Avant de débuter, petite mention spéciale à Leila Hale qui m'a énormément inspirée au fil de nos discussions !
« Je … Je n'ai jamais ... »
Eut-elle le temps d'esquisser avant qu'une paire de lèvres avides ne se referment sur l'angle doux qui nouait son cou mince à l'épaule encore engoncée sous l'épais tissu de son vêtement. Si un feulement perça sans peine sa gorge, elle n'argua pas davantage, bercée entre le besoin indiscipliné qui vrillait doucement son estomac et la crainte de cette passion nouvelle qu'elle devinait croître chez son aîné. Ace, s'il devait face à elle abdiquer, ne le faisait de coutume, que fasse à la caresse impie de son fruit du démon. Jamais encore il ne lui avait manifesté spontanément de tels égards. Roide contre le torse bouillant, Kiko vissait son regard sur les ombres quiètes que jetait l'éclat de lune sur les hautes roches qui les encerclaient. Elle ignorait comment appréhender ces élans soudains. Son fruit, tapi au creux de son estomac ne tarderait guère à s'émanciper de son alcôve prisonnière. Si elle parvenait à le discipliner au prix d'efforts conséquents et d'un éreintement quasi immédiat, l'assaut fougueux que son aîné avait lancé contre sa nuque chavirerait bientôt les remparts chancelants qu'elle s'échinait pourtant à fortifier. En vain. Une nouvelle estocade du garçon et le fort s'écroulait dans un chaos surprenant de soupires étouffés. Les doigts épais s'enfoncèrent presque douloureusement dans la peau tendue de son ventre tout juste dissimulé sous des pans de tissu qui délestait progressivement le corps maigre d'une emprise trop prégnante.
Le désir l'avait frappé si vélocement qu'il avait manqué de plaquer le corps étroit contre le sol considérablement rafraîchit par la caresse d'un ciel nocturne. Kiko, qui s'était essoufflée à apprivoiser les affres trop gourmands de son fruit s'était finalement abandonnée à son bon vouloir, le laissant circuler mutin contre ses membres. Et si son corps demeurait presque entièrement enfouit sous une couche épaisse de tissu, la peau que le garçon embrassait s'était embrasée de nouvelles effluves : sucrées, délicieuses, sensuelle. Des effluves qui jetèrent contre ses reins un désir nouveau, lancinant qui contraint ses hanches à se lancer plus avant pour s'engoncer étroitement contre le dos délié de sa cadette.
« Je croyais que tu maîtrisais ton fruit ? »
Troublée, Kiko ne surenchérit pas immédiatement. Cette voix, lourdement chahutée par l'écho rauque du désir s'était muée en un grognement bestial, presque instinctif, doucement haletant. Une voix qui promettait mille plaintes exquises. Une voix que Kiko ne lui reconnut pas. Elle lui arracha quelques frissons d'appréhensions qui se nichèrent bientôt au creux de son ventre noué.
« Je … C'est diffi … cil, hoqueta-t-elle alors qu'une paume se logeait tout entière sous son vêtement, venant brûler son ventre d'une attention gourmande. »
Les courts doigts de la blanche se congestionnaient nerveusement contre le sol, soulevant dans leurs sursauts des vagues émaciées de poussière fine. Elle n'osait esquisser le moindre geste, ses membres rigides étaient tout entier figés dans une sorte de torpeur confuse. Devait-elle s'abandonner à la poigne lubrique de son aîné ? Ou devait-elle réserver son innocence pour quelque autre occasion ? Si elle aimait le garçon de toute ses forces, jamais encore il ne lui avait été donné de mesure avec exactitude la force des sentiments qu'il lui retournait. Elle n'était plus très certaine de vouloir s'offrir à un homme qui ne la chérirait en retour.
Enfin, Ace l'aimait comme il ne pourrait probablement jamais aimer personne d'autre en ce monde. Mais encore, la blanche ne fut pas certaine que cela soit suffisant pour s'offrir corps et biens. Pour qui abandonnerait-elle ses amabilités si ce n'était pour le garçon qui dévorait présentement sa nuque d'ardents baisers ? Ce ne fut que lorsqu'un soupir perça ses lèvres chevrotantes qu'elle remarqua qu'elle avait cessé de respirer, confondue dans un désordre de sentiments qu'elle ne saisissait que partiellement. Il y avait le doute, éminemment présent et qui dévorait ardemment tous ses confrères. Le désir qui, malgré la surveillance accrue de l'incertitude se soustrayait à toute intellectualisation pour s'élancer derechef à travers les membres roides. Et puis, discret, tapis au fond de son cœur, tout juste avouable mais leader incontesté de sa raison : la crainte.
Jamais elle ne s'abandonnerait à un autre homme, Ace était en tout impérieux en son cœur. Elle lui appartenait toute entière et n'accorderait jamais nulle sévisse amoureuse à un autre que lui. Ce n'était pas tant la crainte qui ankylosait presque douloureusement ses muscles, mais l'appréhension.
« Princesse, je te préviens, je ne m'arrêterai pas. »
Il s'était persuadé si aisément de la faire sienne alors qu'il s'y opposait rudement quelques heures auparavant. Il n'était jamais maître de ses décisions lorsque le corps chafouin de la petite se nichait contre le sien. Qu'elle use de son fruit ou non, Kiko exerçait sur lui une force qui écrasait d'un souffle les soubresauts chétifs de sa volonté. Et s'il ne lui accordait désormais plus aucun repli, c'était également parce qu'il se refusait à ce qu'un autre ne lui vole la chaleur de ses premiers émois. S'il conservait quelque réticence à désirer si durement le corps étroit, il assumait bien plus aisément la jalousie amère qui le contraignait à darder un œil mauvais sur chaque homme choyant d'un peu trop près Sa Princesse. Il s'arracha à ses digressions silencieuses lorsqu'il sentit choir sous ses doigts la sensation délicieuse du désir qui lécha joueur sa paume, s'amouracha de son bras qu'il grignota coquinement jusqu'à se perdre contre sa poitrine, dégringoler dans son estomac et s'abandonner tout entier contre son aine. Le fruit de Kiko pulsait désordonné sous ses doigts. Elle essayait cependant d'en contenir les assauts débridés.
Les doigts brûlants s'animèrent soudainement contre le ventre lisse, retraçant d'une attention satinée les contours doucement efflanqués du tout petit nombril qui perçait la peau lisse avec une concupiscence presque éhontée. Sous ses avances, la douce peau s'estampait de petites rugosités délicieuses toutes entières dévolues aux frissons de plaisir qui arqua doucement son dos dans la requête silencieuse d'un touché plus assuré. Mais Ace n'y accéda point, souriant mutin contre l'épaule qui accueillait ses baisers. Doucement, Kiko s'abandonnait sous ses câlineries expertes. Elle conservait une emprise toute relative de son fruit, octroyant à l'aîné une aisance – sommaire – d'action relativement appréciable. Il n'était pas pressé par une passion lancinante qui le sommerait de s'enfoncer tout de bon dans ce tout petit corps fragile. Quoi que l'envie ne lui en manqua pas.
« Hm ... »
Une plainte contrariée flatta un instant ses lèvres entrouverte sur une respiration doucement décousue. Elle était lassée des caresses tout juste esquissées de l'aîné. Elle … Elle voulait plus, lui semblait-il, sans être néanmoins certaine de ce que ce plus impliquait véritablement. Elle attrapa cette main coquine logée sous son manteau pour la plaquer plus rudement contre son ventre. Elle voulait le sentir pleinement ! Entièrement. Elle ne voulait pas deviner la chaleur de ses flammes sous des semblants de caresses ébauchées. Non, elle voulait qu'elles la consument toute entière, se confondre dans un halo fulgurant de plaisir ardent, brûlant. Elle voulait disparaître toute entière dans la chaleur de son corps.
«Tu es tellement impatiente, badina tendrement l'aîné, ses lèvres trop proches de son oreilles se refermèrent machinalement sur un lobe délicat. »
Un nouveau geignement, plus ténu, emprunt d'une sensualité troublante chahuta l'écho quiet de leur respiration tout juste fébrile. Bordel ! Putain de merde ! Il devait contenir ses instincts. Kiko méritait les égards les plus délicats pour sa première fois, quitte à la reprendre plus rudement ensuite. La vision soudaine d'une Yukiko prostrée contre le sol, genoux et coudes à terre, les hanches soulevées par ses mains épaisses, hurlant de plaisir alors qu'il la culbutait violemment le heurta si rudement qu'il manqua de se rependre misérablement dans son bermuda. Jamais … Jamais encore il ne s'était ainsi projeté l'image languissante d'une Yukiko entièrement nue et pleinement dévoué. Jamais il ne s'était imaginé faire l'amour avec elle.
« Onii-chan … Contre son torse, la voix traînante de sa cadette s'était doucement tournée vers lui. Agenouillée entre ses cuisses, elle accrocha ses bras languit de désir autour de la large nuque de son aîné, nichant deux prunelle luxurieuses dans ses iris charbonneuses. Embrasse-moi Onii-chan. »
Ace manqua de céder à la supplique, mais une force dont il ne soupçonnait pas même l'existence l'en prévint. S'il se lançait sur ses lèvres, la petite chahuterait toute ses barrières et son fruit exposerait son corps à des sévisses bien trop appuyées pour un être encore innocent. Il devrait en repousser l'échéance, et ce, malgré ces yeux larmoyant de désir qui se confondaient dans les siens. Toute entière appuyée contre son torse, elle avait creusé ses reins et niché sa poitrine contre la sienne. Il sentait contre son torse nu, la rondeur délicate de ses seins encore fourrés sous deux ou trois couches de vêtements.
« Sois gentille et laisse-toi faire. OK Princesse ? Je vais m'occuper de toi, confia-t-il, d'une voix plus caressante que rauque. Il détacha l'épais manteau qui couvait encore les membres étroits, alors que le vêtement léchait ses épaules pour choir sur le sol. La plus jeune esquissa un repli dans la tentative vaine de se redissimuler sous l'habit.
