'a pris ?
-Demain...
-Quoi demain ? Qu'est ce qui se passe, Sanji !
-L'attaque... est prévue... demain.
Le soldat sursauta avant de garder le silence. Il baissa les yeux, ne trouvant pas les mots à dire. Il était surpris et dépité à la fois. Ils avaient veillé au grain, tous les deux, que rien ne leur échappe. Et pourtant, ils avaient loupé son arrivée. Et maintenant, il était presque trop tard.
-Il faut... partir maintenant, non ? Avec un peu de chance...
-Non, réfléchis, imbécile ! Naviguer de nuit, c'est impossible ! Nous sommes pris au piège... C'est fini...
Un long silence s'en suivit. Lourd, pesant, inquiétant. Il était trop tard. La situation pouvait difficilement être pire. Ils avaient été rodés pour ça, mais jamais cela avait pu être aussi critique. L'un d'eux allait mourir sous les obus, et leurs promesses allaient voler en éclats. Pourtant, chacun gardait un calme assez impressionnant malgré leur destin. Même le chanteur ne pipait mot. Un léger tremblement le secouait. Son ami finit par poser sa main sur sa tête pour ébouriffer affectueusement ses cheveux, comme un signe de réconfort. Après tout, autant vivre au mieux ce moment, quelque soit l'effort à fournir pour ce faire.
-Alors... Tout est fini, pas vrai ?
-Ouais... J'aurais tant voulu... Essayer de te protéger... Enfin, au moins essayer de nous garder en vie, tous les deux. J'ai tout loupé...
-J'ai été berné comme toi, tu sais. Chaque coup qu'elle nous fait est plus perfide. Mais ne t'inquiète pas, ça ira.
-Jusqu'à demain... Pas plus...
-Peut-être un peu plus, qui sait ? Je n'ai pas totalement perdu espoir...
Le blond se retourna vers lui. Zoro affichait un léger sourire, comme quoi il pouvait compter sur lui. Après tout, la partie n'était pas finie. Ils n'étaient pas morts, pas encore. Cela suffisait pour Sanji. Il se ressaisit, abandonnant l'idée de perdre. Tant qu'ils étaient en vie, il y avait toujours l'espoir de le rester. Même si c'était dur, au moins, cela permettait d'avancer un peu. Le chanteur lui rendit son sourire, malgré la pointe de tristesse qu'il y avait dans son regard.
-Ouais... Y'a plus qu'à trouver une idée.
Le soldat approuva doucement en hochant la tête. Ils restèrent un moment ainsi, sans bouger, tout en essayant de cogiter une idée mais rien ne venait. Bientôt, il fut trop noir pour rester en haut de leur perchoir et ensemble, ils descendirent jusqu'à chez eux, dans un silence de mort. Mais contrairement aux autres fois, il n'était pas si lourd. Il y naissait une réflexion intense, si bien que chacun semblait dans leur monde. Seul le bruit d'une explosion les réveilla tous les deux et ils durent se réfugier chez eux au pas de course.
-C'était un tir d'essai, je te dis !
-Ouais, mais ça ne présage rien de bon ! A mon avis, ils essaient de justifier l'opération de demain !
-Qu'importe ! Ça n'arrivera pas cette nuit ! Si naviguer est impossible, tirer des obus encore moins ! Allez, tranquillise toi un peu...
-Tu parles, c'est toi qui devrait stresser un peu plus ! Je n'ai pas trouvé d'idée, et toi non plus ! Demain, tout va se jouer très vite. Tu n'auras pas le temps de penser à une solution, encore moins de l'appliquer. Et si ce n'est pas la bonne, tu n'auras aucun moyen de le savoir !
-On verra...
-Eh ! Tu m'écoutes ?
-J'ai dit : On verra ! Maintenant, va dormir, d'accord ? Ça ne sert à rien de s'énerver comme ça de toute manière...
Sur ce point, Zoro avait raison. Sanji dut se taire et se dirigea alors vers son lit, en marmonnant des insultes qui prouvaient sa crainte et son angoisse sur le lendemain. Son compagnon le vivait mieux, sans savoir comment. Il n'avait pas de plan, mais une confiance en sa force. Il sauverait le chanteur, coûte que coûte. Mais le lui dire signifierait détruire ses idéologies, car l'autre aussi voulait le protéger. Ainsi, ils ne parlaient pas. Le soldat éteignit alors la lumière. De toute façon, ils verraient bien demain. Il resterait une marge de manœuvre. Enfin, il l'espérait...
If today was your last day...
