Note de l'auteur : Tout d'abord, merci de vos adorables reviews ! ^^

Ensuite, dans ce chapitre, il y aura une mention de Foxface. Bien que son véritable nom n'ait pas été donné dans le livre, je pense que les scénaristes du film ont voulu lui en donner un, car lors des interviews avec Caesar Flickerman, il l'appelle par son prénom. Bref, tout ça pour dire que le prénom de Foxface dans le film est «Finch». Donc je vais garder ce nom.

4. Avery Thomson, District 5 – tué par Noah Scott, District 8

Gong. Le gong retentit, et je cours, je cours aussi vite que je peux à la Corne d'abondance. Je ne sais pas exactement ce que j'espère, et là, tout de suite, je n'ai pas le temps d'y penser. La seule pensée qui m'obsède est : rester en vie. Parmi tous les tributs qui courent, j'aperçois Finch, ma partenaire de District, courir en direction des bois. Elle ne cherche même pas à avoir une arme, ou des provisions. Je pense qu'elle sera capable de se débrouiller sans. On a pas vraiment beaucoup parlé, elle et moi, mais j'ai tout de suite vu qu'elle était intelligente, plus que n'importe quel autre tribut. Je pense même que son intelligence dépasse l'arrogance des carrières. Finch n'aura aucun mal à se débrouiller toute seule. Moi, en revanche, je risque d'avoir plus de mal. Beaucoup plus de mal. Je ne peux pas me permettre de m'enfuir dans la forêt. Moi, je vais être obligé de me battre pour ma propre survie.

C'est un véritable chaos, autour de moi. La fille du 2 a déjà tué un tribut. Tous les autres tributs courent dans tous les sens, et je crois que personne ne sait vraiment où il va. Ce carnage qui m'entoure me fait penser à quelque chose que j'ai étudié en cours d'histoire dans le District 5. Je ne parle pas de l'histoire des Hunger Games, mais de ce qu'il se passait des centaines d'années auparavant. J'ai toujours été fasciné par l'histoire de nos ancêtres avant tous ces Jeux barbares et la dictature du Capitole. Aujourd'hui, on est en 2713, et, bien que les Jeux n'existent que depuis 74 ans, cette dictature remonte à bien plus loin, 200 ou 300 ans, peut-être. J'aurais tellement aimé naître il y a 700 ans, à l'époque où la démocratie existait encore dans la plupart des pays du monde, au lieu de naître dans cette horrible époque rythmée par les Hunger Games... tout aurait été tellement plus simple. Pour en revenir aux cours d'histoire, on a étudié qu'il y a des centaines d'années, nos ancêtres espagnols raffolaient d'un jeu appelé «la corrida». Le principe était plus ou moins le même que dans les Hunger Games, si on y réfléchit bien. Seulement, ce n'était pas 24 enfants qui se battaient jusqu'à la mort dans une arène, mais un homme et un taureau. L'homme devait provoquer le taureau. Il était armé de piques et de lances qu'il devait enfoncer un peu partout dans le taureau jusqu'à ce que l'animal meure. Et, quoi qu'il arrive, le taureau ne sortait jamais vivant de cette arène. On est tous des taureaux, ici. À part l'un d'entre nous, aucun ne sortira vivant d'ici.

Je ramasse une massue au hasard. Je suis totalement pris de panique. Je n'ai aucune idée de ce que je dois faire ou non. Je ne veux tuer personne. Mais je ne dois pas me faire tuer non plus... Juste devant moi se trouve une fille – je crois qu'elle est du District 3. Je croise son regard, elle est apeurée. J'hésite. Je n'ai aucune envie de tuer cette fille. Elle ne m'a rien fait, il est d'ailleurs flagrant qu'elle ne ferait pas de mal à une mouche. L'ennui, c'est que c'est sa vie... ou la mienne. Alors, j'essaie de lui faire comprendre à travers mon regard que je suis vraiment désolé, que je n'ai pas le choix. J'espère qu'elle a compris. Je lève ma massue et l'abat sur la tête de cette fille, qui s'écroule au sol. Ses yeux sont encore ouverts, mais je sais qu'elle est morte. Je tremble de tout mon corps. Je viens de tuer quelqu'un. Contre mon gré, mais je viens de le faire. Quoi qu'il puisse arriver, à l'avenir, je suis changé à tout jamais. J'ai tué une gamine tout aussi innocente que moi, une enfant qui, comme moi, ne voulait qu'une chose : rentrer chez elle. J'ai vu la vie quitter ses yeux. Ça va me hanter à jamais.

Je suis tellement bouleversé, perturbé par ce que je viens de faire, que je reste pétrifié sur place. Soudain, un gamin me percute de plein fouet, et nous tombons tous les deux. C'est le garçon du District 8, il a l'air d'avoir à peu près mon âge. Il me fixe un instant, puis son regard se pose sur la massue que je tiens toujours à la main. Son regard se teint alors de panique, et affolé, il ramasse un bout de bois pointu qui traîne au sol et me l'enfonce de toutes ses forces dans le cœur. Je ressens une vive douleur puis... plus rien.

Je ne lui en veux pas. J'ai vu la panique et la peur dans son regard quand il a vu ma massue. Il pensait sans doute agir en légitime défense. Dans ce genre de cas, toutes sortes de pensées traversent notre esprit.