– J'ai froid …
– J'ai dit laisse toi faire … Et ne parle plus, sermonna-t-il alors qu'il choyait le petit nez d'une tape tendre. Il enfouit ses lèvres dans les mèches éparses de la petite pour les nicher contre son oreille. Sauf pour hurler mon nom … Confessa-t-il, sa voix excessivement rauque léchant délicieusement le creux de son oreille. Il l'entendit glapir dans un élan d'excitation irraisonnée et purement instinctive. Voilà, tu comprends vite, reprit-il sur le même ton. »
Il perdit l'une de ses mains dans le creux vibrant de ses reins, attrapant de l'autre le vêtement empêtré dans les pieds de la blanche. Maladroitement, il parvint à l'étaler sommairement sur le sol, en faisant une couche qu'il jugea suffisamment décente pour accueillir le corps alanguit de désir qui ondulait nerveusement contre le sien. Il n'accusa nulle plainte lorsqu'il repoussa doucement sa jeune sœur pour qu'elle s'allonge sur l'habit tiré. Tellement docile, pensa-t-il alors qu'un sursaut de désir lui mordait les reins. Il voulait lui arracher ses vêtements et s'enfoncer en elle d'un coup de rein sec pour la pilonner jusqu'à l'apothéose. Il n'était guère accoutumé aux délicatesses sexuelles, ne s'y soustrayant qu'avec de rares partenaires, ses compagnons d'armes, le plus souvent. Ou ce rookie, ce Chirurgien lubrique qu'il avait croisé à de trop nombreuses reprises.
«Onii-chan, j'ai froid …
– Qu'est-ce que je t'ai dit Yukiko, une menace délicieuse perla de ses lèvres qu'il nicha bientôt contre la peau tendue de son cou. »
Il nicha des baisers humides contre une clavicule saillante qu'il pinça consciencieusement entre ses dents gourmandes. La pointe friponne de sa langue humecta bientôt cette peau captive. Sa fragrance se mêlait de sel et de sable, rendue moite par l'excitation, elle exhalait de timides relents sucrés tout entier dévolus aux phéromones coquines que sont fruit s'exhortait à gracieusement partager. Une nouvelle fois, il imposa la marque d'une morsure finement ciselée contre cette peau opale avant de remonter ses baisers contre la gorge offerte. Sa petite sœur, sans doute pour contenir les émois trop rudes qui réchauffaient coléreusement ses reins, avait clos ses cuisses, les frottant compulsivement l'une contre l'autre dans le désir vain d'étouffer cette frustration naissante qui lui arrachait de vilaines suppliques contrariées. Elle semblait ... Terriblement implorante.
« Oh Princesse, susurra un Ace troublé d'excitation, animé d'une lubricité terrible que Kiko ne lui connaissait pas et qui manqua de lui arracher une nouvelle plainte. Calme toi mon trésor, je vais m'occuper de toi … Confia-t-il, mielleux alors qu'il nichait une paume coquine contre la petite joue dodue. »
Il imposa un genoux entre ses cuisses, qui, docilement, s'évasèrent et ce malgré les perles de frustration qui ondulaient doucement au coin de ses yeux à demis clos.
« Pleure pas ma belle, j'arrive … Cette voix … Kiko n'en put plus. Cette voix emprunt d'une douceur érotique, le murmure doux dissimulant tout juste le raclement rocailleux de l'excitation. Il lotit bientôt ses hanches contre celles bien plus étroites de la blanche, la contraignant à écarter davantage ses maigres cuisses pour l'y accueillir pleinement. Il logea la proéminence de son désir contre la féminité spasmodique de la cadette. Là … Tu vois, je suis là … »
Sa voix déjà, n'était plus animée des mêmes galanteries alors qu'il roulait sensuellement son bassin contre celui de la blanche, lui arrachant un gémissement plus assuré que les précédents. Elle était désirable. Plus que cela … Elle était … Il en perdait ses mots, et ne chercha pas davantage à dénicher un qualificatif satisfaisant alors qu'il perdait ses orbes sombres sur ce visage largement basculé en arrière dans un désir ardent, ses lèvres s'entrouvraient, chevrotantes, sur des plaintes silencieuses alors qu'une larme s'émancipa bientôt des yeux à peine ouverts. Il la chassa d'une bise tendre, n'attardant que trop brièvement ses lèvres sur la tempe vibrante. Néanmoins, il put pleinement y deviner les battements indisciplinés de son cœur qui pulsaient contre la pulpe rougie de sa bouche.
« Ne pleure pas Mon Cœur … Tu voudrais que je te console peut-être ? Badina-t-il, sa voix chahutée par l'éclat rauque du désir alors qu'il redressait juste assez sa tête pour pouvoir figé ses pupilles étrécies de désir dans le regard languissant de l'adolescente. »
Les cheveux bruns choyaient le visage tacheté d'un écrin abyssal. Ils s'amourachaient coquinement des joues rouges de la plus jeune, léchant mutins la peau rendue doucement rugueuse par les centaines de frissons qui y courraient. Si proche. La chaleur de ses lèvres se confondait entièrement aux siennes, si bien qu'elle n'aurait eut qu'à esquisser un mot, une plainte pour les capturer dans un baiser indiscipliné.
« Tu as le droit de me parler pour me répondre Trésor. Alors, tu voudrais que je te console ?
– Ou.. Oui, bafouilla-t-elle dans une supplique si dévouée qu'Ace ne put contenir un baiser fugace de s'échouer contre les lèvres quémandeuses. »
La protubérance de son désir se heurtait avec hargne au sexe de la plus jeune, encore tout engoncé sous deux couches de vêtements. Bordel ! Loin d'être précoce, le corps de sa toute petite sœur chérie, offert sous le sien, l'accueillant entre des cuisses si largement ouvertes, jouant des hanches pour sceller leur désir insatisfait, manqua cependant de bousculer une nouvelle fois ses résistances pourtant largement accrue par trois années de pratiques régulière. Mais Kiko … Kiko … C'était la réalisation d'un fantasme, pas seulement parce qu'elle était sa cadette. Mais tout en elle hurlait à la compromission : ses petites joues rondes, ses lèvres qu'elle pinçait si fréquemment en une moue doucement bougonne, ses petites mains délicates ornées de doigts courts mais déliés, sa chevelure ivoire et sa peau d'opale, son corps menu, sa poitrine rondelette qui se logeait sans peine dans une paume, son abnégation, sa docilité … Sa pleine et entière soumission.
Putain. Un grognement arqua soudainement ses reins, lançant plus avant ses hanches qu'il claqua presque rageusement contre celles de sa sœur, lui soustrayant un râle traînant. Il enfouit ses lèvres contre le renflement discret d'un sein qui dépassait doucement d'un mince décolleté. Il s'y répandit en baisers, engouffrant ses embrassades goulues dans la cavité envoûtante qui se creusaient entre ses seins, il y dissimula la pointe de sa langue, jouant d'attentions nouvelles pour lui arracher quelques soubresauts erratiques. Il continua ses baisers, escaladant de ses lèvres la rondeur d'un second sein. Il fut cependant rapidement contrarié par le vêtement importun qui couvait un peu trop jalousement ces délicieuses rondeurs. Il se redressa nerveusement, chassant d'un geste que l'empressement saccadait le haut court de la jeune femme qui tout naturellement, arqua sensuellement son dos pour que le garçon puisse y nicher une main experte et dégrafer le sous-vêtement encore trop encombrant. Un geignement misérable franchit les lèvres suppliantes lorsque sa poitrine s'épanouit enfin loin de son enclos de tissu.
Un instant, Ace se redressa, dardant un œil lubrique sur le corps à demi découvert. Jamais l'aîné n'avait entraperçu la rondeur de sa féminité. Jamais même n'en n'avait-il imaginé la souplesse sous ses doigts, l'éclat crémeux de la peau qui, perpétuellement encombrée d'un vêtement quelconque, ne bénéficiait jamais des cajoleries brunies du soleil. De la pulpe de son indexe, il dessina le renflement dodue de sa poitrine, s'amourachant rapidement d'un mamelon qu'il dépassa rapidement pour perdre son doigt dans la petite caverne qui s'élançait doucement entre ses deux rondeurs. Ses attentions étaient toutes entières dévouées à ces deux convexités frivoles qui se soulevaient irrégulièrement au rythme haletant de sa respiration. Il n'accorda nulle œillade à la moue suppliante de la cadette lorsqu'il plongea ses lèvres sur un téton finement érigé, l'enceignant dans l'écrin brûlant de deux lèvres affamées. Il le flatta de caresses appuyées, de succions consciencieuse alors que l'une de ses mains s'échouait sur son compère qu'il pinça presque rageusement, arrachant au petit corps alanguis sous le sien, une plainte surprise qui se noya cependant dans le flot de geignements décousus qui s'émancipaient mécaniquement de ses lèvres.
Il demeurait cependant incapable de contenir les égards brûlants qui menaçaient de figer son esprit dans une torpeur délicieuse et d'animer ses membres d'une volonté lubrique qu'il ne pourrait contenir. Il devait se hâter avant que le barrage de la jeune femme ne cède et que ses maigres soubresauts de raison ne lui soit sauvagement arrachés. Il conservait un semblant de raison qui lui intimait de la prendre tendrement avant que le fruit de luxure ne le contraigne à agir instinctivement. Il se redressa brusquement, chavirant si soudainement son corps que Kiko s'en enquit d'un regard. Si ses larmes s'étaient taries, ses yeux brillaient toujours d'une luxure suintantes, obscène.
L'une de ses mains, nichée jusqu'alors paume au sol, contre le vêtement qu'elle entremêlait nerveusement entre ses doigts crispés, quitta la chaleur toute relative du tissu pour cajoler tendrement sa taille efflanquée, la peau de son ventre fin, dépassant son nombril étroit pour disparaître sous la ceinture de son short. Ace la regardait, interloqué, déboutonner d'une main maladroite son vêtement trop étroit pour accueillit la paume caressante qui, sous le jean, s'attelait à quelques caresses obscènes. Avait-elle seulement conscience de ce qu'elle était en train de faire ? Elle s'abandonnait au plaisir solitaire, là, sous le corps pantelant de désir de l'aîné. Elle vissait son regard vitreux dans les orbes charbonneuses non moins brumeuses d'abandon. Il ne voyait rien que ce poignet qui s'engouffrait sous deux pans de braguette largement écartées, il devinait les mouvements chaotiques de ses doigts contre son sexe à la bosse agitée qui déformait le vêtement, le plaisir lancinant qui balançait ses hanches, voûtait son dos, conduisait sa main encore disponible à presser son sein et arrachait à sa gorge délicieuse des gémissements tapageur qu'elle n'essaya pas même d'enceindre.
Non. Perdue dans les limbes exquises du plaisir, elle n'avait plus même conscience des saccades délicieuses qui arquaient ses reins. Ace l'observa, encore, déglutissant si péniblement que sa salive lui lacéra la gorge. Jamais. Oh grand jamais il n'avait assisté à une débauche si attrayante, si ... Délicieuse. Jamais son membre n'avait pulsé si douloureusement entre ses cuisses encore encombrées de son bermuda. Il la voulait. Pleinement. Entièrement. Toute entière et pour lui, simplement. Il se redressa précipitamment, manquant de basculer lorsqu'il recouvra la sensation si singulière du sol sous ses chaussures. Niché qu'il était dans les abysses de la luxure, il en avait omis jusqu'au monde qui se jetait encore autour d'eux. Il détacha nerveusement la boucle de sa ceinture, s'emmêlant rageusement dans les nœuds qui la maintenaient ferment nouée à sa taille. Saloperie de putain de ceinture ! Pesta-t-il silencieusement alors qu'il demeurait toute attention rivée sur ces mains coquines qui s'accordaient quelque attention lubrique. Oh bordel. Elle était véritablement en train de se masturber. Là. Juste sous ses yeux. A demie nue, sur le sol. Elle rejetait cycliquement sa tête en arrière lorsqu'une caresse plus assurée que les précédentes lui arrachait un râle langoureux.
Un instant, il se surprit ; pourquoi ne pas avoir cédé plus tôt ? La nuit dernière. Ou même avant qu'il quitte Dawn Island. Kiko lui parut soudainement si désirable que la perspective même de ne pas choyer ce corps de tendres attentions enrailla presque douloureusement son sexe tendu. Ace se débarrassa de son bermuda, délogeant dans sa course sous-vêtement, chaussures et chaussettes. C'est à peine si la petite réagit lorsqu'il lui arracha short et culotte, les envoyant se perdre dans l'obscurité. Il jugea plus aisément ces doigts qui se perdaient entre deux fines lèvres tout juste engoncées sous un petit duvet de poils blancs. Il lui fallut des trésors de volonté pour ne pas chasser rudement la coquine et la troquer contre sa queue roide de désir.
« Arrête ça ! Gronda-t-il, châtiant le revers la mutine d'une tape sévère.
– Mais …
— Tu me réponds ? »
Ace devenait terriblement autoritaire, plus qu'il ne le fut jamais. Et sous la menace silencieuse, la plus jeune s'extirpa à grand mal de ses délicieuses sévisses. Dans sa torpeur, elle remarquait seulement les hanches libres de son aîné, la pointe du V saillant qui se jetait à la naissance de son aine qui surplombait un sexe tendu. La blanche demeura un maigre instant hésitante face à cette turgescence qu'elle considérait pour la première fois. Si elle avait déjà surpris ses frères – principalement Luffy qui n'avait aucun sens commun des décences publiques – déambuler nus dans la chambre qu'ils partagèrent naguère chez Dadan, jamais encore elle ne fut confrontée à un sexe en érection. Quelle constatation idiote ! Se fustigea-telle silencieusement alors que sur ses joues, s'élançait la morsure grenat de l'embarras.
Le garçon lui, s'enorgueillit des rougeurs qu'il devina sur les joues déjà moites de passion. Il se savait beau garçon et fort désirable. Dans un orgueil presque arrogant, il se félicitait toujours de susciter quelque admiration chez ses amants. Et, si Kiko bénéficiait d'attentions particulières, elle n'en demeurait pas moins une futur partenaire sexuelle, et les œillades appuyées qu'elle lui lançait à la dérobé chahutèrent son cœur d'une morgue fort déplacée.
Examinant sa bouche entrouverte sur un souffle presque erratique, Ace y plongea trois doigts que la blanche agréa machinalement. Sa langue se perdait contre les phalanges serrées, caressait la peau douce. Elle referma ses deux petites mains sur le large poignet pour le contraindre à s'enfoncer plus avant dans sa bouche étroite, engloutissant tout de bon ces trois importuns. Sa langue s'attardait sur chaque sinuosité, lapant docilement la peau lisse qui se creusait délicatement à la jointure de ses doigts. Elle suçotait goulûment les trois coquins, faisant fi des bruits de succions entêtant qui cajolaient durement le sexe déjà bien tendu du garçon. Les yeux vissés sur sa cadette, il observait ses joues se creuser doucement sur des lèvre fines. Ses paupières tombaient lourdement sur ses yeux rembrunis de désir, comme s'il lui était accordé là, le met le plus délectable qu'elle n'ai jamais goûté.
« Intéressant, souffla-t-il enfin du bout des lèvres alors qu'il arrachait à la plus petite la douceur érotique de sa friandise. Il faudra que j'exploite ça ... »
Ses doigts dégringolèrent contre le corps offert qui, sous la course habile des fuyards, se cambra d'un nouveau désir. Il s'était déjà trop attardé en flatteries accessoires, si bien qu'il logea presque aussitôt une phalange dans l'intimité vibrante. Bordel, encore plus serrée qu'un mec !
« Ace, hoqueta la blanche qui ne savait que statuer de cette intrusion soudaine.
– Fais moi plaisir Mon Cœur … Appelle-moi Onii-chan, souffla-t-il contre son oreille, arquant son corps au dessus du sien pour venir perdre ses lèvres sur sa gorge largement exposée. »
Si serrée, itéra-t-il silencieusement. Son doigt disparu presque aussitôt dans l'enclos de chaire bouillante. Elle était si étroite qu'il douta presque pouvoir en introduire un second … Quant à son sexe, pourrait-il seulement y loger son gland ? Il égara ses lèvres sur la peau moite, dégringola de sa gorge déployée jusqu'à l'enflure d'un sein sur lequel il échoua une langue mutine qui s'attela si bien à le taquiner qu'il fit naître quelques soubresauts compulsifs autour de son doigts enclavé. Son pouce agaçait le petit bouton de chair lotit entre les lèvres humides, accusant de nouvelles plaintes de la plus jeune qui instinctivement, roulait ses hanches d'avant en arrière dans une langueur érotique. Elle cédait. Elle s'abandonnait et déjà Ace reconnaissait la piqûre vorace du fruit luxuriant qui s'échouait sous sa langue. Il traça une droite impeccable de baisers jusqu'au pubis que sa cadette avait engoncé entre deux cuisses qu'elle frottaient rageusement l'une contre l'autre, emprisonnant délicieusement la main de son aîné dans un écrin de chaire presque aussi brûlante que la sienne. Un démon de luxure, floué par un instinct animal qu'Ace ne lui avait jusque là que vaguement deviné. De sa main disponible, il dénoua ses cuisses, lorgnant sur les lèvres épaisses qui sursautaient à chaque nouvelle fois que son pouce y apposait une caresse trop appuyée. Contre l'ouverture spasmodique de son entrée, le garçon logea un second doigts qui s'y perdait en quelque arabesque apaisante. Sans doute celui-ci lui l'embarrasserait de quelques plaintes incommodante.
«Tu risques d'avoir un peu mal à partir de maintenant, confia-t-il, le souffle brûlant de sa confession s'échouant contre son clitoris toujours lourdement sollicité. Mais je vais gentiment m'occuper de toi. »
Comme annoncé, Kiko grimaça sous la seconde intrusion, bien moins accommodante que la précédente. Sans en éprouver une vive douleur, la sensation lui parue importune, voire indésirable. Mais la pression de ce pouce qui fricotait coquinement avec son petit bouton de chair noya ses plaintes dans un flot étranglé de hoquets incontrôlés. Des lèvres se pressaient contre l'intérieur de sa cuisse, lorgnant goulûment sur le creux languissant qui joignait le membre dodue au bassin étroit. Les baisers s'évertuèrent sur le bas de son ventre, sur le duvet esquissé de son pubis, sur ses lippes tremblantes sans jamais néanmoins s'aventurer dans leur étreinte.
« Oni … Chan. J'arrive plus à … à … Hmm ... »
Mais son aveux mourut dans une plainte exquise. Ace ne s'en enquit nullement, poursuivant ses amabilités. Son cœur déjà lourdement désordonné s'anima soudainement d'une ardeur nouvelle. Il pulsait douloureusement sous sa cage thoracique, engourdissait ses membres d'une torpeur lénifiante, délicieuse. Au creux de son ventre, à la naissance même de son aine, la brûlure du désire lui lacéra si promptement les entrailles qu'un gémissement guttural força ses lèvres logées contre le renflement épais d'une cuisse. Son membre pulsait douloureusement entre ses cuisses, abandonné à la seule morsure du vent.
Il … Ne pensait plus. Le corps sous le sien n'était plus qu'ardent brasier à conquérir, à posséder. Il voulait le faire hurler, il voulait que ces perles rubis s'éreintent sur son prénom. Il se moquait qu'elle y prit du plaisir, et d'ailleurs, il ne s'en avisait nullement. Il ployait sous l'invective de la passion qui le contraint soudainement à empaumer ferment la taille efflanquée. Il attrapa son sexe, solide entre ses doigts épais et s'enfonça dans ce corps mince. Ses yeux nébuleux ne remarquèrent nullement les sanglots silencieux qui noyèrent douloureusement les tempes de la plus petite. Il ne perçut pas davantage les plaintes hurlantes qui abandonnaient ses lèvres.
« Ha … N.. Non. Onii .. Chan ! J'ai mal ! »
Qu'importait ! Ses sourcils se froncèrent rageusement, ridant son font d'entailles sévères alors qu'il poussait rageusement dans le sexe encore innocent de Kiko. Il la regardait, mais ne la voyait pas. Il grognait pourtant son prénom, encore, et encore. Il s'enfonçait furieusement en elle, toujours plus rudement, arrachant de nouvelles suppliques à la cadette. Les doigts se congestionnèrent contre ses hanches, s'enfonçant si avidement dans sa peau qu'elle en serait à coup sûr vilainement marquée au petit jour. Le garçon se ruait toujours en elle, la tête basse, dissimulée sous des mèches onyx qui s'agitaient au rythme nerveux de ses coup de buttoir.
« Aah ! »
Elle arqua son dos si violemment qu'une douleur insidieuse perça doucement sa nuque. Sa tête abandonnée, basculée mollement sur le côté, ses lèvres entrouvertes sur un hurlement de pur contentement … Il venait de percuter quelque chose en elAAaah ! Encore ! Elle mouva instinctivement son bassin au rythme presque irraisonné de son aîné. La douleur se conjugua bientôt à un immense plaisir qui frappa au creux de ses reins et irradia vélocement dans le reste de son corps. Le saisissement qui raidit ses muscles la paralysa un instant de stupeur. Ce n'est que lorsque son aîné poussa une nouvelle fois contre cette étrange zone particulièrement érogène qu'elle s'anima d'une passion nouvelle. Elle en voulait encore. Cette sensation, elle la voulait encore. Plus fort. Plus loin.
« Onii-chan … J'veux … Encore. »
Si ses plaintes précédentes s'étaient noyées dans le flot torrentiel de plaisir qui avait bandé douloureusement les muscles du garçon, cette supplique là sembla franchir les barrières solides du plaisir car il enfouit ses mains sous les cuisses ouvertes et les nicha contre ses épaules. Kiko, le bassin soulevé, maintenu par deux paumes épaisses offrait un spectacle d'asservissement divin. Il rua encore plus rudement, frappant aussitôt cette petite boule nerveuse au creux de son sexe. Une plainte exquise s'affranchit de cette bouche délicieuse d'où perlait un maigre filet de salive que le plaisir trop intense n'avait pu contenir. Elle criait encore alors qu'il percuta chaque nouvelle fois cette zone si affriolante.
« Onii-chan … En .. Core. Plus. Plus. Onii-chaaaaan ! »
Insatiable ! Il la pilonnait furieusement, violemment. Il allait la briser s'il se risquait à la prendre plus rudement. Elle lança ses petites mains dans le vide, entre leur deux corps alors qu'elle chassait ses jambes de ses épaules.
« Contre toi … Baragouina-t-elle péniblement entre deux geignements. »
Ace enfouit ses bras derrière le dos creusé de plaisir alors qu'il attirait le petit corps pantelant contre son torse dégoulinant de sueur. Il se laissa doucement basculer en arrière, sa sœur sur ses cuisses qui ondulait nerveusement son bassin contre le sien. Elle enfouit ses mains sous quelques mèches brunes, caressant de la pulpes de ses doigts la naissance de sa nuque, là où la peau tendre se disputait les faveurs naissantes d'une chevelure de jais. Elle logea sa poitrine contre la sienne, ses hanches toujours animées de cette même bestialité. Encore, elle ondulait son bassin.
Oh putain de merde. Son sexe engoncé contre les parois souples astiquait si pleinement cette intérieur humide, chaud … Bouillant ! Il allait exploser. Elle était si .. Excitante. Si … Plus qu'excitante ! Délicieuse. Exquise. Parfaite. Elle n'agissait que sous l'écho chaotique de l'instinct. Car c'est machinalement qu'elle frottait sa poitrine lubrique contre son torse. Machinalement qu'elle attrapa la peau de son cou entre deux paires d'incisives gourmandes. Machinalement qu'elle le marqua d'une morsure suintante. Machinalement encore qu'elle se jeta sur sa bouche humide, attrapant entre ses lèvres chevrotantes, la langue de son aîné. Les deux appendices brûlaient l'un contre l'autre, se heurtaient dans un ballet féroce. Ace plongea ses paumes contre ses hanches qui ondulantes. Plus vite. Il l'incita à bouger davantage encore. Plus vite. Plus fort. Et, docile, elle s'y employa alors qu'elle ne se détachait de ce baiser horriblement érotique, humide et bruyant.
« Ma Princesse … Mon Bébé à moi … Grogna-t-il inconsciemment contre ses lèvres avides. Il quitta sa bouche pour dégringoler la veine pulsante de son cou de baisers. T'es à moi … Juste à moi bordel ! Il grognait, se moquant même de la confession qu'il partageait. Il perdait ses lèvres chaudes contre une épaule qu'il marqua d'une nouvelle morsure. Je vais te … Hmm … Je vais te marquer .. Te posséder … »
Il était proche. Tellement proche. Il agrippa plus solidement la taille étroite pour l'enfoncer soudainement sur son sexe. Plus. Il voulait venir tout au fond d'elle, la marquer profondément sienne !
« Onii-chaan ! Hurla-t-elle, dans un orgasme lancinant dont les soubresaut fébriles de ses parois autour de son sexe le conduisirent lui aussi à l'explosion flamboyante du plaisir. Je t'aime tellement, Ace … Avoua-t-elle sans même s'en aviser alors que, balayée par les sursauts rageurs du plaisir, elle chut entre les bras de son aîné. »
Silencieux, Ace reprenait péniblement conscience du monde qui se jetait autour d'eux. Les rochers qui lançaient sur eux leurs ombres titanesques, la lune qui se ruait si éminemment au dessus des chaleurs encore lubriques de leurs récents émois. Le corps logé aux creux de ses bras s'animait doucement, il redressa une tête harassée pour nicher des yeux encore brumeux sur le visage rougi.
Des doigts courts churent sur ses tempes humides, retraçant les contours marqués d'une chevelure dense, embarrassée d'une sueur qui la collait contre sa peau halée. Ace était là, nu sous ses cuisses ouvertes, son sexe encore solide fourré au fond d'elle, ses bras solidement attachés à son dos. Il ne la regardait pas, il fixait son regard sur un horizon engloutit derrière l'éclat nocturne des rayons de lune blafards. Son cœur tout contre le sien s'animait encore de soubresauts désordonnés, et sa poitrine se soulevait irrégulièrement. Elle attrapa les joues tachetées entre ses paumes moites, contraignant son regard à se perdre dans le sien. Il peinait à émerger, admettant tout juste l'égarement qui l'avait conduit entre les cuisses glabres.
«Tu es tellement beau … Souffla-t-elle sous le silence persistant de son aîné. »
Pour la première fois, elle avait l'impression singulière de le dominer. Il était pantelant, abandonné entre ses bras. Il enfouissait une tête docile contre le creux de son cou, enserrant son corps d'une étreinte douloureuse. Il s'accrochait, plus qu'il ne l'étreignait. Il s'assurait de sa présence, de son corps encore bouillonnant contre le sien. Elle était là. Elle était sienne. Elle le serait à jamais, hein ? Il ne laisserait personne lui ravir. Impossible qu'il la cède, à quiconque. C'était la sienne. La personne qui donnait un fichu sens à son existence. Car enfin, si quelqu'un l'aimait aussi pleinement, c'était donc bien qu'il lui était nécessaire. Il était nécessaire.
Les doigts de la blanches s'enfouirent dans les mèches nocturnes, pressant la tête du garçon tout contre sa poitrine alors qu'elle choyait le sommet de son crâne d'un tendre baiser. Il était à elle, il lui appartenait. Il était pleinement sien, offert à ses baisers et ses caresses. Tellement docile. Cette constatation arracha à ses lèvres encore doucement chevrotante, un sourire de plein contentement. Jamais Ace ne s'était accordé la moindre faiblesse face à elle. Jamais il n'avait abdiqué. Mais là, présentement, il lui paraissait si offert. Si pantelant et abandonné. C'était déroutant, le sentir s'offrir ainsi, sans retenu. Il lui confiait ses faiblesses, il les partageait. Et sans nul doute, lui en offrait une part égale. C'était toujours, des échanges sans paroles. Deux cœurs pour une âme qui soupire de concert.
« Je veux que tu viennes avec moi, il quitta son mutisme sans pour autant déloger son visage de la douce enclave de peau contre laquelle il s'était fourré.
– On verra Ace. Je dois en parler avec Luffy et ...
– Non. Je veux que tu viennes avec moi maintenant. Je veux juste rester avec toi, regagner le Moby Dick, te présenter à père et … J'en sais rien, il va probablement te placer sous mon commandement. Constatant que seule la quiétude de la nuit lui faisait écho, il reprit. T'en penses quoi Kiko ? »
Sa voix se faisait si pressante, si avide d'une lacune terrifiante à combler qu'elle en fut un instant saisi. Peut-être était-ce la lueur fantasque que la lune jetait sur leur peau nue, ou peut-être était-ce l'écho encore brûlant de leur récente étreinte, ou peut-être était-ce simplement une tension mêlée de sexe et d'amour qui les poussait à parler de cœur à cœur. Kiko n'en savait rien, mais jamais encore Ace ne s'était ainsi si volubilement épanché. Terrifié, constata-t-elle dans un silence qui la glaça un instant. Ace était terrifié.
« Ace ?
– Oui Mon Ange ? Un instant, la blanche en demeura interdite, un frisson délicieux lécha son échine si bien que dans un soubresaut involontaire, les parois encore bouillonnantes de son sexe se contractèrent sur le sexe à demi raide. Oh, tu veux recommencer ? Badina le plus grand, jouant doucement des hanches sous sa cadette.
– Non. Enfin … Pas maintenant … Je … J'aimerais te demander … Quelque chose, hésita-t-elle.
– Bien sûr Mon Cœur. Le sagouin, il se jouait de sa patience ! Il constatait délicieusement l'incidence de ses tendre sobriquet sur le corps réactif de la plus jeune. Et il s'en délectait.
– J'aimerais simplement … Savoir à quoi ressemblerait ma vie si j'acceptais de te suivre là, ce soir. »
Elle ignorait même si elle accepterait. D'ailleurs, elle concevait assez mal ce qui la pousserait à refuser. Là, dans la quiétude paisible de la nuit, il n'existait plus ni Baroque Works, ni Alabasta, ni Vivi, ni Rébellion, ni Luffy … Ils étaient seuls dans un abysse lénifiant. Plus rien d'autre n'existait que la perspective d'un « unis pour toujours ». Elle voulait simplement rêver, s'échapper, se projeter dans un futur possible et probable. Ace le comprit fort aisément. Kiko était une enfant qui se repaissait volontiers d'histoires fantasques. Petits, ils passaient les heures pluvieuses à se projeter dans un avenir Pirate glorieux.
« Oh, et bien … Voyons, il cherchait les mots qui lanceraient son récit, car à coup sûr, la petite l'écouterait comme une comptine. Déjà, on rejoindrait le Nouveau Monde, la seconde partie de Grand Line. Je devrai retarder mon affaire … Ça me dérange … Mais … Je préfère te garder en sécurité au près de moi, de ce que j'ai vu, tu es encore fragile et Luffy n'est pas très prévenant.
– C'est quoi ton affaire ?
– Un type sous mon commandement en a tuer un autre … Je dois sévir.
– Tu vas le tuer ?
– C'est l'idée. Tu m'en veux pas Ma Belle ?
– Non. Je comprends, c'est de la déontologie. C'est un code d'honneur tacite. Tu tues un de tes nakamas, alors tu dois être puni en retour.
– C'est ça. Mais je le retrouverai probablement sur le Nouveau Monde. J'ai entendu dire qu'il avait engagé un équipage assez solide, il serait peut-être plus avisé de rejoindre ma flotte avant de le poursuivre. En plus je laisse mes hommes sans commandant … Et puis je le répète, si tu es avec moi, là chose la plus importante, c'est toi. Je te présenterai à Père. Barbe Blanche. Son équipage, c'est sa famille, il nous considère tous comme ses enfants.
– Vous êtes nombreux ?
– Oh oui !
– Quoi ? Alors il est stérile et il se conforte en considérant tous les membres de son équipages comme ses enfants ?
– J'en sais rien, Ace ne put enceindre un rire spontané derrière ses lèvres.
– Ça veut dire que ce sont tes frères ?! S'offusqua la blanche qui manqua d'esquisser un mouvement pour se retirer, mais Ace l'emprisonna solidement entre ses bras.
– Oui. Mais pas comme Luffy ou toi. Ce sont comme des amis que j'aimerais beaucoup … Comme toi, tes nakamas, tu les vois un peu comme ta famille non ?
– Bah … Je n'y ai jamais trop réfléchi.
– Tu les aimes énormément. Et bien moi c'est pareil. Bon … Ensuite je te présenterai immédiatement à Père. Il a déjà entendu parler de toi.
– Tu lui as parlé de moi ?
– Entre autre, et …
– C'est à dire ?
– Cesse de m'interrompre petite tête ! Alors, je te présenterai à Père. Il sera ravi de t'accueillir, j'en suis certain. Il y a des risques que tu sois placée sous les ordres d'un autre commandant … Mais si tu demandes à être avec moi … Peut-être que … Je sais pas, disons qu'il y a quelqu'un la-bas qui tient beaucoup à toi …
– Qui ? Pourquoi ? Je le connais ?
– Hm. Non, pas vraiment ! Et arrête de m'interrompre ! Mais ça ne change pas la donne. Mise à part lorsque l'on part en mission, on reste quasiment tout le temps sur le vaisseau mère. Il y aurait probablement une fête organisée pour ta venue. De toute façon, ils organisent des célébrations pour la moindre broutille. Je te lâcherai pas. Jamais. Je te garderai toujours dans mes bras. Il y a pas de mecs à bord, je préfère marquer mon territoire directement. Quoi qu'encore une fois … Je risque de me faire allumer. Ça va peut-être être coton au début … Tu sais, je risque d'avoir des soucis si je me frotte trop à toi. Enfin … Tu t'installeras dans ma cabine, on pourra faire l'amour tous les soirs ! Je vais devoir m'habituer à l'idée que tu m'appartiennes maintenant. Enfin, tu as toujours été à moi … Père est très fort, il se fait souvent attaquer, mais les assauts sont si dérisoires que les adversaires périssent en quelques heures. Ouais, c'est un peu plus rude qu'avec Luffy, tu devras t'y faire. Mais je te consolerai à chaque fois que tu auras de la peine.
– Tu continueras à faire l'amour avec d'autres femmes ?
– Tout dépend d'où mes missions me conduisent, combien de temps je reste loin de toi …
– Ca va me rendre malheureuse.
– Tu préférerais que je ne couche qu'avec des hommes, plaisanta doucement l'aîné qui fut néanmoins décontenancé de la réponse qui jaillit des lèvres douce.
– Oui.
– Oh … Bah dans ce cas, je verrai ce que je peux faire. Si je peux à mon aise profiter de ton corps chaque fois que je le souhaite …
– Tu continues ?
– Oui. Oui. Je t'apprendrai à te battre aussi. Pour que tu deviennes au moins aussi forte que Luffy. Notre vie se sera sexe, baston, mission, manger, fête.
– On pourra se marier ?
– Quoi ?! s'étrangla-t-il, redressant une tête si vive qu'il se heurta contre la mâchoire de la blanche. C'est une nouvelle lubie ça ?
– Non … C'est juste que .. Je viens de me souvenir d'un truc que Sabo m'avait dit. Il parlait toujours de mariage et de choses où les gens restaient unis pour toujours …
– Ah … Ouais, je sais. Pas besoin de mariage … Je suis pas friand de ces conneries tu sais. C'est trop ...
– D'engagement ?
– Tu sais, selon les théories de Sabo, il existe des Alphas et des Omégas. Un alpha pour un oméga qui s'appartiennent corps et âme pour le restant de leurs jours. Si je suis ton alpha et toi tu es mon oméga, on a pas besoin de s'ennuyer avec un mariage.
– Portgas D. Yukiko. Ca le fait non ?
– T'as vraiment des sales trucs en tête toi. T'façon c'est pas comme si y avait la moindre chance qu'on s'éloigne hein … Tu me tournes autour depuis que t'es gamine … Pas besoin de tâcher tout ça de mots … Pas de mots sur nous. Rien. Jamais. Y a juste, nous, comme il y a toujours eu.
– Oui. Oui, acquiesça-t-elle dans une déception fugace qui chahuta un instant l'écho presque sourd de sa voix.
– On serait juste ensemble. Tu seras toujours là …
– Et toi ?
– Je suis un Pirate, Princesse. »
De longs doigts se refermèrent sur son épaule. Quoi ? La prise sur sa peau lui sembla soudainement terrible, terriblement réelle. Elle s'arracha dans un sursaut à la torpeur du sommeil. Ses paupières dégagèrent péniblement ses iris rougies de larmes qu'elle n'avait pas pleuré, d'une fatigue qu'un simulacre de repos n'avait pas soulagé. Que se passait-il ? Où se trouvait l'alcôve rocheuse d'Alabasta ? La lune qui miroitait ses rayons contre la roche polie ? Et Ace ? Où était-il ? Ace ! Ace … Ce n'était qu'un rêve, une réminiscence passée d'une opportunité qu'elle avait grossièrement déclinée. D'un revers de paume, elle balaya mollement les derniers affres de fatigue qui cajolaient ses yeux cernés. Derrière les fenêtres, l'horizon engloutissait péniblement les derniers rayons du jour. Elle avait dormi durant toute la journée. Encore toute chahutée de la chaleur de son aîné lotit tout contre son cœur, l'adolescente accorda une œillade misérable à la jeune femme qui froissait les draps juste à côté d'elle.
« Bien dormi ? S'enquit poliment Robin. »
Kiko n'argua rien, demeurant bouche close. Son rêve lui sembla brutalement si insipide maintenant qu'elle en émergeait. Ici, tout était plus réel, le jour mourant brûlait sa rétine encore pataude, Robin et l'odeur fruité de son shampoing se jetait généreusement à ses narines. Même la prise pourtant désuète de la couette sur son corps somnolant lui parut bien plus rude que les coups de buttoirs de son aîné. Elle ouvrit une bouche pâteuse, mais, incapable d'en extirper la moindre onomatopée, se contenta de claquer bruyamment sa langue contre son palet. Elle était si rembrunie de sommeil dans sa semie conscience que la disparition de son aîné ne la frappa immédiatement. Ce n'est que lorsque Robin s'enquit de sa santé et choyant le front moite d'une paume inquiète qu'elle réalisa que son rêve n'était que souvenir révolu. Que cette passion si dévouée qu'elle lui avait témoigné lui crevait désormais le cœur. Son petit cœur frappa lourdement contre sa poitrine alors qu'elle lançait des œillades terrifiées sur les pans de murs qui couvaient sa soudaine angoisse. Ace. Non. Ace ! Il … Elle s'arrachait enfin de son sommeil, et la réalité la brutalisa si rudement qu'elle en manqua de s'étrangler d'effroi. Non. C'était cruel de la cogner ainsi après le surgissement si palpable de ce précieux souvenir.
« Yuki, s'il te plaît. Calme toi, soupira l'archéologue. »
Les réveils de la petite étaient sans cesse ponctués de cette même brusquerie. Elle paniquait, s'effrayait des remparts de bois qui l'encerclaient. Parfois, ses lèvres se séparaient sur un soupire, sur une plainte à demi esquissée « Ace », soufflait-elle avant de se confondre dans un silence douloureux. Il lui fallait ensuite quelques minutes pour s'accoutumer à l'éclat misérable de la réalité, et ses prunelles allumées d'une terreur furieuse, s'éteignaient progressivement.
« Désolée … Souffla enfin la petite blanche, se redressant péniblement. J'ai toujours du mal à émerger le mat… Enfin … Juste j'ai du mal à émerger, corrigea-t-elle constatant le jour baissant.
– Tu as faim ? On va bientôt passer à table. Sanji s'obstine toujours à laisser un couvert pour toi … Il serait content que tu viennes manger avec nous.
– Ah ? Interrogea confusément la petite blanche qui se moquait néanmoins pas mal des aspirations du cuisinier qu'elle appréciait pourtant sincèrement. Mince … Conclu-t-elle finalement, incapable de concéder davantage d'émois à cette confession. J'ai pas très faim. Tu sais avec le froid, je me sens toute engourdie. Je pense que je vais retourner me coucher.
– Tu dors énormément, constata la brune. »
Et pour cause, chaque fois que ses paupières choyaient ses rétines, elle se retrouvait immanquablement expédiée dans un souvenir chaleureux où son frère se complaisait en d'agréables cajoleries. Vivre en sommeillant était devenu un moyen commode de s'accrocher aux promesses encore vivace de son défunt frère.
« Écoute. Je vais te faire couler un bain, pendant ce temps là, Nami refera ton lit. Après, tu viendras manger avec nous et une fois le repas terminé, tu pourras te recoucher dans des draps frais.
– Je préférerais …
– Si tu refuses, Luffy va débarquer ici. Il était un peu contrarié que tu ne te sois pas mêlée à leur bataille de boules de neige aujourd'hui, exposa la voix immuablement calme de l'adulte.
– Ouais ... Bon, d'accord. Et puis j'empeste ! Elle voulut rassurer l'archéologue d'un rire léger, mais seule une médiocre grimace chahuta ses lèvres. »
Elle bouscula son corps sur ses jambes étroites, considérablement efflanquées par des semaines de diète. Sa tête lui tourna sous l'impulsion trop rude, et il fallut toute la dextérité d'une Robin attentive pour la conserver sur ses pieds. Ce ne fut que lorsque la caresse acide de l'air ambiant lécha le creux de ses cuisses exposées qu'elle constata le froid qui régnait dans la pièce, et qui se jetait probablement sur tout le reste du Sunny. Tss. Elle n'avait guère envie de traverser le pont probablement enneigé du Sunny grouillant de rires et d'enthousiasme pour gagner la salle de bain qui s'élançait au sommet d'une tour derrière les cuisines, sur le pont arrière. Luffy l'apostropherait. C'était certain. Et elle n'avait nulle envie d'endurer ses réprimandes. Elle ne voulait ni le voir, ni l'entendre ni même deviner l'esquisse de sa présence. Les autres respecteraient sa retraite et ne le contraindraient pas à répondre à leur intérêt. Mais Luffy lui … Elle poussa finalement la porte de bois, disparaissant dans la gerbe de lumière mourante qui s'engouffra dans la pièce qu'elle désertait. Oh bordel. Il fait froid. Plus qu'elle ne l'avait escompté. C'est vrai qu'elle n'avait plus appréhendé des températures hivernales depuis deux longues années désormais. Elle ne se souvenait plus de la morsure insidieuse du froid contre une peau exposée. Mais enfin, elle n'aurait qu'à presser le pas jusqu'au pont opposé.
«Haaa ! Tu sors enfin ! S'exclama le chapeau de paille qui surgit brutalement.
– Je vais me doucher, Luffy.
– Quoi ? Non mais pourquoi ? Reste avec nous ! On fait un énorme bonhomme de neige !
– Je pues, faut que je me … »
Sans concéder à sa cadette l'opportunité de poursuivre sa phrase, il enfouit le bout de son nez froid contre le cou dégagé de la plus jeune, humant sans aucune gêne les effluves qu'il devinait encore sucrée sous la sueur. Il l'aimait bien lui, son odeur. Et puis au moins, les relents plus rude de la sueur dissimulaient, au moins sommairement, l'éclat trop prégnant des phéromones qui l'avait contraint la veille à se frotter au corps souple de sa sœur.
« Mais non. C'est bon tu sens bon !
– Non.
– Mais on te vois plus. Tu vas aller te doucher et retourner directement te coucher ! T'es pas drôle Kiko, soupira le Capitaine, fronçant des sourcils contrariés.
– Je mangerai avec vous ce soir.
– Oh. Son aîné, circonspect étouffa presque aussitôt son irritation naissante derrière un large sourire qui découvrait progressivement ses dents. Trop bien ! Et après tu viendras jouer avec nous ! Franky à créé une luge qui bouge toute seule ! C'est vraiment trop cool !
– On verra, je peux aller me doucher maintenant ? »
Elle dépassa son frère qui hochait énergiquement sa petite tête brune. Il s'était inquiété. Même s'il dissimulait son inquiétude derrière un empressement confus, Kiko avait saisit l'éclat lancinant qui vrillait ses prunelles onyx. La petite blanche était énergique, colérique et parfois investie d'une singulière grossièreté, mais ses silences n'impliquaient qu'un tourment farouche, véhément derrière ses lèvres closes. Elle était en prise à des démons qu'il avait lui-même peiné à chasser, plonger à sa suite pour l'en extraire c'était risquer de se noyer à ses côtés.
« Comment va-t-elle ? Chopper avait surgit dans son dos, les pattes enneigées.
– Bah, bien ! S'esclaffa le chapeau de paille comme s'il se fut agit d'une évidence. »
S'il remarquait la détresse qui hurlait au fond des prunelles azurées, il n'y accordait qu'un crédit sommaire, terrorisé, probablement, par l'écho de cette peine dans son propre cœur. Il préférait se confondre dans un postulat unique et commode : Kiko se portait bien. Sans doute se chahutait-elle dans une fatigue un peu trop prononcée. Mais la peine qui vrillait son cœur ? Facéties ! Chopper et Robin s'inquiétaient en vain. Robin, en bonne mère. Et Chopper en médecin appliqué. La veille encore, il l'avait prié de mettre sa petite sœur sous traitement. Kiko n'avait pas besoin qu'on l'éreinte de de cachets pour palier à une misérable fatigue, tout juste reflet d'une peine désormais tarie, enfouie au fond de son cœur sous deux bonnes couches de d'aventures et d'excitation. Il l'a connaissait sa cadette, elle se relèverait tôt ou tard. Elle se relevait toujours. Fort de ce dénouement, il détourna son attention du dos étroit qui disparaissait derrière les cuisines.
Elle ne fut pas surprise de découvrir Robin, à demie dévêtue, installée sur le bord de la baignoire, les doigts engloutis sous la surface quiète du bain fumant. Elle connaissait tout l'amour que la brune lui portait et comprenait sans peine avec quel entêtement elle résistait à ses trop nombreuses retraites. Sans un mot, Kiko chassa de ses épaules la toile trop mince de sa chemise de nuit. C'est à grande peine qu'elle combla le maigre espace qui la séparait encore du bain. Elle n'avait guère envie de s'y plonger, de se confondre en confidences, car pour sûr, Robin ne lui accorderait nul repli et la contraindrait à la confession. Qu'avait-elle à partager au juste ? Une douleur lancinante qui perçait si prestement sa gorge qu'elle était incapable de déglutir sans contenir une misérable larme ? Une peine qui flouait son estomac, qui la contraignait au jeûne et au silence ? Et cet amour terrible … Ace avait raison, ce qu'il y avait entre eux dépassait les sentiments humains. Elle se serait consolé d'un amour perdu, elle en était certaine. Mais la disparition de Ace n'avait qu'anéanti la moitié de tout ce qu'elle était. Quant à l'autre moitié, n'en subsistait que de misérables lambeaux qui chahutaient un corps indolent. Elle hésita, avisant la vapeur épaisse qui s'agitait à la surface de l'eau.
« Tu devrais te dépêcher avant que l'eau ne refroidisse, intervint Robin constatant l'esquisse d'un repli.
– Oui, répondit doucement la blanche, dressant une jambe molle pour la plonger dans l'étuve bouillante. »
La morsure engourdie de l'eau lui dévora immédiatement le mollet, galopant le long de sa cuisse pour éclater dans son estomac et courir le long de ses membres. C'était une sensation délicieuse, dont la petite se délectait si gracieusement par le passé. Elle n'était plus désormais certaine de la chérir si durement. La grande brune s'installa à sa suite, ses longues jambes repliées contre sa poitrine qui dodelinait mollement sous la la surface troublée du bain. Les premières minutes furent bousculées par le seul clapotis timide qui jaillissait de chaque nouveau mouvement. Kiko n'entamerait nul échange, et Robin l'avait pleinement appréhendé. Ainsi elle débuta :
« Tu te sens mieux ?
– Oui. Oui, répondit une Kiko distraite par ses doigts qu'elle chahutait dans la mousse épaisse.
– On est tous inquiets de te voir si fatiguée.
– Ah ? Il ne faut pas. Je dors pas très bien la nuit, alors le jour je tombe de fatigue, expliqua-t-elle, un rire feint chahutant ses lèvres dans un éclat rigide.
– Tu fais beaucoup de cauchemars, constatation qui n'incluait aucun surenchérissement. Tu sais qu'on est tous là pour toi ? Que je suis là pour toi, si tu as besoin de parler.
– Ce ne sont que des cauchemars, tout le monde en fait, sa voix cingla sèchement, derrière sa frange indisciplinée deux sourcils opales se courroucèrent.
– Yuki … Mais l'écho cajoleur de la jeune femme n'apaisa nullement l'animosité qui bientôt, troubla les accents trop aiguës de la voix juvénile.
– Non mais tu insinues des trucs ! Je vais bien, OK ?! Je vais très bien !
– Calme-t..
– Non ! J'en ai marre là ! Vous êtes tous là à me regarder chelou depuis qu'on s'est retrouvés. Vous êtes lourds à force. Je vous ai rien demandé moi. Si vous pouviez me foutre la paix sérieux …
– Nous sommes tes amis. Et puis ce navire appartient à son Capitaine, tu ne peux pas juste te contenter de profiter du gîte et du couvert. Tu dois faire partie des nôtres, de l'équipage, comme tu l'as toujours fait.
– Saoule pas. Je fais partie de l'équipage, grogna la plus jeune qui s'affaissait doucement sous l'étreinte brûlante de l'eau.
– On ne te vois presque plus. Tu ne manges presque pas. Tu es tellement maigre Yukiko … Cette vie, tu l'a choisi, tu dois l'assumer désormais.
– Assumer mon cul …
– Tu ne comprends pas Yukiko. Tu as choisi d'avoir des amis, des gens qui tiennent à toi. Tu ne peux pas simplement prendre ce qu'ils ont à te donner lorsque tout te sourit. Tu dois accepter qu'ils s'inquiètent pour toi. Qu'ils te hissent bon grès mal grès à la surface lorsque tu te noies. »
Accepter que l'on vienne ainsi bousculer sa petite quiétude qui l'engonçait si bien qu'elle lui donnait toute aisance au repli et à l'affliction ? Elle n'avait pas envie qu'on la sauve de cette abîme de souvenirs révolus. Elle voulait les user, les éreinter jusqu'à ce qu'il n'en demeure que des bribes désordonnées d'images branlantes, des saveurs fugaces, tout juste discernables sous le goût du trop commun et de l'habitude. Elle voulait se confondre entre les milles promesses délicieuse de son frère, contre l'esquisse devinée de ses lèvres. Elle ne voulait en rien renouer avec un quelconque présent, préférant se complaire dans ses songes qui eux, conservaient une pleine image de son aîné.
« Abandonnez-moi sur la prochaine île, claqua-t-elle alors qu'elle recouvrait un semblant de conscience.
– Ne dit pas n'importe quoi …
– Luffy acceptera si je lui demande !
– Non ! S'écria l'archéologue, consciente que Luffy céderait à la faiblesse de sa sœur. Il l'exécrerait probablement d'abdiquer ainsi. Et s'il s'assurerait préalablement de la bonne survie de sa cadette au sein d'une île inconnue, il ne pardonnerait ce renoncement qu'au prix trop conséquent d'assurances que Kiko n'envisagerait pas même de lui fournir.
– J'y pense depuis quelque temps, je lui en parlerai après le repas.
– Yukiko, ne fait pas ça ... »
Luffy était si rude avec elle. Il la choyait d'attentions, mais châtiait durement ses faiblesses.
« Tout ce que je demandais, c'était un peu de tranquillité.
– Non, ce n'est pas que tu demandes.
– Ah oui ?
– Oui. Tu demandes des choses impossibles. Des choses qui n'arriveront jamais. Plus jamais. »
Son sang quitta si lestement ses joues qu'elle sentit sa tête lui tourner. Non. Elle n'avait pas envie d'en parler. Non. Évidemment que l'archéologue se risquerait à aborder le sujet. Mais l'adolescente n'y était que trop médiocrement préparée. Elle ne voulait pas en parler. Avec personne.
« Non … Souffla-t-elle. S'il te plaît …
– Il est temps d'en parler …
– Non …
– De le laisser partir.
– Non, couina-t-elle, s'enfonçant jusqu'à la nuque dans l'eau désormais tiède.
– On a tous perdus des proches Yukiko. On connaît la douleur de la perte. Tu peux te reposer sur nous. Tu n'as plus à endurer ça seule. Et puis il y a Luffy également. Tu sais qu'il donnerait tout pour toi. Je crois qu'il t'aime au-delà même de ce que tu soupçonnes. Il te comprendra mieux que nul autre. Vous avez perdus un frère ...
– Tu ne comprends pas ! Tu ne peux pas comprendre …
– Je t'assure que …
– J'aurais pu éviter tout ça ! Rugit-elle, ses poings se congestionnèrent nerveusement contre les parois de la baignoire. C'est de ma faute …
– Tu es troublée Yukiko.
– Non … Il … Elle hésita, et déjà sa voix se noyait dans un sanglot contenu qui bousculait le fond de sa gorge. Il m'a demandé de le suivre, céda-t-elle enfin, sa tête basculée misérablement au sommet de son cou. Ses mèches opales s'amourachaient de ses joues humides, embrassaient son front moite et ses tempes vibrantes dissimulant deux orbes qui ondoyaient sous l'esquisse de larmes pudiquement retenues. La première fois qu'on s'est retrouvés sur Grand Line, c'était à Alabasta. Il s'est passé tout un tas de choses. Et finalement, on a perdu les autres. On a passé une nuit seuls et …
– Vous étiez proches, intervint Robin, constatant que la plus jeune peinait à s'étendre davantage sur cette relation que chacun savait pourtant bien aboutie.
– Oui. Il m'a ensuite demandé de le suivre. Il m'a dit qu'il abandonnerait momentanément la poursuite de Barbe Noire, qu'il me ramènerait à son capitaine et qu'on serait toujours ensemble. Elle s'interrompit un maigre instant, mais machinalement, elle reprit. J'étais amoureuse d'Ace. On avait prévu de rester ensemble de … Faire tellement de choses. Sous les mèches ivoires, des larmes sèches ondulaient derrière les paupières à demies closes. »
C'était si douloureux. Plus encore qu'elle ne l'avait redouté. Ses mots brûlaient sa trachée. Toutes ces promesses, ces plans sur la comètes, cet esquisse d'avenir, tout avait été chassé d'un souffle, de quelques mots en gras dans un journal, d'une photo en noir et blanc balancée sur une première page : « Exécution de Ace aux poings ardents »
«J'ai refusé de le suivre Robin. Je … Je suis … Mais ses mots s'étranglaient dans les sanglots qui nouaient sa gorge.
– Tu ignorais ce qui allais se passer. Personne ne peut prédire les conséquences d'un acte, c'est à peine si on peut les supposer. Peut-être qu'il serait tout de même mort. Peut-être que tu serais morte toi aussi. Ou Luffy …
– Tu ne comprends pas, réitéra-t-elle, éludant résolument les arguments pourtant solides de la jeune femme. Il me terrifiait. Ace me terrifiait. Je l'aimais, ses doigts se congestionnèrent en un poing nerveux qu'elle logea contre sa poitrine. Je crevais littéralement d'amour pour lui. Je lui aurais tout donné. Je l'aimais tellement, tellement, tellement, tellement, tellement, sa voix s'entrecoupait chaotiquement sous l'écho sourd et répété que provoquait la collision fébrile de son poing contre sa cage thoracique. Il avait changé. Je serais partie avec le Ace de mon enfance, avec mon grand frère. Je n'aurais même pas pensé à douter de lui. Mais ce pirate, ce commandant de la seconde flotte de Barbe Blanche, ce n'était pas mon frère ! La brutalité de cette évidence qui explosait si promptement dans son esprit, clos un instant ses paupières dans un plissement presque douloureux. L'exposer à haute voix chahutait toute les murailles qu'elle avait misérablement érigées autour de son petit cœur rompu de peine et de colère. Il … Il tuait sans peine des opposants dérisoires, il s'offrait tous ceux qu'il désirait. Il a couché avec Vivi alors que je me trouvais à quelques mètres putain ! Hurla-t-elle d'une voix rageuse que la peine brisa néanmoins sur les dernières voyelles. Il voulait me posséder, parce qu'il a toujours su que je lui appartenais. Parce que je l'adulais et qu'il avait besoin de se sentir le monde de quelqu'un. Besoin de trouver un foutu sens à son existence. J'étais, en soit, une preuve qu'il n'était pas une simple erreur dans la matrice, un indésirable.
Mais il m'aimait. Je sais à quel point il tenait à moi. Je sais qu'il ne m'aurait jamais abandonné, jamais cédé, à personne et pour rien au monde. Jamais il ne m'aurait fait le moindre mal et aurait arraché la tête à quiconque s'y risquerait. Et ça … Ca aussi, c'était terrifiant. Et puis, Ace chérissait sa liberté plus que n'importe quoi, plus que moi probablement. Jamais il ne se serait enfermé dans une relation aussi morose que ce à quoi j'aspirais. Ace voulait tout goûter sans rien posséder … Il était si volage, si versatile. Insaisissable, même lorsqu'on … On faisait ... Voilà quoi. Il voulait simplement agir comme bon lui semblait, guidé par ses plaisirs et son devoir Pirate. Tout ce qui le faisait vibrer en soit. Je n'aurais été qu'un apparat. Ça me terrifiais. Je ne voulais pas souffrir. Je ne voulais pas le voir dans d'autres bras. Je ne voulais pas le voir couvert de sang, arracher la vie à de pauvres types paumés, guère plus vilains que malins.
Ace … Je l'aimais toujours avec la même force. Mais il me terrifiait. En un sens … Je l'ai perdu bien avant son exécution. La première fois, à Alabasta, j'ai refusé de le suivre parce que quelque chose en moi s'était brisé. Il m'effrayait, sans que je puisse deviner pourquoi. Je l'ai compris qu'ensuite, au fil de nos rencontres. Ace était terrifiant parce que je l'aimais. Parce qu'il m'aimait. Parce qu'il adulait ce sentiment de liberté, d'être pleinement maître de lui-même. Cette impression que rien, ni personne ne pouvait lui résister. Et c'était vrai … Tellement peu de gens lui résistaient. Sa voix s'essouffla doucement, expirant ses dernières syllabes dans un babil étouffé.
Je le comprends mieux désormais. Ace m'aimait parce qu'il aimait l'importance que je lui vouais, le rôle majeur qu'il incarnait dans ma vie. Le truc … C'est que j'étais trop jeune pour m'oublier ainsi et n'être que le moyen de sa rédemption. J'étais trop jeune pour endurer toute sa rage de vivre, sa versatilité et ses doutes, mais trop amoureuse pour lui refuser quoi que ce soit. Dans le fond on se détruisait mutuellement : lui parce que j'étais incapable de m'abandonner totalement. Et moi, parce que sa liberté me déchirait. Il voulait être nécessaire à mon existence. Mais ... Deux prunelles azurée, ondulant derrière des larmes sèches embrassèrent l'éclat opale de la lune qui jetait ses aigreurs crémeuses derrière le hublot de la salle d'eau. Aujourd'hui pourtant, je vis sans lui. J'suis incapable de fléchir, toujours incapable de lui donner cette importance absolue qu'il voulait tacitement que je lui cède. J'ai grandi, j'ai compris certaines choses. Je suis presque une adulte … Je pensais qu'avec le temps, je serai assez forte. Mais non. Il avait besoin d'être le monde de quelqu'un. Et si j'ai toujours cru qu'il était le mien, je me rends compte que … Je marche toujours, je trébuche, mais j'avance. Je respire encore. Je vis encore. Mon monde s'est effondré. Mais je vis encore. Pourquoi ? La peine dévorante qui chevrotait sa voix s'était atténuée, doucement, lui accordant l'aisance d'une parole limpide. Une mélancolie douloureuse étirait désormais sobrement la commissure de ses fines lèvres.
Le destin s'est joué de nous jusqu'au bout. On se croisait. Recroisait. On s'aimait pour une nuit ou deux, et je lui promettais à chaque fois de réfléchir à sa proposition. C'est tellement … Risible, un rire silencieux agita nerveusement ses épaules menues qui s'étaient machinalement affaissées sous le poids des confessions. C'est vraiment marrant hein … Parce que la dernière fois que je l'ai vu, je lui ai promis de le rejoindre une fois dans le Nouveau Monde. Je t'emmènerai voir Père, qu'il disait. Je m'occuperai de Teach plus tard. Je m'étais résolue à vivre triste, tant que je vivais à ses côtés. Quelle connerie. Au final, c'est Sabo qui devait avoir raison : « Ace et toi vous êtes incompatibles. C'est une brute physiquement et moralement, il te ferait du mal sans même s'en rendre compte. C'est un frère génial et un ami précieux, mais pour l'amour un vrai crétin ! » J'ai plus beaucoup de souvenir de lui … Mais ça … Ça m'a marqué. J'avais pas tout compris à l'époque. J'étais qu'une gamine, et je voyais pas trop pourquoi je devrais un jour lui préférer Ace. Mais il semblait si assuré, si sûr de lui … Tss … C'était un génie, il ne se trompait jamais. J'aurais dû le savoir pourtant ...
– Sabo ? Interrogea Robin, arrachant un sursaut à la petite blanche qui en avait omis jusqu'à la présence de son interlocutrice.
– Mon grand frère. Un autre de mes grands frères, mais il est mort quand on était gamin … Il ne reste plus que Luffy et moi désormais … »
Quelque chose s'était libéré dans sa poitrine. Son cœur paressait toujours dans une douleur acide, et sa gorge se nouait avec une énergie féroce. Mais la masse qui flouait son estomac semblait s'être doucement ténue. Elle s'était tant haïe, elle avait exécré sa faiblesse. Abandonner Ace au trépas pour consoler ses craintes. Cracher sur tout l'amour que son frère avait été capable de donner. Lui tenir rigueur de ses frasques pour décliner sans cesse ses sollicitations. Elle s'était accordée quelque trop vilaines pensées lorsque son frère était du monde, comme si jamais la mort n'aurait pu souffler ses espiègleries. Ace était entier, il s'était livré dans toute sa complexité, et elle n'avait consenti qu'à ses uniques cajoleries, ses jolies mots et ses dérisoires promesses. Elle ne l'avait aimé qu'à demi quand lui s'était fourvoyé dans un amour déchirant. Quelle ingrate ! Quelle … Putain ! Quelle chieuse !
« Comment vas-tu ?
– J'en sais trop rien. »
Son esprit s'était soudainement réfugié derrière un abysse de réflexions insondables qu'elle ne parvenait pas même à saisir, un brouhaha constant et silencieux d'interjections silencieuses qui se heurtaient contre son crâne douloureux. Elle ne s'enquit plus de son corps, pas même lorsqu'elle quitta l'étreinte encore tiède du bain. Pas davantage lorsqu'elle s'emmitoufla dans une épaisse serviette ouatée. Pas encore lorsqu'elle enfila distraitement un pull trop large qui tomba lourdement sur ses épaules trop étroites, ni lorsque ses jambes se perdirent dans l'étreinte collante d'un jean serré. Pas plus lorsqu'elle rejoignit la cuisine sous les exclamations satisfaites de son aîné.
Lorsqu'enfin elle émergea des tréfonds de sa retraite mentale, elle avisa surprise les rires enjoués de ses camarades qui s'esclaffaient bruyamment autour d'elle. Luffy jouait avec deux baguettes qu'il se fourrait dans le nez sous les acclamations puériles de Chopper et Ussop. Nami, ses sourcils doucement froncés s'échinait à n'accorder nul intérêt aux trois zigotos qui couvraient de leur rire l'assemblée toute entière. Zoro, silencieux, installé sur sa droite portait à ses lèvres le goulot d'une bouteille – de saké probablement – que Sanji ne tentait même plus de lui ravir, tout occupé qu'il était derrière le comptoir de la cuisine. Robin, elle, s'était située sur sa gauche, dardant sans cesse un œil inquiet sur le petit corps installé non loin du sien. Et Franky et Brook déblatéraient quelque ineptie que Kiko ne saisit que partiellement derrière les rires bruyants de ses camarades.
«Oï Kiko, t'es cassée ? Luffy ... »
Ses paupières se percutèrent fébrilement dans un papillonnage nerveux alors qu'elle portait une attention soudaine à la fourchette qu'elle serrait entre ses doigts gantés, perchée là, à quelques centimètres de sa bouche. Surprise … C'est la surprise qui la saisit d'abord alors qu'elle levait ses yeux sur le sourire éclatant de son aîné. Douleur … La douleur surgit ensuite, fulgurante. Elle ne remarqua pas la réaction empressé de son grand frère dissimulée qu'elle était derrière des larmes épaisses qui lui brouillaient abondamment la vue. La peine. L'incompréhension. Et ce sentiment obnubilant d'impuissance. Elle cherchait en vain une solution. Quelque chose … N'importe quoi. Car enfin … On devait pouvoir agir. Il devait forcément avoir un moyen de … C'était impossible. Pourquoi ? Bordel de putain de merde mais pourquoi ? Il y avait un moyen. Il ne pouvait pas … Elle leva des yeux pénibles sur son frère qu'elle ne pouvait que deviner derrière ses larmes.
«Ace est … Il est … Mort, sa voix chut, brisée par un sanglot féroce. »
Il était mort. Il ne reviendrait jamais. Elle le savait. Pourquoi cela la frappait-t-il si soudainement. Elle n'avait jamais pleuré sa disparition. Non. A dire vrai, elle s'était lamentée de ne plus le voir, de ne pas le sentir. Il lui manquait tellement. Jusque là, elle avait pleuré de ne pas le voir, pas de ne le revoir jamais. Jamais. Cette réalité la frappa avec tant de force qu'elle s'écroula sur la table, sa tête lotit entre deux bras chancelant. Son dos se soulevait au rythme frénétique de ses sanglots, et derrière l'écho de ses larmes, raisonnait comme une litanie « Il est mort ». L'affliction qui l'avait secoué si rudement ces derniers mois n'avait été que le reflet d'une frustration courroucée : celle du manque et de la volonté ferme de retrouver son aîné. Mais ces larmes là, ces pleures et cette fureur n'étaient causées que par la perspective étouffante de ne plus jamais, jamais, jamais se complaire dans les bras de celui qu'elle aimait tant. Qu'elle aimerait toujours et pour toujours. Son grand frère, peu importait les frayeurs qu'il lui insuffla. Une pression contre sa nuque, des doigts qui s'acheminaient contre sa chevelure éparse qui coulaient en torrent laiteux sur son visage dissimulé. Une chaleur, celle d'un corps qui se loge contre le sien. Un bras qui enserre sa taille. Et une voix. Une confession. Trois mots soufflés contre son oreille fébrile. Un aveux. Une bouée jetée à la mer, seul rempart contre la folie qui menaçait de percer tout son petit corps. Trois mots auxquels elle s'accrocherait misérablement pour le reste de ses jours. Trois mots. Le début et la fin de tout. Trois mots qui immuablement scelleraient ses jours à ceux de Luffy.
« Je suis là. »
Wouh ! J'ai pas été longue à la publier celui-ci. Bah, j'ai plus trop envie de me contraindre à respecter des jours avant de publier la suite. C'est vrai quoi, si c'est écrit et corrigé, alors je publie. Parfois je n'écrierai rien pendant deux semaines, et parfois, deux chapitres se succéderont dans un laps de temps assez rapproché. C'est pas très réfléchi, mais j'écris pour partager, alors bon.
Ce chapitre a été vraiment compliqué à rédiger. Enfin non. Il a surtout été compliqué à publier. A partir de maintenant, l'histoire devient plus personnelle. J'ai vraiment peur de me louper, de faire du trop ou du pas assez.
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, vraiment pour le coup, ce chapitre c'est vraiment un gros travail personnel pour le coup.
Pas davantage de note de fin de chapitre, je pense que le récit, au point où il en est parle pour lui-même.
Des bisous !
